+ La Torah = une rétractation du divin :
-> "Rabbi A'ha enseigne : "Tu dois apprendre d'Hachem Lui-même. En effet, lorsqu'Hachem a voulu transmettre la Torah à Israël, Il l'a d'abord prononcée à quatre reprises vis-à-vis de Lui-même, avant de la transmettre et de la prononcer à Israël."
[midrach Chémot raba 40,1]
=> Nous pouvons comprendre aisément que l'oubli soit fréquent chez un homme de chair et de sang, à tel point qu'il a le devoir de réviser les paroles de Torah qu'il a apprises avant de pouvoir les exposer au public. Mais comment est-il possible d'en dire autant pour Hachem, dont le pouvoir est infini?
A-t-Il eu besoin, si l'on peut s'exprimer ainsi, de réviser la Torah à quatre reprises, avant de la transmettre aux Bné Israël?
-> Cette question a été posée par le Maguid de Doubno (Ohel Yaakov - Yitro), à laquelle il répond ainsi :
"Nous savons que la Torah inclut quatre dimensions : le sens littéral, l'allusion, la recherche et les secrets. Au niveau d'Hachem Lui-même, la Torah est totalement spirituelle et composée uniquement de secrets inscrits en lettres de feu noir sur fond de feu blanc. Toutefois, la volonté du Créateur était de la transmettre aux hommes, êtres de matière, aussi était-il nécessaire d'habiller la Torah pour qu'elle puisse être accessible aux hommes afin qu'ils la reçoivent.
Ainsi, le Créateur a rétracté la Torah, de niveau en niveau, jusqu'à ce qu'elle puisse avoir un sens littéral.
Tel est le sens de notre midrach qui relate qu'Hachem a prononcé la Torah à quatre reprises, vis-à-vis de Lui-même, avant de la transmettre à Israël. Sa volonté était d'enclencher un processus de rétractation de son niveau, du haut vers le bas, en passant ainsi par le secret, la recherche, l'allusion et le sens littéral
jusqu'à ce qu'elle parvienne entre les mains de l'homme."
-> Cette explication du Maguid de Doubno peut être appuyée par un passage de la guémara (Shabbath 88b ; Sanhédrin 38b) qui débute ainsi : "Au moment où Moché Rabbénou s'est élevé dans les hauteurs afin de recevoir la Torah".
Nous pouvons en déduire qu'il s'agit d'une élévation de l'homme vers D. (Hachem). En d'autres termes, lorsque la Torah était composée uniquement de combinaisons de lettres situées au stade du sod, ceci constitua l'argument principal des anges qui refusèrent et s'opposèrent à ce que la Torah, dans la dimension qui était la sienne, soit donnée aux hommes : cela leur semblait tout simplement incompatible avec des êtres de matière que sont les hommes.
Ce n'est que lorsque Moché descendit du mont Sinaï pour annoncer au peuple qu'Hachem allait s'exprimer par les 10 Commandements, qu'Hachem prononça à quatre reprises la Torah, afin de lui donner la dimension du sens littéral, accessible aux hommes, comme nous l'avons vu dans le midrach cité plus haut.
-> Dans son introduction au livre de Béréchit, le Ramban explique que toute la Torah est composée de Noms divins d'Hachem. Tous les mots et lettres se divisent pour s'associer et former des Noms divins.
La Torah n'est en fait qu'une multitude de combinaisons mathématiques de Noms divins. Les associations des lettres en mots ne sont en réalité apparues que pour l'entendement humain et pour nous décrire les mitsvot qu'Hachem a données à Moché. [Ramban - hakdama Béréchit]
Hachem transmit oralement à Moché sa lecture originelle par les Noms divins.
La source de cet enseignement du Ramban est rapportée dans le Zohar (Michpatim 124a) : toutes les lettres de la Torah constituent en réalité des Noms divins d’Hachem.
-> Cela nous permet de comprendre les paroles de rabbi 'Haïm Vital (chaar hakavanot - kriat séfer Torah) : "Lorsque le Séfer Torah est ouvert et montré à toute la communauté, alors le Arizal prenait soin de regarder les lettres du Sefer Torah et affirmait que lorsque l'homme s'approche suffisamment près pour pouvoir lire nettement les lettres, ceci attire une très grande lumière sur lui."
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+ Les juifs ont les outils pour atteindre la Torah cachée :
-> L'âme [d'un juif] provient d'un zivoug des mondes Supérieurs, le plus élevé qui soit, surpassant même le niveau des anges.
[Arizal - Ets 'Haïm - chaar ט"ל - pérék ד ]
-> Bien que la nature profonde de l'être humain soit enracinée dans la matérialité du corps, puisqu'il est conçu de chair de sang, tout juif est néanmoins directement relié au Trône de Gloire, origine des âmes des Justes (tsadikim) qui sont rattachées au tsror Ha'haïm.
Par conséquent, le juif a également la capacité de recevoir des enseignements spirituels et d'intellectualiser des principes cachés ...
Ainsi, Moché a argumenté aux anges (au moment de chercher la Torah au Ciel - cf. Shabbath 88b) que le peuple d'Israël était doté de la capacité de recevoir la Torah cachée et qu'il convenait parfaitement de lui donner la Torah, bien plus encore qu'aux armées célestes car la dimension dévoilée de la Torah est tout à fait adaptée aux juifs, contrairement aux anges.
Ainsi, les anges de service ont immédiatement reconnu que les Bné Israël étaient aptes à recevoir la Torah.
[d'après le Maharcha - 'Hidouché Aggadot - guémara Shabbath 88b]