Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Comment lier la joie et le deuil?

+ Comment lier la joie et le deuil?

-> "Servez Hachem avec joie" (Téhilim 100,2)
-> "Lorsque le mois de Av arrive, il faut diminuer notre joie" (Choul'han Arou'h - Ora'h 'Haïm 551,1)

=> Comment concilier les 2, et ce d'autant plus, le 9 Av, jour où nous servons Hachem en prenant le deuil?

Le rav Steinman de donner l'explication suivante :
L'obligation de "servir Hachem dans la joie" ne signifie pas d'être simplement joyeux, cela veut dire que nous devons servir Hachem, en faisant Ses mitsvot, et cela dans un état de joie.
Comment cela?

L'essence de faire les mitsvot est de réaliser la volonté de Hachem.
Lorsque nous faisons Sa volonté comme il le faut, nous devons ressentir une joie intrinsèque.
Ainsi, quelque soit la mitsva que nous faisons, il n'y a pas de différence : une mitsva qui est naturellement joyeuse (ex: faire les fêtes juives) ou bien une mitsva qui est très loin de la joie (ex: prendre le deuil de la perte du Temple).

Une personne peut ressentir de la peine pour la perte du Temple, et cependant au même moment ressentir un sentiment de joie intérieure par le fait qu'elle accomplit la volonté de Hachem.
Ainsi, malgré le deuil, il y a quand même un aspect de joie. Ce n'est pas contradictoire.

[La même chose s'applique lorsqu'une personne prend le deuil d'un proche. Bien qu'elle ressent une forte douleur liée à la perte d'un être cher, elle peut également ressentir un sentiment de joie, car malgré tout, elle suit les instructions de la Torah relatives au deuil, suivant ainsi la volonté de papa Hachem.]

Le Pélé Yoets explique ce concept : les étudiants du Arizal enseignent qu'il faut pleurer pendant la prière.
Cependant, de telles larmes ne sont pas contradictoires au fait de servir Hachem avec joie.

Une personne doit lier ces 2 émotions ensemble : prier d'un œil larmoyant, mais avec un cœur plein de joie.
D'un côté, la joie d'avoir le privilège de servir D., de faire Sa volonté [et d'être face à lui dans la prière], et d'un autre côté, des larmes sincères de regret de nos mauvaises actions [et de Lui décharger toutes nos inquiétudes en étant certain que seul Hachem peut et va les résoudre].

+ "Nous sommes [à chaque instant] dans les mains de Hachem, il n'y a aucune raison de s'inquiéter.

Il nous a guidé pendant des milliers d'années, Il sait ce qui est bon pour nous et Il nous guide vers cela.
Nous ne savons pas ce qui est bon pour nous, Hachem est l'Unique qui le sait, et le mal ne vient pas du Ciel"

[le Steïpler - paroles durant la guerre de Kippour]

-> La méguila Eikha décrit en longueur les nombreux drames qui sont arrivés aux juifs, suite à la destruction du Temple.
Bien qu'en surface cela soit une terrible tragédie, en réalité sa finalité est le bien de la nation juive, car au travers la destruction du Temple, les fautes des juifs, ont été pardonnées, comme il est écrit : "Tes fautes sont expiées, fille de Tsion" (Eikha 4,22).

Nos Sages (midrach Béréchit rabba 42,3) enseignent que Hachem "a laissé éclater sa colère sur le bois et les pierres", ce qui signifie qu'au lieu de détruire les juifs pour leurs fautes, Il a redirigé Sa colère sur le Temple et a expié nos fautes par sa destruction.

-> On sait qu'un prophète ne peut avoir de prophétie que s'il est dans un état de joie (guémara Shabbath 30b).
Les mots de la méguila Eikha sont ceux d'un deuil intense, et cependant ils ont été donnés par prophétie à Yirmiyahou.
Comment est-ce possible?

Yirmiyahou a réalisé que malgré les malheurs horribles qui sont arrivés aux juifs, la destruction du Temple a été au final pour leur bien : expier leurs fautes.
En ayant conscience de cela, il a atteint un état de joie nécessaire à la prophétie, et ce même en y décrivant d'aussi terribles horreurs.

Ce concept ne s'applique pas uniquement à la destruction du Temple.
Le rav Aharon Steinman dit que toutes les souffrances dans ce monde servent d'expiation pour nos fautes, que nous soyons conscient ou pas de ces fautes.
Ainsi, chaque soucis qui nous arrive, vient avec précision de notre papa Hachem, et est au final, c'est pour notre bien.

<-------------->

+ "De s'asseoir solitaire en se résignant silencieusement, lorsque Dieu le lui impose" (Eikha 3,28)

Rachi d'expliquer : Lorsqu'une tragédie s'abat sur une personne, elle doit s'asseoir en silence et l'accepter, puisque c'est un décret de Hachem.

<-------------->

-> "Toutes nos souffrances et toutes nos joies proviennent du même D."
[Rabbi Yé'hiel Spéro]

Tout est pour notre bien, et ce qui change est le regard que nous portons sur ce qui nous arrive.
Lorsqu'on va enlever une dent, nettoyer un enfant, ... il va pleurer de toutes ses forces (méchant papa!), mais en réalité c'est uniquement pour son bien.
Il en est de même dans notre relation avec notre papa Hachem, qui peut tout et qui nous aime d'une façon infinie.

<-------------->

+ Pourquoi est-ce que les juifs souffrent plus que toute autre nation?

On nous enseigne (guémara Yébamot 121b) que Hachem est particulièrement sévère envers les justes.
Si une personne est plus proche de Hachem, alors D. va tenir envers elle des standards plus élevés, faisant que la punition pour ses fautes est plus sévère.

Ainsi, puisque le peuple juif a atteint un niveau de proximité avec Hachem qu'aucune autre nation n'a atteint, ses fautes vont être punies plus sévèrement que toute autre nation.

Plus un père a des attentes élevées envers son enfant, plus il va être exigeant à son égard.
Nos souffrances doivent nous conduire à faire téchouva, à voir ce que l'on peut améliorer dans notre vie, à nous tourner en prières vers Hachem.
On ne doit pas les souhaiter, mais si elles sont déjà là on doit les vivre le plus positivement possible (c'est le signe que je suis proche de mon papa et qu'il voit que j'ai de grandes capacités!).

Lorsqu'un enfant fait une bêtise, son papa va par amour lui faire des réprimandes (afin qu'il s'améliore), même si cela lui est difficile sur le moment.
[A l'inverse, être insensible aux erreurs de son enfant, ce n'est pas lui rendre service pour la suite de sa vie].

Ainsi, dans notre vie, nos souffrances sont une manière de dire : papa Hachem est là, au plus proche de moi, Il s'occupe à chaque instant de moi (pour mon bien ultime), Il ne m'oublie pas, contrairement aux autres nations, dont Il est plus distant et qui ne sont pas réprimandées.

Cas de la venue du machia’h le 9 Av

+ Que se passe-t-il si le Machia'h arrive pendant la journée du 9 Av?
Est-ce que l'on doit s'arrêter de jeûner, ou bien est-ce que l'on doit continuer jusqu'à la fin?

Rav 'Haïm Kanievsky donne la réponse suivante.
Nous trouvons dans la michna (Taanit 3,9) une question similaire.
Si la communauté juive a déclaré un jeûne afin de prier pour la fin d'une sécheresse, et qu'il commence à pleuvoir en plein milieu, la règle est :
-> s'il a commencé à pleuvoir avant le milieu juif de la journée ('hatsot), alors on arrête immédiatement de jeûner et l'on observe le restant de la journée comme un jour de fête.
-> s'il a commencé à pleuvoir après le milieu de la journée, on continue à jeûner jusqu'à la fin.

Il en est de même pour le 9 Av : si le Machia'h arrive avant le milieu de la journée, nous devons arrêter de jeûner, sinon nous devons le faire jusqu'à la fin.

Selon le Rambam (Hilkhot Taaniyot 5,1), le 9 Av a 2 objectifs : être un jour de deuil, et également être un jour de repentir (téchouva).
Une fois que le Machia'h arrive, il n'y aura plus de place au deuil.
En effet, imaginons qu'on est en deuil pour la perte d'un être cher, et que cette même personne décédée revient à la vie, il est évident que notre deuil n'a plus lieu d'être.

Cependant, l'aspect de devoir se repentir est toujours nécessaire.

=> Ainsi, nous continuerons à jeûner, sans deuil, dans un état d'esprit de téchouva et de se rapprocher de Hachem.

<------------------->

+ Bénédictions à réciter :

Rav 'Haïm Kanievsky dit que lorsque le Machia'h viendra, il nous faudra réciter plusieurs bénédictions.

1°/ La bénédiction de "Shéé'hiyanou" : remercier D. de nous avoir laissé en vie pour vivre un tel moment.

Le Shoul'han Arou'h (Ora'h 'Haïm 225,2) statue que l'on doit dire "Shéé'hiyanou" lorsque l'on rencontre un ami que l'on n'a pas vu depuis au moins 30 jours.
Mais on ne doit pas réciter de bénédiction dans le cas où on ne l'a jamais rencontré par le passé (ex : on devient très bon ami par le biais d'une correspondance).
La michna Béroura note que la 1ere fois que l'on voit son enfant, on doit quand même faire cette bénédiction de "Shéé'hiyanou", car nous ressentons alors une joie énorme.

=> Il en sera de même lors de la venue du Machia'h, même si nous ne l'avons encore jamais vu par le passé, nous aurons alors une joie sans limite, et nous devrons alors réciter cette bénédiction.

2°/ Lorsque nous verrons les personnes décédées revivre, nous ressentirons une grande joie en les voyant, et nous réciterons alors la bénédiction de "Shéé'hiyanou", et également la bénédiction de "mé'hayé amétim" (qui fait revivre les morts), afin de remercier Hachem de les avoir ramener à la vie.

3°/ Nous réciterons également la bénédiction de "shé'halak mikévodo lébassar vadam" (qui a distribué de Son honneur aux êtres humains), que nous disons à la vue d'un roi juif, puisque le Machia'h sera notre roi.

4°/ Nous dirons également la bénédiction de "shé'halak mé'ho'hmato liréav" (qui a distribué de Sa sagesse à ceux qui Le craignent), qui nous disons à la vue d'un grand sage en Torah, ce que sera évidement le Machia'h.
Nous dirons également cette bénédiction lorsque nous verrons la résurrection des géants en Torah de chaque génération.

5-6°/ Le Rav 'Haïm Kanievsky a dit que selon le Lev 'Haïm, il faudra également dire la bénédiction "gaal Israël" (qui a délivré Isarël), et que selon la Knessét haGédolah, il faudra réciter aussi le Hallel.

Le rav Kanievsky de conclure : "Que nous puissions mériter bientôt de voir ce que nous ferons [à l'arrivée du Machia'h]".

<------------------->

+ Lors de la venue du Machia'h nous aurons besoin d'une vache rousse afin de nous purifier.
On a demandé au rav Steinman, si une vache qui est née rousse suite à une manipulation génétique est valable en tant que vache rousse (para adouma).

Il a répondu :
"Probablement, cela est valable, car la loi juive demande uniquement qu'elle soit entièrement rousse et qu'elle n'ai pas de tâches ...
Cependant, cela ne sera pas nécessaire, car lorsque le Machia'h viendra, Hachem nous fournira une vache rousse, de la même façon qu'Il nous donnera tous les autres objets dont nous aurons besoin, ce qui comprend bien entendu le Temple.
Nous n'aurons pas à préparer la vache nous-même."

"Tout le monde affirme que nous sommes arrivés à l'ère prémessianique ...
Dans ce cas, beaucoup [d'efforts] sont requis car il faut se préparer pour devenir digne de mériter ces temps.
Il faut acquérir la crainte [la connaissance] de D., aspirer à une vie spirituelle, s'attacher aux bons traits de caractères (midot) ; alors, on sera digne de recevoir ce que les jours du machia'h auront à nous offrir ..."

[Rav Yé'hezkel Levenstein]

-> "Notre vie est-elle suffisamment imprégnée de l'esprit du judaïsme? S'inspire-t-elle assez largement de la pensée de la Torah? [...]
Avons-nous posé les bases pouvant constituer le cadre idéal pour ériger un Temple de D. parmi nous?"

[Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch]

<---------------->

-> "[Durant notre vie], Ne pas assister à la construction du Temple, c’est comme assister à sa destruction" (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1)

Ainsi, cette année (si le machia'h ne vient pas), on doit s'imaginer qu'en ce 9 Av, toutes les télévisions du monde, les journaux, ... ont fait comme une : "La splendeur du monde : le Temple, vient d'être détruit!"

On doit être très attristé par cette perte subie, mais on doit surtout effectuer une analyse de soi-même à aujourd'hui : Qu'est-ce qui dans mon comportement a bien pu entraîner la destruction du Temple cette année? Comment vais-je pouvoir m'améliorer pour participer à sa construction au plus vite?

C'est ainsi que dans les 3 Haftarot qui précédent le 9 Av, le prophète Yéchayahou ne se lamente pas sur la destruction du Temple, mais sur ses causes.

Si on pense sincèrement que le Machia'h arrive, alors il n'y a plus le temps d'attendre (de remettre à demain), il faut faire téchouva et agir au mieux selon la volonté de D.

Par un tel état d'esprit dans nos actions au quotidien, nous crions à Hachem : Reconstruit Ton Temple! Car en son absence, Ton éloignement qui en résulte nous est trop dur à supporter! Reviens pleinement parmi nous!! HM on t'aime et on veut encore plus te ressentir/percevoir!!!

"Depuis que le Temple a été détruit, les Bné Israël qui ont une confiance (totale) en D., ont disparu"

[guémara Sotah 48a]

La guémara donne un exemple :
"Quiconque a du pain dans son panier et qui se dit : 'Qu'allons-nous manger demain?' fait partie des gens de peu de foi."
[guémara Sotah 48b]

<--->

=> On peut s'interroger sur la raison pour laquelle on dit de cet homme qu'il a peu d'émouna.
Hachem lui a-t-il promis qu'il aurait de quoi manger le lendemain, pour qu'on puisse exiger de lui d'être confiant?

Le réel problème est que cet homme s'inquiète du lendemain et pas du jour-même. Pourquoi?
Hachem lui a-t-il promis quoi que ce soit pour aujourd'hui?
Non. Mais l'homme est confiant qu'aujourd'hui il pourra manger le pain qu'il possède actuellement dans son panier et qu'il peut donc s'arranger sans Hachem. C'est en cela qu'il a peu d'émouna.

On peut aussi expliquer selon le moussar : lorsque l'homme demande "que mangerons-nous demain?", cela n'exprime pas seulement une inquiétude, mais se traduit aussi, en pratique, par une hichtadlout de sa part.

Nos Sages nous enseignent que celui qui fait des efforts pour le lendemain ne le fait pas à cause du commandement de la hichtadlout et de l'obligation de ne pas compter sur le miracle, car si tel était le cas il lui aurait suffi de se préoccuper du jour-même.
Là, il s'efforce parce que, selon lui, la hichtadlout lui apporte la parnassa.
C'est pourquoi il est considéré comme faible en émouna.
[rav Yaakov Israël Pozen]

<--->

-> Durant la période du 2e Temple, les juifs étudiaient la Torah et faisaient du 'hessed. Pourquoi fut-il détruit?
"Parce qu'il y avait de la haine gratuite". Et la haine prend sa source dans le manque de bita'hon.
L'homme croit que l'autre lui cause préjudice, lui fait du mal et peut le ruiner ; de ce fait, il le jalouse et le hait.
C'est donc le manque de bita'hon qui mena à la destruction du second Temple.
[rav Yaakov Israël Pozen]

<------------->

+ A noter :

Il est intéressant de constater que le mot : "souci" se dit en hébreu : 'déagua' (דאגה).
Ce mot est composé de chacune des 5 premières lettres de l'alphabet, sauf qu'il manque la lettre 'bét' (ב), qui est l'initiale du mot : "bita'hon" (בטחון), comme pour dire : c'est le manque de confiance en D. qui fait que l'homme se soucie exagérément du lendemain.

Roch Hachana – Se réjouir en tremblant

+ Roch Hachana - Se réjouir en tremblant :

-> La michna (Roch Hachana 8a) enseigne : "Le premier Tichri, c’est le nouvel an des années".
La guémara explique que cela concerne le jugement rendu en ce jour, comme il est écrit : "Depuis le début de l’année jusqu’à la fin de l’année" (Ekev 11,12), verset que nos Sages commentent ainsi : "Depuis le début de l’année, on décrète ce qu’il y aura à la fin".
Rachi explique : "Hachem juge en Tichri tous les êtres du monde et tout ce qui leur arrivera jusqu’au prochain Tichri".

-> "Hachem les a faits de sorte qu’ils Le craignent en étant devant Lui" (Kohélet 3,14).
Selon le Zohar (III, 98b), il s’agit du jour de Roch Hachana, qui est un jour placé sous le signe de la crainte et de la grandeur de la gloire d’Hachem.

-> Une fois, une mouche s’acharna à déranger le ‘Hazon Ich en tournant sans cesse autour de lui. Malgré les tentatives de la personne qui se trouvait à proximité du Rav de la chasser, rien n’y fit." Laisse, lui dit le ‘Hazon Ich, c’est une mouche de Roch Hachana!", voulant ainsi signifier que, depuis longtemps déjà, durant les jours de Roch Hachana, il avait été décrété que cette mouche viendrait le tourmenter, et rien ne l’empêcherait d’accomplir le décret d’Hachem.

-> Une fois, au mois de Chevat, un jeune Avrékh attrapa une pneumonie, suite à un refroidissement, et n’en réchappa pas. Le rav ‘Haïm Chemoulévitch déclara alors : "Vous pensez que cet Avrékh est mort maintenant, en hiver, à cause du froid? En fait, il était déjà "décédé" au moment où le soleil dardait ses rayons sur nos têtes, au beau milieu du Ma’hzor de Roch Hachana (c’est là-bas qu’il s’est refroidi, car sa prière était alors "froide")."

=> Cela témoigne d'à quel point le jour de Roch Hachana aura un impact dans notre année à venir, et nous ne pouvons pas l'aborder avec légèreté, mais plutôt avec sans crainte de ce qui pourrait en résulter.

<--->

=> D'un côté nos jours nous enseignent que Roch Hachana est un jour de crainte, et d'un autre que c'est un jour de joie. Comment est-il possible d'avoir ces 2 sentiments simultanément?

-> Le rav Bounim de Peshischa (dans une lettre à la fin de son Kol Sim'ha) explique qu'il n'y a en cela aucune contradiction : durant ces jours-là, Hachem donnera le mérite à l’homme de vivre les deux choses ensemble : la joie et l’inquiétude dissimulée dans la crainte du jugement.

-> Cette notion est explicite dans le Séfer Ha’hinoukh (mitsva 311) :
"Un de fondements de la mitsva de cette fête (Roch Hachana) émane de la bonté que manifeste Hachem pour Ses créatures en se préoccupant d’elles et en examinant leurs actes une fois par an, afin que leurs fautes ne se multiplient pas (indéfiniment) et qu’il y ait place pour l’expiation. Puisqu’Il est rempli de bonté et fait pencher la balance vers la bonté, Il les efface, et s’il y en a, parmi elles, certaines qui nécessitent d’être purgées, Il se les fait payer petit à petit ...
Il se trouve donc que ce jour solennel constitue le maintien du monde. C’est pourquoi il convient d’en faire un Yom Tov (jour de fête [joie]) et de le compter parmi les fêtes si chères, de toute l’année.
Néanmoins, puisque c’est le moment du jugement de toutes les créatures, il convient d’être alors dans la crainte et l’anxiété, plus que pour toutes les autres fêtes."

-> Le rav Pin’has de Koritz développe sur cette apparente contradiction :
"A priori, on peut opposer, un verset explicite : "Mangez des mets succulents et buvez de suaves boissons ... et ne soyez pas attristés, car la joie en Hachem est votre force" (Né'hémia 8,10 - paroles que Né'hémia a dit à Roch Hachana), aux paroles du Arizal (Chaar Ha Kavanot 90a) selon lesquelles : "Celui qui ne pleure pas dans les prières de Roch Hachana, c’est le signe que son âme n’est pas parfaite."
Et le rav de Koritz l'explique par le fait que cela ressemble à un mariage : d’un côté, on éprouve une joie immense, mais d’un autre, notre coeur bat également d’inquiétude et de crainte de voir cette union réussir (de nombreuses prières et sanglots ont précédé le mariage et se poursuivent même jusque sous la ‘Houpa).
Il en est de même en ce grand jour, celui où le monde a été conçu : d’un côté, le fait que nous, êtres de chair et de sang, méritions de faire régner son Nom de gloire et de proclamer dans le monde entier : HaMélé'h (Ô Roi !) est une immense joie. Y a-til quelque chose de plus doux au palais?
Mais, d’un autre, nous pleurons, car nous ignorons ce que ce jour entraînera et ce que cette nouvelle année qui s’annonce dissimule à notre débit. C’est pourquoi nous "rampons et tremblons, en ce jour de jugement". [plus nous avons de la crainte, plus cela témoigne qu'on croit réellement que chaque chose de l'année à venir dépendra de Roch Hachana, ce qui est terrifiant de responsabilité! ]

Kippour – Se réconcilier avec son prochain même quand ce dernier est en tort

+ Kippour - Se réconcilier avec son prochain même quand ce dernier est en tort :

-> La guémara (Yoma 87b) rapporte le récit suivant :
"Rav lisait un passage des Néviim en présence de Rabbi lorsque Rav 'Hiya entra. Rav reprit alors sa lecture depuis le début et continua. Puis, Bar Kapara entra, et à nouveau, Rav reprit sa lecture. Rabbi Chimon, fils de Rabbi entra également, et encore une fois, Rav recommença depuis le début.
C'est alors que Rabbi Hanina bar 'Hama entra, mais cette fois-ci, Rav ne recommença pas depuis le début. Rabbi 'Hanina lui en tint rigueur. Avant Yom Kippour, Rav se rendit chez. lui 13 fois afin de se réconcilier, mais il n'accepta pas ses excuses."

Or la guémara remarque : "La loi est que l'homme demande pardon 3 fois, pas plus. Cependant, bien que ce soit le Din, Rav se montra rigoureux envers lui-même."

-> Le Sfat Emet pose la question suivante : si selon la halakha Rav ne blessa pas Rabbi 'Hanina, pourquoi lui demanda-t-il pardon? Et s'il lui demanda, pourquoi ne se contenta-t-il pas de 3 fois, comme la Halakha nous enseigne?

Et il nous donne la réponse suivante : "Bien que selon la Halakha pure, Rav ne lui portât pas atteinte, malgré tout son acte contenait une once d'offense à Rabbi 'Hanina. S'il n'avait repris sa lecture pour personne, Rabbi 'Hanina n'aurait pas été blessé. Mais après avoir relu le passage pour 3 autres personnes, il est compréhensible que Rabbi Hanina ait été blessé lorsqu'il ne voulut pas reprendre sa lecture pour lui également."

Le Sfat Emet explique : "En réalité, selon la loi, Rav n'avait pas besoin de reprendre sa lecture pour Rabbi 'Hanina, et donc ce sentiment de rancœur de Rabbi 'Hanina envers Rav n'était pas justifié. Malgré tout, Rav agit sagement lorsqu'il se rendit chez lui la veille de Yom Kippour afin de se réconcilier, car en ce jour, il y a une insistance particulière sur le fait de se réconcilier avec son prochain, et il n'y a pas de différence s'il a raison de lui tenir rigueur ou non."

La raison à cela est la suivante : si tu as offensé ton ami, la réalité est telle qu'il se sent blessé. Ainsi, ton intention (de vouloir ou non l'offenser) ne change rien.
Même si selon la halakha il n'y a pas eu d'offense, cela n'annule pas la réalité ; cet homme est blessé.
Puisqu'il y a une insistance particulière à ce sujet le jour de Kippour, réconcilie-toi donc avec ton prochain et efface la colère qu'il a contre toi, pour l'avoir blessé.
[rav Barou'h Rozenblum]

La messirat néfech et la honte servent d’expiation

-> La guémara (Yoma 86a) décrit 4 types d’expiation pour divers fautes. Si quelqu’un enfreint une mitsva assé et fait téchouva, il est pardonné immédiatement. Si quelqu’un enfreint une mitsva lo taassé et fait téchouva, la faute reste sur lui jusqu’à Yom Kippour, date à laquelle il est pardonné.
Si quelqu’un enfreint une mitsva passible de la peine de karét ou de la peine de mort prononcée par le beit din et qu’il fait téchouva, cette téchouva, associée à Yom Kippour et à la souffrance, lui sert d’expiation.

-> Le séfer Beit Avraham cite le rabbi de Slonim qui dit qu’il n’est pas nécessaire de souffrir pour être pardonné de certaines fautes. Au contraire, si l’on accepte de servir Hachem avec "messirat néfech", cela est considéré comme si l’on avait réellement souffert et fait sacrifice pour Hachem, et l’on est pardonné.
Il raconte qu’à l’époque du Maharam de Rottenberg, de nombreux juifs ont donné leur vie plutôt que d’être contraints de fauter, et que beaucoup d’autres ont accepté de renoncer à leur vie mais ont finalement été épargnés.
Il fut révélé en rêve au Maharam que tant ceux qui étaient réellement morts que ceux qui avaient accepté de mourir mais avaient été sauvés se trouvaient au même niveau, mais que ceux qui avaient réellement été tués bénéficiaient d’une récompense particulière pour les tourments qu’ils avaient endurés au moment de leur mort.

-> Si une personne accepte de réciter la lecture du Shéma et de prier avec messirat néfech, elle accomplit ainsi le verset : "Car c’est pour Toi que nous sommes sans cesse mis à mort, que nous sommes considérés comme des brebis destinées à l’abattoir" (Téhilim 44,23).
On peut également faire preuve de messirat néfech lorsqu’on se retrouve en compagnie de moqueurs qui font des blagues sur Hachem et Sa Torah. Si l’on tient tête à ces derniers, Hachem considère que l’on a risqué sa vie pour Lui.

Le Bait Avraham ajoute qu’outre la messirat néfech, l’embarras constitue également une expiation.

<--->

-> b'h, également : La honte expie les fautes : https://todahm.com/2025/02/24/la-honte-expie-les-fautes

Téchouva & joie

-> Avant de le développer en détail, voici un enseignement général du rav David Tsvi Shlomo Naftali Biderman (l'admour de Lelov) :
"C’est ainsi que la téchouva doit être accomplie : dans la joie ...

En vérité, une personne doit être consciente que ses fautes peuvent la faire chuter de tous les mondes, lui faire perdre à la fois ce monde et cela à Venir, et la laisser (éternellement) sans rien du tout, sans aucune rectification. [Dans ce cas], tous les mondes et tous les anges voudront le mettre en pièces, car comment a-t-elle pu avoir l’audace de se rebeller contre le Roi des rois, Hachem?
Il faut donc se fortifier dans la crainte de Hachem et la yiras Shomayim afin de s’assurer de ne commettre aucun mal.

Cependant, lorsqu’on souhaite revenir à la téchouva, il faut se nourrir et se fortifier uniquement de joie, car "une mesure positive est plus grande", comme il est écrit : "Hachem est bon envers tous, et Sa miséricorde s’étend sur toutes Ses créatures".
Hachem aidera la personne à revenir à la téchouva et à jouir de la persévérance [de ses efforts]. Hachem acceptera pour sûr sa téchouva et le rapprochera de Lui, car Il désire la téchouva, comme le dit le verset : "Car Tu écoutes les prières de toutes les bouches" , et : "Car nul ne sera abandonné par Lui" , et : "Je comblerai de mes bienfaits celui que Je choisis".

Il faut veiller à ne pas inverser ces approches. Le yétser ara cherche à persuader une personne de fauter. Avant la faute, il nous rassure en nous disant : "Ce n’est pas si grave!"
Après coup, lorsque la personne s’apprête à faire téchouva, le yétser ara vient l’accabler en lui disant : "en effet, cela est si grave que tu n'as pas la possibilité de faire téchouva dessus".
Or, c’est tout le contraire! Lorsque le yétser ara incite une personne à fauter, il faut trembler à l’idée de subir une chute dévastatrice.
Mais [à postériori]; si l’on a déjà transgressé, il faut se fortifier dans la téchouva et une grande joie, car la téchouva permet à une personne d’atteindre un niveau très élevé.

Lorsqu’elle s’accompagne de joie, la téchouva sera durable, et l’on s’élèvera (spirituellement) de plus en plus haut dans son retour. [on n'a pas naturellement conscience de cela, libre arbitre oblige]

La téchouva accomplie dans une grande joie conduit à la téchouva dans l’amour, et la téchouva avec amour et la joie permettent d’atteindre les niveaux les plus élevés.
C’est pourquoi il faut se fortifier pour accomplir la téchouva dans une grande joie.

Il faut veiller à ce que la téchouva ne se fasse que dans la joie.
Si l'on constate que notre téchouva réduit notre joie et qu’on sombre dans de la tristesse, on doit savoir qu’il ne s’agit pas d’une [véritable] téchouva.
Car la véritable téchouva doit conduire à une augmentation de la joie. Par conséquent, la bonne stratégie consiste pour nous à inspirer immédiatement de la joie dans notre cœur face à la grande opportunité que représente la mitsva de la téchouva, en s’encourageant avec une grande joie grâce à la bonté d'Hachem qui nous a accordé le mérite de s’engager dans la téchouva et de revenir (à Lui, à notre source pure, divine).
Alors, naturellement, notre téchouva s’accomplira dans la joie.

Il faut se fortifier pour accomplir la techouva avec joie, tout comme il nous est ordonné d’accomplir toutes les mitsvot "avec joie et allégresse de cœur avant tout".
Une téchouva dépourvue de joie ne respecte pas la mitsva de joie, et "est une téchouva incomplète".

Bien que le concept d’accomplir la téchouva dans la tristesse existe certainement, cela ne s’applique qu’aux tsadikim qui sont capables de ressentir de la tristesse en même temps qu’une joie cachée au sein de cette amertume/tristesse.
Cependant, des personnes comme nous sont incapables de concilier les deux, car nous courons le grand risque de sombrer dans une grande tristesse, du découragement.
Par conséquent, la seule voie correcte est la téchouva accompagnée de joie."

<-------->

+ La joie un élément fondamental de notre relation avec Hachem :

-> "L’élément primordial de la avodat Hachem est qu’elle se fasse dans la joie, car le trait de caractère qu’est la tristesse nuit grandement à la avodat Hashem d’une personne.
Il est dans la nature d’une personne qui souhaite véritablement servir Hachem de ressentir une certaine tristesse, car elle a le sentiment que ses actions ne sont pas droites. Cela tient au fait qu’elle a constamment l’impression d’être en défaut dans sa avodat Hachem.
C’est pourquoi il faut se fortifier contre cette tendance et se maintenir dans un état constant de joie."
[Maor vaChémech - Noa'h]

-> "Une téchouva accomplie sous la contrainte n’est pas bonne. L’essentiel est que la téchouva soit accomplie avec joie et un cœur réjoui."
[séfer Atéret Yéchoua - Yom Roch Hachana]

-> "Tout d’abord, il vient au cœur d’une personne de faire téchouva pour ses nombreuses fautes. Il n’y a pas de place pour la joie, car elle doit s’attrister de ses transgressions.
Cependant, après cette tristesse et ce regret venus du plus profond de son cœur ... et sa résolution de renoncer à ces comportements, il faut immédiatement entrer dans la joie et l’amour de Hachem."
[Maor vaChémech - Nitsavim]

-> Selon le Tiféret Shlomo (Likoutim II, Shmouel 1) :
"Même si l’on est déprimé à cause de nos fautes, il n’est pas bon que ce soit là son état permanent, car ce n’est pas là l’accomplissement de l’homme dans une téchouva élevée.
La téchouva est grande, car elle atteint le Kissé HaKavod (Trône de Gloire divin). Cependant, il est impossible de s’élever jusqu’à cet endroit sans joie.

Tel est le sens du verset : "Un cantique de David, lorsque Nathan HaNavi vint vers lui" (Téhilim 51,1-2)
Le processus de téchouva devait être précédé par le chant, la joie et un esprit de confiance. C’était également la raison pour laquelle les Lévi'im chantaient dans le Temple lorsqu’ils apportaient les korbanot (sacrifices) en signe de repentance. C’est pourquoi le verset précise : "Un cantique" (mizmor), car c’est ainsi que l’on s’élève de plus en plus haut".

-> Le Déguel Ma'hané Efraïm (Tikounim) écrit que le monde de la téchouva est le monde de la Pensée (ma'hachava), qui est aussi le monde de la Joie, car le mot "ma'hachava" (מַחֲשָׁבָה) comporte les mêmes lettres que "bé'simha" (dans la joie - בשמחה).

<--->

-> "Un cœur contrit (brisé par la tristesse d'avoir fauté) est un aspect de la téchouva inférieure.
[La téchouva] doit également s’accompagner de joie, les deux allant de pair ... comme l’indique le Zohar (vol.3, p.75a) : "Les pleurs doivent trouver leur source d’un côté, et la joie de l’autre".
[on doit aussi avoir de la] foi et de la confiance. Notre cœur doit être absolument certain, sans l’ombre d’un doute, qu'Hachem est Celui qui désire la bonté, qu’Il est Miséricordieux et infiniment Pardonneur, et que lorsqu’on le demandera, on recevra immédiatement le pardon d'Hachem."
[séfer haTanya - Iguéret haKodech - chap.11 ]

-> "Dès qu’on éprouve un cœur brisé en contemplant la grandeur d'Hachem devant qui on a fauté, il faut chasser entièrement la tristesse de son cœur et croire avec une foi parfaite qu'Hachem a effacé notre faute et qu’Il est infiniment miséricordieux. Telle est la véritable joie en Hachem qui survient après la tristesse."
[séfer haTanya - chap.26 ]

-> "En vérité, lorsqu’une personne contemple ses actions et voit que ses jours et ses années ont été gaspillés en vanités, la crainte s’empare d’elle, et ses yeux se mettent à verser des larmes ...
Cependant, cela relève encore de la tristesse, et il vaut mieux pour lui d’être constamment joyeux. Ainsi, après avoir pleuré, on doit se réjouir en se rappelant que la Porte des Larmes n’est jamais fermée. Cela nous aidera à servir Hachem avec joie ...
Il apparaît donc qu’en vérité, c’est par le biais de ce genre de tristesse que l’on parvient, par la suite, à la joie."
[rav Shmelke de Nikolsburg - un des principaux disciples du Maguid de Mézéritch - dans le séfer Divré Shmuoel - Kora'h ]

=> le point d'entrée de la téchouva est une douleur interne d'avoir pu en arriver à agir si bêtement. Mais ensuite, le point de sortie est dans la joie, basée sur de la confiance dans la bonté d'Hachem, qui nous pardonne et nous remet tout proche de Lui après la téchouva. (Hachem a plaisir dans notre téchouva, et nous aime toujours inconditionnellement de nos actes)
Ainsi, à l'image d'un ressort, plus le point d'entrée se fait avec sincérité et de tout cœur en réalisant la gravité de la faute, alors plus on en sortira joyeux face à l'énormité de la miséricorde d'Hachem en nous blanchissant de ces si "graves" comportements.
On devra faire attention que la dose d'amertume nous soit supportable, sans au final nous déprimer ou décourager d'avoir plein d'ambition spirituelle.
[en ce sens, dans le Temple après avoir apporté un sacrifice et imaginé mourir à sa place, les Lévi'im jouaient de la musique pour nous redonner de la joie pour aller de l'avant rebooster! ]

-> "La crainte d’une personne ne doit pas dépasser ses limites (comme le veut notre yétser ara) et l’amener à désespérer de la repentance et du pardon (ex: sous couvert d'humilité : vue ma faute, qui suis-je pour que ma téchouva puisse être effective), la poussant à s’inquiéter toute sa vie et à transgresser le commandement qui lui a été donné par son Créateur d’être joyeuse."
[Kouzari 3,11]

-> "La tristesse endort (anesthésie) notre cœur et l'empêche d’être inspirés à faire téchouva"
[rav Moché de Kobrin - rapporté dans le séfer Torat Avot 18]
[on comprend l'intérêt du yétser ara à nous pousser à être triste. ]

<--->

+ Téchouva = notre yétser ara nous impose une atmosphère de tristesse, de désespoir, de dévalorisation de soi ... :

-> Un fondement puissant du judaïsme selon le Baal Shem Tov (Tsavaat haRivach n°44&46), qui enseigne :
"Il arrive parfois que le yétser ara trompe une personne en lui disant qu’elle a commis une faute grave, alors qu’il ne s’agissait que d’une rigueur, voire pas d’une faute du tout.
L’intention [du yétser ara] est d’amener la personne à sombrer dans la déprime (tristesse), et que cet état d’esprit annule sa avodat Hashem. C’est pourquoi une personne doit comprendre cette ruse et dire au yétser ara : "Je ne suis pas strict au sujet de cette rigueur dont tu parles, car je sais que ton intention est de m’empêcher de servir Hachem. Tu profères des mensonges! Même s’il y avait effectivement un élément de faute, cela fera davantage plaisir à mon Créateur si je ne me concentre pas sur la rigueur dont tu parles dans le but de me faire sombrer dans la tristesse. Au contraire, je Le servirai avec joie, car un grand principe de ma vie est que je ne souhaite pas que ma avoda serve mes propres fins. Elle n’a pour but que de procurer du plaisir à Hachem.
Par conséquent, même si je n’observe pas cette rigueur, Hachem ne m’en voudra pas, car la seule raison pour laquelle je ne m’y attarde pas, c’est pour qu’elle ne m’empêche pas de Le servir, car comment pourrais-je m’abstenir de Le servir, ne serait-ce qu’une minute? "

C’est en effet un principe très important dans la avodat Hachem : il faut veiller à se tenir autant que possible à l’écart de la tristesse.

Et il ne faut pas être trop exigeant et rigoureux dans tout ce que l’on fait, car c’est là une stratégie du yétser ara, qui vise à plonger la personne dans un état de crainte, en l’amenant à se demander si elle a respecté toutes les rigueurs, ce qui la conduira à la tristesse.
La tristesse est un obstacle considérable à la avodat Hachem. Même si l’on sait avec certitude que l’on n’a pas rempli son obligation en raison de nombreux obstacles, il ne faut pas sombrer dans la tristesse. Il faut plutôt se rappeler qu'Hachem, qui scrute le cœur et les reins de l’homme, sait que l’on avait véritablement l’intention de tout faire de la meilleure façon possible, et que c’est simplement que l’on n’en a pas été capable.

... Même si l’on commet une transgression, il ne faut pas se laisser aller à une dépression qui nous empêcherait de servir Hachem. Il faut plutôt s’attrister de ce péché, puis retrouver sa joie en Hachem une fois que l’on a exprimé des remords sincères et que l’on s’est résolu à ne plus jamais retomber dans cette folie.
Ensuite, la personne doit se fortifier pour se réjouir en le Créateur béni ...

[Le Baal Shem Tov conclut : ] Tout ce que j’ai écrit constitue des fondements puissants, plus précieux que les diamants et qu’une abondance d’or, chaque mot est un principe majeur."

<--->

-> "Si une personne éprouve de l’amertume (tristesse) face à ses actes après avoir examiné sa conduite, et qu’elle accomplit la téchouva dans son cœur pour ce qu’elle a fait, en s’engageant à faire preuve de toute la prudence possible pour marcher dans les voies de Hachem, si elle ressent ensuite de la joie, c’est le signe que [sa téchouva] a été inspirée par le côté de la sainteté.
En revanche, si elle ne ressent pas de joie et que la tristesse persiste, il faut veiller à s’en éloigner, car il s’agit d’une tristesse provoquée par le yétser ara.

Et je dis que cela est explicitement mentionné dans la Torah, car après que Caïn se fut mis en colère parce que son offrande n’avait pas été acceptée, Hachem lui dit : "Pourquoi es-tu en colère, et pourquoi ton visage est-il abattu? Si tu reviens, tu seras relevé!" (Béréchit 4,6-7), car ce sont la colère et le découragement qui ont en réalité poussé Caïn à agir ainsi.
De nos jours, l’essentiel est de puiser du réconfort dans la bonté de Hachem et de lui faire confiance, car l’activité principale de la sitra achara (force du mal, d'impureté), chaque jour, consiste à semer la destruction et à plonger le monde entier dans le désespoir et la tristesse."
[rav Mordé'haï 'Haïm de Slonim - Maamar Mordé'haï - lettre 56 - rapportant le rabbi Shlomo de Karlin]

<--->

-> "Et bien que ressentir de la tristesse à cause de nos fautes soit une bonne chose, le yétser ara renforce cette tristesse, s’en servant pour éloigner la personne de Hachem. S’inquiéter de nos fautes n’est bénéfique que si cela amène la personne à faire téchouva.
La crainte que la personne éprouve face à ses fautes devrait l’amener à se détacher de toute implication dans les affaires de ce monde et à revenir vers Hachem dans une téchouva totale. Cependant, la plupart des gens, en particulier à notre époque, ne font que s’éloigner davantage (d'Hachem) à cause de la tristesse, même s’il s’agit d’une tristesse liée à leurs fautes.

Cette tristesse fait que la vérité est remplacée par le mensonge et embrouille l’esprit de la personne jusqu’à ce qu’elle parvienne à introduire un sentiment de désespoir dans son cœur, comme si elle n’avait plus aucun espoir de renouveler ses jours tel un aigle.
... C’est pourquoi il faut s’encourager vivement à être joyeux à l’aide de toutes sortes de conseils et de stratégies, tels qu’ils sont présentés dans les ouvrages sacrés."
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Ora'h 'Haïm - Hilkhot Birkat Hodaa 6 ]

-> "Lorsqu’une personne craint qu’en raison de la profondeur de sa tristesse, elle ne tombe dans le désespoir et la tristesse, et qu'alors elle va attirer sur elle de la joie en grande mesure, le yétser ara ne reconnaît pas ce genre de téchouva. Même les anges sont incapables de le comprendre, se demandant avec perplexité : "Comment la téchouva peut-elle être accomplie sans tristesse et sans soumission constantes?"
Mais Hachem scrute les profondeurs du cœur d’une personne et y trouve la honte et l’humilité cachées au sein de sa joie."
[séfer Torat Avot - Téchouva n°27 - au nom du rav Avraham de Slonim]

[chacun avec sincérité et honnêteté doit savoir en ce moment qu'elle est sa limite supportable de tristesse (d'amertume sur ses fautes), faire de son mieux, et avant de tomber à terre dans du désespoir durable on passera alors dans un mode joyeux léchem chamayim. Hachem désire et connaît le coeur de chaque juif. ]

<--->

-> "La tristesse qui s’installe après avoir commis une faute a plus de valeur pour le yétser ara que la faute elle-même."
[rav Tsadok haCohen de Lublin - cité dans le Imré Noam - Métsora]

-> "Sachez qu’au moment où une personne désire se mettre au service d'Hachem, il devient une grande faute d’être trsite, car la tristesse est le "Côté opposé" (du mal) (Zohar Noa'h 71a) et Hachem la déteste."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan vol.2,lesson 48]

-> "Le premier de tous les traits négatifs est la tristesse et la déprime débilitantes. Le yétser ara enveloppera une personne de téchouva et de cœur brisé, mais c’est répugnant et impur, car le véritable signe d’un cœur brisé est la joie.
... C’est là l’œuvre du yétser ara : amener l’homme à détruire ce qu’il a accompli jusqu’à présent sous le prétexte qu’il s’agit d’une rectification. (le yétser ara te demande d'être triste sous couvert de faire la mitsva de la téchouva, et presque plus tu es triste, déprimé, plus il te fait croire que tu la réalise au mieux)
Mais au contraire! Cela empêche en réalité le bien ... Avec une seule mesure de renouveau, on peut surmonter n’importe quoi. "
[séfer Beit Aharon]

-> Lorsqu’une personne commence à prendre peur (de ses fautes) et à rectifier les traits de caractère qu’elle a entachés, c’est au sein même de ce processus que l’ennemi (le yétser ara) surgit et assassine son âme. (on mettant la tête sous l'eau de tristesse, de dévalorisation de soi, en nous identifiant à nos fautes, alors que justement la téchouva efface tout, on redémarre à zéro!)
La bonne stratégie ne consiste pas à s’attarder sur les jours indésirables qui se sont écoulés, mais plutôt à prendre la résolution qu’à partir de cet instant, on se renforcera dans la avodat Hachem, afin de vaincre son ennemi juré qui se tient au-dessus de nous.
Ce n’est qu’alors, une fois qu’on sera sorti victorieux et libéré de sa tristesse, qu’on devra tenter de corriger nos traits de caractère et tout ce qu’il a corrompu.
Celui qui fait confiance à Hachem et accomplit Ses mitsvot et ses bonnes actions sans se retourner sur ce qui s’est passé dans le passé, mais qui, au contraire, se fie uniquement à Hachem pour qu’Il le tire vers Lui dans Sa grande Miséricorde et l’accepte dans la téchouva, cette personne sera élevée et exaltée.
[Yisma'h Israël - Vayéchev]

<--->

-> Le rav Tsadok haCohen de Lublin (Tsidkat haTsadik 129) enseigne :
"Comment se fait-il qu’une personne veuille se repentir (téchouva) mais ne parvienne pas à concrétiser ce désir, comme il est dit : "Les réchaïm sont pleins de regrets"?
C’est parce qu’à partir du moment où une personne souhaite faire téchouva, elle est confrontée à une accusation redoutable de la part du yétser ara, qui lui rappelle à quel point elle est indigne au regard de la loi et utilise toutes sortes d’arguments (décourageants).
Le conseil [pour lutter contre cela] est [d’avoir] de la joie et de la confiance dans le fait que, par Sa grande miséricorde et Sa bonté, Hachem l’acceptera certainement dans une téchouva complète devant Lui. C’est ainsi que la personne déjoue Satan."

-> Le rav Israël Salanter (séfer Avodat Panim - lettre 19) écrit que lorsqu’on n’a pas réussi à passer une épreuve (un test), on se retrouve immédiatement confronté à un autre défi : celui de ne pas baisser les bras (en se morfondant dans l'amertume et le désespoir), et à plutôt de se fortifier (dans la joie et la confiance en D.) pour commencer à accepter la royauté de Hachem sur soi-même.
Cet encouragement constituera "une téchouva équivalente", car l’intention première du yétser ara est que le service d'Hachem d’un juif soit complètement interrompu.

-> "Bien que le regret (sur une faute dans le cadre de la téchouva), mêlé d’une grande amertume, soit certes nécessaire, celui-ci ne devrait occuper qu’une partie limitée de notre journée. Après cela, on doit se confier au Nom d'Hachem et s’appuyer sur Hachem, notre D., car Il est infiniment miséricordieux.
De cette manière, [il faut] s’éloigner de la tristesse, car la tristesse est une impureté puissante qui provoque le départ de la Chékhina et de son illumination.
Cela (le fait de ne pas ajouter de joie à notre téchouva) conduirait à se complaire dans la tristesse tous les jours de sa vie, ce qui est en vérité la voie des insensés."
[séfer Noam Mégadim - Emor]

[ainsi, on doit avoir des moments limités où l'on vide son coeur à Hachem en lâchant notre tristesse, que ce soit dans la prière ou la téchouva. Ensuite, on doit être confiant dans la miséricorde divine.
Hachem ne réside pas avec une personne qui se complait dans la tristesse. Si le but de la téchouva est de revenir vers Hachem en retirant les dégâts de nos fautes qui faisaient écran avec Lui, alors on comprend pourquoi notre yétser ara nous pousse à n'être que tristesse (sans joie) puisque cela fait partir Hachem. (la tristesse, le désespoir, est également le meilleur terrain pour tomber de nouveau dans la faute, car nous sommes dévalorisés et faibles moralement pour résister au yétser ara. D'où la nécessité d'y ajouter de la joie, un horizon positif et constructif.) ]

<--->

-> Le Ohev Israël (Likoutim 'Hadachim - Eikev) écrit :
"Il arrive parfois que la ruse du yétser ara monte à l’esprit d’une personne, en lui disant : "La majeure partie de tes années s’est déjà écoulée, remplie de nombreuses fautes. Tu n’as plus aucun espoir de rédemption (personnelle) par la téchouva, car le temps viendra à manquer avant que tu n’aies achevé ta téchouva.
Tu n’as pas la force d’accomplir une véritable téchouva pour chacune des fautes que tu as commises. Par conséquent, suis mon conseil : que ton cœur soit joyeux et fais tout ce qui est en ton pouvoir. Sacrifie du bétail et des moutons, car de toute façon, tu as déjà perdu ta part dans le monde à Venir à cause de l’ampleur avec laquelle tu as souillé ton âme. Tu es tellement perverti qu’il n’y a plus rien à faire pour te redresser.
C’est là la séduction du yétser ara, qui veut faire perdre à l’homme à la fois ce monde et celui à Venir.

Cependant, le sage fortifiera son cœur pour croire aux paroles de nos Sages, qui disent que même si une personne transgresse les commandements d'Hachem, elle ne doit pas désespérer de recevoir Sa miséricorde ...
Par conséquent, l’essentiel est d’avoir de la émouna. Lorsqu’une personne s’appuie sur les paroles de nos Sages et croit qu’elle recevra la miséricorde d'Hachem, elle tirera de la joie de cette conviction qu’en fin de compte, elle restera liée à la sainteté.
Fort de cette foi, elle regrettera ses actes et sera poussée à se demander : "Quand pourrai-je rectifier mes actes et observer correctement les mitsvot de Hachem?".
Celui qui vient se purifier reçoit l’aide divine et sera capable de concrétiser les pensées positives de son esprit. "

-> Le séfer Yisma'h Israël (Shékalim) écrit :
"Il faut savoir au fond de son cœur qu’il est encore possible de revenir par une téchouva complète et de devenir un ami aimé, proche et chéri (d'Hachem).
Grâce à cela, on verra comment toute la tristesse et l’humiliation qu’on a éprouvées jusqu’à présent n’étaient en réalité que la stratégie du yétser ara pour nous précipiter dans un gouffre de désolation, afin qu’on n’accorde aucune valeur à notre avodat Hachem.
Le yétser ara nous fait prendre conscience de l’énormité de nos fautes, nous convainquant qu’il n’y a aucun moyen d’échapper à cette réalité. De cette manière, le yétser ara parvient à nous refroidir et à nous plonger dans la tristesse et le désespoir.
Lorsqu’une personne comprend véritablement cela, elle se fortifie, car celui qui en vient à se purifier reçoit l’aide divine ... Elle demandera au Maître de la miséricorde, qui aide ceux qui s’efforcent d’atteindre la pureté, de l’aider elle aussi, et qu’elle mérite encore d’avoir un cœur pur."

-> Le Shem miShmouël (Ki Tissa 5670) affirme : "Soyez extrêmement prudents, comme nous l’ont averti les premiers tsadikim, de vous éloigner de la tristesse, car quelle que soit la situation d’une personne, elle est capable de s’en extraire. Cependant, à cause de la tristesse débilitante face à ce qu’elle a fait, on peut tomber dans le piège de la sitra achara (force du mal, yétser ara) et se retrouver incapable de s’en échapper. Comprenez cela et protégez-vous-en."

-> "Les pensées de vérité ne peuvent en aucun cas se révéler, même pas légèrement, dans un cœur attristé, qui provient du côté du mal (yétser ara) et du mensonge."
[Yoche Divré Emet]

-> Selon rabbi Na'hman de Breslev (Likoué Moharan 282), d’une manière générale, la principale raison pour laquelle les gens s’éloignent d'Hachem est la tristesse (la déprime spirituelle). La plupart des gens se découragent complètement lorsqu’ils prennent conscience de l’ampleur de leurs défauts. Du coup, ils finissent par ne même plus faire ce dont ils sont pourtant encore capables.

<--->

+ Téchouva = se réjouir de libérer notre âme :

-> On devrait se dire :"C’est vrai, je suis incroyablement éloigné d'Hachem, et je suis répugnant (spirituellement) et odieux, ... Néanmoins, je ne suis pas seulement mon corps physique avec sa force vitale. Je renferme en moi une part littérale d'Hachem dans les cieux, qui demeure (constamment) même avec le juif qui est au plus bas des bassesses possible.
C’est simplement que mon âme divine se trouve dans un état d’exil. Par conséquent, au contraire, plus je suis éloigné d'Hachem et plus je suis devenu répugnant, plus l’âme divine qui est en moi est profondément en exil, et je dois en avoir une immense pitié.
C’est pourquoi je ferai de cela mon unique but et mon désir : sortir mon âme de son exil et la ramener dans la maison de son Père, comme aux jours de sa jeunesse".
Tel devrait être l’effort joyeux d’une personne tout au long de ses jours, [elle devrait éprouver] la joie de son âme lorsqu’elle se libère de ce corps vil et retourne dans la maison de son Père, comme aux jours de sa jeunesse.
Il n’y a pas de plus grande joie que lorsque [l’âme] quitte son exil et sa captivité (comme c'est le cas après avoir fait téchouva, où l'on retire toutes séparations que la faute a généré entre nous et papa Hachem)."
[séfer haTanya - chap.31 ]

<--->

+ Faire téchouva avec joie permet une expiation totale de nos fautes :

-> Le rav de Munkatch (Divré Torah mé'Harav Dov Ber), cite le 'Hozé de Lublin, sur le verset : "Tachév enoch ad daka" (Téhilim 90,3).
Le 'Hozé de Lublin explique que si on fait téchouva avec joie, alors nos fautes sont complétement effacées.
Mais si on fait téchouva par crainte et par tristesse, alors on méritera une expiation de nos fautes, mais un résidu de faute subsistera.

[la téchouva Illa'a (Supérieure) est celle fait dans la joie, et elle permet à l'expiation de nos fautes d'être totale!
On doit donc trouver un équilibre entre la nécessité de s'attrister en réalisant la gravité d'avoir fauté (ouvrant notre coeur à Hachem en reconnaissant notre folie et en sollicitant son aide pour ne pas recommencer), mais également de la joie (pas qui celle qui nous fait traité avec légéreté nos fautes, mais celle basé sur de la confiance et de l'amour en Hachem, celle qui va nous pousser à repartir de l'avant propre et meilleur).]

-> Le séfer Ben Porat Yossef, rapporte son maître le Baal Shem Tov, qui enseigne que les rires et la joie qui sont focalisés vers l'honneur du Ciel, viennent élever tous les rires impurs de notre jeunesse.
[en un sens, toutes les joies interdites (plus ou moins consciente) dans nos actes fauteurs peuvent être réparées par de la joie tournée vers Hachem dans notre téchouva sur ces fautes.]

-> Il est rapporté dans le séfer Torat Avot 5, qu’un 'hassid du saint Rabbi, rav Michel de Lechovitch, était un baal téchouva et était toujours très joyeux. Un jour, il chantait et dansait seul, emporté par sa grande joie, et le Rabbi lui dit : "Par ta joie, tu as effacé tes défauts spirituels davantage que tu n’aurais pu le faire par des souffrances personnelles."

-> La rectification du yétser ara (et des fautes qu'il nous a poussés à faire) s’accomplit lorsque l’on se réjouit avec de la joie dans notre avodat Hachem.
[rav Israël Salanter - Ohr Israël 30]

-> Un petit-fils du Méor Einayim (séfer Atéret Israel - Ki Tétsé) écrit que servir Hachem avec un grand enthousiasme (ex: joie) est une "téchouvat hamichkal », c’est-à-dire se repentir de l’enthousiasme pour la faute, et qu’à notre époque, cet enthousiasme remplace le jeûne.

<--->

-> "La joie expie les fautes. Car la joie vient du monde supérieur.
Lorsqu’un bébé naît, il pleure, mais au bout de six mois environ, il commence à rire, car il est entré dans le monde supérieur. Puisque la joie vient du monde supérieur, elle participe à la lumière du Visage du Roi vivant."
[rav Pin'has de Koritz - Imré Pin'has - chaar 4,115]

[d'une certaine façon, la joie est un élément de la téchouva, car la joie va nous nettoyer (purifier) encore davantage des dégâts de nos fautes.
On ne se rend pas compte de la puissance de la joie qui jaillit de notre confiance en Hachem. Par exemple, une prière avec une telle joie a encore plus d'impact qu'une prière pourtant très puissante faite avec des larmes. De mêmes, faire des mitsvot avec joie (on fait la volonté de D.!) donne une force et des mérites beaucoup plus important. ]

<--->

-> La joie est ce qui soutient la téchouva d’une personne.
Le Baal Ha'Ikarim (séfer Ha'Ikarim 3:33) a établi une règle fondamentale : "La joie confère l’achèvement et la longévité à une chose au sein de l’âme."
Le séfer HaBrit (vol.2, 14:24) mentionne ce concept : à savoir que, de par sa nature même, l’âme ne désire que ce qui est agréable et lui procure de la joie.

-> "Même si une grande amertume (tristesse) s’éveille en celui qui fait le bilan de ses actes ... l’essentiel réside dans l’encouragement et la joie, pour prendre un nouveau départ et marcher à nouveau sur le chemin de la bonté, rectifiant [ainsi] le passé."
[Divré Shmouel - Ner Dalet d'Hanoucca]

<--->

+ Faire téchouva = de l'amertume d'avoir fauté doit sortir de la joie :

-> "Le baal téchouva doit éprouver un cœur brisé. Mais, malgré tout, il doit aussi être rempli de joie, car il est impossible de servir Hachem sans joie. Le fait même qu’il éprouve un cœur brisé à cause de sa faute devrait inspirer de la joie dans son cœur, car c’est le signe qu’une étincelle de sainteté brille encore en lui, et qu’il sera capable de se purifier.
Ainsi, on peut être attristé d’un côté, tout en étant joyeux de l’autre."
[Divré Yoel - Yitro]

-> "L'essentiel de la téchouva résulte de la joie, à l’image de la joie de celui qui erre sans but sur un chemin lointain et découvre ensuite que ce n’est pas la bonne voie. Car s’il n’avait pas fait cette découverte, il aurait erré pendant encore de nombreux jours et années. "
[séfer Avodat Panim - lettre 19]

-> La téchouva doit se faire dans la joie, une joie résulte de la foi de la personne en sa capacité à rester attachée à sainteté. On doit considérer comme si l'on renaissait.
[selon le Noam Elimélé'h]

-> Le 'Hatam Sofer (discours sur Roch Hachana p.6) rapporte une parabole au sujet d’une personne qui, bien que malade, ne se rendait pas compte qu’elle l’était. Lorsque sa maladie commença à s’estomper, elle se mit à ressentir la douleur et se mit à crier amèrement. Le médecin lui dit qu’elle devait se réjouir, car la douleur était le signe qu’elle retrouvait la santé!
Il en va de même pour une personne qui prend conscience de la nécessité de revenir vers Hachem et qui ressent de la douleur à l’idée de s’être éloignée de son Créateur : elle doit se réjouir d’avoir mérité de ressentir cette douleur, car lorsque l’on ressent la douleur de sa maladie spirituelle, c’est le signe que la téchouva est en train de la guérir.

<--->

-> "La téchouva est un retour à l’état de "face à face", car l'essence même de notre désir et de notre volonté sont d’être orientés vers la Torah d'Hachem et Ses mitsvot, il en résulte une grande joie et une allégresse du cœur."
[Baal haTanya - Likouté Torah - A'haré Mot]

[la téchouva est un retour (de notre âme) vers Sa réelle Source au plus proche d'Hachem, Source de toute joie. ]

<--->

-> Le séfer Yessod H'Avoda (vol.3, chap.8) écrit :
"La question de la téchouva comprend deux catégories : "sour méra" (s'écarter du mal) et "asaé tov" (faire du bien).
Poussé par un profond dégoût pour les désirs qui l'ont conduit à la faute, le cœur de la personne regrettera le passé. Après cela, elle doit immédiatement éveiller le bien, en s’inspirant de l’amour et du plaisir que procurent les mitsvot d'Hachem.
Grâce à ces deux voies, on recevra une grande aide dans le processus de téchouva, car tandis que l’amertume (tristesse) déracine la source du mal, la joie implante en lui la source du bien.
C’est pourquoi la majeure partie de la joie de notre âme doit être tournée vers Hachem et Sa Torah."

<--->

-> "L'essentielle de la téchouva a lieu dans le cœur, et un indicateur de cette téchouva est la joie"
[Beit Aharon - au nom du rav Asher de Stolin]

-> "Le signe indiquant qu’une personne a atteint un aspect de la téchouva parfaite est le suivant : si elle n’est pas du tout déprimée (triste), mais qu’elle se réjouit au contraire de son avodat Hachem, c’est qu’elle a alors mérité de faire téchouva. Cela seul indique que ses actions ont été acceptées."
[séfer Divré Binah - Bialah fin de Béréchit - au nom de son père le rav de Shidlovtz]

<--->

+ Faire téchouva est une mitsva => on doit la faire avec joie comme toute mitsva :

-> La téchouva est un commandement positif de la Torah et doit être accomplie avec joie, comme le dit le verset :"Servez Hachem avec joie!" (ivdou ét Hachem bésim'ha - Téhilim 100,2).
[Tiféret Shlomo - Vayigach]

-> "Combien est grande de la téchouva! L’essentiel est que la personne se réjouisse avec la sim'ha shel mitsva (joie de faire la volonté de D. par la mitsva de la téchouva) et s’engage dans son cœur à ne pas transgresser la parole d'Hachem."
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,11]

[certes lors de la téchouva on sort nos saletés internes qui sentent pas bon, qui renvoient nos faiblesses, notre faible niveau spirituel (par rapport à ce qu'on pourrait faire) et à quel point on a pu faire des bêtises. Mais rien que le fait de faire une mitsva nous impose de le faire en y ajoutant de la joie. ]

[avant la faute, on doit tout faire pour l'éviter. Mais une fois faite, on a la possibilité de faire téchouva par amour d'Hachem qui va transformer nos fautes en mérites, et donc en possibilité d'avoir une éternité avec plus de proximité avec papa Hachem.
(on doit être joyeux de retirer la peine d'Hachem d'avoir été loin de Lui par nos fautes, mais heureux à l'idée qu'Il pourra être plus proche de nous et qu'Il pourra nous déverser des bénédictions par le mérite de notre téchouva. Hachem est fier de nous, et nous sommes fiers de Le rendre fier! ). ]

<--->

-> "Lorsqu’on souhaite faire téchouva, il faut veiller à ce que ce ne soit pas dans un état de tristesse. Si la personne est triste parce qu’elle a transgressé la volonté de Hachem, elle doit se rappeler que la tristesse elle-même est également contraire à la volonté de Hachem.
Comment peut-elle faire téchouva avec quelque chose qui va à l’encontre de la volonté d'Hachem, en essayant d’éteindre le feu par davantage de feu?"
[séfer Avodat Panim 5,13]

-> "La joie et la ferveur sont indispensables dans la avoda (mitsva) de la téchouva, car la paresse et la tristesse en la matière constituent une faute terrible, comme le dit le verset : "C’est parce que tu n’as pas servi Hachem, ton D. avec joie et un cœur réjoui, par-dessus tout"."
['Hatam Sofer - Ki Tétsé 24,5]

Soucca = les Noms d’Hachem

+ Soucca = les Noms de Hachem

-> Le mot soucca s'écrit généralement סוכה, dont la guématria est de 91.
Le Nom Divin יהוה et אדני ont une guématria cumulée de 91 (soit 26 et 65).
Ainsi, la soucca reflète la combinaison et la fusion de ces deux Noms de Hachem.
['Héchek Shlomo, rav Shlomo haCohen de Vilna]

<--->

-> A la fin de Néila, à Yom Kippour, dans une de ses versions nous implorons : "ya'hbiénou bétsel yado" (protège-nous à l'ombre de Ta main". À quoi fait référence cette demande?

Le rav Shlomo Zalman Auerbach explique cette prière en notant que lorsque l'on enroule son bras autour d'une autre personne en une étreinte, le bras entoure l'autre sur trois côtés.
Le haut du bras, l'avant-bras et la main symbolisent en fait les dimensions précises d'une soucca halakhique : deux murs pleins et un téfa'h.
Cette prière fait donc référence à la mitsva de la soucca : nous demandons à Hachem de nous étreindre dans la soucca, avec laquelle nous sommes entourés sur trois côtés.
S'asseoir dans la souka, représentant deux de Ses Noms, équivaut à recevoir une étreinte de Hachem.

<--->

-> Le rav Nathan Wachtfogel suggère que lorsque nous nous plaçons à l'ombre de la soucca, nous transmettons un message tacite à Hachem.
Nous admettons ignorer l'issue des Yamim Noraïm. Lorsque nous entrons dans la soucca, nous proclamons à Hachem que puisque nous plaçons notre confiance en Lui, nos besoins doivent être pourvus, que nous le méritions ou non.
En entrant dans la souka, nous montrons que nous sommes sous Sa protection. Après tout, la soucca est le "Tsel" (l'ombre), du Maître du monde.

Nous sommes sous la protection de Hachem lorsque nous entrons dans la soucca, et pour cette seule raison, nous méritons d'être protégés et exaucés. Il est dès lors obligé de subvenir à nos besoins, même si nous n'avons pas mérité une issue favorable à Yom Kippour.

<--->

[d'une certaine façon, même si l'on a pu donné le meilleur de soi à Roch Hachana et Kippour, on reste humble en affirmant que 100% de notre vie dépend de Toi Hachem.
Symboliquement on jette tout notre être (en ayant aucun plan B, aucun moyen d'espérer avoir quelque chose qu'en D.). Hachem nous attrape de Sa toute Main (Soucca), signe que plus on se repose dans la vie sur Hachem, plus on a confiance dans la façon dont Il gère notre vie, alors plus Il sera présent au plus proche de nous, pour notre bien. ]

<--->

-> La récompense pour celui qui s'engage dans la guemilat 'hassadim est qu'après sa mort sa dernière demeure sera à l'ombre d'Hachem.
[Yalkout Chimoni Ruth - ot 422]

=> La récompense pour avoir accompli du 'hessed (bonté) est la protection à l'ombre d'Hachem.Lui-même!