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Notre relation avec l’argent & idolâtrie

+ Notre relation avec l'argent & idolâtrie :

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam - Chémini) déplorait que le désir d'argent aveugle les gens. Il avertissait que ce désir équivaut à l'idolâtrie, une sorte de Veau d'or, et reflète un manque de confiance en Hachem.

-> De même, rabbi Elimélé'h de Lizhensk (dans Iguéret HaKodech) enseigne qu'il était impossible [à nos Sages] de détruire complètement la force spirituelle derrière la tentation à l'idolâtrie, elle était simplement redirigée, et maintenant elle sème la confusion dans l'esprit des gens en les poussant à courir sans limite après l'argent et la richesse.

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-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam - Chémini), le Abir Yaakov, écrit :
"En raison de nos nombreux péchés, cette mauvaise chose [la recherche de la richesse] aveugle les yeux des gens et engourdit leur cœur, les éloignant du service d'Hachem.
Grâce à cela, le yétser ara a trouvé un argument puissant pour convaincre tous les individus, lui permettant de régner sur eux et de les asservir, petits et grands. À cet égard, chaque génération est pire que la précédente : l'homme riche augmente ses revenus, et son œil n'est jamais rassasié par sa richesse, tandis que l'homme pauvre ne diminue pas ses efforts, car il dit que travailler jour et nuit ne lui suffira pas pour subvenir aux besoins de sa famille.
Par conséquent, aucun individu n'atteint la paix ou la sérénité dans ses pensées ou ses actes. C'est pratiquement l'idolâtrie de notre époque, à D. ne plaise.
En conséquence, la sainte Torah est niée et les prières sont également négligées, car les gens suivent de nombreux chemins tortueux, celui-ci partant en mer, celui-là voyageant sur la terre ferme, et ainsi de suite ...

Ceux qui sont consumés par la soif d'acquérir des richesses, au point de négliger la Torah et la prière dans leur quête, nient tout simplement la Providence de Hachem, le fait qu'Il nourrit et soutient tout le monde, et que par Sa volonté, Il augmentera ou diminuera [la parnassa d'une personne] ; tout ce qu'Il souhaite, Il le fera.
S'ils croyaient en Son contrôle absolu, comment auraient-ils pu négliger de Le prier?
Ils sont certainement des incroyants, ignorant le verset qui s'exclame : "Tu te souviendras d'Hachem, ton D. : c'est Lui qui te donne la force de faire fortune" (Ekev 8,18).

Ceux qui comptent sur Hachem sont reconnaissables à leurs bonnes actions : Ils ne manquent pas une seule prière ; s'ils ont un horaire fixe pour l'étude de la Torah, ils ne le manquent jamais ; et ils ne sont pas consumés par la cupidité comme les autres, mais placent leur confiance en Hachem.
Ceux qui sont avides d'argent sont aveuglés, car ils ont vu mais n'ont pas réfléchi au fait que tous ceux qui convoitent l'argent finiront sans rien (on emporte rien de matériel après la mort) ; tous leurs efforts auront été vains."

En chaque juif réside une âme sainte qui ne souhaite que faire la volonté d'Hachem de toutes ses forces.
Mais cette âme est recouverte de nombreux voiles qui ont parfois leurs propres désirs et influencent les actions d'une personne. Cela est particulièrement vrai si ces pulsions sont influencées par un environnement qui ne suit pas la voie d'Hachem.
[rabbi Yaakov Ades]

Etre pris dans les désirs mondains empêche naturellement une personne de voir la vérité. Mais au-delà de cela, il existe un puissant esprit d'impureté qui possède le fauteur et s'accroche à lui comme un chien. Cet esprit le trouble afin qu'il perçoive les ténèbres comme la lumière. Il l'attire vers tout ce qui est mauvais et éloigne de lui tout ce qui est bon et saint.
Même si la vérité de la foi en Hachem lui était prouvée, il serait incapable de percevoir la vérité et la sainteté, car il est totalement possédé par les forces du mensonge et de l'impureté.
[le Steïpler - 'Hayé Olam 1,25 ]

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-> Les gens seront influencés par leur désir d'une matérialité sans limites, au point de nier l'existence d'Hachem. Leurs désirs corporels les rendront aveugles à la vérité de la foi en Hachem, car croire en Hachem exigerait qu'ils renoncent à leurs activités immorales.
Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Maamarim 1) écrit qu'il est impossible pour une personne de ne pas être influencée par un pot-de-vin, même s'il lui est donné à son insu.
Et cela est certainement vrai avec le pot-de-vin considérable que constituent les plaisirs mondains (de ce monde) qui corrompent les pensées d'une personne. C'est ce que disent nos Sages (Sanhédrin 63b) : "Israël n'adorait les idoles que pour se permettre l'immoralité publique".

Si une personne mange avec gloutonnerie, ou sans la motivation appropriée, et se repent immédiatement, son repas est élevé vers la sainteté comme les offrandes de pain mangées par les Cohanim.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 14,8-10 & 14,5 ]

Hachem siège dans les Hauteurs de l'univers et distribue de la nourriture à chaque créature.
[en ce sens dans le Hallel nous louons Hachem pour Sa bonté : "Qui donne la nourriture à toute chair" (noten lé'hem lé'hol bassar - Téhilim 136,25) ]
[guémara Pessa'him 118a]

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-> La guémara (Avoda Zara 3b) rapporte que Hachem veille à la subsistance de la plus petite créature à la plus imposante.

[depuis les mondes Supérieurs, Hachem veille sur chaque chose qui se déroule dans ce monde. Rien ne peut se passer sans un décret Divin le permettant (ex: se cogner le petit doigt), que ce soit la plus petite et routinière des choses, ou bien la plus grande et exceptionnelle. ]

"Avant de manger et de boire, une personne a deux cœurs, mais après avoir mangé et bu, elle n'a plus qu'un seul cœur" (guémara Baba Batra 12b).

-> La guémara ne dit pas quel cœur reste après avoir mangé et bu, car cela dépend : Si quelqu'un mange et boit juste pour satisfaire son désir physique et sa convoitise, alors le yétser ara est aux commandes, et le cœur après avoir mangé et bu est un cœur insensé qui suivra le yétser ara.
A l'inverse, si quelqu'un mange et boit avec sainteté, c'est-à-dire en se lavant les mains avant et après et en récitant des bénédictions, dans le but de servir davantage Hachem, alors son repas et sa boisson complètent son cœur et le rendent tout entier à son Père céleste.
[rav Tsadok haCohen]

Injecter de l’âme dans notre nourriture lors de nos repas

+ Injecter de l'âme dans notre nourriture lors de nos repas :

"Vous servirez Hachem votre D. et Il bénira ton pain et ton eau" (Michpatim 23,25)

-> Lorsque nous prononçons des paroles de Torah au cours de nos repas, ces paroles deviennent l'âme de l'aspect physique (de la nourriture) qui se trouve sur la table.
Nous devons toujours parler beaucoup de Torah pendant nos repas, pendant la semaine, et d'autant plus, le Shabbath.
[Baal Chem Tov - Kéter Chem Tov - partie 2, p.4b]

Utiliser nos désirs matériels pour renforcer notre spiritualité

+ Utiliser nos désirs matériels pour renforcer notre spiritualité :

"Que tu es belle, que tu es attrayante, mon amour, dans l'enivrement des caresses!" (Chir haChirim 7,7)

-> Dans tous les plaisirs (de ce monde matériel), il y a l'amour Surnaturel. Car lorsque les désirs innés sont évoqués, il devient plus facile d'aimer Hachem. Autrement, il est difficile de développer ces émotions et de commencer à L'aimer.
Comprenez bien cela.

De plus, chaque fois qu'une personne ressent une attirance spontanée vers un certain plaisir, qui est un amour "tombé" de sa source surnaturelle, elle doit se rendre compte que Hachem l'aide et lui facilite le fait de L'amour.
Hachem sait que la personne ne ressentirait jamais cette émotion autrement. Mais si la personne ne se rend pas compte de cela, et est attirée par le plaisir lui-même, elle fait tomber l'[Amour surnaturel] encore plus bas.

D'autres fois, une personne peut avoir un désir négatif, à D. ne plaise, comme celui de commettre une faute, mais un obstacle l'empêche de le faire. Ici aussi, Hachem l'aide.
En effet, lorsque Hachem voit que la personne n'a pas la conscience nécessaire pour faire remonter l'amour déchu à sa source, l'amour de d'Hachem, et qu'elle choisit plutôt de suivre le mal, Hachem se "contracte" encore plus pour lui mettre des bâtons dans les roues. Au moins, la personne restera passive et évitera de s'abîmer davantage.
[l'idée est que Hachem se revêt de désirs physiques/matériels afin de permettre aux gens de les transcender et de les transformer en un désir de Lui. Cependant, si la personne ne peut pas trouver Hachem à cet endroit et qu'elle est sur le point de fauter, Hachem s'abaisse encore plus pour se revêtir de la force même qui l'empêche à présent de passer à l'acte. ]
[Méor Enayim - Vaét'hanan ]

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-> J'ai appris de mon maître [le Baal Shem Tov], au nom de rabbi Saadia Gaon, qu'il est approprié de désirer toutes sortes de choses matérielles, et à travers cela, d'arriver à un désir de Torah et de servir Hachem.
[Ben Porat Yossef - Vayé'hi - p.85b ]

-> Une personne doit chercher à transformer ses désirs liés à ce monde, tout ce que "son cœur l'incite à faire", en bonnes qualités. Et à partir de nos mauvais traits habituels, on doit apprendre à servir le Créateur avec la même passion et le même désir, même plus intensément.
[Tiféret Shlomo - Toldot]
[désirs liés à ce monde (taavot 'hitsonim = selon le Baal Chem Tov dans chaque désir de ce monde l'amour d'Hachem peut être trouvé)]

La forme physique d'une chose est une manifestation de sa nature spirituelle.
Le fait que chaque chose possède un noyau spirituel unique est la raison pour laquelle les choses semblent physiquement différentes.
[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - dans son Déré'h haMélé'h - Mikets 5690]

La soif excessive de richesse

+ La soif excessive de richesse :

-> "Lorsqu'une personne meurt, elle n'est pas accompagnée par de l'argent, de l'or, des bijoux ou des pierres précieuses, mais uniquement par la Torah et les bonnes actions, comme il est écrit : "Quand tu marcheras, elle te guidera. Quand tu te reposeras, elle te gardera. Quand tu te lèveras, elle sera ton discours" (Michlé 6,22 ; Pirké Avot 6,9).

-> Le Ménorat Hamaor (chap.14) écrit :
"Ceux qui poursuivent la richesse ne seront jamais satisfaits par elle, comme il est écrit : "Les amoureux de l'argent ne seront jamais satisfaits par l'argent" (Kohélet 5,9).
Si une personne n'est pas heureuse avec ce qu'elle a, et qu'elle poursuit toujours plus d'argent, elle ne trouvera jamais la satisfaction.
Elle trouvera toujours de nouvelles choses à désirer et à poursuivre. Dès qu'il aura réalisé ses désirs, elle commencera à aspirer à autre chose. Elle passera toutes ses journées à travailler sans relâche pour devenir de plus en plus riche, mais elle ne comblera jamais les désirs de son cœur et son œil lubrique ne sera jamais satisfait. Elle est comme un voyageur assoiffé qui a rencontré une source salée. Elle a bu pour étancher sa soif, mais plus elle buvait, plus elle se sentait assoiffé.

Nos Sages Sages (midrach Kohélet rabba 1,13) rapportent que personne ne quitte ce monde avec la moitié de ses désirs assouvis en main. Si on en a cent, on en veut 200. Si on en a 200, on en veut 400.
Le signe d'une personne qui est satisfaite de sa part, et qu'elle n'aspire pas à plus.
Elle n'a pas besoin de devenir un fardeau pour les autres. Elle n'a pas besoin de s'imposer aux autres. Elle ne recherche pas le prestige ou la richesse. C'est pourquoi les gens l'honorent.
Un sage a dit un jour qu'un esclave heureux de sa part est libre, tandis qu'un homme libre est un esclave parmi les esclaves s'il désire toujours ce qu'il ne peut pas atteindre."

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-> La course à la richesse n'aboutit jamais aux résultats souhaités, puisqu'on est jamais satisfait lorsqu'on aura atteint nos objectifs. On se fixera de nouveaux objectifs plus élevés et plus difficiles à atteindre. La richesse qu'on a réussi à accumuler ne nous sera d'aucune utilité. Au contraire, elle ne fera qu'alourdir le fardeau de notre culpabilité, puisqu'on sera obligé de répondre à la question de savoir pourquoi on n'a pas utilisé notre argent pour des mitsvot. De plus, notre richesse dans ce monde se fera au détriment de notre récompense dans le monde à venir.

Le Michar Hapeninim (Mivchar haPeninim 44, chaar haprichout 26-27) compare cette situation à celle d'un chien qui mâche un os sec jusqu'à ce qu'il se coupe la bouche et commence à saigner. Il suce le sang, pensant qu'il provient de l'os, alors qu'en fait il suce son propre sang.
De même, une personne qui se consacre à récolter les plaisirs de ce monde ne se rend pas compte de ce qu'elle perd à chaque plaisir égoïste qu'elle aspire. À la fin, elle devra rendre compte de toutes ses actions.
La poursuite insensée des plaisirs de ce monde se fait au détriment du temps qui aurait pu être consacré à notre véritable objectif dans ce monde, à savoir la Torah, la prière et les bonnes actions.

-> Le Ram'hal (Mesillas Yesharim - chap.11) écrit à ce sujet :
La soif d'argent enferme l'homme dans une vie d'emprisonnement. Elle lui lie les bras avec des cordes épaisses et le force à travailler dur, comme il est écrit : "Les amoureux de l'argent ne seront jamais satisfaits par l'argent".
Cela nous éloigne du service d'Hachem. Combien de prières sont perdues et combien de mitsvot sont oubliées, alors qu'une personne travaille sans relâche dans son entreprise/travail. Combien est grande la perte de l'étude de la Torah, dont nos Sages (guémara Erouvn 55a) disent : "La Torah n'est pas au-delà de la mer" (Nitsavim 30,13) = on ne la trouve pas chez ceux qui parcourent les mers pour faire du commerce.
"Ceux qui voyagent trop pour faire du commerce ne peuvent pas devenir sages" (Pirké Avot 2,5).

La soif d'argent nous entraîne dans de nombreux dangers et sape nos forces par des soucis incessants.
Même après avoir atteint nos objectifs, nos soucis ne cessent pas, comme on l'enseigne : "L'abondance des biens entraîne l'abondance des soucis" (Pirké Avot 2,7).
Très souvent, le désir d'argent pousse les gens à violer non seulement les mitsvot de la Torah, mais aussi les préceptes de la raison."

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+ Le mal causé par la cupidité :

-> L'avidité représente un manque de foi en Hachem, qui pourvoit aux besoins de toutes Ses créations dans une mesure parfaite.
No Sages (guémara Sota 48b) préviennent que si une personne a du pain dans son panier pour aujourd'hui et s'inquiète de ce qu'elle mangera demain, cela montre le peu de foi qu'elle a en Hachem.

Le cas le plus extrême est celui d'une personne qui remplace sa foi en Hachem par une foi en l'argent, ce qui devient alors une sorte d'idolâtrie.
Le Roch (Or'hot 'Haîm 2,29) écrit à ce sujet : "Ne placez pas votre foi dans l'or, car c'est le premier pas vers l'idolâtrie. Dépensez plutôt votre argent conformément à la volonté d'Hachem, car Il a le pouvoir de répondre à vos besoins et à ceux de votre famille."

De même, rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 23) écrit : "La face de la sitra a'hra est la tête de la pièce, car toutes les formes d'idolâtrie sont liées au désir d'argent ... Le désir d'argent englobe les idolâtries des 70 nations".
Sur cette base, le Likouté Halakhot ('Hochen Mochpat - guénéva 2) écrit que si une personne est tombée dans le piège de la soif d'argent, c'est comme si elle avait adoré toutes les idolâtries des 70 nations.

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-> Rabbénou Yona (chaaré téchouva 2,20) écrit :
Le roi Shlomo a écrit le séfer Kohélet pour aider les gens à se rendre compte de la futilité des poursuites de ce monde, qui n'ont de sens que dans la mesure où elles sont orientées vers le service d'Hachem. Ce thème est répété dans le premier et le dernier mot du sefer.
Il commence par le verset suivant : "Futilité des futilités, dit Kohélet". Nos Sages (midrach Kohélet rabba 3,11) commentent que si quelqu'un d'autre avait écrit ce séfer, on pourrait objecter que l'auteur n'a peut-être même jamais réussi à rassembler deux pièces de monnaie de toute sa vie. Puisqu'il a échoué dans la poursuite des plaisirs du monde, il les a déclarés futiles. Pourtant, c'est Shlomo qui l'a écrit, lui dont on dit : "Le roi a rendu l'argent à Jérusalem aussi commun que les pierres" (Méla'him I 10,27). Il avait goûté à la richesse fabuleuse et avait le droit de conclure qu'elle est futile.

Kohélet se termine sur le même thème, avec le verset suivant : "En fin de compte, après que tout a été entendu, craignez Hachem et observez Ses mitsvot, car c'est là l'essence même de l'homme."