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La grande lumière du jour de Pourim

+ La grande lumière du jour de Pourim :

-> Le Yessod Yossef (chap.82) enseigne :
"Sachez qu'il existe un Olam 'Hadach, un monde nouveau, en-Haut, un monde très saint et impressionnant, qui n'est pas révélé à l'extérieur en raison de son caractère très élevé (exalté), sauf une fois par an.

Il commence à être révélé pendant la lecture de la méguila.
Nous devons susciter la compassion afin que cette grande et sainte lumière influence et brille sur les têtes de la nation d'Israel qui se rassemble dans les synagogues avec un cœur pur de la kavana.

C'est ce que signifie la bénédiction que nous disons avant la lecture de la méguila : "Qui nous a sanctifiés avec Ses mitsvot et nous a commandé concernant la "mikra méguila" (littéralement "lire la Méguila")."
[Mais mikra signifie également "appeler", et la méguila signifie également "révéler" (ex: mégalé), nous indiquant que Hachem nous a ordonné d'appeler cette grande lumière vers l'extérieur afin qu'elle soit révélée. En entendant cela, toute la congrégation doit répondre "Amen" avec une grande kavana.

Nous devons inciter celui qui lit la méguila à faire preuve d'un grand tremblement et d'une grande crainte lorsqu'il prononce cette bénédiction. L'assemblée qui écoute doit également ressentir un tremblement, une crainte, une humilité et une révérence, car [ce monde qui est révélé pendant la lecture de la méguila] est très élevé et impressionnant.

Chaque personne doit être consciente que ce monde exalté est maintenant révélé au monde extérieur pour briller sur Israël, et chaque individu doit avoir l'intention de se rendre digne de recevoir une étincelle sacrée de pureté, de sainteté, d'humilité, de crainte, de sagesse, de compréhension et de connaissance."

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-> Avec ces mots, le Yessod Yossef résume Pourim. Comme le dit le Arizal (Pri Eitz 'Haïm - chaar Pourim - chap.5), le monde spirituel révélé à Pourim est appelé "nouveau" parce qu'il n'a jamais été révélé auparavant, ni lors de la sortie d'Égypte, ni lors de la remise de la Torah. Et ce monde n'est pas seulement nouveau pour ceux qui ne l'ont jamais expérimenté, il est essentiellement nouveau.
Une paire de chaussures reste neuve pendant environ une semaine, puis devient vieille, mais le monde élevé de Kéter est toujours nouveau, peu importe depuis combien de temps nous y sommes.

Chaque année, à Pourim, nous avons une surprise : une nouvelle révélation d'un monde qui est toujours nouveau.
Le Maharal, dont les œuvres semblent philosophiques mais sont en réalité profondément enracinées dans la kabbale, a intitulé son séfer sur Pourim : Ohr 'Hadach, une nouvelle lumière.
On peut noter aussi que la guématria de : עַל מִקְרָא מְגִלָּה (al mikra méguila) est de 519, soit la même que : אור חדש (ohr 'hadach).

À présent, nous pouvons comprendre mieux comprend les paroles du 'Hatam Sofer (drachat 164a) :
"La lumière contenue dans la méguila est littéralement plus grande et plus élevée que celle de la sainte Torah elle-même".
[ohr kadoch akalloul baMéguila ou mamach yotèr gadol véni'hbad miToraténou akédocha béatsma]

Pourim est si noble ; c'est la racine de tout ce qui suit.
A un niveau simple, Pessa'h est la source de tous les Yamim Tovim. La émouna aveuglante qui se révèle lors de la nuit du Séder insuffle de la lumière dans l'année juive, nous nourrissant d'une connaissance instinctive de Hachem.
Par conséquent, Pessa'h détermine les dates de tous les Yamim Tovim par le système dit 'at-bach'.
[ le système de guématria At-Bach (א"ת ב"ש) permet d'échanger les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alef) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), … ]
Le premier jour de Pessah, א de Pessa'h, correspond au ת, soit Ticha béAv (תשעה באב). Si le premier jour de Pessah est le jeudi, Ticha béAv le sera également.
Si le 2e jour de Pessa'h, le ב de Pessah tombe un vendredi, alors le ש soit Shavouot (שבועות) le sera également.

Mais le 6e jour de Pessah (soit ו qui donne פ, soit Pourim), ne détermine pas le Pourim de l'année suivante, mais nous indique quand était tombé le Pourim de l'année précédente.
En effet, Pourim est la racine même de Pessa'h. Il faut Pessa'h pour déballer les lumières de Pourim, pour les faire passer de la super-conscience de Kéter à la émouna consciente de Pessah.
[Kéter signifie "couronne" [les séfirot], c'est la séfira qui se situe à leur tête (c'est la plus élevée) et les domine. La émouna de Pessa'h prend sa racine dans la sphère qui se trouve en dessous : 'Hokhma.
'Hokhma dépasse encore notre compréhension, où nos pensées ne sont encore que de vagues instincts. C'est pourquoi nous demandons "quoi?" encore et encore lors de la nuit sacrée du Seder. (nous posons des questions pour créer une dynamique lors du Séder, et implémentant en nous la émouna)
Nous ne pouvons pas demander pourquoi, nous ne pouvons pas vraiment comprendre, nous essayons simplement d'avoir une vague idée de ce qui se passe (c'est Hachem qui est aux manettes). ]

Trente jours avant un Yom Tov, nous commençons à nous y préparer. [ex: certains commencent à y apprendre les halakhot de Pessa'h à Pourim, soit 30 jours avant. ]
Même si peu de gens peuvent accomplir beaucoup de travail pour Pessa'h pendant Pourim, les bases sont posées ce jour-là.

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-> Au cours du miracle de Pourim, Hachem a révélé l'amour inconditionnel qui rayonne dans ce monde suprême dans l'impureté de Shoushan, pendant la fin sombre de l'exil perse.
La plus haute séfira (attributs ou émanations par lequel Hachem interagit avec le monde) de Kéter ne brillait pas dans la lumière des miracles, mais dans la banalité de la nature, pendant une période de hester panim (où D. cachait Sa présence) si profondement que le nom d'Hachem était caché (en témoigne qu'il n'apparait pas dans la méguila).

C'est pourquoi Pourim est encore plus grand que Yom Kippour. [le Tikouné Zohar (tikoun 21) dit que Yom Kippour est une jour ké-Pourim, un jour "comme" Pourim. ]
Le rabbi de Berditchev Kédouchat Lévi (Kédoucha Richona léPourim) note que Yom Kippourim signifie un jour "comme" Pourim (kéPourim) ; et non que Pourim est un jour comme Yom Kippour. Qui est comparé à qui? Le petit au grand.

À Pourim, le Kéter brise les barrières du quotidien, éclairant, purifiant et élevant le monde physique. [selon le Tikouné Zohar 21]
Hachem tend la main à ceux qui sont submergés dans les sables mouvants du matérialisme et les sauve.
La Chékhina descend vers nous dans les profondeurs de notre humilité, éclairant nos cœurs assombris.
Pourim est un jour de joie car ce jour-là, la matérialité elle-même est illuminée par les lumières divines les plus élevées.

Lorsque le machia'h viendra, Yom Kippour rattrapera Pourim. Il deviendra enfin un jour de joie, et non plus de souffrance (ex: on mange pas). [Tikouné Zohar 21]
Pour l'instant, nous ne profitons de Kéter avec joie que lors de Pourim.

[de plus, alors que le Kéter ne brille que par moments ici et là pendant Yom Kippour, il brille toute la journée pendant Pourim.
Il est vrai que lorsque Kéter brille pendant Yom Kippour, il brille plus intensément que pendant Pourim, mais pendant Pourim, il illumine le monde physique pendant toute la journée.

Le jour du Shabbat, les lumières de Kéter brillent au moment où nous prononçons le mot "ayé" (איה) pendant la kédoucha de moussaf.
Le rav Mordé'haï Finkelman, un élève du rav Wolfson, fait remarquer que "איה" (ayé) est l'acronyme de : אֲשֶׁר יִשְׁלְטוּ הַיְּהוּדִים (lorsque les juifs ont pris le dessus [sur ceux qui les haïssent] - Esther 9,1).
Cela témoigne du fait que "ayé", moment de dévoilement de la séfira du Kéter, les juifs prennent spirituellement le dessus sur tout. Ils sont alors au plus proche et le plus resplendissant devant Hachem. ]

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-> Le nom d'Hachem est absent de la méguila parce qu'Il était absent [en apparence] de la scène de Pourim. [le récit se passe sur des années, avec des événements couvert de la naturalité des choses. ]
Le Baal HaTanya (séder haTéfila - chaar haPourim) donne une explication surprenante basée sur l'association entre Pourim et Yom Kippour, à propos desquels la Torah dit : "Devant Hachem, vous vous purifierez" (lifné Hachem tit'arou - לִפְנֵי יְהוָה תִּטְהָרוּ - A'haré Mot 16,30).
À un niveau simple, cela signifie que lors de Yom Kippour, nous nous purifions en présence d'Hachem.

Cependant, "lifné" (devant, avant) peut également signifier "ce qui précède". Ainsi, "lifné hachem" peut signifier "par ce qui précède les quatre lettres du nom de Hachem (יְהוָה )". [lorsqu'on va le plus à droite, ce qui précède ce mot est la couronne, la pointe du youd - le koutso shel youd ]
La purification de Yom Kippour vient de Kéter (qui signifie 'couronne'), la pointe surplombant le youd qui se trouve au-dessus des quatre lettres du nom d'Hachem.
De même, le miracle de Pourim vient du Kéter, d'un monde au-dessus des lettres du nom d'Hachem.
C'est pourquoi ils sont absents de la méguila.
[l'absence du Nom divin dans la méguila, l'absence dévoilée de l'implication de D. dans le récit de Pourim est en réalité un témoignage de la grandeur de ce jour qui est au-dessus du nom d'Hachem (c'est la séfira la plus élevée, le Kéter).
Kippour est comme Pourim, dans le sens où à Kippour il y a des moments qui atteigne la plus haute réalité spirituelle possible (le Kéter, où nous sommes 'lifné Hachem'), mais à Pourim cela l'est constamment pendant toute la journée.
La réalité est si déguisée qu'en apparence Pourim est un jour simple, quasi ordinaire (ex: pas autant d'interdictions comme un yom tov, Kippour, pas autant de prières, ...), mais en fait ce jour nous sommes tout le temps dans le monde le plus élevé (le plus proche d'Hachem - lifné Hachem), et c'est dommage de ne pas en profiter! ]

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-> Puisque Pourim puise dans des sphères si élevées (Kéter) et émane d'un domaine de perfection et de bonté, même les âmes de ceux qui sont tombés le plus bas peuvent bénéficier d'un tikoun (réparation) lors de cette fête.

Selon le rabbi Aharon de Karlin :
Même dans les moments cruciaux de Yom Kippour, pendant laNé'ila, lorsque toutes les portes du ciel s'ouvrent, il en reste une qui reste fermée. A Pourim, même cette porte [remplie de l'amour inconditionnelle d'Hachem] s'ouvre.
Ainsi, même les âmes qui ne peuvent jamais bénéficier d'un tikoun ont une chance à Pourim.
Or, le pouvoir de se rectifier de son vivant est infiniment plus grand qu'après la mort. Profitons de Pourim!

[d'après le rav Moché Wolfson ]

Pourim & notre lien permanent de proximité avec Hachem

+++ Pourim & notre lien permanent de proximité avec Hachem (d'après le rav Moché Wolfson) :

+ Le problème avec le festin :

-> A'hachvéroch se sentait en sécurité. Yirmiyahou HaNavi avait prédit que "lorsque 70 ans se seront écoulés pour Bavel, je me souviendrai de vous" (Yirmiyahou 29,10), mais 70 ans s'étaient déjà écoulés depuis que Névou'hadnétsar avait conquis Jérusalem et exilé ses érudits, et les juifs n'avaient toujours pas été délivrés.
A'hachvéroch organisa donc le somptueux festin avec lequel commence la mégila, en utilisant les ustensiles pillés du Temple.

Huit ans plus tôt, Balthazar (fils de Névou'hadnétsar) avait célébré de la même manière. Il avait calculé les 70 ans non pas à partir de la conquête de Jérusalem par Névou'hadnétsar, mais à partir du début de son règne. Lorsque Balthazar vit que les juifs étaient toujours en exil, il organisa également une fête en utilisant les ustensiles du Temples.
Il fut tué cette nuit-là, et Daryavech prit le pouvoir, mettant fin à l'exil babylonien et commençant l'exil perse-mède.
[Ironiquement, de cette manière, la prophétie de Yirmiyahou s'est accomplie selon une certaine interprétation : le royaume babylonien n'a duré que 70 ans.]

A'hachvéroch raisonna ainsi : "Balthazar s'est trompé en calculant la fin de l'exil juif à partir du début de l'ascension de Bavel. Mais j'ai certainement raison [dans mon raisonnement] de calculer les 70 ans à partir de la conquête de Jérusalem par Névou'hadnétsar!"

En vérité, ils avaient tous deux tort : le compte à rebours n'a commencé qu'à partir de la destruction du Temple, lorsque tout le peuple a été exilé. L'exil prendrait fin 11 ans après le festin célébrée par A'hachvéroch.
En ce qui concerne la guéoula, même la guéoula du 2e Temple, personne ne sait. Même les prophètes juifs n'étaient pas sûrs à 100 % du moment où les juifs seraient délivrés.
[ la raison de la confusion entourant la guéoula est qu'elle n'est pas à une date fixe. Il était possible, si les juifs en avaient été dignes, qu'ils aient été délivrés après 70 ans de règne babylonien ou 70 ans après la conquête de Jérusalem par Névou'hadnétsar (Nabukodonozor) et l'exil des érudits.
Hachem laisse diverses possibilités d'interprétation, car la guéoula est une interaction entre nos mérites et l'inévitabilité : la guéoula doit se produire, mais c'est à nous de décider quand et comment (sauf si la date imposée limite est arrivée). ]

Bien sûr, A'hachvéroch ne croyait pas en Hachem et en Ses prophètes. Mais comme tous les apikorsim (hérétiques), il était inquiet, peut-être même inconsciemment, que la Torah soit vraie. Il se considérait probablement comme superstitieux, mais il était inquiet.

Il pensait, comme les grands juifs de son époque, que la reconstruction du Temple marquerait le début de l'ère messianique. Il comprenait que lorsque la royauté serait rendue à Hachem, toutes les royautés imitées des nations disparaîtraient comme des bulles de savon. Et il voulait sa grandeur.

Ainsi, lorsque, selon ses calculs, les 70 ans sont passés sans guéoula (rédemption), il se sentait en sécurité sur son siège sur le trône royal. [bayamim aèm, kéchévét aMmélé'h A'hachvéroch, al kissé mal'houto - Esther 1,2]
Mais en réalité, ce n'était qu'une illusion, comme s'il était assis. La royauté ne lui appartenait pas ; elle appartient toujours à Hachem. Il ne faisait que l'usurper temporairement. Mais avec les juifs toujours sous sa domination, il pouvait se bercer d'illusions en pensant qu'il serait capable de la conserver pour toujours. Il fit donc la fête (un festin), invitant le peuple, y compris les juifs, à se joindre à lui.

Les juifs étaient alors en pleine assimilation. Ils négligeaient l'étude de la Torah, ils étaient faibles dans l'observance des mitsvot, et beaucoup avaient même épousé des femmes non juives. Mais on attendait tout de même d'eux qu'ils s'abstiennent d'aller au festin (voir Méguila 11b).

La nourriture était casher, Mordé'haï s'en était assuré, tout comme les vins. Mais que se passe-t-il lors d'une fête (festin) non juive?
L'essence même des nations est l'immoralité, et les conversations et les divertissements en étaient le reflet. Les juifs n'ont peut-être pas participé à cette dégradation, mais ils en ont été témoins. Et même cela ne représentait que la moitié du problème.

Car que célébrait ce festin? Que les juifs ne seraient jamais délivrés. Que la royauté d'Hachem resterait à jamais prisonnière de l'illusion du pouvoir des non juifs.
Oui, il y avait une crainte de paraître antipatriotiques, mais ils auraient dû être mosser néfech. Ils n'auraient pas dû pouvoir assister à une telle fête (festin), et encore moins l'apprécier. Mais ils l'ont fait.
[le rav Wolfson remarque que l'histoire de Pourim se répète à chaque génération. Ainsi, à chaque génération, il existe quelque chose qui s'apparente à la fête "kasher" d'A'hachvéroch, qui ne viole aucune loi de la Torah, mais qui sape l'essence même de la Torah.]

[par ailleurs, éventuellement à Pourim on doit fêter particulièrement notre émouna dans l'arrivée certaine et prochaine du machia'h, en réparation de notre erreur d'avoir assisté au festin d'A'hachvéroch. ]

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+ Le sauvetage a eu lieu pendant que nous fautions :

-> Normalement les juifs auraient dû être immédiatement punis pour leur faute de participer au festin. Au lieu de cela, Vachti fut tuée.
C'est stupéfiant, note le
Selon le 'Hatam Sofer (drachot 'Hatam Sofer - 7 Adar 5589) cela est étonnant, et dans la chaîne d'événements qui constituent le miracle de Pourim, l'élimination de Vashti était la priorité numéro un.
Le fait que Vachti ait été tuée précisément lors de la fête à laquelle les juifs avaient si gravement fauté en participant démontre quelque chose qui allait plus tard constituer le fondement de ce que les juifs ont appris de leur expérience de Pourim.
Il est écrit : "pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir, de dissoudre mon alliance avec eux ; car je suis l'Éternel, leur D.!" (Bé'houkotaï 26,44).

Personne n'est rebuté par une rose belle et parfumée. Si Hachem dit qu'Il n'est pas dégoûté par le peuple juif, alors Il fait référence à nous dans une situation où nous sommes révoltés contre Lui.

Le Zohar (Vayikra III,115b) explique :
"C'est parmi les juifs que réside la bien-aimée d'Hachem, la Chékhina (Sa présence dans ce monde). C'est pourquoi il est écrit לְכַלֹּתָם (lé'halotam - sans vav) au lieu de לכלותם (lé'halotam - avec vav).
De cette façon, le mot peut être compris non pas comme "les anéantir", mais en raison "de Sa kalla" qu'Il aime."

Cela peut être comparé à une personne qui aime sa femme et qui vit dans un marché où l'on tanne le cuir. Sans elle, il n'irait jamais là-bas [à cause de l'odeur horrible]. Mais parce qu'elle est là, à ses yeux, la tannerie est un marché de parfums, rempli de toutes les bonnes odeurs du monde.

De même, même lorsque les juifs se trouvent dans le pays de leurs ennemis (suite à leurs fautes, à la destruction du Temple), qui est comme une tannerie, Hachem n'est pas dégoûté ni repoussé, à cause de Sa kalla (les juifs) qu'Il aime.

Tout comme nous sommes instinctivement repoussés par une odeur nauséabonde, une personne spirituellement sensible est dégoûtée par un environnement ou une personne fauteuse comme par des égouts. Hachem, le Kadoch (saint) et Tahor (pur) ultime, est repoussé par le mal et la faute.

Mais même lorsque le peuple juif est exilé dans des environnements dégénérés, absorbant lui-même une partie de la puanteur, Hachem n'est jamais tellement répugné qu'Il nous abandonne.

Il est possible d'être écœuré par des biens matériels, des vêtements, de la nourriture, voire de l'argent s'ils sont suffisamment contaminés. Mais une personne n'est jamais dégoûtée par son propre enfant. Le roi peut exiger que le prince ne vienne pas au palais tant qu'il est sale, mais il veillera à ce qu'il se nettoie et puisse finalement entrer.

Au fond de nous, nous sommes les enfants de la Chékhina, nous sommes enracinés dans Hachem. Par conséquent, Hachem n'est jamais dégoûté par nous.
Il était là, dans la saleté de la Perse, alors que nous étions couchés dans les égouts de la faute, nous assurant que nous ne serions jamais détruits.

=> A Pourim, on se renforce dans l'idée que même si nous sommes en plein dans une faute grave sanctionnée par la mort, Hachem reste toujours à nos côté, mettant tout en œuvre pour nous sauver (en témoigne que l'élément principal qui a permis le sauvetage de Pourim s'est déroulé pendant la faute du festin par le peuple. Contre toute logique A'hachvéroch va tuer celle qu'il aime, laissant la place libre pour Ester.)
Ainsi, à Pourim nous faisons la fête car un juif n'est jamais seul, abandonné par papa Hachem. Rien n'est perdu, tout est possible!

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+ Le plus haut pour les plus bas :

-> Pourquoi a-t-il fallu attendre le récit de Pourim pour révéler l'amour inconditionnel d'Hachem pour les juifs? Pourquoi ce secret n'a-t-il pas été révélé à des générations antérieures, plus dignes?

Avant qu'Hachem ne crée le monde, enseignent les mékoubalim, il y eut la "chvirat hakélim", un effondrement des sept mondes primordiaux. Lorsqu'ils se sont brisés, leurs lumières divines se sont retirées vers le haut et des "éclats" sont tombés vers le bas, emprisonnant des "étincelles". À partir de ces "éclats" et de ces "étincelles", Hachem a créé le monde dans lequel nous vivons.

On nous enseigne également qu'il existe un mariage entre chaque "étincelle" en bas et une "lumière" correspondante en haut. Les étincelles qui sont tombées le plus bas trouvent leur origine dans les lumières les plus élevées, car plus quelque chose tombe de haut, plus il tombera bas.

Et les étincelles les plus basses ont en fait besoin des lumières les plus hautes, les plus divines et les plus puissantes. Une simple lampe de poche peut éclairer une fosse de quelques dizaines de centimètres de profondeur. Mais seuls des projecteurs peuvent éclairer un cratère très profond.

Nous sommes donc confrontés à un paradoxe : plus nous tombons bas, plus la lumière qu'Hachem fait briller pour nous ranimer est puissante.
Ou, pour utiliser une autre métaphore, plus le patient est malade, plus le médicament est fort. Pour une personne en arrêt cardiaque, nous utilisons même les chocs puissants d'un défibrillateur.

Dans les profondeurs de Shoushan, Hachem a révélé les lumières du monde spirituel le plus élevé : le Kéter.
Kéter signifie une couronne, ce qui est tout en haut, encore plus haut que la tête. Kéter est si élevé que c'est là que les âmes juives fusionnent avec leur Créateur.
Dans les mondes inférieurs, les êtres humains influencent la réalité. Nos choix améliorent ou empirent les choses. Mais en fin de compte, Hachem ne laisse pas Son monde sous le contrôle des humains ; il en garde les rênes. Depuis les sphères les plus élevées de Kéter, Il manipule la réalité de telle sorte que, quel que soit notre choix, nous marchions vers le tikoun (réparation).

Habituellement, les lumières de Kéter sont cachées. Hashem veut que nous ressentions les résultats de nos actions ; c'est à nous qu'il appartient de nous amener, nous-mêmes et le monde, à la perfection. Nous ne pouvons pas être paresseux.

Mais lorsque les juifs sont tombés si bas qu'ils risquaient de sombrer, Hachem a clairement indiqué que l'échec n'était pas une option.
Alors que nous étions en train de nous noyer dans le fumier, Il a accompli des miracles et assuré notre survie.
Des sphères du Kéter émanent les "13 midot chel ra'hamim", les 13 Attributs (divin) de la miséricorde
Lorsque nous sommes tombés si bas, nous avions besoin des lumières du Kéter, où réside l'amour d'Hachem pour nous est infini, éternel et inconditionnel : "même si nous n'en sommes pas dignes" (af al pi chééno agoun - Béra'hot 7a).
[Pourim correspond généralement à la semaine de la paracha Ki Tissa, où nous apprenons les 13 Attributs. ]

Et c'est ainsi que Pourim nous a appris : "Oh la la, comme Hachem nous aime! Son amour a brûlé dans nos cœurs, allumant en retour un amour qui a abouti à [un réacception de la Torah volontairement par amour, alors qu'au Sinaï c'était dans la crainte] : "Ils l'ont accomplie et ils l'ont acceptée" (Esther 9,27). [Shabbath 88a]

A Pessah, nous célébrons la sortie d'Egypte ; à Shavouot, la réception de la Torah ; et à Souccot, les Nuées de Gloire.
A Pourim, nous célébrons le fait que même si nous retombons dans l'impureté d'Egypte (où l'on a été au 49e niveau d'impureté sur 50), même si nous abandonnons la Torah (à l'image de juifs à Pourim), même si nous sommes expulsés des Nuées de Gloire, Hachem ne nous abandonnera pas. Il nous aime inconditionnellement.
[ A la suite de l'histoire de Pourim, nous avons répondu à l'amour inconditionnel d'Hachem par notre propre amour inconditionnel : nous avons été mosser néfech par millions pour l'amour d'Hachem. ]

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=> Le message de Pourim est que même si nous semblons être la génération la plus faible spirituellement, même si semblons être loin d'Hachem et plein de fautes, et bien, plutôt que d'être une raison de désespérer, c'est l'inverse qui est réalité. Justement parce que nous sommes remplis de fautes, si peu élevé spirituellement, ... et bien notre bassesse implique justement l'éveil d'un amour et d'une présence d'Hachem qui est beaucoup plus importante à notre égard, que cela n'a été le cas avec les générations passées.
A l'image d'un enfant malade, faible, ou bien qui a un handicap, ses parents vont développer un lien et une affection particulière. Ils ont des attentes adaptées à son potentiel, vont davantage être présents et l'aider ...
Ainsi, Pourim doit nous remonter le moral, se basant sur le vrai regard qu'Hachem a sur nous (et non ce que notre yétser ara instille en nous).

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-> Dans les bénédictions de la lecture du Shéma Israël, nous trouvons le terme "ahava rabba ahavtanou" (Tu nous as aimés d'un grand amour).
Le rav Shimon Schwab écrit que le terme "ahava rabba", souvent traduit par "amour abondant", devrait en fait être interprété comme "amour toujours croissant". Chaque jour qui passe, l'amour qu'Hachem a pour nous grandit.
Ainsi, alors que les années s'enchaînent, que cela tant de siècles depuis notre délivrance d'Égypte et du moment où nous nous sommes tenus au mont Sinaï, actuellement Hachem nous aime plus que jamais.

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+ L'importance de l'unité du peuple juif :

-> Pourim tire son nom du "pour", la loterie tirée au sort par Haman pour déterminer le jour où il anéantirait les juifs. Ce jour, comme nous le raconte la méguila, fut transformé en un jour d'anéantissement des ennemis des juifs, suivi d'un jour de repos, célébré comme Pourim.

De toutes les façons dont on peut acquérir des choses, gagner à la loterie reste incompréhensible. Si quelqu'un travaille intelligemment et avec diligence, il est logique qu'il gagne de l'argent réel. L'acquisition par héritage a sa propre logique : nous faisons partie de nos parents et autres proches. Mais pourquoi une personne devrait-elle gagner à la loterie? Personne ne peut l'expliquer.

Le olam hagoral (le monde du tirage au sort) est un autre terme pour désigner le monde de Kéter, le monde qui est au-dessus de la tête, le siège de la compréhension. Le monde du Kéter est également appelé olam haratson, le monde de la volonté [d'Hachem].
Pourquoi Hachem aime-t-il et désire-t-il tant son peuple?
C'est aussi mystérieux qu'une loterie. Nous ne pouvons tout simplement pas comprendre la volonté de Hachem.

Dans le monde de Kéter se trouve également la yé'hida, la racine insondable de l'âme juive où nous sommes fusionnés dans un lien avec notre Créateur. C'est pourquoi le Noam Elimélé'h (paracha Dévarim) a encore un autre nom pour le monde du Kéter, du goral et et la ratson : kol Yisrael (tout Israël).

Dans les mots du Noam Elimélé'h (Dévarim) :
"Il existe un monde appelé "kol Israël", et ce monde est parfait, sans aucun défaut, car la collectivité d'Israël est juste, comme il est dit : "Ton peuple [dans son ensemble] est composé uniquement de tsadikim" (Yéchayahou 60,21).
Même si certains individus fautent parfois, la collectivité (communauté juive) conserve toujours sa sainteté."

Dans "kol Israël, il n'y a pas de juifs meilleurs ou pires. Là, nous fusionnons en tant que collectif, nos actions étant sans importance face à notre essence divine.
Parce que nous sommes enracinés en Lui et que nous sommes essentiellement bons, Hachem nous purifie de nos fautes à Yom Kippour et nous sauve à Pourim.

-> Quand Esther réalisa la gravité du danger, elle pressa Mordé'haï de : "rassemble tous les juifs!" (kénos ét kol aYéhoudim - Esther 4,16). Elle comprit que les juifs étaient trop fauteurs pour être sauvés par leurs mérites.
Cependant, s'ils se rassemblaient, le olam de kol Israël serait révélé. Là, ils seraient jugés selon leur essence, et non selon leurs actions, et seraient sauvés.

La guématria de כְּנוֹס אֶת-כָּל-הַיְּהוּדִים (rassemble tous les juifs) est la même que : הפיל פור הוא הגורל (il tira au sort, c'est-à-dire à la loterie) soit : 667.
Lorsque le peuple juif est uni, il est jugé par le "sort" divin, un système qui transcende le mérite.

Haman comprit cela. Il savait que pour nuire aux juifs, il devait mettre en évidence leur fragmentation. Il les accusa donc d'être "méfouzar ouméforad" (dispersés et séparés - Esther 3,8).

A partir de là, nous pouvons voir la clé de Pourim et de Yom Kippour (qui est kéPourim) : l'unité. Avant Yom Kippour, nous veillons à résoudre les ressentiments ; à Pourim, nous partageons des michloa'h manos, répandant un esprit d'unité.
Ce n'est que par l'unité avec tous les juifs que nous pouvons entrer dans Yom Kippour et Pourim, les jours de Kéter et kol Israël.

Pourim – Un Yom Tov du futur

+ Pourim - Un Yom Tov du futur :

-> Les lumières de Pessa'h trouvent leur origine dans les moments exaltants de la sortie de l'Egypte, Shavouot dans le don de la Torah et Souccot dans les Nuées de gloire.
Par conséquent, chaque année, à mesure que nous nous éloignons de ces moments fondateurs de notre histoire, il devient de plus en plus difficile de nous connecter à ces grands Yamim Tovim. Le défi de nous élever pour les rencontrer devient plus grand.

Mais Pourim est tout le contraire. Chaque année, alors que nous nous précipitons vers les profondeurs de l'humilité, nous obtenons un Pourim de plus en plus grand. Car la source de Pourim ne se trouve pas dans le passé, mais dans l'ère future du machia'h, lorsque les lumières de Kéter (la séfira la plus élevée) rencontreront notre monde et que la yé'hida (le niveau d'âme le plus élevé des 5 niveaux de l'âme juive) de chaque juif sera révélée.
[Dans le monde de Kéter (la séfira qui couronne toutes les autres) se trouve également la yé'hida, la racine insondable de l'âme juive où nous sommes fusionnés dans un lien avec notre Créateur.]

Tout comme "L'homme Mordé'haï devint de plus en plus grand" (a'ich Mordé'haï olé'h végadol - Esther 9,4), la fête de Pourim continue de devenir un Yom Tov de plus en plus grand.

Lorsque le machia'h viendra, disent nos Sages (midrach Michlé 9,2 ; Rambam - Hilkhot Méguila 2,18), tous les Yamim Tovim seront annulés comme une goutte de lait dans une grande marmite de viande.
La lumière du machia'h sera si intense que nous ne remarquerons plus les lumières des Yamim Tovim.
Mais Pourim est l'exception. [ainsi que Yom Kippour selon un avis de ce midrach Michlé]
À l'aube de l'ère du machia'h, nous grandirons enfin dans Pourim et approfondirons à jamais notre compréhension de cette fête.
Aujourd'hui, nous célébrons Pourim non pas tant comme une commémoration du passé, mais comme un emprunt à la joie qui régnera aux jours du machia'h.

[de même que Kippour va acquérir l'aspect de réjouissance (oneg) de Pourim, de même Pourim va acquérir du "yom chékoulo Shabbath" de Kippour, ce qui va l'élever d'un jour de semaine à un jour de Shabbath. Ces 2 Yamim Tovim se serreront la main en s'unissant pour devenir semblables.
(le Tikouné Zohar (tikoun 21) dit que Yom Kippour est une jour ké-Pourim, un jour "comme" Pourim.)]

-> Pourim consiste à effacer Amalek, à éliminer tout ce qui bloque la révélation d'Hachem. Chaque année, notre guerre contre Amalek s'intensifie à mesure que nous sommes confrontés à des défis de plus en plus puissants dans la émouna. C'est pourquoi nous obtenons un Pourim plus puissant pour combattre un Amalek (renouvelé) plus puissant.
Lorsque le machia'h viendra et qu'Amalek sera complètement effacé, nous aurons enfin vraiment Pourim. Nous comprendrons alors l'histoire de la méguila, qui semble si banale à première vue, comme un code révélant l'histoire de l'évolution de la création dans sa quête pour reconnaître et rencontrer son Créateur.
Alors, le Créateur et la création se rencontreront ; les lumières les plus élevées entreront dans les mondes les plus bas, les purifiant et les élevant. Nous aurons Pourim toute l'année.

[d'après le rav Moché Wolfson ]

"Dont son nom était Mordé'haï" (Esther 2,5).

-> La guémara (Méguila 15a) affirme que le prophète Mala'hi était en réalité Mordé'haï.
Il était appelé Mala'hi (qui signifie littéralement "mon ange") parce qu'il était le vice-roi d'Achashveirosh (comme indiqué dans Esther 10,3).
Le Maharcha explique que, puisque Mordé'haï était vice-roi, il était aussi important qu'un ange (mala'h), et c'est pourquoi il était appelé Mala'hi.

Le rav 'Haïm Kanievsky propose une autre explication : le mot mala'h (ange) signifie littéralement
"messager" (comme dans Béréchit 32,4 : "vayichla'h Yaakov méla'him" - voir Onkelos).
Le vice-roi du roi est essentiellement son messager, qui transmet et exécute les ordres du roi.
Comme Mordé'haï était vice-roi, il était appelé Mala'hi, un terme qui désigne un messager.

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-> Selon le midrach (Esther raba 7,18) rapporte que lorsque Haman a publié son décret contre les juifs, Eliyahou HaNavi, dans le ciel, a informé Moché Rabbénou de ce décret. Moché a demandé à Eliyahou : "Y a-t-il une personne digne dans cette génération?" Eliyahou a répondu : "Oui, son nom est Mordé'haï."
"Dis-lui, a dit Moché, qu'il doit prier là-bas et que je prierai ici ; ensemble, nous pourrons demander la miséricorde de Hachem."
D'après le rav 'Haïm Kanievsky, il ressort de ce midrach que Mordé'haï était le seul juif vivant capable de prier efficacement pour annuler le décret d'Haman. C'est pourquoi il était considéré comme celui dont les prières étaient entendues par Hachem (ben chim'i [de chama par Hachem] - méguila 12b).

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+ Après la défaite d'Haman : "Les juifs avaient la lumière" (laYéhoudim ayéta ora - Esther 16b).

-> La guémara (Méguila 16b) précise que la lumière fait référence à la Torah.
Rachi explique qu'Haman avait interdit aux juifs d'étudier la Torah ; après sa chute, les juifs retrouvèrent la lumière de la Torah.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique que c'est pour cela que Mordé'haï est le fils de Yaïr (ben Yaïr, ben chim'i - Esther 2,5) "illumina les yeux" du peuple juif (é'ir - illumina - Méguila 12b) : grâce à ses efforts, ils retrouvèrent la "lumière" éclatante de la Torah qu'Haman avait cherché à supprimer.

Etre ivre à Pourim

+ Etre ivre à Pourim :

-> La guémara (Méguila 7b) dit : "À Pourim, une personne est obligée de boire jusqu'à ne plus faire la différence entre "Béni soit Mordé'hai" et "Maudit soit Haman"." [ad délo yada]

Du point de vue halakhique, certains disent que nous sommes obligés de boire du vin jusqu'à l'ivresse. D'autres disent que l'obligation est de boire plus que d'habitude, puis de faire une sieste afin de perdre conscience pendant le sommeil. [Choulkhan Aroukh OC 695,2 ; Rama ad loc. ]

La caractéristique la plus importante de l'être humain, celle qui nous permet de faire des choix moraux, est notre "daat", notre discernement, notreconscience mûre, rationnelle et consciente. Tous nos efforts et toutes nos aspirations visent à acquérir toujours plus de daat.
Alors pourquoi sommes-nous obligés d'atteindre un état de "lo yada", d'ignorance, de perte de daat à Pourim?

La séfira la plus élevée est Kéter (une séfira est un attribut ou une émanation par laquelle Hachem interagit avec le monde). La réalité de cette séfira est si élevée qu'elle appartient au futur, au olam aba (monde à Venir), au yom shékoulo shabbath. Par conséquent, lorsqu'elle fait irruption dans notre monde, nous ne pouvons tout simplement pas l'absorber.

Il y a une limite à ce que nous pouvons supporter (ex: en raison de lien actuellement avec la matérialité, le physique étant limité), certains degrés de sensation sont tout simplement trop forts. Mais nous avons besoin du Kéter (cette émanation divine la plus puissante) pour nous sauver à Pourim.
[alors que le Kéter est là par moment à Kippour, il est présent toute la journée de Pourim. ]
Que fait donc le médecin lorsque le patient a besoin d'un traitement trop douloureux pour lui? Il l'endort.

C'est pourquoi nous renonçons à notre daat à Pourim. Nous savons que la conscience rationnelle et consciente empêchera simplement les lumières de Pourim de faire ce qu'elles doivent faire.
Nous abandonnons notre esprit à Hachem afin qu'Il puisse faire briller à travers nous les lumières les plus élevées et les plus puissantes de la réalité du Kéter, irradier nos âmes de ses rayons guérisseurs et nous guérir au plus profond de notre être.

Des choses amusantes se produisent lorsque Kéter touche le sol à Pourim.
Nous ne pouvons tolérer le goût de ce remède intense, il est donc masqué par des arômes sucrés. Le saint des saints de Kéter est recouvert de clowneries, de bruit et de chaos qui rendent tout le monde (même les soi-disant "sobres", comme nos rabbanim, nos anges vivant dans ce monde) ivre en ce jour.
Les petits enfants, tous dissimulés sous leurs costumes, sont ceux qui nous disent ce qu'est Pourim : une fête où tout le monde se déguise.

[c'est pourquoi les miracles de Pourim sont cachés dans la nature et pourquoi le nom d'Hachem est absent de la méguila. La racine d'où vient Pourim ne peut être "révélée" à notre époque, que lorsqu'elle est "dissimulée".
Le Maharal (Ohr 'Hadach - Hakdama) explique de manière similaire que les miracles provenant d'au-delà de ce monde doivent être cachés, tout comme tout ce qui est d'une grande sainteté. ]

En fait, Pourim ne peut tout simplement pas se manifester là où il y a une révélation d'Hachem. C'est pourquoi il n'y a pas un Pourim identique à Jérusalem, lieu où la Chékhina est davantage dévoilée, mais uniquement un Shoushan Pourim.
Ce n'est que dans la dissimulation que nous pouvons avoir pleinement Pourim.

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-> Le rabbi Naftali Katz d'Amsterdam dit : "A Pourim, ce que nous accomplissons habituellement par des prières larmoyantes, nous l'accomplissons à Pourim par des festins et des danses". [voir le Divré Shmouël]

-> Le 'Hidouché HaRim (Sifté Tsadik - Pourim 53) explique ainsi : une personne a accompli un acte très noble et a reçu le pouvoir de voir toutes ses bénédictions se réaliser. Cependant, on ne pouvait lui faire confiance avec ce pouvoir, car il aurait béni tout le monde pour tout. C'est pourquoi Hachem l'a rendu ivre.
De même, nous avons un pouvoir de prière énorme à Pourim (étant dans la réalité élevée du Kéter). C'est pourquoi nous sommes rendus ivres.

En réponse, un 'hassid demanda : "Rabbi, peut-être ne devrions-nous pas boire?"
Il lui répondit : "Si vous ne vous enivrez pas, ce ne sera pas Pourim pour vous".
Pourim est tout simplement trop grand pour que nous puissions l'absorber de manière consciente et responsable (notre état en ne buvant pas).
[l'alcool ne doit pas être utilisé pour lâcher prise animalement, mais plutôt spirituellement. On endort notre aspect animal, pour laisser la main à l'incroyable puissance divine de ce jour, de pouvoir nous impacter le plus possible. ]

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-> A Pourim, un objectif est de tendre vers un état où l'on est ivre. Or en temps normal, il n'y a rien de plus dégoûtant, de plus méprisant pour nos Sages que la personne qui se noie dans le vomi de son ivresse.
Quel est le sens de se représenter à Pourim dans un tel état?

Nous symbolisons le type de juif pour lequel Pourim a été créé : les plus bas (spirituellement parlant), ceux qui n'ont aucun mérite pour se présenter devant leur Créateur, qui ne peuvent tirer leur encouragement que du domaine de Kéter où se révèle la yé'hida.
[même un juif qui fait les pires choses garde intact (pure) en lui cette partie d'âme. Puisqu'il y a toujours en nous une part de divinité (prenant racine dans la plus haute sphère céleste, dans le kéter, ce qui n'est pas le cas pour les anges, les non juifs), on peut toujours reconstruire, on est toujours aimé et important auprès d'Hachem.
Selon nos Sages, il y a certes une diminution du niveau spirituel après chaque génération, mais il y a une augmentation de la 'taille' de la yé'hida en nous. L'idée est que plus nous sommes faibles, plus nous sommes dans un monde obscur spirituellement, alors le plus Hachem se doit d'être toujours à nos côtés pour notre bien.
Ainsi dans l'histoire, il n'y a jamais eu au sein de tout juif autant de divinité (âme) qui reste pure quoiqu'on puisse faire.
Pourim est un jour où l'influence de la séfira la plus élevée (kéter) est constamment là ; nous prenons du vin pour anesthésier et laisser ressortir cette yé'hida (la racine, le niveau le plus élevé des 5 niveaux de l'âme juive).
(Dans le monde de Kéterse trouve également la yé'hida, la racine insondable de l'âme juive où nous sommes fusionnés dans un lien avec notre Créateur.)
Alors qu'en temps normal nous semblons être une personne ordinaire, simple (voir remplie de fautes), à Pourim nous réalisons que cela est un déguisement que nous vend notre yétser ara, car en réalité tout juif est une partie d'Hachem (restant toujours pure). Nous sommes sublimes, brillants, et si magnifiques aux yeux d'Hachem. ]

Plus un tsadik est grand, plus il est sensible à la lumière, à la joie et au plaisir du Shabbat. Plus le niveau spirituel d'une personne est élevé, plus elle tire profit de Pessa'h, de Shavouot et de Souccot. Mais les personnes vertueuses tirent très peu de profit de Pourim.
Pour Pourim, il faut être bas, abattu et brisé. Plus nous nous sentez rejeté, expulsé et éloigné de la sainteté, plus nous profitons de Pourim. Moins nous nous sentons digne, plus nous ressentons profondément l'amour inconditionnel de Hachem.

A Pourim, nous découvrons une autre dimension du "vé'nahafo'h hou" (et cela s’est inversé ; le contraire s'est produit) : plus un juif semble petit, plus il devient grand à Pourim.
Pourim consiste à atteindre un point où tout se confond. Nous ne pouvons plus discerner la différence entre Mordé'haï et Haman, notre daat a disparu. C'est alors, nous accédons enfin au yé'hida, le point central de notre âme où rien de ce que nous faisons ou sommes ne fait de différence ; nous sommes simplement les enfants bien-aimés d'Hachem.
[c'est comme si on enlevait tous nos déguisements/masques de l'année, qu'on se mettait à nu en remontant à la source première d'un juif : c'est un enfant adoré de papa Hachem, dont son âme provient de la réalité la plus élevée, la plus intime de la divinité. ]

-> La valeur numérique : "Arour Haman" (ארור המן) est de 502, soit la même que : "Barou'h Mordé'haï" (ברוך מרדכי).
Dans un sens plus profond est que ces 2 expressions symbolisent que même si un juif est tombé si bas qu'extérieurement personne ne peut faire la différence entre lui et Haman, au cœur de la yé'hida, on peut dire qu'un juif est un juif.

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-> "Quelle grande nation a un D. qui lui est proche, comme l'est Hachem, notre D., chaque fois que nous l'invoquons?" (Vaét'hanan 4,7)
De même : "Hachem est proche de tous ceux qui L'appellent avec sincérité" (Téhilim 145,18).
[d'une certaine façon, en ce jour où l'on est dans la réalité la plus élevée (Kéter), où notre âme est davantage épanouie, le fait d'être ivre peut faire tomber le masque de tout ce qui normalement nous inhibe, nous empêche de vider notre intériorité à Hachem.
On se rend compte que le juif qui est plutôt "Arour Haman" comme celui qui est plutôt "Barou'h Mordé'haï", les deux sont autant écoutés et proches d'Hachem lorsqu'ils L'invoquent avec une total sincérité. ]

-> A Pourim, nous ne nous réjouissons pas de notre Torah, de notre prière ou de notre tsédaka. Nous ne tirons pas de satisfaction de nos accomplissements spirituels.
Aveuglés par la lumière de la grandeur de nos propres âmes (qui se dévoilent en ce jour), nous exultons : "Nous sommes juifs!"
Le grand secret révélé par le vin de Pourim est la bonté infinie de l'âme juive.
[par exemple, extérieurement on a un habit qui est identique à un non juif (ex: une bouche, des yeux), mais à l'intérieur nous avons une âme qui provient d'une racine beaucoup plus élevée (du sommet, de la couronne des séfirot), faisant que nous avons des capacités et un impact dans les mondes Supérieurs énorme à chaque seconde.
Nous nous réjouissons de la grandeur, de l'honneur d'être juif, et le vin facilite cet aspect festif, tout en endormant la responsabilité qui va avec, le stress d'être à la hauteur dans notre comportement.
A Pourim, dans le "Chochanat Yaakov", nous louons : "Mordé'haï haYéhoudi" (Mordé'haï le juif).
Le rabbi de Klausenbourg (dans son Shéfa 'Haïm) dit : 'haYéhoudi = "considérez le fait que Mordé'haï ne reçoit pas le titre de nassi, gaon ou tsadik, mais simplement celui de juif ; car c'est le titre le plus grand et le plus important de tous".

En effet, la plus grande louange pour un être humain est d'être juif(ve).
En ce sens, selon rabbi Na'hman de Breslev : "si un juif savait ce que c'est ["simplement" le fait] d'être juif, il serait joyeux et il danserait [non-stop sur ce que cela implique] jusqu'à ses 120 ans (im yéhoudi aya yodéa ...)".
(si nous avions réellement conscience de ce qu'implique le fait d'être juif, nous aurions besoin de nos 120 ans de vie, pour fêter cela, tellement c'est un cadeau énorme! )
Le Zohar dit que la plus grande joie est celle de savoir que nous sommes juifs. ]

-> A partir de cet état d'ivresse, nous pouvons nous réconcilier avec Hachem. Comme l'ont expliqué les Rabbanim de Slonim : imaginez quelqu'un qui a fait du tort à son meilleur ami, créant un fossé dans leur relation, mais qui se sent mal à l'aise de lui présenter ses excuses.
Il boit donc, relâchant ses inhibitions, et peut alors s'étreindre en pleurant : "Oh, comme je t'aime! Je suis tellement désolé! Soyons à nouveau les meilleurs amis!"
Le passé est le passé. Nous repartons à zéro à partir d'aujourd'hui. À Pourim, nous nous "réconcilions" avec notre Créateur.

[d'après le rav Moché Wolfson ]

Les juifs de Shoushan qui n’ont pas participé au festin

+ Les juifs de Shoushan qui n'ont pas participé au festin :

-> Le midrach (Esther raba 7,13) affirme que 18 500 juifs ont assisté au festin d'A'hachvéroch [destinés aux habitants de la capitale du royaume Shoushan].

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit :
Tous les juifs de Shoushan ne sont pas venus au festin.
Mordé'haï a conseillé aux juifs de ne pas y assister, et certains juifs l'ont écouté (voir midrach Esther raba 7,13). Combien ont écouté Mordé'haï?
La Méguila (Esther 9,6) indique que pendant la bataille du 13 Adar, les juifs de Shushan ont tué 500 personnes.
Le Targoum indique que ces 500 personnes étaient des Amalécites. On peut supposer que ce sont les juifs qui n'avaient pas assisté au festin qui ont eu l'occasion de tuer ces 500 Amalécites.
[étant donné que c'est parce qu'ils avaient assisté au festin d'A'hachvéroch qu'Haman avait été autorisé à promulguer son décret, comme l'indique la guémara (Méguila 12a), il est probable que les juifs qui avaient assisté au festin n'aient pas eu l'occasion d'être en première ligne pour tuer les Amalécites. ]

Alors, combien de juifs ont tué les 500 Amalécites?
La Torah nous commande d' "effacer" la mémoire d'Amalek. Il y a une autre mitsva à propos de laquelle il nous est ordonné d' "effacer" quelque chose, à savoir le commandement d'effacer le rouleau écrit pour la Sotah (femme infidèle ; voir Bamidbar chap.5).
Concernant cette mitsva, Yérouchalmi (Sotah 3:3) déclare que pour accomplir la mitsva d' "effacer" le rouleau, deux lettres doivent être effacées. Cela indique qu'effacer moins de deux éléments n'est pas considéré comme "effacer".
Si tel est le cas, afin d'accomplir la mitsva d' "effacer" Amalek, une personne doit "effacer" deux Amalécites. Nous pouvons donc en conclure que les 500 Amalécites ont été tués par un groupe de 250 juifs, chaque juif tuant deux Amalécites afin d'accomplir la mitsva d'effacer Amalek.

Nous pouvons donc en déduire que 250 juifs de Shoushan n'ont pas assisté au festin d'A'hachvéroch.
Shoushan comptait 18 750 juifs.

Michté véSim’ha

+ Michté véSim'ha (par le rav Wolfson) :

-> Le rabbi de Kamarna révèle un fait qu'il avait reçu en secret des tsadikim : lors du repas (séouda) de Pourim, même un simple juif peut s'élever de plus en plus haut jusqu'à la chambre de n'importe quel tsadik du Gan Eden dans laquelle il souhaite entrer.
"J'ai révélé ce secret", explique le rabbi de Kamarna, "par amour pour les juifs".

-> Alors que nous mangeons en compagnie de Mordé'haï et Esther, le cœur dans la chambre d'un tsadik auquel nous sommes connectés, notre objectif n'est pas de nous assurer d'obtenir une part de chaque type de viande qui sont sur la table, mais plutôt d'absorber les lumières de Pourim.
Durant tout Pourim, les lumières de la méguila, les matanot la'evyonim, les michloa'h manot, l'amour inconditionnel d'Hachem, notre acceptation renouvelée de la Torah, [toutes ses lumières spirituelles] se déverse dans la séouda de Pourim.

Chaque Yom Tov est lié à l'alimentation et a son propre type de nourriture. À Pessa'h, il a une mitsva de manger de la matsa ; à Shavouot, il existe une coutume de manger des mets laitiers ; nous mangeons dans la soucca à Souccot ; à Hanoucca, nous mangeons des beignets ; et à Pourim, nous consommons des oreilles d'Haman.
Manger fait partie de chaque jour élevé [du judaïsme], car c'est en ingérant de la nourriture matérielle que nous sommes capables d'absorber la lumière et la signification du Yom Tov, non seulement spirituellement, intellectuellement et émotionnellement, mais aussi physiquement.

L'ère du machia'h sera également inaugurée par une séouda.
Hachem a préparé la viande, le poisson et le vin de cette séouda pendant les six jours de la création.
Le vin de la séouda du machia'h est appelé : "yayin améchoumar ba'anavav", un vin conservé dans ses raisins. Il nous ouvrira à la conscience de cette ère nouvelle et exaltée.
[yayin méchoumar (יין המשומר) a la même guématria que Esther (אסתר), soit 661.]

Le vin bu pendant la fête de Pourim provient du vin du machia'h.
Un etrog, qui n'est qu'un agrume ordinaire valant quelques centimes, peut se vendre à des centaines d'euros (shekels) avant Souccot. Les noms d'Hachem, qui sont les halakhot de la mitsva, confèrent à l'etrog une valeur infinie.
De même, le vin ordinaire prend une valeur énorme à Pourim, car il est imprégné des lumières élevées de l'époque du machia'h.
[de même que durant toute l'année (hors souccot) un étrog n'a pas d'impact, de même un vin ordinaire a un pouvoir et un impact énorme à Pourim. ]

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-> Le michté, le festin qu'on accompagne avec du vin, occupe une place importante dans la fête de Pourim, car il a joué un rôle majeur dans la méguila. Du somptueux michté d'A'hachvéroch et Vachti, au michté qui a suivi le couronnement d'Esther, en passant par les deux michté qu'Esther a organisés pour A'hachvéroch et Haman, et les michté que les juifs ont célébrés après avoir reçu les lettres de Mordé'hai les informant de leur droit à l'autodéfense, chaque yéchoua (délivrance) est lié à son michté.

Par le michté de Pourim, nous puisons dans les michté du salut de la méguila. Tout comme lors des deux michté d'Esther, lorsque : "Le roi dit : Quelle est ta demande, et elle te sera accordée" (Esther 2,18).
Hachem se tourne vers chaque juif lors de la séouda de Pourim, et offre à chacun d'eux de répondre à ses demandes.

La présence de Mordé'haï et Esther ouvre les sphères célestes les plus élevées, appelées 'rav 'hessed" (bonté abondante).
En ce grand jour de Pourim, Hachem nous offre de répondre à nos demandes avec une "bonté abondante" ; il suffit de Lui demander.

[ ce rav 'hessed provient des sphères du Kéter (la séfira la plus élevée), où les 13 Attributs de miséricordes proviennent.
Ce type de 'hessed est beaucoup plus élevé que la séfira de 'hessed qui est l'opposé de la guéouva. ]

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+ La coutume de le finir dans la soirée :

-> Alors que selon la halakha, la séouda de Pourim devrait, pour l'essentiel, être consommée le jour même de Pourim, beaucoup ont pour coutume de se laver les mains juste avant le coucher du soleil et de poursuivre la séouda tard dans la nuit.

Ce faisant, les juifs se connectent à leur désir et à leur amour les plus profonds : Jérusalem. Car alors que Pourim s'achève partout dans le monde, il ne fait que commencer à Jérusalem, où Shoushan Pourim est célébré le 15 Adar. Et les juifs veulent faire la fête avec Jérusalem. Car qu'est-ce qui a déclenché l'histoire de Pourim et la menace d'anéantissement d'Haman?
Les juifs qui se sont joints à le festin d'A'hachvéroch pour célébrer que Jérusalem ne serait plus reconstruite (pour lui les 70 ans amenant à sa reconstruction étaient passés).
En faisant coïncider notre séouda avec le Pourim de Jérusalem, nous affirmons fermement : "Si j'oublie
Jérusalem, que ma main droite oublie [son habileté]" (Téhilim 137,5).
[d'une certaine façon, de même qu'on a pu fauté en participant au festin fêtant la non reconstruction du Temple (et donc renforcer notre désespoir de le voir reconstruit), de même à Pourim, nous fêtons notre certitude, notre émouna totale, notre impatience, que le Temple soit reconstruit au plus vite. ]

-> Tout comme les portes de la miséricorde restent ouvertes à Yom Kippour pour ceux qui prient encore la Né'ila après la tombée de la nuit, les chambres de Pourim [au ciel] restent ouvertes alors que nous nous réjouissons des derniers moments de notre séouda de Pourim.
Tant que c'est encore Pourim, nous pouvons nous connecter, prier pour des délivrances et supplier Hachem de reconstruire Jérusalem.

[rav Moché Wolfson]

Pourim & la changement de la nature du mois d’Adar

+ Pourim & la changement de la nature du mois d'Adar :

"Et le mois qui avait été transformé pour eux d'un mois de tristesse en un mois de joie" (Esther 9,22).

=> Quelle est la signification du fait que le mois d'Adar ait été transformé pour les juifs d'un mois de tristesse en un mois de joie? En quoi ce mois est-il significatif?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique qu'en réalité le principal salut qui s'est produit à l'époque de Pourim est que le mazal, le destin déterminé par les signes célestes, a été transformé pour les juifs.
Le mois d'Adar était en fait une période de mauvais mazal pour le peuple juif, comme l'indiquaient les sorts tirés par Haman. (Sanhédrin 102a, qui explique qu'il y a des moments plus propices que d'autres aux catastrophes.)

Cependant, Hachem a transformé la nature même du mois.
La nature du mois d'Adar a été tellement modifiée qu'il est dit que si un juif a un procès contre un non-juif, il doit le programmer pendant le mois d'Adar, car Adar est une période de bon mazal pour les juifs (Taanit 29a).
Ce fut le miracle principal de Pourim : le changement de la nature du mois.
Comme le dit la Agadat Esther (9,1) : "Venez voir comment ce jour, dont tous les sorciers et les astrologues avaient convenu que les juifs n'avaient aucun espoir de s'en sortir, ce jour même s'est transformé en un jour de salut pour les juifs, un jour où ils ont vaincu leurs ennemis".

C'est pour cette raison que la fête s'appelle "Pourim", du mot pour (tirage au sort), comme indiqué dans le verset (9,26). À première vue, ce choix de nom semble étrange ; pourquoi le tirage au sort est-il si important?
La réponse est que le miracle principal de Pourim fut que ce jour et ce mois, que les sorts d'Haman avaient prédit comme une période de mauvais mazal pour le peuple juif, se transformèrent en une période de bon mazal.

Vin de Pourim & mort de Rav Zéra

+ Vin de Pourim & mort de Rav Zéra :

-> Le guémara (Méguila 7b) rapporte :
Les Amoraïn Rabba et Rav Zéra ont mangé ensemble la Séouda de Pourim. Ils se sont enivrés, et Rabbah a tué Rav Zéra. Le lendemain, lorsque Rabba a retrouvé ses esprits, il a réalisé ce qu'il avait fait ; il a prié Hachem, et Rav Zéra a été ressuscité. L'année suivante, Rabba invita à nouveau Rav Zéra à se joindre à lui pour le repas de Pourim. Rav Zéra refusa, disant : "Un miracle ne se produit pas à chaque fois!"

-> Les commentateurs proposent de nombreuses explications à cette guémara. b'h, voir : 2°/ Meurtre mystérieux : https://todahm.com/2023/04/13/boire-du-vin-a-pourim-le-saviez-vous

-> Le rav 'Haïm Knaievsky propose une explication donnée par son père, le Steïpler :
Rabbah et Rav Zéra avaient des approches différentes de leur service d'Hachem.
Rabba était de nature très joyeuse (voir, par exemple, Shabbat 30b, qui indique que Rabba : "avant de commencer à enseigner la halakha aux Sages, il lançait une plaisanterie, ce qui les faisait applaudir. Ensuite, il s'asseyait dans la crainte et commença son enseignement").
Rav Zéra avait un caractère plus sombre : il jeûnait tous les vendredis en signe de deuil pour le Temple qui avait été détruit, et il jeûnait à de nombreuses reprises pour être épargné du châtiment dans le Guéhinam (voir Baba Métsia 85a ; Yérouchalmi - Taanit 2,12).

Or, lorsqu'une personne est ivre, ses traits de caractère intrinsèques sont souvent amplifiés. Ainsi, lorsque Rabba s'enivrait, il devenait encore plus joyeux. En revanche, Rav Zéra devenait plus morose (triste) et se mettait à pleurer.
Rabba se tourna alors vers Rav Zéra et lui dit : "Tu pleures maintenant, le jour de Pourim!" En signe de protestation, Rabba égorgea Rav Zéra.

Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute avec légèreté : "Souvent, on voit des talmidé 'hakhamim ivres se mettre à pleurer sur leurs fautes. Si Rabba était là, il les tuerait! Selon lui, Pourim est un moment réservé à la joie!"

La forme des Tables de la Loi

-> De nombreuses personnes argumentent que les Tables de la loi (Lou'hot) avaient une forme carrée. Toutefois, depuis plusieurs siècles, nous pouvons constater que les Tables de la loi qui sont représentées dans les différentes synagogues présentent une partie carrée à leur base en bas tandis qu'elles sont arrondies sur le dessus.

Sur ce point, le rav Moutsafi rapporte une source qu'il a trouvée dans les paroles de Rabbi Moché Cordovéro qui a écrit que les Tables de la loi étaient conçues de lumière spirituelle qui descendait depuis les hauteurs des mondes supérieurs, ressemblant à deux gouttes d'eau de grande taille sur lesquelles étaient inscrites les 10 Paroles divines.
Lorsque Moché Rabbénou est revenu avec les Tables de la loi pour les faire descendre sur terre, elles ont pris une forme carrée depuis le bas, tout comme une goutte d'eau qui aurait été congelée prendrait une forme carrée et saisie en fonction du moule. Par contre, leur forme supérieure est restée intacte, comme dans les cieux, bien qu'elles soient descendues sur terre.
C'est la raison pour laquelle elles ont gardé une forme arrondie, comme une goutte d'eau, tandis qu'elles étaient carrées à leur base inférieure.
Nous apprenons d'ici une source selon laquelle les Tables de la loi étaient bien de forme arrondie au-dessus, tandis qu'elles avaient une forme carrée en dessous.