+ La Chékhina est avec les juifs en exil & guéoula :
-> Lorsque Adam mangea du fruit de l’Arbre de la Connaissance, un décret fut promulgué selon lequel lui et ses descendants devaient expier leurs fautes à travers les épreuves qu’ils auraient à endurer.
Depuis lors, de nombreuses souffrances ont poursuivi ceux qui ont diffusé le Nom d'Hachem dans le monde. Tel fut le sort d’Avraham Avinou, qui fut cruellement opprimé par les idolâtres qu’il avait défiés.
De même, ses descendants qui lui succédèrent connurent de nombreuses épreuves sous la main de nos ennemis. Adam, Avraham et Moché reçurent tous des visions prophétiques, dans lesquelles ils prévoyaient les épreuves du peuple juif en exil.
Pourtant, même sur les terres de nos ennemis, Hachem ne nous a jamais abandonnés. Partout où nous avons erré en exil, la présence Divine (Chékhina) nous a toujours accompagnés.
Le midrach (Mékhilta déRabbi Yichmaël - Bo 14) déclare ainsi :
"Chaque fois que les Bné Israël sont asservis, la Chékhina (pour ainsi dire) est asservie avec eux, comme il est écrit ... "Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec eux" (Yéchayahou 63,9).
Nous voyons ici qu'Hachem partage les souffrances de la communauté. D’où savons-nous qu’Il partage également la douleur de tout individu (juif)?
Comme il est écrit : "Il m’appellera et je répondrai. Je suis avec lui (singulier = tout juif) dans la douleur" (imo ano'hi bétsara - Téhilim 91,15) ...
Le verset dit également : "Ton peuple que Tu as délivré d’Egypte, un peuple et son D." (II Shmouël 7,23).
Rabbi Akiva dit : Si cela n'avait pas été écrit, nous n’aurions jamais pu le dire, mais ce verset semble indiquer que Hachem s’est délivfé Lui-même avec les Bné Israël.
Partout où les Bné Israël furent exilés, la Chékhina fut exilée avec eux. Ils furent exilés en Égypte, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "Ne me suis-Je pas révélé à la maison de ton père en Égypte?"(I Shmouël 2,27).
Ils furent exilés à Bavel, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "C’est pour vous que j’ai été envoyé à Babylone" (Yéchayahou 43,14).
Ils furent exilés à Élam, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "J’ai établi mon trône à Élam" (Yirmiyahou 49,38).
Ils furent exilés à Édom, et la Chékhina les accompagna, comme il est écrit : "Qui est celui-ci qui vient d’Édom, avec des vêtements souillés de Batzra?" (Yéchayahou 63,1).
Quand ils reviendront, la Chékhina reviendra avec eux, comme il est écrit : "Et Hachem reviendra avec tes captifs" (véchav Hachem Eloké'ha ét chévouté'ha - Nitsavim 30,3).
Le verset n’utilise pas le mot "véhéchiv" qui signifierait : "Hachem ramènera vos captifs". Il utilise plutôt le mot "véchav", qui signifie : "Il reviendra avec tes captifs"."
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-> Lors de l'exil égyptien, la Chékhina fut exilée avec les Bné Israël. [Zohar II,94b]
-> Le Alchikh HaKadoch (Mikets 41,33) écrit que la Chékhina a en réalité précédé le peuple d’Israël dans sa descente vers l’Égypte. Elle est descendue avec Yossef qui, par sa pureté en matière de brit, était plus digne que quiconque d’être le Char divin.
-> Dans nos prières pour la délivrance, nous devons prier non seulement pour l’allègement de nos propres souffrances, mais avant tout au nom de la Chékhina, qui partage toutes nos souffrances. Ce n’est qu’en priant avec cela à l’esprit que nous mériterons la Délivrance (guéoula).
Le Rikanti (Béréchit - chap.3) écrit à ce sujet ce qui suit :
"Hachem dit : "Lorsque la souffrance frappe le peuple juif, et qu’il Me cherche et inclut (des prières pour) Mon honneur dans ses propres prières, Je lui répondrai, comme il est écrit : "Il M’appellera et Je répondrai. Je suis avec lui dans la douleur.
Rabbi Youden a comparé cela à une femme qui attendait un enfant. Elle avait eu une dispute avec sa mère, et celle-ci était montée au 2e étage. Lorsque la fille a commencé le travail (pour donner naissance), elle a crié de douleur depuis le rez-de-chaussée. Sa mère a entendu ses cris et a crié avec elle. Les voisins ont entendu la mère crier et lui ont demandé : "Pourquoi cries-tu? Ce n’est pas toi qui accouches".
Ma fille souffre. Bien que je sois en colère contre elle, je ne peux supporter de l’entendre crier. C’est pourquoi je crie avec elle. La douleur de ma fille n’est-elle pas la mienne?"
Nos Sages nous rapportent que le roi David a dit : "Maître de l’Univers! Penses-Tu que nous priions pour la délivrance pour notre propre bien? Jusqu’à quand Ta main droite restera-t-elle retenue? Afin que Tes bien-aimés soient libérés, déchaîne Ta main droite et réponds-nous" (Téhilim 60,7)."
-> Dans cet esprit, nos Sages ont composé des prières pour le bien de la Chékhina qui est en exil avec nous, comme nous le disons dans les Hochanot : "Comme Tu as sauvé Bné Israel d’Égypte avec Toi-même" (kéochata élim béloud ima'h). Et c'est aussi la signification de "Sauve-nous avec Ton Nom" (ani vaou ochiana).
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Nous allons apporter un développement de rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans son Bidgé Hasrad) sur ce sujet de la Chékhina en exil avec les juifs.
+ Les nations qui ont des juifs bénéficient de la Chékhina qui est avec eux en exil :
-> L'amour d'Hachem pour Son peuple élu est sans limite et inconditionnel. Même lorsque nous fautons devant Lui et que nous nous rebellons contre Sa parole, Il continue de nous aimer.
C'est lorsque nous sommes punis pour nos fautes que nous voyons à quel point Il se soucie de nous. Il veille à ce que, même dans nos souffrances, nous ne soyons pas anéantis.
Sa Chékhina nous accompagne dans l'exil, pour nous protéger où que nous allions.
C'est ainsi que le rabbi Yaakov Abou'hatséra explique : "et les empires qui n’invoquent pas Ton Nom" (al mamlahot acher bésim'ha lo karaou - Téhilim 79,6).
Puisque la Chékhina accompagne Bné Israël en exil, tout pays qui accueille les Bné Israël mérite que la Chékhina y réside. En conséquence, ce pays s’élève pour devenir une puissance mondiale.
Tel fut le cas de l’Égypte. C’était un pays modeste et sans importance jusqu’à ce que les Bné Israël y soient exilés. Puis, ils sont rapidement montés en puissance. Tout cela était dû à la Chékhina qui y résidait avec les Bné Israël.
-> Nos Sages (Guitin 56b) nous disent que "quiconque opprime les Bné Israël devient un dirigeant".
Pourquoi en serait-il ainsi? Méritent-ils une récompense pour avoir fait du mal au peuple élu d'Hachem?
Ils devraient sûrement être punis à la place, afin que les autres en tirent une leçon et ne fassent jamais de mal au peuple juif.
La raison en est que la Chékhina réside partout où le peuple d’Israël erre dans son exil. C’est là que la bonté et la bénédiction célestes descendent. La nation qui nous entoure se nourrit de cette bénédiction, qui l’élève au pouvoir.
-> Nous pouvons ainsi comprendre le verset : "Qui ne te craindrait pas, Roi des nations. La royauté te sied, car parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, il n’y en a aucun comme toi" (Yirmiyahou 10,7).
Le Zohar (I,10a) demande pourquoi Hachem est appelé ici "Roi des nations", plutôt que "Roi d’Israël".
D’après ce que nous avons expliqué, nous pouvons comprendre cela comme une référence à la Chékhina qui réside parmi les nations pendant notre exil. Partout où Bné Israël s’installe, la Chékhina s’y installe avec nous, et notre nation d’accueil est élevée à la royauté sur les autres nations.
Cependant, les nations réchaïm, sont trop aveugles pour réaliser que leur réussite est venu grâce au mérite du peuple juif qui vit parmi elles. C’est pourquoi, au lieu d’honorer la Chékhina et le peuple juif, elles nous soumettent à des décrets sévères.
Il s’agit là d’une grave accusation contre les nations, pour laquelle elles méritent d’être doublement punies : d’abord pour avoir fait du tort à Bné Israël, et ensuite pour ne pas avoir reconnu les grands bienfaits qu’elles tirent de la présence de Bné Israël et de la Chékhina parmi elles.
Ce verset vise donc à nous enseigner ce qui suit :
- "Qui ne te craindrait pas, ô Roi des nations?" = Hachem est appelé le Roi de la nation qui accueille le peuple d’Israël et la Chékhina. La Chékhina apporte l’élément de la royauté d'Hachem à ce pays, élevant ainsi ce pays au rang de souverain sur ses voisins.
En ce sens, Hachem est appelé "Roi des nations", car Il apporte le pouvoir de la royauté à cette nation. Le Prophète met ainsi en garde les nations contre leur manque de crainte envers Hachem, qui réside parmi elles et les élève au pouvoir.
- "La royauté T'appartient" = en réalité, la royauté n’appartient qu’à Hachem. Les nations ne voient pas que toute leur puissance et leur succès proviennent d'Hachem, le véritable Roi. La puissance de la royauté n’est pas destinée à elles, mais aux juifs qui se trouvent parmi elles.
- "Car parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, il n’y en a aucun comme Toi" = ils devraient prendre le temps de réfléchir au fait que toutes les autres nations, qui n’accueillent pas de Bné Israël, sont dépourvues de ce pouvoir. Cela devrait les amener à réaliser que cette royauté n’est pas vraiment la leur, mais celle d'Hachem.
-> "Déverse Ta colère sur les nations qui ne Te connaissent pas, et sur les empires qui n’invoquent pas Ton Nom" (chéfo'h 'hamatékha él agoyim - Téhilim 79,6) = elles méritent la colère d'Hachem car elles ne se rendent pas compte que les empires qu’elles ont bâtis ne sont pas le fruit de leurs propres efforts.
"Elles n’invoquent pas Ton Nom" = elles ne reconnaissent pas que tout ce qu’elles possèdent est grâce au mérite de Bné Yisrael et de la Chékhina parmi eux.
"Car elles ont dévoré Yaakov et détruit sa demeure" = non seulement elles refusent aux Bné Israël l’honneur qui nous revient, mais elles nous tourmentent par des décrets sévères.
Bien que le verset fasse référence aux "nations" au pluriel, il ne dit pas "ki akhlou ét Yaakov" mais plutôt "ki a'hal ét Yaakov" au singulier (dans Téhilim 79,6).
Cela fait référence aux forces d’impureté qui pèsent sur elles. Dans le mot "a'hal" (אָכַל), la première et la dernière lettres, א"ל, représentent les dernières lettres du nom du yétser ara, סמא"ל (Sama-El).
La lettre du milieu (de a'hal), le כ, lorsqu’elle est épelée כף (kouf), équivaut à la guématria de ס"מ, représentant les premières lettres de סמא"ל.
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+ Les deux Rédemptions :
-> Puisque la Chékhina se joint aux Bné Israël en exil, elle partage également notre douleur, la moindre de nos souffrances.
Par conséquent, lorsque nous prions pour la rédemption (guéoula), nous devons concentrer nos prières sur la rédemption (délivrance) de la Chékhina, afin que, lorsque la Chékhina sera délivrée, nous puissions l’être à nos côtés.
Sur cette base, le rabbi Yaakov Abou'hatséra (Bigdé Hasrad) explique le verset du Hallel : "Non pas pour nous, Hachem, non pas pour nous, mais pour honorer Ton Nom, par Ta bonté et Ta vérité" (lo lanou Hachem, lo lanou - Téhilim 115,1).
... le roi David n’a pas prié pour que des miracles se produisent (lors de la guéoula) en raison de nos propres mérites, mais plutôt en l'honneur d'Hachem.
Il a prié pour la Chékhina, qui est descendue avec nous en exil. Même si nous ne sommes pas dignes, qu'Hachem ait pitié pour Son propre honneur et qu’Il nous délivre avec la Chékhina (présence Divine dans ce monde).
-> "Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir" (Bé'houkotaï 26,44).
Le Zohar (III,115b) commente : le mot לְכַלֹּתָם (lé'halotam - pour les détruire) s’écrit sans la lettre "vav", ce qui permet de le lire avec d’autres nékoudot (ponctuation) comme lé'halatam, au sens de kalla (épouse). Cela fait référence à la Chékhina, qui demeure avec les Bné Israël en exil.
Grâce à la Chékhina, Hachem ne nous méprisera ni ne nous rejettera jamais. Peu importe à quel point nous pourrions être indignes, Hachem nous délivrera par amour de la Chékhina qui souffre avec nous.
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-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Bidgé Hasrad) poursuit en expliquant la section suivante du Hallel (Téhilim n°116) :
"J'aime (Hachem), car Hachem entend ma voix et ma supplication. Il a incliné Son oreille vers moi, car je crie en mes jours. Des bandes d'assassins m'ont encerclé, et les souffrances de l'abîme m'ont atteint. J'ai trouvé douleur et malheur. Je crie au Nom de Hahem : "S'il te plaît, Hachem, sauve mon âme!" Hachem est miséricordieux et juste, et notre D. est compatissant" (aavti ki yisma Hachem ét koli ta'hanounaï ... 'hanoun Hachem vétsadik vélokénou méra'hem).
Le roi David avait prévu que les Bné Israël manquerait des bonnes actions nécessaires pour nous rendre dignes de la rédemption (guéoula) finale. Pourtant, nous sommes destinés à être délivrés grâce au mérite de notre confiance en Hachem, alors que nous endurons les épreuves de l’exil.
Bien que les nations racha nous soumettent à des tourments et au ridicule, nous ne nous plaignons jamais de notre sort en tant que Nation Élue. Nous supportons tout cela pour Son honneur, et nous acceptons Son jugement comme véridique et juste. Nous plaçons notre confiance et notre espoir en Lui seul pour qu’Il nous sauve. Par conséquent, quelle que soit la durée de l’exil, nous serons finalement délivrés.
-> Hachem voit nos difficultés, et Il reconnaît que c’est l'exil qui est responsable de notre incapacité à Le servir correctement. Sous tant de pression et d’humiliation de la part des nations, nous sommes incapables de servir Hachem comme nous le souhaitons vraiment.
La récompense est à la mesure de la difficulté (Pirké Avot 5,23). C’est pourquoi Hachem attribue à nos quelques mitsvot et bonnes actions une valeur comme s’il s’agissait en réalité d’un très grand nombre.
[...]
Nous ne sommes pas jugés sur nos accomplissements, mais sur la difficulté qu’il y a à les atteindre.
Puisque la croissance spirituelle est si difficile en ces générations, même nos maigres accomplissements sont aussi précieux pour Hachem que les grandes hauteurs des prophètes.
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+ Sauve ta main droite :
-> Le roi David a prié en faveur de la Chékhina en exil. Il a prévu que nous serions délivrés non pas par nos propres mérites, mais en l'honneur de la Chékhina, dont la douleur et le chagrin en exil sont bien pires que les nôtres. Hachem regardera la douleur de la Chékhina et la sauvera de la captivité, avec ses enfants, les Bné Israël.
À ce sujet, il est écrit : "Sauve Ta main droite et réponds-moi" (Téhilim 60,7). La "main droite" d'Hachem fait référence à la Chékhina. Lorsqu'Hachem sauvera la Chékhina, nous serons nous aussi sauvés.
[...]
Nous ne comptons que sur Hachem pour qu’Il ait pitié pour l’amour de la Chékhina et pour la révélation de Sa Royauté dans le monde.
Nous ne pouvons pas nous fier aux mitsvot et aux bonnes actions même des plus nobles d’entre nous, car leurs mérites sont insuffisants pour apporter la rédemption. Nous demandons seulement que Hachem nous sauve pour l’amour de Sa sainte Chékhina.
[enseignements du rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé Hasrad ]