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Elloul à Kippour = des jours d’agrément

+ Elloul à Kippour = des jours d'agrément :

-> "Toute chose à son heure, et il y a un temps pour tout" (Kohélet 3,1) ...
De même qu'il y a eu un moment pour le don de la Torah, et de même qu'il existe un laps de temps où Hachem se met en colère ("un très court instant chaque jour" - Sanhédrin 105 [1/50000e d'heure]), de même il existe un moment fixe dans la création qui s'appelle les jours d'agrément.
Celui-ci s'étend sur une période de 40 jours qui commence le premier jour du mois d'Elloul et qui se termine le jour de Kippour.
Il s'agit de la période idéale pour être agréé par le Créateur, et si on la laisse passer il est impossible de faire marche arrière. Seuls ces jours-là ont reçu cette fonction de la part d'Hachem, depuis les 6 jours de la Création ...

[Il s'agit de jours à haut potentiel qui sont appelés "la période de bienveillance", des jours d'agrément. ]
Il s'agit des "jours de repos pour l'âme", car de même que le corps a parfois besoin de décompresser, il existe des jours où l'âme a besoin de repos et de réflexion, et ce sont les jours compris entre le 1er Elloul et le jour de Kippour.
[rabbi Yérou'ham Lévovitz - Daat 'Hokhma ouMoussar - 2e partie discours 73]

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-> Entre le premier Elloul et la fin du jour de Kippour, il est possible d'atteindre, soit par le repentir, soit par l'étude de la Torah, soit par le service divin, avec seulement un petit effort, ce qui nécessiterait un labeur/effort important à toute autre période de l'année.
[rabbi Aharon Kotler - Michnat rabbi Aharon]

[il s'agit de jours d'agrément. Ainsi, d'une certaine façon Hachem récompense plus généreusement chaque effort fait en réalisant Sa volonté, chaque prière a plus d'impact, chaque téchouva est plus facile, ... ]

-> Le 'Hayé Adam (règle 138) écrit :
"Hachem aime tellement Son peuple Israël qu'll nous a comblés de bienfaits, et nous a ordonné de revenir vers Lui à chaque fois que nous fauterons. Et bien que le repentir soit une bonne chose à tout moment de l'année, rien ne vaut le mois d'Elloul pour ce faire.
Le retour à Hachem y sera bien plus accepté que les autres jours du calendrier, car ces jours d'Elloul sont des jours d'agrément depuis que nous avons été choisis comme peuple élu, car notre maître Moché monta au ciel et demanda le pardon ... Et pendant tout ce temps, le peuple jeûna, et le dernier jour de cette période ils ont institué un long jeûne qui a duré un jour et une nuit. Et c'est pourquoi ce fameux jour, qui devint Yom Kippour, fut fixé comme jour de Pardon pour toujours.
Et étant donné qu'ils furent des jours de grande bienveillance, depuis, chaque année, ils ont le pouvoir d'éveiller la miséricorde céleste, et ils continuent à avoir un statut de jours gracieux."

-> "Cherchez le Seigneur pendant qu'll est accessible! Appelez-Le tandis qu'll est proche!" (Yéchayahou 55,6)
Le Arizal écrit que les portes de la miséricorde s'ouvrent dès qu'on entre dans le mois d'Elloul.
[à ce moment Hachem est vraiment tout proche de nous : "tandis qu'll est proche". ]

"[Yom Kippour,] le jour le plus exigeant de l'année juive, un jour sans nourriture ni boisson, un jour de prière et de pénitence (téchouva), de confession et de plaidoirie, au cours duquel nous nous accusons de toutes les fautes imaginables, appelle encore les juifs, nous touchant au plus profond de notre être.
C'est un jour où nous courons vers les bras ouverts d'Hachem, en pleurant parce que nous l'avons peut-être déçu, ou parce que nous avons parfois l'impression qu'il nous a déçus, tout en sachant que nous avons besoin les uns des autres, car si D. peut créer des univers, Il ne peut pas vivre dans le cœur humain si nous ne Le laissons pas entrer."
[rav Jonathan Sacks - Ceremony & Celebration p.94-95]

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-> "Plus que l'expression de notre foi en Hachem, Yom Kippour est l'expression de la foi de Hachem en nous".
[rav Jonathan Sacks - Ceremony & Celebration p.85]

-> "Yom Kippour nous invite à devenir meilleurs que nous ne l'étions en sachant que nous pouvons être meilleurs que nous ne le sommes. Cette connaissance vient de D."
[rav Jonathan Sacks - Ceremony & Celebration p.93]

Elloul – La bonté de bénir autrui

+ Elloul - La bonté de bénir autrui :

-> Le Maguid de Trisk a a entendu de son grand-père, le Méor Einayim, qui a entendu du Baal Chem Tov les paroles suivantes :
"Depuis le jour du 15 Av jusqu'à Roch Hachana, il y a de nombreuses fois où une personne bénit son ami avec les mots "Kétiva vé'Hatima Tova" (que tu sois écris et signé pour le bien [dans le livre de la Vie, pour cette nouvelle année] ).
Chaque fois que l'on fait cela, un ange est créé pour le défendre et parler en bien de lui.
Par exemple, si une personne bénit 100 personnes, elle crée 100 anges défenseurs.
Lorsque Roch Hachana arrive, lorsque chaque homme est jugé, cette personne aura de nombreux anges qui la défendront au Ciel."

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-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne que prier (ex: dire Shana tova! , bonne journée!, ...) pour une autre personne est un moyen de réaliser la mitsva de témoigner de la bonté à son prochain.

[de plus : "Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en premier" (guémara Baba Kama 92a). Toute chose positive que nous souhaitons à autrui, nous la souhaitons pour nous (ou nos descendants), ainsi plus on bénit autrui, plus on se bénit fortement soi-même! ]

"L'essentiel de la préparation du jour de Roch Hachana consiste à faire régner la fraternité et l’amitié entre les Bné Israël, comme il est dit : "Avec des trompettes et la voix du Shofar, sonnez devant Hachem le Roi" (ba'hatsotsrot vékol Shofar ariou lifné aMél'ha Hachem - Téhilim 98,6), où le mot הריעו (ariou - sonnez) évoque l’amitié et la fraternité (de la même racine que le terme רעך : ton prochain - réé'ha) ...

Et il écrit : "Quel est l’homme qui désire la vie?" (Téhilim 34,13) = lorsque l'on demande à Roch Hachana : "Ecris-nous dans le Livre de la vie" , "Garde ta langue du mal" (Téhilim 34,14) = ‘Ne parle pas sur ton prochain’, "Ecarte-toi du mal et fais le bien" (Téhilim 34,15).
C’est en cela que consiste notre préparation à Roch Hachana, afin que notre jugement soit positif : si un homme considère autrui comme un tsadik (se focalisant sur le bien qu'il y a en l'autre, le jugeant positivement), alors, lui aussi, on l’inscrira dans le livre des tsadikim (mesure pour mesure Hachem nous juger en utilisant la même vision bienveillante qu'on porte à nos frères juif(ve)s)."
[Tiféret Shlomo - Ki Tétsé 23,10]

Dans la génération qui précède la guéoula, lorsqu'il y a un hester panim (Hachem cachant Sa face, pour ainsi dire), comme à notre époque, Hachem n'exige pas un niveau élevé de téchouva (repentir), et Il accepte des niveaux inférieurs à ceux qu'Il aurait accepté dans les générations précédentes.
[rav Moché Sternbuch - voir Taam vaDaat - Chémot 6,5]

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=> ainsi nous ne devons pas hésiter à faire téchouva, même si cela n'est pas parfait, pas foufou, car ce qui est très peu/faible par rapport à nos ancêtres, en réalité cela a actuellement énormément de valeur aux yeux d'Hachem.

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-> Notre yétser ara sait cela (que même une téchouva de 'basse qualité' a actuellement énormément de valeur), et nous fait croire l'inverse (ex: à quoi bon que je fasse téchouva, moi qui suis un si grand fauteur, qu'est-ce que ça peut faire à Hachem, ...).
A ce sujet : l'incroyable grandeur de chaque juif à notre génération : https://todahm.com/2022/02/08/la-grandeur-de-chaque-juif-a-notre-generation

La profanation du Shabbat est plus grave que la profanation de Yom Kippour.
[rav Moché Sternbuch]

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-> En période de guerre où l'on a besoin de davantage de protection d'Hachem, le 'Hazon Ich disait : "Ils ont peur des bombes, mais moi j'ai surtout peur de la profanation du Shabbath, qui est à l'origine des bombes".

Ani lédodi, védodi li

+ Ani lédodi, védodi li :

-> Nos Sages (Aboudraham - Téfilot Roch Hachana) nous enseignent que le mot par Elloul renvoie à "ani lédodi védodi li" (Chir haChirim 6,3), qui signifie "Je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi", décrivant notre relation avec Hachem.
Cependant, le rabbin Ephraïm Wachsman s'interroge : Ne semble-t-il pas y avoir un mot manquant ici Que suis-je pour mon bien-aimé? Ne devrait-on pas dire : "Je me consacre à mon Bien-aimé"? "Je suis dévoué à mon Bien-aimé", ou "Je suis le serviteur de mon Bien-aimé", ou "J'aime mon Bien-aimé"?

Le rav explique que "ani lédodi" signifie : Tout ce que je suis, mon existence entière, est pour mon Bien-aimé. Il ne peut y avoir de mot entre 'ani' (je), et 'dodi' (à mon Bien-aimé), car cela impliquerait que j'ai ma propre existence et que je donne quelque chose de moi à Hachem.
Je suis tout entier à Hachem : mes talents, mes capacités, tout.

C'est ainsi que nous sommes censés vivre notre vie, en utilisant toutes nos forces au service d'Hachem. Comment y parvenir?
Le verset continue : "védodi li" (mon Bien-Aimé est à moi), ce qui signifie qu'Hachem, avec tout ce qu'Il est, englobant les milliards de galaxies et les mondes supérieurs (et nous ne connaissons qu'une infime partie de Sa grandeur!), tout de Lui est "li", à moi, sans aucune séparation.
Hachem fait tout pour nous ; même ce que nous Lui donnons, le "ani lédodi" est aussi "dodi li".
Cela nous est rendu en retour. Tous nos accomplissements spirituels et notre service pour Lui nous profitent. Hachem veut seulement que nous soyons ensemble avec Lui pour toute l'éternité.

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-> Le mois d'Elloul est illustré par le verset : "ani lédodi, védodi li" (Je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi).
Ce verset illustre le grand amour entre nous et Hachem : Il est notre Bien-aimé et Il nous aime au-delà de toute imagination.
Et si nous sommes "lédodi" = si nous revenons à Lui et disons : "Nous voulons être proches de Toi, Hachem, nous voulons Te servir du mieux que nous pouvons", alors "dodi li" = Hachem nous élèvera et nous rapprochera de Lui.
Si nous voulons que notre vie tourne autour de Toi (que le 'ani' soit directement lié au 'dodi'), alors si nous avons cette volonté de : "Hachem, je veux être près de Toi. Je T'aime ...", alors nous recevrons l'aide Divine dont nous avons besoin et nous en ferons l'expérience de "dodi li" Hachem nous élèvera pour être tout proche, à côté de Lui.
[rav David Ashear ]

Le repentir et la croyance en une recréation permanente du monde

+++ Le repentir et la croyance en une recréation permanente du monde :

"Restaure nous à Toi, Hachem, pour que nous soyons restaurés. Renouvelle nos jours comme autrefois" (achivénou Hachem élé'ha vénachouva, 'hadech yaménou kékédem - Eikha 5,21)

-> Nous devons comprendre la signification de l'expression "autrefois" (kékédem).
Cela sera clarifié par ce que dit le midrach (Béréchit rabba 21,6) sur le verset : "Maintenant, Israël, qu'est-ce que Hachem, ton D., te demande, si ce n'est de Le craindre" (Ekev 10,12).
Le midrach dit : "le terme 'maintenant' (véata) désigne toujours le repentir (téchouva)."

La signification de ce midrach est la suivante :
Chaque juif doit croire avec une foi inébranlable qu'il reçoit, à chaque instant, la vitalité de D.
Comme nos Sages (midrach Béréchit rabba 14,91) l'ont expliqué à propos du verset "Que chaque âme loue Dieu" (Téhilim 150,6) : "À chaque respiration, une personne doit louer D.".

Il incombe à une personne de louer Hachem à chaque respiration parce qu'à chaque instant, l'énergie vitale d'une personne cherche à s'éloigner d'elle, mais Hachem renouvelle la vitalité à chaque instant.
C'est pour cette raison que le repentir (téchouva) est efficace. Lorsqu'une personne se repent, elle croit qu'elle est une nouvelle création, qu'elle vient de recevoir une nouvelle vitalité de la part de D. [voir Miché Torah - Téchouva 2,4]
C'est pourquoi Hachem, dans son abondante compassion, ne fait pas mention des anciennes fautes d'une personne.
Cependant, si, à D. ne plaise, une personne ne croit pas en ce concept de renouvellement continu, qu'à chaque instant elle est comme une nouvelle création, le repentir n'est d'aucune utilité.

Telle est donc l'interprétation du midrach qui dit : "Le terme 'maintenant' dénote toujours le repentir".
Puisqu'une personne croit qu'elle est actuellement un être tout nouveau, le repentir est efficace.

Telle est donc la signification profonde du verset "Restaure-nous à Toi, Hachem, pour que nous soyons restaurés".
Comment pouvons-nous nous assurer que notre repentir sera accepté?
Le verset explique : "Renouvelle nos jours comme autrefois" ('hadech yaménou kékédem). En d'autres termes, nous déclarons à Hachem que nous reconnaissons qu'Il nous renouvelle chaque jour, que nous sommes des êtres nouvellement nés ('hadech = 'hadach = nouveau).

Sur cette base, nous pouvons expliquer le passage de la guémara (Sanhédrin 98a) : "Rabbi Yéhochoua ben Lévi a demandé au machia'h : "Quand le maître [c'est-à-dire le machia'h] viendra-t-il? Le machia'h répondit : 'Aujourd'hui!'
Eliyahu HaNavi explique que cela signifie : "Aujourd'hui, si vous écoutez Sa voix [c'est-à-dire celle de D.]".
[Cela signifie : ] Lorsque le peuple juif atteindra ce niveau spirituel, percevant qu'il devient chaque jour un être nouveau, alors le machia'h viendra.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Eikha 5,21 ]

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=> En reconnaissant qu'Hachem nous procure constamment une vitalité renouvelée, il est possible pour un pénitent (baal téchouva) d'affirmer avec confiance : "Je ne suis pas la même personne que celle qui a fauté ; je suis une personne toute nouvelle" (voir Rambam - Michné Torah - Téchouva 2,4)

Lorsqu'une personne pleure la destruction du Temple, ses larmes ont [toujours] un véritable impact au Ciel.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Eikha 1,2 ]

"Et elle pleurera son père et sa mère pendant un mois de jours" (Ki Tétsé 21,13).

Ce "mois" se réfère au mois d'Elloul.
Le verset ne dit rien sur les fautes, car ce n'est pas pour cela que nous pleurons. Au contraire, nous pleurons parce que Hachem nous manque et que nous voulons être proches de Lui ; nous pleurons parce que nous aspirons à la sainteté et à la Chékhina.
C'est ainsi que nous nous préparons au Yom haDin, en pleurant parce que nous voulons être proches d'Hachem, et non pas en pleurant parce que nous sommes tristes.
[rabbi Nathan Watchfogel]