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L’importance de notre place dans la file d’attente du jugement de Roch Hachana

+++ L'importance de notre place dans la file d'attente du jugement de Roch Hachana :

"Le monde est jugé à 4 reprises. À Pessa'h, Hachem juge les céréales ; à Shavouot, Hachem juge les fruits. Le jour de Roch Hachana, tous les habitants du monde passent devant Hachem comme un troupeau devant un berger (que l’on fait passer un à un pour les recenser.). Et à Souccot, Hachem juge
l'eau (Michna Roch Hachana 1:2).

-> Le rav Its'hak Blazer (dans son Kohvé Ohr), un des 3 disciples les plus proches du rav Israël Salanter, écrit :
cette michna ne nous enseigne pas que nous passons devant Hachem un seul à la fois, mais plutôt que lorsque nous passons devant Hachem en file indienne, c'est notre position dans cette procession qui est cruciale pour le résultat de notre jugement à Roch Hachana, et constitue un élément clé quant au type d'année que nous aurons. Plus on est proche du devant de la file, mieux on se porte.

=> Pourquoi Hachem exige-t-Il que nous passions devant Lui pour être jugés un par un? Hachem ne peut-il pas juger le monde entier simultanément?

La guémara (Roch Hachana 8a) décrit le jugement de Roch Hachana. Hachem commence par juger le peuple juif, puis les autres nations du monde. Et, comme le dit Rav 'Hisda, lorsque Hachem juge les juifs, Il commence par le roi et passe ensuite au tsibour.
La guémara propose 2 explications quant aux raisons pour lesquelles le roi doit être jugé avant la foule. 1°/ La première est que ce n'est pas du dére'h érets (façon de se comporter) que de faire attendre le roi pendant que ses sujets sont jugés.
2°/ La deuxième réponse de la guémara est la clé permettant de comprendre le secret du jugement de Roch Hachana : le roi a le privilège d'être jugé "avant que la colère de D. ne s'enflamme (mikamé féléfouch 'haron af).
Rachi (Roch Hachana 8a) explique qu'à mesure que le jour du jugement (yom haDin - Roch Hachana) progresse, Hachem Se retrouve de plus en plus confronté à une multitude de personnes ayant commis toutes sortes de fautes. Hachem a une patience infinie, si l'on peut dire, au début de la journée, mais à mesure que le temps passe et que de plus en plus de fautes Lui sont présentées en jugement, Hachem Se comporte comme si Sa patience était mise à l'épreuve. Les jugements ultérieurs ne sont plus aussi tolérants ou indulgents.
Si le roi était jugé après le peuple, il serait confronté à un jugement beaucoup plus dur et rigoureux qu'en passant avant lui. Hachem juge donc le roi en premier.

=> Pouvons-nous accepter l'idée que le jugement de Hachem envers une personne est influencé par les fautes des autres? Le jugement de Hachem est absolument objectif ; Il est le "Dayan Emet" suprême (juge de Vérité parfait). Il est totalement et parfaitement juste et peut certainement juger chaque personne sur la base de ses propres mérites. Comment affirmer que Hachem sera influencé négativement et que Sa patience sera mise à l'épreuve à mesure que le jour du jugement avance?

Par conséquent, le rav Blazer déduit de cette guémara que Hachem a établi les procédures de la Cour Céleste de manière analogue à celles des tribunaux mortels. Tout comme dans un tribunal humain, les affaires antérieures ont un impact sur la façon dont un juge décide et condamne les affaires ultérieures, de même, le beit Din chel Maala (Tribunal Céleste) permet à ceux jugés plus tôt le jour de Roch Hachana d'avoir un impact sur le jugement de ceux qui se présentent devant Hachem plus tard dans la journée.
Le jugement de chaque membre du peuple juif, bien qu'effectué individuellement, est en réalité très affecté par les jugements antérieurs des autres juifs.
Le rav Blazer explique que la raison pour laquelle le Tribunal Céleste est conduit de cette manière est de nous aider à mieux appréhender le processus de jugement et de nous permettre ainsi de le concevoir comme s'il était un jugement de chair et de sang.

Selon le rav Blazer, c'est la raison pour laquelle Hachem ne nous juge pas tous simultanément. S'Il nous examinait tous en même temps, avec nos nombreuses fautes collectives, Sa patience serait, pour ainsi dire, rapidement épuisée et nous risquerions chacun de recevoir une condamnation sévère.
En nous jugeant individuellement, Hachem nous offre une chance d'obtenir une sentence plus facile et plus clémente. Pour ceux qui se présentent devant Hachem plus tôt dans la journée, ceux qui sont en première ligne, le Juge fait preuve de patience, car elle n'a pas été mise à rude épreuve.

=> La question primordiale est alors de savoir comment mériter d'être placé en tête de file plutôt qu'en queue?
La guémara nous dit que Hachem place le roi tout en avant de la ligne afin qu'il soit dans une meilleure position pour recevoir un jugement positif, alors comment se rapprocher le plus possible du devant de la file?
Chaque place dans la file est d'une importance cruciale. Comme le dit le verset : "un seul fauteur peut ruiner beaucoup de bien" (Kohélet 9,18). Chaque personne supplémentaire, avec ses fautes, nous précédant dans la file est grandement susceptible d'affecter le résultat lorsque nous sommes jugés. Cela vaudrait la peine de gagner ne serait-ce qu'une seule place dans la file, car cela peut faire toute la différence dans l'issue du jugement final.
En attendant le jugement, notre sort dépend dans une large mesure de la position que nous occupons, alors comment obtenir une meilleure place dans la file du jugement?

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-> A Roch Hachana, il y a 3 méthodes principales de jugement :
1°/ Dans la grande majorité des cas, Hachem utilise une balance pour peser les mitsvot par rapport aux avérot (fautes), et fonde Son jugement sur le côté de la balance le plus lourd. (Rambam - Hilkhot Téchouva 3,3)
2°/ Dans certains cas exceptionnels, Hachem identifie une action spécifique sur laquelle Il va faire reposer le jugement. Grâce à une mitsva ayant trouvé grâce aux yeux de Hachem, un racha sera peut-être épargné, de même qu'une seule faute pourra amener Hachem à juger défavorablement un tsadik. (Ran - Roch Hachana 16b)
3°/ Une personne apparemment totalement indigne peut recevoir la compassion de Hachem, ou vice versa, pour des raison que nous ne pouvons pas comprendre.
Lorsque Moché (Béra'hot 7a) voulut comprendre comment un tsadik peut-il avoir une existence éprouvante, alors que la vie d'un racha est agréable et douce, Hachem lui répondit qu'Il ne révélerait pas ce secret : "Je choisirai de faire grâce et Je serai miséricordieux envers qui Je choisirai de l'être" (Ki Tissa 33,19).

-> A partir de là, il existe 3 manières d'être placé à la tête si importante de la file du jugement.
1°/ La première est de le mériter. Si une personne possède à son actif de nombreux mérites et mitsvot, et que ceux-ci dépassent de loin ses fautes, alors Hachem pourra la faire progresser dans la hiérarchie.
Ainsi, la première façon d'améliorer son placement est d'accumuler davantage de mitsvot que d'avérot (fautes). Cependant, cette suggestion n'est pas très utile en fin de course, car nous ne disposons peut-être pas d'assez de temps pour atteindre cet objectif juste avant Roch Hachana.

2°/ Une deuxième manière de progresser dans la hiérarchie peut s'appliquer même à celui dont les fautes dépassent de loin les mitsvot. En effet si la personne effectue une mitsva unique, un mérite spécial, qui trouve grâce auprès d'Hachem, alors Hachem pourra faire avancer cette personne dans la file. Même si selon son bilan, elle ne le mérite pas, Hachem décidera de l'y déplacer sur la base de cette mitsva précise qu'elle a accomplie.

3°/ Il existe une 3e façon de se placer en tête de file.
Hachem est miséricordieux, et en se fondant sur Sa raison cachée, Il peut décider qu'un certain individu mérite d'être avancé dans la file. Toutefois, d'un point de vue pratique, nous n'avons aucun moyen d'influencer cette décision et de tirer profit de ce procédé.

La méthode la plus utile pour se déplacer vers la tête de file est donc la 2e décrite ci-dessus. Si nous sommes en mesure d'identifier une mitsva qui entre dans la catégorie d'un mérite particulier trouvant vraiment grâce auprès de Hachem, alors peut-être pourrons-nous faire évoluer notre positionnement.
Ainsi, même si nous ne le méritons pas vraiment, nous pourrons améliorer notre jugement en faisant avancer notre place dans la file d'attente.

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-> Roch 'Hodech Elloul marque le début des jours de miséricorde, les yémé ra'hamim, car c'est le jour où Moché Rabbénou monta vers les Cieux pour la 3e fois afin d'obtenir la 2e série de Lou'hot.
Le rav Blazer ajoute que plus une personne craint le jugement, plus Hachem aura de la miséricorde envers elle.
En se préparant tôt, elle démontre une véritable peur du jugement, qui constitue un mérite permettant de susciter la miséricorde Divine. L'objectif de se préparer au jugement est d'éveiller cette peur en soi qui, acquise avec l'introspection et la réflexion, peut aider une personne à recevoir une décision plus avantageuse le jour de Roch Hachana.
[chacun à son niveau, plus on fait des efforts pour ressentir la gravité du jugement, sur la Toute Puissance d'Hachem, qu'Il est notre papa, ... plus on peut prétendre à avancer dans la file d'attente, et être plus méritant pour l'année à venir. ]

"Roch Hachana est un jour de rigueur qui se passe dans la miséricorde, tandis que le jour de Kippour est un jour de miséricorde qui se passe dans la rigueur."
[Ramban - Emor 23,24 ]

-> A ce sujet, le Pné Yéhochoua (guémara Roch Hachana 16b) écrit :
"Le jour de Roch Hachana est un jour d'entière rigueur pour le monde entier, et en ce jour, Hachem siège et juge avec Sa cour, qui sont les princes célestes, comme il est dit : 'J'ai vu Hachem sévaot, assis sur un Trône céleste et toutes les armées du Ciel se tiennent à Sa droite et à Sa gauche' ; c'est-à-dire ceux qui sont à droite pour le mérite, et ceux qui sont à gauche pour accuser.
Et ainsi, il est aussi écrit : 'Est-ce que le Shofar peut retentir dans la ville et le peuple ne pas trembler ?'
Puisque la majorité du monde est 'moyenne' et comme on l'a rappelé, 'que l'homme se considère toujours comme moyen', et par cela vient le tremblement et la tristesse, car Hachem, ne Se comporte pas en ce jour avec l'Attribut de bonté, car les princes à Sa gauche et les Accusateurs empêchent qu'Il se comporte au-delà de l'Attribut de rigueur/miséricorde, et ainsi la vérité peut apparaître le jour de Roch Hachana ...

Le jour de Kippour est différent ; c'est un moment de Volonté divine, un jour de pardon, quand Hachem, accepta la prière de Moché et fixa ce jour comme le jour du repentir et du pardon pour les générations.
Il est par ailleurs écrit qu'en ce jour, le Satan n'a pas le pouvoir d'accuser, et c'est pourquoi en ce jour s'accomplit : 'en ce jour, seul Hachem est sublimé' ; pour cela une bonté particulière est dévoilée en ce jour afin de faire pencher du côté de la bonté ceux qui sont moyens."

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-> Le Sénif Mélouka (9) rapporte les paroles du Pné Yéhochoua et commente cel.
Dans la guémara (Yérouchalmi Péa 1,1), il est enseigné : "Rabbi Elazar dit : il est écrit : 'À Toi, Hachem, la bonté, car Tu récompenses l'homme en fonction de ses actions' (Téhilim 62,13) ; et s'il n'a pas de bonnes actions, Tu lui en donnes des Tiennes."

La guémara (Kiddouchin 40a) enseigne : "Rabbi Assi dit: même si l'homme pense à faire une mitsva, qu'il en est empêché, et ne la fait pas, cela lui est compté comme s'il l'avait faite".

L'homme pense à de nombreuses choses chaque jour : "si je le pouvais, je donnerais de la tsédaka ... Si je le pouvais, j'aiderais les personnes âgées", mais ces pensées ne se concrétisent pas. Il voudrait bien, mais n'en a pas la possibilité.
Hachem regarde sa volonté, et considère qu'il l'a accomplie.

À Roch Hachana et après, le Tribunal d'en Haut juge Israël, mais le jour de Kippour, les juges disparaissent du Tribunal, et Hachem uniquement juge : "Devant l'Éternel vous serez purifiés".

Ainsi, la téchouva parfaite est dans la pensée, et selon le Zohar (Ki Tissa p.44), les anges ne connaissent pas les pensées des hommes.
Même d'après l'avis des Tossefot (Shabbath 12b) que les anges connaissent les pensées humaines, dans tous les cas, ils n'ont évidemment pas la force de juger d'après les pensées, et Seul Hachem, peut les juger.

Ainsi, à Roch Hachana, les anges ne peuvent pas juger les gens moyens qui sont moitié-moitié, car ils ont de nombreuses bonnes pensées qui ne se sont jamais concrétisées à cause d'empêchements, et les anges ne peuvent pas peser la valeur de ces pensées c'est pourquoi ils attendent jusqu'au jour de Kippour, quand Hachem qui sonde les cœurs et connaît les pensées, Lui-même, dans Son Honneur, S'assoit pour juger, Lui qui connaît les pensées peut les associer comme si elles avaient été accomplies.

C'est ce que dit Rabbi Elazar : "et s'il n'a pas de bonnes actions" accomplies, "Tu lui en donnes des Tiennes", c'est-à-dire ces bonnes pensées que Seul Hachem, connaît, sont comme des actes, et ainsi, les personnes qui étaient "moyennes" voient leurs mérites augmenter, et peuvent ainsi sortir acquittées du jugement.

C'est ce qu'écrit le Rambam (Hilkhot Téchouva 2,7) : "Le jour de Kippour le moment de la téchouva pour chaque particulier et chaque groupe, c'est la fin du repentir et du pardon pour Israël", car alors siège Hachem, Seul, et juge l'homme avec l'Attribut de miséricorde d'après ses pensées.

"[Pour tout juif, ] à Roch Hachana c'est passer 2 jours dans le palais du Roi (des rois)"
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot]

=> Roch Hachana, c'est des jours où l'on se connaît mieux, où l'on redécouvre son statut de Royauté (ben chel mélé'h), où l'on se rappelle les gloires du palais où l'on a commencé (notre âme venant de sous le Trône de Gloire Divin) et où l'on appartient (un juif est un représentant d'Hachem sur terre, c'est un enfant adoré de papa Hachem, ...).
[plus on proclame la Royauté d'Hachem, plus on apprend à estimer la part d'Hachem qui est en nous, et plus nous avons alors des ambitions spirituelles élevées. (on prend conscience de la Vérité de ce monde, du fait qu'on est très différent des autres nations, ...) ]

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-> Pendant le mois d'Elloul, nous récitons le téhilim : "léDavid Hachem ori" (Téhilim 27), où le mot Ori (ma lumière) est interprété par nos Sages comme une allusion à Roch Hachana.
Le rav 'Hizkiyahou Mishkovsky dit que cette lumière est destinée à éclairer notre véritable orientation dans la vie. Qui sommes-nous vraiment? Quelle est notre véritable destination : Olam Hazé ou Olam Haba? ...

+ Nos Sages nous disent : on nous dévoile que Yossef sortit à Roch Hachana de prison pour apprendre de là que chaque homme peut sortir de son propre "trou" le jour de Roch Hachana.
Pour un, c'est le trou de la maladie, pour un autre c'est qu'il ne trouve pas à se marier, un autre c'est la pauvreté, chacun avec son propre trou.
Puisque l'ensemble du peuple d'Israël est appelé "Yossef", comme le dit le verset : "Peut-être alors, Hachem prendra-t-Il en pitié les débris de Yossef" (Amos 5,15), chaque juif peut donc sortir de ses souffrances particulières à Roch Hachana, comme cela est arrivé à Yossef.
[rav Barou'h Rozenblum]

Sonner du Shofar à Roch Hachana

+ Sonner du Shofar à Roch Hachana :

-> Le rav Its'hak Hutner dit : à Roch Hachana l'homme fut créé, "c'est le jour du début de Tes Œuvres, en souvenir du premier jour". Le jour de la Création de l'homme, à la 6e heure, Adam Harichon était encore un morceau de matérialité avec des membres sans vie. La 7e heure, Hachem insuffla en lui une âme, qui est une partie de la divinité d'en Haut. "Celui qui a insufflé, de Lui-Même Il a insufflé".

Et qui couronne Hachem, à Roch Hachana? L'âme qui est en l'homme.

C'est ce que l'on dit dans la prière de Roch Hachana : "Il dit : pour tout ce qui a une âme en lui, Hachem, le D. d'Israël règne et Sa Royauté est sur toute la terre". L'âme, la partie divine d'en Haut, est celle qui couronne Hachem à Roch Hachana.

C'est pourquoi la guémara (Roch Hachana 16a) dit : "Qu'ils disent devant Moi à Roch Hachana les Malkhouyot, les Zikhronot et les Chofarot. Des Malkhouyot, pour que vous Me couronniez sur vous, des Zikhronot, pour que Je Me rappelle de vous pour le bien, et grâce à quoi, au Shofar."
Et pourquoi le Shofar?
Le son du Shofar se produit en soufflant de notre bouche dans le Shofar. Donc, en sonnant du Shofar on fait le même acte de "Il insuffla dans sa face un souffle de vie" (Béréchit 1,2) ; nous rendons au Saint, béni soit-Il, la même action qu'll fit pour l'homme au moment de sa Création. C'est le grand secret de la sonnerie du Shofar.

L'âme se réjouit et danse à Roch Hachana, car elle couronne Hachem. C'est un service d'une espèce pour ce qui lui ressemble, car l'âme est une partie de la divinité d'en Haut.

L'âme désire couronner, elle désire la royauté. Le problème est le corps. Le corps ne s'associe pas au couronnement, car si on nomme un roi sur lui, il le limitera et le contraindra. Sans roi, le corps est libre de faire ce qui lui plait, satisfaire toutes ses envies, sans aucune limite. Nommer un roi implique des règles et des lois, et quand il y a des règles, tous doivent les respecter, et celui qui les enfreint sera puni.

Le corps aime la liberté, il n'aime pas être limité.
Et comment peut-on briser le corps pour qu'il fasse la volonté de l'âme? La guémara dit : "un corps dur, la peur le brisera".
[En ce moment de jugement strict pour chaque créature du monde, par le Shofar, ] on créé de la peur et du tremblement pour le corps. Quand le corps craint pour sa vie, il tremble de peur, quand le corps est brisé par les grandes peurs et les tremblements, toutes les envies disparaissent. Dans cet état, le corps est prêt à se soumettre devant l'âme et à recevoir la Royauté d'Hachem, avec joie.
[Roch Hachana est un jour où l'on proclame l'Unicité et la Royauté d'Hachem sur nous-même, qu'on est rempli d'ambitions et de désirs de faire Sa volonté dans l'année à venir. ]
[rav Barou'h Rozenblum]

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-> Rabbi Tsadok Hacohen (Ressissé Laïla - siman 35) écrit :
Le fait de sonner du Shofar pour nous éveiller (de notre sommeil/torpeur spirituelle) comme nous enseigne le Rambam et le fait que notre souvenir monte vers Hachem par le biais du Shofar sont des notions qui se rejoignent.
"Hachem est ton ombre" lorsque l'homme s'éveille de son sommeil et se souvient de Hachem, Hachem alors se souvient de lui. De même qu'il se rappelle d'Hachem, de la façon dont Sa gloire emplit l'univers et qu'il faut Le servir, ainsi Hachem se comportera envers lui.
Nos Sages (guémara Béra'hot 6a) nsou enseigne : "Vous Me rendez unique ... Moi aussi Je ferai de vous une unité à part entière dans le monde".
Ce n'est pas le cas quand, à D. ne plaise, l'individu oublie Hachem. Même s'il n'y a pas d'oubli devant le trône céleste, le souvenir dépend de ce que l'homme se souvient d'Hachem.
C'est une mesure pour une mesure. Celui qui oublie Hachem, Hachem l'oublie.
Le Shofar vient nous mettre en garde sur ce phénomène. Nos Sages (guémara Roch Hachana 16b) nous enseignent que le Shofar perturbe le Satan. Ils nous enseignent aussi (guémara Baba Batra 16a) que le Satan et le yétser ara ne font qu'un. Il puise sa force dans l'imagination. Il empêche l'homme de se réveiller et de penser à la raison pour laquelle il a été créé.

Hachem se souvient de nous en fonction de ce que nous nous rappelons de Lui.
Hachem voile Sa face, quand nous proclamons, à D. ne plaise : "il n'y a pas Hachem en moi".
Lorsque nous nous détournons de Lui, en particulier ou collectivement, Hachem aussi ne pense plus à nous. Le fait d'oublier ou de détourner notre esprit d'Hachem revient à réduire Son influence sur nous.
Nous n'avons alors plus Sa protection et Sa supervision sur nous. Il nous abandonne aux aléas des circonstances.

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-> "Roch Hachana est un jour de prières. Hachem nous a donné la mitsva du Shofar, pour faire monter les prières au Ciel. C'est pourquoi, on sonne au début et à la fin de la prière.
[Sfat Emet - Roch Hachana - 5648]

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+ La Tékiya s'apparente à une forme de prière :

-> Le Rambam (début Hilkhot Taaniot) écrit : C'est une mitsva de la Torah d'élever la voix et de sonner des trompettes, sur tout malheur qui frappe le public, comme il est dit : "Quand vous marcherez en bataille, dans votre pays, contre l'ennemi qui vous attaque, vous sonnerez des trompettes avec fanfare" (Béaaloté'ha10,9).
Dans le verset, il est écrit de sonner des trompettes. Le Rambam en déduit que c'est un commandement positif de sonner, mais d'où tire-t-il l'enseignement que c'est une mitsva de crier (élever la voix)?

Le rav de Brisk en déduit que nous apprenons de là que la Tékiya (le son long du Shofar) s'apparente à une forme de prière.
Il ajoute que c'est ce que l'on dit, à la fin du Séder des Chofarot: "Qui écoute avec miséricorde la Téroua retentissante de Ton peuple". Ce langage de miséricorde ne se trouve que dans la définition de la prière.

=> Nous avons maintenant conscience que le Shofar fait partie intégrante de la prière (de Roch Hachana) et c'est par son biais, qu'elle monte vers Hachem.
Pourquoi avons-nous besoin du Shofar pour faire monter nos prières?

Étant donné que le Satan peut porter une accusation contre l'homme, qui n'a pas prié avec les intentions requises, le seul moyen pour que nos prières s'élèvent est de crier. Le Zohar explique que le cri est silencieux, à l'image du Shofar, qui n'émet qu'un gémissement. Les sanglots et les hurlements sont dépourvus de mots, ils traduisent juste la plainte et le cri.

Qui saisit la teneur des cris et des gémissements? Les Sages de la Grande Assemblée nous ont enseigné: "Car Tu écoutes le son du Shofar et entends les retentissements de la Téroua". Seul Hachem comprend les cris et les gémissements.
"Nul ne T'est comparé! ", car lorsqu'un homme se rend chez un roi de chair et de sang, s'il crie et gémit, le roi ne peut pas savoir quel est son souhait. S'il désire que le roi lui vienne en aide, il doit s'expliquer clairement. Ce n'est pas ainsi pour Hachem, les explications sont superflues. Il suffit de crier et Il comprend et exauce les souhaits de la personne.
De là, nous saisissons que le Shofar est une part entière de notre prière et du travail des Jours Redoutables.

[ selon le Ohr ha'Haïm haKadoch (Chémot 3,9) : certaines suppliques que l'on fait à Hachem sont apportées par les anges du service et amenées à Hachem. D'autres ont une telle force qu'il n'y a pas besoin d'intermédiaires. Elles montent directement à Dieu. Le cri est la prière qui monte au Ciel, sans l'intervention des anges.
(les anges ne comprennent pas le juif qui crie, ils ne s'occupent pas de sa requête. C'est pourquoi, cette sorte de prière, où le cœur de l'homme s'exprime librement, est la plus parfaite.) ]

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-> Selon le midrach (Vayikra rabba 29,4) : "Heureux soit le peuple qui connaît la Téroua", les nations du monde ne savent-elles pas sonner? Les Bné Israël savent séduire leur Créateur avec leurs sonneries. Il se tient sur le trône de justice et passe à celui de la miséricorde. Il s'emplit de clémence à leur égard.

-> Le midrach nous enseigne que les Bné Israël savent séduire leur Créateur avec leur Téroua (sons brefs et brisés du Shofar). Il est assis sur le trône de la justice et passe sur celui de la miséricorde. Il les prend en pitié et la clémence prend la place de la rigueur.
Mais comment le Shofar parvient-il à transformer le jugement en clémence?

La réponse est simple, le Shofar n'est pas un instrument de musique. Ce n'est pas une trompette ni un saxophone ... C'est un gémissement ou un hurlement, une prière qui atteint le trône céleste et qui fait asseoir Hachem sur le trône de miséricorde.

Dans le Zohar (Raaya Méémana 99b), la Mitsva du Shofar est décrite telle qu'elle apparaît dans le Ciel.
Le jour de Roch Hachana, "Yom Hadin", le Roi est assis sur le trône du jugement et l'accusateur exige que le peuple d'Israël comparaisse. Même si Hachem aime la justice, comme il est dit : "C'est que, Moi, Hachem J'aime le droit" (Yéchayhou 61,8), l'amour qu'll éprouve pour Ses enfants vainc celui qu'll a pour la justice.
[ lorsque l'accusateur s'apprête à entamer son plaidoyer, Hachem ordonne aux Bné Israël de sonner du Shofar, pour éveiller la miséricorde. ]

Rabbi Shimchon David Pinkous apporte une parabole. Il y avait un enfant particulièrement turbulent, qui dérangeait beaucoup en classe, se disputait souvent et occasionnait du remue-ménage. Un jour, il rentra chez lui, les vêtements déchirés, ensanglanté avec plein d'égratignures. Il savait que son père l'attendait de pied ferme, prêt à le gifler et le punir.
L'enfant décida de filer dans sa chambre promptement. Il claqua la porte ... sur son doigt. La douleur fut si forte qu'il poussa un cri redoutable qui retentit dans toute la maison.
Son père accourut et lui demanda ce qu'il s'était passé.

L'enfant continua à gémir et montra son doigt blessé ...
Tout d'un coup, la situation vira à 180 degrés ... les comportements polissons de l'enfant furent oubliés. Le père, qui comptait sérieusement s'occuper de son fils, lui caressait à présent le visage et le calmait : "Ne crains rien et tout ira bien!"
Il le conduisit chez l'infirmière qui lui banda et lui soigna son doigt. De retour, il lui achèta même un jouet, pour lui faire plaisir.

Comment est-ce possible? Au lieu de punir son fils, le père lui caresse le visage avec affection et lui achète une surprise ... Qu'est-ce qui a changé? Le cri de son enfant turbulent a bouleversé le "jugement".

C'est ce qui se passe pour le peuple d'Israël, le jour du jugement. Au beau milieu de la journée se fait entendre un puissant cri: le son du Shofar et tout est inversé.
C'est le grand atout du peuple juif, qui sait séduire son Créateur avec le son du Shofar et qui fait passer D. de Son trône de justice à Son trône de clémence.

Elloul à Kippour = des jours d’agrément

+ Elloul à Kippour = des jours d'agrément :

-> "Toute chose à son heure, et il y a un temps pour tout" (Kohélet 3,1) ...
De même qu'il y a eu un moment pour le don de la Torah, et de même qu'il existe un laps de temps où Hachem se met en colère ("un très court instant chaque jour" - Sanhédrin 105 [1/50000e d'heure]), de même il existe un moment fixe dans la création qui s'appelle les jours d'agrément.
Celui-ci s'étend sur une période de 40 jours qui commence le premier jour du mois d'Elloul et qui se termine le jour de Kippour.
Il s'agit de la période idéale pour être agréé par le Créateur, et si on la laisse passer il est impossible de faire marche arrière. Seuls ces jours-là ont reçu cette fonction de la part d'Hachem, depuis les 6 jours de la Création ...

[Il s'agit de jours à haut potentiel qui sont appelés "la période de bienveillance", des jours d'agrément. ]
Il s'agit des "jours de repos pour l'âme", car de même que le corps a parfois besoin de décompresser, il existe des jours où l'âme a besoin de repos et de réflexion, et ce sont les jours compris entre le 1er Elloul et le jour de Kippour.
[rabbi Yérou'ham Lévovitz - Daat 'Hokhma ouMoussar - 2e partie discours 73]

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-> Entre le premier Elloul et la fin du jour de Kippour, il est possible d'atteindre, soit par le repentir, soit par l'étude de la Torah, soit par le service divin, avec seulement un petit effort, ce qui nécessiterait un labeur/effort important à toute autre période de l'année.
[rabbi Aharon Kotler - Michnat rabbi Aharon]

[il s'agit de jours d'agrément. Ainsi, d'une certaine façon Hachem récompense plus généreusement chaque effort fait en réalisant Sa volonté, chaque prière a plus d'impact, chaque téchouva est plus facile, ... ]

-> Le 'Hayé Adam (règle 138) écrit :
"Hachem aime tellement Son peuple Israël qu'll nous a comblés de bienfaits, et nous a ordonné de revenir vers Lui à chaque fois que nous fauterons. Et bien que le repentir soit une bonne chose à tout moment de l'année, rien ne vaut le mois d'Elloul pour ce faire.
Le retour à Hachem y sera bien plus accepté que les autres jours du calendrier, car ces jours d'Elloul sont des jours d'agrément depuis que nous avons été choisis comme peuple élu, car notre maître Moché monta au ciel et demanda le pardon ... Et pendant tout ce temps, le peuple jeûna, et le dernier jour de cette période ils ont institué un long jeûne qui a duré un jour et une nuit. Et c'est pourquoi ce fameux jour, qui devint Yom Kippour, fut fixé comme jour de Pardon pour toujours.
Et étant donné qu'ils furent des jours de grande bienveillance, depuis, chaque année, ils ont le pouvoir d'éveiller la miséricorde céleste, et ils continuent à avoir un statut de jours gracieux."

-> "Cherchez le Seigneur pendant qu'll est accessible! Appelez-Le tandis qu'll est proche!" (Yéchayahou 55,6)
Le Arizal écrit que les portes de la miséricorde s'ouvrent dès qu'on entre dans le mois d'Elloul.
[à ce moment Hachem est vraiment tout proche de nous : "tandis qu'll est proche". ]

Elloul – La bonté de bénir autrui

+ Elloul - La bonté de bénir autrui :

-> Le Maguid de Trisk a a entendu de son grand-père, le Méor Einayim, qui a entendu du Baal Chem Tov les paroles suivantes :
"Depuis le jour du 15 Av jusqu'à Roch Hachana, il y a de nombreuses fois où une personne bénit son ami avec les mots "Kétiva vé'Hatima Tova" (que tu sois écris et signé pour le bien [dans le livre de la Vie, pour cette nouvelle année] ).
Chaque fois que l'on fait cela, un ange est créé pour le défendre et parler en bien de lui.
Par exemple, si une personne bénit 100 personnes, elle crée 100 anges défenseurs.
Lorsque Roch Hachana arrive, lorsque chaque homme est jugé, cette personne aura de nombreux anges qui la défendront au Ciel."

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-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne que prier (ex: dire Shana tova! , bonne journée!, ...) pour une autre personne est un moyen de réaliser la mitsva de témoigner de la bonté à son prochain.

[de plus : "Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en premier" (guémara Baba Kama 92a). Toute chose positive que nous souhaitons à autrui, nous la souhaitons pour nous (ou nos descendants), ainsi plus on bénit autrui, plus on se bénit fortement soi-même! ]

"L'essentiel de la préparation du jour de Roch Hachana consiste à faire régner la fraternité et l’amitié entre les Bné Israël, comme il est dit : "Avec des trompettes et la voix du Shofar, sonnez devant Hachem le Roi" (ba'hatsotsrot vékol Shofar ariou lifné aMél'ha Hachem - Téhilim 98,6), où le mot הריעו (ariou - sonnez) évoque l’amitié et la fraternité (de la même racine que le terme רעך : ton prochain - réé'ha) ...

Et il écrit : "Quel est l’homme qui désire la vie?" (Téhilim 34,13) = lorsque l'on demande à Roch Hachana : "Ecris-nous dans le Livre de la vie" , "Garde ta langue du mal" (Téhilim 34,14) = ‘Ne parle pas sur ton prochain’, "Ecarte-toi du mal et fais le bien" (Téhilim 34,15).
C’est en cela que consiste notre préparation à Roch Hachana, afin que notre jugement soit positif : si un homme considère autrui comme un tsadik (se focalisant sur le bien qu'il y a en l'autre, le jugeant positivement), alors, lui aussi, on l’inscrira dans le livre des tsadikim (mesure pour mesure Hachem nous juger en utilisant la même vision bienveillante qu'on porte à nos frères juif(ve)s)."
[Tiféret Shlomo - Ki Tétsé 23,10]

Ani lédodi, védodi li

+ Ani lédodi, védodi li :

-> Nos Sages (Aboudraham - Téfilot Roch Hachana) nous enseignent que le mot par Elloul renvoie à "ani lédodi védodi li" (Chir haChirim 6,3), qui signifie "Je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi", décrivant notre relation avec Hachem.
Cependant, le rabbin Ephraïm Wachsman s'interroge : Ne semble-t-il pas y avoir un mot manquant ici Que suis-je pour mon bien-aimé? Ne devrait-on pas dire : "Je me consacre à mon Bien-aimé"? "Je suis dévoué à mon Bien-aimé", ou "Je suis le serviteur de mon Bien-aimé", ou "J'aime mon Bien-aimé"?

Le rav explique que "ani lédodi" signifie : Tout ce que je suis, mon existence entière, est pour mon Bien-aimé. Il ne peut y avoir de mot entre 'ani' (je), et 'dodi' (à mon Bien-aimé), car cela impliquerait que j'ai ma propre existence et que je donne quelque chose de moi à Hachem.
Je suis tout entier à Hachem : mes talents, mes capacités, tout.

C'est ainsi que nous sommes censés vivre notre vie, en utilisant toutes nos forces au service d'Hachem. Comment y parvenir?
Le verset continue : "védodi li" (mon Bien-Aimé est à moi), ce qui signifie qu'Hachem, avec tout ce qu'Il est, englobant les milliards de galaxies et les mondes supérieurs (et nous ne connaissons qu'une infime partie de Sa grandeur!), tout de Lui est "li", à moi, sans aucune séparation.
Hachem fait tout pour nous ; même ce que nous Lui donnons, le "ani lédodi" est aussi "dodi li".
Cela nous est rendu en retour. Tous nos accomplissements spirituels et notre service pour Lui nous profitent. Hachem veut seulement que nous soyons ensemble avec Lui pour toute l'éternité.

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-> Le mois d'Elloul est illustré par le verset : "ani lédodi, védodi li" (Je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi).
Ce verset illustre le grand amour entre nous et Hachem : Il est notre Bien-aimé et Il nous aime au-delà de toute imagination.
Et si nous sommes "lédodi" = si nous revenons à Lui et disons : "Nous voulons être proches de Toi, Hachem, nous voulons Te servir du mieux que nous pouvons", alors "dodi li" = Hachem nous élèvera et nous rapprochera de Lui.
Si nous voulons que notre vie tourne autour de Toi (que le 'ani' soit directement lié au 'dodi'), alors si nous avons cette volonté de : "Hachem, je veux être près de Toi. Je T'aime ...", alors nous recevrons l'aide Divine dont nous avons besoin et nous en ferons l'expérience de "dodi li" Hachem nous élèvera pour être tout proche, à côté de Lui.
[rav David Ashear ]

"Et elle pleurera son père et sa mère pendant un mois de jours" (Ki Tétsé 21,13).

Ce "mois" se réfère au mois d'Elloul.
Le verset ne dit rien sur les fautes, car ce n'est pas pour cela que nous pleurons. Au contraire, nous pleurons parce que Hachem nous manque et que nous voulons être proches de Lui ; nous pleurons parce que nous aspirons à la sainteté et à la Chékhina.
C'est ainsi que nous nous préparons au Yom haDin, en pleurant parce que nous voulons être proches d'Hachem, et non pas en pleurant parce que nous sommes tristes.
[rabbi Nathan Watchfogel]