+ Métsora - Tsara'at : le lachon ara un danger mortel :
-> Le midrach (Vayikra raba 16,2) rapporte l'histoire bien connue d'un colporteur qui proclamait vendre le "remède de vie". Rabbi Yanaï s'approcha de lui et lui demanda d'en acheter. Le colporteur lui répondit en lui montrant le verset qui dit : "Celui qui désire la vie, ..., garde sa langue de dire du mal" (mi a'ich é'hafets 'haïm ... nétsor léchonékha méra - Téhilim 34,13-14).
Rabbi Yanaï dit que jusqu’à ce que ce colporteur lui explique ce verset, il ne l’avait jamais pleinement compris.
Le Zéra Shimshon pose la question évidente : qu’y avait-il de si difficile à comprendre dans ce verset? Et qu’a expliqué le colporteur à Rabbi Yanaï?
Le Zéra Shimshon explique que Rabbi Yanaï était troublé par un autre verset. Le verset dit : "Celui qui surveille sa bouche et sa langue se préserve de la souffrance de son âme" (chomer piv oulchono, chomer mitsarot nafcho - Michlé 1,23).
Le midrach (Tan'houma - Métsora 2) dit que ce verset ne doit pas être lu comme "צרת נפשו", la souffrance de son âme, mais plutôt comme "צרעת נפשו", de la tsara'at qui affligera son âme.
Rabbi Yanaï était troublé par le fait que le verset devrait en réalité dire qu’en surveillant sa bouche, on se protège de la tsara'at de son corps, et non de son âme, puisque c’est le corps qui est affligé par la tsara'at?
Le Zéra Shimshon explique que le colporteur a répondu à la question de Rabbi Yanaï lorsqu’il a annoncé : "Qui désire la vie?"
Lorsque Rabbi Yanaï a entendu cela, il a compris que la tsara'at n’est pas seulement une affliction du corps, mais qu’elle constitue également un danger pour la vie.
Tout d’abord, la guémara (Nédarim 64) enseigne qu’une personne atteinte de tsara'at est considérée comme morte.
Le Zera Shimshon explique en outre que le Targoum traduit le mot tsara'at par סגירו (sag'rou), ce qui signifie "exclu". En effet, une personne atteinte de tsara'at est coupée de toute influence spirituelle qui donne la vie à un individu. Ainsi, sa vie même est en danger.
C'est le sens du verset : "La vie et la mort sont entre les mains de la langue" (a'haïm véamavét béyad halachon - Michlé 18,21). Ce verset est généralement compris comme signifiant que par de simples mots, on peut influencer la vie d'autrui.
Cependant, le Zéra Shimshon explique que le verset enseigne également que celui qui tient des propos de lachon Hara met lui-même sa propre vie en danger.
C'est la leçon que Rabbi Yanaï a tirée du colporteur, lorsqu’il l’a entendu demander : "Qui veut la vie?".
De même, il comprenait désormais le verset qui dit : "Celui qui surveille sa bouche et sa langue se préserve de la souffrance de son âme", plutôt que de la souffrance de son corps.
D'après ce qui précède, la tsara'at (affection provenant du lachon ara) est en effet une souffrance de l'âme et pas seulement une souffrance du corps, puisque la tsara'at met en danger l'âme même de la personne.
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=> la tsara'at, qui est le résultat du lachon ara, n'affecte pas seulement le corps, elle est également quasi-mortel pour l'âme.