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Bédikat & bitoul ‘hamets

+ Bédikat & bitoul 'hamets :

-> "Le soir du quatorze [Nissan], on recherche le 'hamets. [ohr (אור - le soir, signifie aussi : lumière) léarbaa, bodkin ét ha'hamets - michna Pessa'him 1,1]

-> En cherchant, une bougie à la main, nous accomplissons la vision du roi David : "Le feu marche devant Lui, consumant Ses ennemis de tous côtés" (éch léfanav télé'h, outéla'ét saviv tsarav - Téhilim 97,3).
La bougie, qui incarne cette énergie spirituelle ardente (la hitlahavout), le feu et la lumière de notre observance de la Torah et des mitsvot, a le pouvoir de consumer toute négativité.
['Hidouché haRim ]

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-> "La maison de Yaakov sera un feu, et la maison de Yossef une flamme, et la maison d’Essav sera de la paille ; ils la brûleront et la dévoreront" (Ovadia 1,18).

"La maison de Yaakov sera un feu" (véaya beit Yaakov éch). Lorsque nous activons et utilisons ce pouvoir, alors "la maison d’Essav", métaphore de notre négativité intérieure, sera "consumée comme de la paille".
En brûlant tout le 'hamets de nos maisons, de nos récipients et de nos possessions, nous avons l’occasion de brûler l’influence d’Essav, les impuretés de nos cœurs et de nos esprits qui se sont accumulées tout au long de l’année.
[...]
Le processus éclairant de la bédikat hamets attire notre attention sur notre quête de rédemption personnelle et nous donne un aperçu de la vision du prophète concernant la guéoula, lorsque Hachem "recherchera" tous ceux qui ont peiné et déployé des efforts au service d'Hachem pendant [l'obscurité] de nos exils.
"À ce moment-là, Je fouillerai Jérusalem à la lueur des bougies" (véaya baét ahi, a'hapéch ét Yérouchalayim banérot - Tséfania 1,12).
[rav Yéhouda Mischel]

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-> La coutume universellement adoptée consistant à disposer 10 petits morceaux de pain dans toute la maison et à les rassembler lors de la bédika est attribuée au Arizal.
Ces dix morceaux correspondent aux dix Sefirot, les dix attributs divins et canaux qui créent toute la réalité. En les identifiant, en les recherchant, en les rassemblant et en les éliminant, nous purifions les dix aspects de la naturalité, dérivés des dix Sefirot, qui peuvent devenir du 'hamets.
Ces aspects de notre expérience personnelle peuvent devenir stagnants et anciens, fermentés et gonflés d’une manière qui entrave notre émouna, notre liberté et notre proximité avec Hachem.
La bédika 'hamets nous invite à approfondir notre intimité avec Hachem en nous engageant dans le 'hechbon ha'nefech (un examen de conscience personnel).

La halakha nous demande de placer ces dix morceaux de 'hamets "là où ils seront faciles à trouver" (ché yimtsa'im habodek). De plus, les enfants ne doivent pas cacher le 'hamets si bien que celui qui le cherche ne parvienne pas à le trouver.
Tout comme Hachem nous donne la capacité d’identifier nos différents types de 'hamets intérieur (tout mauvais caractère, attitude, qui a gonflé), Il nous donne la capacité de les trouver, de les surmonter, de nous en débarrasser et de les éliminer.
A la lueur des bougies, nous mettons en lumière nos défis et affrontons nos tentations au grand jour, en parcourant pièce par pièce nos maisons, en fouillant les recoins de notre cœur.
"lev yodéa marat nafcho" ( seul le cœur sent l'amertume qui l'envahit - Michlé 14,10) = ce qui doit être corrigé dans nos vies spirituelles n’est pas un secret.

La pratique de la bédika (qui demande un effort de chercher dans les moindres recoins) stimule notre quête (interne), nous permet de trouver, nous donne la volonté de peiner, instille en nous la force de surmonter nos tentations et d’affiner nos midot, nous empêche d'échouer, nous donne le pouvoir de purifier les dix Sefirot de la Création qui se reflètent dans ce monde, et ensuite, Hachem nous récompense par la joie de la liberté et de la proximité (avec Lui).
[rav Yéhouda Mischel]

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-> L'interdiction stricte du 'hamets s'applique dès la moindre quantité ; même une quantité "infime", quasi négligeable, est interdite.
Cependant, "mida tova mi midat pour'anout" (la mesure du bien divin est toujours plus grande que celle du châtiment divin - guémara Yoma 76a).
En réfléchissant à cela, nous devrions également reconnaître que chaque effort spirituel, même le plus infime, une quantité "infime" d'acte selon la volonté d'Hachem, est un catalyseur de transformation et de rédemption (délivrance).
La bédikat 'hamets nous donne le pouvoir de mettre en lumière ce qui est véritablement important et précieux dans la vie.
Rabbi Nathan de Breslov explique que notre recherche minutieuse de chaque miette de 'hamets devrait attirer notre attention sur le fait que chaque petite chose que nous faisons compte. En nous concentrant sur chaque grain de 'hamets en notre possession, nous apprenons à honorer la valeur infinie de chaque petit grain (un machéhou) dans la spiritualité.

-> En ce qui concerne la bédikat 'hamets, le Rambam et le Shoul'han Aroukh nous enseignent de chercher et de nettoyer au mieux de nos capacités : "jusqu’à la limite de la portée de la main ... tout ce qui reste [hors de notre portée] doit être annulé dans notre cœur".
C’est l’une des significations de "ce n’est pas à toi d’achever la tâche" (lo alé'ha ha'méla'ha ligmor - Pirké Avot 2,16).
Tout en faisant de notre mieux, nous devons savoir ce que nous pouvons gérer et ce que nous ne pouvons pas. Hachem voit notre sincérité et ne nous met pas à l’épreuve au-delà de nos capacités.
Se surmener dans le perfectionnisme est en soi une manifestation d'orgueil qui doit être éliminée.
"La Torah n’a pas été donnée aux anges" (Yoma 30a).

Et pourtant, dans la pratique, une fois que notre maison est enfin autant purifiée et débarrassée du 'hamets que cela est humainement possible, nous plaçons délibérément dix morceaux de pain (plus petits que le volume d’une olive) dans la maison. C’est comme si nous admettions qu’il y a toujours plus à trouver. Il y a toujours plus à découvrir dans notre avodat ha'midot, notre travail intérieur. Il y a toujours plus à rectifier, plus à apprendre, plus sur quoi travailler.
[rav Yéhouda Mischel]

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+ Le silence du bitoul :

-> Rabbi Shmouel Bourstein de Tsfat enseigne que le mot 'hamets (חמץ) représente trois niveaux de la Création et trois étapes de la vie humaine.
La lettre 'hét (ח) correspond à 'haï, les créatures vivantes ; la lettre mem (מ) correspond à médaber, le niveau des êtres humains, qui peuvent parler ; et la lettre tsadi (צ) à tzome’ach, la végétation. Ces éléments correspondent aux trois étapes de la vie.
À notre naissance, nous sommes 'haï (vivants) ; en grandissant et en apprenant à parler, nous devenons "médaber" ; une fois arrivés à maturité, nous nous marions et avons des enfants, qui sont comparés à des fruits, nous appartenons alors à la catégorie "tsoméa'h".

Parmi les quatre éléments, le seul qui manque est le "domem", les éléments inanimées ou "silencieux", telles que les minéraux et l’eau. Ce "silence" est atteint la veille de Pessa'h lorsque nous annulons le 'hamets ou l’ego et le déclarons "k'afra d'ara", sans propriétaire comme la poussière de la terre.
Un tel silence est le prélude au plus haut niveau de maturité humaine : une humilité sans ego imprégnée d'émouna. Alors, les quatre éléments forment un tout harmonieux, et ils évoquent les quatre lettres du Nom divin (יהוה), qui sont les quatre coupes de la rédemption.
Par le bitoul 'hamets, l’annulation de l'ego (ce 'moi je' qui fermente en nous), le Nom divin se révèle, et nous devenons véritablement délivrés (libres).

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-> Une coutume très répandue consiste à brûler non seulement le 'hamets, mais aussi la bougie, le sac en papier, la plume et la cuillère en bois qui ont servi à rechercher le 'hamets.
Le Sfat Emet souligne qu’il s’agit là d’une coutume curieuse.
La bougie n’est pas du 'hamets ; elle n’a certainement pas « reçu d’impureté » d’aucune manière.
Elle n’a fait que diffuser de la lumière et n’a même jamais touché le hamets ; le but de la bougie était simplement d’indiquer où le 'hamets était caché.
Il y a là une leçon significative : si nous voyons et signalons le 'hamets chez les autres, nous nous rendons nous-mêmes semblables au 'hamets!

Cette coutume (de brûler aussi ce qui a participé à trouver le 'hamets) est l’occasion de brûler notre obstination à nous concentrer sur la négativité, de cesser de chercher les défauts, et de plutôt rechercher les points positifs (nékoudot tovot) en nous-mêmes et chez les autres.
C'est le feu guérisseur de la 'hassidout et la lumière et la perspective positives des véritables tsadikim. Lorsque nous brûlons notre 'hamets, nous espérons aussi allumer cette positivité dans nos cœurs.

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-> Si notre attention portée à la lutte entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, est souvent reléguée à un domaine métaphorique et métaphysique, et si nous recourons à un symbolisme qui met l’accent sur les questions spirituelles, notre combat contre le mal n’a rien de théorique.
Le Shem miShmouel décrit notre mission de rechercher et de détruire le 'hamets comme une allusion au commandement d’exterminer Amalek ; après la bedikat hamets.
En ce sens, le rabbi Aharon de Belz distribuait des oreilles d'Haman destinés à être brûlés lors du biour 'hamets.

[à Pessa'h, nous parlons et agissons, dans un but que ces actions extérieures viennent impacter notre intériorité, comme en renforçons notre émouna. ]

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