+ La terre d'Israël :
-> Beaucoup de ceux qui étudient la Michna connaissent le commentaire de rabbi Ovadia de Berténora, connu sous le nom du Barténoura. Il fut l’une des personnalités les plus célèbres et les plus importantes du monde de la Torah en Italie au 15e siècle. Rabbi Ovadia a déployé des efforts herculéens pour s’installer en terre d'Israël à une époque où nombre de ceux qui tentaient le voyage depuis l’Italie et la Sicile se noyaient en Méditerranée.
Il lui fallut 3 années d’efforts, ponctuées de nombreux revers, mais en 1488, le rabbin Ovadia arriva en Terre d’Israël et s’y installa.
-> En 1211, un groupe de 300 rabbins venus de France et d’Angleterre émigra en Israël. Ils s’y installèrent sans aucun soutien financier et sans aucune perspective de gagner leur vie en Terre Sainte.
La plupart d’entre eux furent assassinés par les croisés, qui arrivèrent sur place à peine 8 ans plus tard. Les rares survivants furent autorisés à vivre dans la ville d’Acre.
Les Mamelouks conquirent Acre en 1291 et massacrèrent toute sa population juive, y compris les femmes et les enfants, de nombreux hommes étant tués alors qu’ils se trouvaient à la synagogue.
-> Le peuple juif prospéra en Babylonie pendant la période amoraïque (entre l'an 200 et 500).
Il disposait de grands séminaires rabbiniques, de centres d’étude de la Torah et de communautés florissantes, et vivait à l’abri de l’insécurité et du chaos qui régnaient en terre d’Israël.
Malgré cela, un grand nombre de rabbins éminents s'installèrent en Terre Sainte.
Parmi eux figuraient Rabbi 'Hanina ben 'Hama (Yérouchalmi Péa 7:4,20a), Eliezer ben Pedat ('Houlin 111b), Rabbi Zakaï (Yérouchalmi Shabbath 7:1), Rabbi 'Hiya bar Yossef ('Houlin 54a), Rav Kahana (Yérouchalmi Shabbath 7:1,9a), Rabbi Abba (Kétoubot 112a), Rabbi Avina (Yérouchalmi Shévi'it 4:2,35a), Rabbi Ochaïa et son frère 'Hanania (Sanhédrin 14a), Rabbi Assi (Moed Katan 25a), Rabbi Zéra (Kétoubot 112a), Rabbin 'Hiya bar Abba (Shabbath 105b), Rabbi 'Helbo (Yébamot 64b ; Yérouchalmi Taanit 2:1,65a), 18 Rabbi Yirmiyahou (Kétoubot 75a), Rabbi Samuel bar Its'hak (Yérouchalmi Béra'hot 3:5,6d), Rabbi Simlaï (Yérouchalmi Pessa'him 5:3,32a), Rav Houna bar Rav Avin (Yérouchalmi Roch Hachana 2:2,59a), et Rabbi 'Hagaï (Moed Katan 25a).
=> On parle de géants spirituels qui avaient une vision de la réalité des choses parfaite.
Ils ont préféré quitter leur confort, leur honneur et leur sécurité, pour faire un voyage très long et risqué, arrivant dans un pays chaotique.
Mais leur amour et leur vision de l'incroyable vie spirituelle en terre d'Israël, les a pousser à tout quitter en diaspora.
Qui sommes-nous pour se penser plus intelligent qu'eux en se persuadant que la diaspora n'est pas si mal, pas si différente qu'Israël. Car si nous avions conscience de la Vérité nous mourrions de désir de pouvoir y vivre.
(même si l'on voit de beaux paysages en exil, c'est à l'image d'une belle fraise qui n'a aucun goût, à la différence d'Israël où son intériorité est sublime! )
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-> La paracha de Vayétsé qui décrit le séjour de Yaakov en exil, est écrite d’une seule traite dans le rouleau de la Torah.
Le Sfat Emet explique ce que cela nous enseigne : que Yaakov n’a jamais cessé de penser à la terre d'Israël et à son désir d’y retourner vivre pendant toute la durée de son exil.
-> Ses actions nous donnent un aperçu des émotions de Yaakov au moment de quitter la terre d’Israël.
La Torah (Vayétsé 28,18) décrit que Yaakov verse de l’huile sur l’autel qu’il érige pour Hachem.
Lorsqu’il revient en Israël, la Torah (Vayichla'h 35,14) rapporte qu’il verse à la fois une libation de vin et de l’huile sur l’autel.
Pourquoi s’abstient-il de verser du vin sur l’autel lorsqu’il quitte Israël?
Le Oznaïm laTorah répond que les libations de vin proviennent d’un sentiment de joie, comme le dit le verset : "mon vin, qui réjouit D. et l’homme" (Shoftim 9,13).
Lorsque Yaakov quitta la terre d’Israël pour se rendre en Diaspora, il ne pouvait pas ressentir de joie, et c’est pourquoi il ne versa pas de vin sur l’autel.
Cependant, lorsque Yaakov revint en Terre d’Israël, il était comblé de joie et put ainsi offrir une libation de vin. En effet, la Torah introduit le commandement concernant les libations de vin par les mots "Lorsque tu entreras dans le pays de ta demeure, que Je te donne" (Chéla'h Lé'ha 15,2), et Rabbi Yichmaël stipule que le peuple juif n’offrait pas de libations de vin dans le désert (Kidouchin 37a ; Zéva'him 117a).
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-> Hachem dit : "La terre d’Israël m'est plus précieuse (bien-aimée) que tout".
[midrach Bamidbar raba 23,7]
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-> Les juifs ont été critiqués pour ne pas avoir pris plus sérieusement ce cadeau d'Hachem, lui préférant d'autres terres.
"Et Israël habita dans le pays d’Égypte, dans le pays de Gosen ; et ils y acquirent des biens, et ils furent féconds, et se multiplièrent à l’extrême" (Vayigach 47,27).
Le Kli Yakar commente :
"Ce verset est une condamnation des Bné Israël, car Hachem avait décrété à Abraham que ses enfants seraient étrangers dans un pays étranger, mais ils désiraient être des résidents durables et des propriétaires fonciers dans un pays qui n’était pas le leur.
Et ils s’y installèrent de manière si permanente qu’ils ne voulurent pas quitter l’Égypte jusqu’à ce qu'Hachem soit contraint de les en faire sortir d’une main puissante, et ceux qui ne voulaient pas partir moururent pendant les trois jours de ténèbres."
=> Comment peut-on mépriser ce qui est précieux aux yeux d'Hachem!
[voir : Terre d'Israël & pourquoi 80% des juifs sont morts en Egypte : https://todahm.com/2026/02/04/terre-disrael-pourquoi-80-des-juifs-sont-morts-en-egypte ]
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-> Le lien entre le peuple juif et la vie en Israël est si important que le midrach (Béréchit raba 39,8) enseigne : "Il vaut mieux habiter dans les déserts de la terre d’Israël que dans les palais de la Diaspora".
Le midrach commente ensuite que les paroles du roi David (dans le Téhilim 84,11 - "je préfère me tenir au seuil de la maison de mon D., plutôt que de séjourner dans les tentes de l’impiété") par ces mots : "Même si je possède des palais et des châteaux en dehors de la Terre d’Israël et que je n’ai qu’une petite hutte en terre d’Israël, je préfère tout de même vivre dans [cette hutte]".
-> Le conflit entre le confort de la diaspora et la vie en Israël peut sembler être un problème contemporain, mais il est loin d’être nouveau ; ce dilemme était déjà bien établi à l’époque d'Ezra.
La guémara (Sanhédrin 98b) enseigne que lorsque Ezra revint en terre d'Israël et reconstruisit le Temple, la rédemption (guéoula) et le Temple auraient dû être éternels, "mais une faute a empêché cela".
Le Maharcha explique que cette "faute" était "que les juifs ne sont pas tous retournés en terre d’Israël" (Yoma 9b).
Rachi précise que "les juifs qui se sentaient à l’aise en exil ne se sont pas installés en terre d’Israël avec Ezra". (Kidouchin 69b)
Ezra rapporte que seuls 42 360 juifs ont choisi de retourner en Israël. (Ezra 2,64-65)
Le midrach (Shir haShirim raba 8,9) l’enseigne très clairement : "Si Israël (les juifs) était remonté de Babylone comme un mur, le Second Temple n’aurait pas été détruit."
Le Kouzari (2,24) enseigne de même que "la Providence divine était prête à se manifester comme au commencement si tous les juifs avaient accepté de bon gré de revenir (en Israël). Mais seule une minorité est revenue. La majorité est restée en Babylonie."
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-> L’importance de l’incapacité des juifs à reconnaître que la terre d'Israël est leur seule véritable patrie, est illustrée par le récit suivant (Yoma 9b) : "Rech Lakich nageait dans le Jourdain. Rabba bar Bar-'Hana vint et lui tendit la main. Rech Lakich dit : "Par Hachem, je te méprise"."
Rachi explique, en se basant sur la suite du récit, que Rech Lakich déclara qu’il méprisait "tous les habitants de Babylonie qui ne montèrent pas (en Israël) au temps d’Ezra, empêchant ainsi la Présence divine de revenir et de reposer sur le Second Temple."
-> La guémara Yébamot 86b ; Kétoubot 26a ; Sotah 47b) enseigne qu'Ezra était tellement bouleversé par l’incapacité du peuple juif à répondre favorablement au fait qu'Hachem leur accorder le cadeau de la terre d'Israël en tant que patrie, qu'Il les a puni.
Lorsqu’Ezra constata que les Cohanim avaient répondu à son appel à retourner en Israël, mais pas les Lévi'im, il décréta que la dîme ma'aser richon, qui était destinée aux Lévi'im, serait désormais versée aux Cohanim.
-> Par crainte que quiconque ne pense que le monde spirituel fort dont jouissaient les juifs en Babylonie aurait pu constituer une justification légitime pour ne pas s’installer en terre d'Israël, la guémara (Kétoubot 110a) est très claire : "Il faut toujours vivre en terre d’Israël, même dans une ville où la majorité des habitants sont idolâtres, et non en dehors de la terre d’Israël, même dans une ville où la majorité est juive. Car tous ceux qui vivent en terre d’Israël ressemblent à celui qui a un D., et tous ceux qui vivent hors de la terre d’Israël ressemblent à celui qui n’a pas de D."
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-> Les juifs qui revinrent en Israël à l’époque d’Ezra n’étaient en réalité pas très attachés à l’observance des mitsvot. Comme le montre clairement le livre d’Ezra, ils faisaient des mariages mixtes, n’observaient pas le Shabbat et commettaient de nombreuses autres transgressions (graves).
Pourtant, le midrach (Béréchit raba 71,3) rapporte que "leurs actes sont louables", car ils ont fait l’effort de vivre en Israël.
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+ Aspirer à vivre en Israël :
-> Même si une personne ne peut, pour l’instant, vivre en Israël, le désir de vivre sur la terre qu'Hachem nous a donnée doit rester fort.
Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 14) écrit :
"Quelle grande mitsva que de désirer aller [vivre] en terre d’Israël.
Le Shné Lou'hot Habrit et le séfer Yéré'im enseignent qu’une personne doit constamment garder dans son cœur le désir et l’amour de la Terre d’Israël, comme il est écrit : "Et tes yeux et ton cœur seront là tous les jours" (basé sur Méla'him I 9,3).
Même si une personne possède tout ce qu’elle désire, elle doit toujours se rappeler qu’il lui manque quelque chose, car elle n’est pas en terre d’Israël ... Elle doit en être attristé, car ce qui compte le plus lui manque."
[une personne peut avoir tout ce qu'elle désire, comme : une richesse matérielle folle, une érudition spirituelle importante, cependant en réalité il lui manque l'essentiel d'une vie juive : le fait de vivre en Israël. Le problème est qu'on ne se rend pas compte de que la terre d'Israël peut nous apporter (dont dans notre vie éternelle à Venir), de ce ce qu'on perd à ne y être, qu'on se dit que c'est pas si grave, qu'on est pas mal là en diaspora en vivant une vie plutôt juive. ]
-> Rabbi Na'hman de Breslev a fait une prière (rapporté dans le Léket Téfilot al Erets Israël) qui reflète le désir ardent ressenti par tous les juifs
"S’il te plaît, Dieu, Toi le Miséricordieux plein de miséricorde, Toi le Bienveillant plein de bienveillance ... accorde-moi avec compassion et bonté, et comme un don gratuit, que je mérite bientôt de venir en Terre d’Israël, en Terre Sainte, la terre dont nos ancêtres ont hérité, la terre où tous les véritables tsaddikim, de toute leur âme, ont souhaité et désiré être.
Ils ont réparé ce qu’ils devaient réparer, ils ont fait ce qu’ils devaient faire, et ils ont mérité ce qu’ils ont mérité, tout cela grâce au mérite de la Terre d’Israël, qui est le centre de la sainteté du monde entier ...
Hachem, purifie-moi dans Ta grande compassion afin que je mérite moi aussi de surmonter tous les obstacles qui m’empêchent de me rendre en terre d’Israël… et de venir rapidement en Terre Sainte."
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-> Selon nos Sages, c'est une mitsva de vivre en Israël. [à chaque instant (même quand on dort!) en résidant en Israël on fait une mitsva qui vaut comme les 613 mitsvot réunies, et en plus selon le 'Hafets 'Haïm chaque mitsva qu'on peut faire en Israël a 20 fois plus de valeur qu'en dehors.
On se rend compte que vivre en Israël va nous construire un monde à Venir et un attachement avec Hachem qu'on aurait pas eu en dehors! ]
Le 'Hatam Sofer va même jusqu’à dire qu’ignorer la mitsva de vivre en Terre d’Israël "revient à dire :"Je ne mettrai pas les tefillin"."
[ 'Hidouché 'Hatam Sofer - Soucca 36a ]
[Hachem nous donne un moyen de se lier à Lui, un moyen grâce auquel Il pourra nous combler de bénédictions, mais nous on a mieux à faire que ça! ]
-> Le Shlah Hakadoch (Amoud haShalom - dernier paragraphe de Soucca) critique ceux qui en diaspora font des demeures permanentes qui sont au-delà de nos besoins fondamentaux. Il dit que "cette construction ressemble à quelqu’un qui a divorcé dans son esprit avec la rédemption".
Le 'Hatam Sofer (sur Yoré Déa 138) va encore plus loin, en avertissant que "celui qui construit inutilement une grande maison en pierre en Diaspora afin d’avoir plus d’espace et qui, par conséquent, désespère de la venue de la rédemption (guéoula), cette construction est un danger et non quelque chose qui le protégera".
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-> Vivre en terre d’Israël est une mitsva si importante pour le peuple juif que nous assouplissons une interdiction du Shabbat afin de faciliter l’accomplissement de ce commandement.
Le guémara (Baba Kama 80b) enseigne :
"Lorsqu’une personne achète une maison en terre d’Israël, on peut rédiger l’acte de vente même le Shabbat. Peut-on réellement le rédiger pendant Shabbat?
Non, mais on peut demander à un non-juif de le rédiger. Et même si le fait de demander à un non-juif d’accomplir un travail interdit le Shabbat est en soi une interdiction rabbinique, les rabbins n’ont pas appliqué ces décrets lorsque l’établissement en terre d’Israël était en jeu."
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-> Puisque la terre d'Israël est une terre qu'Hachem a donnée à chaque juif, la présence d’un seul juif sur cette terre revêt une puissance extraordinaire.
Le 'Hatam Sofer (sur Ora'h 'Haïm 203) statue que même si Hillel et ses collègues ont sanctifié tous les mois et toutes les années jusqu’à la venue du machia'h (en y fixant les dates de Roch 'Hodech, et donc des fêtes juives), le calendrier ne s’applique que si au moins un juif vit en Israël.
Si un seul juif vit en Israël, alors Hillel a calculé et sanctifié les mois et les années pour ce seul juif, et la sainteté rayonne de là vers tout Israël.
Cependant, si la présence juive en terre d’Israël venait à cesser d’exister de nos jours (à D. ne plaise), cette sanctification deviendrait nulle et non avenue, et la plupart des mitsvot disparaîtraient.