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Shavouot a la capacité de nous sortir de l'exil.

[Tikouné Zohar 55a]

-> Le rav Gamliel Rabinovitch explique que de même que le jour du don de la Torah, chaque juif a mérité que son âme se libère de toute limitation pouvant l'empêcher de pleinement réaliser son potentiel, il en est de même dans toutes les générations, où chaque année, nous avons tous le mérite d'être libérés de nos contraintes personnelles, en reconnaissant et en nous réjouissant que Hachem nous a choisi en tant que Sa nation et qu'Il nous a donné Sa Torah.

-> "Hachem ne se comporte pas comme les êtres humains. Quand un homme faute à l’encontre de son prochain, même si ce dernier accepte son repentir et lui pardonne, malgré tout il ne l’agrée pas autant qu’avant, comme s’il n’avait jamais fauté envers lui.
Par contre, si un homme faute vis à vis d’Hachem, s’il se repent, Hachem l’aime encore plus et son niveau est encore plus élevé qu’avant, devant Lui."
[rabbi Moché Cordovero - Tomer Dévora]
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-> Nos Sages enseignent que le repentir précède le monde. Hachem a créé le repentir avant de créer le monde.
De cette façon, Hachem a prévu que celui qui décide de se repentir pourra dépasser toutes les difficultés et pourra surmonter tous les obstacles naturels du monde. Aucune nature du monde ne peut empêcher celui qui veut se repentir d’y arriver.
[Sfat Emet]

"A Yom Kippour, chaque moment est une expiation"

[guémara Kritot 18b]

Le repentir a été créé par Hachem avant la création du monde.
Cela implique que toute personne peut se repentir même si elle voit que naturellement, il y a de nombreuses difficultés et que c’est très dur.
Aucune difficulté du monde ne peut empêcher un juif de se repentir.
Par le repentir, on peut dépasser tous les blocages de la nature, car le repentir précède et dépasse la nature du monde.

[Sfat Emet]

"Ne faites pas la même erreur que j'ai pu faire, me disant qu'il y a encore le temps, que je ferai téchouva et que je modifierai mon caractère lorsque je serai plus âgé.

C'est ce que j'ai fait, et regarde-moi maintenant!
Je suis vieux et je n'ai plus la force pour changer mes habitudes!
N'attendez pas, faites-le dès maintenant!"

[Rabbi Its'hak Blazer de Pétersbourg - élève du rav Salanter]

"Lorsqu'un homme décède, ses membres témoignent qui il était"
[guémara Taanit 11a]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada sur cette guémara) commente :
"L'impact des actions est inscrit sur les membres de l'homme qui les accomplies.
Il ne s'agit pas ici d'un témoignage verbal, mais d'une véritable preuve. On pourrait comparer cela à une attestation écrite et signée par des témoins prouvant l'acte d'une personne."

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"Au moment où un homme décède et rejoint le monde de vérité, tous ses actes témoignent devant lui : "c'est ainsi que tu as fait à cet endroit, ce jour-là", et l'homme de répondre par l'affirmative."
[guémara Taanit 11a]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada afférent) commente :
"Nous savons que si un homme a commis une faute à un endroit, il y appose l'empreinte de sa faute. Une impureté sera désormais inhérente à l'endroit à jamais et sera nuisible aux personnes qui s'y rendront. Cette force impure pourra même les faire fauter.

Inversement, un endroit dans lequel de bonnes actions ont été accomplies, comme l'étude de la Torah, l'accomplissement de mitsvot, contient une sainteté dans ses murs qui rejaillira sur les personnes s'y trouvant."

=> Dans le monde de Vérité, nous pourrons nous rendre compte d'à quel point nous avons pu impacter en bien ou en mal le monde.
En effet, de même que lorsque l'on marche sur le sable nous y laissons des traces, de même lorsque nous évoluons dans ce monde nous y laissons des traces, sous formes de forces d'influence éternelles, fruit de notre comportement.

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-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva - chap.3) enseigne :
"Lorsque l'homme commet ne serait-ce qu'une seule faute, il se rend coupable lui-même, mais fait en même temps pencher le monde entier du côté de la faute, entraînant ainsi la corruption à grande échelle.
Et inversement, lorsque l'homme accomplit une bonne action, il fait pencher le monde entier du côté du mérite, engendrant délivrance et bienfaits."

[lorsque je faute dans un endroit particulier, c'est comme si j'y mettais pour toujours une "peau de banane", signifiant que jusqu'à la fin des temps, pour toute l'humanité, en ce lieu il sera plus facile d'y fauter.
Et inversement, dans le cas d'une bonne action.]

"Quand Hachem occasionne qu’un homme faute, ce n’est sûrement pas pour qu’il s’en attriste et désespère de Le servir, mais c’est plutôt pour qu’il se renforce et multiplie le repentir et les prières pour que D. lui pardonne.

En effet, si Hachem ne voulait pas de lui, ni de son service, alors il est clair qu’il n’aurait pas pu continuer à exister, même ne serait-ce qu’un instant."

[L'admour de Walnorz - Rabbi Yissa'har Dov Berish HaCohen Tornheim - l'Avodat Yissa'har]

"De même que nous attendons davantage de ceux qui sont bénis par des richesses matérielles, de même nous attendons davantage de ceux qui sont riches en connaissances/spiritualité."

['Hafets 'Haïm]

=> Nous devons avoir une évaluation de nos richesses spirituelles, de nos capacités, et ce n'est qu'ensuite que nous pouvons analyser pleinement notre comportement. Plutôt que de ce comparer à autrui, il faut se comparer à ce qu'on pourrait être/faire au regard de nos potentialités internes. Est-ce que tout est investi à bonne escient? Est-ce que je me satisfait d'en exploiter qu'une petite partie? ...
Notre yétser ara cherche à nous faire oublier nos richesses intérieures. En effet, moins l'on a conscience de ce que l'on a, moins nos ambitions spirituelles sont élevés, et nous visons alors petit (au regard de ce que l'on a).
C'est ça tout l'objectif de notre yétser ara : que notre vie passe, et que nous l'ayons le moins exploiter, nous entraînant un sentiment de honte éternelle et un manque total de mérites!

Pourquoi prenons-nous le deuil de Jérusalem et du Temple?
Ce n'est tant à cause de la gloire que nous avons perdue.
Mais plutôt, nous pleurons car nous avons perdu l'opportunité d'être proches de Hachem.
De plus, nous nous lamentons pour la profanation du Nom de D. qui résulte de notre exil, et de l'état actuel de Jérusalem.

[Rabbi 'Haim Friedlander]

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-> Rabbi Mendel de Kotsk enseigne :
Durant les 3 semaines (du 17 Tamouz au 9 Av), tout celui qui recherche Hachem, le trouvera.

Le travail de cette période triste, est d'utiliser nos peines pour se connecter avec Hachem, plutôt que d'en être accablés.

Le mois de Av est appelé : "Ména'hem Av", car à ce moment notre rôle est de réconforter (ména'hem) notre Père (av) [Hachem].
Cela ne se fait pas tant par des paroles ou des actions, mais plutôt en essayant de ressentir Sa douleur.

Lorsque nous ressentons la souffrance de Hachem (tsaar haChékhina) sur la perte de Sa maison (il est SDF!), nous pouvons alors véritablement Le consoler.

Ce n'est qu'à partir du moment où nous Lui montrons à quel point nous prenons à cœur son honneur, que nous sommes concerner par Sa situation (Il est en exil, Son honneur dans ce monde est absent, et Il s'impose de ressentir nos souffrances!), alors Il désirera à nouveau reconstruire [le Temple].

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Lorsque 'Hanna, la mère du prophète Shmouël, a vidé son cœur à Hachem, lui demandant un enfant, le verset dit : "vatitpallel al Hachem" (et elle a prié SUR Hachem" - Shmouël I 1,10).

=> Pourquoi y a-t-il une utilisation inhabituelle de l'expression : "sur Hachem" (al Hachem)

C'est parce que 'Hanna ne se focalisait pas sur sa propre souffrance (celle d'une femme ne supportant plus de ne pas avoir d'enfant depuis 19 années!).
Mais plutôt, elle s'est dit à elle-même : "Si cela me fait si mal, et que Hachem m'aime tellement, alors il est certain que la peine qu'Il a à me voir souffrir est bien pire que la mienne."

C'est pourquoi, elle a supplié Hachem de lui accorder un enfant, afin que Lui n'ait plus à subir une telle souffrance. Et Il l'a écoutée.

=> Il en découle que la période des 3 semaines (17 Tamouz au 9 Av) est une période où nous devons nous lamenter sur tout ce qui ne va pas dans notre vie, et le canaliser vers notre désir de revoir le Temple construit au plus vite, puisqu'avec une Présence Divine éclatante il en découle un déversement énorme de bénédictions individuellement et collectivement.

Lorsque nos souffrances personnelles se transforment en préoccupation de l'honneur, de la douleur de D., alors à l'image de 'Hanna, elles sont agrées.
==> En ce sens, les 3 semaines sont une occasion unique de nous attacher à Hachem par nos peines recanalisées.

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-> "Prendre le deuil sur la perte du Temple est basé sur la conscience du potentiel [phénoménal] d'élévation possible grâce [à la présence] Temple."
[rav Shlomo Harkavi - Maamaré Shlomo]

-> Le rav Lévi Its'hak de Berditchev dit que si une personne ne prend pas le deuil sur la terrible destruction du Temple, alors sa pratique du judaïsme ne l'est que par habitude, ses actions n'étant pas réellement accomplies dans une optique de sans cesse se rapprocher davantage de Hachem.
En effet, si une personne aime véritablement D. et aspire à Sa proximité, alors comment peut-elle ne pas se lamenter sur la perte terrible du Temple, puisque c'est seulement en la présence du Temple que l'on peut remplir une telle aspiration.

Le Temple était un lieu où la Présence Divine résidait de façon claire et perceptible, duquel il émanait une sainteté se propageant dans tout Israël.
Il permettait de ressentir la Présence Divine, un sentiment de proximité avec Hachem qui entraînait une paix intérieure, une véritable joie et un sentiment de satisfaction/réalisation personnelle.
Il permettait de se laver totalement des conséquences de chacune de nos fautes, ...
Un simple passage au Temple transformait positivement un juif, le purifiant et le rapprochant énormément de Son papa Hachem.
=> Comment peut-on ne pas être désolés que cela ne soit plus le cas? Comment peut-on se satisfaire d'être si éloignés de D., de ne quasiment ressentir Sa Présence?

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-> C'est en ce sens que selon nos Sages si l'on n'est pas vraiment capable de pleurer sur la perte du Temple, alors nous devons pleurer sur notre manque de spiritualité, notre incapacité à se connecter à notre Créateur.

[nous devons nous lamenter d'être arrivés à un stade de notre vie, où la destruction de notre attachement/proximité avec Hachem, ne nous génère aucun sentiment. Nous sommes tellement pris dans notre train-train quotidien, dans notre routine de ce monde matériel, qu'il n'y a plus de place pour prendre le temps d'inclure Hachem dans notre vie.
Les 3 semaines sont ce moment de l'année où nous crions : Stop à cet état de fait! Ce n'est pas normal d'avoir la tête uniquement à nos soucis quotidiens, et d'en oublier notre relation avec notre papa Hachem!
Le mois d'Av s'appelle : "Ména'hem Av", car nous réconfortons (ména'hem) notre Père (av) en se rappelant de Lui et en revenant vers Lui.]

Allusions au 9 Av dans la Torah

+++ Allusions au 9 Av dans la Torah :

+ 1°/ Le déluge :

-> La période entre le 17 Tamouz et le 9 Av est prédisposée pour les tragédies, depuis le début de l'histoire.

Tossefot dit qu'après le Déluge, Noa'h a ouvert la fenêtre de l'Arche le 17 Tamouz.
En ce jour, Noa'h a envoyé la colombe, mais elle n'a pas trouvé de lieu où se poser.
=> Depuis, chaque année, en ce même jour, un scénario similaire se reproduit avec le peuple juif, qui est comparé à une colombe.

Le 17 Tamouz a commencé une période d'exil dans laquelle les juifs : "sont incapables de trouver un lieu pour poser leurs pieds".
[Daat Zékénim miBaalé Tossefot - Béréchit 8,3 et 9]

-> Le Malbim affirme que Noa'h a ouvert le fenêtre de l'Arche après le déluge le 10 Av.
Selon son avis, cela signifie que tout de suite après une grande destruction, commence une nouvelle ère de reconstruction et de renouvellement.

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+ 2°/ Le guid anaché :

-> Le Zohar (Vayichla'h 170a-b) écrit qu'il y a dans la Torah 365 mitsva négatives correspondant aux 365 jours de l'année solaire.

La mitsva (commandement) qui correspond au jour du 9 Av est l'interdiction de consommer du "guid anaché" (principalement le nerf sciatique)
Cette mitsva provient de l'épisode où l'ange d'Essav "vit qu’il ne pouvait le [Yaakov] vaincre et frappa au creux de sa hanche ; le creux de la hanche se luxa tandis qu’il luttait avec lui" (Vayichla’h 32,26).

Le Zohar de conclure : ceci est un fait annonciateur du 9 Av, comme jour de mauvaise augure pour les juifs, qui y tomberont dans les mains de Essav.

-> "[L'ange d'Essav] lutta avec lui [Yaakov], jusqu'au lever de l’aube" (Vayichla’h 32,25)

De même que l'ange d'Essav a pu faire mal à Yaakov mais sans parvenir à le vaincre jusqu'aux 1ers rayons de soleil (l'aube) qui l'ont guéri, de même, le soleil du machia'h brillera pour nous, et il nous guérira de toutes nos souffrances de l'exil.
[basé sur le Séfer ha'Hinoukh 3]

-> Selon le rabbi Yonathan Eibeschetz (Yaarot Dvach), puisqu'un animal a un nerf sciatique sur chacune de ses cuisses : il y en un a un qui correspond au 9 Av, et un autre qui correspond au jeûne de Guédalia, puisque la mort des tsadikim est équivalant à la destruction du Temple.

[ "La mort des tsadikim est équivalente à l’incendie du Temple" (guémara Roch Hachana 18b)]

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+ 3°/ Quelques autres allusions :

-> "La colère de D. s'est enflammée ce jour-là [du 9 Av suite au rapport des explorateurs]" (Mattot 32,10)

Les mots : "Ce jour là" signifient que dans le futur le 9 Av sera un jour propice aux catastrophes (cf. guémara Sanhédrin 104b).

-> Le peuple juif a pleuré la nuit du 9 Av suite au rapport des explorateurs.
"[D. dit : ] Vous avez pleuré sans raison ; J'établirai pour vous une raison de pleurer [ce jour là] pour les générations à venir." [guémara Taanit 29a]

La Torah mentionne que les explorateurs sont allés en Israël en passant la frontière de Edom.
=> La destruction du Temple, résultante de leur faute, va se faire par les mains d'Edom (Rome).

-> Certains commentateurs rapportent que le seul personnage pour lequel la Torah rapporte son mois de mort est : Aharon.

Aharon, dont descendront tous ceux qui serviront dans le Temple par la suite, est mort durant le mois d'Av, en allusion au fait que le service du Temple prendra fin durant ce mois.

[Aharon qui représente la recherche ultime de la paix entre les juifs, symbolise l'attitude vers laquelle nous devons tendre pour reconstruire au plus vite le Temple : l'amour gratuit (aavat 'hinam) entre nous!]