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Le mois d’Elloul

+ Le mois d'Elloul :

-> Les jours d'Elloul sont appelés "yémé ratson", jours de faveur Divine.
Le Bné Yissa'har ('Hodech Ellul - maamar 1,9) écrit que pendant cette période, les portes du Ciel
sont grandes ouvertes pour accepter tous nos prières.
Une personne peut alors accomplir par ses prières, en peu de temps, ce qui impliquerait généralement un plus grand effort et prendrait beaucoup plus de temps pendant le reste de l'année.

-> Le Shaar haMélé'h (chaar 1, perek 5) écrit que la guémara (Béra'hot 60a) dit que pendant les 40 premiers jours après la conception, nous pouvons prier pour le sexe du bébé. Il est possible que le bébé soit censé être un garçon et que, grâce à nos prières, il devienne une fille, ou vice versa.
De même, les 40 jours entre Roch 'Hodech Elloul et Yom Kippour marquent le début de la nouvelle année. C'est à ce moment-là que tout se décide. Si, à D. ne plaise, quelque chose de négatif a été décrété, cela peut être changé par la prière.

-> De nombreux tsadikim et guédolim, tels que le rav Its'hak Chaver (Chaar bat Rabim 4,63), nous ont exhortés à "ne pas perdre une seconde de ces jours d'Elloul, car ils peuvent nous élever aux plus hauts niveaux de proximité avec notre Créateur".

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-> Le Alter de Kelm écrit : "Certaines périodes de l'année sont propices à la croissance spirituelle, et le mois d'Elloul en fait partie.
C'est pourquoi, pendant ces jours, nous devrions utiliser cette occasion en or pour renforcer les fondamentaux, ce qui nous apportera le succès dans d'autres domaines de la religion.
Quels sont ces fondements à renforcer?
Intérioriser le fait que tout ce qui arrive dans la vie ne vient que d'Hachem (akol bidé chamayim)."

Le Alter de Kelm écrit plus loin : "Nous devons renforcer la croyance fondamentale que tout ce qu'Hachem fait est le meilleur pour nous, même si cela ne semble pas être le cas."

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=> Dans toutes les situations de la vie, la clé est d'être conscient des opportunités qui nous sont offertes et d'en tirer parti. Le mois d'Elloul est propice à la spiritualité. Tout ce que nous faisons compte davantage. Nos prières sont plus facilement acceptées.
Ce qui peut nécessiter des dizaines de prières pendant le reste de l'année peut être accompli aujourd'hui avec beaucoup moins. Notre étude de la Torah a plus de valeur, nos mitsvot ont plus de valeur.

Hachem veut que nous soyons proches de Lui. Nous devons utiliser l'opportunité qui nous est offerte pendant le glorieux mois d'Eloul et profiter de Sa miséricorde inépuisable.
[...]

Parfois, nous entendons des gens dire : "Je sais que c'est une période si importante de l'année, mais je ne le sens pas! Je n'ai pas envie d'en faire plus. Je ne sens aucune différence dans mes prières. En fait, je me sens moins haut spirituellement parlant".

Nous devons réaliser que ce n'est pas le moment où Hachem nous donne nécessairement des dons spirituels gratuits. Il est tout à fait normal de ne pas ressentir un surplus de spiritualité. Il est même possible d'en ressentir moins. Ce n'est pas ce qui importe. Ce qu'il est important de savoir, c'est que tout ce que nous faisons maintenant a beaucoup plus de valeur. Hachem est si proche de nous. Si nous ressentons de la résistance, cela signifie simplement que l'opportunité est plus grande.
[rav David Ashear]

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-> Le Shabbat précédant un nouveau mois, nous annonçons généralement Roch 'Hodech à la synagogue et prions pour que le mois soit rempli de bénédictions. Pourtant, lors de la paracha Nitsavim, qui est lue le dernier Shabbat de l'année juive et qui est également un Shabbat avant Roch 'Hodech, nous n'annonçons pas le nouveau mois (voir Magen Avraham - Ora'h 'Haïm 417:1).

Le Baal Shem Tov (séfer Kéter Chem Tov) en explique la raison : Ce Shabbath, Hachem Lui-même annonce et bénit le nouveau mois pour nous à travers les mots de la Torah, et c'est cette bénédiction qui nous donne la capacité de bénir les 11 autres mois également.
Où Hachem annonce-t-il et bénit-il Roch 'Hodech (Elloul)?

Le verset : "atém nitsavim ayom" (Nitsavim 29,9) = vous vous tenez aujourd'hui, vous tous, devant Hachem, votre D.
Le mot "ayom" (aujourd'hui) fait référence à Roch Hachana, qui est également Roch 'Hodech Tichri, comme l'indique le Targoum (dans Iyov 1,6).
Hachem dit : "atèm nitsavim" = vous serez en mesure de résister au jugement de Roch Hachana. C'est la plus grande bénédiction.
[rav David Ashear]

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-> L'un des aspects de la avoda du mois d'Elloul consiste à se rappeler qu'Hachem nous aime tellement qu'Il acceptera même la plus petite parcelle de téchouva de notre part.
Nous ne devrions pas nous retenir du repentir parce que nous ne pouvons pas devenir complétement parfaits (le tout ou rien), car Hachem nous dit : "Ouvre-Moi une ouverture de téchouva grande comme le chas d'une aiguille, et Moi [alors] Je te ferai une ouverture telle que des charrues et des bœufs pourront rentrer à l'intérieur" (Midrash Shir HaShirim 5,3-6).

Le midrach s'interroge : Des carrosses remplies de quoi?
Et de répondre : "Pleins d'aide et d'assistance divine et de bénédictions spirituelles sans fin!"

Le Rabbi de Kotsk nous explique au sujet du fait que l’on attend de nous qu’un petit trou de la taille d’une aiguille : "Mais, ce doit être un début approfondi. Il peut être infime en proportion, mais doit pénétrer totalement la personnalité.".
[A l’image de l’aiguille qui fait, certes un tout petit trou en taille, mais qui est très pénétrant en profondeur.]

-> De son côté le rav Yaakov Feitman remarque qu'en Elloul l'essentiel n'est pas de pleurer de douleur sur nos fautes passées, mais plutôt de verser des larmes de joie d'avoir le privilège de servir Hachem.
Même si nous n'étions pas parfaits auparavant, le mois d'Elloul lui-même à la force de nous remettre sur le bon chemin (non seulement à faire de nous de nouvelle créature suite à notre téchouva, mais également plus nous exprimons des ambitions/désirs spirituelles, plus nous pouvons recevoir de ressources et bénédictions pour y parvenir).

-> Le rav 'Hatzkel Lévenstein dit à ses disciples qu'il vivait constamment avec et par la conscience qu'Hachem l'aidait à s'élever au niveau supérieur, et qu'Hachem souriait à ses efforts et le soutenait à chaque étape pour devenir le juif idéal.
[Elloul est un moment où l'on doit mettre des sentiments dans notre avodat Hachem, dans notre relation avec Lui (un Père aimant, qui veut notre bien, qui apprécie le moindre effort que l'on fait pour Sa volonté, ...). ]

-> Le Baal HaTanya enseigne qu'il fut un temps où il était facile de passer de la tristesse à la joie. Mais à son époque, il a compris que ce n'était plus le cas, et il a donc insisté sur l'essentialité d'être dans la joie.
Bien qu'il soit toujours nécessaire d'assigner une période de temps pour s'attrister sur nos fautes, cela devrait également être abordé avec la joie de savoir que nos fautes peuvent être éradiqués et qu'Hachem est désireux d'accepter notre téchouva.
[le mois d'Elloul est une période d'intense téchouva, ce qui implique de sortir les poubelles de ce qui ne sent pas bon en nous. Le risque est d'en sortir déprimé (je suis nul, je ne vaux rien), nous empêchant alors d'avoir de l'eambition spirituelle. D'où l'importance d'avoir un temps très limité pour s'attrister sur nos fautes, pour pleurer sur quelque une demande à Hachem, et ensuite d'être dans la joie, confiant et heureux d'avoir un papa Hachem si énorme, si miséricordieux, si aimant envers nous.
Par notre joie, nous témoignons de notre confiance dans le pouvoir de la téchouva (et non notre inconscience)]

-> Le Bné Yissa'har (maamaré 'Hodech Elloul 1,2) enseigne que pendant le mois d'Elloul, notre téchouva doit se faire dans la joie.
Quelle bonne nouvelle de savoir que quelque soit les bêtises qu'on a pu faire auparavant, le pardon nous attend, Hachem est là les bras grand ouvert (les fautes créant une distanciation/séparation avec Hachem, que le repentir répare).

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-> Le rav Israël Salanter passait tout le mois d'Eloul dans un état de grande crainte.
Quelqu'un lui a même demandé directement : "Rabbi, de quoi avez-vous si peur? Pensez-vous que le mois d'Eloul est un ours?"
Il lui répondit : "Elloul est bien plus effrayant qu'un ours. Le roi David a dit à Shaoul : "Ton serviteur a tué même le lion et l'ours' (I Shmouel 17,36), mais il a néanmoins témoigné à son propre sujet : 'Ma chair a tremblé de peur de Toi et j'ai craint Tes jugements'" (Téhilim 119:120).

-> Le rav Itzélé de Peterbourg ('Hokhmat haMatspoun) avait l'habitude de dire, il y a plus d'un siècle, que pour nous, les préparatifs de Roch Hachana devraient en fait commencer à Roch 'Hodesh Shevat.
Il semblait vouloir dire par là que si, dans le passé, un mois de préparation suffisait, il nous fallait aujourd'hui une demi-année pour nous préparer au jugement. En effet, dans les yéchiva de Novardok, la coutume était qu'à partir de l'été, ils annonçaient : "Cinq mois avant Elloul ... trois mois avant Elloul".
Ainsi, même si nous n'avons pas leur niveau d'exigence, on doit passer notre Elloul en sachant et réalisant les moments précieux qui nous attendent.

-> Le rav Its'hak Ausband souligne que pendant le mois d'Elloul, nous récitons le téhilim : "léDavid Hachem ori" (Téhilim 27), qui nous rappelle à plusieurs reprises que nous n'avons rien à craindre (puisqu'Hachem est là!). Le but est de nous libérer de toutes les autres crainte du monde afin de pouvoir nous concentrer sur la crainte du Ciel, dont nous avons si profondément besoin pendant ces jours cruciaux.
Elloul est donc un répit de nos préoccupations et de nos soucis matériels, afin que nous puissions satisfaire des besoins éternels sans avoir à nous préoccuper de simples inquiétudes matérialistes.

-> Le mois d'Elloul comporte deux éléments distincts. Nous devons faire téchouva et profiter de chaque instant. Mais nous sommes presque dans le palais du Roi, dans lequel nous entrerons à Roch Hachana (rav Nathan Wachtfogel - Léket Rechimot - Roch Hachana).
=> Elloul est une synthèse de 2 approches : la crainte et l'amour d'Hachem, qui nous aide à redécouvrir notre lien avec Hachem.

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-> L'Alter de Kelm (Kitvé Yamim Noraïm) enseigne que la principale avoda du mois d'Elloul consiste à sortir de l'état d'esprit décrit par le prophète (Yéchayahou 29,13-14) : "Ce peuple ... m'a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi".
Il explique qu'il s'agit là du danger de la routine, qui consiste à s'habituer à une situation sans se rendre compte qu'elle peut ou doit changer (durant l'année on suit machinalement son train-train quotidien).
Comme les choses peuvent changer radicalement en un instant, nous devons anticiper l'arrivée imminente d'une nouvelle année et nous revitaliser spirituellement pour repartir de l'avant.

[notre yétser ara ne veut pas qu'on prenne le temps de se poser sur notre vie, de tout remettre à plan, ... pour nous éviter de faire téchouva, d'avoir davantage conscience de ce qui est essentiel (ne pas se perdre dans le futile), reprendre de meilleures habitudes et objectifs de vie, ...
On ne peut pas changer du tout au tout, mais on peut demander pardon et de l'aide à Hachem, et faire de notre mieux pas à pas. ]

Roch Hachana est le premier jour des 10 jours de Téchouva.
La première étape de la téchouva consiste à devenir une nouvelle création. Tout au long de l'année, nous sommes occupés à courir partout, et le jour de Roch Hachana, nous nous arrêtons. C'est le jour où le monde a été créé. Tout est créé à nouveau ; le monde entier est tout neuf.

Une personne peut être méritante à cette occasion et devenir une nouvelle personne.
Il n'y a pas d'autre façon d'aborder Yom Hadin et de mériter un jugement favorable que celle-là : se déconnecter complètement du passé et se transformer en une nouvelle personne.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

"Mais moi, grâce à Ta bonté abondante, j'entrerai dans Ta maison" (vaani bérov 'hassdé'ha avo vété'ha - Téhilim 5,8).

-> Le 'Hida (Pessa'h Einayim) interprète le mot 'hasdé'ha (חַסְדְּךָ) comme "les règles de bonté que Tu nous as enseignées", ce qui signifie que nous pouvons entrer dans nos synagogues pour prier pour une bonne année parce que nous portons le mérite de tout le 'hessed (bonté) que nous avons accompli.

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-> Dans sa vieillesse, le 'Hafetz 'Haïm se plaignait de ne plus pouvoir se déplacer autant qu'avant.
"Si je le pouvais", déclara le tsadik, "j'irais de maison en maison à cette époque de l'année (les jours menant à Roch Hachana) en citant uniquement nos Sages (Shabbath 151a ; voir aussi Chaaré Téchouva 3,36) qui disent : "kol haméra'hem al habériyot méra'hamim alav min hachamayim" (quiconque fait preuve de compassion envers autrui, le Ciel aura également de la compassion pour lui'".
Apparemment, le 'Hafetz 'Haim estimait que faire preuve de bonté envers autrui est le moyen le plus infaillible d'être béni par une bonne nouvelle année.

A Roch Hachana, les trésors célestes sont ouverts. Hachem ouvre les portails de la vie, attribuant la vie à tous les vivants. Telle est la bonté accordée par le Ciel à Roch Hachana.
Au fil des jours de l'année, cette bonté est répartie en fonction de l'état des bénéficiaires. La personne jugée méritante par Hachem reçoit chaque chose particulière dont elle a besoin en temps voulu. Il lui sera accordé ce que son âme demande et ce dont elle a besoin.
Mais à Roch Hachana, la bonté qui vient d'Hachem est encore simple. Elle est encore cachée sur le plan de la "voix" non articulée, non particularisée.

C'est pour cette raison que nous soufflons dans le Shofar à Roch Hachana. La sonnerie du Shofar symbolise la voix avant qu'elle ne soit exprimée par la parole. Nous réveillons la voix céleste pour que la bonté descende. Il s'agit également d'une voix qui n'est pas articulée.
La bonté est diffusée d'en-Haut et descend vers tous les mondes et tous les anges.
Telle est la dynamique sous-jacente de la sonnerie du Shofar.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

Nos Sages (Roch Hachana 26b) enseignent que le shofar doit être plié ou courbé parce que plus nous nous plions et nous soumettons à Roch Hachana (proclamant en nous-même la Royauté d'Hachem), mieux les choses se passeront. [plus nous acceptons pleinement Hachem dans tout notre intériorité, dans tous les aspects de notre vie, plus de bonnes choses en résulteront. ]
Mais qu'est-ce que cela signifie exactement?

Le rav Aharon Leib Steinman analyse tous les Yamim Tovim. À Pessa'h, nous sommes jugés sur les récoltes et nous mangeons donc un produit céréalier, la matsa. À Shavouot, nous sommes jugés sur les arbres fruitiers, et nous apportons donc des bikourim.
À Souccot, nous sommes jugés sur l'eau, et nous agitons donc le loulav, l'esrog, les hadassim et les aravot, qui poussent au bord de l'eau.
Mais à Roch Hachana, nous sommes nous-mêmes jugés, et nous nous offrons donc nous-mêmes à la place d'un sacrifice.
Or, nous ne croyons pas aux sacrifices humains, alors qu'offrons-nous exactement à Hachem? La réponse est que nous offrons notre soumission complète et totale à notre Créateur.
[nous offrons chaque once de notre égo (moi je) à Hachem, le Roi des rois. ]

-> Tous les anges et tous les saintes 'hayot craignent le jour du jugement (yom haDin).
Il en va de même pour l'homme : chacun de ses membres tremble devant le jour du jugement.
Mais si une personne réfléchit, elle se rendra compte qu'elle n'a aucune raison d'avoir peur, car Hachem est un père, et un père juge certainement son fils avec une abondance de bonté, avec toutes sortes de bonté.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

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-> Lorsqu'un père joue avec son petit enfant, il éprouve du plaisir même si son enfant fait quelque chose qui, à un autre moment, le contrarierait.
Par exemple, si l'enfant tire la barbe ou les cheveux de son père, cela le contrarierait normalement, mais pendant qu'il joue avec son fils, le père s'en réjouit.
De même, il est entendu que Roch Hachana, qui est un moment propice où les fautes délibérés/volontaires sont transformés en mérites (par une téchouva par amour), est un moment où Hachem éprouve un grand plaisir.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

Le Ram'hal (Ma'amar ha'Hokhma) explique qu'il y a 2 façons pour Hachem de se comporter avec le monde : Soit il révèle Sa gloire et Sa royauté, soit Il les cache.
Dans l'exil, Hachem garde Sa gloire dissimulée. Cependant, à Roch Hachana, Hachem agit en tant que Roi sur son monde et Sa royauté nous est, d'une certaine manière, révélée.
Nous devons profiter de ce moment et prier pour que Sa royauté soit complètement révélée, pas seulement ce jour-là, mais tout au long de l'année.

Nous voulons atteindre le point de "Car Tu effaceras le royaume du mal de la terre" (ki taavir mem'chélét zadon min haarets).
C'est notre avoda à Roch Hachana. C'est le point principal de Roch Hachana, et tout le reste tourne autour de lui.
Lorsque nous disons les versets de Malkouyot, Zi'hronot et Shofarot, nous essayons d'obtenir l'accomplissement de "Vous effacerez le royaume du mal du pays". Et ensuite, "Toi, Hachem, tu seras le seul Roi" (vétimlo'h ata, Hachem, lévadé'ha).

Au début du mois d'Elloul, Hachem révèle Sa divinité et Sa souveraineté au peuple juif. Il révèle comment Il dirige tous les mondes avec une grande bonté. En réponse, le peuple juif, Sa nation sainte, accepte le joug de sa royauté.
[...]

Le jour de roch 'Hodech Elloul, Hachem révèle à l'âme juive qu'Il dirige le monde ...
[en appréciant ["s'attacher au"] fait que Hachem dirige le monde et qu'Il est donc le centre le plus important de notre attention, nous pouvons nous connecter ["attacher nos cœurs"] à Lui. ]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

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=> En préparation des jours saints de Tichri, nous faisons le nœud qui nous relie/attache nos cœurs à Hachem, au mois d'Elloul.

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-> À partir du mois d'Elloul, la Divinité commence à se contracter pour devenir accessible. Une nouvelle contraction a lieu à Roch Hachana et à Yom Kippour, ce qui permet à Sa bonté d'imprégner tous les mondes.
[...]

Un avis affirme que le monde a été créé en Nissan, tandis qu'un autre soutient qu'il l'a été en Tichri (guémara Roch Hachana 10b).
Le principe sous-jacent est le suivant : Hachem accorde sa générosité en permanence. Il y a cependant des moments où les mondes retournent au "néant", c'est-à-dire que leur énergie vivifiante se lie au "néant" Divin afin que Hachem puisse ensuite se contracter avec chaque personne selon son niveau.
Ceci est analogue à l'intellect d'un étudiant qui s'élève jusqu'à l'intellect de son professeur afin que ce dernier puisse condenser ses conceptions pour enseigner à l'étudiant en fonction de la capacité de compréhension de ce dernier.
[l'idée est que pour recevoir la "lumière directe" d'Hachem au mois de Nissan (miracle et bonté dévoilés), il faut d'abord s'attacher à Lui pendant le mois de Tichri avec notre "lumière réfléchie". ]

[d'après un enseignement du rabbi de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

Roch Hachana & résurrection des morts

+++ Roch Hachana & résurrection des morts :

+ Lien entre Shofar & résurrection des morts :

-> Il est écrit dans le midrach (Otiyot déRabbi Akiva - siman 9) :
Comment Hachem ressuscite-t-Il les morts dans le monde futur?
Il prend un grand Shofar dans Sa main ... Il sonne et le son transperce le monde d'un bout à l'autre.
Lors de la première Tékiya, le monde entier tremble. À la deuxième, la poussière se détache des corps. À la troisième, les os se regroupent. Au bout de la quatrième sonnerie, les membres se distendent. À la cinquième, la peau reprend sa consistance naturelle. À la sixième, les âmes entrent dans leurs corps respectifs et à la septième, ils sont vivants, vêtus et se tenant sur leurs pieds.

Pourquoi se tiennent-ils debout précisément à la septième heure ?
C'est pour faire le pendant de la première résurrection de la création, où l'homme a été créé et son âme a été insufflée, lors de la septième heure.
Il est rapporté dans le Midrach (Pessikta Derav Kahana passage 23) que Adam Harichon a été créé à Roch Hachana. L'idée est venue à Hachem lors de la première heure de la journée. À la deuxième, les anges du service l'ont proclamé Roi. À la troisième, Il a rassemblé de la terre et à la quatrième, Il l'a formé. À la cinquième Il l'a imaginé. À la sixième, il la fait tenir sur ses jambes et à la septième, Il lui a insufflé son âme.

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+ Le bélier de la Akéda et ses 2 cornes - résurrection des morts :

-> Il est rapporté dans le Pirké déRabbi Eliézer (chap.31) que rien du bélier de la Akédat Its'hak n'a été laissé de côté : sa cendre est placée sur l'autel interne, ses nerfs sont au nombre de 10 comme les 10 lyres avec lesquelles jouait David, sa peau ceint les reins d'Eliayhou, ses 2 cornes sont utilisées comme Chofarot.
La corne de gauche a servi sur le mont Sinaï ("le son du Shofar redoublait d'intensité" - Yitro 19,19), et la corne de droite plus grande que celle de gauche sonne au moment de la guéoula et du retour des exilés ("En ce jour, résonnera le grand Shofar" - Yéchayahou 27,13).

=> Comment est-il possible de faire du bélier d'Its'hak, d'une même source, deux Chofarot, un pour le don de la Torah et un pour la guéoula et la résurrection des morts. Ce serait comme obtenir d'un arbre fruitier deux sortes de fruits.

En fait, ces 2 Chofarot s'apparentent à un seul sujet: la résurrection des morts. Même sur le mont Sinaï, Hachem a ressuscité les morts, comme il est ramené par nos Sages (guémara Shabbat 88b) : "A chaque parole qui sortait de la bouche de Hachem, l'âme des Bné Israël sortait".

Étant donné que les deux Chofarot traduisent la même notion de résurrection des morts, on en déduit de là que leur source, le bélier de la Akéda, symbolise lui aussi la résurrection des morts.

C'est ce que nos Sages (Pirké déRabbi Éliézer - chap.31) nous enseignent : Avraham a lié les mains et les pieds d'Itsh'ak sur l'autel ... Il a lancé sa main et a pris le couteau ... les anges du service se sont mis à crier et pleurer ... Lorsque l'épée a touché le cou d'Its'hak, son âme est sortie et s'est envolée. Puis Hachem a fait entendre Sa voix entre les deux Kérouvim (anges), Il s'est exclamé : "Ne porte pas la main sur ce jeune homme" et l'âme d'Its'hak est entrée dans son corps.
Hachem l'a remis sur ses pieds. Its'hak a vécu la résurrection des morts, dont on parle dans la Torah, pour la fin des temps: À cet instant, Its'hak a prononcé la bénédiction : "Sois loué, Hachem, qui ressuscite les morts."

Cette bénédiction de "Mé'hayé Hamétim" a été prononcée par Its'hak quand son âme a regagné son corps. Le bélier, qui a été sacrifié à sa place, est donc le symbole de la résurrection des morts.

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+ Téchouva & résurrection des morts :

-> Nos Sages (midrach Yalkout Chimoni - Téhilim remez 702) nous enseignent : on a demandé à la sagesse quelle est la punition de celui qui faute. Elle a répondu : "Le mal poursuit celui qui faute".
On a demandé à la prophétie. Elle a répondu : "Il doit mourir".
On comprend logiquement que l'homme qui faute ne peut pas revenir en arrière. Hachem, quant à Lui, a répondu : "Qu'il fasse Téchouva et il sera pardonné".

La téchouva est une grande bonté de Hachem. En s'amendant, l'homme est épargné et son sort est scellé pour la vie. C'est une réelle résurrection des morts.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1ere partie - drouch 1) sur la bénédiction de té'hiyat hamétim (résurrection des morts), dans la Amida et sur la mention de la rosée dans cette bénédiction, que lorsque Hachem accepte le repentir de l'homme, Il le ressuscite.
Car le racha est appelé mort de son vivant. Quand il revient vers Hachem, Hachem le ramène à la vie. C'est pourquoi il doit implorer Hachem qu'll lui accorde la vie et qu'll agrée ses prières. Lorsque l'homme faute, son âme se retire et il supplie Hachem de le faire revivre avec une rosée de résurrection.
La rosée, que Hachem fait descendre, ne dépend pas d'un éveil d'en bas.
C'est la raison pour laquelle nous mentionnons la rosée, afin qu'll nous fasse vivre, par l'abondance de sa sainteté. En prononçant la bénédiction de "Mé'hayé Hamétim" (qui fait revivre les morts), nous devons penser à vivre dans ce monde-ci et pour la résurrection des morts.

[le mois d'Elloul et les 10 jours redoutables, sont la période propice et symbole de la téchouva, et en ce sens le Shofar nous illustre qu'à chaque téchouva sont bénéficions d'une résurrection des morts. L'être qui a fait la faute et s'est repenti, il est totalement nouveau, ce n'est plus le même qu'avant. ]

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni - remez 855) sur le verset : "Que cela soit consigné par écrit pour les générations futures, afin que le peuple à naître loue Hachem" (Téhilim 102,19).
Une nouvelle nation doit-elle voir le jour?
Dans ces générations, les individus sont comme morts par leurs actes. Ils viennent et prient Hachem à Roch Hachana et à Yom Kippour. Hachem fait d'eux de nouveaux êtres.

Ainsi, à Roch Hachana et à Yom Kippour, le juif renaît. C'est pourquoi, il y a précisément 40 jours d'agrément et de miséricorde de Roch 'Hodech Elloul jusqu'à Yom Kippour. Ces jours font le pendant des 40 jours de la conception de l'enfant.
[la téchouva est une renaissance. ]

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-> La guémara (Béra'hot 58b) dit : "Celui qui voit un ami après une absence de 12 mois doit prononcer la bénédiction de 'Mé'hayé Hamétim'."
C'est ce que le Choul'han Aroukh (225,1) nous enjoint aussi de faire : "Celui qui voit son ami après 12 mois, doit dire 'Mé'hayé Hamétim' (qui fait revivre les morts), car il l'apprécie et est content de le revoir."

Pourquoi nos Sages nous ont-ils prescrit de dire cette bénédiction en voyant un ami, alors qu'il a toujours été en vie ?
Le Maharcha ('Hidouché Aggadot) nous explique que l'homme est jugé chaque année pour la vie ou la mort. Si l'on voit son ami après Roch Hachana, puis on le retrouve le Roch Hachana suivant, c'est la preuve que Hachem l'a inscrit dans le livre de la vie pour l'année qui est passée.
C'est pourquoi il prononce "Mé'hayé Hamétim", puisqu'il a été épargné de la mort à Roch Hachana.

La guémara (Roch Hachana 32b) nous enseigne : "Les Malakhé Hacharet (anges de service) ont dit devant Hachem : Maître du monde, pourquoi les enfants d'Israël ne chantent-ils pas devant Toi à Roch Hachana et à Yom Kippour?"
Il leur a répondu : "Est-il concevable que le Roi soit assis sur Son Trône de justice, que les livres de la vie et de la mort soient ouverts devant lui et que les Bné Israël chantent?"

Le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,3) écrit que de la même façon que l'on décompte les mérites et les fautes de l'homme au moment de son décès, il en est ainsi chaque année pour tous les êtres humains, le jour de Roch Hachana.
Le jour de Roch Hachana on bascule entre la vie et la mort et Hachem nous ramène à la vie.

A Roch Hachana, plus on ressent qu’on ne possède rien, plus on pourra alors fait régner Hachem en nous

+ A Roch Hachana, plus on ressent qu'on ne possède rien, plus on pourra alors fait régner Hachem en nous :

-> L'essentiel du travail que l'homme doit réaliser à Roch Hachana consiste à faire régner Hachem. Comment procéder?

L'homme naturellement pense que ce qu'il a est à lui, que ce qu'il possède est à son entière disposition. Lorsqu'il parle de ses expériences, c'est "sa vie", "son argent est déposé dans son compte en banque", sa famille, ses enfants lui appartiennent.
[ex: c'est à la force de mes capacités/intelligence que j'ai réussi, que j'ai chaque mois tel salaire, que j'ai telle voiture, ... certes il y a Hachem, mais c'est quand même beaucoup grâce à MOI (mes efforts, mes capacités, ...). On peut même dire extérieurement "barou'h Hachem", mais intérieurement ressentir que c'est "grâce à MOI" ... (ex: on prie en se disant si tu veux Hachem donnes moi ça, mais sinon je peux me débrouiller sans toi!) ]

Le rav de Brisk nous enseigne que l'homme doit se présenter devant Hachem à Roch Hachana, avec la conviction que tout ce qu'il a n'est, en fait, pas à lui.
[ainsi notre préparation à Roch Hachana consiste à reconnaître, à ressentir profondément que tout provient de D., que je ne peux pas vivre une seconde sans Lui, que sans Lui je n'ai pas les forces, la santé, la capacités, ... bref je ne suis et n'ai rien! ]

À Roch Hachana, chacun doit faire régner Hachem sur lui, comme il est dit : "Mets sur toi un roi, pour que tu le craignes". C'est le travail de Roch Hachana!

Le roi "MéLé'h" est "Midilé Let Kloum" (il n'a rien de lui-même). Il faut arriver à Roch Hachana avec la sensation de ne rien posséder. Rien ne va de soi : la vie, le gagne-pain, la santé, les enfants, ... Personne ne peut savoir que ce qu'il a lui restera.

Nos Sages (guémara Roch Hachana 8a) nous disent : "Sonnez le Shofar à la nouvelle lune, au jour fixé pour notre solennité". Quelle est la fête où le mois se cache? (toutes les fêtes se passent vers le 15 du mois, où la lune est à son zénith, à l'exception de Roch Hachana)
C'est Roch Hachana. La lune est cachée à Roch Hachana, car de même qu'elle n'a pas sa propre lumière, ainsi l'homme doit arriver en ce jour solennel, sans aucune possession personnelle.

Il doit supplier (de tout son être) et prier à nouveau pour chaque détail de sa vie. Dans la prière, chacun dit "souviens-Toi de nous pour la vie", en d'autres termes, fais-nous vivre (même cela ne dépend que de Toi, et ce peu importe si je suis encore plutôt jeune, en bonne santé, ...)
Pourquoi demander la vie, nous sommes vivants?

L'homme vit, mais il s'agit de l'année dernière et à Roch Hachana, c'est un nouveau point de départ.
Ce qui s'est passé jusqu'à présent ne donne aucune indication sur l'avenir. Le fait d'être vivant ne signifie pas une garantie pour la suite. Chaque année est jugée séparément et il n'y a pas de continuité d'une année à l'autre. (ce n'est pas encore un nouveau Roch Hachana, mais toute notre vie dépend de ces 2 journées, tout est à zéro et va dépendre de notre reconnaissance de la Royauté d'Hachem sur nous ... )

Sentir que tout est décidé par Hachem est le travail ultime de Roch Hachana. C'est ce qui nous permet de faire régner Hachem sur nous.
[d'après le rav Barou'h Rozenblum]