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Le Temple

+ Le Temple (selon le Sfat Emet) :

-> La Torah dont les juifs bénéficient, n'est qu'un microcosme de toute sa splendeur.
Cette lumière a été cachée par Hachem pendant la Création. Comme nos Sages l'affirment, Hachem a pris la lumière du première jour et l'a préservée pour les tsadikim dans le monde à venir.
Cependant, dans le Temple et spécialement lorsque Aharon allumait la Ménora, cette lumière [spirituelle originelle] était révélée.
[Sfat Emet - Béaaloté'ha 5647]

-> De même que chaque Shabbath, un juif bénéficie d'une influence spirituelle fournit par l'âme supplémentaire (néchama yétéra), de même dans le Temple chaque juif bénéficiait d'une dose de spiritualité supplémentaire (aara yétéra).
[Sfat Emet - Dévarim 5642]

-> Tandis qu'en diaspora, un juif sert Hachem principalement par la peur/crainte, en terre d'Israël et spécialement au Temple, une spiritualité intense et la joie y règnent.
De même, pendant toute la semaine, un juif sert Hachem en mettant l'accent sur la crainte, tandis qu'à Shabbath c'est la joie qui domine.
[Sfat Emet - Nasso 5661]

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-> Le Temple était un lieu qui comprenait les qualités de tous les autres endroits de la terre.
[Sfat Emet - Nasso 5647]

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-> L'objectif de la Torah est d'enseigner aux juifs d'abandonner les passions physiques de leur corps.
Cependant, la terre d'Israël et le Temple permettent aux juifs de sanctifier le domaine physique/matériel.
Ce n'est qu'en terre d'Israël et par le biais du Temple qu'un corps et une âme d'un juif peuvent vraiment fusionner.
Maintenant, en exil (galout) sans le Temple, notre objectif principal guidé par la Torah est d'éliminer autant que possible le matériel de notre vie. [tout ce qui n'est pas nécessaire]
La fonction précédemment jouée par le Temple à sanctifier le corps des juifs est actuellement accomplie par l'exil lui-même.
Toutes les souffrances endurées par les juifs purifient leur corps.
[Sfat Emet - Ki Tavo 5634]

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-> Les juifs profitent le plus des bénédictions d'Hachem lorsqu'ils restent isolés du monde extérieur, comme cela se produisait au Temple.
Même de nos jours, certaines mitsvot comme le Talit, permettent aux juifs de "s'envelopper" afin d'être isolés du monde dans son ensemble.
[Sfat Emet - Ki Tavo 5646]

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+ Reconstruire le Temple :

-> Ce n'est qu'en éradiquant les racines qui ont causé la destruction du Temple que nous pouvons accélérer sa reconstruction.
La haine gratuite (sin'at 'hinam) a mené à la destruction du Temple.
Une atmosphère d'amour maternel et une absence de jalousie sont des prérequis pour rester en terre d'Israël et pour que le Temple puisse continuer d'exister.
[En ce sens,] les juifs ont été comptés et ont reçu leur portion individuelle de la terre d'Israël avant d'y entrer afin de minimiser toute éventuelle jalousie.
[Sfat Emet - Pin'has 5648]

-> Le Temple sera reconstruit par le mérite d'Aharon qui personnifie l'amour.
Dans la mesure où sa destruction a été causée par la faute de la haine gratuite, Aharon sert d'antidote parfait pour cette faute.
[Sfat Emet - Massé 5659]

-> Ce n'est que par l'amour d'un juif envers son prochain (aavat Israël) que le Temple sera reconstruit.
[de même que la haine gratuite l'a détruit, l'amour gratuit entre nous permet de le reconstruire]
[Sfat Emet - Réé 5641]

-> Les actions (mitsvot) et la Torah de chaque génération contribuent à la reconstruction du Temple.
[Sfat Emet - Dévarim 5634]

-> Bien que le Temple a été détruit, une empreinte résiduelle y reste toujours (voir également le fait que la Présence Divine ne quitte jamais le lieu du Temple).
En priant constamment pour la restauration du Temple, cette empreinte résiduelle va être transformée par Hachem en Temple reconstruit.
[Sfat Emet - Réé 5637]

+ Lorsqu'un juif accomplit une mitsva, il perçoit qu'il est en train de recevoir la Torah de nouveau.
Le don de la Torah n'est pas simplement un phénomène ponctuel, mais plutôt un processus continu.
Les Pirké Avot (6,2) nous rappellent que chaque jour une voix céleste provenant du mont Sinaï se lamente : "Malheur aux créatures qui font affront à la Torah". Cela est dans la mesure où Hachem nous donne constamment la Torah, mais personne n'accepte son offre.
Si nous n'entendons pas ce son, c'est parce qu'il nous manque la sainteté nécessaire pour recevoir la Torah, la sainteté qui était une condition préalable requise lorsque la Torah a été reçue à l'origine (voir Yitro 19,10 : "enjoins-leur de se tenir purs aujourd'hui et demain").

En observant les mitsvot, les juifs suscitent la sainteté qui était autrefois présente au mont Sinaï, et ils se préparent à recevoir la Torah de nouveau.
[Sfat Emet - Vaét'hanan 5641]

+ Si le 'hamets représente le yétser ara, alors pourquoi sommes-nous autorisés à en manger à tout moment de l'année (autre que Pessa'h)?
Le Zohar (Bo 40a) répond qu'en s'abstenant de 'hamets durant une semaine par an (à Pessa'h), nous nous donnons la force de surmonter le yétser ara pour le restant de l'année ...

Pessa'h marque le renouvellement de notre engagement à Hachem (kabalat ol malkhout chamayim).
De bons débuts sont toujours critiques. En renouvellement de tout notre coeur notre lien avec Hachem au début de l'année (Nissan étant le 1er mois), nous pouvons être assurés que cette relation restera sécurisée durant toute l'année.
[Sfat Emet - 5639]

En mangeant de la matsa et en buvant du vin la "nuit de protection" (leil chimourim - le soir du Séder), nous continuons le processus de rectification des dégâts qu'a entraîné la première faute [celle d'Adam], et par cela nous rapprochons la destruction finale de toutes les forces du mal dans le monde.
[Sfat Emet - 5663]

[ on peut noter que la guémara (Béra'hot 40a) suggère que le Fruit Interdit qu'a consommé Adam était soit du blé (la source de la matsa), soit du raisin (la source du vin).]

Alors que normalement on ne reçoit pas de récompense pour les mitsvot dans ce monde (olam azé), en vivant sur la terre d'Israël, qui est un microcosme du monde à venir, on peut déjà être récompensé.
[...]
De la même façon, le Shabbath qui est un semblant du monde à Venir (méen olam aba), l'observation des mitsvot peut être récompensée [également déjà en ce monde].
[Sfat Emet - Ekev 5648]

La terre d'Israël et le Temple sont les sources de toutes les beautés, comme il est dit : "miTsion mik'lal yofi" (depuis Tsion (Jérusalem), ce centre de beauté - Téhilim 50,2)
De la même façon, le Shabbath est la source de toutes les beautés de la semaine.
[Sfat Emet - Kora'h 5647]

Le plus d'efforts nous investissons dans le récit de la sortie d'Egypte, le plus important seront les miracles dont les juifs bénéficieront dans le futur.
[Sfat Emet - 5642]

Le mois de Nissan – fêter l’inauguration du 3e Temple

+ Le mois de Nissan - fêter l'inauguration du 3e Temple :

-> La sortie d'Egypte a eu lieu pendant le mois de Nissan, et la délivrance finale se passera également pendant ce mois.
=> Qu'est-ce qui fait que ce mois est si propice pour la délivrance?

-> En hébreu, ce mois est appelé : 'hodech aaviv (אביב - le mois du printemps).
Le terme : אביב peut aussi se lire אב יב (le père des 12 [mois de l'année]), car ce mois est la source de bénédictions pour toute l'année à venir.
Puisque Nissan est le mois d'une abondante bonté et bénédiction, il est également celui le propice pour la délivrance.
[...]
Le matin il y a une augmentation de la bonté d'Hachem [dans le monde], et le soir il y a une augmentation de l'attribut Divin de stricte justice (rigueur).
Puisque Nissan est le "matin" de l'année, le mois de Tichri (7e mois de l'année) est le soir de l'année, et c'est le moment du jugement céleste.
[rabbi Moché David Vali - un élève du Ram'hal - Shivté Ka - Paracha Pin'has]

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=> Pourquoi on ne récite pas les ta'hanounim pendant le mois de Nissan?

-> Le Tour (Ora'h 'Haïm 429) explique la signification de ces jours :
pendant les premiers jours de Nissan, le Michkan a été construit, et pendant chacun des 12 jours, à tour de rôle le nassi (prince) d'une autre tribu amenait un sacrifice et célébrait la cérémonie d'inauguration du Michkan.
Cela est suivi par la fête de Pessa'h (d'une durée de 7-8 jours).

-> Le Beit Yossef (Ora'h 'Haïm 429) ajoute à cela : puisque la majorité du mois est imprégné de sainteté, la sainteté va s'étendre également sur le restant du mois.

-> Le Maassé Rokéa'h (début de Pessa'him) propose une autre explication :
En se basant sur le calcul de la guémara (Ména'hot 86a), le 3e Temple sera construit soit le 15 soit le 16 Nissan, qui tombent tous les deux pendant Pessa'h.
En se basant sur le principe qu'on ne doit pas combiner 2 célébrations joyeuses en même temps (guémara Moed Katan 8b), les 7 jours de célébrations pour l'inauguration du 3e Temple ne pourront pas être célébrés pendant Pessa'h, mais seront reportés après Pessa'h, commençant ainsi le 23 Nissan jusqu'à la fin du mois.
C'est pourquoi nous commémorons [déjà de nos jours] la célébration du 3e Temple en ne disant pas les ta'hanounim après Pessa'h jusqu'à la fin du mois de Nissan.
[Maassé Rokéa'h - le 'Hatam Sofer (Ora'h 'Haïm 103) va le citer]

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=> Quelle beauté du mois de Nissan : nous fêtons l'inauguration du Michkan par chacun des princes des tribus, puis Pessa'h (avec ce que cela implique), puis nous fêtons l'inauguration du 3e Temple.

Ma nichtana

+ "Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits?" (Ma nichtana alaïla azé ...)

-> "Et ce sera, lorsque ton fils te demandera, demain" (Bo 13,14 - וְהָיָה כִּי יִשְׁאָלְךָ בִנְךָ מָחָ)

Le Beit Avraham fait remarquer que ce passage a la même guématria que : matsa, maror, le trempage, et le fait d'être incliné (מצה , ומרור , וטבילה , והסיבה - matsa, oumaror, outévila, vaashéva), soit : 737, et qui sont les 4 sujets des questions posés par les enfants dans le ma nichtana.

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-> Selon le Kli Yakar (Olélot Ephraïm), le "ma nichtana" est une allusion à l'exil, qui est appelé : "nuit" (laïla).
Pourquoi l'exil actuel est-il différent des autres exils?
Pourquoi semble-t-il être interminable, alors que les autres ont eu une durée limitée?

En se basant sur le "ma nichtana", le Kli Yakar donne 4 raisons :
1°/ Matsa : le 'hamets fait allusion aux disputes ; la masta représente l'harmonie pure et simple entre le farine et l'eau.
Au lieu d'être plat comme une matsa, on va fermenter, gonfler, se donner de l'importance, et ce au détriment d'autrui.
Nous ne pouvons espérer être libérés de notre exil, s'il n'y a pas de l'amour l'un envers l'autre, si nous ne sommes pas matsa.

[dans les autres exils, il y avait des disputes mais beaucoup d'amour.
En hébreu, un aveugle est nommé : "shagir né'or" (סגי נהור) : celui qui a une abondante lumière (au point de ne plus rien voir). Dans le même sens dans le "ma nichtana", dans cette nuit (exil), il n'y a que de la matsa, voulant dire qu'il y a beaucoup de disputes.]

2°/ Maror : dans les exils précédents, nous n'étions pas autant dérangés par une poursuite effrénée de l'argent et du luxe.
En toute simplicité, tout légume nous convenait.
Cette nuit (exil), c'est uniquement du maror : une recherche amère d'excès en tout genre, et de plaisirs physiques.

3°/ Tremper 2 fois : dans les autres exils, nous ne trempions pas dans des "sauces" ("même pas une seule fois!"), nous n'avions pas d'envie de gloutonnerie, de volonté d'exciter nos sens à tout prix.
Mais dans l'exil actuel (nuit), nous nous permettons de tremper "par 2 fois", ce qui montre notre grande volonté pour les plaisirs physiques.

4°/ Tout le monde s'incline :
Dans les autres exils, nous étions parfois arrogants, ce qui est symbolisé par l'attitude hautaine de s'incliner, témoignant par là du mépris, et parfois nous étions assis, ce qui symbolise l'humilité.
Mais dans notre exil (nuit), nous ne sommes que inclinés, ce qui montre que nous sommes devenus beaucoup plus arrogants, convaincus que notre richesse, notre sagesse et notre force, sont à l'origine de chacun de nos succès.

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-> Dans le ma nichtana, on répond qu'on trempe le maror 2 fois durant le Séder.
Pourquoi cela?

Selon le Ben Ich 'Haï :
- le 1er trempage : il rappelle que les frères de Yossef ont trempé sa tunique dans du sang après l'avoir vendu, l'amenant à leur père comme preuve qu'il a été tué par un animal sauvage.
Cette haine de leur frère a été à l'origine d'un enchaînement d'événements se terminant par l'esclavage des juifs en Egypte.

- le 2e trempage : il est en souvenir de l'offrande Pessa'h que les juifs ont égorgé avant de quitter l'Egypte.
Ils devaient tremper une botte d'hysope dans le sang de l'offrande et l'étaler sur les contours des portes comme protection lors de la plaie des 1ers nés. (cf. Bo 12,21-24).
Le fait de devoir attacher plusieurs hysopes en une botte, est un symbole de l'unité du peuple juif, qui est condition préalable à une libération.
Selon le midrach, en Egypte, aucun juif n'a dit de mal, fait du lachon ara, sur une autre personne durant l'exil, rectifiant par là la faute des frères de Yossef.

Le Rabbi Mattisyahou Salomon dit : "En faisant de même à notre époque, nous pouvons également espérer quitter l'exil actuel".

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+ Alaïla hazékou lanou mssoubin (mais cette nuit-là, nous sommes tous accoudés) :

-> "Même la personne la plus pauvre du peuple juif ne doit pas manger tant qu'elle n'est pas couchée" (michna Pessachim 10,1)

Le 'Hidouché haRim explique que c'est parce que non seulement chaque génération a sa guéoula spécifique, mais chaque individu de la génération a un point personnel de guéoula, indépendamment de la façon dont il apparaît.
La "personne la plus pauvre [spirituellement] du peuple juif" est toujours un juif à part entière, et lui aussi est passé de l'obscurité à la lumière, et de l'exil à la guéoula, et il doit donc lui aussi être fêter Pessa'h.

[même le juif qui a fait les pires fautes, garde pure sa part d'Hachem interne, il reste aimé par papa Hachem.
D'une certaine façon, de même que Pessa'h signifie : sauter (Hachem passant sans tuer dans les maisons juives), de même à Pessa'h nous devons prendre le message de valorisation d'un juif et d'amour d'Hachem à notre égard, pour sauter dans les bras d'Hachem, par une téchouva et un désir d'amélioration dans la joie. ]

+ Nous mettons tout d'abord les téfilin de la main = qui représentent la soumission de notre cœur à Hachem à Pessa'h ; puis les téfilin de la tête = qui représentent la soumission de notre esprit à Hachem par la Torah à Shavouot.
De plus, nous enfilons le talit = qui symbolise que Hachem nous protège, à l'image des Souccot. [Nuées de Gloire de protection]
Ainsi, notre accomplissement quotidien de ces mitsvot (téfilin, talit) nous donne l'opportunité d'attirer sur nous l'influence des Yom Tov (Pessa'h, Shavouot, Souccot) dans nos vies tous les jours de l'année.
[Sfat Emet - 5642]