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Guéoula & Tou Bichevat

-> Nos Sages nous enseignent que nous avons été délivrés d'Egypte au cours du mois de Nissan et que nous serons également délivrés de notre exil actuel au cours du mois de Nissan.
Cet enseignement suit l'opinion de rabbi Yéhochoua selon laquelle le monde a été créé au mois de Nissan. Selon cette opinion, Adam a été créé le premier jour de Nissan, et le premier jour réel de la Création était le 25e jour d'Adar.
On peut donc supposer que le début du processus de Rédemption (guéoula) n'aura pas à attendre le début du mois de Nissan, mais qu'il aura déjà commencé le 25e jour d'Adar.
Comme ce qui se réalise est conçu 40 jours auparavant (40 jours de formation de l’embryon), c'est 40 jours avant le début de la guéoula que l'idée de délivrer le peuple juif surgira dans l'esprit d'Hachem.
Or, 40 jours avant le 25e jour du mois d'Adar, c'est Tou Bichvat.

Le rabbi de Rouzhin écrit que Tou Bichvat est le kéter (la couronne), des jours de la Rédemption (yémé haGéoula).

Il est de coutume de consommer des fruits à Tou Bichvat car, comme nous le dit la guémara (Sanhédrin 98a), le signe le plus fiable de la venue du machia'h est la prolifération et l'amélioration des fruits provenant de la terre d'Israël.
Tou Bichvat est le moment où nous pouvons avoir le pressentiment que la Rédemption est proche. Le processus définitif de la Guéoula a commencé. C'est une occasion spéciale d'aspirer à la guéoula.

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-> Rabbi Abba dit : "Il n’y a pas plus clair signe de la fin des temps que ce verset : "Et vous, Oh montagnes d’Israël, laissez grandir vos branches et laissez pousser vos fruits pour Mon peuple Israël, car leur venue s’approche." (Yé'hézkel 36,8).
[guémara Sanhédrin 98a]

Rachi d'expliquer : "Lorsque la terre d'Israël produira ses fruits en abondance, la fin sera proche, et il n’y pas de signe plus clair de la fin des temps".

[à Tou biChevat pour vivre cette réalité (que le machia'h est si proche en atteste les fruits d'Israël), nous voyons et goûtons de tels fruits. C'est une réalité concrète, le machia'h arrive immanent. Et une telle émouna renforcée est un mérite accélérant sa venue. ]

‘Hanoucca = première miracle de la guéoula

+ 'Hanoucca = première miracle de la guéoula :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - 'Hanoucca) écrit que le mot חנכה ('Hanoucca) est une allusion à l'inauguration du Temple ('hanoukat habayit) qui aura lieu dans le futur, lorsque nous mériterons le 3e Temple.
'Hanoucca dure huit jours. Le chiffre huit représente ce qui est au-delà de la nature (lémaala min hatéva). 'Hanoucca reflète bien ce symbolisme, car c'est le moment désigné pour inaugurer l'ère du machia'h (nouvelle ère).

-> La guémara (Yoma 29a) aborde la raison pour laquelle Esther a été comparée à l'ayélet hachakhar, l'étoile du matin (la lueur de l'aube). Tout comme l'étoile du matin marque la fin de la nuit, Pourim était le dernier des nissim (miracles), qu'Hachem a accomplis pour le peuple juif dans l'obscurité de l'exil.
Comment le Talmud peut-il dire que Pourim était le dernier des miracles, alors que Hanoucca vient après Pourim?
Le Sfat Emet ('Hanoucca תר"מ) explique qu'en réalité, 'Hanoucca n'est pas le dernier miracle de la galout (exil), mais le premier miracle de l'ère de la Rédemption (guéoula). C'est la première lueur de l'aube d'une nouvelle ère. Il représente le premier miracle de la guéoula finale, des jours du machia'h (yémé hamachia'h).

"Il envoya les lettres à tous les juifs qui se trouvaient dans toutes les provinces du roi A'hachvéroch, les proches et les lointains" (Esther 9,20).

-> La Méguila note que Mordé'haï a envoyé des lettres à tous les juifs de l'empire, même ceux qui étaient loin.
La Méguila mentionne cela pour souligner que même si les juifs des coins reculés de l'empire n'avaient pas souffert du décret dans la même mesure que ceux qui vivaient près de Shoushan, puisque les lettres d'Haman n'avaient probablement pas atteint les provinces éloignées dans les quelques jours qui s'étaient écoulés entre la rédaction du décret et l'exécution d'Haman, tous les juifs se réjouirent néanmoins ensemble et acceptèrent la nouvelle fête, afin de remercier Hachem de leur délivrance.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Moi aussi, avec mes servantes, je jeûnerai" (Esther 4,16)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky note que les 7 servantes d'Esther se sont converties au judaïsme.
Si tel est le cas, lui a-t-on demandé, pourquoi la Méguila mentionne-t-elle que les servantes jeûnaient?
La Méguila indique déjà que tous les juifs jeûnaient ; si les servantes d'Esther étaient juives, elles jeûnaient évidemment aussi ; pourquoi la Méguila doit-elle mentionner que les servantes d'Esther jeûnaient également?

Le rav 'Haïm répond que même si les servantes d'Esther s'étaient converties, ce fait n'était probablement pas bien connu. Ainsi, les servantes n'étaient pas personnellement menacées par le décret d'Haman, car ceux qui voulaient tuer les juifs ne savaient pas que les servantes étaient juives. (Comme les gens ne savaient même pas qu'Esther était juive, ils ne soupçonnaient certainement pas que ses servantes l'étaient aussi.)
Ainsi, la Méguila mentionne explicitement que, bien qu'elles ne soient pas en danger, les servantes ont jeûné avec le reste de la communauté.

"Bigtan et Térech se mirent en colère et cherchèrent à s'en prendre au roi A'hachvéroch" (Esther 2,21).

-> La guémara (Méguila 13b) indique que Bigtan et Térech étaient tous deux chargés d'apporter des boissons à A'hachvéroch pendant la nuit, et qu'ils étaient en colère contre lui parce qu'il perturbait leur sommeil.
Ils avaient donc prévu de le tuer avec du poison.

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-> Né'hémia, l'un des chefs des juifs qui retournèrent en terre d'Israël à la fin de l'exil babylonien, était l'échanson du roi Darius (Daryavech). [voir Né'hémia 1,11 ; Tossafot, Roch Hachana 3b ]
En tant qu'échanson, Né'hémia devait goûter tout le vin avant qu'il ne soit servi au roi, afin de s'assurer qu'il n'était pas empoisonné.
[Né'hémia avait reçu une dispense spéciale lui permettant de boire le vin non casher du roi - voir Rachi, Kidouchin 69b. ]

-> Le rav 'Haïm Kanievsky note que ce Daryavesh, Daryavesh le Persan, était le fils et le successeur d'A'hachvéroch. Il est possible que la pratique consistant à goûter tout le vin avant de le servir au roi soit un vestige de l'époque d'A'hachvéroch, qui avait institué cette pratique après que Bigtan et Térech aient tenté d'empoisonner sa coupe.

"Au dixième mois, qui est le mois de Tévet" (Esther 2,16).

=> Pourquoi la Méguila mentionne-t-elle ce détail apparemment inutile que le dixième mois est le mois de Tévet?

-> Ramban (Bo 12,2) affirme qu'à l'origine, les mois juifs n'avaient pas de nom ; ils étaient désignés uniquement par des chiffres : Nissan était appelé "le premier mois", Iyar était appelé "le deuxième mois", et ainsi de suite. Les noms que nous utilisons sont des noms babyloniens ; après le retour des juifs en terre d'Israël après l'exil babylonien, ils ont commencé à désigner les mois par leurs noms babyloniens, afin de rappeler le fait qu'ils avaient été en exil en Babylonie et qu'Hachem les avait ramenés dans leur patrie.

Sur cette base, nous pouvons expliquer notre verset : comme la Méguilaha été écrite avant la fin de l'exil babylonien, elle fait référence à Tévet comme étant le dixième mois, car à cette époque, les mois n'étaient connus que par des numéros.

Peu après, lorsque les juifs sont revenus d'exil et ont commencé à désigner les mois par leurs noms babyloniens, le nom Tévet a été ajouté afin de préciser le mois au cours duquel cela s'est produit.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Il se souvint de Vachti, de ce qu'elle avait fait et de ce qui avait été décrété contre elle" (Esther 2,1).

-> Le sens littéral de ce verset semble être que "ce qu'elle avait fait" = cela fait référence à la désobéissance de Vachti envers A'hachvéroch.

Cependant, la guémara (Méguila 12b) interprète ce verset différemment, et suppose que "ce qu'elle avait fait" = cela fait référence aux fautes que Vachti avait commis avant le festin. Elle exigeait que les jeunes filles juives travaillent pour elle, dénudées, le jour du Shabbat.
Sa punition fut d'être condamnée à comparaître nue devant A'hachvéroh le jour du Shabbat, ce qui entraîna sa mort.
La déclaration de notre verset, ce qu'elle avait fait et ce qui avait été décrété contre elle, indique que ce qui avait été décrété contre elle correspondait directement à ce qu'elle avait fait : elle fut punie "mesure pour mesure" (mida kénégued mida) pour ses fautes.

Shoushan Pourim

+ Shoushan Pourim (par le rav Wolfson) :

-> Le Baal HaTanya demanda un jour à quelqu'un d'aller chercher des mézouzot chez un sofer dans la ville où il se rendait. Le messager décida que si ce sofer était assez bon pour le Baal HaTanya, cela valait certainement la peine de commander quelques mézouzot pour lui-même également.
Quand il vint chercher les mézouzot, le sofer emballait soigneusement celles du Baal HaTanya séparément de celles du messager. Ce dernier se sentit insulté. "Je veux aussi de bonnes mézouzot, pensa-t-il, pourquoi m'en a-t-il donné des moins bonnes?" Il échangea donc les paquets.
Quand il donna les mézouzot au Baal HaTanya, celui-ci demanda : "Ces mézouzot sont pour moi?!"
Oh, j'ai fait une erreur, celles-ci sont pour le rabbi.
Oui, ces mézouzot sont les miennes.

Lorsque le messager retourna voir le sofer, il lui demanda : "Pourquoi me traitez-vous avec tant de désinvolture? Pourquoi ne pouvez-vous pas avoir autant de kavanot en écrivant mes mézouzot qu'en écrivant celles du Baal HaTanya?"
"J'ai les mêmes intentions lorsque j'écris toutes les mézouzot. Cependant, le rabbi veut que j'écrive ses mézouzot spécifiquement le 15 du mois. Vos mézouzot sont identiques aux siennes, mais je ne les ai pas écrites le 15 du mois."

-> Le 14 Adar, nous célébrons le formidable et sublime Pourim, le jour où la lumière du Kéter (la plus haute de séfirot) descend sur les juifs même les plus bas spirituellement dans l'exil.
Le 15 Adar, nous montons d'un cran. Avec la lune qui brille dans le ciel, Pourim atteint sa perfection future, lorsque la lune brillera aussi fort que le soleil. Shoushan Pourim est plus proche du Yom Tov Pourim qui verra l'arrivée du machia'h.

Pourim correspond à Esther, la jeune fille orpheline perdue dans le palais d'A'hachvéroch. Mordé'haï s'était exilé de la terre d'Israël pour l'élever, dit le Targoum Shéni (Esther 2,7). Pourquoi n'a-t-il pas pu la ramener en terre d'Israël et l'élever là-bas?
Parce qu'il savait que les juifs en galout (exil) ont besoin d'un Pourim ; Esther devait être exilée et apporter la lumière dans les endroits les plus bas.

Mais Esther supplia A'hachvéroch : "Demain devrait également être donné aux juifs de Shoushan" (Esther 9,13).
Elle voulait un jour qui commémore Jérusalem, la ville sainte qui avait alors été détruite et profanée. Bien sûr, elle ne pouvait pas le dire à A'hachvéroch, qui détestait Jérusalem de toutes ses forces, alors elle a formulé sa demande comme un hommage à Shoushan. [voir le Ran - au début de Massékhet Méguila]

Esther savait qu'à terme, la ville de Shoushan serait détruite et recouverte, comme tous les empires finissent par être renversés et détruits. Cependant, Jérusalem est éternelle.
Comme nous le voyons aujourd'hui, il n'y a aucune ville au monde qui célèbre Shoushan Pourim avec certitude, à l'exception de Jérusalem.

Shoushan Pourim, selon la halakha, est destiné aux villes entourées de murailles à l'époque de Yéhochoua bin Noun. Comme la seule ville actuelle dont nous savons avec certitude qu'elle était fortifiée à l'époque de Yéhochoua est Jérusalem, c'est seulement là que l'on célèbre Shoushan Pourim.

Pourim est donc un jour dédié aux juifs exilés, comme Esther. Comme ceux qui vivent dans des villes non fortifiées, ils sont vulnérables à toutes sortes de dangers physiques et spirituels.
Shoushan Pourim est destiné à Mordé'haï, ces juifs saints et élevés de Jérusalem, qui peuvent dire d'eux-mêmes "ani 'homa" (je suis un muraille - Shir haShirim 8,10), en référence à leur statut d'immergés et d'érudits dans la Torah, en particulier les secrets de la Torah qui sont enfermés et scellés uniquement pour les quelques-uns qui en sont dignes.

Pourim a été déterminé par le goral (tirage au sort), pour ceux qui ne peuvent mériter quoi que ce soit d'autre, car ils sont trop indignes (n'ont pas les mérites nécessaires). [c'est des cadeaux gratuits de bonté d'Hachem]
Shoushan Pourim a été choisi et déterminé par Esther pour ceux qui ont [les mérites spirituels pour prétendre aux bontés du Ciel] grâce à leur avodat Hachem.

Chacun de ces deux jours saints a son propre avantage.
Shoushan Pourim ne peut pas descendre aussi bas que Pourim, mais Pourim ne peut pas monter aussi haut que Shoushan Pourim. Ensemble, ces jours créent un Pourim complet.

Chaque année, Hachem, dans Son infinie hachgakha pratit (providence divine), donne à chaque personne le type de Pourim dont elle a besoin. Si nous avons besoin du Pourim ordinaire qui descend, descend, descend, Hachem veillera à ce que nous soyons en dehors de la sphère de Jérusalem.
Si nous sommes à un niveau où nous pouvons nous élever jusqu'à Shoushan Pourim, Hachem nous placera dans les environs de Jérusalem.

Même si nous nous trouvons à Brooklyn, Paris ou Londres, nous ne sommes pas coupés de la joie de Jérusalem. Parce qu'un juif est là où se trouve son cœur, si nos cœurs sont tournés vers Jérusalem, alors même si nous ne sommes pas [physiquement] à l'intérieur de Jérusalem, nous sommes au moins dans ses environs.

Et l'une des caractéristiques merveilleuses de Pourim à Shoushan est qu'il n'est pas seulement célébré à Jérusalem elle-même, mais également dans tous les quartiers que l'on peut voir depuis Jérusalem ou qui se trouvent à proximité.

Cela est logique, car après tout, Pourim concerne les juifs expulsés des Nuées de Gloire qui le suivent, qui ne sont que proches de lui. Bien que Pourim à Shoushan soit destiné aux juifs élevés de Jérusalem, il conserve néanmoins la qualité de Pourim, le Yom Tov qui dépasse les limites de la sainteté pour inclure ceux qui n'en font pas encore partie.
Par conséquent, même si nous ne parvenons pas tout à fait à y entrer, tant que nous sommes à proximité de Jérualem (ex: en aspirant y être, en y étant sincèrement proche dans le cœur), la ville sainte étendra ses limites pour nous inclure.

Ainsi, même si nous sommes à des milliers de kilomètres, si nous nous tournons vers Jérusalem, nous sommes proches de Jérusalem et pouvons nous réjouir avec elle de sa fête spéciale, Shoushan Pourim, le jour où elle goûte à son avenir, à la gloire promise, alors que, toute petite, "Jérusalem s'étendra bien au-delà des limites de ses murailles" (pézarot téchev Yérouchalayim - Zé'haria 2,8) pour inclure les multitudes qui affluent vers elle : "Je serai pour elle, dit Hachem, une muraille de feu qui l'entoure, et comme un honneur, Je serai en son sein".
Jérusalem s'étendra bien au-delà de ses frontières actuelles pour inclure, protéger et entourer chaque juif.

[rav Moché Wolfson]

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=> De Pourim, nous passons à Shoushan Pourim, le grand Yom Tov de Jérusalem.

Vente de Yossef par ses frères

+ Vente de Yossef par ses frères :

-> Le Targoum Shéni (3,14) déclare que les juifs ont été "vendus" à Haman en punition pour la vente de Yossef par ses frères, un péché qui n'avait jamais été complètement expié.
Le rav 'Haïm Kanievsky note que bien que la Torah laisse entendre (Vayigach 45,5 & Vayé'hi 50,21) que Yossef a pardonné à ses frères de l'avoir vendu, en réalité, ses frères ont commis deux fautés : ils ont fauté contre Yossef et ils ont fauté contre Hachem.
Si Yossef pouvait pardonner à ses frères leur faute contre lui, il ne pouvait pas leur pardonner leur faute contre Hachem. Par conséquent, cette faute n'a jamais été complètement expiée, et leurs descendants ont été "vendus" à Haman en guise d'expiation.

[de plus, Rabbénou Bé'hayé affirme que Yossef n'a jamais explicitement pardonné à ses frères leur faute contre lui, et que même ce péché nécessitait donc une expiation. ]

L'un des remèdes à une mauvaise conduite sexuelle (contraire à la halakha) est l'observance correcte du Shabbat.
[Yessod Yossef ]