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Kavana dans notre étude de la Torah

Dans son commentaire sur le Ora'h 'Haïm, le Ba'h écrit que "la raison pour laquelle les Bné Israël ont été exilés de leur terre est qu'ils étudiaient la Torah uniquement pour acquérir des connaissances, et qu'ils ne se préoccupaient pas de la richesse spirituelle et de la relation plus étroite avec Hachem que l'étude de la Torah entraîne. Il y avait donc une lacune fondamentale dans leur façon d'étudier".
Nous voyons combien il est important de ne pas ignorer cet aspect fondamental de ce qu'accomplit l'étude de la Torah.

[ainsi on voit l'importance d'avoir de telles pensées pour réparer celles passées, et déclencher la venue du machia'h (avec la réunion des exilés et la construction du 3e Temple). ]

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-> Afin de récolter tous les avantages de la lumière brillante qui provient de l'étude de la Torah, une personne doit toujours en être consciente.
L'étude de la Torah rapproche l'âme d'un juif d'Hachem, et plus une personne est consciente du pouvoir qu'a la Torah d'unir son âme à son Créateur et de récolter les avantages spirituels de Sa lumière élevées, plus elle a de chances d'en tirer profit.
Bien que ces réalités soient présentes, qu'il en soit conscient ou non, le fait de les connaître augmente leur pouvoir.
[rav Yaakov Ades - Ahavat Torah - chap.2 ]

Selon rav Yéhouda bar Idi qui cite rabbi Yo'hanan, la Présence Divine s'est déplacée à 10 reprises (à l'époque du 1er Temple) ...

Voici, selon la tradition, les 10 déplacements de la Présence Divine : du propitiatoire (kaporét) au chérubin (kérouv), du chérubin au seuil du Temple, du seuil à la cour ('hatser) du Temple, de la cour à l'autel (mizbéa'h), de l'autel au toit du tabernacle (hékhal), du toit au mur d'enceinte du parvis ('azara) du Temple, du mur d'enceinte à la ville (de Jérusalem), de la ville vers le mont des Oliviers, du mont des Oliviers au désert.
Du désert, la Présence Divine remonta vers Sa résidence (dans les cieux), selon le verset : "Je m'en irai et Je reviendrai dans Ma résidence" (Ochéa 5,15) ...

Rabbi Yo'hanan dit : La Présence Divine attendit 6 mois dans le désert qu'Israël se repente, mais Israël ne se repentit pas.
Hachem dit alors : "Que leur âme expire!"

[guémara Roch Hachana 31a]

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-> Après qu'Israël ait fauté et jusqu'à la destruction du 1er Temple, la Présence Divine s'est retirée peu à peu et non pas brusquement en une seule fois.
Hachem espérait, à chaque étape de la Présence Divine, que le peuple d'Israël fasse téchouva afin d'arrêter le processus d'exil de la Présence Divine (ché'hina).
[Rachi]

[d'après le Sifté 'Hakhamim, de la même façon que la Présence Divine s'est éloignée du Temple où elle résidait initialement en 10 étapes, de même le Grand Sanhédrin (le Tribunal de 71 sages) s'est exilé et s'est éloigné progressivement du Temple, d'où il siégeait initialement en 10 étapes.

D'après le Ben Ich 'Haï, c'est parce que ce monde-ci a été créé par 10 Paroles, donc en 10 étapes, qu'Hachem a retiré progressivement Sa Présence Divine de ce monde en 10 étapes.]

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=> A quoi correspond cette période d'attente de 6 mois?

-> Le Maharcha explique :
Les 6 mois d'attente de la Présence Divine dans le désert, dans l'espoir d'une téchouva d'Israël, ont eu lieu durant les 6 mois du siège de Jérusalem par le roi de Bavél Névoukhanétsar et ses troupes.
D'après le chapitre 52 du prophète Yirmiyahou, ces 6 mois ont commencé le 10 tévét (début du siège de Jérusalem) et se sont terminés le 9 tamouz (1ere brèches dans les murailles).

En conséquence du non repentir des enfants d'Israël, la Présence Divine est remontée au Ciel le 9 tamouz, et c'est pourquoi depuis ce jour, nous ne pouvions plus offrir l'offrande quotidienne (korban tamid).

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
"Le Sage a les yeux et le sot marche dans les ténèbres" (Kohélet 2,14)
La durée de 6 mois peut être justifiée par le fait que cette période dure environ 180 jours, qui fait allusion à la valeur numérique du mot : "énaïm" (les yeux - עינים), de guématria : 180.
Ainsi, la durée de 6 mois leur a été accordée afin que leurs yeux se dessillent et qu'ils se repentent.

[par amour infini, pour ainsi dire, Hachem avait les yeux constamment tournés vers nous, scrutant et espérant la moindre miette de téchouva pour pouvoir revenir étreindre Son peuple chéri!
Rempli de patience, Papa Hachem était comme nous suppliant : "s'il vous plaît, mes enfants adorés, ne M'obligez pas à m'éloigner de vous! J'ai tellement envie d'être au plus proche de vous, vous comblant des meilleures bénédictions!!" ]

"Quand Je (Hachem) susciterai des malheurs contre vous pour que vous vous repentiez, si vous considérez que ces événements sont le fruit du hasard, Je multiplierai Ma colère par la même attitude semblant venir par hasard!"

[Rambam - Hilkhot Taaniyot - chap.1,1-3]

[Même] s'ils ont eu une maison/foyer paisible pendant la semaine, lorsque Shabbath arrive ils doivent se couvrir l'un l'autre de mots agréables et de davantage d'amour.

[Tikouné Zohar - p.64b]

"Il ne voit pas le mal en Yaakov ... Hachem son D. est avec lui" (Balak 23,21)

-> Même si une personne commet des fautes, s'il porte sur lui le joug de la Royauté Divine et qu'il accepte qu'Hachem est son D. et son Roi, alors Hachem ne verra pas et ne considérera pas ses fautes, car Il les considérera comme accidentelles.
En effet, un homme qui est conscient de la Royauté d'Hachem sur lui, même s'il commet une faute, elle ne peut être profonde et enracinée. Ses fautes ne sont que des accidents de parcours, commises un peu contre son gré, et Hachem ne les considère pas.

Cela est en allusion dans ce verset :
"Hachem ne voit pas le mal en Yaakov " si "Hachem son D. est avec lui" = Si un homme prend avec lui cette réalité qu'Hachem est son D. et son Roi, alors vis-à-vis d'un tel homme, Hachem ne verra pas le mal et les fautes qui sont en lui.
['Hidouché haRim]

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-> "Il ne regarde pas de faute en Yaakov, il ne voit point de péché en Israël : Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui" (Balak 23,21)

Rabbi ‘Haïm de Zanz avait l’habitude d’interpréter ainsi la juxtaposition des versets : "Il ne regarde pas de faute en Yaakov, il ne voit point de mal en Israël", et "Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui".

Voici ce qu’il dit :
- "Il ne regarde pas" = seul celui qui ne voit pas de "faute en Yaakov" ni de "péché en Israël", ne cherche pas les transgressions des bné Israël et les juge toujours favorablement dans tous leurs actes et leurs façons de vivre, seul un tel tsadik mérite que s’accomplisse en lui ce que dit le verset : "Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui".

["l'amitié du Roi est en lui" : se dit littéralement dans le verset : "la sonnerie du Roi en lui" (outérou'at mélé'h bo - וּתְרוּעַת מֶלֶךְ בּוֹ). Lorsqu'au mois d'Elloul, à Roch Hachana, ... on entend la sonnerie du Shofar, on doit penser à ce qu'elle sonne aussi en nous, en développant un regard positif, favorable, envers tout juif!
Celui qui préserve la paix, maintient de l'amitié, alors "Hachem est avec lui, et l'amitié du Roi [Hachem] est en lui".
De même que l'on juge autrui favorablement, de même Hachem nous juge favorablement!]

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-> "Il ne voit pas de mal en Yaakov" (Balak 23,21)

Rachi explique que même quand le peuple juif commet des fautes, Hachem ne regarde pas et ne prête pas attention à ces méfaits. Mais cela paraît étonnant, car Hachem est Juste et ne commet pas d’iniquités. Nos Sages disent qu’Hachem n’ignore aucune action de l’homme.
=> Comment peut-on donc dire qu’Hachem ne regarde pas les fautes d’Israël?

-> En fait, chaque juif a en lui une âme Divine d’une pureté absolue. C’est une "partie" d’Hachem Lui-Même.
Ainsi, même si l’homme dispose également d’un mauvais penchant qui le séduit et le pousse à la faute. Malgré tout, même quand il commet une transgression, en réalité au fond du fond de cet acte se cache une intention positive et complètement pure, qui lui vient de son âme divine. Ainsi par exemple, un juif qui commet un vol, il se peut qu’au fond de son cœur, il se réjouisse de pouvoir utiliser cet argent pour aider un pauvre. Il en est ainsi de chaque action.
Au fond, se cache une petite étincelle d’une pureté authentique qui est consacrée à Hachem uniquement. Ce principe permet de comprendre l’obligation de juger son prochain positivement. Même si parfois il est clair que son comportement est répréhensible et on ne voit aucun moyen d’interpréter en bien, néanmoins au fond de chaque action se cache une intention pure.
Ce que l’on demande à l’homme c’est de s’efforcer de découvrir cette partie lumineuse et le juger favorablement du fait de cette étincelle. Et quand on se focalisera à ne voir que la pointe de bien en l’autre, alors cette pointe de lumière se renforcera et repoussera toute l’obscurité. Bien plus, de cette façon il sera même possible de le rapprocher du repentir.

Et c’est justement ce qu’Hachem fait avec chaque juif. "Il ne voit pas de mal en Yaakov" = cela ne veut pas dire qu’il ignore les méfaits, mais plutôt au contraire, qu’Il regarde chaque acte d’un regard authentique. Et c’est ainsi qu’Il se rend compte qu’il n’y a pas d’acte complètement mal. Même dans les mauvaises actions, Il voit cette pointe de lumière et de pureté, car telle est la réalité.
C’est ce que dit la suite du verset : "Hachem Son D. est avec lui" = même dans ses mauvaises actions, Hachem est avec lui, il a une intention pure et authentique, consacrée à Hachem son D.
[rav Mikaël Mouyal]

+ Rabbi Its'hak dit : Il existe 4 choses qui peuvent modifier (ou déchirer) la sentence Divine d'un homme ; les voici : la charité (tsédaka), la supplication (en prière), le changement de nom et le changement [positif] de conduite (chinouï hachem) ...

Certains ajoutent (aux 4 choses citées) le changement de résidence : "Hachem dit à Avram : Quitte pour toi ton pays .. Je ferai de toi une grande nation" (Béréchit 12,1).
Mais pour rabbi Its'hak (qui limite à 4 le nombre de cas où la sentence peut changer), c'est le mérite de la résidence en Terre d'Israël qui l'a fait bénéficier de ses bénédictions.

[Selon le Ben Ich 'Haï, rabbi Its'hak ne cite pas cette raison avec les 4 autres, car il hésitait à savoir si Avraham a reçu les bénédictions grâce au mérite de sa résidence nouvelle en Israël ou bien grâce au simple changement de lieu]

[guémara Roch Hachana 16b]

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+ La tsédaka :

-> "La tsédaka délivre de la mort" (Michlé 10,2) vient nous enseigner que même dans le cas où le Ciel a prononcé un verdict de mort sur un homme, si ce dernier multiplie les actes de tsédaka avec son argent, son verdict peut être annulé.
[Maharcha]

-> Un homme qui distribue régulièrement de l'argent de tsédaka peut être sauvé de la condamnation à l'enfer (guéhinam) et d'une mort non naturelle, si sa tsédaka est discrète.
De plus, il créé un intercesseur auprès d'Hachem qui pourra atténuer ou annuler les sentences Divines prises dans le Ciel à son égard.
[d'après la guémara Baba Batra 10a-b]

-> b'h, Quelques réflexions sur la tsédaka : https://todahm.com/2019/07/07/9542

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+ La supplication > à la prière :

-> La supplication d'une personne consiste en des pleurs qui proviennent du plus profond de son cœur, au point qu'il lui devient impossible de sortir et d'exprimer la moindre parole par ses lèvres.
Ainsi, la supplication a un pouvoir supérieur à celui de la prière, exprimée par les lèvres, pour annuler une sentence du Ciel.
[Zohar]

-> La supplication, contrairement à la prière, consiste à crier de toutes ses forces pour appeler Hachem à son secours. Cette supplication Hachem désire l'entendre dans nos moment de détresse, selon le verset : "Laisse-Moi entendre ta voix, car ta voix est agréable" (Chir haChirim 2,14).
Par cette supplication, l'homme prend conscience que seul Hachem peut le sauver, il réveille alors sa personne et son âme pour revenir (faire téchouva) vers Hachem.
[Séfer haBatim]

-> Rabbi Its'hak est conforme à son opinion : "Il est bon que l'homme implore le Ciel aussi bien avant qu'après le verdict" (guémara Roch Hachana 16a).
En effet, d'après le verset : "Dans leur détresse, ils crièrent vers Hachem et Il les délivra de leur angoisse" (Téhilim 107,19), l'homme est délivré de la détresse dans laquelle il se trouve après le verdict, grâce à la supplication ou même la prière [des profondeurs du cœur] récitée entre la prononciation du verdict Céleste et l'exécution de sa sanction.
[Maharcha]

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+ Le changement de nom :

-> Il est vrai qu'après un changement de nom, la faute de cet homme, à l'origine de la sentence Divine, demeure. Cependant ce changement de nom a une influence positive sur le repentir (téchouva) de cet homme qui se dit : "Je ne suis plus le même homme qu'avant, et je me dois de réparer mes actions antérieures."
[Ran]

-> Nous comprenons que par ces 3 choses (actes de charité, supplication et changement de conduite), il est possible que le Ciel annule les mauvais décrets.
Par contre, comment le changement de nom peut-il annuler une sentence?

Nous pouvons répondre que les 3 choses citées, qui se traduisent par des actes et des efforts de l'homme, ont le pouvoir d'annuler un verdict prononcé à la suite d'une faute grave, par contre le changement de nom ne peut annuler que les sentences non liées aux fautes, comme par exemple les souffrances/épreuves d'amour (yissourim chel aava), pour élever le niveau d'un tsadik qui n'a pas fauté.

Cependant, même si une personne a fauté, l'attribution d'un nouveau nom l'aidera à faire téchouva selon le Ran, et donc son décret peut être annulé.
[Maharcha]

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Un homme a fait le vœu de ne plus entrer dans la maison de Réouven si ce dernier vend sa maison à Chimon.
Cet homme aura cependant la permission d'y entrer lorsque Chimon devient le nouveau propriétaire.
En effet, il avait fait un vœu relatif à la maison de Réouven, et maintenant c'est la maison de Chimon à qui il n'est lié par aucun vœu.

De même, après une sentence Divine prononcée contre Réouven, si ce dernier change de nom et se fait appeler Chimon, il sera épargné de l'accusation du Ciel à son égard, car par ce changement de nom il est devenu un autre.

[c'est pourquoi d'après le Yoré Déa (335,10), nous avons l'habitude d'attribuer un nouveau prénom à une personne gravement malade, afin d'annuler le verdict prononcé contre elle. C'est ainsi que le Rambam dit dans les Halakhot de téchouva (2,4) : par ce changement de nom, il devient un autre et il n'est plus celui qui avait accompli les actions qui avaient conduit à sa sanction.
(avant d'entreprendre un changement de nom, nous devons voir cela avec un rabbin compétent)]

Les nouvelles lettres hébraïques qui forment son nouveau prénom auront sur lui une telle influence qu'il sera considéré comme un nouveau-né.
[de même, Hachem dit à Avram : "Je vous donne à tous 2 un nom différent et alors votre destinée sera différente" (midrach Béréchit rabba 44,10)]

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+ Le changement de conduite :

-> Comment un changement d'attitude peut-il annuler un verdict du Ciel d'un particulier? N'est-ce pas trop tard?

Le Rachbetz répond : Il s'agit d'un homme qui répare également des actions autre que celles qui ont conduit à la sentence du Ciel.
Par cela, il révèle ainsi que ce n'est pas la crainte qui motive son changement de conduite, mais il accepte dorénavant d'un cœur entier de servir Hachem, avec amour.
Il mérite donc le pardon de l'ensemble de ses fautes et l'annulation du décret qui le frappait pour une faute particulière.

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+ Le changement de résidence :

-> Le Ritba explique :
Il est toujours difficile pour un homme de quitter son lieu de résidence où il est connu, où il a des attaches affectives, amicales, professionnelles, ... et encore plus s'il y est né.

Ce changement de lieu où l'homme arrive, sans repères, sans que personne ne connaisse ses qualités et où toute sa vie doit être reprise "à zéro", l'amène à un état de soumission et d'humilité propice à la téchouva, ce qui explique l'annulation de sa sentence.
C'est ainsi que rabbi El'aï dit : "Lorsqu'un homme ressent qu'il est dominé par les passions (incité par son yétser ara), qu'il aille dans un lieu où il n'est pas connu (afin que l'humilité affaiblisse les passions qui le dominent).

-> D'après le Maharcha, il semble que le changement de résidence ait moins d'effet que le changement de nom.
En effet, le changement de résidence d'Avram a été utile pour la naissance d'Ichmaël, mais pour la naissance de son véritable "héritier" Its'hak, il a fallu attendre son changement de nom et celui de son épouse Saraï (en Avraham et Sarah).

Sur les côtés de la toupie [utilisée à 'Hanoucca] figurent les lettres hébraïques noun, guimel, hé et chine, qui désignent l’expression : ness gadol haya cham ("Un grand miracle a eu lieu ici").

Lorsque la toupie tourne, les lettres disparaissent et deviennent indistinctes, et ne redeviennent visibles qu’une fois la toupie à l’arrêt.
La toupie est donc une métaphore de nous autres, êtres humains, qui, plongés dans le tourbillon vertigineux de la routine quotidienne vertigineuse, sommes incapables de distinguer les miracles qui surviennent constamment autour de nous.
Mais lorsque nous marquons une pause pour méditer à nos vies, nos yeux se dessillent et nous laissent entrevoir les miracles infinis qui jalonnent notre existence.

[rav Ephraim Nisenbaum]

10 mesures de beauté sont descendues sur le monde : 9 mesures sur Jérusalem et une mesure sur le reste du monde.

[guémara Kidouchin 49b]

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=> De quelle beauté, attribuée essentiellement à Jérusalem, s'agit-il?

-> Il s'agit de la beauté physique des habitants de Jérusalem.
C'est ainsi que dans la guémara (Baba Métsia 84a), rabbi Yo'hanan, qui était d'une beauté remarquable, a dit : "Je suis un survivant des splendeurs de Jérusalem".

Le verset : "Les enfants de Tsion, tant estimés, comparables à l'or fin" (Eikha 4,2).
La guémara (Guittin 58a) le commente ainsi : La beauté des enfants de Tsion (Jérusalem) était telle qu'elle faisait paraître terne le plus bel or fin.

Le Méam Loez (Eikha 4,2) rapporte que les non-juifs pensaient que les traits d'un nouveau-né dépendaient de l'objet que sa mère regardaient au moment de sa conception. Ainsi, avant que Jérusalem n'ait été vaincue, ils plaçaient de fines statuettes et de belles images dans leur chambre à coucher.
Après la chute de la ville sainte, ils enchaînaient un juif (les habitants de Jérusalem étant célèbres pour leur beauté!) au montant de leur lit et s'accouplaient en le regardant (guémara Guittin 58a).

-> Il s'agit de la beauté de la ville de Jérusalem.
En effet, selon la guémara (Soucca 51b), nos Sages enseignent : Qui n'a pas vu Jérusalem dans sa splendeur n'a jamais vu de sa vie une belle cité.

Cette beauté parfaite est confirmée dans le verset : "Est-ce là la ville qu'on appelait "beauté parfaite"" (Eikha 2,15), où l'expression : "kélilat yofi" (כְּלִילַת יֹפִי) a été traduite par "beauté parfaite", car elle comprend toutes les formes de beauté, du fait que le mot כְּלִילַת (kélilat) dérive du mot כלל (kollel - qui inclut).

On retrouve également cette expression dans le verset : "Depuis Tsion (Jérusalem), ce centre de beauté, Hachem rayonne" (Téhilim 50,2), où Tsion (surnom de Jérusalem) est désigné : "centre de beauté" (miklal yofi - מִכְלַל יֹפִי), car le mot מִכְלַל désigne un "centre" inclusif.

-> Pour le Maharal ('Hiddouché Aggadot), il s'agit de la beauté sur le plan spirituel de la ville de Jérusalem où règne l'éclat de la lumière Divine.
C'est le pays d'Israël, et spécialement Jérusalem, qui est dotée d'une grande sainteté, donc qui est digne de cette beauté "spirituelle".

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-> Selon le Ben Ich 'Haï, la répartition des 10 mesures ne s'est pas maintenue au cours des générations, et c'est pourquoi à notre époque, on ne constate pas toujours la beauté de la ville de Jérusalem.

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-> La guémara (Béra'hot 5a) nous raconte que Rabbi Eliezer était malade et que Rabbi Yo'hanan vint lui rendre visite. La pièce étant sombre, Rabbi Yo'hanan dévoila son bras, apportant ainsi de la lumière dans la pièce.
Rachi explique que la peau de Rabbi Yo'hanan brillait parce qu'il était beau.
Rabbi Yo'hanan vit que Reb Eliezer pleurait. Rabbi Yo'hanan lui demanda : Pourquoi pleures-tu? Si c'est parce que tu [penses que tu] n'as pas assez étudié la Torah, regarde nos Sages nous disent : "une personne qui fait peu est égale à celle qui fait beaucoup, tant que son intention est pour le ciel". Si c'est parce que vous n'êtes pas riche, tous les gens ne méritent pas les deux tables [richesse et Torah]. Et si c'est parce que tu n'as pas d'enfants, voici l'os de mon 10e enfant.
Selon le Rachbam : Rabbi Yo'hanan gardait un petit os de son dixième enfant pour montrer aux gens sa souffrance afin qu'ils ne se sentent pas si mal à propos de leur propre souffrance.
[Rachi dit qu'il a gardé l'os à cause de sa détresse]

Rabbi Eliézer lui a répondu : Je pleure à cause de ta beauté qui [un jour] sera décomposée dans la terre."
Rabbi Yo'hanan répondit : "C'est certainement une raison valable de pleurer", et ils pleurèrent ensemble.

Le Maharcha explique que la guémara (Baba Métsia 84a) affirme que la beauté de Rabbi Yo'hanan était le dernier vestige de la beauté qui existait à Jérusalem à l'époque glorieuse du Temple.
Lorsque Rabbi Yo'hanan serait décédé, ce dernier souvenir du Temple prendrait fin, c'est pourquoi Rabbi Yo'hanan a reconnu qu'il s'agissait là d'une raison de pleurer.

+ "[D. dit : ] Vous avez pleuré sans raison ; J’établirai pour vous une raison de pleurer [ce jour là : le 9 Av] pour les générations à venir."
[guémara Taanit 29a]

-> L'essentiel de la réparation (tikoun) de la destruction du Temple consiste à raffermir notre émouna qu'Hachem est notre Père miséricordieux et qu'Il agit à chaque instant pour notre bien, en nous abstenant de pleurer en vain sur notre propre sort.

Certes, ils s'agit d'un travail sur soi-même de toute une vie, et il n'est pas un seul instant où nous sommes exempts d'enraciner en nous-mêmes cette foi.
Cependant, cette obligation devient davantage pressante durant cette période de deuil sur la destruction du Temple qui trouve sa source dans les larmes vaines versées par nos pères.
[rabbi Elimélé'h Biderman]

[d'une certaine façon, le 9 av nous pleurons d'être arrivés à un niveau où durant toute l'année nous pleurons (apitoyons) sans réelle raison.
Cette prise de conscience doit nous permettre de planter, de déployer de la émouna pour illuminer notre année à venir de joie. ]

Certes, il est possible et même naturel qu'un homme ressente de l'amertume et de la tristesse en pensant à ses fautes. Malgré tout, la tristesse et le désespoir sont à rejeter, car si l'on médite à l'immense Bonté d'Hachem, qui réside parmi nous et est avec nous malgré tous nos impuretés, cela doit déjà suffire pour en ressortir renforcé, et en tirer une joie intense.

[Torat Avot]