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Manger sans excès

+ Manger sans excès :

-> L'une des méthodes utilisées par le yétser ara pour attirer une personne dans le piège de la faute est d'utiliser le désir glouton de manger.
Cela déforme la perspective d'une personne, la rendant davantage réceptive aux plaisirs sensuels (matériels) de ce monde, lui faisant oublier son objectif de se préparer pour le monde à Venir.
De plus, au fur et à mesure qu'il se régale d'aliments autorisés, sa gloutonnerie s'accroît au point qu'il ne se soucie plus de faire la distinction entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit.

-> Nos Sages (guémara Béra'hot 32a) nous avertissent qu'un estomac plein est une cause de faute, comme nous l'apprend le verset : "Yéchouroun s'est engraissé et s'est rebellé" (Vayélé'h 31,20).
C'est pour cette raison que nos tsadikim, au fil des générations, ont pris soin de se protéger de ces désirs, en ne mangeant et en ne buvant que ce qui est nécessaire à la santé de leur corps.

-> Le Zohar (I,111a) précise : "Rabbi Its'hak dit que le yétser ara n'attire une personne que lorsqu'elle mange, boit et s'amuse avec du vin. C'est alors que le yétser ara s'immisce pour prendre le contrôle de la personne. Au sujet du tsadik, il est écrit : "Le tsadik mange pour satisfaire son âme" (Michlé 13,25). Il ne devient jamais saoul. À un érudit de la Torah qui s'enivre, rabbi Yéhouda applique le verset suivant : "Un anneau d'or dans le groin d'un cochon" (Michlé 11,22). Il diffame le nom d'Hachem."

-> Le Zohar (II,154b) enseigne également : "Le yétser ara ne se trouve que dans le manger et le boire, comme il est écrit : "De peur que je ne sois rassasié et que je ne renie" (Michlé 30,9).
Lorsque quelqu'un mange et boit, le yétser ara se développe dans ses intestins."

-> Le séfer ha'Hinoukh (248) écrit :
"La plupart des fautes sont le résultat d'un excès de nourriture et de boisson. En effet, la nourriture est la subsistance du corps physique, tandis que les pensées de crainte du Ciel et l'observance d'une mitsva sont la subsistance de l'âme.
L'âme et le corps sont complètement opposés. Lorsque le corps physique/matériel est renforcé, l'âme est affaiblie. C'est pourquoi certains Sages limitaient leur consommation de nourriture au minimum nécessaire à leur survie, comme il est écrit : "Le tsadik mange pour soutenir son âme" (Michlé 13,25).
La Torah nous empêche, pour notre propre bien, de manger et de boire de manière excessive, de peur que notre physique (matérialité) ne prenne le dessus sur notre âme jusqu'à nous détruire."

-> Rabbénou Yona (chaaré Téchouva 1,30) écrit de même à ce sujet :
"Le 9e principe de la téchouva consiste à se défaire de ses désirs de plaisirs physiques. Une personne doit contempler les effets des désirs physiques, qui l'entraînent vers un style de vie de faute, l'attirant avec des plaisirs qui sont en fin de compte dépourvus de sens.
Pour se garder sur le chemin de la téchouva, il doit s'abstenir de tout plaisir physique (matériel) et ne pas se livrer, même dans les plaisirs autorisés, à plus que ce qui est nécessaire à sa santé, comme il est écrit : "Le tsadik mange pour soutenir son âme".
Dans la mesure où une personne suit ses passions, elle penche vers la matérialité du corps et s'éloigne de la sagesse de l'âme. Le yétser ara a donc le pouvoir sur elle, comme il est écrit : "Yéchouroun s'est engraissé et s'est rebellé"."

[lorsque nous jeûnons, d'une certaine façon nous faisons taire, diminuons notre matérialité pour donner davantage de force à notre spiritualité, et cela doit être mis à profit pour se tourner vers Hachem (ex: en téchouva). Bien que nous avons des besoins physiques, cela permet de nous rendre compte que tout excès dans ce domaine donne de la force à notre yétser ara pour nous faire fauter, se fait au détriment de la perception spirituelle que nous avons de la vie. ]

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-> Le monde matériel a été créé pour le bénéfice de l'homme. Il est rempli d'opportunités grâce auxquelles il peut gagner la récompense du monde à Venir. Cependant, il contient également de nombreux défis à nos valeurs. Nous sommes chargés d'utiliser les plaisirs de ce monde uniquement à des fins positives, et non pour satisfaire nos désirs gloutons.
Les dangers de la gourmandise comprennent le fait de manger trop, mais aussi de manger même un peu lorsque notre seule intention est de nous faire plaisir. Dans les deux cas, les plaisirs de la table conduisent une personne sur la voie dangereuse de l'indulgence avec soi, qui est néfaste pour le corps et l'esprit.

Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Guinzé haMélé'h - tikoun habrit 24) nous avertit que la plupart des fautes découlent d'habitudes alimentaires gloutonnes, qui réveillent le yétser ara dans la poitrine d'une personne.

-> Compte tenu des dangers, il est préférable pour une personne de manger moins que ce dont elle estime avoir besoin, plutôt que de trop manger. On se prémunit ainsi contre le yétser ara qui en résulterait.
Le tsadik mange pour satisfaire son âme (Michlé 13,25). Il ne mange pas plus que ce qui est nécessaire pour préserver la santé de son corps et de son âme, de peur que la passion de la nourriture n'éveille en lui des passions pour d'autres mauvais désirs.

"Je gémis devant mon pain, et mes cris descendent comme de l'eau" (Iyov 3,24). Avant que Iyov ne mange, il priait Hachem de le protéger contre les excès de nourriture, de peur que sa gourmandise ne donne du pouvoir à la sitra a'hra.

Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Alef Bina - Téhilim 119 - mém) trouve une indication à ce sujet dans le verset : "de tout mauvais chemin j'ai retenu mes pieds, afin de garder Ta parole" (Téhilim 119,101).
- "De tout mauvais chemin" = il s'agit de l'excès de nourriture et de boisson, qui est le chemin qui mène aux fautes et aux mauvaises actions. La gourmandise éloigne la sainteté et fait tomber la sitra a'hra (force du mal) sur une personne.
- "J'ai retenu mes pieds" = le mot "pieds" fait référence au yétser ara, qui voyage à la recherche de la faute, comme le commente le Zohar (II,55b) sur le verset : "Retire tes pieds de la maison de ton ami" (Michlé 25,17) = retire le yétser ara de la maison de ton âme.
J'ai repoussé le yétser ara en faisant attention à ne pas me laisser aller aux plaisirs de la table.
- "pour garder Ta parole" = ainsi, je suis capable d'étudier et de me souvenir de Ta Torah, sans être distrait par les désirs de ce monde. Si je suivais les conseils du yétser ara et remplissais mon estomac de délices, cela m'éloignerait de Toi, comme il est écrit : "de peur que tu ne manges et ne sois rassasié ... et que ton cœur ne s'exalte, et que tu n'oublies Hachem" (Ekev 8,12-14).
C'est pourquoi je veille à manger avec de saintes intentions, pas plus que ma santé ne l'exige.

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-> Nos Sages (guémara Guittin 70a) disent : "Vous devriez retirer votre main [c'est-à-dire arrêter de manger], d'un repas que vous appréciez [afin de ne pas trop manger].
Cela suit le principe "sanctifie-toi en t'abstenant des plaisirs permis" (Yébamot 20a).
Si une personne veille à ne manger que ce qui est nécessaire à sa santé, plutôt que de satisfaire ses goûts ou de trop manger, elle sanctifie son corps de l'intérieur.
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra - Guinzé haMélé'h - tikoun haTéchouva ]

Nos larmes causées par le matérialisme entravent la guéoula

+++ Nos larmes causées par le matérialisme entravent la guéoula :

"Essav dit à son père : "N'as-tu qu'une seule bénédiction, mon père? ... Essav éleva la voix et pleura." (Toldot 27,38)

-> Le midrach (Yalkout Chimoni - remez 828) déclare : "A cause des larmes qu'Essav a versées lorsqu'il a demandé à son père de le bénir, il a mérité toute cette bonté."

Le Zohar (I,146b et II,12b) ajoute : "Le machia'h ne viendra pas tant que les larmes d'Essav ne seront pas épuisées".

-> Le rav Shmelke de Nikoslberg (cité dans le séfer Imré Israël) demande pourquoi les larmes d'Essav sont plus puissantes que les millions de larmes que le peuple juif a prié pour le machia'h.
Essav a pleuré une fois, mais nous pleurons chaque jour pour le machia'h. Comment ses larmes pourraient-elles vaincre les nôtres et empêcher la venue du machia'h?
Nous savons qu'il existe une règle selon laquelle les entités sont annulées lorsqu'elles sont mélangées à 60 fois leur quantité (bitoul béchichim). Nos larmes sont certainement plus de 60 fois les larmes d'Essav. Pourquoi ses larmes n'ont-elles pas été annulées?

Il répond que la règle du bitoul béchichim ne s'applique que lorsqu'une entité est mélangée à d'autres types de choses (min béché'éno mino). Lorsqu'elle est mélangée avec le même type de choses (min bémino), elle n'est pas annulée.
Essav a pleurer sur de la matérialité (gachmiout). Il ne voulait pas de bénédictions pour être capable de mieux étudier la Torah, de prier avec dévotion ou de ressentir la sainteté du Shabbath. Au contraire, il ne voulait que des bénédictions pour être capables de profiter et de satisfaire ses désirs dans ce monde.

Malheureusement, la plupart des juifs ne pleurent véritablement que pour leurs propres besoins matériels. Ils ne prennent pas le temps de pleurer pour la douleur que la Présence Divine (Chékhina) ressent en exil.
Malheureusement, cela crée une situation où les larmes d'Essav et celles du peuple juif sont "min bémino". Ce sont toutes deux des larmes pour la matérialité, ce qui signifie que les larmes d'Essav ne peuvent pas être annulées.

Si nous pleurions pour la douleur d'Hachem et pour la tragédie de la Chékhina en exil, nous pourrions créer une situation de "min béché'éno mino", ce qui annulerait les larmes d'Essav et permettrait au machia'h de venir.

C'est ce qui explique les paroles du roi David : "Mes larmes étaient comme du pain pour moi, jour et nuit, quand ils me disaient toute la journée : 'Où est ton D." (ayéta li dim'ati lé'hem, yomam valaïla ... - Téhilim 42,4).
Il dit que les larmes du peuple juif étaient versées pour du pain. Ils pleuraient pour le matérialisme (gachmiout). Par conséquent, ils ne pouvaient pas annuler les larmes d'Essav.
Le roi David exprime son espoir que les juifs pleurent Hachem et disent : "Où est D. ?".
Le roi David souhaité que nous priions pour la douleur de la Chékhina et que nous annulions ainsi les larmes d'Essav.

Alors que (chez une personne âgée) la force physique s'affaiblit et que le feu des désirs s'éteint, l'intellect se renforce, sa lumière se répand, sa compréhension se purifie et l'on se réjouit de ce que l'on a compris [et le désir d'Hachem s'accroît].
[Rambam - Guide des égarés III,51]

[cela illustre le lien entre matérialité  (physique) et spiritualité. ]

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-> Celui qui atteint un âge avancé ... il faut s'attacher aux Sages et aux livres de connaissance (juifs), et ses yeux s'ouvriront à ces questions, et il ne faut pas gaspiller ce précieux temps libre.
[ Pélé Yoets - zikna ]

Plus on court après la matérialité, plus elle nous fuit

+ Plus on court après la matérialité, plus elle nous fuit :

-> "Hachem le faisait réussir avec sa main" (Vayéchev 39,3) = certes il faut faire la hichtadlout qui est nécessaire, mais on doit agir simplement avec ses mains (notre parnassa est définie par Hachem, par nos actions nous ne faisons que payer notre taxe [tu travailleras à la sueur de ton front], dissimulant le miracle que tout vient de D.).
En précisant que les mains y sont impliquées, la Torah insiste qu'on doit laisser notre tête hors de l'eau, pour ne pas développer des idées que c'est grâce à nous qu'on a réussi, pour ne pas 'couler' dans la matérialité (en s'y investissant plus que nécessaire), ...

-> Outre le fait qu’une course effrénée après la subsistance ne sert à rien, elle est également mensongère, car cette hichtadlout superflue diminue l’abondance qui devait se déverser sur un homme.
Le Gaon de Vilna rapporte à ce sujet l’enseignement de la guemara (Erouvin 13b) : "Quiconque recherche la grandeur, la grandeur le fuit", et explique que la grandeur dont il s’agit ne se réfère pas seulement aux honneurs et à la gloire.
Mais, elle inclut également toute chose matérielle après laquelle l’homme court pour l’obtenir ; cette chose le fuira.
L’argent et les biens matériels, par exemple, lorsqu’il les poursuivra sans relâche, se déroberont à lui.

Une allusion à ce phénomène se trouve dans le mot כסף (kessef - l’argent) : si l’on considère les lettres qui, suivant l’ordre alphabétique, précèdent celles de ce mot (à savoir avant le כ le י ,avant le ף le ע ,et avant le ס le נ ,on obtient le mot : עני - ani - un pauvre).
Cela suggère que celui qui court après l’argent, l’argent le fuira et il restera "en arrière", c'est-à-dire pauvre.

La mesure du bien étant toujours supérieure à celle du mal, celui qui s’abstient de poursuivre la richesse (et on y parvient en étant convaincu que tout est décrété d’En-Haut et que rien ne sert de courir), alors, au contraire, l’argent le poursuivra et le rejoindra.

=> "Hachem le faisait réussir avec sa main" = Yossef n'a fait que le strict nécessaire (ex: sans utiliser sa tête pour élaborer des plans pour avoir un maximum de richesses de son maître très riche Potiphar), et c'est pour cela qu'Hachem la fait réussir.

Lorsque, grâce à sa compréhension, le cœur du croyant est vidé de son amour pour ce monde et consciemment et rationnellement libéré de ses désirs, alors l'amour du Créateur viendra reposer dans son cœur et s'enracinera dans son âme.
[Rabbénou Bé'hayé - 'Hovot haLévavot - 10 Intro]

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-> "Tu aimeras" (Vaét'hanan 6,5) = recherche la proximité de D. en donnant tout ton être. La proximité avec D. doit être tout pour vous, et pas seulement un moyen d'atteindre vos désirs.
[rabbi Shimshon Raphael Hirsch]

[je ne dois pas vouloir être proche d'Hachem pour qu'Il fasse davantage MA volonté, mais avoir le plus d'attachement est la chose ultime vers laquelle on doit tendre (tout le reste étant nul en comparaison). ]

Si quelqu'un est attaché au matérialisme et aux désirs [de ce monde], et en tire volontiers du plaisir, alors il est certain qu'il ne connaît rien de l'amour du Créateur, ni de la crainte et de la glorification d'Hachem, ... D. nous en préserve, il tombera dans un gouffre profond s'il ne fait pas très attention à lui-même.
Seul celui qui est dépouillé du matérialisme et qui, malgré tout, voit parfois un amour mauvais ou une crainte mauvaise s'éveiller dans son cœur ... est invité à extraire le précieux du vil ... et sera ainsi poussé à un plus grand amour du Créateur et à une plus grande crainte de Lui.
[rabbi Méchoulam Feivish de Zborez - Yocher Divré Emet chap.17 - cité dans le Kéter Shem Tov (enseignements du Baal Shem Tov) ]

L’argent peut dissimuler la réalité de la vie

-> Nos Sages (Nidda 30b) enseignent : "On apprend toute la Torah au fœtus dans le ventre maternel".

-> Le Zohar (70,p.137) enseigne :
"Dans le ventre maternel, on leur apprend la Torah et on leur montre les trésors merveilleux qui les attendent dans le monde à Venir. Or, quand ils viennent au monde, ces lumières leur sont cachées ...
Quiconque ne recherche pas la Torah éprouve un "aveuglement" à rechercher le monde à Venir, tandis qu'à celui qui recherche une vie de Torah, Hachem dit : "Que la lumière soit!" (Béréchit 1,3).
Le fait de rechercher la Torah ouvre [en nous] les yeux aux délices du monde à Venir."

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-> Selon la guémara (Erouvin 21a) : "Malgré son immensité, l'univers ne constitue que 1/3200 de la Torah."
Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I, 133) demande : Si la Torah est si grande, pourquoi les gens ne la voient-ils pas?
Il répond : la Torah est comparée à une haute montagne. Si l'on met seulement une petite pièce d'argent en face des yeux, on ne peut plus voir la montagne.
Le message est clair : ne nous laissons pas aveugler par les "pièces d'argent" qui constituent notre gagne-pain.

Les vêtements d'une personne sont ce qu'il y a de plus visible chez elle, et les insensés ne voient que les vêtements sans aller plus loin.
Ils confondent les vêtements avec la personne, et le corps avec l'âme.
[Zohar - Béhaaloté'ha 12]

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-> L’âme d’une personne ne peut être connue qu’à travers ce qui l’exprime : le corps et ses différents niveaux. Par conséquent, l’âme est à la fois connue et inconnue.
[Zohar - Béréchit 103b]

-> Qu’est-ce qu’un être humain? Est-il fait de peau, de chair, d’os et de tendons? Non.
L’être humain n’est rien d’autre qu’une âme.
La peau, la chair, les os et les tendons ne sont que des vêtements ; ils ne constituent pas l’être humain.
[Zohar - Yitro 11 ]

Hachem a donné la Torah dans un désert, un endroit dépourvu de tout confort physique. Pour acquérir la connaissance de la Torah, il faut devenir comme un désert, renoncer aux plaisirs du monde physique.
Tout comme un désert est un vaste espace ouvert, la Torah est d'une taille incommensurable.
Tout comme la Torah est infiniment grande, la récompense pour l'étude et l'observation de la Torah est infiniment grande.
[Pessikta]

Matérialité – spiritualité = apprendre des non juifs

+++ Matérialité - spiritualité = apprendre des non juifs :

-> Nous devons nous assurer que notre accomplissement des mitsvot est au moins au même niveau d'intensité et de sacrifice que les non juifs qui nous entourent réalisent les actes qui sont importants pour eux.
Nous devons faire preuve de la même ardeur et de la même détermination qu'eux, mais canaliser cette énergie vers les mitsvot.
[rav El'hanan Wasserman (Kovéts Héarot) - citant le 'Hafets 'Haïm]

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-> à l'image de Yaakov lorsqu'il a quitté Lavan (Vayichla'h 32,5) qui s'est reproché de ne pas avoir appris de Lavan le racha, pour s'améliorer dans la pratique des mitsvot, afin de les accomplir avec la même énergie, sacrifice, que lui pouvait le faire pour toutes ses arnaques et autres mauvais occupations. ]

-> Cela nous aide à comprendre ce qui est écrit dans le guémara (Avoda Zara 2b), qui relate ce qui se passera lorsque machia'h viendra :
Les Romains se présenteront devant Hachem pour être jugés. Hachem leur demandera comment ils ont occupé leur temps. Ils répondront : "Maître du monde, nous avons établi de nombreuses places de marché, nous avons construit de nombreux bains publics, et nous avons accumulé beaucoup d'argent et d'or. Nous avons fait tout cela uniquement pour le bien du peuple juif, afin qu'il soit libre de s'engager dans l'étude de la Torah".

Hachem répondra en les traitant d'insensés pour avoir essayé de le tromper.
Hachem leur dira qu'Il est parfaitement conscient qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont mentionné en ne pensant qu'à leurs propres intérêts. "Vous avez créé des places de marché pour qu'on y trouve des prostituées. Vous avez construit des bains pour votre propre plaisir. Quant à l'argent et à l'or que vous prétendez avoir augmentés, ils sont à Moi et non à vous".
Les Romains quitteront alors la Présence d'Hachem, abattus et sans espoir.

Les Perses seront la prochaine nation à être jugée, et Hachem leur posera la même question.
Ils répondront : "Maître du monde, nous avons construit de nombreux ponts, conquis de nombreuses villes et mené de nombreuses guerres. Nous avons fait tout cela uniquement pour le bien du peuple juif, pour qu'il s'adonne à l'étude de la Torah".

Une fois de plus, Hachem les confronte à la vérité. "Tout ce que vous avez fait, vous l'avez fait dans votre propre intérêt. Vous avez construit des ponts pour pouvoir prélever des impôts sur tous ceux qui les empruntent. Vous avez conquis des villes pour utiliser leurs habitants comme main-d'œuvre forcée. En ce qui concerne les guerres, ce n'est pas vous. Je fais la guerre, et votre succès vient de Moi."

=> Il est difficile de croire que les Romains et les Perses tenteront de mentir à Hachem. Comment peuvent-ils penser qu'Hachem les croira quand ils disent qu'ils ont tout fait pour les juifs et pour permettre l'étude de la Torah, alors qu'ils savent qu'Hachem sait qu'ils ne cherchaient que leurs propres intérêts?

-> Le Ktav Sofer explique qu'ils n'ont pas essayé de modifier les faits, la réalité.
Il est vrai que tout ce qu'ils faisaient, c'était pour eux-mêmes. Ils ne pensaient qu'à leurs propres intérêts. Cependant, disent-ils à Hachem, le temps, les efforts et l'enthousiasme avec lesquels ils ont abordé leurs activités ont servi de leçon au peuple juif sur la façon dont il devrait aborder la Torah et les mitsvot.
Les juifs ont pu apprendre d'eux comment diriger toute leur énergie et leurs ressources vers une activité qui leur tient à cœur.
Les nations du monde pouvaient dire : "Si nous sommes capables de déployer des efforts exceptionnels, avec enthousiasme, dans nos activités insignifiantes, à combien plus forte raison les juifs devraient-ils faire de même dans leur quête de la Torah et des mitsvot".
Les Romains et les Perses soutenaient que toutes leurs activités étaient une source d'inspiration pour l'amélioration de la avodat Hachem du peuple juif.

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+ Pourquoi la Torah sera-t-elle enseignée dans les théâtres et les colisées?

-> Dans la guémara (Méguilah 6a), nous apprenons que lorsque machia'h viendra, la Torah sera enseignée publiquement dans les théâtres et les colisées qui étaient auparavant réservés aux événements sportifs. La Torah sera enseignée dans les lieux mêmes où les gladiateurs se sont battus.

=> La question la plus évidente est la suivante : pourquoi devrions-nous étudier la Torah dans ces lieux spécifiques?
Lorsque le machia'h viendra et que le monde entier reconnaîtra enfin la souveraineté d'Hachem, n'y aura-t-il pas des lieux mieux adaptés à l'étude de la Torah qu'un stade ou un théâtre?
Ces lieux ont été utilisés pendant de nombreuses années pour accueillir des événements qui sont l'antithèse même des valeurs de la Torah. Pourquoi voudrions-nous enseigner la Torah dans ces lieux ?

-> Le Ktav Sofer explique que le peuple juif apprendra des fauteurs comment être zélé dans l'accomplissement des mitsvot.
Une vraie personne qui craint Hashem verra comment les non-juifs se conduisent, et il en tirera une leçon qui renforcera son avodat Hachem.
Il prendra note de la vitesse, de l'efficacité, du zèle et de la rapidité avec lesquels ils commettent des fautes flagrantes. Il verra le temps, l'énergie et les fonds qui sont facilement et volontairement dépensés pour de telles activités.

Il sera alors en mesure de faire un kal va'homer, un argument a fortiori. Si les actes pécheurs sont accomplis avec tant de zèle et d'énergie, au mépris total du coût et de la dépense, combien plus devons-nous faire de même pour l'accomplissement des mitsvot.

Les théâtres, les colisées et autres lieux de divertissement ont été construits sans tenir compte des dépenses. Des édifices gigantesques ont été érigés uniquement pour le divertissement et sont utilisés pendant des heures. Sans se soucier de l'heure, les clients s'assoient et boivent jusqu'à des heures avancées de la nuit. Ils trouvent des moyens de rester éveillés, ne voulant pas manquer un seul instant du divertissement. [combien ils chantent, tapent des mains, restent attentifs à chaque minute du show, ... ]

Ce phénomène devrait susciter au sein du peuple juif le désir d'exploiter ces mêmes qualités pour étudier la Torah et mieux servir Hachem. Nous devrions nous aussi être prêts à renoncer au confort et à la commodité et à faire des sacrifices pour l'accomplissement des mitsvot. Nous devrions au moins nous efforcer d'accomplir les mitsvot autant qu'ils le font pour se divertir.

Nos Sages nous disent : "éno domé chmiya léré'iya", que l'on ne peut pas comparer quelque chose que l'on voit de ses propres yeux à quelque chose dont on entend simplement parler. C'est pourquoi nous étudierons la Torah dans ces mêmes lieux. Nous pourrons alors constater de nos propres yeux les efforts et l'argent considérables qui ont été consacrés à leur fabrication ; nous nous souviendrons de l'énergie et de l'enthousiasme que les fêtards y ont déployés, et nous pourrons nous engager à faire de même pour notre avodat Hachem.

Nous devons tirer des leçons du monde qui nous entoure, même si la source est improbable. Voir comment les fautes sont accomplis peut être une source de motivation exceptionnellement puissante pour s'améliorer spirituellement.
[et en plus, on doit être fier d'être dans le émet, de pouvoir agir selon ce que Hachem nous conseille de faire, et non dans du vide, éphémère. ]