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Préparatifs de Pessa’h

+ Préparatifs de Pessa'h :

-> Il est écrit dans nos traditions anciennes que tout effort de préparation pour Pessa'h qui conduit à avoir de la fatigue et à de l'épuisement réussit à tuer et à détruire les influences néfastes connues sous le nom de "negaé bné adam", ces "tâches/souillures" [spirituelles] sur une personne, et qui sont créées par des péchés graves.
Nous savons tous qu'aucun d'entre nous ne peut dire qu'il n'est jamais tombé dans la faute. C'est pourquoi il nous incombe de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour expier nos péchés, et cela peut être accompli en nous efforçant de nous préparer pour Pessa'h.
[Séfer Yessod Yossef (chap.84) ; également dans le Séfer Kav haYachar (chap.90) ]

-> Le Pélé Yoets (Erekh Pessa'h) écrit : "Israël est loué. Et leurs femmes sont encore plus louées qu'eux. Elles ont le scrupule de détruire tout le 'hamets qu'elles possèdent avec un soin extrême. Elles sont même plus rigoureuses que ce qui est requis. Elles méritent de bonnes bénédictions."

-> Le Sfat Emet écrit que les jours où l'on se prépare pour Pessa'h sont un moment propice pour nous purifier.
De même, le Séfer Yessod Yosef (chap.84) et le Sefer Kav Hayashar (chap.89) écrivent que lorsque les juifs nettoient en frottant leurs tables et leurs chaises pour enlever tout 'hamets, Hachem voit nos efforts et constate à quel point nous essayons de nous débarrasser de chaque miette.
En retour, Il détruit chaque vestige d'impureté et élimine les forces nuisibles de nos corps et de nos maisons.

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-> Le Séfer Bat Ayin (drach pour Shabbath haGadol) enseigne que le moment de la destruction du 'hamets (biour 'hamets), la veille de Pessah à partir de la 6e heure, est un moment où l'on détruit non seulement le 'hamets, mais aussi toutes les influences négatives.
Si une personne se rapproche d'Hachem et annule de son cœur tous ses péchés du passé, c'est un moment plus propice que tout autre moment de l'année pour revenir à Hachem, et Hachem lui fournira son aide pour se rapprocher de Lui.

+ Le 'Hidouché haRim fait remarquer que les juifs se réfèrent à l'expérience au mont Sinaï comme du don de la Torah, en se concentrant sur le fait que la Torah a été donnée, et pas seulement sur le fait qu'elle a été reçue.
Il explique que ceci est parce que si nous nous souvenons qu'elle nous a été donnée, alors nous nous souviendrons également de celui qui l'a donnée, et c'est une partie intrinsèque de l'étude de la Torah : le privilège d'être connecté au à celui qui donne [constamment] la Torah.

Le 'Hidouché haRim explique que c'est ce que signifie le verset : "Torati al taazovou" (Ma Torah, ne l'abandonne pas - Michlé 4,2) = lorsque vous étudiez la Torah, n'oubliez pas qu'il s'agit de "Ma" Torah, le Donneur se partageant dans chaque mot.

Lorsqu'une personne commet une faute, même si elle est déjà tombée, Hachem est toujours là pour la soutenir afin qu'elle puisse trouver un moyen de se relever.
[Nous disons dans la prière après "nichmat kol 'haï" : "asomé'h noflim" (qui soutient la chute)]
Même lorsque quelqu'un est nofél, c'est-à-dire en train de tomber, Hachem est là pour le soutenir et lui donner de l'espoir pour l'avenir.
['Hidouché haRim]

Choul’han oré’h

+ Choul'han oré'h :

-> Le Lev Sim'ha cit son père, le Imré Emet, qui a fait remarquer que la séouda mangée au Séder est entourée du Hallel. En effet, on récite une partie avant de manger, puis après avoir terminé de manger.
Cela indique que la séouda (le repas [du Séder]) elle-même fait partie du Hallel, le fait de manger et de boire étant également une forme d'expression de notre gratitude envers Hachem.

Quand Hachem s'adresse à Moché, il lui dit : "Moi aussi, J'ai entendu le cri des Bné Israël" (Vaéra 6,5)

=> Pourquoi Hachem a-t-il dit qu'Il avait "aussi" entendu les cris de Son peuple? Qui d'autre que Lui a entendu ces cris?

-> Le 'Hatam Sofer dit que cela signifie que chaque juif a entendu les cris de son prochain, et que leur cœur est devenu tellement lourd de la douleur qu'avaient les autres aussi, et pas seulement pour eux-mêmes.
C'est alors qu'Hachem dit : "Moi aussi, J'ai entendu" = Je veux entendre, Moi aussi, les souffrances que chacun d'entre vous a entendues de son prochain, et ce sera le levier de votre délivrance.
Cette compassion a abouti à la fin de ce verset, à la promesse d'Hachem : "vaézkor ét bériti" (Je me souviendrais de Mon alliance [avec eux]).

-> Un fois le 'Hatam Sofer dit sur " Moi aussi, J'ai entendu la plainte des Bné Israël" = celui qui cherche un bon conseil, afin de solliciter l'aide de D., doit aider les autres précisément à ce moment-là, quand il est en difficulté. C'est alors qu'il méritera que D. lui vienne en aide et le délivre de ses maux.

-> Le Pné Ména'hem voyait parfois des tsadikim décédés dans ses rêves. Une nuit, alors qu'il dormait, il rencontra en rêve son oncle, le rav Ména'hem Mendel de Pabinetz, qui avait été tué par les nazis.
Le Pné Ména'hem demanda : "Mon oncle, comment se fait-il qu'il y ait aujourd'hui, tant de maladies, de souffrances et d'épreuves, comme il n'y en a jamais eu auparavant. Comment cela se fait-il?"

Dans son rêve, le rav Pabinetzer répondit à la question de son neveu : "Il fut un temps où à une tragédie personnelle, qu'un juif qui souffrait, cela signifiait que tout le village (shtiebel) le ressentait aussi, les voisins portant le fardeau avec celui qui souffrait. Les gens étaient liés les uns aux autres d'une manière très profonde, chacun ressentant les coups portés par ses amis.
Et lorsqu'un décret amer était décrété contre quelqu'un, il était épargné, car même s'il méritait ce coup, les autres, ceux qui pleuraient avec lui, ne le méritaient pas.

Mais aujourd'hui, conclut le Rav Pabinetzer, les gens ne se sentent plus concernés par le souffrances des autres comme ils l'étaient autrefois, et ce mérite a donc été supprimé.

En conduisant Yaakov en Egypte, Hachem lui promet : "[Moi-même] Je descendrai avec toi en Egypte, et [Moi-même] Je te ramènerai aussi (véanokhi aalé'ha gam alo)" (Vayigach 46,4).

-> Le Sfat Emet se demande ce que l'ajout du mot "gam" (aussi - גַם) ajoute. Pourquoi ne suffit-il pas de dire "Je [Moi-même] descendrai avec toi et Je [Moi] te ramènerai"?

Il explique que le mot גַם indique toujours une augmentation ou une expansion. Hachem assurait à Yaakov que le séjour en Egypte ajouterait des dimensions à la grandeur de Ses enfants, car personne ne traverse une période difficile sans acquérir de nouvelles forces, et il n'y a pas de souffrance qui ne s'accompagne pas de croissance.
Ils descendront et reviendront encore plus grands qu'ils ne sont descendus.

[à combien plus forte raison cela s'applique à notre si long exil actuel!
En racontant le récit de la sortie d'Egypte, cela nous renvoie à notre exil, et nous avons alors beaucoup d'espoirs à l'idée des sublimes richesses spirituelles et des grandes choses que nous fera Hachem, très prochainement. Amen! ]

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+ "[Lors de la plaie de l'obscurité,] pour tous les Bné Israël, il y avait de la lumière dans leurs maisons" (Bo 10,23).

-> "Même l'obscurité n'obscurcira rien de Toi" (gam 'hochékh lo ya'hchikh mimé'ha - Téhilim 139,12).
Le 'Hidouché haRim explique cela comme signifiant : "Même les ténèbres (nos difficultés) n'obscurcissent rien, car elles proviennent "de Toi" (mimekha). C'est pourquoi elles sont aussi une lumière."

=> Pour un juif, une période sombre est une opportunité de croissance, de connexion avec le Créateur, de découverte de nouvelles forces internes, et c'est pourquoi elle contient aussi de la lumière.
Dans le monde, il peut y avoir de l'obscurité, mais pour les Bné Israël, il y a toujours de la lumière.

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-> Le Imré Emet explique ce verset à sa manière, en commentant que lorsqu'une personne peut "voir" une autre personne, en ayant un bon oeil "ayin tov" et en se réjouissant des succès et de la bonne réussite de son ami, alors cela crée de la lumière dans leurs habitations.

+ Selon le midrach, au début de la servitude en Egypte, Pharaon lui-même a pris une pelle et un sceau, travaillant aux côtés des Bné Israël afin de les encourager.

Le Pné Menachem commente :
La règle de nos Sages est que "la mesure d'Hachem du bien est toujours plus grande que celle de Sa punition" (mida tova mérouba mimidat pour'anout - guémara Yoma 76a).
Le Pné Menachem dit : "Si un roi racha était prêt à se joindre au dur labeur pour asservir le peuple juif, alors à combien plus notre Roi, la Source de la compassion et de la bienveillance, un Roi qui déclare que "Je suis avec lui dans sa détresse" (Tehilim 91,15), est avec nous dans nos moments difficiles!"

"À l'origine, nos ancêtres adoraient des idoles" (mit'hila ovédé avoda zara ayou avoténou - Haggada de Pessa'h)

-> La Michna (Pessahim 10:4) stipule que : "on commence le récit par la disgrâce d'Israël et on la conclut par la gloire d'Israël".
Selon le 'Hidouché haRim, la raison en est que ce moment de disgrâce est étroitement lié à la rédemption finale. Lorsqu'une personne s'enfonce si profondément qu'elle craint de ne plus jamais pouvoir se relever, elle n'a d'autre choix que de crier.

Et c'est ce cri qui a été entendu au Ciel et qui a conduit à la gloire ultime.
Le cri n'est pas seulement quelque chose qui s'est produit avant la géoula, mais le catalyseur de la géoula.
Le 'Hidouché haRim conclut : et ceci est vrai pour chaque fils [d'Hachem], à tout moment.

"Tu le raconteras à ton fils ce jour-là" (véiguadéta livné'ha bayom aou - Bo 13,8)

-> Le mot והגדת (véiguadéta) signifie raconter, mais il est également lié au mot אגיג ביה (aguid bé), qui se réfère à un cas dans lequel un objet donné est encore attaché au donneur, et n'est pas complètement cédé au receveur (voir guémara Guittin 78b).
Le Pné Menachem explique que la nuit de Pessa'h, lorsque les pères transmettent les principes fondamentaux de la émouna, en racontant les histoires qu'ils ont reçues, c'est un moment de proximité spéciale entre le père et le fils, et le père est "lié/attaché" à son fils au fur et à mesure que ces histoires sont racontées.

La recherche du ‘hamets

+ La recherche du 'hamets :

-> "Nous recherchons le 'hamets à la lumière d'une bougie" (Michnayot Pessachim 1,1).
La lumière symbolise le pouvoir de la Torah, conformément au passuk : "Car une mitsva est une bougie, et la Torah est une lumière" (ki nèr mitsva, véTorah ohr - Michlé 6,23).
Le 'hamets fait allusion à l'entité du mal (du yétser ara).
Le moyen le plus efficace d'annuler le pouvoir de mal (ra) est d'appliquer le pouvoir écrasant du tov (bien) par l'intermédiaire de la lumière de la Torah.
[Siddour de rabbi Koppel]

[ ex: "Si ce méprisable (le yétser ara) t'affronte, amène-le dans la maison d'étude (beit hamidrach)" (guémara Soucca 52b - la Torah est tellement puissante que s'il est de fer, il va exploser!).
Ainsi, la recherche est un moyen concret de réveiller en nous le pouvoir de la Torah pour se purifier, et se protéger de notre yétser ara. ]

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-> "Nous recherchons le 'hamets à la lumière d'une bougie" (Mishnayos Pesachim 1:1).
Il est également possible de comprendre cette lumière de bougie comme emblématique de l'âme d'une personne, par le biais du verset : "L'âme d'un homme est une bougie d'Hachem" (nèr Hachem nichmat adam - Michlé 20,27).
Grâce à son rayonnement, on peut rechercher et éradiquer complètement son yétser ara.
[Avodat Israël]

[on peut éventuellement ajouter l'idée que si nous gardons à l'esprit à quel point nous avons une partie d'Hachem en nous, une étincelle pure de judaïcité, alors cela doit venir illuminer notre vie de joie.
Le yétser ara fait fermenter des doutes, du désespoir, de la tristesse, et le fait d'avoir une âme lumineuse en nous, repousse ce 'hamets, et nous remplit de confiance et d'espoirs pour le meilleur.
A chaque instant, Hachem n'est pas seulement avec nous (combler du meilleur), mais Il est en nous (un juif n'est jamais abandonné). ]

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-> "Nous recherchons le 'hamets ... dans tous les endroits où il est habituel d'apporter du 'hamets" (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 431:1).

Le 'hamets étant emblématique du mal (ra), il incombe à une personne de rechercher et d'éradiquer ce 'hamets de tout "lieu" dans lequel il a pu être apporté.
Par exemple, quelqu'un peut avoir laissé le 'hamets/ce qui est mauvais, s'infiltrer dans ses yeux ; il doit donc contempler et examiner ses yeux pour déterminer s'il s'est permis de regarder des choses inappropriées. Si c'est effectivement le cas, il doit rectifier la situation par le remords et la téchouva complète.
De la même manière, il doit examiner tous les autres "lieux" et aspects de son être, et faire les rectifications qui s'imposent.
[Avodat Israël]

[à la lumière de la vérité, on doit faire la tournée des "pièces" de notre intériorité, à la recherche de 'hamets, jusqu'à tout détruire par une téchouva sincère. ]

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-> "Il est prudent de placer des morceaux de 'hamets dans un endroit où celui qui effectue la recherche les trouvera" (Rama - Ora'h 'Haïm 432:2).

Certaines personnes supposent que tout va bien pour elles et qu'il n'y a rien sur leur compte spirituel qui nécessite une amélioration ou une rectification. Il s'agit bien sûr d'une grave erreur ; comme le déclare le roi Shlomo : "Il n'y a pas d'homme complètement juste sur la terre qui ne fasse que le bien et ne commette jamais de péché" (Kohélet 7,20).
Telle pourrait être l'idée sous-jacente à la pratique de disposer des morceaux de pain pour la recherche du 'hamets. En effet, l'élimination du 'hamets reflète un processus d'effort de rechercher et d'éradiquer le mal [qui est en nous].
En plaçant le 'hamets au grand jour, dans un endroit où il sera trouvé (bémakom chéyimatsaém), on reconnaît que l'on a des défauts et que l'on s'engage à les traiter et à les corriger.
[Avodat Israël]

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-> "Même la plus petite quantité de 'hamets à Pessah (est interdite et rend les autres aliments également interdits) (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 447:5).

-> Le Maguid de Mézéritch compare cela à une pomme succulente habitée par un ver.
La pomme peut être le spécimen le plus magnifique, mais même le plus petit parasite, si on le laisse faire, peut avec le temps détériorer la pomme dans son intégralité.

[il en est de même avec le yétser ara ('hamets), qui bien que tout petit au début (ça va c'est rien!), peut faire de gros dégâts, ce qui explique l'extrême rigueur de ne pas accepter même "la plus petite quantité".
C'est ainsi qu'on pourra véritablement être une personne libre (symbole de Pessa'h). ]

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-> D'un point de vue kabbalistique, les 10 morceaux de 'hamets distribués dans la maison (à trouver et à brûler) correspondent à des entités des forces du mal. On les appelle les 10 "couronnes d'impureté" ...

Nous devons garder à l'esprit qu'en éradiquant les morceaux de 'hamets, nous extrairons et libérerons toute la sainteté (kédoucha) qu'ils contenaient. Leur combustion est en accord avec le secret caché contenu dans le verset de : Lehavah telaheit resha'im - "une flamme embrasa les réchaïm" (léava téla'ét réchaïm - Téhilim 106,18 ).
[Siddour de rabbi Koppel]