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Le corps et l’âme

+ Le corps et l'âme :

-> Le Tour explique les mots "oumafli laassot" (et agit merveilleusement - bénédiction de acher yatsar) en se basant sur le midrash (Béréchit rabba 81:3) : "Car Tu es grand et Tu fais des merveilles" :
"L'homme est comme un ballon rempli d'air. Si le moindre trou était fait dans un ballon, tout l'air s'échapperait. L'homme est couvert de trous, mais tout l'air reste à l'intérieur. Il s'agit là d'un acte merveilleux d'Hachem."

-> Le Darké Moché explique que la merveille de la création de l'homme est l'union du corps et de l'âme :
"Il me semble que "oumafli laassot" fait référence à l'âme qui est placée dans le corps. C'est une merveille étonnante qu'un être spirituel du Ciel puisse exister sous la forme physique du corps, qui est fabriqué à partir du monde inférieur.
Si une partie du corps est malade, l'âme ne peut pas remplir sa fonction, qui est de s'engager dans des questions spirituelles et intellectuelles. La douleur du corps la distrait.
C'est pourquoi nous disons : "rofé 'holé kol bassar" (Hachem guérit la maladie de toute chair) et par conséquent, "oumafli laassot" (Il maintient le lien merveilleux entre le corps et l'âme).
C'est dans cet esprit que nos Sages ont placé la bénédiction "Elokaï néchama" (qui fait référence à la descente de l'âme) immédiatement après acher yatsar (qui fait référence à l'union du corps et de l'âme)."

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-> L'âme spirituelle a été jointe au corps physique, afin de guider le corps dans le service d'Hachem, comme nous le voyons dans le Zohar ('hadach 35b,40b) :
"L'âme vient d'un lieu saint afin d'illuminer le corps sombre, de le guider sur le droit chemin pour servir le Créateur et accomplir Sa volonté. Ainsi, elle pourra venir demain (dans le monde à venir) et réclamer sa récompense.

Venez et voyez. Le verset dit à propos de l'homme : "Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul. Je lui ferai une aide à côté de lui" (Béréchit 2,8).
Rabbi dit que cela fait référence à l'âme, qui l'aide en le guidant sur les voies de son Créateur. Il est écrit à ce sujet : "Celui qui vient se purifier est assisté" (Shabbath 104a ; Yoma 38b).
Rabbi Yaakov bar Idi dit : Toutes les âmes des justes sont taillées sous le Trône de gloire, afin de guider leur corps comme un père guide son fils. Sans l'aide de l'âme, le corps serait incapable de connaître ou d'accomplir la volonté du Créateur.
Comme le dit Rabbi Abahu, l'âme enseigne et guide l'homme sur le droit chemin."

-> Le Ramban (Torat haAdam - fin chcar haguémoul) explique :
"L'aspiration principale de tous ceux qui espèrent en Hachem est le monde à Venir, dans lequel le corps deviendra comme l'âme, et l'âme embrassera la sagesse surnaturelle comme elle le faisait dans le Gan Eden, qui est le monde des âmes.
Elle dépassera ce niveau et atteindra un niveau de sagesse encore plus élevé, qui perdurera pour l'éternité."

-> Selon le Zohar (I, 113b-114a) :
"Rabbi Pin'has déclare qu'à l'avenir, Hachem accordera la beauté aux corps des justes, comme la beauté d'Adam dans le Gan Eden, comme il est écrit : "Hachem te guidera à tout moment ... et tu seras comme un jardin saturé" (Yéchayahou 58,11).
Rabbi Lévi dit que pendant que l'âme attend dans les hauteurs (suite au décès), elle est nourrie par la lumière d'En-Haut et s'y habille.
Lorsqu'elle réintègrera le corps dans le futur, elle le fera avec cette même lumière. Alors le corps brillera de l'éclat du firmament, comme il est écrit : "Les sages brilleront de l'éclat du firmament" (Daniel 12,3).
L'humanité atteindra alors la connaissance parfaite."

-> Le Aboudraham (Birkot haChakhar) cite la Riva selon laquelle c'est pour cette raison que les bénédictions s'adressent à Hachem à la fois à la 2e et à la 3e personne :
"Hachem est à la fois révélé et caché. Il est révélé par Ses actes, mais sa divinité est cachée.
Il en va de même pour l'âme, qui est à la fois révélée et cachée. C'est pourquoi l'âme bénit Hachem en termes directs ("Vous") et indirects ("Il").
Une bénédiction est dite avec les mots de la bouche et les pensées du cœur. Les pensées sont cachées, mais la voix est entendue. L'homme est une combinaison de corps et d'âme.
Dans son âme, il est digne d'être attaché à son Créateur et de se tenir devant Lui à tout moment.
Cependant, son corps l'en empêche. C'est pourquoi les bénédictions sont dites en utilisant à la fois des termes directs (2e personne) et cachés (3e personne).

Nous ne sommes pas un humain qui vit une expérience d'âme.
Nous sommes plutôt une âme qui vit une expérience humaine.
[rabbi Salomon Freeman]

[nous ne devons pas oublier que notre véritable essence est une âme spirituelle, et non un corps matériel. ]

Le pouvoir des idoles

+ Le pouvoir des idoles :

-> Décrivant le culte idolâtre par le peuple juif, le Kouzari (Kouzari 4,23) explique qu'il ne s'est pas tourné vers l'idolâtrie parce qu'il voulait abandonner la Torah. Au contraire, même les personnes les plus réchaïm restaient attachées à la Torah. C'est plutôt parce qu'ils étaient avides de richesse et de succès qu'ils se sont tournés vers d'autres moyens de réaliser leurs rêves. Dans cette optique, nous constatons que l'adoration des idoles s'est avérée efficace.
En d'autres termes, celui qui adorait une certaine idole d'une certaine manière recevait ce qu'il voulait.
Le culte des idoles "fonctionnait" dans le sens où Hachem a placé dans le tissu de la nature le fait qu'en accomplissant certaines actions, on recevra automatiquement un certain bénéfice. Il s'agissait donc d'un test important pour le monde, y compris pour le peuple juif.
Ainsi, le Kouzari conclut sa discussion en disant que si le culte des idoles était aussi efficace aujourd'hui qu'il l'était à l'époque, nous serions tous tentés par ce culte, tout comme nous sommes tentés par de nombreuses autres choses que la Torah interdit.

[la notion est incroyable : à l'époque il y avait dans les règles de la nature qu'en servant/demandant une chose à une idole on pouvait l'obtenir. Quelle force d'en faire fi, de rester fidèle à la volonté Divine, surtout quand Hachem pouvait "tarder" (à notre goût) à répondre à nos demandes! ]

-> Le concept d'idolâtrie nous est tellement étranger de nos jours qu'il est presque impossible de comprendre le désir intense d'adorer des idoles qui était si prolifique dans les temps anciens. Cependant, le fait même que la Torah interdise le culte des idoles et mette constamment le peuple juif en garde contre cette pratique montre à quel point cette envie était forte à l'époque. [Kouzari 4,23]

-> La guémara (Sanhedrin 69b) rapporte que l'envie de servir de faux dieux était devenue si forte qu'à l'époque du second Temple [or, le Temple était un lieu plein de miracles et de Présence forte d'Hachem, ce qui témoigne de l'attrait de l'idolâtrie], les Sages de la génération ont supplié Hachem d'abolir cette tentation du monde. Leurs prières ont été acceptées, à tel point qu'aujourd'hui, nous ne pouvons même pas imaginer l'envie de servir l'idolâtrie.
La guémara (Sanhedrin 102b) le démontre en nous racontant que le roi Ménaché est venu voir Rav Achi en rêve et lui a dit que l'attrait pour l'idolâtrie était si grand que s'il (Rav Achi) avait vécu à cette époque, il aurait tenue le bord de son vêtement pour courir [au plus vite] après les idoles.

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-> Pour illustrer davantage ce point, le Gaon de Vilna était connu pour dire que le "culte des idoles" d'aujourd'hui est la quête de gagner davantage d'argent, et ce bien qu'un juif craignant D. sait que tout l'argent qu'il gagnera lui est déjà destiné depuis Roch Hachana (guémara Bétsa 16a), et qu'il sait que sa réussite financière dépend uniquement de la volonté d'Hachem. Il travaille néanmoins comme s'il était responsable de sa propre richesse ; plus précisément, il sent, et voit distinctement à ses yeux, que plus il travaille dur, plus il gagne de l'argent.
Il s'agit donc d'un exemple de l'épreuve à laquelle le peuple juif a dû faire face lorsqu'il a été confronté à la possibilité de servir l'idolâtrie dans les années passées (avant que son pouvoir ne soit aboli (voir guémara Yoma 69b).
[à l'image des idoles qui combler nos demandes, nos efforts pour obtenir plus de matérialité semblent également être une règle de la nature pour en obtenir.]

Une personne doit utiliser tout ce qui se trouve dans ce monde au service de D.
En d'autres termes, s'il désire un objet matériel, comme de l'argent ou des honneurs, il doit se demander : "Quel est ce désir que je ressens pour une chose physique? Cette entité matérielle est quelque chose de temporel, qui finira par se dissiper et se désintégrer, alors que le service de D. a une valeur éternelle. De plus, tous les plaisirs appartiennent à D., qui les dispense à sa guise, car il est à l'origine de toute la création."

Méditer sur les objets de nos désirs matériels de cette manière, en tant qu'inspiration vers un plus grand service divin, est le but ultime de tous les aspects de la Création, à savoir nous permettre de servir uniquement D. et donc de Lui donner du plaisir, comme l'ont dit nos Sages : "D. a créé tout ce qu'Il a créé uniquement pour Sa gloire" (Pirké Avot 6,10), c'est-à-dire pour que Ses créatures puissent les utiliser (en méditant sur leur nature éphémère, comme indiqué) pour les inspirer à mieux Le servir et donc à Lui donner du plaisir.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Noa'h 6,9]

Hachem a créé l'homme dans le but d'en faire un être élevé et spirituel, s'élevant au-dessus des animaux et de tout comportement basique.
Hachem a fait de l'homme un être droit, unique parmi toute la création, pour lui montrer qu'il a la possibilité de s'élever et de devenir le sommet de toute vie. L'échec de l'homme dans cette noble mission exigeait la justice ; c'est pourquoi Hachem a provoqué le Déluge.
[Ramban - Noa'h 6,4]
ainsi selon le Ramban, l'effondrement moral qui s'est produit au moment du Déluge a commencé par un manque d'aspiration à la sainteté.

[issu du dvar Torah : https://todahm.com/2023/12/27/noah-la-reelle-raison-du-deluge-le-manque-dambition-spirituelle ]

Tout comme le Séfer Torah irradie la sainteté dans l'aron kodech, le sanctifiant ainsi, l'âme étend sa sainteté au corps.
Celui qui a sanctifié son corps en plaçant l'âme dans une position de primauté peut alors étendre la sainteté (kédoucha) au monde entier.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

Lorsque les mondes restent attachés à leur matérialité, le service parfait de D. leur est inaccessible, mais lorsqu'ils prennent leurs distances et s'extraient de leur matérialité, ils sont capables de servir D. parfaitement.
... Lorsqu'une personne s'éloigne de sa matérialité [chacun selon son niveau, ses attirances au matériel], Hachem lui apparaît.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 2,4 ]

Les désirs sont illimités, alors que les choses nécessaires sont peu nombreuses et restreintes dans certaines limites. Une personne a besoin de nourriture, de vêtements et d'un logement.
Le superflu, en revanche, est sans fin. Ceux qui sont ignorants dans leur pensée souffrent constamment parce qu'ils ne peuvent pas obtenir les nombreuses choses superflues que d'autres possèdent.
Les vertueux et les sages, en revanche, connaissent leur but dans ce monde et ne recherchent que ce qui est nécessaire.
[Rambam - Moré Névou'him 3,12]

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-> Le midrach (Kohélet 1,34) nous dit que celui qui a un en veut deux, celui qui en a deux en veut quatre, et ainsi de suite à l'infini. Ceux qui courent après la richesse ne sont jamais satisfaits.
Comme le dit le midrach : "une personne quittera ce monde en ayant satisfait moins de la moitié de ses désirs". En effet, jusqu'à la fin, il voudra le double de ce qu'il possède.

Le Panim Yafot (Réé 14,22) demande pourquoi le midrach parle d'une progression de un à deux, de deux à quatre? Pourquoi n'a-t-il pas simplement dit : "Celui qui a 1 euro veut 200 000 000 000 euros?"

La réponse est que si une personne réalisait d'emblée qu'elle ne serait jamais heureuse, quelle que soit la quantité de richesse qu'elle possède, elle serait repoussée par la poursuite et passerait sa vie à rechercher quelque chose de plus accessible, de plus significatif et de plus satisfaisant à la place.
Elle s'arrêterait et penserait : "Si je ne suis pas heureux même avec 200 milliards d'euros, à quoi bon essayer? Autant faire quelque chose de valable de mon temps."
La dernière chose que le yétser ara veut, c'est que nous nous rendions compte de la futilité de la poursuite, et c'est pourquoi il essaie une autre tactique : il nous trompe. Il nous fait croire que la raison pour laquelle nous ne nous sentons pas satisfaits est que nous n'en avons pas encore assez, mais qu'une fois que nous aurons atteint 2, nous serons satisfaits. Nous pourrons alors cesser de courir après les choses et poursuivre l'idée qui nous tient à cœur.
Cependant, une fois que nous avons atteint 2, il dit : "Oups, nous avons fait une erreur. Deux n'était pas suffisant, mais c'est seulement à cause de l'inflation. Sans aucun doute, 4 fera l'affaire."
Et ainsi de suite jusqu'à la fin. Comme l'a dit un jour un sage : "les gens n'ont jamais assez de choses dont ils n'ont pas besoin".

"Tant que l'âme ne remplit pas son rôle, son pouvoir s'amenuise"
[Ram'hal - Déré'h Hachem]

[si le corps reste ancré dans les désirs matériels, l'âme est perdante, car elle ne peut pas répandre tout son rayonnement. ]

Les désirs (combat entre matérialité et spiritualité)

+ Les désirs (combat entre matérialité et spiritualité) :

-> Le Ramban (Kédochim 19,2) explique le commandement de la Torah de "kédochim tiyou" (soyez saints). La façon dont nous atteignons la sainteté est de nous abstenir des plaisirs de ce monde. Il nous est ordonné de ne pas être glouton dans nos désirs. Même si la Torah nous autorise à manger tout ce qui est casher, elle attend davantage de nous.
Il est possible pour une personne de courir après ses désirs, qui peuvent même être permis, et d'être engloutie par eux ...

Nous pouvons expliquer ce Ramban (de Kédochim) en nous basant sur un autre Ramban (Nitsavim 29,18), qui explique le fonctionnement des désirs. Plus on les nourrit, plus ils grossissent. C'est le contraire de ce que nous imaginons.
Nous pourrions penser que si nous cédons à nos désirs, nous les apaiserons.
Par exemple, nous pensons que si nous voulons manger un certain aliment, il suffit d'en manger un peu pour que nos désirs disparaissent. C'est le contraire : plus nous y cédons, plus ils deviennent importants et exigeants. Imaginez que vous soyez au régime et que vous ayez devant vous une boîte de biscuits. Vous vous dites : "Je n'en prendrai qu'un seul." Quel que soit le niveau de désir que vous aviez avant de commencer à manger les biscuits, il ne sera rien comparé au désir que vous aurez après en avoir mangé "juste un". En général, ce biscuit se transforme en plusieurs biscuits.

Le Ramban explique qu'il s'agit d'un cycle continu, et que finalement, il deviendra incontrôlable au point que nous devrons étendre nos désirs à des produits non cachers, puisque nous aurons atteint le maximum de nos désirs d'une manière permise.
Plus nous suivons nos désirs, plus nous risquons de transgresser les interdictions.

Cependant, le Ramban ne semble pas dire que c'est là le problème. Il semble, d'après ses mots, qu'il y a un problème à être indiscipliné dans nos désirs. Mais pourquoi?

Nous pouvons peut-être expliquer cette idée en nous basant sur une explication du Ibn Ezra (Nasso 6,7).
Le Ibn Ezra écrit que le plus grand esclave est une personne qui est esclave de ses propres désirs. Lorsque nous suivons nos désirs, nous sommes entre leurs mains, à leur disposition. Lorsque notre yétser ara nous appelle, nous nous mettons au garde-à-vous et répondons : "Hinéni" (me voici!). C'est un véritable esclave.

Le rav Yérou'ham Lévovitz (dans son introduction à Daat 'Hokhma ouMoussar 1,9) écrit qu'il se rend compte qu'il n'est pas sous son propre contrôle ; il est plutôt contrôlé par "les autres" : le yetzer hara.
C'est ainsi que nous pouvons comprendre l'explication du Ramban.
Même si nous ne prenons part qu'à des désirs 100% cachères selon la halakha stricte, nous sommes des esclaves. Chaque fois que le yétser ara nous appelle, nous répondons par l'affirmative, nous avons perdu le contrôle de nous-mêmes.

Le verset nous (Béhar 25,55) dit que nous sommes des serviteurs d'Hachem (éved Hachem). Si c'est vrai, nous ne pouvons pas être esclaves du yétser ara. Soit nous servons Hachem, soit nous servons le yétser ara, nous ne pouvons jamais avoir les deux.
Imaginez un esclave à qui son maître demande de se lever tôt et de lui préparer une tasse de café, et qui résiste parce qu'il a besoin de dormir. Est-il possible qu'il puisse servir son maître s'il a ses propres désirs? Jamais!

Nous devons faire preuve de maîtrise de soi. Ce n'est qu'à cette condition que nous pourrons servir Hachem comme il se doit. La michna écrit : "Annule ta volonté afin de faire la volonté d'Hachem" (batél rétson'ha mipné rétsono - Pirké Avot 2,4).
La clé pour servir correctement Hachem est de contrôler nos désirs.
[au-delà d'une question de halakha, à chaque instant, on a le choix entre soit être au service d'Hachem, soit au service de nos désirs/yétser ara. (la différence peut être très fine, on peut facilement se mentir à soi-même en servant notre propre dieu : notre égo.
Par ailleurs, souvent on peut avoir une intention préalable qui va transformer un acte anodin pour en acte pour Hachem, comme dormir/manger pour mieux le servir.)]

Selon le Or'hot Tsadikim (chaar ahava), notre amour pour quelque chose est parfois préjudiciable. Par exemple, notre amour pour nos enfants peut nous empêcher de les réprimander correctement. Il donne sept exemples de cette idée. Il écrit que le pire de tous est notre amour du luxe.
Une personne qui aime le luxe et qui poursuit constamment ses désirs oubliera Hachem.
C'est l'un ou l'autre!
[Hachem vient là où on Le laisse venir en nous, et si on est déjà rempli par nos "moi je veux", "moi je suis", alors il ne reste plus beaucoup de place pour Hachem.
En ce sens, Hachem dit au sujet d’un orgueilleux : "Moi et Lui, nous ne pouvons pas demeurer ensemble!" (guémara Sotah 5a). ]

De même, le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béhar 25,35) écrit que le corps et l'âme sont comme une balançoire à bascule : lorsque nous accordons de l'attention à nos désirs physiques, notre désir de spiritualité diminue, et vice versa.

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-> [chacun doit reconnaître les désirs qui lui sont vraiment nécessaires, de ceux qui sont superflus.
On a vu que plus on nourrit nos désirs, plus on en a envie, et donc plus on s'expose à de la frustration si on n'arrive pas à combler ce manque toujours plus conséquent. ]

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Kédochim 19,2) écrit que si notre intention principale dans tous nos désirs est d'accomplir la mitsva et de servir Hachem, et non notre bénéfice personnel, cela n'aura pas d'effet négatif sur nous. Même si, logiquement, la relation devrait attiser nos désirs, Hachem nous protégera si nous avons les bonnes intentions.

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+ Tout commence dans l'esprit :

-> Il est très important de comprendre que le moteur de nos désirs se trouve dans l'esprit.
Rachi (guémara Béra'hot 61a) écrit que le yétser ara nous attaque dans notre processus de pensée.
Même si les yeux alimentent le yétser ara, sans l'esprit, les yeux n'enregistreraient pas ce qu'ils voient. Ce sont nos désirs qui nous poussent à regarder. C'est pourquoi, lorsque la Torah (Chéla'h Lé'ha 15,39) nous met en garde contre les mauvaises pensées, elle dit d'abord : "Ne suivez pas vos cœurs et vos yeux." Si les yeux étaient le déclencheur, la Torah ne commencerait-elle pas par dire "Surveillez vos yeux" avant de parler du cœur?
Les yeux ne sont guidés que par notre esprit. Si nous voulons prendre le contrôle de nos désirs, cela doit commencer par l'esprit, et non par les yeux.

C'est également pour cette raison qu'il nous est enseigné dans Avor déRabbi Nathan (20,1) que quelqu'un qui a des pensées de Torah à l'esprit n'aura pas de pensées pour d'autres désirs.
La seule façon de combattre nos esprits est de les remplir de Torah. [qui d'un côté purifie notre intériorité, mais surtout occupe notre esprit ne le laissant pas disponible à de mauvaises pensées. ]
C'est pourquoi le Rosh (Or'hot 'Haïm 76) écrit qu'une personne ne doit pas séparer son esprit de la Torah ou des pensées de moussar. C'est la seule façon de contrôler nos pensées.
Le Rambam (Issouré Bia 22,21) écrit que seul un esprit vide de Torah verra d'autres pensées y résider. Plus nous remplissons notre esprit de pensées adéquates, plus les pensées inappropriées seront repoussées.

-> Nous disons à la fin du Amida : "A'haré mitsvoté'ha tirdof nafchi" (que mon âme poursuivre Tes mitsvot). Pourquoi ne faisons-nous pas simplement une prière pour pouvoir accomplir les mitsvot? Quel est le but de courrir, de poursuivre les mitsvot?
Courir pour faire les mitsvot montre où se trouve notre cœur (ce qu'on souhaite réellement), et nous prions pour qu'Hachem instille dans nos cœurs le désir de faire les mitsvot, et pas seulement de les accomplir (par obligation/forcé, par habitude).

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-> Selon le rav El'hanan Wasserman, la véritable raison pour laquelle les gens nient la présence d'Hachem est parce qu'ils sont aveuglés par la volonté de suivre leurs désirs et que, pour le faire sans mauvaise conscience, ils "enlèvent Hachem de l'image".

-> Le rav Eliyahou Desser explique que la racine de tout désir est le trait de caractère d'être un preneur (JE veux pour MOI), intéressé par ses propres plaisirs et désirs.
[en ce sens, plus on court après nos désirs matériels, plus on développe notre caractère d'être un preneur. ]

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-> Nos Sages nous enseignent que la source de la méchanceté de la génération était leurs yeux corrompus.

La guémara (Sanhédrin 108a) dit : "La génération du Déluge est devenue hautaine à cause de son globe oculaire".
Rachi explique qu'en raison de leur immense prospérité, ils sont devenus hautains et ont commencé à courir après toutes les convoitises et tous les désirs sur lesquels ils posaient les yeux.

Le Maharcha ajoute que si quelqu'un regarde vers le bas ou loin de choses inappropriées, ses globes oculaires ne peuvent pas être vus par les autres.
Cependant, s'il veut assouvir ses désirs, il relève la tête et ouvre grand les yeux pour regarder autour de lui. De cette manière, ses globes oculaires deviennent visibles par tout le monde.
L'ayin ra qui était grand ouvert et à la recherche de plaisirs et de complaisance les a conduits sur le chemin de la destruction spirituelle.

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+ Le premier péché du monde

Quelle était la source de l'ayin ra dans le monde?

-> Le Chlah haKadoch écrit que la raison pour laquelle Avraham a voulu descendre en Egypte était de purifier et de nettoyer le léger soupçon d'impureté qui subsistait de la faute d'Adam HaRishon.

Hachem avait interdit à Adam et à sa femme, 'Hava, de manger de l'arbre de la Connaissance (éts hadaat). Pourtant, le verset nous dit : "La femme vit que l'arbre était bon à manger et qu'il était un plaisir pour les yeux" (Béréchit 3,6).

Le Kli Yakar explique cela comme suit :
Chaque fois qu'une personne est confrontée à la tentation de fauter, elle subit une lutte entre son yétser ara et son yétser tov. Son yétser tov lui garantit une félicité et un bonheur sans fin dans le monde à venir en récompense de sa résistance à la faute, tandis que le yétser ara le persuade de participer aux plaisirs immédiats de ce monde.
Le yétser ara aveugle la personne avec l'éclat des plaisirs qu'elle peut voir devant elle, lui promettant qu'elle en jouira bien plus que la récompense dans le monde à venir, à propos duquel le pasouk écrit : "L'œil ne les a jamais vus",

Les mots du verset : "Et la femme vit" signifient que 'Hava a accepté l'affirmation du yétser ara selon laquelle les désirs de ce monde, que l'on peut voir avec les yeux, l'emportent sur la récompense inconnue et non encore vue offerte dans le monde à venir.

Le tout premier péché de l'histoire du monde tournait autour de l'ayin ra de l'homme qui suivait ses yeux pour s'adonner à aux désirs.
Et tout acte de désirer nécessite de fermer les yeux sur la présence d'Hachem, car on ne peut pas fauter si l'on sait qu'Hachem nous regarde et qu'il nous punira si nous Lui désobéissons.
C'est ainsi qu'à un degré infiniment petit, Adam est qualifié d'hérétique par nos Sages. À son niveau élevé, il y avait un certain déni de la Présence et du contrôle d'Hachem sur le monde qui a permis à Adam d'ignorer le commandement d'Hachem et de se livrer à la convoitise/désir de ses yeux.

Ce petit défaut est devenu inhérent à l'humanité et s'est manifesté dans les générations du Maboul et de la Tour de Bavél.
C'est ce défaut que le peuple juif a cherché à éradiquer lorsqu'il est entré dans Egypte, la terre de tsarout ayin.

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-> Le rav 'Haïm Friedlander explique que quelqu'un qui est en proie à une taava (un fort désir), alors son désir est si puissant qu'il chasse de son esprit tout sentiment sain de crainte du Ciel.
Il est vrai qu'il aurait peur de fauter dans des circonstances normales, mais dans les tourmentes de son fort désir, il oublie toutes les autres préoccupations, aussi terrifiantes soient-elles.

Le rav Friedlander note que tout comme la taava (fort désir) repousse la crainte du Ciel, l'inverse est également vrai. La crainte du Ciel éloigne la taava.
Par conséquent, il faut essayer d'accroître sa crainte du Ciel pour éloigner la taava. Aussi souvent que possible, il faut se rappeler que ce monde n'est pas libre (il y a un Maître du monde, il faudra rendre des comptes de tout, ...).
Il ne fait aucun doute que chacun est tenu responsable de sa mauvaise conduite et puni pour cela, que ce soit dans ce monde ou dans l'autre. Ce mode de pensée développe la crainte du Ciel.

[ainsi nous sommes responsable d'avoir en nous de la crainte du Ciel, comme barrière/espace de sécurité pour ne pas en venir à être soumis à nos désirs interdits.
En l'absence, nous sommes responsables d'y être tombés, car nous ne nous en sommes pas prémunis. ]