+ Les garants de la Torah :
-> Le midrach (Téhilim 8,4) écrit :
Lorsque Hachem vint donner la Torah au Bné Yisrael (au mont Sinaï), Il leur dit : "Apportez-Moi des garants que vous respecterez la Torah."
"Que nos ancêtres soient nos garants", dirent-ils.
"Je jure sur vos vies qu’eux aussi ont une dette envers Moi. J’espère qu’ils respecteront leurs propres engagements", répondit Hachem.
On peut comparer cela à l’histoire d’une personne qui demanda un prêt à quelqu’un. Le prêteur dit : "Apporte-moi un garant, et emprunte autant que tu veux." L’emprunteur amena alors quelqu’un qui devait déjà de l’argent au prêteur.
"Tu m’amènes quelqu’un qui me doit déjà de l’argent? J’espère qu’il honorera son propre engagement! Va m’amener quelqu’un d’autre qui ne me doit pas d’argent, et alors tu prendras le prêt", dit le prêteur.
De même, Hachem dit aux Bné Yisrael : "Vous m’amenez les Avot (Patriarches) comme garants? Ils sont déjà endettés envers Moi. Apportez-Moi des garants qui ne Me doivent rien ..."
"Qui n’est pas endetté envers Toi?" demandèrent les Bné Israël.
"Les nourrissons", répondit Hachem.
Alors, les enfants à naître dans le ventre de leurs mères furent amenés devant Hachem, ainsi que les nourrissons au sein de leurs mères. Les ventres devinrent transparents comme du verre, et les enfants à naître virent Hachem leur parler.
Il leur dit : "Voulez-vous vous porter garants pour vos parents, afin que s’ils reçoivent la Torah, ils l’observent, et sinon, vous soyez tenus de leur dette?"
"Oui", répondirent-ils.
Hachem exposa alors aux nourrissons les dix commandements un par un, auxquels ils répondirent "oui" aux commandements positifs et "non" aux interdictions. Puis Il leur dit : "Sur votre parole, je vous donne la Torah", comme il est écrit : "De la bouche des nourrissons et des bébés, Tu as fondé la puissance" (Téhilim 8,3).
La puissance fait référence à la Torah, comme il est écrit : "Hahem a donné la puissance à Son peuple" (Téhilim 29,11).
Par conséquent, si D. préserve, les Bné Israël transgressent la Torah, leurs enfants seront réclamés pour leur dette, comme il est écrit : "Mon peuple est devenu insensé, dépourvu de sagesse ... J’oublierai aussi vos enfants" (Hochéa 4,6).
C’est comme si Hachem dit : "J’oublierai que vos enfants m’ont béni."
<--->
-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans Dorech Tov - 1er discours sur le don de la Torah) écrit :
Les anges insistaient pour que les secrets kabbalistiques de la Torah restent entre leurs mains au Ciel, et ne soient pas révélés à l’humanité, dont la sainteté ne peut se comparer à celle des anges.
Cela a été illustré par la crainte de Moché que leur "souffle de feu" ne le consume (voir Shabbath 88b).
Moché a reconnu le bien-fondé de leurs arguments, dans la mesure où leur sainteté était bien supérieure à celle de l’humanité.
Puisque Hachem gouverne le monde avec une justice parfaite, Il ne pouvait laisser cette revendication sans réponse. C’est pourquoi Il montra aux anges qu’il y avait bel et bien, parmi le peuple d’Israël, des personnes dont le souffle sacré était aussi grand que celui des anges.
Peut-être que l’ensemble du peuple n’atteignait pas un niveau aussi élevé, mais les quelques individus saints parmi eux suffiraient à rendre l’ensemble du peuple digne des secrets de la Torah.
Hachem a appelé Bné Israël à fournir de tels individus comme "garants". Tout comme un garant est nécessaire pour convaincre un prêteur d’accorder un prêt, même si l’emprunteur seul est indigne de sa confiance, de même ces "garants" permettraient à toute la nation juive de recevoir les secrets de la Torah, même si beaucoup d’entre nous en sont indignes.
[...]
Les Bné Israël comprirent qu’ils devaient présenter des garants qui fussent véritablement aussi purs et saints que les anges. C’est pourquoi ils offrirent leurs enfants, trop jeunes pour être soumis aux tentations du yétser ara. Leur souffle est donc aussi saint que le souffle ardent des anges, que Moché craignait.
Finalement, Hachem accepta leur offre. Nos enfants sont en effet aussi saints que les anges, et constituent des garants dignes de la Torah.
Nous comprenons ainsi pourquoi nos Sages disent que sans le souffle des jeunes enfants qui étudient la Torah, le monde ne pourrait continuer d’exister. (Shabbath 119b)
Ailleurs, nous apprenons que Hachem a créé le monde à condition que le peuple d’Israël accepte la Torah, sans quoi le monde retomberait dans le chaos et le néant. (Avoda Zara 3a)
Puisque le don de la Torah dépendait de la garantie fournie par les enfants, c’est leur mérite qui a sauvé le monde de la destruction.
Puisque la principale plainte des anges était que le peuple d’Israël n’était pas digne des secrets kabbalistiques de la Torah, en quoi la pureté des enfants nous a-t-elle aidés? Les enfants n’étudient pas la Kabbale et semblent donc n’avoir aucun rapport avec l’ensemble du débat.
Il y a deux réponses à cette question.
Premièrement, même le niveau le plus simple de la Torah, et même simplement les formes et les sons des lettres, contiennent de profonds secrets kabbalistiques. Lorsque de jeunes enfants lisent ces lettres, même sans en comprendre la signification kabbalistique, ils éveillent la grande sainteté inhérente aux lettres, provoquant de puissantes rectifications dans les mondes supérieurs du Ciel.
De plus, à l’époque de rabbi Shimon bar Yo'haï, il existait des enfants exceptionnels qui comprenaient réellement les secrets de la Kabbale. (voir Zohar I,92b ; III,71a)
Ainsi, grâce au mérite des enfants et à leur pureté, qui s’apparente à celle des anges, notre peuple a mérité de recevoir la Torah dans son intégralité, avec tous ses multiples niveaux de sens.