"Et Miriam mourut, ... et il n’y avait plus d’eau pour la communauté (le puit de Miriam s'étant tari)" ('Houkat 20,1-2)
-> Le Zéra Shimshon aborde le décès de Miriam.
Les versets semblent indiquer clairement que Miriam est d’abord décédée, et que ce n’est qu’ensuite que les juifs se sont plaints pour obtenir de l’eau. Cela semble logique, puisque le puits qui approvisionnait le peuple d’Israël en eau dans le désert existait grâce au mérite de Miriam.
Il s’ensuit donc que, lorsqu’elle est décédée, le puits s’est asséché et que les plaintes ont commencé.
Cependant, le Yalkout (Shimoni 764) indique que lorsque Moché frappa le rocher pour en faire jaillir l’eau au lieu de lui parler comme Hachem le lui avait ordonné, Hachem dit à Moché ('Houkat 20,12) qu’il ne serait pas celui qui ferait entrer le peuple juif en terre d'Israël.
Le Yalkout souligne que le verset est formulé au pluriel, ce qui implique qu’à cause de cet incident, de nombreuses personnes n’entreraient pas en terre d'Israël.
Le Yalkout explique que cela fait référence à Moché, Aharon et Miriam.
Il semblerait donc qu’en raison de l’incident du coup porté au rocher (Mé Mériva), même Miriam ait été privée du droit d’entrer en terre d'Israël.
Le problème est que toute cette histoire s’est déroulée après le décès de Miriam. Cela n’a donc pas pu se produire de son vivant, puisque l’eau a coulé grâce à son mérite et ne s’est arrêtée qu’à sa mort?
Le Zéra Shimshon explique que 30 jours avant la mort d’une personne, son âme commence à monter au ciel.
[le Zohar (Vayé'hi 217b) nous apprend que lorsque le jour de la mort d’un individu approche, il est annoncé au monde, 30 jours à l’avance, que son heure est venue de quitter ce monde. Si cette personne est un tsadik, l’annonce est faite 30 jours à l’avance parmi les tsadikim du Gan Eden. Pendant les 30 jours qui précèdent la mort d’une personne, sa néchama le quitte chaque nuit et va voir la place qui lui est réservée dans l’au-delà.
De même, selon le Rabbi Yé'hiel Mi'hal Tukachinsky (Guécher ha'Haïm 2,26), la force vitale, ainsi que l'âme, quittent le corps en sept étapes. En relation avec nous dvar Torah, voici les 3 premières :
1°/ Trente jours avant la mort, l'âme commence un départ partiel du corps ;
2°/ Dans les dernières heures, l'image [spirituelle] [qui accompagne l'homme depuis sa naissance] se retire de lui ;
3°/ La force vitale s'éteint [c'est-à-dire au moment de la mort] et l'esprit retourne à Hachem ... et c'est ce jour-là que le deuil est le plus intense.]
C’est ce que l’on constate même chez Moché. Juste avant son décès, il a déclaré qu’il n’était plus en mesure de discuter correctement de la Torah (voir Vayélé'h 31,2 et Sotah 13b).
Selon le Zéra Shimshon, cela s’explique par le fait que son âme avait déjà commencé à monter lentement vers le ciel et que son influence dans ce monde diminuait de plus en plus.
La même chose s’est produite avec Miriam. Bien que les eaux aient continué à couler tant que Miriam était en vie, leur débit a néanmoins commencé à ralentir considérablement à mesure qu’elle approchait de son décès. À sa mort, elles cessèrent complètement de couler.
Ainsi, les plaintes concernant l’eau commencèrent avant même le décès de Miriam. [comme si notre robinet d'eau coulait presque plus, et qu'on est en plein désert!]
(d’autres commentaires concluent également que telle fut bien la chronologie des événements, mais cette explication est propre au Zéra Shimshon)
Ces plaintes débutèrent lorsque le débit de l’eau commença à ralentir, à mesure que l’âme de Miriam s’élevait lentement et que son influence dans ce monde s’amenuisait.
Le Zéra Shimshon explique ensuite :
Le fait que l’eau ait commencé à s’écouler de plus en plus lentement (puisque dans les 30 jours de la mort de Miriam) et que les juifs se soient mis à s’en plaindre constituait en réalité une épreuve pour Moché. S’il n’avait pas frappé le rocher, il aurait réussi l’épreuve, Miriam aurait bénéficié d’un sursis et ils auraient tous pu entrer en terre d'Israël. [le compte à rebours des 30 jours avant son décès aurait été annulé, Hachem lui accordant un supplément de temps de vie. ]
Mais comme il a frappé le rocher, Miriam est décédée et n’est pas entrée en terre d'Israël.
Cela explique pourquoi le Yalkout peut affirmer qu’en raison de Mé Mériva, Miriam n’est pas entrée en terre d'Israël.