+ Produits laitiers à Shavouot :
=> Pour quelle raison y a-t-il une coutume de manger des plats lactés le jour de la fête de Chavouot ?
-> Le 'Hatam Sofer (drachot 'Hatam Sofer - Shavouot p.291) explique qu'à l'origine, Adam Harichon n'avait pas le droit de manger de la viande et ce n'est qu'à l'époque de Noa'h, après le déluge, lorsqu'il sortit de l'arche, qu'Hachem autorisa la consommation de la viande pour l'humanité.
En effet, il est écrit au sujet d'Adam : "Hachem ajouta : Je vous accorde tout herbage portant des graines, sur toute la surface de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ce sera votre nourriture. Quant à tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède une âme vivante, J'assigne toute verdure végétale pour nourriture. "Et il en fut ainsi" ." (Béréchit 1,29-30)
Rav enseigne qu'Adam n'avait pas le droit de consommer de la chair animale, mais seulement des végétaux, et cette interdiction concernait l'homme mais aussi les animaux de la terre. La soumission des animaux qui fut accordée l'homme ne concernait que le travail. (guémara Sanhédrin 59b)
Rachi (sur Béréchit 1,29) explique que les hommes et les animaux sont sur le même plan en ce qui concerne la nourriture. Ainsi, Adam et sa femme n'avaient pas le droit de faire mourir une créature pour manger sa chair. Ils mangeaient tous l'herbe des champs. C'est uniquement à l'époque de Noa'h et de ses enfants qu'Hachem permit de manger de la viande.
[nous apprenons d'ici que la totalité de la création, aussi bien les hommes que les animaux, tous étaient végétariens durant les premières générations de la création. En effet, le Arizal (Ets 'Haïm - chaar ט"ל - pérek 3) nous explique que les aliments contiennent des étincelles de sainteté que l'homme doit élever de la matérialité par le biais de la bénédiction et de sa consommation. Ces étincelles de sainteté retournent à leur source originelle dans les mondes supérieurs. Ce processus est primordial dans la réparation globale du monde.
Lorsqu'Adam pria pour que la pluie tombe et que les végétaux poussent, et lorsqu'il nomma les animaux, en leur attribuant un nom du côté laquelle, durant les premières générations jusqu'au déluge, les hommes ne consommaient pas de viande, car la réparation des étincelles de sainteté n'était pas nécessaire sur le règne animal dont la réparation avait déjà été effectuée par leur simple nomination.
Par la suite, tous les animaux se sont dégradés en s'accouplant avec d'autres espèces.
Le Arizal nous explique donc qu'il était permis de les tuer puis de les manger afin d'effectuer leur réparation. ]
-> Le 'Hatam Sofer poursuit son introduction en rapportant les enseignements du Arizal (haar aMitsvot - Ekev) :
"La finalité de la consommation de viande provenant d'un abattage kasher est d'élever les étincelles sacrées contenues dans la viande, du statut de l'animal à celui de l'homme. Ainsi, lorsque l'homme, après avoir consommé de la viande et reçu de la force, va étudier la Torah et servir Hachem, il élève à son tour les étincelles sacrées qui étaient contenues dans l'animal".
A présent, le 'Hatam Sofer nous révèle un grand 'hidouch : la réparation de la Création ne nécessitait pas de procéder à un abattage rituel sur les animaux pour manger leur chair. Il suffisait, pour apporter la réparation des étincelles de sainteté du règne animal, de consommer leur lait ou des plats lactés.
Toutefois, après la faute d'Adam et de la consommation de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal, après que l'humanité et les animaux se furent pervertis, Hachem enclencha le Déluge.
Puis Il permit aux survivants, à Noa'h et ses enfants ainsi qu'aux générations à venir, de manger la chair de l'animal en procédant à un abattage rituel. Car la réparation du règne animal ne pouvait plus uniquement s'effectuer par la consommation de son lait mais en consommant sa chair.
Néanmoins, le jour du don de la Torah, avant la faute du Veau d'or, Israël est revenu à l'état d'Adam Harichon, antérieur à la faute originelle, comme cela est évoqué : "Le peuple juif a accepté la Torah uniquement pour que l'ange de la mort ne les domine plus" (Avoda Zara 5a).
Nos Sages (Shabbath 146b) nous enseignent qu'au moment du don de la Torah, le peuple d'Israël fut complètement épuré de la faute d'Adam le premier homme et lorsque Israël se tint face au mont Sinaï, la souillure de la faute originelle se retira.
Par conséquent, Hachem interdit à Israël de manger de la viande mais autorisa la consommation de plats lactés afin de rectifier toutes les étincelles de sainteté provenant du règne animal, comme ce fut le cas aux prémices de la création.
Toutefois, après la faute du Veau d'or, quand la mort reprit sa place dans le monde, Israël fut de nouveau autorisé à manger de la viande par abattage rituel car il n'était plus possible de réparer le règne animal sans en consommer sa chair.
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-> Ainsi, l'origine de la création, le règne animal ne nécessitait qu'une légère réparation qui pouvait s'effectuer par la consommation de produits issus de leur lait. Toutefois, à cause de la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, le dommage sur la création a augmenté, nécessitant un plus grand tikoun qui s'est matérialisé par la consommation de la chair de l'animal.
De ce fait, la consommation de la viande éveille la stricte rigueur de la faute de l'Arbre de la Connaissance tandis que la consommation des produits laitiers éveille le 'Hessed d'un monde plus élevé.
Ainsi, durant la fête de Shavouot, nous avons la coutume de manger des plats lactés afin de nous rappeler que la réalisation de la réparation de la faute originelle a déjà été opérée par la génération de la sortie d'Égypte lorsqu'ils ont reçu la Torah au mont Sinaï.
De fait, en consommant des plats lactés, nous nous rappelons l'ultime réparation qui est totalement symbolisée dans la réception de la Torah et dans l'acceptation du règne d'Hachem dans la création.
Ce devoir nous incombe, à nous, à chaque génération, jusqu'à ce qu'il soit totalement accompli, le plus rapidement possible. Amen.
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+ Quelques autres raisons de cette coutume consistant à manger des plats lactés le jour de la fête de Shavouot?
-> Le 'Hafets 'Haim (Michna Broura siman 494) écrit :
"J'ai entendu, au nom d'un grand homme, que la raison exacte de cette coutume est que lorsque les Bné Israël se sont tenus au mont Sinaï pour recevoir la Torah, ils sont redescendus ensuite de la montagne pour rejoindre leurs demeures et n'ont rien trouvé à manger immédiatement si ce n'est des plats lactés.
En effet, la viande nécessite de nombreuses préparations telles que l'abattage rituel à l'aide d'un couteau respectant les normes de la halakha, comme nous l'a ordonné Hachem. Il fallait ensuite retirer les graisses et le sang, nettoyer la viande et la saler, la cuire dans des ustensiles neufs car leurs anciens ustensiles étaient devenus interdits pour eux.
C'est la raison pour laquelle ils se sont adaptés au moment présent en choisissant de consommer des plats lactés et c'et ainsi que nous agissons, en ce souvenir."
Or, nos Sages ont enseigné que la Torah nous a été transmise le jour de Shabbat.
Puisqu'il en est ainsi, il est évident qu'il leur était interdit de procéder à un abattage rituel avec un couteau, d'extraire les graisses et de saler la viande pour ensuite la cuire.
L'Admour de Gour, écrit au nom du gaon rabbi Sim'ha Zissel :
"Bien que le don de la Torah eut lieu le jour de Shabbat, qui a dit que le peuple était redescendu de la montagne pour retrouver leurs demeures durant Shabbat? Peut-être ne sont-ils rentrés qu'à la sortie du Shabbat? Par conséquent, s'ils n'ont pas mangé de plats carnés, c'était uniquement à cause des lois de cacherout concernant leurs ustensiles et non pas à cause de la loi de Shabbath elle-même".
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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Ressissé Laïla - ot 56) écrit que nous avons la coutume de consommer des plats lactés durant la fête de Shavouot car le lait est tété directement du sein de la mère.
En ce sens, le but premier du don de la Torah est de connaître Celui qui nous l'a donnée, car c'est à partir de Lui que nous "tétons" et puisons toute chose.
-> Dans le livre Kol Bo (siman 52), il est évoqué la coutume de consommer du miel et du lait en l'honneur de la Torah, le jour de Shavouot, car ils sont tous deux comparés à la Torah par le plus sage de tous les hommes, comme il est écrit : "Du miel et du lait sous ta langue" (Chir haChirim 4,11).
Nos Sages (Taanit 7a) nous enseigne que la Torah est comparée à trois sortes de liquides : l'eau, le vin et le lait. Ces trois catégories de liquides se conservent uniquement dans des ustensiles peu coûteux comme l'argile ou le bois, contrairement à des ustensiles en or ou en argent.
Le Zohar (Vayé'hi 240a) souligne également que la Torah est comparée au lait et au vin.
Ainsi, nous consommons des produits laitiers durant la fête afin de rappeler, par allusion, à l'homme, que tout celui qui désire acquérir la couronne de la Torah et la conserver se doit d'être humble.
[de même que ces 3 liquides se conservent dans les ustensiles les plus simples, il en est de même pour la Torah qui se conserve et se répand à travers les hommes les simples. ]
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-> Le Divré Yatsiv écrit que la raison pour laquelle nous avons l'habitude de consommer de la pâte avec du fromage le jour de Shavouot est parce que la Torah nous a été imposée lorsque nous étions menacés de mort sous la montagne (Shabbath 88a).
Finalement, la Torah a été acceptée de plein gré lorsque les enfants d'Israël ont ressenti le goût et la douceur de la Torah. D'après ceci, il convient d'expliquer cette coutume de manger toutes sortes de mets dont la pâte renferme, à l'intérieur, des produits laitiers et du miel.
En effet, au départ, nous ne ressentons pas la douceur mais c'est seulement lorsque nous mâchons que nous commençons à ressentir la douceur du goût qui est contenu à l'intérieur. Ceci est une allusion au don de la Torah.
-> Le Zohar (Emor 97b) demande pourquoi nous devons compter sept semaines durant le omer. Ceci afin de pouvoir mériter la purification par les eaux de bonté du fleuve de la Bina qui se déverseront sans interruption. Ces eaux sont appelées les "eaux de la vie" et il est évident que nous devons compter sept semaines pour pouvoir les mériter.
D'après ce passage du Zohar, le Magen Avraham explique que les sept semaines du compte du omer sont comparables aux sept jours de pureté que la femme effectue avant de retrouver son époux.
En outre, c'est à partir du sang utérin que la femme va pouvoir produire du lait pour allaiter son enfant, ce qui fait allusion aux mets lactés et aux mets carnés consommés en ce jour. Il s'agit ainsi de passer de la stricte rigueur à la Miséricorde et la coutume de nos ancêtres est considérée comme de la Torah.
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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2015/06/23/pourquoi-est-il-de-coutume-de-manger-des-produits-laitiers-le-1er-jour-de-shavouot