-> Les enseignements ci-dessous sont une compilation et traduction personnelle issues du livre "Kim'a Kim'a" du rav 'Haïm Drukman.
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+ Un lien divin :
-> Le lien sacré qui unit le peuple juif à sa terre n’a rien à voir avec le lien naturel qui relie toutes les autres nations à leur terre.
[rav Avraham Kook - Olat Ré'iya - vol.1, p.203 ]
-> Le rav Kook explique l'essence d’un lien naturel :
"Un lien naturel se développe au fil du temps, sur la base des expériences partagées par un vaste groupe de personnes qui vivent en permanence sur cette terre. Cela se transforme en un lien historique, fondé sur l’accoutumance à la situation, qui bat dans le cœur des générations futures. C’est ainsi qu’un lien spirituel se développe entre la nation et la terre."
=> Un lien naturel prend du temps à se former, lorsqu’une grande communauté humaine vit en permanence en un seul endroit et partage une histoire commune. Cela peut conduire à un lien particulier entre le peuple et la terre.
Après que de nombreuses générations y ont vécu, le peuple développe un sentiment d’amour. Il s’agit là du type de lien naturel qui unit les gens à leur terre.
-> Le rav Kook poursuit :
"Mais cela ne vaut pas pour un lien divin, qui provient d’une source sacrée et qui explique comment la Knesset Yisrael (toutes les âmes juives) s'est liée à la Terre convoitée."
=> Le lien entre le peuple juif et la terre d'Israël est un phénomène sacré, établi par un décret divin et non par un processus de développement naturel.
-> Le rav Kook :
"[Notre attachement avec la terre d'Israël] est dû à une influence divine ...
Aucun facteur ancré dans des processus naturels n’est nécessaire pour former ce lien, qui est apparu comme une création d'Hachem, une manifestation de Sa parole et de Son alliance sacrée, ainsi qu’un engagement éternel.
[rav Avraham Kook - Olat Ré'iya - vol.1, p.203 ]
=> Le lien entre la terre d'Israël et le peuple juif n’a pas été créé à notre initiative, après que nous nous sommes familiarisés avec le pays. Notre amour pour la Terre n’est pas né du fait d’y avoir vécu pendant de nombreuses générations.
C’est un lien divin établi d’en-Haut par Celui qui a créé l’humanité et le monde entier (Hachem).
[à la différence des autres nations qui ont au mieux un lien naturel avec une terre, notre âme (partie Divine) a un lien divin avec la terre d'Israël.
Puisque notre intériorité aspire à Israël, nous devons éveiller et entretenir cet attachement d'amour. Israël, que je t'aime! ]
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-> Bien que des milliers d’années se soient écoulées, génération après génération, les juifs du monde entier continuent de se considérer comme appartenant à la terre d'Israël.
Un juif sent que son âme est liée à la terre d'Israël même si ses ancêtres n’y ont pas mis les pieds depuis des générations. Ce n’est pas un lien naturel. Il découle de quelque chose qui dépasse la nature, un lien inné entre le peuple juif et sa Terre.
On pourrait s’attendre à ce que tout le monde ne ressente pas ce lien avec la Terre avec la même intensité. Pour certains, ce lien est visible, tandis que pour d’autres, il est caché.
Mais au plus profond du cœur de chaque juif se trouvent des liens qui le rattachent à la Terre ("Tant qu’au plus profond du cœur, une âme juive continue de se languir" - dans la Tikva : kol od balevav cham pénima, néfesh Yéhoudi homiya).
La seule question est de savoir quand ils se révéleront. En cas de crise, le lien avec la Terre est souvent réactivé et se manifeste clairement et avec une grande intensité, même chez ceux qui se sont éloignés de notre peuple.
Cependant, en vérité, une étincelle de ce sentiment existe dans le cœur de chaque juif, tout le temps, à chaque heure de la journée.
Le désir de retourner en terre d'Israël est bien plus qu’une recherche d’un refuge contre les épreuves de la Diaspora ou d’un lieu où nous pourrions établir notre propre indépendance politique et notre souveraineté. Il va bien au-delà de telles considérations.
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+ Un lien réciproque :
-> On a pu voir le lien entre un juif et la terre d'Israël, mais cette loyauté entre le peuple juif et sa Terre est un lien réciproque.
La Terre a démontré son dévouement envers les Juifs tout au long de l’histoire.
-> Le Ramban, qui vécut plus de mille ans après la destruction du Temple, se rendit en terre d'Israël et constata sa désolation. Il en parle dans son commentaire sur Bé'houkotaï 26,32) :
"Ce qui est écrit ici "Tes ennemis qui y habitent seront désolés" est une bonne nouvelle. Tout au long de nos exils, notre Terre n’accueillera pas nos ennemis. C’est une grande vision et une promesse qui nous est faite.
Nulle part ailleurs sur Terre il n’y a jamais eu de terre aussi bonne, vaste et bien peuplée, qui soit devenue aussi désolée que celle-ci. Tout le monde essaie de s’y installer, mais tous échouent."
Regardez attentivement les paroles du Ramban : "Notre Terre n’accueillera pas nos ennemis". Il traite la terre d'Israël comme si elle avait une personnalité, décidant d’elle-même qui accueillir et qui ne pas accepter. La terre d'Israël n’accueille pas chaleureusement les "invités". Ils peuvent venir s’ils le souhaitent, mais ils ne seront pas accueillis de manière positive et ne pourront pas profiter de ses fruits. [elle est fidèle aux juifs! ]
-> Rabbénou Béhayé était l’élève d’un des disciples du Ramban. Il y a environ 700 ans, il écrit (sur Bé'houkotaï 26,32) :
"Même ceux qui y vivent mèneront une existence désolée. Ils n’y construiront ni murs ni tours ; toutes les autres nations tenteront d’y bâtir, mais elles n’auront pas la force de le faire.
C’est un signe formidable pour Israël : depuis le jour où la Terre a été détruite, aucune autre nation ni aucun autre peuple n’a pu s’y installer. Elle n’acceptera personne d’autre jusqu’à ce que ses propres enfants reviennent."
C’est une façon remarquable de décrire la Terre : elle attend le retour de sa progéniture. Dans la nature, certains oiseaux sont fidèles à leur nid, mais il n’existe pas de nid qui reste fidèle à ses oiseaux.
La terre d'Israël est un nid d’un genre particulier ; elle reste fidèle à ses "oisillons" (les juifs).
Comme nous pouvons en témoigner, la Terre est restée fidèle au peuple juif pendant des milliers d’années, mais maintenant que nous sommes revenus, elle est à nouveau abondante et fertile.
Ce lien réciproque entre les juifs et la terre d'Israël est merveilleux, unique et tout à fait extraordinaire. C’est en effet un lien divin !
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+ Une union innée entre la nation juive et la Terre :
-> "La terre d’Israël n’est pas un élément physique extérieur dont la nation dispose pour permettre au peuple de s’unir ou pour soutenir son existence physique ou spirituelle.
Au contraire, la terre d'Israël est une entité indépendante liée au peuple juif par un lien vivant (kécher 'haïm), intimement liée à l’existence de la nation par ses propres traits uniques.
[rav Avraham Kook - Orot - Orot Eretz Yisrael 1 ]
-> Chaque nation a besoin d’une terre pour relier ses membres entre eux et former une entité nationale. Cependant, il s’agit là d’un besoin externe et accessoire. Des personnes rassemblées sur un bout de terre auraient tout aussi bien pu former une nation ailleurs.
La relation entre les juifs et leur Terre est toutefois différente.
La terre d'Israël n’est pas un moyen de nous unir ou de nous assurer une existence physique. Ce n’est pas non plus que nous ayons besoin de la terre d'Israël pour préserver notre singularité spirituelle et nous protéger de l’assimilation. Ce ne serait là qu’une autre forme de lien externe.
Mais plutôt, il existe une correspondance interne et innée entre la Terre et le peuple juif. Comme l'écrit le rav Kook : "La terre d'Israël ... est liée au peuple juif par un lien vivant".
Il existe deux ensembles de traits intrinsèquement uniques : les traits d’Am Israël (peuple juif) et les traits de la terre d'Israël. Ces deux ensembles sont intrinsèquement assortis.
Rabbi Shimon bar Yochai nous enseigne : "Hachem a examiné toutes les terres et n’a trouvé aucune terre convenant à Israël en dehors de la terre d'Israël" (midrach Vayikra raba 13,2).
Il s’agit d’une relation très particulière. La Terre ne nous appartient pas par hasard ou en raison de facteurs externes. Au contraire, le peuple juif et la Terre sont liés d’une manière interne, intrinsèque et sans pareille.
-> Selon le midrach (Tan'houma Bamidbar 17) :
"Hachem a créé de nombreuses terres et en a choisi une comme étant spéciale, la terre d’Israël, comme il est écrit : "Une terre dont ton D. prend soin. Les yeux de ton D. sont toujours tournés vers elle" (Ekev 11,12). Et Il l’a appelée "Ma Terre", comme il est écrit : "Ils ont partagé Ma Terre" (Yoël 4,2).
Il a créé 70 nations et en a choisi une, comme il est écrit : "Ton D. t’a choisi pour être une nation unique parmi toutes les autres nations de la surface de la terre" (Vaét'hanan 7,6)."
-> De même, selon le midrach (Bamidbar raba 23,7) :
Hachem dit à Moché : "J’aime la Terre [d'Israël] ... Et j’aime Israël (les juifs) ... Je placerai Israël, que J’aime, sur la Terre que J’aime."
-> Nous avons vu ci-dessus l'expression du rav Kook : "La terre d'Israël est liée à la nation [juive] par un lien vivant (kécher 'haïm)."
Le rav Avraham Kook écrit ailleurs (introduction au Shabbath haAretz) :
"La valeur intrinsèque de la Terre et la valeur intrinsèque du peuple juif se correspondent. Tout comme la nation est unique par son caractère divin exalté au plus profond de sa vie, ainsi la Terre d'Hachem ... correspond parfaitement à la nation qu'Hachem a choisie pour son caractère unique.
Les âmes de la nation [juive] et de la Terre [d'Israël] œuvrent ensemble sur le fondement de leur être et s’attachent à remplir le rôle qui leur est assigné, afin de réaliser leur potentiel sacré."
-> Ainsi, il existe un lien inné entre le peuple juif et la terre d’Israël.
Tout comme le peuple juif est unique dans sa capacité à s’élever vers le Divin, la Terre est prête à devenir sainte. Chaque fois qu'Hachem promet de protéger la descendance des Patriarches, on comprend clairement pourquoi Il promet également de leur donner la Terre.
Il s’agit d’un lien vivant, d’un lien inné et indestructible. La descendance des Patriarches ne pourra mener une vie pleinement accomplie dans son essence même que lorsqu’elle se trouvera sur la Terre.
Pour clarifier davantage le concept de "lien vivant", nous examinerons plusieurs exemples tirés de la nature.
Parfois, nous découvrons des racines dans le sol sans aucun signe d’arbres.
Cependant, si nous creusons et suivons les racines dans une direction, nous atteindrons un arbre, et si nous creusons le long de la racine dans la direction opposée, nous atteindrons une source d’eau. De par leur nature même, les racines d’un arbre poussent vers une source d’eau. Cela est nécessaire à la poursuite de sa vie, même si cela n’est pas évident à première vue.
De même, certaines plantes survivent en tournant instinctivement leurs feuilles vers le soleil. Ce trait fait partie de leur essence même.
De même que les plantes s'efforcent d'obtenir de l'eau et de la lumière du soleil, le désir ardent du peuple juif pour Israël fait partie intégrante de sa vie ...
Le Créateur du monde et de l’humanité a décrété que nous sommes liés à cette Terre par notre essence même. C’est notre place naturelle. Nous sommes liés à la Terre par un lien vivant. Ce n’est qu’ici que nous pouvons accomplir notre mission dans le monde.
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+ Pars pour ton propre bien (lé'h lé'ha) ... vers la Terre :
-> Le premier commandement d'Hachem à Avraham est :
"Pars pour ton propre bien de ta Terre, de ta ville natale et de la maison de ton père, vers la Terre que je te montrerai. Et je ferai de toi une grande nation, je te bénirai et je rendrai ton nom grand. Et tu seras une source de bénédiction" (Lé'h lé'ha 12,1).
-> Rachi commente ce qui semble être une expression redondante :
"Pour ton bien" (lé'h lé'ha) = pour ton bénéfice et ton avantage. Et là-bas, je ferai de toi une grande nation. Tant que tu seras ici, tu n’auras pas d’enfants, mais là-bas, je ferai connaître ton caractère (ta nature) au monde entier.
Ainsi en d’autres termes, selon Rachi, le mot "lé'ha" (pour toi), implique que le voyage d’Avraham est pour son propre bénéfice.
-> Le Alchikh hakadoch (dans son commentaire sur la Torah) aborde "lé'ha" différemment :
"Sache que tant que tu es hors de la Terre [d'Israël], tu n’es pas attaché à tes racines et tu n’es pas complet. C’est plutôt comme si certaines parties de toi étaient séparées des autres, car tu es séparé de ton essence et de tes racines.
Cependant, lorsque tu te rends en Terre [d'Israël], tu te connectes, pour ainsi dire, à toi-même et à tes racines. Et c’est ce que signifie "lé'h lé'ha" : tu vas vers toi-même, vers la racine qui est attachée à ton D., en ce sens que ta valeur est rehaussée et sanctifiée.
Ainsi, lorsque tu es hors de la Terre [d'Israël], tu n’as pas la même identité que lorsque tu es dans la Terre [d'Israël]."
-> Selon Rachi, le mot "lé'ha" fait référence à la raison du voyage, pour ton bien. Le Alchikh laisse entendre qu’il fait référence à la direction du voyage, "vers ta propre identité et tes racines".
Les deux commentaires se complètent en réalité. La terre d'Israël est la racine de notre âme. Va, pour ton propre bien, vers la racine de ton âme, ton habitat naturel, un lieu qui ne peut être détaché de toi, là où se trouvent tes racines.
C’est certainement pour ton bien. Tu ne peux pas t’épanouir lorsque tu n’es pas à ta place ; tu ne porteras aucun fruit sans racines. Cependant, dans la Terre, lorsque tu arriveras chez toi et que tu te connecteras aux racines de ton âme, je ferai de toi une grande nation et tu seras capable d’accomplir ta mission dans ce monde.
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-> "Et Je me souviendrai de mon alliance avec Yaakov, de mon alliance avec Its'hak, et Je me souviendrai même de mon alliance avec Avraham ; Je me souviendrai aussi de la Terre [d'Israël]" (Bé'houkotaï 26,42).
-> "Pourquoi, lorsqu’on énumère les mérites des Patriarches, le verset mentionne-t-il également les mérites de la Terre?
Reich Lakich répond :
On peut comparer cela à un roi qui avait trois fils élevés par sa servante. Chaque fois qu’il voulait avoir des nouvelles de ses fils, il disait aussi : "Demandez des nouvelles de la nourrice qui les élève".
De la même manière, chaque fois qu'Hachem mentionne les Patriarches, Il mentionne aussi la Terre [d'Israël]."
[midrach Vayikra raba 35,5]
-> À première vue, il semble que Reich Lakich explique le verset par association. Puisque les Patriarches sont mentionnés, Hachem mentionne également la terre d'Israël, qui est comparée à une "nourrice" qui élève les enfants.
Cependant, le Maharal (Déré'h 'Haïm 5,9) explique cela à un niveau plus profond :
"C’est parce que le statut exalté (très élevé) des Patriarches trouve son origine dans la Terre [d'Israël].
Si la Terre n’avait pas existé, les Patriarches n’auraient pas atteint le plus haut degré de sainteté. Et c’est ainsi que la Terre [d'Israël] les aide à grandir."
-> Une nourrice qui élève des enfants n’est pas une simple spectatrice, mentionnée en passant.
Au contraire, c’est une figure très importante dans l’éducation des enfants et le façonnement de leur personnalité. Sans elle, les enfants ne deviendraient pas ce qu’ils sont. Elle joue clairement un rôle central et significatif au sein de la famille.
Il en va de même pour les Patriarches. Sans la Terre, ils n’auraient pas atteint leur plein potentiel spirituel.
En fin de compte, deux traits précieux se complètent : les caractéristiques uniques du peuple juif et celles de la Terre [d'Israël]. La Terre prépare le chemin et aide le peuple juif à révéler ses mérites.
On peut comparer cela à un arbre qui ne poussera correctement que dans un sol adapté et dans son environnement particulier.
Comme l’écrit Rabbi Yéhouda Halévi (Kouzari 2,14) :
"Voyez comment Avraham a dû quitter sa terre d’origine pour réussir, et comment le nouvel endroit lui était plus propice pour se rapprocher d'Hachem.
Le cœur de ce mérite unique impliquait qu’Avraham devait se rendre à l’endroit où il pourrait atteindre la pleine perfection.
Si un agriculteur trouve dans le désert un arbre capable de porter de bons fruits, il le transplantera dans un sol labouré : il est naturel que cette racine s’épanouisse et devienne une plante cultivée plutôt qu’une plante sauvage."
=> L’existence du peuple juif est inextricablement liée à la terre d'Israël, et le peuple juif ne peut accomplir sa mission qu’au sein et à travers la Terre. Ce n’est qu’alors que nous pourrons véritablement accomplir la grande tâche que le Créateur de l’Univers nous a réservée : "Vous serez un royaume de prêtres et une nation sainte" (Yitro 19,6).
[nous avons un principe que les actes de nos ancêtres les Patriarches sont un signe, un enseignement, pour leur descendance. Ainsi, de même qu'Avraham n'aurait jamais pu devenir ce qu'il a été s'il avait vécu en dehors d'Israël, de même nous devon prendre à coeur d'aspirer à y vivre pour que nous puisons fleurir au meilleur de nos potentialités, grâce au mérite de la terre d'Israël.
Un juif ne pourra jamais être pleinement lui-même s'il vit en dehors d'Israël (et s'il n'en a pas les possibilités actuellement il doit y aspirer fortement, et aimer la Terre de là où il se trouve). ]