+ "C'est le pain de l'affliction" (ha la'hma aniya) :
-> Ce passage soulève une question fondamentale : si toute la Haggada est écrite en Lachon HaKodech (en hébreu), pourquoi ce passage est-il écrit en araméen?
Le Zohar nous enseigne que le mot haggada implique la révélation de significations cachées.
Le passage d'ouverture (ha la'hma aniya) est écrit en araméen, tout comme le Kadich, qui est récité en araméen. Le Kadich a le pouvoir de briser les forces puissantes de la sitra a'hara (forces du mal) et de les soumettre. Les klipot (forces extérieures représentant le mal) comprennent l'araméen. Lorsqu'elles entendent les louanges que le Kadich adresse à Hachem et à Son Saint Nom, elles sont immédiatement maîtrisées.
C'est pourquoi le Kadich est récité à chaque transition dans nos prières, lorsque nous passons d'un monde kabalistique à un autre (les quatre mondes : Atsilout, Yétsira, Béria et Assiya correspondent tous à différentes sections de Cha'harit, et à chaque transition de monde, le Kadich est récité) dans le but de soumettre les klipot et de les empêcher de prendre pied dans le monde supérieur et de s'élever ainsi au niveau suivant.
Le même principe s'applique dans le sens inverse, lorsque l'abondance céleste descend dans le monde. Nous récitons le Kadich après la Amida lorsque nous commençons notre descente avec l'abondance fournie par le Ciel. [la prière suit une progression jusqu'à un pic dans la Amida où nous sommes dans le monde céleste le plus élevé, en tête à tête avec Hachem (même les anges n'y ont pas accès), puis ensuite nous faisons le voyage inverse pour retourner dans ce monde. ]
Lorsque nous passons d'un monde à l'autre dans les deux sens, le Kadich empêche les klipot de prendre pied.
La nuit de Pessa'h commence par la prière d'Arvit suivi du Hallel, moment où nous avons le privilège de recevoir une conscience mentale supérieure (mo'hin).
Lorsque nous terminons nos prières et quittons la synagogue, ces mo'hin s'en vont, pour revenir lorsque nous commençons la Haggada. Il est alors impératif de réciter un passage en araméen afin de briser le pouvoir des forces extérieures, de les soumettre et de les annuler, de la même manière que nous annulons notre 'hamets.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra (Abir Yaakov 367) dit que l'élimination du 'hamets est associée à une destruction des forces mauvaises et impures. ]
Nous devons nous assurer que les forces du mal ne s'attachent pas à ces illuminations (liées au séder de Pessa'h).
A mon humble avis, ce n'est pas une simple coïncidence si le paragraphe הא לחמא עניא contient 28 mots araméens. [le paragraphe contient en réalité 31 mots, mais les deux derniers mots : "bné 'horin" sont en hébreu, et le mot די (di) est utilisé pour une autre dérivation, comme nous allons le voir]
Le Kadich contient également 28 mots, commençant par "amen yéhé chémé" jusqu'à "daamiran béalma". [la guématria de koa'h (force - כח) est de 28]
De plus le mot די (de [ha la'hma aniya] di]) a une valeur numérique de 14. Les 14 ajoutés aux 28 autres mots araméens donnent un total de 42, la valeur numérique de l'un des noms développés d'Hachem.
Ce nom est invoqué pour soumettre les forces du mal qui tentent de s'emparer des mo'hin de niveau supérieur que nous recherchons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]
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-> "C'est le pain de l'affliction que nos pères ont mangé dans le pays d'Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange" (ha la'hma aniya di a'halou ...)
-> Le Arizal explique que la sortie d'Egypte a rectifié les étincelles impures d'Adam HaRichon qui ont été produites (involontairement) lorsqu'il s'est séparé de sa femme pendant 130 ans, jeûnant et s'affligeant dans un effort pour se repentir de sa faute.
Des âmes saintes étaient incrustées dans ces étincelles impures, ainsi que des forces maléfiques (klipot). Ces âmes sont entrées dans le monde pendant la génération du Déluge, mais en raison des fautes de cette époque, elles n'ont pas été rectifiées et séparées des étincelles. Elles sont réapparues à la génération de la Dispersion (tour de Bavél), et une fois de plus, elles n'ont pas été rectifiées.
Elles sont retournées à Sodome et la même chose s'est produite.
Elles sont revenues vers le peuple juif en Egypte, et grâce à l'esclavage lourd et difficile, elles ont été purifiées et rectifiées.
Le mot עני (la matsa est appelé : lé'hem oni - pain de la pauvreté) a une valeur numérique de 130, correspondant aux 130 années pendant lesquelles Adam Harichon s'est repenti.
Le mot לחם (lé'hem - pain) a une valeur trois fois supérieure au nom Havaya (26 x 3 = 72).
Ces âmes saintes sont imprégnées du nom divin Havaya (יהוה) ; cependant, elles se sont mélangées aux klipot décrites comme le lieu "עני".
Ainsi, l'expression הא לחמא עניא fait référence aux étincelles saintes imprégnées de divinité Havaya qui sont tombées dans le lieu "עני", les klipot.
Au début du Séder, nous levons la matsa et nous précisons quand même que ce même est "עני" (la'hma aniya en araméen) pour clarifier le fait que ces étincelles ont été rectifiées en Egypte.
-> Pourquoi déclarons-nous que nos ancêtres ont mangé le pain en Egypte alors qu'en réalité ils ne l'ont mangé qu'après avoir quitté l'Égypte?
Ce que nos ancêtres ont mangé fait référence au travail difficile qu'ils ont enduré pendant leur séjour en Egypte. Les âmes se sont incarnées en Égypte et nos ancêtres en Égypte les ont rectifiées à travers l'esclavage.
Pessa'h, la fête des matsot, est une rectification annuelle au cours de laquelle les klipot sont maîtrisées et les âmes [juives] purifiées. Nous commençons par un passage en araméen afin d'éveiller le pouvoir de la sainteté et de maîtriser les klipot.
Les âmes ont totalement émergé de ces forces maléfiques au moment de la sortie d'Egypte ; ce phénomène se répète chaque année à Pessah.
Le contrôle que les klipot exerçaient sur les âmes variait en fonction de la profondeur de l'immersion de l'âme dans la faute. Certaines étaient dominées par les klipot sans y être complètement immergées, tandis que d'autres y étaient complètement immergées.
Celles qui sont totalement immergées ont soif de sainteté, et nous nous adressons à elles en disant : "Que celui qui a faim vienne et mange".
Celles qui ne sont pas totalement immergées, qui savent ce qu'est la sainteté, nous les invitons à "venir célébrer [la joie de] Pessa'h avec nous".
Pour résumer, nous pouvons expliquer ce passage comme suit : c'est le pain (les âmes dans les étincelles d'Adam HaRichon qui se sont mélangées aux klipot, le lieu du עני) que nos ancêtres ont mangé (une référence au dur labeur lorsqu'ils ont été esclaves) et rectifié en Égypte.
Quiconque est tellement immergé dans les klipot qu'il a faim de sainteté peut venir manger avec nous ; quiconque est moins immergé peut venir célébrer la joie de la fête avec nous.
Cette nuit, comme lorsque nous avons quitté l'Égypte, ces étincelles sont rectifiées. Cette nuit, nous nous débarrassons de notre lien avec les klipot.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]