Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Laver de nos fautes par l’amour d’Hachem

-> Le rav Eliyahou Lopian cite l’explication du rav Itzélé Peterburger concernant : "Quand mon Maître (Hachem) aura lavé la souillure des filles de Sion" (Yéchayahou 4,4).
Lorsqu’un enfant se souille d’excréments, le nettoyer est une tâche répugnante pour quiconque, sauf pour sa mère. La mère aime tellement son enfant que lorsqu’elle le nettoie, elle n’est pas dégoûtée. Or, aussi compréhensible que soit cette parabole, la morale est encore plus instructive, car elle nous enseigne qu’il n’y a rien d’aussi répugnant et immonde que la faute.
Le verset nous dit que les anges refusent de nous purifier de nos fautes, et que seul Hachem Lui-même est prêt à le faire, par Son grand amour et Sa compassion à notre égard.

En ce sens, lorsque le peuple juif se trouvait au 49e niveau d’impureté en Égypte, les anges ont refusé de nous purifier ; seul Hachem Lui-même était disposé à le faire (s'occupant de nous personnellement par amour, plutôt que par un intermédiaire - ange).
[rav Moché Sternbuch]

‘Had Gad’ya (selon le Gaon de Vilna)

+ 'Had Gad'ya :

-> Dans son commentaire sur la Haggada, le Gaon de Vilna commente l'allégorie historique cachée dans les mots simples du poème 'Had Gadya :
Les mots "mon père" évoquent Yaakov Avinou, qui acheta le droit d'ainesse, représenté dans le poème par un jeune bouc, à son frère Essav. Yaacov légua ce droit d'ainesse à Yossef, le fils ainé de sa femme principale Ra'hel, bien que Yossef fût son 11e fils.
Ceci causa aux frères ainés de Yossef des sentiments indus de rancœur et de jalousie. Ces sentiments, et les actes qu'ils causèrent, tels que la vente de Yossef à des marchands d'épices ismaélites, sont évoqués par le chat qui mangea le chevreau.
[avant que la Torah ne fût donnée, la kéhouna (prêtrise) était l'une des prérogatives de la bé'hora (aîné). Comme les Cohanim devaient porter des vêtements particuliers pour accomplir le service divin, Yaacov fit fabriquer une tunique spéciale pour Yossef. Mais les frères de Yossef prirent ce cadeau bien intentionné de leur père comme un signe supplémentaire de ce qu'ils considéraient comme un favoritisme indu. C'est pourquoi ils l'arrachèrent avant de le jeter dans le puits (voir Kli Yakar sur Beréchit 27,3) ]

L'injustice des frères fut la cause de leur descente en Egypte et de l'asservissement du peuple sous l'autorité des cruels contremaitres égyptiens. Comme l'enseignent nos Sages : "A cause des 2 séla de fine laine que Yaakov donna à Yossef au-delà de ce qu'il donna à ses autres fils, les frères de Yossef l'envièrent et les événements s'enchainèrent jusqu'à ce que nos ancêtres descendent en Egypte" (guémara Shabbat 10b).
'Had Gadya décrit ces méchants contremaitres égyptiens comme le chien qui mordit le chat.
[ En quoi le chien symbolise-t-il les Egyptiens? Le rav Moché Shlomo Tolokhin, élève du Gaon de Vilna, cite des sources anciennes décrivant l'une des idoles égyptiennes comme l'image gravée d'un chien méchant. ]

Quand vint le moment de libérer Israël de l'esclavage, Hachem ordonna à Moché de lever son bâton et de faire venir des plaies sur l'Egypte. C'est le bâton de Moché qui frappa le chien.
Ce bâton fut transmis d'un dirigeant à l'autre à travers les générations jusqu'à la destruction du premier Temple (Zohar - Hakdama 6b), à cause des pratiques idolâtres du peuple juif.
A ce moment-là, le bâton leur fut repris ; cela aussi était une conséquence de l'idolâtrie. [le Gaon de Vilna explique que l'idolâtrie était la faute principale qui causa la destruction du premier Temple.]
[Un midrach (Yalkout Chimoni - 'Houkat 763) similaire enseigne : "Quand D. dit à Moché : 'Prends le bâton' (Bamidbar 20,8), Il parlait du bâton qui avait été en possession de Yaakov ... Il appartint ensuite à Moché ... en fin de compte, il appartint au roi David ... et ce bâton resta en possession d'un roi après l'autre jusqu'à la destruction du [premier] Temple. Ce bâton sera remis au machia'h". ]

Or la métaphore du feu est employée pour décrire le mauvais penchant pour l'idolâtrie qui est le feu qui brûla le bâton.
Les Anché Knesset Haguedola (membres de la Grandes Assemblées), les Sages qui vainquirent le yétser ara par leurs prières et leur jeûne de 3 jours, sont l'eau qui éteignit le feu de l'idolâtrie. C'est cette Assemblée vénérable qui fit construire le 2e Temple.
[la guémara (Yoma 69b) raconte la façon dont les Anché Knesset Haguedola ont supplié D. de détruire le yétser ara pour l'idolâtrie : "Ce yétser ara est ce qui a détruit le Temple, mis le feu au Hékhal, tué de nombreux tsaddikim et exilé Israël de son pays ; et pourtant, il continue à danser parmi nous! ... Ils jeunèrent pendant trois jours et nuits consécutifs et ce yetser ara leur fut livré. A ce moment-là, une forme de lion de feu sortit du Kodech Hakodachim". ]

Le bœuf qui but l'eau sert de double métaphore : il désigne le royaume d'Edom, c'est-à-dire l'Empire romain auquel nos Sages (guémara Pessa'him 118b) appliquent le verset : "un troupeau de bœufs parmi les veaux des nations" (Tehillim 68,31) ; c'est aussi la haine gratuite qui régnait dans le pays à l'époque du 2e Temple et qui fut la cause sous-jacente de la destruction par la main d'Edom.
Dans 'Had Gad'ya, le bœuf qui boit l'eau comprend donc 2 éléments qui s'associèrent pour détruire le Temple : la puissance militaire des légions romaines et la haine gratuite répandue parmi les Bné Israël. Cette analogie est renforcée par une interprétation allégorique originale de la première michna dans Bava Kama qui énumère 4 catégories de causeurs de dommage : chor (le bœuf), bor (le puits), ma'vé (le dévoilement) et hav'er (le feu).
[le terme mav'é, littéralement : dévoilement, fait allusion aux dents de l'animal qui sont couvertes par les lèvres lorsqu'il ne mange pas, mais qui sont dévoilées lorsqu'il mange.
Employé dans la Michna, le mot ma'vé évoque les dommages secondaires infligés par un animal au cours d'une activité agréable. Le principal exemple est le dommage causé par un animal affamé qui mange un aliment appartenant à quelqu'un d'autre que son propriétaire.
Un autre exemple est le dommage causé par un bœuf qui se frotte contre un mur pour calmer ses démangeaisons et renverse le mur.]
Selon cette interprétation, les trois derniers causeurs de dommage représentent les trois causes sous-jacentes de la destruction du Temple : le meurtre, l'adultère et l'idolâtrie : le bor/puits (ou tombe) est une métaphore de la mort ou du meurtre, ma'vé dévoilement symbolise l'adultère et hav'er/le feu fait allusion au yétser ara pour l'idolâtrie.
La défaillance spirituelle principale qui conduisit à la destruction du 2e Temple par I'Empire romain était la haine gratuite, qui reflète le dommage effectué par les pas lourds et maladroits d'un chor/ bœuf.

Edom représente un bœuf puissant parmi les nations non saintes, mais il existe un bœuf puissant correspondant dans le royaume de la sainteté, machia'h ben Yossef, le mahcia'h qui se lèvera parmi les descendants de Yossef, comme le dit Moché dans sa bénédiction aux tribus de Yossef : "[Yossef est] Son premier-né, la majesté est sienne ; ses cornes sont les cornes du bœuf sauvage avec lesquelles il encornera les nations" (Dévarim 33.17).
Machia'h ben Yossef soumettra, mettra à l'épreuve et vaincra les descendants d'Essav/Edom.
[Comme l'enseigne la guémara (Bava Batra 123b) : "les descendants d'Essav ne tomberont devant nulle autre que la descendance de Yossef" ).]
Dans 'Had Gad'ya, Machia'h ben Yossef est représenté par le cho'het qui abat le bœuf.

Une fois que machia'h ben Yossef aura vaincu Edom, il succombera à Samaël, l'ange de destruction décrit comme l'Ange de la mort qui abattit le cho'het.
Ensuite, Hachem viendra, amènera avec Lui machia'h ben David et abattra l'Ange de la mort.
Israël reviendra alors à son niveau spirituel passé, et le bâton qui appartint successivement à Yaacov, Moché, le roi David et tous les rois de sa dynastie, et qui avait été enlevé à notre peuple avec la destruction du premier Temple, sera rendu au peuple juif.

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=> Nous voyons que la sinat hinam (haine gratuite) des frères de Yossef a conduit à l'esclavage en Egypte, et la sinat 'hinam répandue dans les dernières années du 2e Temple est responsable de sa destruction et de l'exil du peuple juif hors de sa terre.
La correspondance entre notre exil en Egypte et notre exil d'Erets Israël est donc évidente. Les Bné Israël descendirent en Egypte à cause de la haine gratuite ;" ils y devinrent un grand peuple [unifié]" et furent délivrés.
De même, les Bné Israël descendirent dans notre exil actuel à cause de la haine gratuite, et font à présent une prière fervente, par le poème allégorique Had Gadya, pour supplier D. d'envoyer machia'h ben Yossef, le cho'het qui abattra le bœuf de la haine gratuite, traçant ainsi la voie au machia'h ben David qui nous fera devenir une nation unie, méritant la délivrance, et nous ramènera sur notre terre pour toujours.

Il reste pourtant une question : pourquoi le poète anonyme ayant composé 'Had Gadya a-t-il caché cette prière dans un poème aussi trompeusement simple?
La réponse à cette question est que le poète ne voulait pas distraire les participants du thème principal du soir du Séder qui est la louange et les remerciements à D. d'avoir délivré le peuple juif de l'esclavage en Egypte en les déconcentrant et en réduisant leur joie par le rappel de l'exil actuel et de notre Délivrance tant espérée.
b'h, puisse la guéoula arriver bientôt, à notre époque …
[ rabbi Dovid Hofstedter - Darach David]

4 coupes de vin – chaque juif a une part dans tous les mondes

-> Le séfer Likouté Yéhouda cite l’idée suivante au nom de son grand-père, le 'Hidouché Harim :
La Michna (Pessa'him 99b) dit que même une personne pauvre ne doit pas boire moins de quatre coupes de vin. En effet, nos Sages (midrach Béréchit raba 8,4) disent que les quatre coupes représentent les quatre mots utilisés pour la rédemption : "vé'otséti, véitsalti, végaalti, vélaka'hti (Je vous ferai sortir, Je vous sauverai, Je vous délivrerai et Je vous prendrai auprès de Moi).
Le Sfat Emet (Vaéra 5647) écrit que les quatre termes utilisés pour la géoula symbolisent les quatre mondes : "Assiya, yétsira, bria et atsilout".

Ainsi, la guémara dit que même un homme pauvre, c’est-à-dire un homme à l’esprit humble, ne devrait pas boire moins de quatre coupes. Cela signifie que même une telle personne a une part dans chaque monde.

"Moché réunit toute l'assemblée des bné Israël et leur dit : "Voici les paroles qu'Hachem a ordonné de faire : 6 jours durant, le travail sera effectué, mais le 7e jour (le Shabbath) sera saint pour vous." (Vayakel 35,1-2)

1°/ Le Shabbath nous illumine de Vérité :

-> Le séfer Tiféret Shmouel explique les mots "Voici les paroles qu'Hachem a ordonné de faire" (élé hadévarim acher tsiva Hachem), en citant les séfarim Hakédochim, qui affirment que le Shabbat signifie l'annulation de toutes les forces, à l'exception d'Hachem, qui est la seule véritable puissance.
Il explique cela, au nom de son fère le Yisma'h Israël, par le fait que la sainteté du Shabbat crée une "lumière d'émet (vérité)", qui permet à l'homme de comprendre la vérité et de reconnaître qu'Hachem est la seule véritable puissance en ce monde.

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2°/ Le Shabbat expie nos fautes, même celle grave comme le Veau d'or :

-> Le séfer miZékénim Et'bonen note que le passage du Veau d'or se situe dans la paracha Ki Tissa, etau dépbut de la paracha Vayakel, Moché rassemble le peuple pour leur ordonner le Shabbath (puis la construction du Michkan).
Il explique que cela vise à nous enseigner que l'observance du Shabbat protège contre une faute aussi grave que d'avoir fabriqué une idole comme le Veau d'or, et que si quelqu'un, à D. ne plaise, a déjà fait un Veau d'or, le Shabbat expiera sa faute.
C'est ce que disent nos Sages (Shabbat 118b) : "celui qui observe Shabbath, même s'il a adoré des idoles (symbole d'une faute grave), il sera pardonné (par le mérite du Shabbath)".

Pessa’h = libérer notre intériorité

+ Pessa'h = libérer notre intériorité :

-> Nos maîtres 'hassidiques comprenaient les paroles du Lé'ha Dodi : "korva él nafchi guéala" (approche-toi de mon âme ; délivre-la - Téhilim 69,19), comme signifiant que "se rapprocher de soi-même, c’est la guéoula (délivrance)".
[rav Guédalia Rabinowiz de Linitz - Téchouot 'Hen - Noa'h p.22]

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-> Notre chemin vers la réalisation de soi est celui de la découverte intérieure et constitue également une condition préalable à notre délivrance nationale. En quittant notre Egypte (Mitsrayim) personnelle, nous faisons rayonner la lumière de la délivrance (guéoula) à travers le monde.
Ainsi, la sainteté essentielle et la lumière spirituelle latentes au sein de l’âme collective de notre nation s’éveilleront un jour, permettant au point commun de lumière éternellement pure en chacun de nous (nékoudat hatsadik), de resplendir comme une couronne splendide.
[rav Yéhouda Mischel]

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-> Un matin de Pessa'h, après un Seder célébré en prison, les détenus dirent à Reb Aryeh : "Le Séder était merveilleux, nous avons mangé de la matsa et bu du vin, nous avons récité le Ma Nichtana et mangé l’afikoman. Mais il manquait quelque chose d’important. En prison, nous ne pouvons pas ouvrir la porte à Élie Hanavi!"
Comment leur Pessa'h pourrait-elle être complète sans ce geste qui invite à la rédemption (guéoula)? Comment pourraient-ils atteindre la liberté alors qu’ils sont coincés là, enfermés dans leur cellule, leur propre "Mitzrayim" personnel?

Le rav Aryeh répondit : "Chaque homme est prisonnier de lui-même. La liberté ne dépend pas de notre capacité à sortir de notre demeure, mais plutôt de notre passage par la porte du cœur.
Pensez-vous qu’Eliyahou Hanavi entre par une porte physique? Il vient par un cœur ouvert!
S’ouvrir une brèche dans son propre cœur, cela, n’importe qui peut le faire, même un prisonnier derrière les barreaux. Et lorsqu’il le fera, il sera véritablement libre spirituellement!"

-> Le rav Asher Freund a dit un jour : "Beaucoup me demandent une bénédiction pour mériter de voir Eliyahou Hanavi. Je préfère bénir les gens pour qu’ils méritent de se voir eux-mêmes. Vous voyez, "une personne est tenue de se voir elle-même ('hayav adam lirot et atsmo), et c’est seulement alors qu’il est dit : "c’est comme si elle avait quitté l'Egypte" (ké'ilou yatsa miMitsrayim).

La tsédaka = téchouva & expiation des fautes

+ La tsédaka mène à la téchouva :

-> Le Noam Élimélé'h (parachat Vayéchev) écrit : "Certains hommes ont des actions corrompues. Cependant, comme ils ont naturellement bon cœur et une propension à aider les autres, ils sont attirés par la téchouva. C'est ce que dit le roi David : "Seuls le bien et la bonté ('hessed) me poursuivent tous les jours de ma vie, et je vivrai dans la maison de Hachem tout au long de mes jours" (Téhilim 23,6).
Cela signifie que même si l'on ne possède que la mida de la bonté, elle nous poursuivra toute notre vie et nous incitera à faire téchouva."

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+ La tsédaka expie les fautes :

-> Nous apprenons de cela que la tsédaka et le 'hessed (bonté) ont le pouvoir d'amener une personne à faire téchouva et à expier ses fautes. Cela ressort également du verset : "Et vos fautes seront rachetés par la tsédaka" (Daniel 4,24).

Le rabbi de Kretchnif affirme que cela est également évoqué dans la Michna (Zéva'him 5:8) qui stipule que le sang du Korban Pessa’h doit être placé "kénéged hayessod" (sur les fondations du Mizbéa'h).
Ceci suggère que la tsédaka peut même expier les fautes qui affectent les fondations du monde.

Shabbath Za’hor

+ Shabbath Zakhor :

-> Nos Sages ont institué de lire la paracha Zakhor le Shabbat qui précède la fête de Pourim. [guémara Méguila 30a]

-> Le 'Hidouché haRim explique que nos Sages ont institué de lire la paracha Zakhor durant la semaine qui précède Pourim car la sainteté du jour du Shabbat a la capacité particulière d'effacer Amalek.
On y trouve une allusion dans le verset : "Ce sera lorsque Hachem ton Dieu te donnera du repos sur tous tes ennemis aux alentours" (Ki Tétsé 25,19).

-> Il est écrit : "Hachem dit à Moché : écris ceci comme souvenir dans le livre et place-le aux oreilles de Yéhochoua : effacer, J'effacerai le souvenir d'Amalek de dessous les cieux" (Béchala'h 17,14).
Le midrach (Tan'houma Béchala'h 28) explique notre verset : "effacer, J'effacerai" = cela signifie qu'il sera effacé dans ce monde ici-bas et effacé dans le monde à venir.
[ainsi Amalek sera définitivement effacé par Hakadoch Baroukh Hou lui-même à l'avenir.]

-> Selon la guémara (Béra'hot 57b), le Shabbat est 1/60 du monde futur.
[ par conséquent, puisqu'il est déjà un certain goût d'une réalité sans Amalek (Satan, yetser ara), il est clair que le Shabbath a la capacité particulière de nous aider à accomplir la mitsva d'effacer Amalek déjà dans ce monde, c'est pour cela par exemple que nous lisons paracha Za'hot le Shabbath précédant Pourim. ]

-> Le Bné Yissa'har écrit :
Voici que Hachem nous a donné le jour du Shabbat, jour de sainteté pour l'assemblée comme il est écrit : "Vous observerez Mes Shabbat car c'est un signe entre Moi et vous pour vos générations pour savoir que Je suis Hachem qui vous sanctifie" (Ki Tissa 31,13).
Durant ce jour sacré l'âme est renforcée dans la sainteté et c'est le sens des paroles de nos Sages : "Hachem dit à Moché : J'ai un cadeau merveilleux dans Mon trésor, et Shabbat est son nom. Je souhaite le donner à Israël, à toi de leur faire savoir" (guémara Shabbath 10b).
Ainsi, le Shabbat étant le 7e jour de la semaine, il contient un supplément de sainteté qui a la propriété de pouvoir s'opposer à la force particulière du 7e nom du mauvais penchant [Tséfoni = le pire des 7 aspects du yétser ara] (guémara Soucca 52a) qui est incarné par Amalek.

[le Maharcha (Soucca 52a) dit que les 7 noms du mauvais penchant correspondent aux 7 forces négatives qui correspondent elles-mêmes aux 7 jours de la semaine. (Shabbath ayant davantage de sainteté avec le supplément d'âme, il fait face à davantage d'impureté des forces du mal, et il peut donc davantage leur porter atteinte)]

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[le Séfer ha'Hinoukh dit que nous juxtaposons le Shabbath Za'hor (victoire sur Amalek) avec Pourim (victoire sur Haman) pour donner de la force aux juifs dans leur guerre contre leurs ennemis qui sont les descendants d'Amalek.
D'une certaine façon on peut dire que Shabbath est le moment où l'on a le temps d'apprécier notre situation de "fils" d'Hachem, d'être des juifs. Et par cette joie, fierté, cette émouna, alors nous avons davantage de puissance pour vaincre Amalek. (Hachem voyant à Shabbath notre véritable envie d'être proche de Lui (ex: en chantant, en étudiant à Shabbath), alors Il nous aide à l'être).]

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+ Shabbath Zakhor :

-> Le Shabbath précédant Pourim, c'est une mitsva d'y lire la paracha Zakhor (passage de Ki Tétsé 25,17-19).

-> Le Shabbat Za'hor se distingue par la mitsva propre à ce jour qui consiste à effacer le nom et le souvenir d'Amalek en acceptant sur soi le joug de la Torah et l'accomplissement des mitsvot.

-> Le Beit Aharon (Pourim 67) écrit à ce sujet :
"Tout ce que chaque juif fait, doit être accompli avec l'intention d'effacer le souvenir d'Amalek, et lorsqu'il veillera à cela, je suis certain que, très rapidement, il verra ses épreuves se résoudre".

-> Rabbi Tsadok de Lublin (Divré Sofrim 29) écrit :
"Il m’a été transmis que, lors de la lecture de la paracha Zakhor, au moment où l’on proclame à l'encontre d'Amalek : "tim'hé (efface - תמחה), une profusion de fertilité est suscitée d'office, en contrepartie, du côté de la sainteté".

Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Cela peut s’expliquer à l’aide de l'enseignement de la guémara (Méguila 6a) sur le verset de Yé'hézkiel (26,2) : "Je comblerai la ruine" : "Si celle-ci est pleine, celle-ci sera détruite, et si c'est l'autre qui est pleine, c'est celle-ci qui sera détruite".
Cela signifie qu'il ne peut se produire que Yaakov et Essav soient, tous les deux, ensemble, au sommet de la réussite ; lorsque l'un monte, c'est que forcément l'autre descend.

=> C'est pourquoi, lorsque l'on mentionne l'effacement d'Amalek pendant ce Shabbat, et que l'on demande de diminuer et d'éradiquer complètement son souvenir, il en découle nécessairement que la descendance de Yaakov se multiplie en nombre, et que tous méritent de donner naissance à des garçons assidus dans l'étude de la Torah et dans l'accomplissement des mitsvot.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2018/03/05/effacer-amalek-de-nos-jours

"Pourquoi [le Temple] s'appelle-t-il 'Lévanone'? Parce qu'il blanchit (lavane) les fautes d'Israël."

[guémara Yoma 39b]

Pour le prix d'un sacrifice, il était possible d'effacer toute trace du péché, d'être totalement pur!

"Rabbi 'Hana dit au nom de Rabbi Chimon 'Hassida : 'Tout jeûne auxquels ne participent pas des pécheurs d'Israël n'est pas un (véritable) jeûne, car le galbanum ('helbona) a une mauvaise odeur et pourtant elle est comptée parme les (onze) composants de l'encens (kétorét)'. "
[guémra Kéritout 6b]

Ainsi, lorsque les justes (tsadikim) et les non justes (réchaïm) jeûnent ensemble, cette association (ce klal) confère une puissance d'efficacité à ce jeûne public : c'est une condition pour être exaucés.

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L'ensemble des personnes présent à une prière s'appelle le : tsibour, dont les initiales renvoient à : tsadikim, bénonim et réchaïm.

Prier n'est pas une réunion d'élites, mais c'est une union de tout le peuple ensemble vers un but unique.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/09/27/5662-2

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-> Tout jeûne qui n'inclut pas les fauteurs n'est pas agréé par Hachem.
En effet, D. ne veut pas que les réchaïm soient détruits mais qu'ils se repentent.
Il leur donne donc une chance et leur accorde du temps pour changer leurs voies.
Lorsque les réchaïm se repentent, le nom Divin est grandi et sanctifié dans le monde.
Leur jeûne est donc très précieux aux yeux de D.
[rabbénou Bé'hayé]

Nous apprenons cela du fait que Hachem ordonna d'incorporer le galbanum à l'encens malgré son odeur désagréable. Si la personne qui mélange l'encens omet le galbanum, elle mérite la mort.

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-> Il existe une autre raison pour laquelle un jeûne ne rassemblant que des tradikim n'est pas accepté : les jeûnes sont décrétés à cause des malheurs qui s'abattent sur le monde.
Or ceux-ci ne surviennent qu'à cause des mauvaises actions des réchaïm.
Si seuls les tsadikim jeûnent et laissent les réchaïm commettre leurs fautes, à quoi cela sert-il?
Par contre, si les réchaïm sont inclus dans le jeûne communautaire et se repentent, Hachem a pitié du monde.

De plus, si le racha se trouve auprès du tsadik, les qualités de ce dernier seront d'autant plus visibles.
D'autre part, si le tsadik n'a auprès de lui que des personne supérieures à lui, on s'apercevra des qualités qui lui font défaut.
"Il n'y a pas de tsadik dans le monde qui fasse le bien et ne faute jamais" (Kohélét 7,20).
Par contre, quant une bonne personne se trouve aux côtés d'une mauvaise personne, ses mérites sont d'autant plus visibles.
[Méam Loez - Ki Tissa 30,36]

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-> Le Maté Moché fait remarquer une allusion à la nécessité de donner de la tsédaka particulièrement le jour d'un jeûne. Le mot "taanit" (jeûne - תענית) forme les lettres de : tét ani (תת עני - donner au pauvre).

Cela fait référence à la parole de nos Sages : "La récompense principale d’un jour de jeûne est déterminée par le montant de tsédaka donné" (guémara Béra’hot 6b). »

En jeûnant, nous minimisons notre matérialité pour laisser davantage s’exprimer notre spiritualité.
Par ailleurs, nous pouvons également y ressentir la mitsva de : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

De même, qu’il ne nous est pas agréable de devoir nous priver de nourriture, par le fait de devoir jeûner, on peut se rendre compte de la souffrance de nos frères qui sont dans cette situation au quotidien.

Aimer son prochain comme soi-même, c’est vivre son vécu, pour mieux comprendre, ressentir sa douleur physique et psychologique.
Comment alors ne pas donner à la tsédaka, alors que nos frères en sont contraints à quasiment jeûner tous les jours, faute de moyens suffisants?

La méguila incorporée dans le Tanakh

+ La méguila incorporée dans le Tanakh :

-> L'expression "paroles de paix et de vérité" signifie ce qui suit : la guémara (Méguila 7a ; voir aussi Yérouchalmi, Méguila 1:5) indique qu'Esther demanda aux Sages d'instaurer la fête de Pourim pour toutes les générations futures. Les Sages ont répondu : "Tu vas attiser la colère des nations contre nous, car elles diront que nous nous réjouissons du souvenir de leur chute".
Esther a répondu : "L'incident est déjà écrit dans les chroniques des rois de Perse et de Médie".

Esther a ensuite demandé que la Méguila soit incorporée dans le Tanakh (dans les Kétouvim).
Nos Sages ont fait valoir qu'ils avaient une tradition, fondée sur des déductions tirées d'un verset du Michlé, selon laquelle la bataille contre Amalek ne pouvait être mentionnée que trois fois dans le Tanakh. Comme elle était déjà mentionnée trois fois (Chémot 17,8-16 ; Dévarim 25,17-19 ; Shmouel 15,2), la Méguila, qui traite de ce conflit, ne pouvait être ajoutée au Tanakh.
Après délibération, nos Sages trouvèrent cependant une source dans la Torah indiquant que le conflit contre Amalek pouvait en effet être mentionné quatre fois dans le Tanakh, et ils acceptèrent d'inclure la Méguila dans le Tanakh.

C'est donc à cela que notre verset fait référence. Lorsque la Méguila déclare qu'Esther a écrit des paroles de paix et de vérité, cela indique la manière dont Esther a répondu aux deux défis lancés par les Sages.
À leur objection selon laquelle l'instauration d'une fête susciterait la haine contre les ujifs, Esther a répondu que ses paroles étaient pacifiques ; puisque l'incident de Pourim était déjà de notoriété publique et consigné dans les chroniques royales, la célébration de la fête ne causerait pas de conflits.
Et à l'objection des Sages selon laquelle la Méguila ne pouvait être incorporée dans le Tanakh, la Méguila répond que les paroles d'Esther étaient des paroles de vérité, c'est-à-dire qu'il existe une source dans la Torah, qui est la vérité ultime, justifiant l'inclusion de la Méguila dans le Tanakh.
[rav 'Haïm Kanievsky]