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Le Tachli’h

+ Le Tachli'h :

Nous avons la coutume à Roch Hachana d'aller à un point d'eau afin de réciter : "Tu plongeras dans les profondeurs de la mer toutes leurs fautes " (Mikha 7,19 - vétachli'h bimétsoulot yam kol 'hatotam).
Pourquoi cela?

-> Le midrach rabba rapporte que tout au long de la route que suivirent Avraham et son fils Its'hak pour aller au mont Moria, le Satan tenta de les empêcher d'arriver par différents moyens.
Il fit surgir sur leur chemin un fleuve profond pour les décourager et les faire revenir en arrière, mais ces derniers y pénétrèrent jusqu'à hauteur de leurs bouches, puis Avraham s'exclama : "Iguiou Maïm ad Nafech", ce qui signifie que nous avons fait la volonté de D. jusqu'au bout de nos forces.
C'est alors que D. réprimanda le Satan et immédiatement le fleuve s'assécha.
[michna Broura 583,8]

[Le Maharil dit nous récitons le Tachli'h à côté d'une rivière ou d'un lac dans l'espoir que le mérite d'Avraham entrant avec enthousiasme dans le fleuve va se tenir en notre faveur dans le jugement.]

-> Selon le Zohar, une rivière profonde symbolise la "bina" (compréhension), la capacité de sonder les profondeurs de la connaissance, d'étendre, de développer et de tirer des conclusions.
Le Zohar enseigne : "Il y a des eaux qui produisent des hommes sages et il y a des eux qui produisent des sots".
La compréhension est un don précieux de D., mais nous savons tqu'elle peut être mal utilisée et corrompue pour conférer légitimité et popularité aux égarements jusque dans leurs excès.
La grandeur d'Avraham tenait tout entière en sa compréhension de la vérité ; sans qui, il aurait pu déchoir de sa grandeur spirituelle.
On comprend pourquoi le Satan se lance dans cette dernière tentative avec Avraham pour le faire reculer.
[le tachli'h symbolise cette nécessité de toujours rechercher et être fidèle à la vérité au sens de la Torah (et non pas ce que nous croyons/voulons avoir comme vérité)]

La rivière symbolise le niveau le plus profond de compréhension, l'inexorable intelligence qui proteste à chaque pas fait par Avraham, disant : "Its'hak est ton seul héritier! Tu l'as attendu toute ta vie! D. te l'a donné, à toi et à Sarah, par des miracles! D. t'a promis une postérité grâce à lui. Comment peux-tu, toi qui prêches contre le sacrifice humain assassiner ton propre fils? Comment un vieux pères peut-il tuer son fils unique de ses propres mains? Comment peux-tu obéir et même croire en un D. qui te demande cela?"

Ces questions constituent une "rivière" infiniment plus tumultueuse que toutes que toutes celles qui se trouvent sur terre.
La réponse d'Avraham se situe à un degré de compréhension plus élevé que celui du Satan.
Il implore D. de lui venir en aide : "Les eaux de la compréhension montent jusqu'à mon cou. Elles menacent de noyer mon intelligence humaine limitée. Cependant, je sais que : "le commencement de la sagesse est la crainte de Hachem" (réchit 'hokhma yir'at Hachem - Téhilim 111,10) ; la source de la sagesse n'est ni ce que mon esprit mortel conçoit, ni dans la logique absolument irrésistible du Satan (yétser ara). Je ne peux ni réfuter ses arguments, ni traverser sa rivière, parce que mon humanité me limite. Mais Toi Hachem, Tu es mon guide, et quand tout m'abandonne, je substitue Ta volonté à ma sagesse."

Avraham a en tête les infinies possibilités de sa postérité, il sait que son seul acte devra être l'équivalent spirituel de milliards de bonnes actions qui ne seront jamais accomplies.
Le but de l'existence d'Israël est de rendre manifeste la majesté de D. comme Roi.
Avraham dominant le Satan et ses propres sentiments humains, spirituels et paternels, ils démontrent que le seul facteur déterminant est la volonté du Roi [Hachem].

La rivière disparut. En s'immergeant dans la rivière qui produisait des insensés, Avraham transforma l'événement en une rivière qui produisit, en son être et dans son descendant, une perception accrue de la mission d'Israël, car expérimenter la vérité est bien plus enrichissant que de philosopher à son sujet.

Lors du Tachli'h, en se présentant à un cours d'eau, on exprime : "Comme Tu sauvas Avraham, sauve-nous, Hachem, des eaux qui menacent de noyer notre foi, parce que comme notre père, nous plaçons notre foi en Toi au-dessus de tout."
[la rivière profonde symbolise la compréhension, qui pour un juif se doit d'être Divine, et non simplement humaine]
[rav Nathan Scherman]

-> La soumission d'Avraham créa le modèle de courage, de sacrifice de soi qui depuis lors caractérise le peuple juif.
Non seulement parce qu'il influe sur le comportement juif, mais parce qu'il reste la source du mérite pour chaque juif qui conserve, en son cœur, une braise de la Akéda.
[Sfat Emet]

-> Selon certains de nos Sages, le mérite des Patriarches ne dure qu'aussi longtemps que leurs descendants suivent leur exemple et obéissent à la volonté de D.
Quand Israël délaisse les voies d'Hachem, Il l'abandonne et "oublie" les mérites de ses ancêtres.
[le tachli'h met en avant que de même que la rivière à une source, nos actions doivent prendre racine à notre source : nos Patriarches.]

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-> "A la vision de la profondeur de la mer ... on commence à contempler la grandeur du Créateur.
C'est pourquoi nous allons à un plan d'eau à Roch Hachana, qui est le jour du Jugement, afin que tout le monde puisse prendre à cœur que Hachem est le Créateur et le Roi de l'univers.

Lorsqu'une personne en vient à reconnaître l'existence de Hachem et le fait qu'Il a créé le monde à partir de rien, elle en arrive à regretter ses fautes, et par cela ses fautes lui seront pardonnées."
[le Rama - Torat haOla 3,56]

-> "[Les juifs] puisèrent de l'eau, qu'on répandit devant Hachem" (Chmouël I 7,6).
Le Targoum Yonathan traduit cela par : "Ils ont déversé leur cœur dans la téchouva, comme de l'eau, devant Hachem".

Rachi explique qu'ils ont versé l'eau en signe d'humilité, montrant qu'ils étaient comme de l'eau que l'on verse devant Hachem.
Le Beit Méïr (Ora'h 'Haïm 583) dit qu'en se rendant proche d'un plan d'eau à Roch Hachana, nous démontrons notre état d'esprit de téchouva, qui est comparé à l'eau qui coule.

-> "Souviens-toi des fautes comme l'eau qui s'est écoulée (rapidement et sans laisser de trace de son passage)" (Iyov 11,16)
Le Radak explique que le symbolisme de l'eau s'écoulant, fait allusion au pardon de nos fautes.

-> Rabbi David Hoffman explique que l'on accomplit le Tachli'h près de l'eau, en se basant sur la Mekhilta (Bo 12,1) rapportant que la présence divine n'apparaît aux prophètes en dehors d'Israël que lorsqu'ils sont proches d'un point d'eau, puisque l'eau est un élément de pureté rituelle.

Le Baak haTourim (Béréchit 16,7) écrit également qu'une prière est plus efficace lorsqu'elle est faite proche de l'eau.

-> Les rois d'Israël étaient oints proche d'une source d'eau mouvante, comme signe que leur règne devra également couler sans gêne (guémara Horayot 12a).

Puisqu'à Roch Hachana, nous acceptons de nouveau le règne de Hachem, c'est une forme de cérémonie d'investiture, qui doit se faire près d'un courant d'eau.
[Otzer haTéfilot - Tachlikh ]

-> Le rav Avraham Tirna écrit qu'il serait préférable qu'il y ait des poissons dans ce fleuve et qu'on puisse les voir, ceci étant un bon signe pour nous préserver du mauvais œil (aïn ara) durant toute l'année à venir, comme ces poissons qui sont protégés des regards.
[le Darké Moché (583,3) écrit que le poisson vit calmement, d'une façon non visible par l'homme, il n'est pas affecté par le mauvais œil (puisque caché).]
Le poisson est aussi un symbole de multiplication.

Le rav Nathan Scherman rapporte que le poisson, recouvert par les eaux et à l'abri de la jalousie, fait allusion à Israël qui a été gratifié de la protection Divine.

Le Levouch (596) écrit que les poissons sont en permanence en danger d'être capturés par un filet de pêche, et cela nous renvoie à l'idée que l'ange de la mort peut à tout moment nous capturer.
Cette pensée de notre mortalité, du caractère éphémère de notre vie, doit nous pousser à faire téchouva.

Le Chla haKadoch (Roch Hachana) enseigne que les yeux du poisson sont toujours ouverts. De même, nous prions pour que Hachem garde et protège les juifs avec des yeux ouverts et plein de miséricorde durant toute l'année.
["Les yeux de Hachem sont ouverts sur ses adorateurs, sur ceux qui ont foi en sa bonté" (Téhilim 33,18)]

Le Ohalé Yaakov écrit que la récitation de la prière de Tachli'h est un signe de bon augure : de même que les eaux s'écoulent continuellement, la miséricorde Divine se répandra sur nous et nous accordera une bonne année, en vertu du verset : "Je ferai affluer dans ses murs la paix comme un fleuve" (Yéchayahou 66,12)

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-> N'aurait-il pas été préférable de brûler ou bien d'enterrer nos fautes, afin qu'elles soient totalement détruites? Pourquoi les jetons-nous dans la mer, où elles continuent à exister?

Le Divré Yoel (29) répond :
La guémara (Avoda Zara 39a) dit : "Tout animal sur la terre a un équivalent dans la mer. Un animal impur sur terre a un équivalent dans la mer qui est pur, et inversement."

De toute évidence, la mer a le pouvoir de laver l'impur et de le purifier.
Nous jetons nos fautes dans la mer, qui y sont transformées en mérites et en mitsvot.
C'est ainsi que nous disons dans la prière de Tachli'h : "Tu plongeras dans les profondeurs de la mer toutes leurs fautes" (Mikha 7,19), et ce afin que nos fautes soient transformées en mérites lorsque nous ferons téchouva par amour pour Hachem.

[En effet, la guémara (Yoma 86b) nous enseigne que lorsqu’une personne fait téchouva par amour pour Hachem, ses fautes ne sont pas seulement effacées, mais elles sont transformées en mérites.]

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-> Un des signes pour reconnaître un poisson vivant d'un poisson mort est de voir s'il nage dans le sens ou à contre-courant. S'il nage dans le sens du courant, c'est un poisson mort.

[en jetant nos péchés dans un cours d'eau, on se débarrasse du mauvais de notre passé, mais également on apprend des poissons à aller à contre courant de notre naturalité animale, de la façon de pensée et d'agir du monde en général, ...
Nous devons être fier d'être juif et sauter de joie à contre courant vers notre papa Hachem. ]

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-> b'h, Voir aussi : https://todahm.com/2017/09/27/tachlih

Roch Hachana est le jour : "où l'on prend son envol et où l'on se réfugie en Hachem".

[Rambam - commentaire michna Roch Hachana 32b]

-> Rabbi Chimchon Pinkous enseigne qu'il y a 2 moyens de mériter un bon jugement à Roch Hachana :

- le 1er : en faisant téchouva et en nous améliorant ;

- le 2e : en s'enlaçant avec Hachem, ce qui peut être accompli en désirant de tout cœur qu'Il soit notre Roi.

C'est ainsi que David haMélékh déclare : "A part Toi, je ne désire rien sur terre" (Téhilim 73,25 - véimé'ha lo 'hafatseti baaréts).

"A Roch Hachana, nous sommes jugés en tant que fils ou en tant que serviteurs.

Hachem examine nos actions pour déterminer si nous L'avions servi comme des fils, avec joie, ou comme des serviteurs, dans un esprit de contrainte."

[le Nétivot Shalom]

=> Grâce à notre joie de faire Sa volonté, nous méritons d'être traités avec largesses comme le fait un père avec son enfant bien-aimé.
Dans le cas contraire, nous sommes traités comme un serviteur, qui reçoit au centime près en fonction de son travail effectué.

Etre joyeux quelques soient les perturbations de la vie, c'est notre façon d'exprimer dans la réalité : "c'est mon papa Hachem le pilote qui est au commande de chaque détail de ma vie, j'ai totalement confiance en Lui, car c'est le plus fort, c'est le meilleur!"

Rabbi Yéhochoua ben Lévi déclare : "Celui qui revoit son ami après 12 mois de séparation prononce la formule : Béni ... qui ressuscite les morts" (guémara Béra'hot 58b).

=> Pourquoi les Sages ont-ils institué de prononcer une telle bénédiction? Quel est le rapport avec la résurrection des morts?

-> Le Maharcha répond : chaque année à Roch Hachana, Hachem décide si l'homme va continuer à vivre ou non. Et donc, si quelqu'un est resté 12 mois sans voir son ami, Roch Hachana a forcément eu lieu entre-temps. Or, il constate que son ami est toujours vivant.
Cela est bien la preuve qu'il a été épargné de la sentence de mort à Roch Hachana, et c'est pourquoi il doit réciter la bénédiction sur la résurrection des morts, dès qu'il l'aperçoit.

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-> Cet enseignement nous montre qu'en réalité nous ne vivons pas pleinement Roch Hachana. On se dit : ça va je suis encore jeune, ça va je suis en bonne santé, ça va j'ai un métier sûr avec un salaire mensuel, ça va j'ai un appartement/maison, ça va encore une Roch Hachana par habitude, ça va...
Donc au final, on ne vit pas Roch Hachana comme si notre vie était en jeu, comme si chacun des actifs que nous avons (ressources, capacités, santé, famille, spiritualité, ...), absolument tout va dépendre du jugement du Roi des rois.
Ainsi, nous devons utiliser notre pouvoir d'imagination, pour que cela débouche à un déversement de notre cœur à papa Hachem. A l'aide, je n'ai rien et ne suis rien sans Toi!

En ce sens, le rav Israël Salanter disait : je ne comprends pas comment les gens peuvent se promener une semaine avant Roch Hachana en étant calmes et sereins, en continuant à se comporter comme auparavant. Il y a pourtant la crainte que dans encore quelques jours, Hachem décrète, que l'on nous en préserve, que leur rôle dans ce monde s'arrêtera et qu'll les prendra d'ici ...

"Quand il y a un jugement en bas, il n'y a pas de jugement en haut. Et quand il n'y a pas de jugement en bas, il y a un jugement en haut" (midrach Dévarim rabba 5,4)

Si l'homme s'inculpe lui-même (en faisant téchouva), il devient alors son propre juge, et en agissant ainsi, il fait disparaître la nécessité d'être jugé par le Ciel. Puisqu'il s'est lui-même incriminé, Hachem le dispense de tout dédommagement, car il a procédé à son propre procès.

L'homme dispose d'un moyen efficace pour être épargné du Jugement Céleste, ressortir indemne, et être préservé de graves punitions. Il lui suffit d'être convaincu que sa sentence est parfaitement justifiée et de reconnaître sa culpabilité.
Et telle est la grandeur de la justification du jugement. Car grâce au fait que l'homme reconnaisse pleinement la véracité du jugement, prenne conscience de sa petitesse et avoue ses fautes, il écarte de lui toutes les sanctions qu'il était censé recevoir en raison de ses péchés.

La guémara (Baba Kama 64b) se base sur le verset (Michpatim 22,8) : "Celui que le tribunal condamnera paiera le double à son prochain", pour déduire l'enseignement suivant : en général, c'est toujours le Tribunal Rabbinique qui condamne l'homme. Mais si l'homme "se condamne lui-même", en reconnaissant que le jugement est justifié et qu'il est coupable, il devient alors son propre juge.
Et grâce à cela, il sera exempté des remboursements, puisque c'est lui-même qui a fixé son propre jugement.

Le Shofar – L’arme de défense massive

+ Le Shofar - L'arme de défense massive :

-> "Hachem déclare à Israël : 'De même que, dans le Shofar, le son entre d'un côté et ressort de l'autre, ainsi Je me lèverai du trône de justice pour m'asseoir sur celui de miséricorde en changeant l'attribut de rigueur en attribut de miséricorde'
[...]
L'homme souffle d'un côté et le Shofar émet un son de l'autre, de même, tous les accusateurs vous incriminent devant Moi, et Je les écoute d'un côté et les fais sortir de l'autre"
[midrach Téhilim 81]

-> "Grâce au Shofar, car sa voix s'élève dans les cieux et éveille le Shofar d'en-haut, ce qui stimule l'attribut de miséricorde.
Hachem quitte alors son siège de justice, s'assoit sur celui de la clémence et prend Son peuple en pitié.
Alors l'accusateur ne sait que faire, Israël se repent et le Satan ne peut plus rien devant le trône de miséricorde"
[Hachmatot haZohar - Béréchit - p.254]

-> "Lorsque le peuple juif sonne du Shofar, Hachem se lève du Trône de justice et prend place sur le Trône de miséricorde.
Hachem est alors rempli de miséricorde, et Il inverse l'Attribut de justice en miséricorde."
[Yalkout Chimoni Téhilim 47]

-> "Heureux le peuple connaissant la téroua [du Shofar]" (Téhilim 89,16)
Rabbi Yéchaya fait remarquer que les autres nations savent également souffler pour produire une sonnerie.
Cependant : "Heureux est le peuple qui sait comment apaiser Son Créateur par la sonnerie du Shofar".
[midrach Yalkout Chimoni - Vayikra 645]

-> Les Tossafot (guémara Arakhin 10b) écrivent que les anges disent un cantique à Roch Hachana et Yom Kippour, parce qu'En-Haut ils voient D. se lever du trône de justice et prendre place sur le trône de pitié.

-> "Les sonneries du Shofar apportent les prières du peuple juif dans le Saint des Saints devant la présence divine, et entraîne Hachem à se rappeler de nous avec miséricorde."
[le Ritva - guémara Roch Hachana 26a]

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-> Dans la guémara (Baba Batra 16a), il est expliqué que le Satan travaille en 3 étapes : au début, il descend dans le monde et séduit l'homme jusqu'à provoquer la faute, puis il remonte au Ciel pour l'accuser, et enfin il redescend pour punir ou tuer le fauteur.

Le Rokéa'h explique que c'est pourquoi nous sonnons 3 Téroua, afin de contrer ses 3 initiatives, et c'est alors que D. se souvient des 3 Patriarches, qui par leurs mérites, annulent les accusations du Satan.

Il est à noter que le mot Téroua se traduit par un pleur, un sanglot, faisant allusion au fait que nous devrions pleurer sur nos fautes.
Le Eliyahou rabba (591,1) dit que c'est en souvenir de notre matriarche Sarah qui pleura lors du sacrifice d'Its'hak.
Le Yalkout Chimoni dit en effet que Sarah a versé 100 larmes sur son fils, à l'occasion de la Akéda.
Or, la coutume est de sonner 100 fois le Shofar (3 fois 30 + 1 fois 10), à Roch Hachana.
Ceci amène de la miséricorde sur le peuple juif.

-> "Ce sera pour vous le jour du son du Shofar (yom téroua)" (Bamidbar 29,1)
Le Shofar est un élément si important que la Torah va dénommer Roch Hachana par le Shofar.

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-> "Si, par nos sonneries, nous ne cherchons qu'à accomplir la volonté de notre Créateur, les jugements sévères seront adoucis et se transformeront en bonté et en pitié.
C'est le sens de la guémara (Roch Hachana 16a) : 'Pourquoi sonne-t-on à Roch Hachana? Le Miséricordieux a dit de sonner!' "
[Maor vaChéméch]

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-> Les Tossafot (Roch Hachana 33b) rapportent que nous sonnons 100 sonneries du Shofar à Roch Hachana en rapport avec les 100 larmes que la mère de Sisra (un général philistin qui a massacré un grand nombre de juifs), a versé pour son fils, lorsque celui-ci a tardé à revenir de la bataille où il avait été tué par Yaël.
["Par la fenêtre, la mère de Sisra a regardé et elle a pleuré du fait que son fils tardait à revenir de la guerre" - Shoftim 5-28]

En effet, le Targoum (Bamidbar 29,1) traduit "Téroua" par : yévava (sorte de pleur, de plainte).

Mais quel est le lien entre 2 événements?

->Le rav Moché Mordé'haï Epstein dit que Sisra avait une grande et puissante armée (900 chars de fer) et malgré tout sa mère a craint que son fils ne soit tombé à la guerre.
Combien à plus forte raison, devrions-nous également ressentir à Roch Hachana de la crainte et de l'appréhension face à notre jugement.
Certes nous avons des mérites, certes nous avons un papa Hachem infiniment patient et miséricordieux, mais néanmoins comment se défendre face à une armée d'anges accusateurs créés par nos nombreuses fautes?
Les 100 sonneries du Shofar doivent donc être associées à une véritable téchouva pour nous aider b'h à gagner cette guerre que nous livrent les forces du mal.

-> Rabbi Shabsi Youdélévitz enseigne que si Hachem a envoyé un ange pour comptabiliser les larmes d'une personne aussi détestable, nous pouvons apprendre de là que même les larmes du plus grand racha sont importantes aux yeux de Hachem.
[à plus forte raison pour nous! Ceci est un énorme 'hizouk, une grande consolation que de savoir que nous ne sommes jamais seul, que nous pourrons toujours compter sur le soutien et la présence bienveillante de notre papa, le Roi des Rois. ]

Demander la fin de l’exil dans les Séli’hot

+ Demander la fin de l'exil dans les Séli'hot :

-> Pourquoi une si grande partie des Séli'hot n'a-t-elle rien à voir avec le fait de demander pardon à Hachem? Au contraire, elles décrivent notre exil difficile et toutes les souffrances que nous avons endurées. Qu'est-ce que tout cela a à voir avec les Séli'hot, avec une demande de pardon (pour nos fautes)?

Être en exil signifie que nous avons été éloignés d'Hachem.
Cela signifie que nous ne voyons pas notre Père. C'est Lui qui nous a placés au milieu de toute cette souffrance, comme un père qui a besoin de donner une petite gifle à son enfant. Lorsqu'un père donne une gifle à son enfant, il veut que celui-ci le remarque.
Lorsqu'un enfant pleure son père au lieu de pleurer quelqu'un d'autre, il demande le pardon. C'est ce que nous faisons lorsque nous disons à Hachem à quel point cet exil est amer. Nous retournons vers notre Père. (ex: on T'aime, et c'est si dur d'être loin de Toi, au point que par moment on T'oublie en fautant)
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

Roch Hachana – bonté envers les nations

Le guémara (Béra'hot 7a) affirme que D. est très en colère contre les rois des nations qui, pendant la journée, enlèvent leur couronne et se prosternent devant le soleil. De même, la nuit, D. est très en colère lorsque les rois voient la lune et se prosternent devant elle.

C'est pourquoi Hachem a décrété qu'à [la différence des autres Yom Tov] celui de Roch Hachana aurait lieu lorsque la lune n'est pas visible et que les nations du monde ne se prosterneraient pas devant elle.
Il s'agit là d'une grande manifestation de la compassion d'Hachem. [qui fait en sorte d'éviter d'être en grande colère au moment de juger les non-juifs]
Les actions de D. doivent nous servir de guide pour faire preuve de compassion envers l'ensemble de l'humanité.
[ rav Yonathan Eibshitz - Kéchet Yonathan]

"Hachem se souvient des femmes stériles pour écouter leur prière à Roch Hachana, et Il décrète leur grossesse"

[Rachi - guémara Yébamot 64b]

Roch Hachana est le moment privilégié où D. se souvient des femmes stériles.

Le Imré Noam dit que cela est évoqué dans la coutume de manger une pomme trempée dans le miel :
-> le mot : תפוח (tapoua'h - pomme) a la même valeur numérique que les mots : פרו ורבו (pérou ourvou - fructifiez et multipliez-vous) soit 494 ;
-> et le mot : דבש (dvach - miel) a la même valeur numérique que le mot : אשה (icha - femme), soit 306.
Tremper la pomme dans le miel à Roch Hachana est une ségoula pour permettre à une femme sans enfant d'en avoir.

-> Au sujet du lien entre le miel (dvach) et la femme (icha), nous pouvons développer l'idée suivante.
Nous devons avoir à l'esprit que nous sommes jugés en fonction de notre attitude dans l'intimité de notre foyer.
Ainsi, est-ce qu'un homme fait le plus que parfait en public, et se comporte de façon contraire en secret avec sa femme?
Nous devons être agréable comme l'est une simple pomme à l'extérieur, mais à l'intérieur de notre maison nous devons en plus rajouter du miel, être encore plus exemplaire : avoir toujours le sourire, des mots d'encouragement, de l'écoute, ...
[la femme étant très sensible, toutes nos paroles doivent être entourées de miel!]

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-> Selon la guémara (Roch Hachana 11a), c'est à Roch Hachana que nos Matriarches Sarah (שָׂרָה) et Ra'hel (רָחֵל), ainsi que la prophètesse 'Hanna (חַנָּה) ont été rappelées à Hachem, et il a été décrété qu'elles auraient des enfants (Yits'hak, Yossef et Chmouel).

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-> Le Baal haTanya enseigne que les lettres qui suivent celles de : "akara" (עקרה - une femme stérile) sont : שופר.
Cela implique que le Shofar est propice à ce qu'une personne stérile puisse en venir à avoir des enfants.

Tachli’h

+ "Gardons-nous de critiquer les coutumes adoptées par Israël, car toute action symbolique accomplie ici-bas renforce le même sujet là-haut ...

Au cours du Tachli'h nous avons coutume de secouer les pans de notre veste ...
Notre propos est de secouer les fautes et les pêchés qui adhèrent à nos âmes afin de les envoyer, ainsi que le Satan, au fond des mers célestes.
Parce que ce rite qui est accompli au bord de la mer ou devant un puits évoque la mer des mondes supérieurs, comme l'explique le Arizal"

[Ben Ich 'Haï - Torah Lichma 31]

-> "Tu plongeras dans les profondeurs de la mer toutes leurs fautes" (Mikha 7,19)
Selon le Arizal, nous devons avoir conscience de nous débarrasser de toutes nos fautes, mais également nous devons avoir à l'esprit que le Satan, qui est prêt à nous accuser,  doit être jeter dans les profondeurs de la mer Céleste.
[Ranénou Tsadikim]