+ Savoir se réjouir de son sort spirituel :
-> Lorsqu'une personne est trop dure envers elle-même et ne s'attarde que sur le mal, elle risque de ne pas voir le bien dans sa vie, ce qui peut provoquer le désespoir.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 16,7]
[sans se reposer sur nos lauriers, par moment on doit "saméa'h bé'helko" (se satisfaire de sa part, de son sort), apprécier les capacités, les moyens spirituels dont Hachem nous a dotés, et que nous devons exploiter au mieux.
Tout en étant sincère et honnête avec nous-même, cela permet de lutter contre notre yétser ara qui cherche constamment à nous attrister, en faisant que nous ne sommes jamais satisfaits de nous (on n'est pas saméa'h bé'helko), conduisant au désespoir et donc au laisser aller, à la faute, ... ]
-> Le principe de la Torah consistant à se réjouir de son sort ne s'applique pas seulement à la richesse matérielle, mais aussi à la richesse spirituelle. Bien qu'il soit nécessaire de continuer à progresser, il est impératif de rester dans les limites de ses propres capacités et de reconnaître ses accomplissements.
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-> "Celui qui se réjouit de son sort" (Pirké Avot 4,1) signifie [qu’il est heureux de] la part qui lui revient. Même s’il s’agit d’une petite part, il s’en satisfait et n’en désire pas davantage.
Une telle personne sera toujours en paix et remerciera Hachem pour son sort, aussi modeste soit-il.
Il est dit au nom du Gaon de Vilna que cela vaut également pour les questions spirituelles ; il faut se réjouir de son sort. Bien qu’une personne doive désirer que son cœur soit ouvert comme une porte pour laisser entrer la Torah, et qu’elle doive se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de nos Avot (Patriarches)", elle doit néanmoins se satisfaire de son sort actuel ...
[dans la guémara Erouvin 53a : Rabbi Yo'hanan dit : "Les cœurs des premiers Sages étaient comme la porte d’entrée du Temple, ceux des Sages postérieurs comme la porte du Sanctuaire, et les nôtres sont comme le chas d’une fine aiguille".
dans Tana déBé Eliyahou 25 : "Je dis que chaque membre du peuple juif doit se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de nos Avot, Abraham, Its'hak et Yaakov? "]
Il ressort des paroles du Gaon de Vilna que, qu’il s’agisse de questions matérielles ou spirituelles, il faut être satisfait et se réjouir de ce que l’on a à ce moment-là, que ce soit beaucoup ou peu.
À propos d’une telle personne, il est dit : "La satisfaction du cœur est un festin constant" (Michlé 15,15).
Le Gaon de Vilna explique : "Une satisfaction sincère" = celui qui se réjouit de son sort, "un festin" = son cœur est rempli de joie comme celui d’une personne au moment où elle organise un festin pour le mariage de son fils ou autre, "constante" = car celui qui organise un festin n’est heureux qu’au moment où son cœur est joyeux grâce au vin, mais celui qui se réjouit de son sort est constamment joyeux, sans interruption.
[Ménou'ha OuKédoucha - Shaar haTorah 2,23 ]
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-> "Qui est riche? Celui qui se réjouit de son sort" (Pirké Avot 4,1) ...
Une personne qui se réjouit de son sort ne court pas après la richesse. De même, elle ne se précipite pas pour devenir grande dans son étude et tout savoir d’un seul coup ; au contraire, elle étudie petit à petit jusqu’à devenir experte dans chaque domaine.
[rav Haïm Volozhin - Roua'h 'Haïm 4,1 ]
-> "Et [les enfant de Kéhat] ne doivent pas venir pour voir pendant que le saint [Aron] est enveloppé [en vue de son transport]" (Bamidbar 4,20).
Cela signifie qu’une personne ne doit pas se considérer comme si elle avait atteint tous les niveaux de sainteté. Elle doit plutôt reconnaître sa place et se réjouir de son sort.
['Hatam Sofer al HaTorah - paracha Bamidbar ]
-> Il existe également un sentiment de satisfaction et de contentement en matière spirituelle. Cela signifie qu’une personne doit se contenter de ce qu'Hachem lui a accordé en termes de compréhension, de sagesse et de crainte de D., afin de s’examiner constamment et de scruter toute sa conduite. Elle ne doit pas chercher à s’élever au niveau des grands sages.
Même si son prochain est supérieur à elle en piété et en compréhension, elle doit simplement marcher dans la simplicité tous les jours de sa vie.
Bien qu’une personne soit tenue de se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de nos Avot (Patriarches)"? (Tana déBé Eliyahou 25), si quelque chose est hors de sa portée en raison de son niveau de compréhension ou de sainteté, elle ne doit ni désirer suivre cette voie, ni chercher jalousement à suivre une autre.
Elle doit plutôt rechercher la plénitude à son niveau, remercier Hachem et se réjouir de son sort.
[Tiféret Shlomo - paracha Ki Tavo ]
-> "Et Hachem vous dispersera parmi les nations ... Et de là, vous chercherez Hachem, votre D., et vous Le trouverez, si vous Le cherchez de tout votre cœur et de toute votre âme" (Vaét'hanan 4,27).
"Vous Le chercherez de là", ce qui signifie que, quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez chercher Hachem.
[ex: même si on est loin de la situation de vie qu'on aimerait avoir (désir de grandeur oblige!), qu'on peut avoir plein de failles spirituelles, des capacités intellectuelles ou financières faibles, ... on doit accepter que la situation est décrétée dans les moindres détails par Hachem, et on doit Le servir, joyeux de notre part. ]
[Baal Shem Tov - paracha Vaét'hanan 10]
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-> Une réponse générale à mon bien-aimé concernant l'étude de la Torah et la avoda d'Hachem, où beaucoup se lamentent sur des pensées intrusives : la raison de ces pensées étrangères réside dans le désir de grandeur.
Les gens sont mécontents de leur état actuel d’avodat Hachem et recherchent une avoda qui les dépasse. Cependant, il faut se satisfaire de son sort, même dans la Torah et la avoda, qu’il soit petit ou abondant ...
Si l’on ne se réjouit pas et ne trouve pas de plaisir dans notre avoda, et que notre âme recherche le plaisir, on aura des désirs (dans d'autres domaines que le spirituel - ex: dans la matérialité).
De même, des pensées étrangères s’immiscent et nous forcent à penser à des choses inappropriées qui nous dépassent, car nous sommes mécontents de notre sort et recherchons une grandeur qui nous dépasse ...
Il faut certes se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de mes Avot?" (Tana déBé Eliyahou 25). Pourtant, il faut tout de même se réjouir grandement de notre avoda à ce moment-là, et grâce à la joie de cette mitsva, nous mériterons la grandeur.
[rav Ména'hem Mendel de Vitebsk - Pri Ha'aretz - Mikhtav 22]
-> Si une personne tente d’atteindre plus que ce dont elle est capable, non seulement elle n’atteindra pas ce qu’elle entendait atteindre, mais elle échouera également à atteindre ce qu’elle peut atteindre.
À l’instar d’une personne ayant une vue faible, si elle regarde des caractères minuscules, non seulement elle ne parviendra pas à lire ces caractères, mais elle affaiblira encore davantage sa vue et sera incapable de voir d’autres choses.
[Rambam - Moré Névou'him 34,1 ]
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-> "Au commencement, Hachem créa" (Béréchit 1,1).
Nos Sages (Bérechit raba 12,15) disent qu'Hachem voulait à l’origine créer le monde avec l’Attribut divin de Rigueur (din - jugement strict), mais qu’Il s’est rendu compte que le monde ne pourrait pas subsister ainsi, alors Il l’a combiné avec l’Attribut de miséricorde (ra'hamim).
Peut-être était-ce pour nous montrer à suivre les voies du Créateur. En d’autres termes, le trait de ma Rigueur exige une perfection absolue, et au commencement, il faut tendre vers cela. Cependant, en réalité, nos espoirs ne sont pas toujours comblés, et notre vision ne se réalise pas, et nous tombons souvent dans le désespoir.
C’est pourquoi la Torah nous laisse entendre que telle est la voie du monde, qu’ensuite nous faisons un peu de compromis et combinons la miséricorde (envers soi-même - ex: ne pas être trop exigeant, dur) avec la rigueur (le fait de se juger avec une rigueur stricte).
[Zéra Kodech]
-> Il nous incombe de nous réjouir et de désirer notre part spirituelle. Bien qu’une personne soit tenue d’exiger beaucoup d’elle-même et de ne pas se satisfaire de ce qu’elle a atteint, cela ne contredit pas le fait qu’une personne soit tenue d’être comblée par ce qu’elle a atteint.
Ce concept nous est enseigné au début de la Torah : "Hachem accorda son attention à Hevel et à son offrande, mais à Kayin et à son offrande, il n’accorda aucune attention. Kayin se mit en colère et se découragea. Hachem dit à Kayin : 'Pourquoi es-tu en colère? Pourquoi es-tu découragé?' " (Béréchit 4,4-6).
Il semblerait que l’insatisfaction de Kayin provenait du fait qu’il exigeait davantage de lui-même sur le plan spirituel. Pourtant, nous voyons que Hachem le réprimanda pour cela et lui montra que son état de découragement et de colère n’était pas la bonne voie ; bien au contraire, c’était le début de la chute de Kayin.
[rav Yé'hezkel Lévenstein - Ohr Yé'hezkel - partie 7, p.281 ]
-> Le Shem miShmouel écrit au nom de son père, le Avné Nézer : lorsque Hachem fut prêt à donner la Torah à l’humanité, Il alla de nation en nation et l’offrit à chacune d’elles. Chaque nation demanda ce que contenait la Torah et on lui répondit qu’elle renfermait un commandement qui allait à l’encontre de sa nature. C’est pour cette raison que toutes les nations rejetèrent la Torah.
Cependant, le peuple juif accepta la Torah. Le Avné Nézer demande : pourquoi Hachem ne nous a-t-Il pas également dit quelque chose qui allait à l’encontre de notre nature?
Il répond qu’en fait, Il l’a fait. La Torah contient le commandement de la hagbala, se tenir à distance du mont Sinaï au moment du don de la Torah.
(Yitro 19,12 : "véhigbalta" = Tu limiteras = Fixe-leur des barrières qui leur servent de signes afin qu’ils n’approchent pas de la limite.
voir Yitro 19,9 & Rachi : "Nous voulons voir notre roi!" (et non recevoir les 10 Commandements par un intermédiaire)] et Shabbat 87a).
Cela va à l’encontre de la nature même du peuple juif, qui est de toujours aspirer à des sommets toujours plus élevés dans la quête spirituelle.
Selon cette idée de l’Avné Nézer, nous voyons que se satisfaire de notre état spirituel actuel est une tâche difficile, mais nécessaire.
[ainsi lorsque toute la Torah a été donnée, que le peuple avait une soif énorme d'Hachem, on apprend la nécessité d'accepter une barrière de sécurité morale, impliquant qu'on doit se satisfaire selon notre niveau et nos capacités, et pas sans cesse être insatisfait en s'imaginant devoir/pouvoir monter plus haut sur la montagne de la Torah avec Hachem à son sommet. ]
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-> "Le nombre total des Lévi'im recensés par Moché, Aharon et les chefs d’Israël, selon leurs familles et selon la maison de leurs pères" (Nasso 4,46).
Le midrash (Bamidbar raba 6,10) explique qu'après avoir dénombré individuellement les Bné Kéhat, les Bné Gerchon et les Bné Mérari, la Torah revient et les regroupe tous en un seul ensemble pour montrer qu’ils sont tous également aimés aux yeux d'Hachem.
Cela implique que même si le service des Bné Kéhat était plus élevé que celui des Bné Gershon et des Bné Mérari, puisqu’ils étaient les porteurs de l’Arche ... néanmoins, lorsque les Bné Mérari accomplissaient ce qui leur incombait, cela avait autant d’importance pour Hachem que le service des Bné Kéhat.
Nous en tirons la leçon qu’une personne ne doit pas être jalouse de son prochain, même en matière d’avoda ; le simple fait de servir Hachem selon le lot qui nous a été attribué est suffisant.
[rav Tzvi Elimélé'h Spira de Dinov - Agra déPirka 97 ]
-> La guémara (Yoma 9b) dit que le 2e Temple fut détruit, bien que les gens se consacraient à l’étude de la Torah, à cause d’une haine (gratuite) sans fondement (sin'at 'hinam).
Cela signifie que les gens étaient jaloux de leurs semblables qui se trouvaient à des niveaux supérieurs et qu’ils n’ont pas réussi à éradiquer ce trait de jalousie avant qu’il ne les conduise à la haine.
[rav Yé'hezkel Lévenstein - Yad Yechezkel - paracha Matot ]
-> Un juif est intrinsèquement lié à Hachem, et ses intentions sont tournées vers le Ciel. Par conséquent, même si Hachem lui refuse un certain avantage, en acceptant ce décret et en se détournant de ce que Hachem lui refuse, une personne est considérée comme un serviteur de Hachem et méritera un bien plus grand.
Par exemple, un descendant d’Aharon [qui devrait servir en tant que Cohen] et qui présente une imperfection corporelle [et qui est donc interdit d’accomplir la avoda en tant que Cohen] mérite un bien plus grand simplement en s’abstenant d’accomplir la avoda dans le Temple.
[Mé haChiloa'h - paracha Emor]
-> Concernant la racine de la faute des frères qui ont vendu Yossef, nos séfarim rapportent que les frères ont considéré à tort Yossef comme un rodef et qu’il méritait donc d’être mis à mort.
[dans la loi juive traditionnelle, le terme 'rodef' désigne celui qui "poursuit" une autre personne pour la tuer. ]
Si tel est le cas, pourquoi a-t-on considéré qu’ils avaient commis une faute si grave ; un juge ne peut fonder son jugement que sur ce qu’il voit?
Il semble que la gravité de leur faute tenait à leur nature noble.
Il nous est commandé : "tamim tiyé im Hachem Eloké'ha" (marche dans une confiance simple avec Hachem, ton D. - Choftim 18,13), ce que Rachi explique comme signifiant «marche devant Lui de tout ton cœur et place ton espoir en Lui. N’essayez pas de scruter l’avenir, mais quoi qu’il arrive, acceptez-le de tout votre cœur".
Il est rapporté dans les séfarim que les frères craignaient que, tout comme Essav avait été écarté [au profit] de Yaakov, eux aussi seraient écartés, et que Yossef resterait le seul membre de l’alliance d'Hachem.
Ils se sont mis en colère à cause de leur désir ardent de se rapprocher de Hachem, étant donné qu’ils étaient des personnes si sanctifiées.
Bien qu’ils eussent ce grand désir de se rapprocher d'Hachem, ils s’écartèrent légèrement de la "confiance simple" (tamim tiyé), qui repose sur le fait de ne pas scruter l’avenir mais d’accepter de tout cœur tout ce qui pourrait arriver [c’est-à-dire qu’ils auraient dû se concentrer davantage sur ce que Hachem attendait d’eux et moins sur la question de savoir s’ils seraient "écartés" par Yossef (ce qui faisait mal à leur désir énorme de grandeur spirituelle)].
[Shem miShmouel - Tétsavé 5677 ]
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-> "[Et Yossef nomma son fils aîné Ménaché, ce qui signifie : ] car Hachem m’a fait oublier toutes mes peines et tout ce qui était dans la maison de mon père" (Mikets 41,51).
-> Il semble que le père de Yossef l’ait formé pour qu’il soit saint et pur, afin qu’il se consacre uniquement à la avodat Hachem, comme un nazir.
Yaakov pensait que la raison d’être de Yossef dans ce monde serait telle. Cependant, Hachem fit en sorte que Yossef accomplisse une mission tout à fait différente : diriger les affaires gouvernementales de l’Égypte. Il était nécessaire que Yossef oublie qu’il était destiné à être une personne sanctifiée (dédiée entièrement à Hachem), séparée du peuple.
Il accepta avec joie ce décret céleste ... Une fois qu’il eut intégré que cela lui avait été décrété par le Créateur, il fut alors en mesure de remercier Hachem de lui avoir accordé la force d’accepter sa nouvelle vocation : sanctifier le nom d'Hachem, sans penser qu’une telle mission était indigne de lui et qu’il aurait dû se conduire conformément à ce qu’on lui avait enseigné dans la maison de son père, c’est-à-dire mener une vie de sainteté.
[rav Moché Sternbuch - 'Hokhmah Vadaat ]
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+ Accepter la situation dans laquelle Hachem nous a mis :
-> Chacun doit reconnaître que sa réussite spirituelle découle entièrement de la situation particulière dans laquelle Hachem l’a placé.
Même s’il peut sembler qu’il pourrait mieux servir Hachem dans une situation différente, il doit avoir confiance en Hachem, qui sait exactement quelles sont les meilleures circonstances pour qu’il se rapproche de Lui.
-> Il est évident que chacun doit suivre la voie qui correspond à son métier et à sa profession. Car la voie de la piété qui convient à celui dont la profession est l’étude de la Torah n’est pas la même que celle qui convient à celui qui doit se mettre au service d’autrui pour gagner sa vie. Ces deux voies de piété ne conviennent pas non plus à celui qui est occupé dans les affaires. Il en va de même pour toutes les autres activités des gens dans le monde.
À chacun, selon ce qu’il est, il y aura des voies de piété qui lui conviendront. Ce n’est pas parce que la piété varie ; la piété est certes la même pour tous, puisqu’elle n’est rien d’autre que de faire ce qui plaît à son Créateur ... Ainsi, celui qui, par nécessité, est un simple travailleur (pour gagner sa vie) peut être aussi pieux qu’un homme dont la bouche ne s’interrompt pas dans l’étude de la Torah.
[Ram'hal Messillat Yécharim - chap.26 ]
-> La guémara (Shabbat 33a) rapporte que lorsque Rabbi Shimon bar Yo'haï et son fils sortirent de la grotte, ils virent des gens délaisser la vie éternelle pour se consacrer à la vie temporelle, et ils réveillèrent une malédiction dans le monde.
Une voix d’en-Haut annonça : "Êtes-vous venus pour détruire le monde? Retournez dans votre grotte!"
Après douze mois supplémentaires, ils en sortirent dans la miséricorde, et partout où ils allèrent, ils dispensèrent des bénédictions.
Il semble que Rabbi Shimon bar Yochai et son fils pensaient à l’origine que la seule façon de servir Hachem était de se plonger dans la Torah, la prière, le jeûne et les pleurs, et c’est pourquoi ils se sont mis en colère et ont maudit le monde lorsqu’ils ont vu des gens qui ne se plongeaient pas dans ces choses ... jusqu’à ce que la voix céleste vienne et les renvoie dans leur grotte.
Ils ont compris que le but de cela était de leur montrer la voie la plus appropriée : la voie miséricordieuse selon laquelle l’avodat Hachem englobe chaque acte d’une personne ; il faut y prêter attention car Hachem s’y trouve également.
[Toldot Yaakov Yossef - paracha Vayetsé ]
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-> "Je vous ferai sortir de sous le joug de l’Égypte, et je vous sauverai de leur servitude" (Vaéra 6,6).
La Torah nous enseigne pourquoi le peuple juif a mérité de sortir d’Égypte : il est resté une nation sainte, même en Égypte sous un creuset de fer. Même si l’Égypte l’a asservi à toutes sortes de travaux pénibles, le peuple juif est néanmoins resté fidèle à son Hachem et n’a jamais songé à dire : "Pourquoi sommes-nous, le peuple juif, la nation la plus basse et la plus dénigrée de toutes, asservis à un travail éreintant ?"
... [Au contraire], ils acceptaient chaque instant de servitude avec amour, et toléraient le décret d'Hachem, car si cela était bon à Ses yeux, alors cela devait être bon pour nous.
Voici ce qui est écrit à propos de Moché : "Et [Moché] sortit vers ses frères, et il vit leur fardeau" (Chémot 2,11). Était-il le seul à voir leurs fardeaux?
Non, l’intention est plutôt que Moché perçu, par roua'h ha'kodech, la capacité d’endurance du peuple juif, car ils ont accepté de tout porter avec amour, conformément au décret d'Hachem ... C’est pour cela que le peuple juif a mérité la rédemption.
Il convient à une personne de faire confiance à Hachem dans toutes Ses voies et toutes Ses circonstances ... Même si quelqu’un se trouve en situation de détresse, et que les pressions de la vie l’empêchent d’accomplir son avoda et son étude.
Même si quelqu’un voit son ami, plus faible (spirituellement) que lui, que lui, riche et en paix, il pourrait être tenté de dire : "Pourquoi Hachem m’a-t-Il fait cela, alors qu’à mon humble ami, Il a donné tout le bien? Je mérite une bonne part, puisque je veux me consacrer à m’asseoir et à étudier la Torah." Cependant, cela n’est pas vrai, car nous, simples mortels, ne pouvons pas sonder la profondeur des pensées et des plans d'Hachem.
Peut-être Hachem souhaite-t-Il tester si quelqu’un va douter de Lui.
C’est ce que signifie servir Hachem "bé'hol nafché'ha" (de toute ton âme - Vaét'hanan 6,5), [ce que la guémara (Berakhot 54a) explique comme signifiant] : "même si Hachem prend ton âme".
"Âme" est une autre façon de dire "désir" ... Même si Hachem t’enlève ton désir en t’accablant des soucis de gagner ta vie et autres, même ainsi, tu dois aimer Hachem et ne pas Le remettre en question.
[Tiféret Shlomo - Paracha Vaéra ]
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-> Tous les êtres ont été créés avec leurs propres désirs et aspirations, et Hachem les a informés, au moment de la Création, de toutes ces choses, ainsi que de tout ce qui leur arriverait dans la vie et la mort, ainsi que de leur mode de subsistance, qu’il soit acquis facilement ou par la souffrance, et qu’il soit gagné par eux-mêmes ou donné par d’autres.
Comme le dit la guémara ('Houlin 60a), tout a été créé avec toutes ses capacités mentales et sa forme complète ... Et toutes les créatures ont désiré et accepté leur destin.
[Rabbeinu Bé'hayé - paracha Ki Tétsé ]
-> La guémara (Béra'hot 7a) aborde l’idée selon laquelle il existe des justes (tsadikim) qui connaissent le bonheur, et d’autres qui connaissent l’adversité. On en déduit à quel point une personne doit veiller à ne pas douter de la part qu'Hachem lui a attribuée, même si celle-ci est modeste et insignifiante, ou si elle ne parvient pas à réaliser son service de D.
De même, l’homme ne doit pas s’interroger lorsque son yétser ara le domine avec une force qu'il juge indigne de lui. Car l’homme n’a aucune idée de la mission pour laquelle il a été envoyé dans ce monde.
L’un peut être chargé de balayer la saleté ... tandis qu’un autre peut être chargé d’orner le palais du roi d’une couronne sur sa tête ...
Quelle que soit l’expérience que l’on vit,] il est dit : "La récompense est proportionnelle à l’effort" (Avot 5,23) ... Une personne ne doit pas remettre en question sa situation ou son niveau, mais plutôt rechercher la miséricorde et s’abandonner constamment à Hachem.
[Léchem - Niglot Lechem Shévo vé'Akhalma - p.119 ]
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-> Bien que les pressions du temps, celles des gens, d’autres défis et celles du yétser ara puissent faire obstacle ... néanmoins, ne vous découragez pas ...
La raison pour laquelle Hachem a créé une réalité où l’on est tiré en arrière par des pressions, c’est que s’il n’y avait pas de pressions, pour gagner sa vie ou s’occuper des affaires de ce monde, les anges auraient déjà été créés pour cela.
L'homme a été créé principalement par Hachem pour cette raison précise, comme le dit le Zohar (II,184a) : "Il n'y a pas de lumière si ce n'est celle qui vient des ténèbres".
Ce qui signifie que le peu que l'homme peut accomplir au milieu de grandes pressions et d'obstacles, en écartant toutes les pressions et les séductions du yétser ara, voilà le moyen principal de servir Hachem.
[Arvé Na'hal - paracha Emor - drouch 4 ]
-> Il n’existe pas de situation où l’on soit empêché de servir Hachem. C’est simplement que dans les moments difficiles, une personne ne peut pas servir Hachem de la même manière qu’elle le faisait en temps de paix.
Par conséquent, son service change de forme et d’ordre, un peu comme lorsqu’on enlève un vêtement pour en porter un autre, ou comme lorsqu’on passe de l’étude d’une massékhta (traité) à celle d’une autre, bien que tout cela relève de la Torah d'Hachem.
De même, l’essence même de l’avodat Hachem reste constante en tout lieu et à tout moment, mais son apparence extérieure change selon le temps, le lieu et la situation. C’est tout comme un roi ordonne à son serviteur d’accomplir une tâche spécifique différente à des moments différents.
Comme le dit la guémara (Shabbat 114a) : "Les vêtements qu’un serviteur porte lorsqu’il cuisine pour son maître, il ne doit pas les porter lorsqu’il sert du vin à son maître".
Par exemple, si une personne vit en paix sans soucis dans sa vie, son avoda consiste à se plonger dans la Torah toute la journée. Lorsqu’il est sous pression pour gagner sa vie, ou face à des défis et des angoisses, alors son avodah consiste à travailler sur le bita'hon et à se fortifier en espérant la bonté de Hachem ... Au fond, tout s’appelle servir le Roi des Rois, mais tout comme il y a une massékhta plus facile et une massékhta plus difficile, il y a une avoda facile et une avoda difficile.
Si le roi ordonne à son serviteur d’accomplir une certaine tâche et que celui-ci fait autre chose, même si cela relève du service du roi, il est considéré comme s’étant rebellé contre le roi.
Par conséquent, une personne doit toujours écouter dans son cœur quelle est la volonté de Hachem à cet instant. [pas ce que je voudrais faire, mais ce que Hachem attend de moi]
[rav Aharon Yossef Louria - Avodat P'nim - Yessod HaAvoda - Hapnimit 20 ]