+ Matanot La'évyonim (par le rav Wolfson) :
-> Bien que les juifs soient exhortés à donner la tsédaka, nous ne sommes pas obligés de donner à tout le monde tout le temps. Il existe des halakhot qui définissent une hiérarchie dans le don.
Cependant, Pourim est différent. Quiconque tend la main reçoit quelque chose, sans se soucier de savoir s'il est méritant. Nous donnons même aux non-juifs à Pourim. [O.C. 694:3 ; Yérouchalmi Méguila 4a]
Cela symbolise ce qui se passe à Pourim : Hachem donne à tous ceux qui tendent la main. Les méritants reçoivent des michloa'h manot, des cadeaux d'amitié, de la part d'Hachem. Mais tout le monde peut recevoir de la tsédaka d'Hashem, à condition de la demander.
Nous méritons des délivrances dont nous ne sommes pas dignes (cadeau gratuit de notre papa Hachem, au-delà de tout mérite personnel).
Un autre nom de Mordé'haï est Péta'hya (פְּתַחְיָה) [lié à la racine potéa'h], qui signifie "ouvert" (comme l'affirme la michna Massé'het Shékalim, qui ajoute qu'il ouvrait les sujets [spirituels qui étaient comme fermés], et qu'il parlait couramment 70 langues [membre du sanhédrin]).
Les portes qui sont toujours fermées [au ciel, le restant de l'année] s'ouvrent à Pourim.
Cela se reflète dans la guémara qui apporte 17 versets servant d'ouvertureà la megillah (les 17 pesikhtas).
A Pourim, tout s'ouvre, et il est beaucoup plus facile de mériter une délivrance.
Prenez le temps, dans le chaos de la journée, de vous confier à un Téhilim. Demandez la parnassa, la santé, les chidouchim, les enfants, ...
Et demandez à Hachem de vous tendre une main spéciale de Pourim pour vous aider à revenir vers Lui, qu'Il plante en vous l'amour de la Torah et des mitsvot, que vous soyez transformé.
Approchez-vous d'Hachem comme un pauvre, sachez que vous n'avez rien et qu'Il a tout, que vous dépendez totalement de Lui pour tous vos besoins, vos envies et vos désirs. "Je n'ai personne d'autre que Toi, Hachem."
En réalité, nous sommes tous des collecteurs à Pourim. Hachem répand Sa bonté [à tout juif], et si nous sommes intelligents, nous profitons pour la recueillir.
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-> Donner la tsédaka est une mitsva centrale et déterminante pour un juif, que nous prenons très au sérieux et que nous nous efforçons d'accomplir aussi généreusement que possible.
Lorsque nous tendons la main et mettons une pièce (ou, espérons-le, une somme plus importante) dans la main du destinataire, nous créons un yi'houd (une unification) du nom d'Hachem.
L'argent que nous donnons représente le youd, la main du donateur avec ses cinq doigts symbolise le premier hé, le bras fait allusion au vav, et la main du bénéficiaire est le hé final.
Lorsque la main du donateur avec le don rencontre celle du bénéficiaire, un yi'houd du nom d'Hachem est créé. [Arizal - séfer Likoutim - parachat Réé]
[lorsque l'on donne la tsédaka à une personne du sexe opposé, il convient de passer l'argent d'une main à l'autre afin de créer soi-même cette unification, car il n'est pas convenable de créer un yi'houd avec un homme/une femme sans lien de parenté. ]
Mais la tsédaka donnée tout au long de l'année n'est rien comparée à la tsédaka de Pourim.
Une mitsva est comme un interrupteur. Combien de watts de lumière une mitsva génère-t-elle? Eh bien, cela dépend de ce à quoi l'interrupteur est connecté. Un interrupteur connecté à une ampoule ordinaire peut générer 120 watts de lumière.
Mais qu'en est-il d'un interrupteur sur le tableau électrique principal d'un gratte-ciel?
De même, tout au long de l'année, la tsédaka génère une lumière spirituelle extraordinaire. Cependant, elle est loin d'égaler la puissance de la tsédaka à Pourim.
Tout comme quatre coupes de vin ordinaires deviennent une mitsva d'une importance colossale la nuit du Séder, la mitsva de la tsédaka revêt une importance considérable à Pourim.
Nous devons préparer beaucoup d'argent à donner aux pauvres. Et puis, nous devons en ajouter un peu plus. Nous devons donner des sommes qui ne sont pas faciles pour nous (chacun selon ses moyens), cela doit faire mal. Mais ensuite, nous devons nous réjouir de ce don afin qu'il ne fasse plus mal.
-> Et c'est en fait notre don qui génère la généreuse distribution par Hachem d'un énorme flux de bonté (chéfa) et de bénédictions en ce jour saint.
Comme l'enseigne le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - fin Kédoucha Sheniya) :
"Heureux celui qui génère de la satisfaction (na'hat roua'h) à son Créateur en célébrant toutes les mitsvot, et en particulier la mitsva de tsédaka et de matanot la'evyonim, et qui le fait avec joie et grande réjouissance.
Lorsque vous donnez aux pauvres, ne laissez pas votre cœur ressentir de la douleur ou de l'avarice [en vous inquiétant] de manquer d'argent, car [en donnant], vous avez généré de la bonté ('hessed) dans tous les mondes.
Alors, à partir de ce 'hessed, Hachem vous donnera 1 000 fois plus et vous bénira, comme Il nous l'a dit.
Grâce à nos matanot la'evyonim, nous provoquons un grande flux de bonté (chéfa) dans le monde matériel, qui s'appelle "evyonim". Lorsque vous ajoutez une grande bonté/générosité à ce monde, votre richesse et votre honneur augmentent, [vous aidant dans] votre avoda, votre yira et votre Torah.
Nous devrions être très heureux de cette mitsva et ne pas nous contenter de dire à notre famille de donner aux pauvres. Au contraire, nous devons nous-mêmes donner généreusement et avec un cœur bienveillant au messager par lequel nous envoyons les matanot la'evyonim.
Et il est très bon de donner par l'intermédiaire de nos jeunes fils et filles afin de les habituer aux mitsvot.
Grâce aux matanot la'evyonim de ce jour, Hachem devrait nous bénir d'une grande bonté ('hessed), de joie et d'allégresse dans tous les mondes, jusqu'à ce monde de la nature (naturalité).
Grande est la tsédaka qui rapproche la géoula."
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-> Une personne doit donner avec tant de générosité à Pourim, "ad délo yada", jusqu'à ne plus savoir, jusqu'à perdre le compte de ce qu'elle donne. Elle devrait atteindre un sommet, comme si elle était ivre, de l'exaltation du don. C'est le don de la tsédaka à Pourim qui génère la joie de ce jour.
[dans le contexte des matanot la'evyonim, le Rambam (Hilkhot Méguila 2,17) écrit qu'il n'y a pas de plus grande joie que de réjouir les pauvres et les opprimés, et qu'il est donc approprié de dépenser davantage pour les matanot la'evyonim que pour les michloa'h manot et la séoudat Pourim. ]
Nous menons une guerre contre Amalek en donnant la tsédaka ; chaque euro (shekel) affaiblit le pouvoir du mal. La tsédaka que nous donnons à Pourim ouvre la voie à la guéoula que nous espérons voir arriver en Nissan, car le machia'h vient grâce au mérite de la tsédaka.
Et si quelqu'un n'a pas d'argent, il peut obtenir tous les bienfaits du don en collectant pour les pauvres.
[rav Moché Wolfson ]