"Un homme échange sa vie entière pour le sifflet d'un jouet [que lui fait miroiter son yétser ara], et à la fin, il découvre que le sifflet ne fonctionne même pas."
[rav Israël Salanter]
Catégorie : Fêtes
"Le fait de se rappeler de la sortie d'Egypte est une immense ségoula pour faire sortir une personne des profondeurs de l'impureté.
Pour cette raison, la sortie d'Egypte est mentionnée dans la Torah à 50 reprises, en correspondance avec les 50 niveaux d'impureté.
[...]
En se rappelant de la sortie d'Egypte, nous pouvons supprimer les forces d'impureté qui sont en nous, nous libérant de leur emprise."['Hatam Sofer - Torat Moché (Dévarim p.54)]
La raison pour laquelle nous portons un kittel lors du Seder de Pessah est de montrer que, cette nuit-là, chaque juif peut atteindre le niveau du Cohen Gadol et que chaque maison est comme le Kodech Kodachim (le Saint des Saints).
[Maharal]
Lien entre Pessa’h & Kippour
+ Lien entre Pessa'h & Kippour :
-> Nos maîtres 'hassidiques établissent une comparaison entre la nuit de Pessa'h et celle de Yom Kippour.
Dans les deux cas, la liturgie du jour commence par le même mot : "kol" (tout). Yom Kippour commence par "Kol Nidré", par laquelle nous annulons nos vœux, tandis que l'élimination du 'hamets avant le début de Pessa'h s'accompagne de la récitation de "Kol 'hamira", par laquelle nous annulons notre 'hamets.
La signification de ce mot d'ouverture "kol" peut être déduite de sa guématria, qui équivaut à 50. Il s'agit d'une allusion aux 50 portes de Connaissance (Bina) mentionnées dans les enseignements de nos Sages (par exemple, Roch Hachana 21b).
Le Arizal affirme qu'à l'occasion de Yom Kippour et de la nuit de Pessa'h, un juif est capable, dans une certaine mesure, d'entrer par la 50e et la plus élevée des Portes.
[Nétivot Shalom - vol.2]
<--->
-> Pourquoi portons-nous un vêtement blanc (kittel) la nuit de Pessah ?
Le blanc est la couleur la plus simple et la plus pure, à laquelle absolument rien n’a été ajouté. Le vêtement blanc reflète ainsi le fait que la guéoula trouve son origine dans les Hauts Lieux, qui constituent également un royaume entièrement pur et épargné par toute trace d’éléments irréguliers ou néfastes.
De la même manière, le grand prêtre, le jour de Yom Kippour, pénétrait dans le Kodech Kodachim, le Saint des Saints, vêtu de vêtements blancs, reflétant son statut suprêmement élevé à ce moment-là.
À cet égard, la noblesse de la nuit de Pessa'h est donc comparable à celle de Yom Kippour.
[Maharal]
Quelques pensées sur Souccot
+ Quelques pensées sur Souccot :
-> La guémara (Baba Métsia 85a) rapporte l'histoire suivante : "Il est arrivé une fois qu'un veau, qui était mené à l'abattoir, s'est mis à fuir, jusqu'à mettre sa tête dans les vêtements de Rabbi (Rabbi Yéhouda haNassi) et le veau a pleuré.
Rabbi lui a dit : "Va-y (à l'abattoir), car tel est ton destin!"
Dans le Ciel, on a proclamé : "Puisqu'il n'a pas montré de miséricorde, laissons les souffrances venir sur lui ..."
[Rabbi aura alors des souffrances durant de nombreuses années, jusqu'à se retrouver dans une situation où il exprimera clairement de la miséricorde envers les animaux.]
-> Le rav Nathan Wachtfogel dit : "Que reproche-ton à Rabbi? Nos Sages n'ont-ils pas clairement exprimés que les animaux doivent être égorgés? Est-ce que chaque cho'hét doit être puni?"
Il répond que cela est vrai, mais si un veau en vient à fuir jusqu'à vous, et exprime de la miséricorde d'être sauvé, notre attribut de miséricorde nous oblige à le garder et à ne pas le repousser.
Le rav Wachtfogel poursuit en disant que c'est cela l'essence de la Soucca, décrite comme : "l'ombre de la émouna" (tsila dim'éménouta), c'est-à-dire que nous fuyons toutes les préoccupations de ce monde pour se mettre à l'ombre de Hachem.
Lorsque l'on prend refuge chez D., même si on a des décrets importants contre nous (à l'image du veau mené à l'abattoir), Hachem est obligé d'utiliser son attribut de miséricorde.
Il ne peut pas nous repousser, et à la place, il doit nous protéger.
[si après Kippour, il reste malgré tout quelques mauvais décrets nous concernant, nous utilisons la puissance de la Soucca, en courant "sous les habits" de Hachem, l'obligeant à déchirer ses décrets négatifs, nous assurant alors certainement une super année.
D'ailleurs, c'est pour cela qu'à Sim'ha Torah, nous laissons éclater notre joie : c'est la fête! ]
<--->
-> Selon Rabbi David Vatch, une des pensées du début de la Amida est que :
- "mélé'h" (Roi) = nous proclamons Hachem Roi à Roch Hachana (mal'hout) ;
- "ozèr" (qui aide) = pendant les 10 jours de Repentir, Hachem nous aide particulièrement à faire téchouva ;
- "oumochia'h" (et sauve) = à Yom Kippour Hachem nous sauve ;
- "oumagen" (et protège) = c'est le bouclier de Hachem pendant Souccot.
<--->
-> La Soucca représente la protection physique et spirituelle par Hachem du peuple juif.
Cela provient du mérite de :
- Avraham : pour avoir proposé à ses invités de venir se reposer sous l'arbre [en y faisant la mitsva d'hospitalité à la perfection].
Par conséquence, ses descendants auront la protection de la Soucca dans le désert et dans le monde à venir [midrach Béréchit rabba 48,10]
- Aharon : les Nuées de Gloire ont existé par son mérite (guémara Taanit 9a), car il aimait les gens, il recherchait activement la paix, tout en souhaitant les ramener vers la Torah (Pirké Avot 1,12).
De même, Hachem a entouré d'amour le peuple juif, par des Nuées de Gloire protectrices (le Mabit - Bét Elohim).
- Chèm : Selon Rabbénou Ephraïm (Béréchit 9,23), lorsque Noa'h était étendu nu dans sa tente, Chèm a recouvert son père avec un vêtement afin de le protéger de la honte d'être ainsi exposé.
Mesure pour mesure, Hachem a recouvert nos incapacités, et nous a protégé par le biais de la Soucca.
"[Aussitôt après le 9 Av,] il faudra totalement effacer la tristesse de son cœur et croire d'une foi parfaite que D. a déjà pardonné la faute dans Sa grande miséricorde ; ceci constitue la joie la plus authentique survenant après une période de tristesse."
[le Baal haTanya]
<--->
-> "Quiconque s'endeuille pour la destruction de Jérusalem méritera de vivre la joie de sa restauration" [guémara Taanit 30b]
Le Léka'h Tov (Dévarim 1,27) commente : car à l'instant même où un homme s'endeuille, il entreprend la restauration de Jérusalem, depuis l'intérieur même de son cœur ...
Tous les malheurs que D. amène sur le peuple juif ne sont que des moyens de l'inciter à prendre conscience de la "destruction" dont il souffre intérieurement, et de pouvoir ainsi éradiquer ce processus ...
Pour ressentir notre exil intérieur (notre éloignement avec D. suite à nos fautes), nous devons tracer une voie nous conduisant jusqu'aux tréfonds de notre intériorité, et de là faire jaillir des larmes authentiques, de vérité.
[...]
Si le 9 Av, nous réussissons à ressentir l'exil de la Présence Divine [à cause de notre comportement] par des pleurs et de l'affliction, nous ouvrons une nouvelle voie à la Délivrance.
En effet, ces mêmes pleurs deviennent alors une source d'apaisement et de consolation, comme l'indiquent les 7 semaines de consolation qui suivent le 9 Av, débutant aussitôt par le Shabbath : "Na'hamou" (consolez-vous!).
D'ailleurs, nos Sages affirment que le machia'h naîtra précisément en ce jour (9 Av).
=> De la réalisation de nos fautes, de notre petitesse, au point d'en briser son cœur et son âme (avec des pleurs authentiques), cela témoigne que nous sommes sur le chemin de la rédemption, pour atteindre des sommets spirituels, de proximité avec notre papa Hachem.
Ce n'est qu'une fois que nous avons conscience de l'état spirituel de notre intériorité (aussi douloureux que peut en être cette réalisation, au point d'en pleurer), que nous pouvons véritablement commencer à construire notre Temple intérieur! [quel plaisir authentique!]
Sans larme = terrain à l'abandon (les mauvaises herbes poussent!), tandis que les larmes = symbolisent le fait que c'est en construction, que des efforts sont investis pour s'améliorer!
"Hachem vient en aide aux repentants, lorsqu'ils sont par nature incapables de persévérer dans leur voie."
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva - chap.1]
Cette affirmation a pour source la guémara (Shabbath 104), selon laquelle : "lorsqu'un homme cherche à se purifier, il est soutenu dans sa voie".
<--->
-> "Lorsqu'une personne se sanctifie un peu, [alors Hachem] la sanctifie beaucoup"
[guémara Yoma 31a]
-> "Tout celui qui est vigilant à ses actions [en cherchant la meilleure manière d'agir] dans ce monde, méritera d'être témoin de la délivrance de Hachem."
[guémara Moed Katan 5a]
Selon le Ram'hal (Messilat Yécharim 2), cela signifie que si une personne est attentive à sa façon de se comporter, alors Hachem va l'aider, et Il la sauvera de son yétser ara.
<--->
-> "Même si nos Sages ont dit que les portes de la prière sont fermées, cela fait référence à la prière pour les besoins matériels. Cependant, une prière pour obtenir de l'aide de D. dans la spiritualité, est toujours entendue."
[rav Israël Salanter - rapporté par le rav Eliyahout Dessler - Mikhtav méEliyahou vol.II]
"Le huitième jour, il congédia le peuple, qui bénit le roi ; et ils rentrèrent dans leurs tentes (léaolé'ém - לְאָהֳלֵיהֶם), heureux et le cœur réjoui" (Haftara de Chémini Atsérét - Méla'him I 8,66)
Hachem renvoie son peuple dans leur foyer après avoir passé 7 jour dans la Soucca.
=> Ainsi, en référence à leur demeure : pourquoi est-il utilisé le terme : "tente" et non pas "maison"?C'est parce la période de Tichri qui est très riche spirituellement, nous a imprégné avec le sentiment que le monde matériel n'est pas notre demeure permanente, ce n'est qu'une tente, qui est temporaire et transitoire par nature, et que notre véritable maison est notre âme.
[Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi - le Baal haTanya]
"Souccot est appelé le 'temps de notre réjouissance' (zman sim'haténou), c'est-à-dire la réjouissance de D. avec Israël et la réjouissance d'Israël avec D.
Ils s'unissent alors tous les 2 dans une célébration harmonieuse du Ciel et de la terre."[Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi - le Baal haTanya]
-> "A Chémini Atsérét, la joie est réservée uniquement pour Israël, et en tant qu'invité privé du Roi, il peut obtenir toute requête qu'il fait."
[Zohar III 32a]
"Le travail (avoda) des 9 jours (allant jusqu'au 9 Av) est de développer notre "force d'imagination".
Un juif doit utiliser toute son imagination créative pour se représenter ce que Jérusalem et le Temple étaient pendant leurs temps glorieux.
Comment les Cohanim étaient habillés de leurs vêtements de prêtes, comment la ville étincelait de beauté et de sainteté, comment les Lévi'im chantaient leurs mélodies entraînantes, comment la terre d'Israël brillait de toute sa splendeur et magnificence.Si on est capable dans son cerveau de se recréer une telle image, alors la pensée de la destruction du Temple va nous briser/fracasser, et nous serons alors prêts à prendre correctement le deuil de cette destruction."
[rav Nathan Meïr Wachtfogel - Lékét Réchimot]
[pour pleinement se lamenter sur Jérusalem, nous devons travailler à pleinement prendre conscience de ce que nous avons perdu ...]