Aux délices de la Torah

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"Offrez votre sacrifice du bétail" (Vayikra 1,2)

Le Tiférét Chlomo (rabbi Chlomo de Radomsk) explique ce verset par un raisonnement a fortiori : Si une simple bête, quand un juif l’appelle explicitement "sacrifice" (korban), devient consacrée d’une sainteté supérieure au point que son sang sera répandu à l’endroit le plus saint, à plus forte raison s’il dit sur lui-même : "Je prends sur moi d’être consacré à Hachem à partir d’aujourd’hui", il est évident qu’une sainteté supérieure repose sur lui.

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-> "Lorsqu’un homme, parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem, c’est d’une bête d’entre le gros bétail ou le petit bétail que vous apporterez votre sacrifice" (Vayikra 1,2)

-> Le Tiférète Chlomo apporte à ce verset l’explication suivante :
La Torah vient ici, dit-il, nous enseigner que lorsqu’un homme désire se rapprocher d’Hachem, il s’inspirera de la "bête" que l’on offrait en sacrifice. En effet, celle-ci, qui était un animal, et qui demeure tel quel dans son essence, se voit cependant empreinte d’une sainteté immense au point d’être élevée au degré de Kodech Kodachim ("saint des saints").
Et tout cela uniquement parce que l’homme a prononcé quelques mots et a dit : "Qu’elle soit un holocauste." De là, on peut déduire la force que l’homme possède à travers sa parole, en particulier lorsqu’il prononce des paroles de Torah ou des prières, celles-ci conférant à sa propre personne une grande sainteté.

Pour reprendre ses propres mots :
"Lorsqu’un homme parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem » s’explique ainsi : lorsqu’un homme ne ressent dans son existence aucune proximité avec Hachem, il pensera au fait que ses paroles ont le pouvoir de sanctifier une bête et la rendre apte à être offerte en sacrifice, bien que cet animal ne subisse en lui-même aucun changement et demeure tel qu’il était. Cependant, la parole énoncée par l’homme est imprégnée d’une sainteté extrême et c’est elle qui fait que cette bête soit consacrée à Hachem. L’homme pourra dès lors en déduire l’intensité de la sainteté qui réside en lui, et combien plus lorsqu’il s’agit d’une parole de Torah ou de prière.
C’est le sens du verset : "Lorsqu’un homme parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem", à savoir lorsqu’il désirera se rapprocher d’Hachem, "c’est d’une bête", autrement dit il s’inspirera de la bête, afin de comprendre la sainteté que lui-même détient grâce à sa parole, et "c’est (de cela) que vous apporterez votre sacrifice", car Hachem se suffit que vous soyez pour Lui un sanctuaire où Il puisse faire résider Sa présence.

C’est à ce propos que certains tsadikim expliquent le verset (Amos 4,13) : "Car voici qu’Il forme les montagnes, crée le vent et raconte à l’homme sa conversation", que nos Sages (guémara ‘Haguiga 5a) commentent : "Même une conversation légère entre lui et sa femme, on lui rappellera au moment du jugement" et y voient une allusion à la prière, car "le terme (שיחה - si'ha - conversation) suggère toujours (dans la Torah) la prière" (guémara Béra'hot 26b).
Cela signifie, d’après cela, qu’au moment du jugement, après qu’un homme aura achevé son existence, on lui rappellera et on lui montrera combien il aurait pu influencer les choses grâce à sa prière, et on lui reprochera de ne pas avoir utilisé ce précieux présent que Hachem a offert à Ses créatures.

-> Le Toldot Yaakov Yossef (paracha Ekev) témoigne avoir entendu de la bouche du Baal Chem Tov qu’une humilité exagérée a pour effet d’éloigner l’homme du service d’Hachem. Lorsqu’il se sent trop inférieur, l’homme ne peut, en effet, concevoir que sa prière et son étude de la Torah soient sources d’abondance dans tous les mondes, dont même les anges se nourrissent. Car s’il en était convaincu, combien servirait-il D. avec joie et crainte et combien se sentirait-il comblé.
Il veillerait alors à chaque mot, à chaque lettre, et à chaque accent tonique, afin de les prononcer comme il se doit. Cela constitue une réponse à tous ceux qui prétendent : "Après avoir tellement fauté, ma prière ne monte plus
dans les hauteurs."
Cet argument découle d’une humilité déplacée et d’une perspective erronée, car Hachem entend la prière de chaque créature!

"Hachem appela Moché" (Vayikra 1,1)

-> Le Likouté bétar likouté explique pourquoi la lettre Aleph (א) du mot vayikra (ויקרא) est écrite en petit : vayikra signifie que D. appelle l’homme, tandis que sans le Aleph, on lit vayikar (ויקר), verbe connotant le hasard (mikré).
Au cours de son existence, l’homme est confronté à diverses sortes de malheurs. Or, ils visent tous le même but : le réveiller et le ramener vers son Créateur.
Cependant, cette finalité lui échappant généralement, il pense que ses souffrances sont le fruit du hasard. Hachem se trouve alors contraint de les amplifier de plus en plus.
Celui qui continue à croire que tout est dû au hasard devra endurer des souffrances plus douloureuses, jusqu’à ce qu’il comprenne que c’est en réalité Hachem qui l’appelle ...

Lorsque D. désire réveiller un homme, Il lui envoie d’abord des souffrances relativement éloignées de lui, touchant par exemple ses amis proches. Si cela ne suffit pas pour le secouer, Il lui inflige des malheurs plus proches, commençant par de petits ennuis comme une détérioration de sa machine à laver ou la perte de son portefeuille. S’il ne réagit toujours pas, les souffrances deviendront insupportables. Il n’aura alors d’autre choix que de se repentir sincèrement ...

Lorsqu’un bouton tombait de son manteau, le ‘Hatam Sofer s’empressait de dire : "Maître du monde, c’est bon, j’ai compris le message, je n’ai pas besoin d’un rappel à l’ordre supplémentaire ..."
[d'après des écrits de rabbi David Pinto]

[le yétser ara nous fait voir la vie comme si tout provient du hasard (vayikar - ויקר), à nous de rajouter le "aleph" (ויקרא) pour comprendre qu'en réalité Hachem nous appelle personnellement pour notre bien.
Dans ce monde de la matière et du libre arbitre, Hachem est tellement caché, qu'il est comme un petit aleph face à l'évidence du hasard, de la force de la matérialité, de la science, de l'égo de l'homme (ça va Hachem je gère tout seul!), ..., mais cette présence de l'Unique (du Un - א) en fin de mot, nous suffit pour percevoir qu'au final de chaque événement il n'y a qu'une réalité : Hachem qui parle avec nous.
Plutôt que de désespérer, que de se plaindre, nous devons nous interroger : "Qu'est-ce que D. souhaite que j'améliore? Sur quoi dois-je faire téchouva?"
D'une certaine façon, plus j'ai une manifestation de l'Unique qui sera petite (comme le petit א) , mieux c'est pour moi, car cela implique que Hachem n'a pas besoin de me réveiller avec une manifestation plus grande : par de grandes souffrances, car j'ai perçu rapidement son message.]

"Tout ce que tu présenteras comme oblation, tu le garniras de sel" (Vayikra 2,13)

-> Le Pélé Yoets (Eleph haMaguen) écrit que le terme méla’h (sel - מֶלַח) peut, en inversant ses lettres, se lire ma’hal (pardonné), tandis que le terme timla’h (tu le garniras de sel - תִּמְלָח) peut aussi se lire tim’hal (tu pardonneras).

Ces allusions nous enseignent : le plus grand sacrifice que l’homme puisse faire à Hachem est de passer l’éponge à son prochain, même si, d’après la stricte justice, il a raison.
Il n’est pas de sacrifice plus sublime que lorsqu’un juif renonce à ses droits.
De plus, on ne perd jamais en renonçant, comme le souligne le rav Steinmann zatsal dans son Ayélèt Hacha’har.
[b'h, à ce sujet : https://todahm.com/2020/09/21/15207-2 ]

Ainsi, à notre époque où nous n’avons pas de Temple ni de Cohen pour nous apporter l’expiation, le pardon et la renonciation que nous accordons aux autres sont le seul sacrifice que nous sommes en mesure d’apporter à Hachem.
A chaque fois que nous nous comportons de la sorte envers notre prochain, notre voisin ou notre conjoint, souvenons-nous que notre conduite est considérée comme un sacrifice apporté au Créateur.

"Quand Aharon fera monter (allumera) les bougies ..., on brûlera les encens" (Tétsavé 30,8)

=> Les encens étaient brûlés en même temps que l'allumage de la Ménora. La simultanéité de ces deux actes montre qu'il existe une corrélation entre eux. Quel est-il?

-> Le Likouté Halakhot explique que les encens (Kétoret) étaient brûlés pour réparer le Mal existant dans le monde et lui permettre ainsi de se soumettre au Bien.
Les encens comprenaient 11 parfums. Dans la tradition, le chiffre 10 représente la Sainteté. La Présence Divine repose dans un endroit où 10 Juifs sont réunis. 10 des 11 parfums de la Kétoret avaient une odeur exquise.
En revanche, la 11ème épice sentait très mauvais. Il s'agit de la 'Helbena. Elle représentait le Mal.
Mais lorsque l'ensemble des 11 parfums étaient consumés par le feu, la mauvaise odeur du 'Helbena ne se faisait plus ressentir. Elle s'effaçait dans la bonne odeur globale. C'est de cette façon que les Kétoret apportaient une réparation au Mal.

Ce travail se trouve en chaque homme. Chacun a des forces émanant de la Sainteté. Mais il a aussi en lui un mauvais penchant, qui l'incite à agir de manière négative ou à ressentir des émotions négatives. Son travail consiste donc à corriger ses propres défauts pour réussir à les éradiquer.
Au moment où il corrige un défaut, on aurait pu penser que seul ce défaut a été corrigé et l'homme est ainsi devenu moins mal. Mais la réalité est tout autre. Quand on s'efforcera d'éradiquer le Mal existant de par ses défauts et ses mauvais comportements, il y aura une répercussion sur l'ensemble des qualités de sa personnalité.
En corrigeant le Mal, le Bien aussi sera alors encore plus éclairé. Oui, le Bien qui est en lui sera encore plus prononcé et plus lumineux. Un défaut corrigé apportera une élévation considérable sur son Service Divin dans son ensemble. Il sentira encore plus d'élan, plus de force, plus de lumière, dans toutes ses actions et ses qualités.
L'homme n'est pas simplement devenu moins mauvais, mais il est devenu encore bien plus bon, plus lumineux.

C'est pourquoi, la combustion des encens était concomitante à l'allumage de la Ménora. Brûler des encens pour élever l'odeur du 'Helbena, corriger le Mal, tout cela permet de faire monter la lumière et d'éclairer encore plus les bonnes facettes de l'homme. Il est difficile d'imaginer quel impact pourrait avoir sur sa personnalité, le fait de corriger ne serait-ce qu'un seul défaut. Même si cela lui est pénible, le gain qu'il récoltera est extraordinaire. Toute sa vie sera élevée et brillera d'une nouvelle lumière qui le remplira de joies et de satisfactions.

Quand un juif se réjouit de son Service d'Hachem et Le remercie pour toutes les bontés et les bienfaits qu'Il réalise constamment pour lui, cette joie-là a la force de le sauver de toutes sortes de fautes. Bien plus, par ce mérite, il sera même préservé de tout malheur et de toute épreuve difficile.
Grande est la force de la joie, quand un homme se réjouit d'avoir Hachem comme D.
[Rabbi de Kobrin - Torat Avot]

On fera très attention à s’habituer à être patient et satisfait de tout ce qui nous arrive.
Même si on nous insulte, il ne faut pas répondre du tout, mais on se rappellera que tout vient de Hachem à cause des fautes commises, qui sont le véritable agresseur.
['Hafets 'Haïm - Chmirat haLachon - Chaar haTévouna ch. 8]

"Ce fut au 8e (chémini) jour" (Chémini 9,1)

-> Les 2 enfants de Aharon : Nadav et Avihou, sont morts en ce 8e jour où fût inauguré le Michkan.
Nos Sages font remarquer que les lettres du mot : 'hanoucca (חנוכה) qui signifie : "inauguration", renvoient à :
- le ח = en ce 8e jour (de valeur ח) a eu lieu la חנוכה (inauguration) ;
- les lettres : נו = ont une guématria de 56, qui est la même que : Nadav (נָדָב‎) ;
- les lettres : כה = ont une valeur de 25, soit la même : Avihou (אֲבִיהוּא‎).

[quelle chance nous avons d'être juifs, et d'avoir une Torah incomparable et aussi infiniment sublime! Merci Hachem! ]

"Les chefs d'Israël, chefs de leur maison paternelle, apportèrent des offrandes" (Nasso 7,2)

-> Lors de l’inauguration du Michkan, les princes (nassi) d’Israël, chefs de tribus, voulurent procurer une satisfaction au Maître du monde en offrant des sacrifices dans Son sanctuaire en l’honneur de ce grand jour, où Sa Présence allait venir y reposer.
Les princes voulurent offrir leurs sacrifices de la façon la plus parfaite possible, pour procurer le maximum de plaisir à leur Père céleste. Et comment procédèrent-ils?

Le midrach (Bamidbar Rabba 14, 12) nous dit :
"Rabbi Chimon dit : Que veut dire le Talmud par ces termes “de la part des princes d’Israël”?
Cela nous apprend qu’ils se sont portés volontaires par eux-mêmes, et que leur sacrifice était équivalent, tant au niveau de la longueur, de la largeur que du poids, et qu’aucun d’entre eux n’a offert un sacrifice de plus que son ami, car s’il avait offert un sacrifice de plus que son prochain, aucune de ces offrandes n’aurait permis de repousser la pratique du Shabbath.
Hachem leur dit : Vous vous êtes mutuellement témoignés du respect, et Je vous traite avec égard en vous permettant d’offrir un sacrifice le jour de Mon Shabbath, de sorte à éviter une interruption de vos sacrifices."

Le Hafets ‘Haïm enseigne que les princes d’Israël connaissaient le secret : ils savaient que le meilleur moyen de réjouir notre Père Céleste consistait à offrir exactement le même sacrifice, à l’identique, sans accorder aucune préférence pour l’un ou l’autre.

La joie ressentie par Hachem grâce à leurs sacrifices, serait parfaite ; aucune trace de tristesse n’y serait dissimulée en raison d’une jalousie de l’un envers l’autre. Son plaisir serait extraordinaire en observant tous Ses fils s’aimer et se respecter de la sorte.
Et en effet, les princes eurent droit à un mérite exceptionnel grâce à cette attitude, et bien que selon la stricte loi, le sacrifice des princes ne reportât pas le respect du Shabbath (une offrande volontaire individuelle n’est pas censée repousser le Shabbath), malgré tout, Hachem leur a en quelque sorte transmis le message suivant : Puisque vous avez manifesté du respect l’un pour l’autre, Je vais Moi aussi vous en manifester, et pour éviter une interruption entre vos sacrifices, Je vous permets également d’offrir vos sacrifices le jour du Shabbath.

Plutôt que de tenter d’acquérir de l’honneur par le biais de la haine et de la concurrence, les princes en ont acquis à bien plus grande échelle, par le biais de l’amour fraternel et du respect du prochain.
Lorsque chacun tente de profiter de tout ce que ce monde propose, sur le compte d’autrui, il est capable de réussir ... mais honte à une telle réussite ; elle est tellement limitée et maigre.
En effet, comment l’homme peut-il accéder à l’honneur, à la richesse, ou à la réussite par ses efforts?

Nous vivons parfois avec le sentiment que la réussite vécue par l’une de nos connaissances se fait sur notre compte, et en conséquence, ne la voyons pas d’un bon œil ... or, bien entendu, c’est une erreur. Pour Hachem, cela ne fait aucune différence si vivent sur terre un seul homme ou des milliards d’entre eux. Il n’a aucune difficulté à nourrir toutes Ses Créatures en comblant tous leurs besoins, tout comme Il nourrit et sustente de la plus grande à la plus petite d’entre elles.

Mais ce n’est pas tout, c’est même tout le contraire : non seulement notre désir de voir réussir notre prochain ne porte pas ombrage à notre propre réussite, mais nous bénéficierons d’une abondance illimitée du Ciel, tout en procurant de la satisfaction au Maître du monde en ce que nous désirons le bien de Ses enfants bien-aimés.

[compilation personnelle d'un divré Torah issu de la Voie à suivre n°1025]

Rabbi Yo'hanan ben Zakaï dit : "Ne pleurez pas sur le Temple, j'ai une meilleure réparation (kappara) que les sacrifices, c'est de faire de la bonté (guémilout 'hassadim), comme il est écrit : "C'est que Je prends plaisir à la bonté et non au sacrifice" (ki 'hessed 'hafatsti - Ochéa 6,6).
[Avot déRabbi Nathan (chap.4)]

"Celui qui ne croit pas qu'il est possible cette nuit [du Séder] de sortir du plus profond des abîmes et d'atteindre les plus hauts niveaux, est le racha de la Haggada"
[Yichma'h Israël]

Le Yichma'h Israël explique que le racha de la Haggada n'est pas un apostat, mais quelqu'un qui a définitivement renoncé au repentir et qui s'imagine qu'il n'a plus de part dans le peuple d'Israël.
C'est à son sujet qu'il est dit "qu'il renie le fondement", parce qu'il se sort lui-même du peuple.
On lui répond alors : "C'est pour ceci qu'Hachem m'a fait sortir d'Egypte".
Cela s'adresse à chacun en particulier. Car même en Egypte, il y avait des juifs qui étaient noyés dans le 49e degré d'impuretés. Et malgré tout, Hachem les délivra et les fit sortir d'entre les ténèbres vers la lumière.
C'est pourquoi même aujourd'hui, chaque juif est tenu de croire et de dire : "c'est pour ceci qu'Hachem m'a fait sortir", précisément "moi".
Car cette nuit, même celui qui est plongé dans la pire des situations (dans les profondeurs de la faute, de l'impureté) sort des ténèbres vers la lumière.

[chaque année nous revivons la sortie d'Egypte = cette possibilité que nous offre Hachem, que même le plus misérable des juifs se hisse au plus haut des degrés]

Le rav Elimélé'h Biderman commente :
On pourrait penser que le fait de se trouver au plus profond de l'abîme spirituel est en soi une raison d'être appelé racha. Mais le Yichma'h Moché nous dévoile que même dans une pareille situation, il n'est pas encore qualifié de racha.
Quand méritera-il ce titre?
C'est seulement s'il désespère de lui-même et pense qu'il ne peut sortir de là où il se trouve.
C'est seulement alors qu'il sera considéré comme le racha de la Haggada.

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-> La guémara (Pessa'him 116a) dit : "nous commençons par quelque chose de déshonorant [notre esclavage et notre bassesse spirituelle], et nous terminons par des louanges [sur le fait que Hachem nous a délivré et amené à Son service]."

Le Yichma'h Israël dit que cela se reproduit chaque année au Séder. Même quelqu'un qui au début du Séder est au plus bas [spirituellement], lorsque nous le terminons il est alors à un niveau plus élevé.
Par le simple fait d'accomplir les mitsvot du Séder, nous montons à d'énormes hauteurs spirituelles.

Il est écrit sur la 1ere nuit de Pessa'h : "je vous ai portés sur l'aile des aigles, je vous ai rapprochés de moi" (Yitro 19,4).
Pourquoi la Torah mentionne-t-elle spécifiquement un oiseau qui est non-casher?
C'est pour nous enseigner que quelqu'un qui est impur par ses fautes va automatiquement devenir pur par la sortie d'Egypte et par la célébration du Séder.

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-> Le 'Hatam Sofer écrit :
"De même que [chaque année au Séder] on est obligé d'imaginer que nous avons [personnellement] quittés l'Egypte, de même nous devons imaginer que nous étions un idolâtre [comme les juifs à ce moment] et que [maintenant en cette nuit du Séder] Hachem nous a rapproché de Lui pour le servir par l'observance des mitsvot de la nuit."

=> C'est l'explication du mot : Pessa'h, qui est lié à Passa'h = sauter.
En effet, à Pessa'h nous avons la possibilité de sauter à des niveaux [spirituels] qui sont inatteignables le restant de l'année.

-> Rabbi Shlomo de Karlin commente les mots : "zéva'h Pessa'h ou l'Hachem", ainsi :
"zéva'h" : si on égorge et domine son yétser ara, alors : "Pessa'h ou l'Hachem" : on saute d'un coup au Trône d'Hachem.

Le Beit Israël dit : "Pendant toute l'année, même si nous ne valons pas un radis, le jour du Séder on a la capacité de mériter d'être placé sur le plateau du Séder [et d'être élevé]."
[de même tout juif même celui qui est plus bas que terre (comme les radis), peut à Pessa'h être élevé, et être utilisé au centre de la volonté de D.]

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-> Le Beit Aharon enseigne (Pessa'h p.85) : "Le Séder n'est pas uniquement pour ceux qui sont à un niveau [spirituel] très élevé. Il est pour tout juif, indépendamment de son niveau [spirituel]."

En ce sens, le racha de la Haggada est celui qui dit : "qu'est-ce que ce travail pour vous" (ma aavoda la'hem).
La Haggada explique clairement son problème : "pour vous, et non pour lui" (la'hem vélo lo).
Le racha c'est celui qui pense que le Séder est pour les autres, et non pour lui. Il ne croit pas que son Séder peut avoir énormément de valeur et de mérite auprès de Hachem.

[ainsi un racha, c'est celui qui désespère en ses capacités sublimes qu'il a enfoui au fond de lui, qui oublie qu'il a une âme magnifique que rien ne peut tâcher, qui oublie qu'il a un papa Hachem qui l'aime plus que tout (la preuve c'est qu'il lui donne la vie à chaque instant), ...
Un racha, c'est celui qui voit la vie en noir alors que Hachem lui donne les plus belles choses dont il a besoin pour réussir sa vie.]