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"Honorer le Shabbath fait plus d'impact au Ciel que 1 000 jeûnes"

[midrach Tan'houma - Béréchit 3]

-> "Uniquement le jour du Shabbath, les 3 Patriarches portent leurs couronnes, et tous les juifs sont nourris par eux.
A Shabbath, tous les réchaïm en enfer ont un répit, et tout jugement sévère du monde est suspendu.
A Shabbath, la Torah est couronnée de couronnes de perfection, et le bruit de la réjouissance est entendu dans 250 mondes."

[Zohar - Paracha Yitro]

"Les fêtes dans la mesure où elles sont des jours de repos, sont apparentées au Shabbath qui constitue le jour de repos le plus saint et le plus important."

[le Maharal de Prague - Gour Aryé
- "Le 7e jour est un jour de repos complet" (Shabbath Shabbathon - Emor 23,3)]

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-> Dans le chapitre 23 de Vayikra, la Torah va parler des fêtes juives dans l'ordre suivant : le Shabbath, puis Pessa'h, puis Shavouot, puis Roch Hachana, et enfin Souccot et Chemini Atséret.

Pourquoi la Torah y évoque le Shabbath dans un passage relatif aux fêtes, et pourquoi le mentionne-t-elle en 1er lieu?

Le Méfaréch Inyanim (Mikraot Guédolot) répond : "le Shabbath est le fondement de toutes les fêtes.

De même que des fondations doivent précéder toute construction, car c'est sur elles que le bâtiment reposera, ainsi le Shabbath doit figurer en tête de toutes les fêtes.
Et de même que l'équilibre d'une maison dépend de la solidité de son assise, la valeur des fêtes dépend du Shabbath, qui en est le socle."

L'idée est que si l'on croit qu' "en 6 jours, Hachem a fait le ciel et la terre" (Shabbath), alors cela constitue la fondation sur laquelle nous pouvons construire les autres fêtes.
En effet, le Shabbath renferme le principe de la Création du monde, principe sur lequel pourra se fonder la foi dans la sortie d'Egypte (il donne la vie et gère en permanence toute chose).

Ce n'est qu'en accordant de l'importance au Shabbath, que nous pourrons véritablement en faire de même pour les autres fêtes.

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-> "Si vous réussissez à respecter le Shabbath, Hachem vous donnera 3 fêtes : Pessa'h, Shavouot et Souccot"
[Mékhilta - Béchala'h]

=> Nous avons obtenu les 3 fêtes par le mérite du respect de Shabbath.

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-> "D. a béni le 7e jour et l'a sanctifié" (Béréchit 2,3)

-> La place du Shabbath est toujours le 7e jour de la semaine, jour où D. s'est reposé.
Les fêtes, par contre, n'ont pas été sanctifiées définitivement au moment de la Création, mais tombent chaque année à une date différente en fonction du jour que le Sanhédrin (représentant du peuple) a déclaré Roch 'Hodech ce mois-là.

-> Yom Tov diffère de Shabbath par le nombre d'animaux offerts au service de Moussaf.

Le sacrifice de moussaf de Shabbath se compose de 2 agneaux alors que le moussaf des Yom Tov comprend de 1 à 13 bœufs, 1 ou 2 béliers, 7 ou 14 agneaux et 1 bouc (cf. Bamidbar 28,9-10 ; 16-31 et 29,1-39).

Pourquoi une telle distinction?

Comme la sainteté du Shabbath vient directement de D., le peuple juif n'a pas besoin d'apporter de sainteté supplémentaire par une abondance de sacrifices.

Du fait que la sainteté des fêtes provient des efforts du peuple juif de se rapprocher de D., on offre un plus grand nombre d'animaux sur l'Autel pour resserrer encore le lien entre Hachem et Israël.

Shabbath est la pensée de D., les autres jours Sa parole

"Les jours de la semaine, vous pouvez travailler et accomplir tout votre travail, mais le 7e jour est un Shabbat pour Hachem, votre D." (Yitro 20,9-10)

-> Ce passage peut être compris à la lumière de la déclaration du Zohar (2:88a) concernant les mots : "Hachem a béni le 7e jour et l'a sanctifié" (Béréchit 2,3) = "Il l'a béni par la manne (en faisant descendre de la manne supplémentaire le 6e jour) et l'a sanctifié par la manne (en ne faisant pas descendre de manne le 7e jour)".

En règle générale, il y a des personnes qui parlent sans interruption, tandis que d'autres ponctuent leur discours de pauses, se donnant ainsi le temps de réfléchir à ce qui doit être dit.
A l'instar de ce 2e type de personne, les 6 jours de la Création correspondent au domaine de l'action, dans lequel la parole de D. s'est déjà manifestée.
En revanche, le Shabbath fait allusion au domaine de la pensée, aux pauses entre les mots.

C'est pourquoi la manne, qui est l'actualisation physique de la bénédiction d'Hachem, n'est pas tombé le Shabbath, puisque le Shabbath symbolise le domaine de la pensée, où le potentiel n'a pas encore été actualisé. Ce domaine est caché et dissimulé dans le Ein Sof, et il ne peut être révélé à l'humanité et se manifester dans le domaine de l'action. Ce n'est que pendant les 6 jours ouvrables que le domaine physique de l'action peut se manifester. Néanmoins, tout émane et coule de la pensée, qui influence ensuite la parole et se manifeste en tant que telle.
En conséquence, Shabbath affecte les 6 jours de travail qui suivent. (Zohar 1:75b)

C'est la signification de l'énoncé : "Il l'a béni avec la manne et l'a sanctifié avec la manne". La bénédiction pour que la manne tombe pendant la semaine provient du Shabbath.
Shabbath est "la source de la bénédiction" (mékor habéra'ha - Lé'ha Dodi) et la manne est la manifestation physique de cette bénédiction. La manne sert d'archétype à toute la générosité dont nous jouissons pendant les six jours de la semaine, et qui découle de Shabbath.

Par conséquent, pendant la semaine, lorsque le monde de l'action se manifeste, sa composante divine n'est pas discernée empiriquement, c'est-à-dire que nous ne pouvons pas voir la divinité dans les choses et les actions physiques.
Cependant, le Shabbath, l'aspect physique/matériel de la création est dissimulé et caché au sein de D., car seul le domaine de la pensée est alors manifeste ; il est donc possible de discerner empiriquement que tout est "une portion de Dieu en haut" (Iyov 31,2).

C'est l'allusion au verset "Tu peux travailler 6 jours et accomplir tout ton travail, mais le 7e jour est un Shabbat pour Hachem, Ton D." = le Shabbath, tout retourne à sa racine, à la cause de toutes les causes, et l'aspect divin de la réalité est palpable, car nous réalisons alors qu'en vérité, il n'y a pas de physicalité indépendante. [Likouté Torah - Béhar].
Au contraire, la nature matérielle de la réalité est dissimulée et cachée dans la pensée d'Hachem, et tout ce que nous percevons est l'aspect Divin de la réalité.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 20,9-10 ]

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-> Les jours de la semaine manifestent la parole de D., tandis que le Shabbat manifeste la pensée de D.

Shabbath : un jour spécial pour l’étude de la Torah

+ Shabbath : un jour spécial pour l'étude de la Torah

-> "La seule raison pour laquelle le Shabbath et les jours de Yom Tov ont été donnés, est afin d'accorder au peuple juif du temps pour étudier la Torah"
[guémara Yérouchalmi - Shabbath 15,3]

Selon la Pessikta (déRabbi Bére'hya 23), ceci est tout particulièrement le cas de ceux qui travaillent durant la semaine, et qui se doivent d'étudier autant que possible en ce jour.

-> Par le fait d'étudier la Torah, un juif construit un édifice spirituel ... qui sera sa part dans le monde à venir.

Puisque Shabbath est un semblant du monde à venir, la Torah et le Shabbath sont liés intrinsèquement.
Le jour du Shabbath cette capacité de construction de son monde futur est 1 000 plus importante que le restant de la semaine.
[le Ben Ich 'Haï]

=> Si l'on avait un journée durant laquelle notre employeur multipliait notre salaire par 1 000, est-ce qu'on se priverait d'en profiter?
Il en est de même à Shabbath (à une échelle spirituelle!), et l'on imagine la honte de Hachem, lorsqu'Il voit que malgré ce salaire phénoménal, Son peuple continue à négliger Sa volonté, Sa Torah, et ce pour des futilités.

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-> Pendant que le peuple errait dans le désert, la Torah s'est plainte à Hachem :
"Maître du monde! Lorsque les juifs entreront en terre d'Israël, qu'adviendra-t-il de moi?
Ils seront alors trop occupés par labourer leurs champs, par planter et par effectuer les récoltes.
Quand est-ce qu'ils auront du temps afin de m'étudier?

Hachem a répondu : "J'ai un partenaire pour toi : le Shabbath.
Le jour du Shabbath, ils ne travailleront pas, ils iront à la synagogue et se consacreront à l'étude de la Torah."

[Tour - Ora'h 'Haïm 290]

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-> En se retenant de travailler, nous accomplissons passivement la mitsva de garder le Shabbath.
Garder activement le Shabbath se réalise par le biais de la parole : en étudiant la Torah et en priant.

[le Kédouchat Lévi - Vayakel]

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-> [L'absence de la parole Divine le Shabbath après les 6 jours de Création du monde,] nous enseigne que l'on doit éviter de dire des choses vaines ce jour.
On s'efforcera de prononcer des paroles de Torah, tel rabbi Chimon bar Yo'haï qui disait : "Aujourd'hui c'est Shabbath", dès que sa mère désirait parler de choses triviales.
[Méam Loez 2,2]

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-> La guémara (Guittin 38b) dit qu'il y a 3 raisons expliquant pourquoi une personne perd sa richesse.
Une des raisons est le fait de prendre son repas principal de Shabbath, pendant que le cours de Torah est donné à la synagogue.
Pourquoi cela?

Shabbath a été donné à chaque personne afin qu'elle se libère de ses soucis matériels et pour qu'elle s’immerge dans l'étude de la Torah, ce qui amène beaucoup de satisfaction à son âme.

A Shabbath, nous recevons une âme supplémentaire, qui nous rend plus intelligent et capable de comprendre les enseignements de la Torah.
C'est pourquoi, un riche qui va prendre son temps pour savourer de somptueux repas, et ce au détriment de l'étude de la Torah, sera puni par la perte de sa fortune.

[le Maharal - 'Hidouché Aggadot Maharal - Guittin 38]

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-> Le Shabbath est la fondation de toute la Torah, faisant que la Torah se pose sur le Shabbath.

En effet, le Shabbath est une condition préalable à la Torah, et c'est uniquement en l'observant qu'on peut acquérir la connaissance de la Torah.
C'est pour cette raison, que les lois du Shabbath ont été données au peuple juif à Marah, peu après la sortie d'Egypte et avant le don de la Torah.

[le Méor Enayim]

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-> Pendant Shabbath, Hachem augmente la sagesse afin de nous permettre de contempler et d'admirer les merveilles de Sa création.

Puisqu'une personne est occupée par travailler durant toute la semaine, à Shabbath, elle doit focaliser toute son attention sur des recherches spirituelles en étudiant la Torah et en évitant de discuter de sujets futiles.

[Ibn Ezra - Yitro]

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-> Le Zohar appelle Shabbath : "la journée de l'âme" (yoma dénichmata) et également : "la journée de la Torah" (yoma déOraïta).

A tout moment, chaque âme a la capacité de découvrir de nouvelles pensées de Torah.
Cependant à Shabbath, cette capacité est plus importante, puisque chaque juif reçoit une âme supplémentaire. Ceci explique le lien entre ces 2 dénominations de ce jour.

[Bné Yissa'har - Shabbatot 5,1]

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-> Le Chlah haKadoch (guémara Soucca 45) cite le Baal HaAkéda comme ayant dit que le but de l'âme supplémentaire qui nous est donnée le Shabbath est de nous permettre de mieux comprendre la Torah.

-> Le Dericha (Ora'h 'Haïm 430) écrit que le Shabbath est une occasion spéciale pour ceux qui recherchent la Torah. Le Shabbath, ils peuvent réaliser beaucoup de choses dans leur étude qu'ils ne sont pas en mesure de réaliser pendant la semaine.

C'est pourquoi le Chazon Ish disait, à propos des sugyot qu'il avait du mal à comprendre pendant la semaine, qu'il les étudierait à nouveau le Shabbath, et que ce n'est qu'à ce moment-là qu'il parviendrait à les comprendre complètement.

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-> L'inspiration pour de nouvelles pensées de Torah a lieu principalement le Shabbath.

[Magen Avraham - Ki Tétsé]

-> Selon le Avnei Nézer, certaines idées de Torah ne peuvent venir à l'esprit que pendant Shabbath.

-> "A Shabbath, nous pouvons comprendre des idées profonde (en Torah), qu'il serait parfois impossible à comprendre durant la semaine"
['Hazon Ich - rapporté dans le Séfer rabbi Shimon biTorato]

[une explication est qu'à Shabbath : "ménou'ha vésim'ha, or laYéhoudim" => la Torah étant appelé "or", il y a une meilleure clarté dans la Torah le jour du Shabbath!]

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-> A la sortie de Shabbath, lorsque l'âme supplémentaire retourne au Ciel, les anges demandent : "Quelle nouvelle idée de Torah as-tu pensé durant ce Shabbath?"

Si la néchama yétéra n'a pas eu de nouvelles pensées sur la Torah, elle est expulsée des Courts internes du Ciel.

C'est pourquoi tout le monde doit s'efforcer d'avoir une nouvelle interprétation d'un passage de la Torah, ou bien d'écouter d'une autre personne une nouvelle perspective sur la paracha de la semaine.

[Ohr Tsadikim 29,26]

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-> Selon le Tana déBé Eliyahou rabba (1), tout notre temps libre du Shabbath se doit d'être consacré exclusivement à l'étude de la Torah.

-> L'étude de la Torah est toujours une source de joie et de plaisir, mais la sainteté du Shabbath lui donne une "faveur" toute spéciale, faisant que l'étude en ce jour est particulièrement agréable.
Il est écrit : "Du miel et du lait sous ta langue" (דְּבַשׁ וְחָלָב תַּחַת לְשׁוֹנֵךְ - Chir haChirim 4,11).
Le 'Hida fait remarquer que les 3 dernières lettres de "du miel et du lait sous" (dvach vé'halav ta'hat - דְּבַשׁ וְחָלָב תַּחַת) forment le mot שבת (Shabbath). Cela fait allusion au fait que le plaisir de l'étude de la Torah est ressenti à Shabbath d'une manière particulièrement profonde.

-> Le midrach (Chémot rabba 5,18) rapporte que pendant l'esclavage en Egypte, Moché a donné aux Bné Israël des parchemins pour qu'ils les lisent et les étudient pendant Shabbath, afin que la joie de cette étude puisse élever leur esprit et leur donner les forces, les encourageant au sein de leurs terribles souffrances.
Pharaon a alors dit : qu'ils ne s'occupent pas (véal yichou) de paroles mensongères" (Chémot 5,9).
Le midrach explique le mot "yichou" comme faisant référence au plaisir si particulier de l'étude de la Torah.
Pharaon ne voulait pas que les Bné Israël soit encouragé et élevé par la joie de l'étude de la Torah pendant Shabbath.
Comme le commente le midrach : "Qu'ils ne se réjouissent pas et ne se reposent pas le jour du Shabbath".
Pharaon avait compris que l'étude du Shabbath amène une joie sans commune mesure, et il ne voulait pas que les Bné Israël ressentent cette joie.

-> Le midrach Cho'her Tov (Téhilim 119) met en lien 2 versets :
- "Que le travail s'appesantisse sur les hommes et qu'ils y soient astreints, et qu'ils ne s'occupent pas (véal yich'ou) de paroles mensongères" (Chémot 5,9) ;
- "Si ta Torah n'avait fait mes délices (chaachouaï), j'aurais succombé dans ma misère" (Téhilim 119,92).
Les mots "yichou" et "chaachouaï" sont similaires.

Le midrach explique que lorsque Pharaon désirait que les juifs "ne s'occupent pas de paroles mensongères", il désirait qu'ils ignorent les parchemins qu'ils avaient en leur possession, desquels ils tiraient énormément de plaisir en les étudiant le Shabbath, c'était leur chaachouaï (mes délices).

-> Le 'Hazon Ich disait :
"Si un non-juif réaliserait et ressentait le goût si magnifique qu'une personne expérimente lorsqu'elle étudie une page de guémara avant les prières du saint jour de Shabbath, il viendrait se convertir et se réfugier sous les ailes de la Présence Divine (Chékhina)."

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-> La sainteté (kédoucha) existe dans 3 dimensions : le temps, l'espace et les personnes.
Le temps le plus sacré est Shabbath, comme nous récitons chaque vendredi soir dans le kiddouch : "té'hila lémikraé kodech", Shabbath est le premier à être déclaré saint.
Le rav Tsadok haCohen de Lublin fait remarquer que le premier contexte dans lequel tout concept est mentionné dans la Torah révèle son essence.
Puisque la sainteté est mentionnée dans la Torah pour la première fois en référence au Shabbath, nous pouvons conclure que le Shabbath signifie l'expression ultime de la sainteté.

[le lieu le plus saint est le Temple, et la personne la plus sainte est Yaakov Avinou, comme nous le récitons dans le birkat hamazone : "kédochénou kédoch Yaakov", faisant référence à Hachem par "Le sacré de Yaakov".
De même dans la Amida, la 1ere bénédiction est liée à Avraham (magen Avraham), la 2e à Its'hak (mé'hayé métim - selon la tradition il a ressuscité sur l'autel lors de la Akéda), et la 3e bénédiction est liée à Yaakov (ata kadoch = tu es saint ; puisqu'il incarna la qualité de sainteté).]

Nos Sages observent que ces 3 dimensions de sainteté reçoivent tous leur statut saint de la Torah.
C'est ainsi que la Torah a été donnée le plus sacré des jours : à Shabbath.
Le Temple a reçu sa sainteté des Lou'hot, qui étaient stockées dans l'Arche dans la chambre la plus sacrée du Temple.
Yaakov était saint car il excellait dans le domaine de la Torah. [Avraham = 'hessed, et Its'hak = avoda (prière et sacrifice à D.)
La dévotion spéciale de Yaakov dans la Torah, se remarque dans le fait que l'ange d'Essav, qui représente le Satan, s'est attaqué qu'à Yaakov, et pas à Avraham ('hessed) ou à Its'hak (avoda), car seule l'étude de la Torah est véritablement une menace mortelle pour lui.

=> Ainsi, si nous voulons véritablement expérimenter la sainteté du Shabbath, nous devons passer du temps à y étudier la Torah. En effet, puisque toute la sainteté du Shabbath prend racine dans la sainteté de la Torah, l'étudier est indispensable pour atteindre pleinement la sainteté à Shabbath.
[rav David Sutton]

-> Le roi Shlomo enseigne : "la mitsva est [comparée à] la bougie, et la Torah la lumière" (ki nér mitsva véTorah or - Michlé 6,23).
Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm) explique que les mitsvot sont les réceptacles que nous avons besoin pour contenir la sainteté, mais sans Torah, ils vont rester que ce simples réceptacles.
[ainsi, la mitsva du Shabbath est un réceptacle incroyable, mais pour pleinement l'enflammer, le faire briller, nous avons besoin d'y étudier la Torah en ce jour]

-> Il existe un grand lien entre l'observance du Shabbath et l'étude de la Torah.
Il est fait référence de : "haTorah haKédocha" (la sainte Torah), et de même nous avons : "Shabbath kodech" (le saint Shabbath).
De plus, dans différents contextes nos Sages parlent de la Torah et du Shabbath comme des "cadeaux" que Hachem nous a donné avec amour.
Egalement, le Shabbath est un jour où nous sommes libérés du fardeau de la parnassa, pour pouvoir consacrer bien plus de temps à la Torah que nous pouvons le faire durant la semaine.
[rav David Sutton]

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1089) écrit :
"Il est affirmé : "Les Shabbatot et jours de fête n’ont pas uniquement été donnés pour manger et boire, mais aussi et surtout pour se plonger dans les paroles de Torah" (guémara Yérouchalmi - Shabbath 15,3). De même, dans le Tana debé Eliahou (chap. 1), nous pouvons lire : "Hachem dit au peuple juif : Bien que vous travailliez durant les six jours de la semaine, le Chabbat, vous vous consacrerez à l’étude de la Torah" ...

L’étude de la Torah pratiquée lors du jour saint apporte la bénédiction sur tous les autres, le Shabbat y faisant descendre un courant de sainteté et de pureté. Nos Maîtres affirment à cet égard (guémara Guitin 77a) que le dimanche, le lundi et le mardi sont liés au Shabbat qui les précède, tandis que le mercredi, le jeudi et le vendredi sont attachés à celui qui les suit. Le Shabbat se situe donc au milieu, entouré de part et d’autre par les jours de la semaine sur lesquels il diffuse lumière et sainteté.

Par conséquent, la lumière de la Ménora symbolise celle de la Torah, conformément à l’enseignement de nos Sages selon lequel "la lumière c’est la Torah" (guémara Méguila 16b).
La lumière diffusée par la bougie centrale représente celle de la Torah du Shabbat, centre de la semaine, tandis que les 3 branches placées de part et d’autre du candélabre sont l’image des jours de la semaine entourant le Shabbat.
Ceci est donc porteur d’un message édifiant à notre intention : la lumière de la Torah du Shabbat se diffuse sur tous les jours de la semaine et y déverse la bénédiction.

Tel est le sens profond de notre verset : "C’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière" (Béaaloté'ha 8,2) = Plus on fera monter la lumière centrale, celle du Shabbat, par l’éclairage de la Torah, plus on amplifiera la bénédiction se déversant par ce biais sur le reste de la semaine ...
Plus l’homme s’investit dans l’étude lors du jour saint, plus il en récolte les fruits tout au long de la semaine."

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-> Le 'Hafets 'Haïm écrit que par le fait d'étudier à Shabbath, nous tournons notre temps de travail de la semaine en un service d'Hachem.
Il explique que si on s'affaire à étudier le Shabbath où l'on a du temps de libre, cela atteste rétroactivement que le but de toute notre semaine de travail n'est qu'afin d'être capable de pouvoir étudier.

[à l'inverse si lorsqu'on a le temps (Shabbath) on étudie pas, alors toutes nos activités terrestres sont plutôt pour notre égo, que pour Hachem, et alors non seulement on ne profite pas de l'incroyable force de l'étude du Shabbath (1000 fois plus que la semaine), mais en plus on perd l'occasion d'élever notre semaine passée en du temps entièrement d'étude de Torah.]

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-> En ce sens différentes sources soulignent le fait que Shabbath est un moment où l'on doit se consacrer au maximum à l'étude de la Torah.
- Le Ohr Zaroua écrit que la raison pour laquelle à min'ha nos Sages n'ont fixé que 3 montées et pas de haftara, est afin que cette prière soit courte pour laisser un maximum de temps aux gens pour qu'ils puissent étudier la Torah à Shabbath. [mais en principe sinon on aurait dû avoir 7 montées et la haftara, même à min'ha]

- Dans le passage où le Kaf ha'Haïm aborde la question de jouer à la balle Shabbath, après l'exposé du point halakhique, il écrit :
"Toute personne craignant D. contemplera ce que nos Sages de mémoire bénie ont dit : "Shabbath et les Yom Tov n'ont été donnés à Israël que pour s'engager dans la Torah".
C'est pourquoi, comment peut-on abandonner en ce jour la sainte Torah, qui est plus précieuse que l'or, et s'engager dans des futilités ... Qui sait combien de fois est plus importante la récompense de l'étude de Shabbath et Yom Tov que [l'étude] pendant la semaine ..."

- Shabbath et Yom Tov sont de temps en temps décrits dans la Torah par les termes : "mikra kodech".
Le haKétav véHakabala explique que le mot "mikra" signifie "invite".
Shabbath et les Yom Tov sont des "mikraé kodech", dans le sens où ils sont prévus comme des occasions pour "inviter" la kédoucha, amener la sainteté dans nos vies.
Les repas spéciaux que nous mangeons et les beaux habits que nous portons, ne sont que de simples stimuli externes afin de réveiller la nature spéciale de ce jour.
L'essence de Shabbath ne sont pas les repas ou les habits, mais plutôt la kédoucha.
Si nous passons Shabbath uniquement à manger et à se reposer, sans étude de Torah, alors nous avons raté le composant principal et essentiel du Shabbath, tout l'objectif pour lequel on l'observe.
En effet, Shabbath est un moment destiné à amener de la sainteté dans notre vie, ce qui se fait principalement en se dévouant à l'étude de la Torah.
[rav David Sutton]

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-> "C'est pourquoi la Torah a été donnée un Shabbath, car l'étude principale de la Torah est accomplie pendant Shabbath".
[Sifté Cohen - Yitro 19,12]

-> La Torah a été donnée un Shabbat parce qu'il faut l'étudier en ce jour encore davantage que durant la semaine.
Le Shabbath est un jour de repos où l'homme est dégagé de tout souci matériel. Dès lors, celui qui ne l'étudie pas mais perd son temps à écouter des commérages ou à lire des romans est considéré comme profanant le Shabbath et sera puni par Hachem.
[Sifté Cohen - rapporté par le Méam Loez (Yitro 20,1)]

[Le Tiféret Yonathan écrit que la Torah est la plus grande bénédiction qui soit car grâce à elle l'homme acquiert la vie éternelle dans le monde futur. Ainsi, nul jour n'est plus approprié pour donner la Torah que le Shabbath.
(en étudiant davantage la Torah le Shabbath, nous prouvons concrètement cette réalité!)]

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-> Dans ce monde aussi, ils [les juifs] bénéficieront grandement en recevant l'âme supplémentaire qui leur est octroyée le Shabbath.
Il est écrit : "entre Moi et les juifs" (v.31,17). En hébreu, "entre Moi" se dit : "béni" (בֵּינִי), un acrostiche des mots : "béShabbath yéch néchama yétéra" (le Shabbath, il existe une âme supplémentaire) ...

L'âme ne tire aucun plaisir de la nourriture, de la boisson ou d'autres agréments mais seulement de la Torah.
L'âme supplémentaire vient à l'homme pour ouvrir son cœur aux paroles de la Torah et pour lui permettre de comprendre des notions qu'il ne comprend pas durant la semaine.
Par conséquent, ces personnes qui gaspillent le Shabbath en repas et en promenades ne donnent à leur âme aucun plaisir, mais au contraire la font souffrir.

Le mot : "vayinafach" (וַיִּנָּפַשׁ) peut être lu : "vay néfech" (וַיִּ נָּפַשׁ -> vaï = cri de malheur!). La Torah nous dit : "Malheur aux gens qui détruisent leur âme!"
Par leur consommation abusive de nourriture et de boisson, ils écartent leur esprit de l'étude de la Torah.
C'est comme s'ils détruisaient leur âme de leurs propres mains!
L'âme supplémentaire reste abandonnée et desséchée et ne ressent aucun plaisir.

La punition de ces personnes est très sévère car l'âme supplémentaire se plaint d'avoir été affligée.
Par conséquent, le Shabbath, il faut faire très attention à ne pas écarter son esprit de la Torah au cours des repas. A la fin du repas, on doit étudier la Torah, chacun suivant ses possibilités.
Si un homme ne sait pas étudier, qu'il aille chez un ami ou à la synagogue écouter le Rav.
Alors son âme supplémentaire le bénira pour la satisfaction qu'il lui a procurée en faisant ce à quoi elle aspire.
[Méam Loez - Ki Tissa 31,16-17]

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-> "Mais le 7e jour, il y aura repos" (Emor 23,3)

Citant l’enseignement de nos Sages selon lequel le Shabbat n’a été donné au peuple juif qu’afin de lui donner le loisir d’étudier la Torah, l’auteur du Bné Chouchan y trouve une allusion à travers le verset : "Mais le 7e jour, il y aura repos" (וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן).
Il fait remarquer que les initiales hébraïques de cette expression équivalent numériquement au mot Torah (תורה).
En d’autres termes, durant Shabbat, il nous incombe de nous plonger dans l’étude de la Torah.

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-> b'h, quelques idées sur ce sujet : https://todahm.com/2014/02/23/1190-2

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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Pekoudé - par.5) cite le Zohar (Vayakel 205a), expliquant que Shabbat est un jour destiné aux activités spirituelles plutôt que physiques. Hachem désire principalement que l'homme Le serve sans s'impliquer dans les occupations de ce monde. C'est pourquoi Shabbat est considéré comme la réalisation du but principal de la création.
[comme nous le disons dans la prière du vendredi soir : "Tu as sanctifié le 7e jour pour Ton Nom, achèvement de la création du Ciel et de la terre" (takhlit maassé chamayim vaarets)]

Rabbi Tsadok haCohen de Lublin dit à plusieurs autres endroits (paracha Béhar par.8 ; paracha 'Houkat par.5) que D. avait pour but, en créant le monde, que Ses créatures acceptent Sa royauté ; le Shabbat est le jour où un peuple entier met de côté ses poursuites matérielles pour rehausser l'honneur d'Hachem, qui "se lève et s'assoit sur Son Trône de Gloire".

Aussi, le Sfat Emet (Choftim 5633) avance une autre interprétation du mot "takhlit" qu'il rapproche du mot "kilyon" (languir) : "Le sens de 'takhlit' est que, le Shabbat, le physique est annulé et toute la [création] se languit de s'attacher à la Source de vie en Haut".

Abarbanel (Ki Tissa 31,12) dit que les jours de la semaine sont des jours où l'homme s'engage dans les activités de ce monde qui le mèneront au monde futur, but ultime de la création. Shabbat lui-même est semblable au monde futur (guémara Béra'hot 40b).
[le but de la création de ce monde qui durera 6000 ans, est d'atteindre le monde futur, qui existera au 7e millénaire, Shabbath, le 7e jour faisant allusion au monde futur.
Ainsi, en se consacrant à la spiritualité pendant Shabbath on se plonge déjà dans un état semblant à celui qui va arriver avec la venue du machia'h. Non seulement cela remet les pendules à l'heure sur les vraies priorités (préparer notre éternité, et non investir dans l'éphémère), mais également cela témoigne à Hachem de notre impatience que ce moment arrive où l'on pourra s'adonner entièrement à la Torah (ce qui est malheureusement bien dur en semaine).]

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-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
Pourquoi Shabbath est-il appelé "le but de la création du ciel et de la terre"?
La Création du monde a pour but que ses éléments physiques soient sanctifiés en servant de véhicules à l'avodat Hachem. C'est pourquoi, avant la faute, Adam Harichone fut placé au Gan Eden où le monde matériel, dans un état sublime, méritait déjà de servir de réceptacle à la sainteté.
Après la faute d'Adam, l'humanité reçut la mission de réparer la dégradation du monde et de sanctifier le monde matériel.

Shabbat sert donc à introduire la sainteté dans notre vie quotidienne. Il remplit le but de la création, en élevant le monde matériel et en faisant de lui un outil pour l'avodat Hachem. De ce fait, Shabbat est appelé "takhlit" (but principal), de la création du ciel et de la terre.

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+ Que considère-t-on comme un 'hiddouch de Torah?

-> Toute nouveauté en Torah (à notre esprit), même minime constitue une nouvelle idée.

-> A ce sujet, il est intéressant de rapporter les paroles du Yessod véChorech haAvoda (8,12) :
"Si une personne prend sur elle d'adopter un nouveau bon trait de caractère, Hachem la chérit comme si elle avait créé une nouvelle pensée de Torah.

Si elle décide, par exemple, de moins parler de paroles inutiles pendant Shabbath, ou d'étudier plus que la semaine précédente, ou bien de prier avec plus de concentration, ... Hachem compte ces bonnes résolutions comme de l'étude de la Torah, et ensemble avec les anges, Il se réjouit de ces bonnes intentions.

Il n'y a pas de plus grand 'hiddouch (nouvelle interprétation) que de prendre sur soi une amélioration dans sa façon d'agir. "

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-> Le 'Hida (Machzik Béra'ha - Ora'h 'Haïm 290) écrit qu'il y a une valeur toute particulière à développer un 'hiddouch pendant Shabbath.
Il cite le Arizal qui enseigne que lorsqu'une personne développe un 'hiddouch pendant Shabbath, cela amène un plaisir tout particulier aux âmes de ses parents et de ses ancêtres décédés, dans le monde à Venir.

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+ Etudier les lois du Shabbath :

-> Hachem a dit à Moché : "Les rabbins des générations futures suivront ton exemple, en organisant chaque Shabbath, des cours enseignant les lois de ce jour, et c'est ainsi que Mon nom sera glorifié parmi Mes enfants."

Moché a alors proclamé au peuple juif : "Si vous continuez à agir ainsi, Hachem considérera comme si vous l'aviez fait Roi du monde".

[midrach Yalkout Chimoni - Vayakél]

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-> De même, qu'observer le Shabbath est équivalent à avoir réalisé les 613 mitsvot, de même l'étude des lois de ce jour est équivalente à avoir étudié toutes les mitsvot.

[le Avnei Nézer - Eglei Tal - Introduction]

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-> "Les lois du Shabbath sont comme une montagne suspendue à un fil " [guémara 'Haguiga 10a]

Les détails des lois du Shabbath ne sont pas clairement exprimés dans la Torah, n'y étant qu'en allusion : par une lettre ou un mot supplémentaire.

Etant transmises oralement, il est important d'aller voir un rabbin afin d'apprendre ces lois avec toutes leurs nombreuses ramifications.

[Zikné 'Hassidim]

[Si l'on n'est pas fréquemment vigilant à apprendre et à réviser les lois du Shabbath, nos Sages nous assurent qu'il est alors impossible de ne pas y fauter. ]

"Une chose est demandée de l’Homme : que son attachement à Shabbat soit si fort que même si, juste avant l’entrée de Shabbat, il a l’esprit plongé dans des affaires très importantes, lorsque Shabbat commencera, il ne devra plus avoir aucune envie de penser à son travail.

En comparaison avec la forte sainteté de Shabbat, toutes les choses de ce monde devront être sans aucune importance à ses yeux, car tous les efforts de l’Homme [pendant la semaine] sont juste une préparation vers un but et Shabbat est ce but spirituel de la Création. "

[Rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]

Obligation d’être joyeux pendant Shabbath

+ Obligation d'être joyeux pendant Shabbath :

-> En ce qui concerne l'aspect de la joie le Shabbat, il est dit au nom de rav Shimshon Raphael Hirsch que bien qu'il n'y ait pas d'obligation de joie le Shabbat, la joie est l'essence même du Shabbat. Car le repos du Shabbat désintègre la barrière qui sépare l'amertume et la douceur, et naturellement, il ne reste plus que la joie pure.
Cependant, le Bahag stipule qu'il existe en fait une obligation de joie le jour du Shabbat.
Le séfer 'Hassidim (624) ajoute que, par conséquent, il est interdit d'être triste le jour du Shabbat.

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-> Le Yérouchalmi (Méguila 1:4) dit : "Lorsque la fête de Pourim tombe un jour de Shabbat, nous la reportons après le Shabbat, car il est dit à propos de Pourim : "Pour en faire des jours de festin et de joie" (Esther 9,22), ce qui signifie que sa joie dépend du beit din sur terre (qui fixe le jour de Pourim en fonction du calendrier lunaire et des années bissextiles) ; ce qui exclut le Shabbat dont la joie dépend du Ciel (le Shabbath est institué par Hachem depuis le premier de la Création)."

-> L'intention des décrets (le Shabbat, Roch 'Hodech et la mila) des grecs a été de supprimer la joie des juifs. Car nos Sages disent à propos de la mila (circoncision) que c'était une mitsva que le peuple juif ont accepté avec joie et accomplisse encore avec joie (Shabbath 130a).
Concernant Roch 'Hodech, les commentateurs expliquent que leur intention [en l'interdisant] était de supprimer toutes les fêtes de l'année qui dépendent de l'établissement de la nouvelle lune, qui sont toutes des moments où la joie est obligatoire.
De même, le Shabbat comporte un aspect de réjouissance, comme le disent les Sages (Sifri - Bamidbar 77,1) que le verset "ouv'yom sim'hatkhèm" (et pendant vos jours de réjouissance - Béaaloté'ha 10,10) fait référence au Shabbat.
Nous pouvons dire que la raison pour laquelle les grecs ont d'abord annulé les mitsvot qui tournent autour de la joie est qu'ils savaient que sans joie, le judaïsme dans son ensemble serait insoutenable.
[l'acronyme de : 'Hodech, Shabbath et Mila, est : sim'ha (joie). ]
Selon cela, il est approprié d'augmenter considérablement sa joie pendant les jours de Hanoucca [alors que nous commémorons la victoire sur les Grecs].
[en ce sens, le Rambam (Michné Torah - Hilkhot 'Hanoucca 3,3) décrit Hanoucca comme un moment de joie, de louanges et de remerciements. ]
[Guilyon Shemouat HaLévi ]

L’influence du Shabbath comme protection

+ L'influence du Shabbath comme protection :

-> La guémara (Taanit 29) nous dit que les deux Temples ont été détruits à la sortie de Shabbath (motsaé Shabbath).

Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.8) explique que ce n'est pas une coïncidence, car la sortie de Shabbath est le seul moment de la semaine où la destruction du Temple est possible. La destruction ne peut avoir lieu à aucun moment qui se dirige vers un Shabbath.

Le rav Moché Shapiro explique que la prière du dimanche matin se termine (chez certains) par la déclaration "ayom yom richon léShabbath" (aujourd'hui est le premier jour de la semaine), qui annonce l'arrivée du prochain Shabbath. Une déclaration similaire accompagne le Shir Shel Yom chaque jour de la semaine.
Il est donc évident que chaque jour de la semaine fait partie du cheminement vers le Shabbath à venir.
La destruction du Temple ne peut se produire à aucun de ces moments. Elle ne peut se produire que lorsque nous nous éloignons du Shabbath (la source de la bénédiction, notre protection car lien d'intimité avec D.).
Le seul moment qui peut avoir le statut marquant la fin du Shabbat est motsaé Shabbath. C'est le seul moment où nous quittons le Shabbath, et c'est la seule occasion où la destruction peut se produire.

Avant de faire téchouva, nos mitsvot nous sont comme arrachées

+ Avant de faire téchouva, nos mitsvot nous sont comme arrachées :

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,6) met en contraste le statut du baal téchouva avant et après qu'il a fait téchouva.
Il explique que : hier, le fautes de cette personne provoquèrent une séparation entre lui et Hachem, au point que ses cris et appels à l'aide restèrent sans réponse, comme le dit le verset : "Même si tu intensifiais ta prière, Je n'écouterai pas" (Yéhayahou 1,15).
Selon le Rambam : avant de faire téchouva, quand on fait une mitsva, "ils la retirent de devant lui".

-> Pourtant, même les mitsvot du pire racha lui sont attribués et lui apportent du quand même du mérite, comme il est enseigné : "Hachem prive aucune créature de sa récompense" (guémara Baba Kama 38b).
Ainsi, un racha est forcément récompensé pour chaque action qu'il accomplit
=> Comment comprendre les paroles du Rambam?

-> Le Ba'er Hétev (Ora'h 'Haïm - siman תקע) fait un commentaire énigmatique difficile à comprendre. Il écrit que toutes les bonnes actions qu'un racha accomplit et toute la Torah qu'il étudie avant de faire téchouva fournissent une force supplémentaire aux klipot, aux écorces (c'est-à-dire, la sitra a'hra, les forces du mal), jusqu'à ce qu'il fasse téchouva.
Les mitsvot accomplies et la Torah étudiée avant de faire téchouva ne sont pas seulement considérées comme non méritoires, mais elles renforcent en fait les forces du mal.

-> Un verset semble exprimer une idée similaire : "Mais aux réchaïm Hachem dit : "Dans quel but rapportes-tu Mes décrets et portes-tu Mon alliance sur tes lèvres?"" (Téhilim 50,16).
Hachem informe le racha que son étude n'est ni appréciée, ni désirée, ni valorisée.

Ainsi cela semble confirmer que si une personne n'ayant pas fait téchouva accomplit une mitsva, elle ne sera pas bénéfique. Ses mitsvot, pour une raison ou une autre, aggravent sa situation, elles lui sont préjudiciables. Le racha renforce la puissance des forces négatives en accomplissant des mitsvot.

=> Le Beit HaLevi (hakdama Beit haLévi) cite cette idée du Ba'er Hétev pour expliquer le Rambam ci-dessus. Ainsi, comment comprendre le fait qu'avant de faire techouva, les bonnes actions d'une personne lui sont retirées. Lorsqu'un racha réalise une mitsva ou étudie la Torah, la sitra a'hra ou les Accusateurs s'en emparent et l'utilisent pour renforcer les forces du mal.

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+ Un racha est-il récompensé dans ce monde? :

-> Le 'Hida (Dévarim A'hadim - drouch 20 léShabbath Shouva) discute du concept selon lequel un tsadik qui commet une faute (avéra) peut recevoir sa punition dans ce monde afin de ne pas être puni dans le monde à Venir.

D'un autre côté, si un racha accomplit une mitsva ou deux, il peut recevoir sa récompense dans ce monde, de sorte à ne pas recevoir de récompense dans le monde à Venir.

Le 'Hida se demande pourquoi Hachem, qui est le Av HaRa'haman (Père miséricordieux), ne permet pas au racha de recevoir sa récompense au monde à Venir, où ces bienfaits seraient bien mieux appréciés.

Le 'Hida explique qu'en réalité, le racha ne devrait recevoir aucune récompense pour les mitsvot qu'il accomplit. Lorsqu'un racha accomplit une bonne action, non seulement elle ne lui est pas comptée comme mitsva, mais elle profite à la sitra a'hra (force du mal).

Le 'Hida affirme que les mitsvot d'un racha sont cataloguées comme des avérot à son compte. Ainsi, lorsqu'il secoue un loulav, sonne du chofar, respecte le Shabbat, non seulement ces actions ne constituent pas de véritables mitsvot, mais elles sont assimilées à des avérot.

Puisque le racha n'a donc aucune mitsva à son actif, il n'a aucune récompense à recevoir au monde à Venir (olam aba). Et c'est précisément parce que Hachem a pitié de lui qu'il reçoit néanmoins une récompense dans ce monde. Mais, en réalité, comme ses actions ajoutent de la force à la sitra a'hra, il ne peut prétendre à aucune récompense.

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+ Le pouvoir du Léchem Yi'houd = ne pas donner de force aux forces du mal :

-> Il existe un différend parmi les décisionnaires pour savoir si les mitsvot nécessitent une intention (kavana), ou si les ne nécessitent pas d'intention (kavana).

Autrement dit, une personne a-t-elle l'obligation d'avoir une kavana spécifique pour accomplir cette mitsva particulière au moment de l'action?

Le Choul'han Aroukh (60,4) déclare que l'accomplissement d'une mitsva nécessite de la kavana, tandis que d'autres Richonim ne sont pas d'accord.

Même ceux qui soutiennent que les mitsvot ont besoin de kavana conviennent qu'il n'y a aucune obligation d'exprimer l'intention en déclarant "leChem yi'houd" avant d'accomplir une mitsva. Après tout, il est dit que les mitsvot nécessitent la kavana, mais non la "amira", la parole.

De plus, les mitsvot nécessitent une kavana signifient qu'il faut avoir de la kavana pour faire une mitsva, mais qu'une personne n'a pas besoin d'avoir de la kavana quant à ce que la mitsva produit.

[l'idée est que pour tous nos Sages la prière préalable à une mitsva de "lechem yi'houd" n'est pas obligatoire. ]

=> Pourquoi, alors, beaucoup de gens récitent-ils une prière de Léchem Yi'houd avant d'accomplir une mitsva?

-> Le rav Zéra'h Bidelitz (Ohr Layécharim p.48-49), un contemporain du Noda BiYéhouda, donne l'explication suivante :
Il cite l'enseignement mentionné ci-dessus selon lequel les mitsvot accomplies par un racha sont détournées par la sitra a'hra, qu'elles renforcent, et que ces mitsvot peuvent en fait être considérées comme des avérot, car elles alimentent les forces négatives.
Mais il existe un moyen de garantir que la sitra a'hra ne puisse pas voler ses mitsvot. Il doit stipuler la condition suivante : déclarer qu'il souhaite accomplir la mitsva seulement si elle sera mékadech Chem Chamayim, qu'elle sanctifiera le Nom de Hachem.
Mais si, pour une raison quelconque, il est compté comme racha et que toute mitsva qu'il accomplit sera attribuée à la sitra a'hra, alors, affirme-t-il, par la présente, il exprime l'intention de ne pas accomplir la mitsva.
Par conséquent, Léchem Yi'houd, que ma mitsva ne soit efficace que si elle n'est pas saisie et utilisée par la sitra a'hra, mais qu'elle sanctifie plutôt le Nom de Hachem.

Cette stipulation doit être prononcée à voix haute, car les anges ne sont pas en mesure de déterminer ce que pense une personne. Cette condition empêche les anges de la sitra a'hra de détourner ses mitsvot.
Elle est efficace parce que tout le monde, même ceux qui soutiennent que les mitsvot n'ont pas besoin de kavana, conviennent qu'avoir une kavnna négative, avoir la kavana de ne pas accomplir une mitsva, est suffisant pour garantir que la mitsva ne sera pas accomplie, ou, dans ce cas, ne pourra être réalisée que de manière à procurer du mérite à la personne.

Ainsi, la compréhension de rav Zéra'h Eidelitz est qu'on récite cette prière au préalable à une mitsva dans un but d'empêcher nos mitsvot de passer dans le camp des forces négatives. C'est une condition permettant à la mitsva de ne pas se réaliser si son accomplissement la ferait renforcer les forces du Mal.

-> Le Yisma'h Moché (parachat Ki Tissa) exprime la même idée :
Lorsque les Accusateurs (mékatréguim), entendent une personne exprimer la condition qu'elle ne veut spécifiquement pas se voir attribuer la mitsva si elle ne va pas directement à Hachem (et non aux forces du mal), ils reculent immédiatement, car ils ne pourront en aucun cas s'emparer d'une mitsva pour laquelle l'auteur se désengage.
Cette procédure fonctionne donc réellement au profit de la personne qui accomplit la mitsva, car à présent, celle-ci est dégagée et libre de monter vers Hachem, puisque les Accusateurs ne cherchent plus à s'en emparer.
Et grâce à la condition que j'ai exprimée (dans le Léchem Yi'houd), je n'ai plus à me soucier des Accusateurs.

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+ Comprendre le concept : les mitsvot d'un racha ne constituent pas des mérites :

-> Le Noda BeYéhouda (Ahavat Tsion - drouch 2) explique que le Rambam écrit que les mitsvot d'un racha sont "arrachées de devant lui", cela signifie qu'elles lui sont retirées dans le monde à Venir.
Le racha est récompensé pour ses mitsvot uniquement dans ce monde, et non dans le monde Futur.
C'est la raison pour laquelle le Rambam a ajouté le mot "béfanav" (devant lui) ; c'est-à-dire dans ce monde.

-> Le Beit HaLévi (hakdama Beit haLévi al haTorah) cite un Yalkout (Hochéa - remez תקכט) énigmatique déclarant que celui qui a commis une avéra et est gêné de faire techouva devrait l'échanger contre des bonnes actions et ensuite faire téchouva.
C'est comme quelqu'un qui a de mauvaises pièces. Dans le but d'obtenir de bonnes pièces, il les donne à un changeur avec quelques pièces supplémentaires, et celui-ci lui remet ensuite de bonnes pièces.

=> Que signifie le Yalkout? Si quelqu'un est gêné de faire téchouva, qu'échange-t-il contre des bonnes actions? Et en quoi est-ce similaire à celui qui échange des pièces?

Le Beit HaLevi cite les paroles du Rambam selon lesquelles si un racha fait une mitsva, cette dernière lui est retirée. Il rapporte également le concept du Ba'er Hétev, selon lequel les mitsvot réalisées par un racha renforcent la sitra a'hra (forces du mal). Il s'appuie ensuite sur ces idées pour expliquer le Yalkout.

Si un racha désire faire téchouva, quelle devrait être sa première étape? Doit-il faire téchouva sur ses avérot, ou doit-il commencer à réaliser des mitsvot?
Suivant le raisonnement que nous avons développé selon les propos du Rambam et du Ba'er Hétev, il semblerait logique que la première étape du racha soit de faire téchouva, puisque les mitsvot réalisées avant son repentir ne seront pas comptées comme des mérites, mais plutôt comme des fautes qui bénéficieront à la sitra a'hra. Sans faire téchouva au préalable, les mitsvot n'accomplissent rien. Détourne-toi d'abord du Mal, et ensuite seulement fais le bien (Téhilim 34,15).

Le Beit HaLévi avance que le Yalkout nous enseigne pourtant que cette approche est incorrecte.
Même si la mitsva d'un racha lui est arrachée, et même si ses mitsvot renforcent la sitra a'hra, la première étape de la téchouva doit toujours être d'accomplir les mitsvot et des bonnes actions.
Ensuite, lorsque quelqu'un finit par faire téchouva, celle-ci éradique non seulement les avérot commises, mais elle contribue également à rétablir les mitsvot volées par la sitra a'hra.
Les mitsvot qu'il a accomplies alors qu'il était encore racha, avant son repentir, lui seront finalement recréditées rétroactivement lorsqu'il fera téchouva.

Si quelqu'un choisissait de n'accomplir aucune bonne action, aucune mitsva, jusqu'à être parvenu à faire téchouva, lorsque ce jour arrivera enfin, il se retrouvera dénué de mitsvot. Sa téchouva atténuera les effets des avérot, mais elle ne lui procurera pas les mérites qu'il aurait pu gagner s'il avait entrepris d'accomplir des mitsvot depuis le début, même avant de faire techouva.

Ainsi, souligne le Beit HaLévi, un racha est lui aussi obligé de faire toutes les mitsvot, même s'il ne s'est pas encore repenti.
Il doit absolument s'efforcer de faire téchouva, et même si cela le gêne et qu'il n'est pas prêt à se repentir, il doit s'engager à accomplir toutes les mitsvot possibles.
Ensuite, lorsqu'il fera finalement techouva, il pourra échanger ces mitsvot, réalisées alors qu'il était racha, contre des mitsvot qui constitueront de véritables mérites à son crédit. Tel est le sens du Yalkout.

La parabole des pièces de monnaie du Yalkout est ainsi également expliquée. Si quelqu'un possède de mauvaises pièces, il doit verser au changeur quelques pièces supplémentaires et il recevra de bonnes pièces en échange. Si la personne ne possède aucune pièce de monnaie, elle n'aura rien à échanger et ne pourra donc rien recevoir du changeur.
Ainsi, tant qu'il est encore racha, mieux vaut collecter des mitsvot, "mauvaises pièces", et avoir quelque chose à échanger contre de bonnes pièces une fois qu'il a fait téchouva plutôt que de n'avoir aucune pièce du tout, de peur que, lorsqu'il voudra payer le "changeur", avec sa téchouva, celui-ci n'aura rien à lui donner. S'il continue toutefois à engranger des mitsvot avant de faire téchouva, ses mauvaises pièces seront alors considérées comme de bonnes pièces.

=> L'argument fondamental du Beit HaLévi est que même si les mitsvot d'un racha lui sont volées, elles lui seront restituées lorsqu'il fera téchouva. Quelle aubaine devient alors sa techouva.
Pendant une année entière, les mitsvot accomplies par le racha ne sont pas créditées sur son compte bancaire spirituel. Elles sont conservées sous séquestre spirituel pour lui, afin d'être mises à disposition ultérieurement.
Lorsqu'une personne fait alors techouva, non seulement elle nettoie les fautes et les imperfections de sa néchama, mais dès lors, son compte bancaire se retrouve instantanément inondé des mérites et des mitsvot ayant été retenus pour lui et qui lui sont à présent restitués.
C'est comme une liquidation instantanée de toutes les dettes retenues contre lui et en même temps gagner à la loterie.

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+ L'approche de rav Itshak El'hanan Spector qui introduit des exceptions à la règle :

-> Le rav Its'hak El'hanan Spector (Na'hal Itsah'k - 'hochen michpat début chaar partie 2) affirme que certaines mitsvot effectuées par un racha sont intouchables et ne seront pas saisies. Elles échappent au fait d'être détournées, et restent au crédit de l'individu les ayant accomplies, même s'il était un racha au moment où elles furent réalisées.
Les mitsvot ayant été accomplies lichma ne sont pas retirées à un racha. Une mitsva effectuée lichma va directement sur son compte sécurisé au Ciel et ne peut être touchée.

Le rav Spector ajoute que si une mitsva accomplie lichma est intouchable par la sitra a'hra, alors la mitsva de tsedaka l'est également.
Il explique que la mitsva de tsedaka diffère des autres mitsvot de la Torah. En effet, pour les autres mitsvot, comme la soucca, le shofar, les tefiline, consommer la matsa, l'objectif de la mitsva est l'action devant être accomplie. Le fait de s'asseoir dans la souka constitue la mitsva. L'acte de manger la matsa est la mitsva. Cependant, la tsédaka fonctionne différemment. La mitsva consiste en ce que l'indigent reçoive votre aide.
Mais l'action physique réelle consistant à fouiller dans votre portefeuille, à retirer de l'argent pour le remettre au pauvre ne constitue pas en soi une mitsva. En fait, celle-ci ne réside pas dans l'acte lui-même, mais plutôt dans le résultat de l'action : la personne pauvre peut désormais acheter de la nourriture.

Pour ce type de mitsva, constituée par l'effet, le résultat de l'acte plutôt que par l'action elle-même, le fait qu'elle soit accomplie lichma importe peu. Le pauvre ne se soucie absolument pas des intentions du donateur ; l'essentiel pour lui, c'est d'avoir désormais de l'argent pour acheter de la nourriture pour sa famille.
L'effet, la nourriture que mange sa famille, a exactement le même goût, qu'elle ait été reçue ou non grâce à un processus lichma. Le résultat constitue ce qui est important dans la mitsva de tsedaka, et il ne dépend pas de la kavana, du fait qu'elle ait été accomplie lichma ou non.

Puisque seul le résultat compte et qu'il ne dépend pas de la kavana d'une personne, donner la tsédaka de quelque manière que ce soit, lichma ou non, équivaut à faire une autre mitsva lichma.
Par conséquent, la tsedaka est une autre mitsva intouchable que la sitra a'hra ne pourra jamais subtiliser au racha qui l'accomplit.

Cela, explique le rav Spector, signifie que même si nous maintenions que les mitsvot nécessitent de la kavana, comme la mitsva de tsédaka n'en a pas nécessairement besoin, elle constitue une exception, puisque le principal n'est pas l'action, mais plutôt le résultats.

-> La guémara (Sanhédrin 102b) affirme qu'A'hav était très philanthrope ; il donna une grande partie de sa fortune et Hachem ignora donc ses avérot. Le rav El'hanan Spector est troublé par la façon dont Hachem ferma les yeux sur ses avérot du fait de ses mitsvot.
A'hav avait accompli ces mitsvot alors qu'il était un racha, et elles ne devaient pas lui être comptées comme des mérites jusqu'à ce qu'il eut fait techouva.
Toutefois, en ayant recours au principe susmentionné, puisque la tsédaka est une mitsva intouchable, A'hav bénéficia du mérite de sa tsedaka pour l'aider à surmonter ses avérot, même si celle-ci fut donnée alors qu'il était racha.

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+ Une autre approche : une faute atténue les effets positifs d'une mitsva :

-> La guémara (Sotah 21a) rapporte qu'une faute éteint une mitsva (mitsva mé'habé avéra).
Il s'agit d'une autre façon de comprendre comment les mitsvot qu'une personne effectue avant de faire téchouva sont saisies. Chaque mitsva possède une certaine lumière qui brille sur l'âme (néchama) d'une personne.
Certaines mitsvot offrent également des "avantages secondaires", comme la protection de la personne l'ayant accomplie.
Les mitsvot sont également bénéfiques dans le sens où la récompense pour les avoir accomplies est la possibilité d'en accomplir une nouvelle. Comme l'enseigne la michna : "une mitsva conduit à une autre mitsva" (mitsva korérét mitsva - Pirké Avot 2,3).
Il existe de nombreux bienfaits spirituels et mystiques découlant de l'accomplissement d'une mitsva dont on peut bénéficier dans ce monde et le monde à Venir.

Un racha qui accomplit une mitsva sera très certainement récompensé pour cela, tout comme un tsadik. Cependant, l'action de commettre une avéra ternit les mitsvot accomplies.
La faute atténue la lumière spirituelle de la mitsva et les bénéfices secondaires ne seront pas accessibles à la personne.
C'est à ces avantages secondaires que le Rambam fait référence lorsqu'il écrit que les mitsvot d'un racha lui sont arrachées.

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+ Autre exception : le mérite de l'étude de la Torah ne peut jamais être retirée par les forces du mal :

-> Cette même guémara déclare également que même si la faute éteint les mitsvot, elle ne peut agir de même avec la Torah.
Le rav Its'hak El'hanan Spector explique que puisqu'A'hav utilisait son argent pour soutenir les talmidé 'hakhamim, ses fautes n'éteignirent pas les mitsvot qu'il avait accomplies pour soutenir la Torah.
Ce concept limite encore le type de mitsvot pouvant être récupéré par la sitra a'hra. L'étude de la Torah et le soutien apporté à ceux qui l'étudient ne peuvent être supprimés, car soutenir l'étude de la Torah équivaut à l'étudier soi-même.

Par conséquent, affirme le Chem MiChmouel (Roch Hachana p.69), le Rambam écrit spécifiquement que lorsque le racha fait une mitsva, elle est saisie de devant lui. Le Rambam ne dit pas que si un racha étudie la Torah, elle lui est retirée, car il n'en est pas ainsi pour l'étude de la Torah.

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+ La compréhension du Steïpler :

-> Le Steipler (Krayna Dé'Igrata 2,106) fut interrogé sur l'enseignement du Rambam selon lequel que quand on fait une mitsva, "ils la retirent de devant lui" (ossin mitsva vé'hotfin béfanav).
Il répondit :
D. préserve, de dire que les mitsvot d'un racha ne sont pas considérées comme telles. La vérité est que même un meurtrier, un voleur, un adultère, ou même celui qui est coupable de toutes les fautes (avérot) de la Torah, recevra la même récompense qu'un tsadik pour les mitsvot qu'il accomplit.
L'idée postulée selon laquelle les mitsvot d'un racha sont emportées, détournées, par la sitra a'hra, est un concept distinct que nous ne pouvons pas comprendre sans connaître la kabbale.
Chaque mitsva qu'une personne accomplit exerce une certaine influence sur l'âme (néchama). Celle-ci est alors amenée à faire davantage de mitsvot, et l'âme désormais illuminée est mieux connectée à Hachem.
Même si un racha reçoit une récompense pour avoir accompli des mitsvot, sa néchama ne bénéficiera pas d'un lien plus fort avec Hachem, et la mitsva n'aura pas la même influence sur son âme. Par la suite, lorsqu'une personne effectue une téchouva, elle bénéficiera rétroactivement de tous les bénéfices qu'elle aurait pu recevoir en accomplissant la mitsva sans être souillée par la faute.

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+ L'enseignement du rav Isaac Cher :

-> Le rav Isaac Cher (Léket Si'hot Moussar), roch yéchiva de Slabodka et gendre de l'Alter de Slabodka, offre un autre aperçu de la compréhension du Rambam.
Un autre enseignement de cette guémara est que les mitsvot protègent et sauvent une personne (méguin et matsil). Mais cela ne s'applique que s'il ne s'agit pas d'un racha qui, lui, sera récompensé pour les mitsvot qu'il accomplit, mais ne recevra pas la protection, le soutien et le salut qu'une mitsva lui aurait sinon apportés.

Ainsi, un racha qui fait une mitsva sera récompensé pour cela, mais il perdra d'autres aspects ayant normalement un impact positif sur l'auteur d'une mitsva. Qu'il s'agisse de la lumière, de la protection ou de l'influence, ces avantages supplémentaires ne seront pas disponibles pour le racha qui fait une mitsva, jusqu'à ce qu'il fasse téchouva.

-> Le Choul'han Aroukh HaRav (Hilkhot Tamidé Torah4,3) apporte cette idée sous le nom de halakha lémaassé. Même un racha qui n'accepte pas le joug de la Torah peut accomplir des mitsvot, mais elles ajouteront de la force aux klipot. Au bout du compte, lorsque la personne fera téchouva, que ce soit dans cette vie ou dans un futur guilgoul (réincarnation), les mitsvot et les mérites seront tous rétablis.

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+ La bat kol de Motsaé Yom Kippour :

-> Tossefot (Yoma 87b) cite un midrach déclarant qu'à la sortie de Yom Kippour, une bat kol (voix du Ciel) crie "Va, mange ton pain avec joie" (lé'h é'hol bésim'ha la'hmékha).
Toutefois, Tossfot ne cite pas l'intégralité du verset : "Va, mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un cœur joyeux, car Hachem a déjà approuvé tes actes" (Kohélet 9,7). Le verset conclut que parce que Hachem désire déjà tes actes, Il est déjà content de toi.

Le Chem miChmouël (Roch Hachana p.104-105) explicite "car Hachem a déjà approuvé tes actes" (ki kévar ratsa aElokim ét maassé'ha).
Pourquoi le verset dit-il "kévar" (déjà), si ce n'est que maintenant, après Yom Kippour, quand nous avons fait téchouva, que Hachem désire nos actions?
Nous n'avons pas fait téchouva avant aujourd'hui, Yom Kippour, donc le verset devrait dire "hayom" (aujoud'hui), pour aujourd'hui Hachem a approuvé tes actes.

Lorsqu'une personne fait téchouva, comme nous l'avons expliqué précédemment, ce n'est pas seulement à partir de maintenant que Hachem aspire aux mitsvot du repentant.
Lorsqu'une personne fait téchouva, toutes les mitsvot qu'elle a accomplies trouvent rétroactivement grâce aux yeux de Hachem. Hachem a toujours aimé les actions qui sont aujourd'hui des mitsvot.
À la sortie de Yom Kippour, Hachem nous informe via la "bat kol" qu'il faut manger du pain avec joie, boire du vin avec joie (bésim'ha).

Pourquoi cela? Hachem explique : parce que non seulement J'aime maintenant vos mitsvot, mais rétroactivement J'ai toujours aimé toutes les mitsvot que vous avez accomplies au cours de l'année écoulée.

Le Chem MiChmouel explique ainsi Tossefot : Hachem nous dit à la sortie de Yom Kippour que la personne qui a fait téchouva récupère ses mitsvot, elles lui sont toutes restituées rétroactivement.

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-> Après Kippour, nous avons la fête de Souccot qui a une mitsva unique : celle d'être joyeux (a'h saméa'h). Cette joie n'est pas seulement générée par le fait d'avoir été pardonnés (à Kippour), mais par celui que l'expiation (kappara) de Yom Kippour nous permet rétroactivement d'accéder aux multitudes de mitsvot de toute l'année dont nous n'avions pas été en mesure de tirer profit.

"La sainteté du Shabbath est si grande que, de la même façon qu'un roi s'installe sur son trône, la présence divine réside sur celui qui respecte le Shabbath"

[Yalkout Réouvéni]

-> Par respect pour la sainteté du Shabbath, les châtiments imposés aux âmes, dans l'autre monde, sont suspendus ce jour-là et, à peine le Shabbath commence, tous ceux qui se trouvent en enfer sont relâchés et n'y reviennent qu'après la fin du Shabbath (midrach Asséret haAdibrot).

Le 'Hafets 'Haïm donnait un cours de Torah à une communauté, et une fois l'heure de la fin de Shabbath dépassée, il sentit une impatience grandissante dans l'assemblée : faisons arvit au plus vite, Shabbath est terminé!

Il a dit : qui peut dire que dans sa famille, il n'a pas un ancêtre qui est en enfer?
La règle est que l'on remet souffrir en enfer les personnes, que lorsque le dernier minyan de sa ville fait sortir Shabbath.
Etes-vous impatient d'amener au plus vite les atroces souffrances de l'enfer sur vos ancêtres, en voulant faire sortir au plus vite Shabbath?

-> Bien que D. nous a interdit de faire des images et autres représentations permettant de le représenter, Il nous a donné une façon symbolique de le faire : en vivant le Shabbath, nous gardons Sa présence en mémoire.
=> En pensant au Shabbath toute la semaine et en nous y préparant, nous gardons à l'esprit l'image de D., si l'on peut s'exprimer ainsi, et Son rôle en tant que Créateur du monde.
[midrach Asséret haAdibrot]

-> L'étude des lois de Shabbath est si importante qu'elle est comparable à l'étude de toute la Torah.
[guémara 'Houlin 5a, Zohar 88]

-> "Za'hor ét yom haShabbath lékadécho" (Pense au jour du Shabbath pour le sanctifier - Chémot 20,7).
Selon le Baal haTourim, les 5 mots de ce verset suggère que l'observation du Shabbath est équivalente aux 5 livres de la Torah.

+ Il y a deux types de personnes qui observent le Shabbath.
Il y a ceux qui sont "mékadéch shévi'i kara'ouï lo" (chant kol mékadech chévi'i) = qui sanctifient le 7e jour comme il le faut.
Ils passent le Shabbath conscients de l'honneur et du respect que mérite ce jour exalté.

Ensuite, il y a ceux qui sont seulement "shomer Shabbath kadat mé'halélo" = qui observent le Shabbath comme la loi le dicte. Ils ne font aucune méla'ha (travail interdit), mais ils n'ont pas la sainteté du Shabbath. Ils passent tout leur temps à dormir et à se reposer après avoir travaillé toute la semaine, mais ne consacrent aucun temps à des activités saintes.

Et chacun d'eux "sé'haro arbé méod, al pi paalo" = recevra une très grande récompense, en fonction de ses actes.
Mais "ich al ma'hanéhou vé'ich al diglo" = chacun dans son propre camp, avec sa propre bannière. Chacun d'entre eux aura sa place dans le Gan Eden. La récompense de celui qui n'a fait que le minimum et qui s'est contenté d'observer le Shabbath en se reposant du travail, ne peut se comparer à la récompense de celui qui a imprégné sa journée de sainteté du début à la fin.

['Hafets 'Haïm - rapporté par le rav Eliyahou Lopian - Shevivé Lev - fin de Lev Eliyahou]