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Les repas de Shabbath

+ Les repas de Shabbath :

1°/ Les restes du Shabbath :

-> De nombreuses personnes considèrent les restes de nourriture de Shabbat comme indésirables, comme ayant un goût ne donnant pas vraiment envie.
Le rav Tsvi Elimélé'h de Dinov (1783-1841), également connu sous le nom de Bné Yissa'har, raconte une anecdote intéressante concernant un grand tsadik dont il était le gabbaï, le tradik de Pshevorsk (Bné Yissa'har - Tamouz et Av 1,10).
Ce tsadik laissait de côté une partie de sa nourriture de Shabbat pour la semaine. Lorsqu'un invité honorable venait pendant la semaine, il lui servait un peu de ce reste de nourriture de Shabbat.
Il appelait cela un semblant de : "chéyaré ména'hot", les restes de l'offrande (korban) de Min'ha.

Le Bné Yissa'har rapporte qu'il a vu des gens qui étaient vigilant à ne pas donner de la nourriture de Shabbath à non-juifs. [puisqu'étant un semblant de reste de korban Min'ha]
[la michna Broura (167:97) enseigne qu'on ne doit pas nourrir un animal, une bête ou un non-juif (kousi) de ce sur quoi on a pu réciter dessus la bénédiction de motsi. ]

-> Ailleurs, le Bné Yissa'har (Igra déKalla - 'Hayé Sarah) nous dit, au nom du Séfer 'Hassidim, que si l'on récite une bénédiction sur l'eau et qu'on en laisse, on ne doit pas la donner à un non-juif ou à un animal puisqu'on a mentionné le "shem shamayim" (nom Divin) sur elle [dans la bénédiction], car on l'a alors imprégnée de sainteté.

Avec cela, nous pouvons comprendre pourquoi, après avoir donné à boire à Eliézer, Rivka a puisé de l'eau pour les chameaux, car il est dit qu'elle s'est précipitée et a vidé sa cruche dans l'abreuvoir et a continué à courir jusqu'au puits pour puiser de l'eau, et elle a puisé de l'eau pour tous ses chameaux ('Hayé Sarah 24,20).
C'est parce qu'Eliézer a récité une bénédiction sur l'eau. Lorsque Rivka a entendu cela, elle a dit qu'il n'était pas convenable de donner aux chameaux de la même eau.
Elle a donc dit qu'elle irait chercher de l'eau pour les chameaux une nouvelle fois.
Ainsi, elle dit donc : "vatéar kada", elle a vidé l'eau dans laquelle Eliézer a bu, et ensuite "vatarats od él habéer lich'ov", elle est allée puiser de l'eau pour les chameaux.
[rav Yéhochoua Alt]

[au regard de l'incroyable sainteté du Shabbath, il en découle que la nourriture de ce jour est également imprégnée d'une plus grande sainteté. ]

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2°/ Faut-il totalement se lâcher dans nos repas en l'honneur du Shabbath? :

Certains pensent que le Shabbat, nous pouvons être négligents dans notre alimentation, que ce soit en mangeant avec excès ou en mangeant des aliments malsains.
=> Est-ce que sous couvert de réaliser la mitsva de faire honneur au Shabbath, on peut manger/boire sans limite?

On peut citer :
1°/ Le Chlah haKadoch (Massé'het Shababth - perek Ner mitsva 37) écrit que le commandement de profiter du Shabbat signifie que nous devons le faire pour l'honneur du Shabbat et non pour nous-mêmes. C'est comme si nous invitions un invité honorable et que nous préparions le repas pour son honneur car s'il n'était pas là, le plaisir et les dépenses seraient difficiles à supporter.
Le Chlah haKadoch poursuit en disant que ceux qui se remplissent l'estomac comme un cheval et une mule en poursuivant ce qui est doux ... et qui, après avoir mangé avec excès, s'endorment et gaspillent leur cerveau, ne sont pas considérés comme "profitant du Shabbat", mais plutôt comme "profitant d'eux-mêmes" et cela se produit le Shabbat. Cela perturbe également leur apprentissage de la Torah et l'accomplissement des mitsvot. [trop manger, trop boire d'alcool, ... fait que nous soyons moins lucide, plus fatigué pour étudier la Torah en ce jour]
Il faut se contenter de manger des aliments savoureux, faciles à digérer, en petite quantité, mais de grande qualité ...

[en entendant quelqu'un dire avant de manger sa nourriture de Shabbath : "likhvod Shabbath kodech" (en l'honneur du saint Shabbath), le rabbi de Kotsk qui était un homme de vérité, a remarqué que c'était plutôt : "en l'honneur de mon estomac!" ]

2°/ Il est dit dans le Tana déBé Eliyahou (chap.26) à propos du Shabbat : on doit prendre un peu de viande et de vin, et ne pas en abuser.
A propos de ceux qui en abusent, le verset dit : "Ne sois point parmi les buveurs de vin, parmi les amis de la bonne chère ; car ivrogne et gourmand tombent dans la misère ; le goût du sommeil réduit à se couvrir de haillons" (Michlé 23,20-21).

3°/ Le Reichit 'Hochma (Chaar haKédoucha 15) dit qu'il est approprié pour une personne qui désire se "sanctifier" de ne pas manger en dehors de buts thérapeutiques. Cela aidera une personne à ne pas tomber malade et à ne pas devoir négliger l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot.
Il est donc approprié pour une personne de ne pas se remplir d'aliments lourds, même s'ils sont sains. Cela s'applique même au Shabbath.
Si l'on suit ce conseil, alors on sera imprégné de la crainte du ciel et de la sainteté.

4°/ Le Aboudraham (cité par le Chla haKadoch - idem perek Ner mitsva 37) écrit que l'une des raisons pour lesquelles Hachem nous a ordonné de manger des séoudot chaloch (3e repas de Shabbath) est que le fait de savoir qu'il y a un 3e repas à venir nous incitera à ne pas remplir nos estomacs lors de la séouda précédente.
S'il n'y avait pas de 3e repas, nous pourrions remplir notre estomac, ce qui polluerait notre cerveau et nous endormirait. Ceci, bien sûr, mène directement à bitoul Torah (perdre son temps alors qu'on pourrait étudier) et entrave notre connexion/ attachement à Hachem (dvékout Hachem).

5°/ La guémara (Shabbath 118a) dit : "fais ton Shabbat comme un jour de semaine, mais ne sois pas dépendant des gens" (assé Shabbaté'ha 'hol, véal titstaré'h labriyot).
Cela peut également être compris comme disant qu'il faut manger des aliments sains le Shabbat comme en semaine (pour ceux qui le font), plutôt que de manger des aliments lourds et malsains le Shabbat, ce qui pourrait éventuellement nous amener à avoir besoin d'un médecin, que D. nous en préserve.
[rav Yéhochoua Alt]

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