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Savoir apprécier la nuit du Séder

+ Savoir apprécier la nuit du Séder :

-> Comme le suggère d’emblée la Haggadah, il est sage de commencer les préparatifs dès Roch 'Hodech (Nissan), afin de disposer de suffisamment de temps pour approfondir l’histoire de la sortie d’Égypte et les mitsvot que nous accomplissons en cette nuit. De cette manière, la grande lumière qui descend du Ciel la nuit du Seder reste concentrée, et n’est ni dispersée ni perdue.
Chaque année, la lumière de la sortie d'Egypte brille à nouveau sur le peuple juif, et il est important de s’y préparer à l’avance. En apprenant la signification profonde qui se cache derrière, nous attachons nos âmes à cette grande lumière de la manière la plus profonde.

Tout comme les Bné Israël ont été rassemblés et libérés d’Égypte en cette nuit il y a bien longtemps, de même les étincelles de sainteté qui ont été dispersées en exil sont rassemblées et élevées vers les plus hautes sphères chaque année, la nuit du Seder.
Les forces de rigueur sévère sont soumises, les enveloppes d’impureté sont balayées, et les âmes enchaînées dans les ténèbres sont libérées. Plutôt que d’être esclaves du Pharaon, nous devenons esclaves d'Hachem.
En acceptant sur nous le joug de la Royauté du Ciel, nous sommes libérés du joug de toutes nos épreuves et de tous nos malheurs.
[rabbi David 'Haï Abou'hatséra - introduction Haggada chel Pessa'h Milta 'Hadta ]

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+ Un moment au-delà de la normalité :

-> A Pessah, chaque juif, quel que soit son état spirituel, peut mériter de se rapprocher de notre Père céleste (Hachem). Tout au long de l’année, il existe un ordre de croissance spirituelle, selon lequel une personne doit d’abord se purifier de ses mauvaises actions avant de pouvoir s’élever dans la sainteté, comme le suggère le verset : "Détourne-toi du mal et [ensuite] fais le bien" (Téhilim 34,15).
Dans la Béraïta de Rabbi Pin'has ben Yair (sur laquelle se fonde le Messillat Yécharim du Ram'hal), nous trouvons un ordre d’ascension très clair, dans lequel nous gravissons échelon après échelon l’échelle du service de Hachem, jusqu’à ce que nous parvenions enfin à un état de sainteté.

Mais lors de la nuit du Seder, ces règles ne s’appliquent pas. Même si une personne ne s’est pas encore purifiée, elle peut tout de même mériter un flux de sainteté venant du Ciel.
On trouve un indice à ce sujet dans l’ordre du Séder, Kadech-Ourchatz. Nous pouvons nous sanctifier (Kadech), avant même de nous laver (Ourchatz) de nos impuretés.
Nous devenons comme les anges, qui sont intrinsèquement saints et n’ont besoin d’aucune préparation pour atteindre leur sainteté.
[rabbi David 'Haï Abou'hatséra - Haggada chel Pessa'h Milta 'Hadta ]

-> Comme l'explique le Béer Mayim 'Haïm (Yitro 19,1) :
"C'est pourquoi nous disons lors du Séder de Pessah par : "Kadech-Ourchatz", pour indiquer que ce jour est fondamentalement différent de tous les autres jours. Normalement, lorsqu’une personne cherche à atteindre la sainteté, elle doit d’abord se laver et se purifier, et ce n’est qu’alors que la sainteté peut reposer sur elle, comme il est écrit : "Détourne-toi du mal et fais le bien" (Téhilim 34,15).
Mais lors de la nuit du Seder, la sainteté précède la purification. Nous proclamons les louanges de cette nuit, c’est-à-dire Kadech-Ourchatz, d’abord la sainteté, puis le lavage (pour purifier)."

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+ Toutes les portes sont ouvertes :

-> Telle est la leçon du "fils qui ne sait pas comment demander" (lo yodéa lich'ol), pour lequel il nous est dit : "tu dois lui ouvrir". Cela fait référence à une personne qui trouve tout si sombre et si confus qu’elle ne sait même pas comment demander de l’aide. Elle erre, perdue, en dehors des frontières de la sainteté, et ne sait pas vers où se tourner.
Pour lui, la Haggadah conseille : "Vous devez lui ouvrir" = rappelez lui que cette nuit-là, Hachem nous a ouvert les portes de l’esclavage et nous a rapprochés de Lui avec la plus grande affection.
"Je vous ai portés sur les ailes des aigles et je vous ai amenés vers Moi" (Yitro 19,4) en référence aux ailes des anges.
Dans Son amour pour nous, Hachem nous a élevés au-dessus du niveau des anges. Et tout cela alors même que nous n’avions pas les mérites pour en être dignes.

Et il en a toujours été ainsi à travers les générations. Où qu’un juif se trouve, quelle que soit la profondeur (spirituelle) dans laquelle il puisse sombrer, Hachem est toujours là pour lui, pour le porter sur les ailes des aigles et le ramener.
Cette reconnaissance est la porte de la sainteté, que nous devons ouvrir pour le "fils qui ne sait pas comment demander", afin qu’il puisse lui aussi mériter toutes les bénédictions saintes qui descendent en cette nuit.
[une force du yétser ara est de nous faire douter, de nous faire croire que nous ne sommes pas si importants, aimés, par Hachem (ex: t'as vu tes actes!). A Pessa'h nous devons fermer la bouche à de telles paroles, et nous renforcer dans la réalité de notre relation avec papa Hachem. ]
[rabbi David 'Haï Abou'hatséra - Haggada chel Pessa'h Milta 'Hadta ]

-> Le Imrot Téhorot citant le rabbi Barou'h de Mézhibouzh (Likouté Maamarim) :
"Lorsque Hachem vit les Bné Israël enfoncés dans les profondeurs de la klipa en Egypte, dans Sa grande miséricorde et Sa bonté, Il n’attendit pas qu’ils provoquent un réveil d'en bas. Au contraire, Il bondit en avant (passa'h) pour leur ouvrir une brèche (pessa'h). Tout comme Il a délivrés nos ancêtres, ainsi Il nous délivrera d’un rachat éternel, bientôt et de nos jours, Amen."

-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (Bigdé Hasrad) commente le verset : "Je vous ai portés sur les ailes des aigles" (Yitro 19,4).
Il explique que les "aigles" dans ce verset font référence aux anges, comme le Zohar (Chémot 4b) le commente à propos du verset : "Les Bné Israël partirent de Ramsès, dans la direction de Souccot ; environ 600 000 voyageurs à pied" (Bo 12,37).
Pourquoi le verset dit-il : "environ 600 000" ? Pourquoi ne pas être précis sur le nombre?
En réalité, cela ne fait pas référence aux Bné Israël. Cela fait référence aux anges.

Il écrit :
"Lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, les anges descendirent avec eux. Et lorsque les Bné Israël sortirent d’Égypte, tout comme 600 000 juifs sortirent, 600 000 anges sortirent avec eux.
Ces anges formaient le Camp de la Chékhina (présence Divine), qui servait à enseigner aux BnéIsraël qu’ils étaient eux aussi devenus le camp de la Chékhina, tout comme les anges.

De plus, lorsque nous réfléchissons à ce sujet, nous voyons que les Bné Israël sont encore plus grands que les anges, puisque les anges ont été contraints de descendre et de souffrir en Égypte pour eux. C’est là le sens du verset : "Je vous ai portés sur les ailes des aigles" : en référence aux anges, qui ont des ailes semblables à celles des aigles. Ils étaient avec vous en Egypte, et de là, vous devriez prendre conscience de votre propre grandeur, et reconnaître que Je vous ai fait devenir un camp de la Chékhina, tout comme les anges.

On peut comprendre ce verset comme assimilant la grandeur des Bné Israël à celle des anges, mais on peut aussi l’interpréter comme signifiant que les Bné Israël sont "sur les ailes des aigles", c’est-à-dire au-dessus d’eux, comme le montre le fait que les anges ont dû descendre en Égypte pour souffrir avec les Bné Israël.

La suite du verset, "Et je vous ai amenés vers Moi", peut être comprise comme une analogie avec une personne qui rend visite à un ami cher avec lequel elle aime passer du temps. C’est ainsi que Hachem est apparu devant les Bné Israël, face à face, révélant Sa gloire et Sa grandeur.
Tout cela avait pour but de leur montrer qu’Il avait éliminé les klipot qui les séparaient de Lui. Ces klipot n’avaient plus aucun pouvoir sur eux."

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+ Pessa'h - Un éveil venu d’en-Haut :

-> La source des opportunités spéciales offertes cette nuit-là (du Séder) provient de la sortie d’Égypte, qui a elle-même transcendé l’ordre normal des événements. Sans attendre que nous fassions nos preuves, Hachem nous a bénis d’un "éveil venu d’en-Haut".
Le verset dit : "Quand Israël sortit d’Égypte ... Yéhouda devint Son saint" (Téhilim 114,1).
Dès que nous avons quitté l’Égypte, nous avons été immédiatement sanctifiés en tant que saints de Hachem. Nous avons été propulsés vers les plus hautes sphères, sans aucune préparation de pureté de notre part.

Cela est devenu un précédent pour les générations à venir. Le même réveil se produit chaque année lors de la nuit du Séder, même sans préparation suffisante de notre part.
C’est pour cette raison que l’ordre de la nuit est Kadech puis Ourchatz. Nous pouvons nous sanctifier (Kadech), avant même de nous être lavés (Ourchatz). Cette nuit-là, nous pouvons compter sur Hachem pour nous aider à nous transformer d’un extrême à l’autre.
[rabbi David 'Haï Abou'hatséra - Haggada chel Pessa'h Milta 'Hadta ]

-> Le Pri Eitz 'Haïm (Shaar 'Hag Hamatsot - chap.1) écrit que pendant le reste de l’année, la croissance spirituelle se fait lentement, pas à pas : vient d’abord une phase de petitesse (spirituelle), puis une phase de croissance, suivie d’une autre période de petitesse, et ce n’est qu’ensuite qu’un niveau supérieur de grandeur apparaît.
Mais à Pessa'h, tout se passe d’un seul coup. En un seul instant, toute la transformation spirituelle est activée.
C’est là le sens du verset : "Car vous êtes partis en hâte", pour briser le pouvoir de l’impureté. Cela est propre à Pessa'h, car le reste de l’année, la croissance (spirituelle) ne peut se faire que par étapes.

-> Les Bné Israël ne méritaient pas vraiment d’être délivrés à cette époque en Egypte. Nos Sages nous rapportent (Chémot rabba 21,7) que Satan s’était opposé à l'ouverture de la mer en déclarant : "Ceux-ci [les enfants d’Israël] sont des idolâtres, tout comme ceux-là [les égyptiens]".
De plus, la grande lumière spirituelle qui s’est soudainement répandue sur eux n’est pas le fruit d’un processus naturel et progressif, mais d’un élan soudain et puissant.

En effet, si les Bné Israël étaient restés en Égypte ne serait-ce qu’un instant de plus, ils seraient tombés dans la 50e porte de l’impureté, au-delà de laquelle il n’y a pas de retour. Mais dans Sa bonté infinie et Son amour profond pour Israël, et afin d’accomplir Sa promesse aux Avot (Patriarches), Hachem a fait briller une lumière rapide, soudaine et puissante sur la racine même de leurs âmes pour les arracher de l’emprise écrasante de la klipah.
[Voir également le Sidouro shel Shabbath 1:7:2, qui enseigne de même. ]

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