-> Beaucoup pensent, à tort, que la maladie ne concerne que le corps physique et que, lorsqu’il manque quelque chose à l’âme, celle-ci n’est pas "malade", mais souffre simplement d’une carence spirituelle.
Ainsi, ils déploient des efforts considérables pour consulter des médecins en cas d’affection physique, mais ne font rien de tel face à un problème d’ordre spirituel.
Or, c’est précisément l’inverse qui est vrai, car les membres du corps ne sont, en réalité, que le "vêtement" de l’âme. Si soigner ce "vêtement" exige tant d’efforts, à plus forte raison convient-il de rechercher des médecins pour l’âme, qui constitue l’essence même de l’individu.
La plupart des gens n'aime que leur corps, pas leur âme (la négligeant).
Ils sont incapables de percevoir les joies de l’âme ; mais en revanche, lorsque leur corps souffre, ils le ressentent intensément, tant ils y sont attachés.
De même, solliciter un sage pour qu’il prie en sa faveur est une démarche qui demande de grands efforts, des efforts que l’on consent volontiers par amour pour son propre corps.
En résumé : si chacun perçoit la moindre altération de sa santé physique comme un grand malheur, il n’en va pas de même pour son âme ...
Pour le juste (tsadik), c’est tout le contraire : il n’accorde pas d’importance excessive à son corps, préférant privilégier son âme, qui est d’une nature bien plus précieuse. Si, à D. ne plaise, une épreuve le frappe, il en cherche la cause dans ses propres fautes, se disant : "Tout ce que fait Hachem, Il le fait, sans aucun doute, pour le bien" (Béra'hot 60b).
Il accueille alors la souffrance physique avec joie, conscient que, puisque "vous êtes les enfants [d'Hachem, votre D.]" (Dévarim 14,1), un père sait toujours mieux que son enfant ce qui est bon pour lui. S’il est délivré de la détresse, il éprouvera un grand bonheur, contrairement à la personne moins raffinée que nous avons évoquée précédemment, car le juste entretient une relation étroite avec le Père tout-puissant et miséricordieux, et a trouvé grâce à Ses yeux.
[rabbi Sim'ha Zissel Zev - 'Hokhma ouMoussar 1,112]