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Se réjouir de notre proximité avec Hachem

"Noa'h l’homme de la terre, s’est abaissé et a planté une vigne" (Noa'h 9,20)

-> Rachi commente : "Il s’est profané ('houlin), car il aurait dû d’abord se consacrer à un autre type de plantation."

=> En quoi le fait que Noa'h ait d’abord planté une vigne était-il si grave, au point de le faire passer du statut de tsaddik à celui de 'houlin, de profane?

Le rav Israel Moché Dushinsky, donne l'explication suivante.
Il semble que Noa'h ait appliqué à lui-même le verset (Michlé 31,6) : "Donne une boisson forte à celui qui est dans la détresse, et du vin à ceux dont l'âme est amère."

Après avoir quitté l'Arche et découvert le monde détruit, Noa'h était triste, et c’est pour cela qu’on le critique. Pourquoi avait-il besoin de se réjouir avec du vin?
Un tsadik de son envergure aurait dû se réjouir en s’attachant à Hachem, au point de ressentir tant de plaisir et de joie qu’il n’aurait pas eu besoin de vin du tout.
C’est ce que signifie le fait que Noa'h se soit rendu 'houlin (profane). S’il avait entièrement sanctifié sa vie pour Hachem, il n’aurait pas eu besoin de vin pour être joyeux.

Les actions de la femme de Noa'h étaient égales [en grandeur] à celles de Noa'h.
[Michlé rabbati 30]

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[ la Torah affirme que Noa'h était "ich tsadik tamim" (Noa'h 6,9), ainsi sa femme l'était au moins autant. ]

L’ingratitude de la génération du Déluge

-> Le guémara (Sanhédrin 108a) nous enseigne que les gens de la génération du Déluge s'enorgueillissaient de l'abondance que Hachem leur avait octroyée.
Ils disaient ainsi : nous n'avons besoin de rien, même pas d'une goutte de pluie ! Nous avons des fleuves, des sources qui nous abreuvent!
Hachem dit : ils Me mettent en colère avec l'abondance dont Je les ai pourvus. Je vais les juger par elle, comme il est écrit : "Et Moi, Je vais amener sur la terre le Déluge"
(Noa'h 6,17).

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[si l'on veut éviter d'avoir des périodes de déluge dans notre vie (nous poussant au final à nous tourner vers Hachem), il faut autant que possible remercier et avoir de la gratitude envers Hachem (même quand tout va bien, même sur les petites choses routinières de la vie), pour les bontés qu'Il nous octroie en permanence. ]

Noa’h & le vin

"Noa'h, l'homme de la terre, se déshonora et planta une vigne. Il but du vin et s'enivra, puis se découvrit dans sa tente" (Noa'h 9,20-21)

-> Le Maayan Beit haChoéva explique :
Nous savons que la Torah décrit Noa'h comme un tsadik (Béréchit 6,9), et que malgré l'incident peu flatteur avec le vin, il a toujours eu une prophétie par la suite et a prophétisé ce qui arriverait à Shem, Cham et Yéfet (Noa'h 9,25-26). Comment pouvons-nous donc comprendre que Noa'h se soit comporté d'une manière aussi inconvenante, en abusant du vin et en restant dévêtu dans sa tente?

Noa'h pensait que le Déluge (Maboul) avait éradiqué tout le mal du monde, et que le monde était revenu au même état qu'avant la faute d'Adam et de 'Hava.
Noa'h pensait qu'il était comme Adam, un homme directement issu de la terre, un "ich aadama".
Il choisit donc de planter une vigne afin de ne pas commettre la faute d'Adam HaRichon, qui avait fauté avec des raisins (guémara Sanhédrin 70a).
Noa'h ne fut pas vêtu, comme Adam HaRichon avant la faute, parce qu'il pensait avoir atteint ce niveau.

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2021/01/14/33290

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-> Selon certaines opinions, Noa'h avait pris avec lui dans l'Arche des plants de vigne et de figuiers (Rachi Noa'h 9,20 ; Béréchit rabba 36,3), ainsi qu'une grande variété de graines (rav 'Haïm Paltiel - Noa'h 8,5).

Selon d'autres, après avoir quitté l'Arche, en sortant dans la nature pour commencer à cultiver la terre, Noa'h aperçoit un plant de vigne flottant dans un cours d'eau. Se penchant pour l'attraper, il la rapporte sur le rivage et réalise immédiatement que cette vigne vient du Gan Eden. [Targoum Yonathan Noa'h 9,20 ; Pirké déRabbi Eliézer 23]
Selon certaines opinions, elle provenait du fameux Arbre de la Connaissance (ets hadaat), le fruit défendu qu'avaient mangé Adam et 'Hava avant d'être chassés du Gan Eden. Cette opinion ne contredit pas forcément celle disant que Noa'h avait emporté ces plants dans l'arche car il se peut qu'il les ait trouvés avant le déluge.

Mettant les autres plants de côté, Noa'h lui accorde toute son attention.
Noa'h n'a pas pris la leçon de l'expérience d'Adam, dont la chute a été provoquée par une vigne.

A son grand étonnement, à peine la plante-t-il qu'elle produit miraculeusement des grappes de raisins mûrs. [Zohar - Noa'h 73a ]
Noa'h s'empresse d'en cueillir une grappe, de la presser, et d'en goûter son jus ... Noa'h se met à l'œuvre et il obtient bientôt un tonneau plein de jus.
Peut-être la fermentation améliorera-t-elle encore ce breuvage ? Il faut essayer! En quelques minutes, le tonneau est plein d'un vin riche, savoureux, Noa'h vient de découvrir le vin que personne ne connaissait jusqu'à présent. [Zohar - Noa'h 73a]
Avant le déluge, on avait toujours consommé les raisins tels quels. Le vin, maintenant, a fait son apparition. [Radak - Noa'h 9,20]

En revanche, le Malbim et le Abarvanel sont d'avis que Noa'h a planté la vigne avec l'intention explicite de fabriquer du vin.
Selon le Sforno, lorsqu'un acte n'est pas parfait, le résultat peut s'avérer très mauvais.

-> Noa'h aurait dû apporter une libation de vin sur l'autel avant d'en boire. S'il l'avait fait, cela l'aurait protégé de ses effets néfastes. [Torat Moché - Beréchith 3b ]

Noa'h, qui était un "homme de la terre", aurait également dû apporter sur l'autel des fruits de la terre. Il aurait dû considérer le produit de la vigne comme "orla", les trois premières années puis le consacrer, la quatrième année, à des réjouissances en l'honneur d'Hachem, et n'en boire le vin qu'ensuite. ['Hatam Sofer]

Pensée de téchouva – Une influence imperceptible

+ Pensée de téchouva - une influence imperceptible :

"Fais-toi une arche en bois de gofer" (Noa'h 6,14)

-> Rachi explique que la raison de la longue construction de la Téva (l'Arche), bien que Hachem n'ait pas manqué de solutions plus faciles pour sauver Noa'h et sa famille, était d'attirer l'attention de la génération sur l'imminence du Maboul (Déluge).
[ex: voyant Noa'h pendant 120 ans faire autant d'efforts pour construire une Arche, ils en viendraient à changer leur façon de se comporter, pour s'épargner une mort certaine. ]

-> À première vue, il semblerait que cet effort ait été vain, car seuls Noa'h et sa famille ont survécu, ce qui indique que personne d'autre n'était réceptif au message.
Le Sfat Emet (Noa'h 5641) suggère cependant que certains ont pu réfléchir, avoir des doutes, sur leur mauvaise conduite, ce qui constitue un peu de repentir (téchouva).
Bien que cela n'ait pas suffi à les sauver, cela a eu un impact sur les réincarnations futures. En effet, nous trouvons dans les écrits du Arizal que la génération du Déluge (dor haMaboul) s'est réincarné dans ceux qui ont connu l'esclavage en Égypte. Parmi eux, les diverses âmes ont connu différents niveaux de rectification au cours de ce processus.
Ainsi, il se peut que les remords non exprimés d'une âme avant le Déluge (en voyant Noa'h construire l'Arche) aient influencé son expérience en Égypte.

Il se peut également que certains des contemporains de Noa'h se soient repentis et soient donc décédés paisiblement avant l'arrivée du Déluge.

Tout cela nous concerne, car tout comme Noa'h a été chargé d'encourager sa génération à s'améliorer, le peuple juif a été envoyé en exil parmi les nations pour maintenir les vérités intemporelles concernant Hachem, la Torah et le destin ultime de l'humanité.
L'espoir est que, par notre exemple silencieux, ceux qui ont une propension à ces idéaux seront améliorés. Pour certains, cela se traduit par une adhésion effective à Israël, mais pour d'autres, cela peut se faire de manière plus subtile, dont les résultats ne doivent pas être sous-estimés.

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[c'est impressionnant de se dire qu'une 'simple' pensée de téchouva à l'époque de Noa'h, a fait qu'un juif au moment du terrible esclavage en Egypte (en s'y réincarnant) y a vécu plus confortablement (ayant moins à réparer car ayant fait un peu de téchouva dans sa première vie).
Cela nous pousse à réfléchir pour nous même, et pour l'impact qu'on peut avoir sur autrui (ex: en les rapprochant d'Hachem, en faisant téchouva).
Même si sur le moment cela semble n'être rien (ex: une simple pensée), imperceptible, l'impact peut être énorme! (sans compter que le monde à Venir éternel sera beaucoup amélioré, par même un petit acte, petite pensée) ]

Le vol fait apporte la rigueur Divine dans le monde

+ Le vol fait apporte la rigueur Divine dans le monde :

"Hachem dit à Noa'h : "La fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de brigandage à cause d'eux ; et voici, Je suis sur le point de les détruire de la terre"" (Noa'h 6,13)

-> Rachi explique : "Partout où l'immoralité et l'idolâtrie sont présentes, un fléau s'abat sur le monde et tue les bonnes [personnes] en même temps que les mauvaises". Pourtant, malgré l'immoralité et l'idolâtrie endémiques, le décret du déluge n'a été scellé qu'à cause de la faute du vol.

-> Le Maharal (Gour Aryé) commente :
Malgré la prédominance des graves fautes d'immoralité et d'idolâtrie, le décret du déluge n'aurait pas eu lieu sans la prévalence de la faute de voler.
Le vol a joué un rôle déterminant dans le décret, car Hachem est miséricordieux et ne se hâte pas de détruire le monde, même à une époque où l'immoralité est très répandue. Cependant, le vol omniprésent dans la génération du déluge a entraîné l'effondrement de la société civilisée. La civilisation a commencé à s'effondrer de l'intérieur, et ce n'était qu'une question de temps avant que le monde ne se désintègre complètement.
Il n'y avait donc aucune raison pour qu'Hachem retarde son décret. Ainsi, bien que le facteur déterminant de la destruction du monde ait été l'immoralité, c'est la faute du vol qui a finalisé [l'application] de la punition.

En outre, Hachem juge le monde mesure par mesure.
Lorsque les gens font du 'hessed, des actes de bonté, Hachem les juge également avec bonté et miséricorde, et Il ne se précipite pas pour les punir de leurs fautes. Même lorsqu'Il décrète une punition, celle-ci n'est pas exécutée immédiatement.
Cela permet [de laisser le temps pour] annuler le décret par le biais du repentir et de la prière.

En revanche, lorsque les gens se traitent mal les uns les autres, Hachem les juge avec l'attribut de la stricte justice. En tant que tel, le décret est définitif et ne peut être annulé.
Le vol généralisé et le manque de pitié entre les gens ont créé un environnement de justice stricte qui a abouti au décret du Déluge.
Ce n'est qu'après la destruction des réchaïm et les prières de Noa'h et de sa famille que l'environnement de stricte justice commence à s'estomper.

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=> Hachem est tout à fait miséricordieux et n'est pas prompt à punir. Cependant, la faute du vol entraîne l'effondrement de la société civile. Ainsi, Hachem ne retarde plus la punition.
De plus, lorsque le vol est répandu et que les gens ne font preuve d'aucune pitié les uns envers les autres, un environnement de stricte justice prévaut dans le Ciel.

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-> Aux yeux d'Hachem, quelle faute est la plus grave : celle que nous commettons envers Hachem ou bien celle que nous commettons envers notre prochain?

À l’époque de Noa'h, avant le déluge, l’humanité était devenue extrêmement fauteuse. Elle s’était rebellée contre Hachem et avait causé de grands torts et des pertes financières à ses semblables.
Nos Sages partagent la façon dont Hachem percevait leurs fautes. Hachem dit : "Lorsque l’humanité se rebelle contre moi, je suis prêt à renoncer à mon honneur et je n’enverrai pas le déluge. Cependant, je ne peux pas fermer les yeux lorsque je vois l’humanité causer de la douleur, de la souffrance et des pertes financières à ses semblables."
Et c’est à ce moment-là qu'Hachem a envoyé le déluge.
[rav Yonathan Eibshitz - 'Hidouché rabbi Yéhonatan]

Sarah – A son mariage une femme naît de nouveau

+ Sarah - A son mariage une femme naît de nouveau :

"Avram et Na'hor se prirent des épouses ; le nom de l'épouse d'Avram était Saraï et le nom de l'épouse de Na'hor était Milka, fille de 'Haran, père de Milka et père de Yiska" (Noa'h 11,29)

-> Rachi commente : "Yiska était un autre nom pour Saraï, qui faisait allusion à la capacité de prophétie de Saraï".
Pourquoi Saraï avait-elle 2 noms?
La réponse est que le nom de Yiska était son nom de naissance, et que le nom de Saraï lui a été donné lorsqu'elle a épousé Avram.
Yiska était un nom de naissance approprié pour Saraï, car sa capacité de prophétie était innée (et non une conséquence de son mariage avec Avraham). En effet, elle était un plus grand prophète qu'Avraham, puisque nous constatons qu'Hachem a ordonné à Avraham d'écouter tout ce que Sarah disait (Vayéra 21,12).

Yiska a reçu un nouveau nom lors de son mariage avec Avram, car lorsqu'une femme se marie, elle est considérée comme si elle naissait de nouveau.
La guémara (Sotah 12a) déclare : "Quiconque épouse une femme léchem chamayim (pour faire la volonté d'Hachem) est considéré comme l'ayant mise au monde" , car une femme non mariée est spirituellement incomplète, et son mari l'amène à l'achèvement spirituel.
Cependant, un mari n'a la capacité d'achever (rendre compète) sa femme que s'il l'épouse pour le Ciel (léchem chamayim). En revanche, s'il l'a épousée pour sa beauté, il est lui-même spirituellement dépourvu et donc incapable de l'achever spirituellement.
Avram n'a certainement pas épousé Saraï pour sa beauté, il n'en a eu conscience que longtemps après son mariage (Rachi - Lé'ha Lé'ha 12,11). Parce qu'il l'a épousée léchem chamayim, il était capable de l'amener à l'accomplissement spirituel.

Le nom de Saraï, qui signifie princesse, lui convenait parfaitement après son mariage avec Avram, car ce dernier était un roi.
Le midrach (Bamidbar rabba 15,14) nous dit : "Toutes les nations se réunirent et installèrent Avraham comme roi sur elles".
Comme la guémara enseigne qu'Avram est considéré comme l'ayant mise au monde, sa royauté lui a conféré le statut de princesse.
[Maharal - Gour Aryé ]

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=> Le nom de naissance de Saraï était Yiska, ce qui faisait allusion à sa capacité innée de prophétie.
Lorsqu'elle épousa Avraham, elle est née de nouveau, car celui qui se marie léchem chamayim est considéré comme ayant donné naissance à sa femme.
Lors de sa renaissance, elle reçut le nom de Saraï, qui fut plus tard changé en Sarah.

Les enfants de Noa’h ont-ils été sauvés grâce à son mérite?

+ Les enfants de Noa'h ont-ils été sauvés grâce à son mérite? :

"Noa'h a trouvé grâce aux yeux d'Hachem.
Ce sont les enfants de Noa'h, un homme juste et parfait" (Noa'h 6,8-9).

-> La paracha précédente (Béréchit) se termine par l'affirmation de la Torah selon laquelle Noa'h a trouvé grâce aux yeux d'Hachem et que c'est grâce à cela qu'il a été sauvé du déluge.

Le Zéra Chimchon demande qu'étant donné que les enfants de Noa'h ont également été sauvés, il semblerait qu'ils aient aussi trouvé grâce aux yeux d'Hachem.
Si c'est le cas, le verset aurait dû dire : "Et Noa'h, et ses enfants, ont trouvé grâce aux yeux d'Hachem" ?

Le Zéra Chimchon propose les deux explications suivantes.

1°/ Avant le déluge, il fallait avoir 100 ans pour être puni pour ses actes. Avant cet âge, une personne était considérée comme "mineure" et n'était pas punie pour ses mauvaises actions.
Pourtant, nous constatons que toutes les personnes, même celles âgées de moins de 100 ans, ont péri dans le déluge. Seuls les enfants de Noa'h ont été sauvés. Il est évident que cela n'a été possible qu'en raison du mérite de leur père, Noa'h, qui était juste. Par conséquent, ils ne sont pas inclus dans le verset et seul Noa'h est mentionné puisque c'est grâce à son mérite que ses enfants ont été sauvés.

2°/ Le Zéra Chimchon propose une autre possibilité.
Les enfants de Noa'h ont en fait été sauvés par leur propre mérite, puisque la guémara (Béra'hot 48b) dit : "On peut reconnaître un jeune arbre bien enraciné aux premiers stades de sa croissance". La guémara
utilise comme une allégorie des jeunes enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de la responsabilité, mais dont on peut déceler, par leurs actions, la direction dans laquelle ils se dirigent généralement.
Il en va de même pour les enfants de Noa'h, même s'ils n'étaient pas encore responsables et donc punissables pour leurs actions, leur tendance à être bons était claire.
En revanche, les enfants du reste des habitants de la terre ont montré de mauvaises tendances et ont donc été éradiqués.

Cependant, le fait que les enfants de Noa'h aient été justes est dû, en grande partie, au fait qu'en tant que père, les actions de Noa'h ont guidé et éclairé le bon chemin pour eux. C'est la raison pour laquelle le verset mentionne uniquement que Noa'h a trouvé grâce aux yeux d'Hachem, car même si ses enfants étaient également justes, cela était dû grâce à la droiture de Noa'h.

Le Zéra Chimchon utilise cette explication pour attribuer une compréhension plus profonde au commentaire de Rachi au début de la paracha.
La paracha commence par dire : "Voici les enfants de Noa'h", puis énumère les bonnes actions de Noa'h.
Rachi explique que les véritables enfants d'un tsadik sont ses bonnes actions.
C'est pourquoi la Torah mentionne les bonnes actions de Noa'h après avoir dit : "Ce sont les enfants de Noa'h".

Le Zéra Chimchon interprète ces mots de Rachi comme une leçon d'éducation des enfants ('hinoukh), le tsadik élève des enfants justes (tsadikim) non pas en prêchant les bonnes actions, mais plutôt en servant d'exemple vivant.
Par conséquent, "les vrais enfants d'un tsadik sont ses bonnes actions" signifie que les enfants d'un tsadik grandissent pour devenir justes en voyant les bonnes actions de leur père par l'exemple.

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=> Le mérite d’un individu juste protège ses enfants.
Les enfants grandissent pour devenir des personnes justes en voyant un exemple vivant de droiture chez leurs parents.

Noa’h – Tout se passe selon la volonté d’Hachem

+ Noa'h - Tout se passe selon la volonté d'Hachem :

-> Dans la paracha Noa'h, la Torah décrit comment Hachem est "descendu" pour voir la construction de la tour de Bavel (Noa'h 11,5-7).
Rachi (sur Noa'h 11,5) explique qu'Hachem a agi de la sorte afin que les juges terrestres apprennent de Son exemple qu'ils doivent eux aussi examiner et comprendre les circonstances d'une situation avant de rendre un jugement.

Le Ibn Ezra, cependant, émet un avis différent. Comme nous le savons, pour que quelque chose se produise dans le monde, il faut que ce soit la volonté d'Hachem.
Selon Ibn Ezra, la Torah nous dit qu'il était nécessaire qu'Hachem descende dans le monde, au sens figuré, pour que la construction du de la tour de Bavél se poursuive.
[rien ne peut exister, se produire, sans un décret en ce sens du Ciel. En un sens, le verset nous rappelle le besoin d'un décret d'Hachem qui "descend" pour que cela puisse se réaliser. ]

Il existe différents niveaux de émouna en Hachem. Le niveau ultime de la émouna consiste à reconnaître que tout ce qui se produit est la volonté d'Hachem.

Comment pouvons-nous renforcer cette conscience de la présence constante d'Hachem en nous-mêmes? Le rav 'Haïm Friedlander fait remarquer que toutes les bénédictions du matin (birkot haCha'har) sont écrites au présent : 'Il redresse ceux qui sont courbés" ; "Il donne de la force à celui qui est fatigué" ; "Il habille ceux qui sont nus" ; ...
Le rav Friedlander explique que c'est parce que nous devons reconnaître et apprécier le fait qu'Hachem accomplit ces bontés pour nous de manière constante, continue et actuelle.

En nous demandant de commencer chaque journée de cette manière, nos Sages a renforcé notre capacité à maintenir une vision correcte de l'implication d'Hachem dans le monde et dans nos vies.

Servir Hachem dans la joie = trouver grâce à Ses yeux

+++ Servir Hachem dans la joie = trouver grâce à Ses yeux :

"Noa'h a trouvé grâce aux yeux d'Hachem" (Noa'h 6,8)

-> La guémara (Sanhédrin 108a) nous dit que Noa'h était également inclus dans le décret selon lequel la toute vie serait détruite par le Déluge, mais qu'il a été sauvé parce qu'il a trouvé grâce aux yeux d'Hachem.
Comment trouve-t-on la grâce auprès d'Hachem?

Si une personne accomplit les mitsvot à contrecœur, en pensant qu'elle perd de l'argent ou qu'elle se prive de plaisirs, elle n'observe pas la Torah avec grâce et n'obtiendra pas la grâce d'Hachem.
En revanche, lorsque nous accomplissons la Torah avec grâce = avec joie et en reconnaissant [fièrement] que c'est le but de notre vie, nous obtenons la grâce divine et le pardon de nos fautes.
[rav Moché Feinstein - Kol Ram]

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-> Lorsqu'une personne trouve grâce aux yeux de D., elle est appelée Noa'h, qui est apparenté au mot "tranquillité" (ménou'ha).
En trouvant grâce aux yeux de D., une personne trouve la tranquillité.

[ainsi, le verset : "Noa'h trouva grâce aux yeux d'Hachem" (Béréchit 6,8) peut être lu : "la tranquillité [Noa'h] [est vécue par celui] qui a trouvé grâce aux yeux de D.]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béréchit 6,8]