Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Pessa’h = libérer notre intériorité

+ Pessa'h = libérer notre intériorité :

-> Nos maîtres 'hassidiques comprenaient les paroles du Lé'ha Dodi : "korva él nafchi guéala" (approche-toi de mon âme ; délivre-la - Téhilim 69,19), comme signifiant que "se rapprocher de soi-même, c’est la guéoula (délivrance)".
[rav Guédalia Rabinowiz de Linitz - Téchouot 'Hen - Noa'h p.22]

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-> Notre chemin vers la réalisation de soi est celui de la découverte intérieure et constitue également une condition préalable à notre délivrance nationale. En quittant notre Egypte (Mitsrayim) personnelle, nous faisons rayonner la lumière de la délivrance (guéoula) à travers le monde.
Ainsi, la sainteté essentielle et la lumière spirituelle latentes au sein de l’âme collective de notre nation s’éveilleront un jour, permettant au point commun de lumière éternellement pure en chacun de nous (nékoudat hatsadik), de resplendir comme une couronne splendide.
[rav Yéhouda Mischel]

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-> Un matin de Pessa'h, après un Seder célébré en prison, les détenus dirent à Reb Aryeh : "Le Séder était merveilleux, nous avons mangé de la matsa et bu du vin, nous avons récité le Ma Nichtana et mangé l’afikoman. Mais il manquait quelque chose d’important. En prison, nous ne pouvons pas ouvrir la porte à Élie Hanavi!"
Comment leur Pessa'h pourrait-elle être complète sans ce geste qui invite à la rédemption (guéoula)? Comment pourraient-ils atteindre la liberté alors qu’ils sont coincés là, enfermés dans leur cellule, leur propre "Mitzrayim" personnel?

Le rav Aryeh répondit : "Chaque homme est prisonnier de lui-même. La liberté ne dépend pas de notre capacité à sortir de notre demeure, mais plutôt de notre passage par la porte du cœur.
Pensez-vous qu’Eliyahou Hanavi entre par une porte physique? Il vient par un cœur ouvert!
S’ouvrir une brèche dans son propre cœur, cela, n’importe qui peut le faire, même un prisonnier derrière les barreaux. Et lorsqu’il le fera, il sera véritablement libre spirituellement!"

-> Le rav Asher Freund a dit un jour : "Beaucoup me demandent une bénédiction pour mériter de voir Eliyahou Hanavi. Je préfère bénir les gens pour qu’ils méritent de se voir eux-mêmes. Vous voyez, "une personne est tenue de se voir elle-même ('hayav adam lirot et atsmo), et c’est seulement alors qu’il est dit : "c’est comme si elle avait quitté l'Egypte" (ké'ilou yatsa miMitsrayim).

La tsédaka = téchouva & expiation des fautes

+ La tsédaka mène à la téchouva :

-> Le Noam Élimélé'h (parachat Vayéchev) écrit : "Certains hommes ont des actions corrompues. Cependant, comme ils ont naturellement bon cœur et une propension à aider les autres, ils sont attirés par la téchouva. C'est ce que dit le roi David : "Seuls le bien et la bonté ('hessed) me poursuivent tous les jours de ma vie, et je vivrai dans la maison de Hachem tout au long de mes jours" (Téhilim 23,6).
Cela signifie que même si l'on ne possède que la mida de la bonté, elle nous poursuivra toute notre vie et nous incitera à faire téchouva."

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+ La tsédaka expie les fautes :

-> Nous apprenons de cela que la tsédaka et le 'hessed (bonté) ont le pouvoir d'amener une personne à faire téchouva et à expier ses fautes. Cela ressort également du verset : "Et vos fautes seront rachetés par la tsédaka" (Daniel 4,24).

Le rabbi de Kretchnif affirme que cela est également évoqué dans la Michna (Zéva'him 5:8) qui stipule que le sang du Korban Pessa’h doit être placé "kénéged hayessod" (sur les fondations du Mizbéa'h).
Ceci suggère que la tsédaka peut même expier les fautes qui affectent les fondations du monde.

Shabbath Za’hor

+ Shabbath Zakhor :

-> Nos Sages ont institué de lire la paracha Zakhor le Shabbat qui précède la fête de Pourim. [guémara Méguila 30a]

-> Le 'Hidouché haRim explique que nos Sages ont institué de lire la paracha Zakhor durant la semaine qui précède Pourim car la sainteté du jour du Shabbat a la capacité particulière d'effacer Amalek.
On y trouve une allusion dans le verset : "Ce sera lorsque Hachem ton Dieu te donnera du repos sur tous tes ennemis aux alentours" (Ki Tétsé 25,19).

-> Il est écrit : "Hachem dit à Moché : écris ceci comme souvenir dans le livre et place-le aux oreilles de Yéhochoua : effacer, J'effacerai le souvenir d'Amalek de dessous les cieux" (Béchala'h 17,14).
Le midrach (Tan'houma Béchala'h 28) explique notre verset : "effacer, J'effacerai" = cela signifie qu'il sera effacé dans ce monde ici-bas et effacé dans le monde à venir.
[ainsi Amalek sera définitivement effacé par Hakadoch Baroukh Hou lui-même à l'avenir.]

-> Selon la guémara (Béra'hot 57b), le Shabbat est 1/60 du monde futur.
[ par conséquent, puisqu'il est déjà un certain goût d'une réalité sans Amalek (Satan, yetser ara), il est clair que le Shabbath a la capacité particulière de nous aider à accomplir la mitsva d'effacer Amalek déjà dans ce monde, c'est pour cela par exemple que nous lisons paracha Za'hot le Shabbath précédant Pourim. ]

-> Le Bné Yissa'har écrit :
Voici que Hachem nous a donné le jour du Shabbat, jour de sainteté pour l'assemblée comme il est écrit : "Vous observerez Mes Shabbat car c'est un signe entre Moi et vous pour vos générations pour savoir que Je suis Hachem qui vous sanctifie" (Ki Tissa 31,13).
Durant ce jour sacré l'âme est renforcée dans la sainteté et c'est le sens des paroles de nos Sages : "Hachem dit à Moché : J'ai un cadeau merveilleux dans Mon trésor, et Shabbat est son nom. Je souhaite le donner à Israël, à toi de leur faire savoir" (guémara Shabbath 10b).
Ainsi, le Shabbat étant le 7e jour de la semaine, il contient un supplément de sainteté qui a la propriété de pouvoir s'opposer à la force particulière du 7e nom du mauvais penchant [Tséfoni = le pire des 7 aspects du yétser ara] (guémara Soucca 52a) qui est incarné par Amalek.

[le Maharcha (Soucca 52a) dit que les 7 noms du mauvais penchant correspondent aux 7 forces négatives qui correspondent elles-mêmes aux 7 jours de la semaine. (Shabbath ayant davantage de sainteté avec le supplément d'âme, il fait face à davantage d'impureté des forces du mal, et il peut donc davantage leur porter atteinte)]

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[le Séfer ha'Hinoukh dit que nous juxtaposons le Shabbath Za'hor (victoire sur Amalek) avec Pourim (victoire sur Haman) pour donner de la force aux juifs dans leur guerre contre leurs ennemis qui sont les descendants d'Amalek.
D'une certaine façon on peut dire que Shabbath est le moment où l'on a le temps d'apprécier notre situation de "fils" d'Hachem, d'être des juifs. Et par cette joie, fierté, cette émouna, alors nous avons davantage de puissance pour vaincre Amalek. (Hachem voyant à Shabbath notre véritable envie d'être proche de Lui (ex: en chantant, en étudiant à Shabbath), alors Il nous aide à l'être).]

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+ Shabbath Zakhor :

-> Le Shabbath précédant Pourim, c'est une mitsva d'y lire la paracha Zakhor (passage de Ki Tétsé 25,17-19).

-> Le Shabbat Za'hor se distingue par la mitsva propre à ce jour qui consiste à effacer le nom et le souvenir d'Amalek en acceptant sur soi le joug de la Torah et l'accomplissement des mitsvot.

-> Le Beit Aharon (Pourim 67) écrit à ce sujet :
"Tout ce que chaque juif fait, doit être accompli avec l'intention d'effacer le souvenir d'Amalek, et lorsqu'il veillera à cela, je suis certain que, très rapidement, il verra ses épreuves se résoudre".

-> Rabbi Tsadok de Lublin (Divré Sofrim 29) écrit :
"Il m’a été transmis que, lors de la lecture de la paracha Zakhor, au moment où l’on proclame à l'encontre d'Amalek : "tim'hé (efface - תמחה), une profusion de fertilité est suscitée d'office, en contrepartie, du côté de la sainteté".

Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Cela peut s’expliquer à l’aide de l'enseignement de la guémara (Méguila 6a) sur le verset de Yé'hézkiel (26,2) : "Je comblerai la ruine" : "Si celle-ci est pleine, celle-ci sera détruite, et si c'est l'autre qui est pleine, c'est celle-ci qui sera détruite".
Cela signifie qu'il ne peut se produire que Yaakov et Essav soient, tous les deux, ensemble, au sommet de la réussite ; lorsque l'un monte, c'est que forcément l'autre descend.

=> C'est pourquoi, lorsque l'on mentionne l'effacement d'Amalek pendant ce Shabbat, et que l'on demande de diminuer et d'éradiquer complètement son souvenir, il en découle nécessairement que la descendance de Yaakov se multiplie en nombre, et que tous méritent de donner naissance à des garçons assidus dans l'étude de la Torah et dans l'accomplissement des mitsvot.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2018/03/05/effacer-amalek-de-nos-jours

"Pourquoi [le Temple] s'appelle-t-il 'Lévanone'? Parce qu'il blanchit (lavane) les fautes d'Israël."

[guémara Yoma 39b]

Pour le prix d'un sacrifice, il était possible d'effacer toute trace du péché, d'être totalement pur!

"Rabbi 'Hana dit au nom de Rabbi Chimon 'Hassida : 'Tout jeûne auxquels ne participent pas des pécheurs d'Israël n'est pas un (véritable) jeûne, car le galbanum ('helbona) a une mauvaise odeur et pourtant elle est comptée parme les (onze) composants de l'encens (kétorét)'. "
[guémra Kéritout 6b]

Ainsi, lorsque les justes (tsadikim) et les non justes (réchaïm) jeûnent ensemble, cette association (ce klal) confère une puissance d'efficacité à ce jeûne public : c'est une condition pour être exaucés.

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L'ensemble des personnes présent à une prière s'appelle le : tsibour, dont les initiales renvoient à : tsadikim, bénonim et réchaïm.

Prier n'est pas une réunion d'élites, mais c'est une union de tout le peuple ensemble vers un but unique.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/09/27/5662-2

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-> Tout jeûne qui n'inclut pas les fauteurs n'est pas agréé par Hachem.
En effet, D. ne veut pas que les réchaïm soient détruits mais qu'ils se repentent.
Il leur donne donc une chance et leur accorde du temps pour changer leurs voies.
Lorsque les réchaïm se repentent, le nom Divin est grandi et sanctifié dans le monde.
Leur jeûne est donc très précieux aux yeux de D.
[rabbénou Bé'hayé]

Nous apprenons cela du fait que Hachem ordonna d'incorporer le galbanum à l'encens malgré son odeur désagréable. Si la personne qui mélange l'encens omet le galbanum, elle mérite la mort.

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-> Il existe une autre raison pour laquelle un jeûne ne rassemblant que des tradikim n'est pas accepté : les jeûnes sont décrétés à cause des malheurs qui s'abattent sur le monde.
Or ceux-ci ne surviennent qu'à cause des mauvaises actions des réchaïm.
Si seuls les tsadikim jeûnent et laissent les réchaïm commettre leurs fautes, à quoi cela sert-il?
Par contre, si les réchaïm sont inclus dans le jeûne communautaire et se repentent, Hachem a pitié du monde.

De plus, si le racha se trouve auprès du tsadik, les qualités de ce dernier seront d'autant plus visibles.
D'autre part, si le tsadik n'a auprès de lui que des personne supérieures à lui, on s'apercevra des qualités qui lui font défaut.
"Il n'y a pas de tsadik dans le monde qui fasse le bien et ne faute jamais" (Kohélét 7,20).
Par contre, quant une bonne personne se trouve aux côtés d'une mauvaise personne, ses mérites sont d'autant plus visibles.
[Méam Loez - Ki Tissa 30,36]

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-> Le Maté Moché fait remarquer une allusion à la nécessité de donner de la tsédaka particulièrement le jour d'un jeûne. Le mot "taanit" (jeûne - תענית) forme les lettres de : tét ani (תת עני - donner au pauvre).

Cela fait référence à la parole de nos Sages : "La récompense principale d’un jour de jeûne est déterminée par le montant de tsédaka donné" (guémara Béra’hot 6b). »

En jeûnant, nous minimisons notre matérialité pour laisser davantage s’exprimer notre spiritualité.
Par ailleurs, nous pouvons également y ressentir la mitsva de : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

De même, qu’il ne nous est pas agréable de devoir nous priver de nourriture, par le fait de devoir jeûner, on peut se rendre compte de la souffrance de nos frères qui sont dans cette situation au quotidien.

Aimer son prochain comme soi-même, c’est vivre son vécu, pour mieux comprendre, ressentir sa douleur physique et psychologique.
Comment alors ne pas donner à la tsédaka, alors que nos frères en sont contraints à quasiment jeûner tous les jours, faute de moyens suffisants?

La méguila incorporée dans le Tanakh

+ La méguila incorporée dans le Tanakh :

-> L'expression "paroles de paix et de vérité" signifie ce qui suit : la guémara (Méguila 7a ; voir aussi Yérouchalmi, Méguila 1:5) indique qu'Esther demanda aux Sages d'instaurer la fête de Pourim pour toutes les générations futures. Les Sages ont répondu : "Tu vas attiser la colère des nations contre nous, car elles diront que nous nous réjouissons du souvenir de leur chute".
Esther a répondu : "L'incident est déjà écrit dans les chroniques des rois de Perse et de Médie".

Esther a ensuite demandé que la Méguila soit incorporée dans le Tanakh (dans les Kétouvim).
Nos Sages ont fait valoir qu'ils avaient une tradition, fondée sur des déductions tirées d'un verset du Michlé, selon laquelle la bataille contre Amalek ne pouvait être mentionnée que trois fois dans le Tanakh. Comme elle était déjà mentionnée trois fois (Chémot 17,8-16 ; Dévarim 25,17-19 ; Shmouel 15,2), la Méguila, qui traite de ce conflit, ne pouvait être ajoutée au Tanakh.
Après délibération, nos Sages trouvèrent cependant une source dans la Torah indiquant que le conflit contre Amalek pouvait en effet être mentionné quatre fois dans le Tanakh, et ils acceptèrent d'inclure la Méguila dans le Tanakh.

C'est donc à cela que notre verset fait référence. Lorsque la Méguila déclare qu'Esther a écrit des paroles de paix et de vérité, cela indique la manière dont Esther a répondu aux deux défis lancés par les Sages.
À leur objection selon laquelle l'instauration d'une fête susciterait la haine contre les ujifs, Esther a répondu que ses paroles étaient pacifiques ; puisque l'incident de Pourim était déjà de notoriété publique et consigné dans les chroniques royales, la célébration de la fête ne causerait pas de conflits.
Et à l'objection des Sages selon laquelle la Méguila ne pouvait être incorporée dans le Tanakh, la Méguila répond que les paroles d'Esther étaient des paroles de vérité, c'est-à-dire qu'il existe une source dans la Torah, qui est la vérité ultime, justifiant l'inclusion de la Méguila dans le Tanakh.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Les juifs s'engagèrent à poursuivre ce qu'ils avaient commencé" (Eshter 9,23)

-> Avec ce verset, la Méguila explique pourquoi la fête de Pourim fut instituée le 14 Adar, le lendemain de la bataille, plutôt que le 13, jour où le miracle eut lieu. Ce verset nous informe que, puisque, l'année de la bataille, les juifs ont célébré le 14 Adar (ils ne pouvaient pas célébrer le 13, car ils étaient engagés dans les combats), l'année suivante, lorsqu'ils ont institué la fête, ils ont simplement entrepris de poursuivre ce qu'ils avaient commencé, c'est-à-dire de célébrer le 14 Adar, comme ils l'avaient fait l'année précédente.

Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre raison pour laquelle Pourim a eu lieu le lendemain du miracle (c'est-à-dire le 14 Adar) plutôt que le jour même du miracle (c'est-à-dire le 13 Adar).
Bien qu'un grand miracle se soit effectivement produit le 13 Adar, lorsque les juifs ont vaincu leurs ennemis, les juifs craignaient d'être encore en danger. Ils craignaient que le lendemain, les parents et les amis de ceux qu'ils avaient tués ne se vengent. Ce n'est que le lendemain, lorsqu'ils virent qu'ils pouvaient effectivement se remettre de la bataille en paix, et que la crainte des juifs et de Mordé'haï s'était abattue sur leurs ennemis (voir Esther 8,17 & Esther 9,3), que leur salut fut véritablement complet.

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-> Selon le Targoum (Esther 9,12&15&16), tous ceux qui sont morts le 13 et 14 Adar sont des descendants d'Amalek.

-> Par exemple, selon le rav Kanievsky : 500 Amalécites ont été tués par un groupe de 250 juifs de Shoushan, chaque juif tuant deux Amalécites afin d'accomplir la mitsva d'effacer Amalek.
Parmi les 18 750 juifs de Shoushan, ces 250 juifs n'ont pas assisté au festin d'A'hachvéroch (en accord avec la directive de Mordé'haï).

"Qui est-ce? Où est celui qui a osé faire cela?" (mi ou zé? ... - Esther 7,5).

=> Pourquoi A'hachvéroch semblait-il ignorer qui avait pris le décret contre les juifs, un décret qu'il avait lui-même approuvé?
De plus, lorsque A'hachvéroch confronta Haman avec l'accusation d'Esther, pourquoi Haman ne répondit-il pas simplement que le décret avait été pris avec l'approbation totale d'A'hachvéroch?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique :
Il est clair que l'échange entre Esther, A'hachvéroch et Haman a été orchestré par Hachem pour conduire à la mort de Haman. Lorsque Haman a réalisé qu'Esther faisait partie de la nation qu'il avait condamnée à mort, Hachem l'a rendu trop troublé pour parler ("fut attéré" - Esther 7,6).
Avant qu'Haman ne puisse retrouver son sang-froid et donner des excuses, A'hachvéroch a quitté la pièce en colère. Haman se retrouva seul avec Esther, à qui il ne pouvait donner aucune excuse, car Esther savait bien que c'était Haman qui avait convaincu A'hachvéroch de promulguer le décret.
Son seul espoir était de la supplier de l'épargner, ce qu'il fit (comme indiqué au verset 7).
Lorsque le roi revint dans la pièce, Haman se jeta sur le divan d'Esther ; le roi vit cette scène et entra dans une grande colère. Haman était à nouveau trop bouleversé pour répondre, et avant qu'il n'ait pu se remettre, son visage fut couvert et il fut emmené pour être exécuté.

Le rav Kanievsky suggère également une compréhension plus profonde de l'échange entre Esther, A'hachvéroch et Haman. En effet, ile xplique qu'A'hachvéroch n'était pas conscient de la portée du décret de Haman. Lorsque Haman s'est approché d'A'hachvéroch pour promulguer un décret contre les juifs, Haman a apporté avec lui 10 000 talents d'argent.
Le midrach (Esther raba 7,15) rapporte qu'Haman a dit à A'hachvéroch : "Je ne sais pas combien il y a de juifs actuellement, mais lorsqu'ils ont quitté l'Égypte, les hommes adultes étaient au nombre de 600 000. Je vous donnerai 10 000 talents d'argent, ce qui équivaut à 50 shékalim pour chacun des 600 000 juifs."

Or, 50 shékalim est la valeur standard (éré'h) que la Torah fixe pour un homme adulte (voir Vayikra 27,3).
[lorsqu'on s'engage à faire un don au Temple, on peut promettre de donner la "valeur" de soi-même, d'une autre personne ou d'un objet. La Torah précise l'évaluation, c'est-à-dire la somme due en fonction de l'âge et du sexe de la personne qui fait l'objet du vœu. ]

Ainsi, Haman offrit à A'hachvéroch la valeur des hommes juifs adultes, indiquant qu'il voulait la permission de tuer uniquement les hommes adultes. A'hachvéroch accepta, et consentit même à renoncer à l'argent ; cependant, A'hachvéroch ne donna jamais la permission d'exterminer tout le peuple juif, hommes, femmes et enfants, jeunes et vieux confondus.

Une fois qu'Haman eut reçu le sceau royal, il changea toutefois de plan. Il donna l'ordre de tuer tous les juifs sans exception. Lorsque Esther confronta Haman devant A'hachvéroch, elle déclara : "nous avons été vendus, mon peuple, pour être détruits, tués et anéantis" (Esther 7,4) ; c'est-à-dire que des ordres ont été donnés pour me tuer, moi, une femme, ainsi que toute ma nation, y compris les femmes, les personnes âgées et les enfants.
A'hachvéroch n'avait jamais donné son accord pour un tel ordre et il répondit donc avec stupéfaction : "Qui est-ce? Où est celui qui a osé faire cela?"

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-> L'explication ci-dessus permet de clarifier pourquoi Esther a dit : "Si nous avions été vendus comme esclaves et serviteurs, je me serais tue" (Esther 7,4).
Nos Sages (voir Rachi - Kétoubot 27a) déclare que lorsqu'une personne était exécutée par la couronne, ses biens étaient confisqués et sa femme et ses enfants étaient réduits en esclavage.
Comme A'hachvéroch avait ordonné que les hommes juifs adultes soient tués, cela incluait l'ordre de vendre les femmes et les enfants comme esclaves. Si Haman s'était contenté de cela, Esther n'aurait eu aucune raison de se plaindre, car le roi avait approuvé un tel décret.
Cependant, Haman ordonna que les femmes et les enfants soient tués, ce qui était une chose pour laquelle Esther pouvait légitimement confronter le roi.

-> Une autre explication plus simple de la plainte d'Esther est la suivante. À première vue, il semblerait qu'Esther aurait dû accuser A'hachvéroch, et non Haman, d'avoir tenté de la tuer.
Après tout, Haman n'avait jamais prévu de tuer Esther, car il ne savait pas qu'elle était juive ; le responsable était A'hachvéroch, l'autorité derrière Haman.
La raison pour laquelle Esther a accusé Haman est qu'A'hachvéroch n'avait jamais accepté que tous les juifs soient tués. Il avait accepté un massacre général, mais avait autorisé des exceptions.
Esther a donc déclaré au roi qu'elle-même était en danger à cause des détails ajoutés par Haman à l'ordre.
Bien qu'elle fût la reine, le décret royal stipulait désormais qu'il ne pouvait y avoir d'exception et, comme le précise plus loin la Méguila (Estger 8,8), un édit rédigé au nom du roi et scellé de son sceau ne peut être révoqué.

À chaque minute, D. donne la vie et l'énergie aux êtres qu'Il a créés. Même pendant que quelqu'un commet une transgression, il doit être conscient qu'à ce moment précis, D. le soutient.
Quel est l'intérêt de cette prise de conscience?
Peut-être la honte le forcera-t-elle à renoncer à la transgression. Même si le désir l'emporte et qu'il ne se désiste pas, cette prise de conscience l'aidera à regretter et à se repentir immédiatement après.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - guémara Béra'hot 63a]

+ Il est de coutume de ne pas se marier entre Pessa'h et Shavouot, jusqu'à Lag LaOmer. Car pendant cette période, les disciples de Rabbi Akiva sont morts. Il est de coutume de ne pas se couper les cheveux avant Lag LaOmer, car il est dit qu'alors ils ont cessé de mourir. (Choul'han Arou'h -Ora'h 'Haïm 493:1-2)

-> Le Ben Ich 'Haï (Ora'h 'Haïm) enseigne :
Il est interdit de se couper les cheveux pendant la saison où les disciples de Rabbi Akiva sont morts.
Le cheveu pousse à partir de son propre follicule (Nidah 52b). Pourtant, les cheveux de la tête sont si proches les uns des autres qu'il semble que plusieurs proviennent du même follicule.

Nous ferions bien d'imiter les cheveux. Bien que chaque personne ait sa propre maison et ses propres moyens de subsistance, les gens devraient s'unir avec un tel amour et une telle unité qu'il semble qu'ils mangent tous à la même table. La possibilité d'être à proximité les uns des autres est un signe d'amour (voir Sanhedrin 7a).

Rabbi Akiva sont morts pendant cette période en raison d'un manque d'amour entre eux. S'abstenir de couper nos cheveux nous rappelle que nous devons vivre ensemble dans l'harmonie et la proximité.