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Les souffrances (3e partie)

+ Les souffrances (3e partie) :

4°/ Les punitions viennent sur nous avec une précision totale (100% mesurée et sous contrôle de D.) :

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein souligne que même lorsque Hachem juge nécessaire de punir, Il n'envoie pas plus de souffrances que ce qui est absolument nécessaire. La personne reçoit exactement la quantité de souffrance nécessaire ; rien n'est aléatoire. En fait, au moment même où Hachem punit une personne dans un domaine, Il la couvre de bonté et prend soin de ses autres besoins.

Dans les mots du rav Levenstein (Ohr Yé'hezkel - Emouna) :
"L'essence de la émouna dans la sortie d'Egypte est la croyance en la "hachga'ha pratit" (la Providence Divine). Cela signifie qu'Hachem supervise et gère chaque détail de notre vie ...
Le verset dit : "Et comme [les égyptiens] ont affligé [les juifs], ils se sont développés et sont devenus forts" (Chémot 1,12).
La hachga'ha' pratit d'Hachem a toujours été présente, même pendant les périodes d'affliction et de douleur. En effet, tout est mesuré et pesé, même les souffrances, et personne ne reçoit plus de souffrance que ce qu'Hachem a décrété.
C'est pourquoi la volonté d'Hachem était que, pendant la période des souffrances, le peuple juif s'agrandisse et devienne fort.
Car Hachem ne cesse d'observer et de guider le monde, ne serait-ce qu'un instant!"

-> Le Steïpler ('Hayé Olam - vol.2,chap.13) écrit :
"Il faut savoir que les souffrances ne sont pas envoyés à une personne "plus ou moins" [de façon approximative], comme quelqu'un qui verse une grande quantité [qui ne prend pas soin d'être précis], mais plutôt avec une extrême précision.
Ceci est clair d'après la guémara (Arakhin 16b) qui dit que même si quelqu'un met sa main dans sa poche pour sortir 3 pièces et finit par n'en sortir que deux, ceci [c'est-à-dire le fait qu'il doive se donner la peine de remettre sa main dans sa poche pour sortir une autre pièce] est également considéré comme des souffrances.
Et dans la guémara (Avoda Zara 53a) : ... une maladie (souffrance) est établie avec un serment de l'heure précise où elle partira, ne restant pas un instant de plus.
Et dans la guémara ('Houlin 7b), il est dit : "On ne se cogne pas le doigt à moins que cela n'ait été décrété d'en haut".
Nous voyons ici que chaque détail des souffrances provient d'un décret spécifique de la Cour céleste.

Il faut également comprendre que les souffrances sont envoyées avec miséricorde [c'est-à-dire que dans ce monde Hachem considère une petite quantité de souffrance comme une grande quantité ].
Nos Sages (Sifri - Vét'hanan 6,5) ont également déclaré qu'Hachem dit : "Toi et ton cœur, vous savez que les fautes que vous avez commis et les souffrances que je vous ai donnés sont inférieurs à ce que vous méritez". [Car même un être humain, avec sa compréhension limitée, peut comprendre que, selon la stricte lettre de la loi, il mérite une punition bien plus importante que celle qu'il a reçue]. Mais Hachem, dans Sa grande miséricorde, considère le peu comme beaucoup."

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-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hout moussar 98) enseigne :
"Le Rocher! Son œuvre est parfaite, car toutes ses voies sont justes, un D. fiable, qui ne fait pas le mal" (Haazinou 32,5).
En décrivant les louanges d'Hachem, le verset dit qu'Hachem "ne fait pas de mal".
Le rav Its'hak Blazer demande : Quelle sorte de louange y a-t-il à dire que les jugements d'Hachem ne contiennent "aucune erreur" (qui ne fait pas le mal)? Les jugements des êtres humains ne doivent-ils pas eux aussi être exempts d'erreurs? Est-il permis aux gens de juger de manière incorrecte?

Le rav Blazer répond que, de par leur nature même, les jugements humains contiennent toujours une part d'erreur et de faute, même lorsqu'ils sont censés être exacts et justes. En effet, il n'est pas humainement possible de mesurer avec précision la gravité d'une faute. Il est également impossible de calculer exactement la peine que le fauteur mérite. Tout ce que le juge peut faire, c'est estimer, selon ses capacités [limitées humaine], la faute commise et la punition qu'elle mérite, et statuer en conséquence. [Les jugements d'Hachem, en revanche, sont calculés et administrés avec une perfection et précision totales].
C'est le sens de l'éloge selon lequel les jugements d'Hachem ne font "pas de mal", car les jugements d'Hachem sont tout à fait exacts, la punition étant absolument adaptée à la faute.

Nous pouvons ajouter à cela que l'exactitude des jugements d'Hachem ne se limite pas au fait que la punition corresponde exactement au crime (faute), mais qu'elle comporte également un aspect supplémentaire. En ce qui concerne les jugements d'Hachem, le verset déclare : "Les jugements d'Hachem sont vérité : ils sont parfaits tous ensemble" (Téhilim 19,10). Les commentateurs expliquent que le verset oppose les jugements d'Hachem à ceux d'un tribunal humain.
Dans un tribunal humain, le jugement ne prend en compte que le fauteur lui-même, bien que sa punition affecte indirectement d'autres personnes, telles que sa famille et ses amis. Parce que leur souffrance indirecte n'est pas prise en compte, ces personnes finissent par être punies elles aussi, sans qu'il y ait eu faute de leur part.
C'est parce qu'un juge humain n'est pas capable de prendre en compte toutes les personnes qui seraient affectées par la punition, mais seulement le criminel lui-même.
Les jugements d'Hachem, en revanche, qui sont "vrais et justes ensemble", prennent tout en compte. Ses punitions ne font souffrir personne qui ne mérite pas cette souffrance.
Il s'ensuit que si la femme et les enfants d'un individu ne méritent pas cette souffrance, Hachem ne le punira pas, malgré le fait qu'il la mérite.
[ainsi personne ne souffre directement ou indirectement, sans qu'Hachem ne le valide avec ]

Cette idée est également incluse dans l'affirmation du verset selon laquelle le jugement d'Hachem ne contient "aucune erreur", que même la souffrance de la famille et des amis d'une personne est mesurée avec précision.

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-> Nous devons cependant nous garder de considérer la récompense et le châtiment divins de la même manière lorsque nous analysons les événements de notre vie. Il est trop facile de tomber dans le piège inconscient de penser à Hachem en termes humains (l'homme est limité dans sa compréhension, dans ses pouvoirs, ...).
Si quelqu'un tombe malade, par exemple, nous pouvons conclure, d'une manière générale, qu'Hachem a voulu que cela se produise. Mais cela ne tient pas compte de l'ampleur et de la complexité de ce qui se passe. "Tomber malade" implique un grand nombre de détails. Quelles parties du corps seront touchées, à quel degré et pour combien de temps? Quel sera l'impact de la maladie sur le bien-être émotionnel du patient? Ses finances seront-elles affectées? Qu'en est-il de la famille du malade?
Il est clair qu'une maladie a une multitude de ramifications! Pourtant, tout cela, et bien plus encore, est pris en compte dans le jugement divin et exécuté avec une précision parfaite. La perfection d'Hachem n'exige rien de moins.

Lorsqu'Hachem prononce une sentence, le châtiment du fauteur est mesuré avec précision. Même lorsqu'il punit un individu, Hachem tient compte de tous ceux qui peuvent être affectés indirectement par cette punition. Personne n'est autorisé à souffrir injustement, même dans la moindre mesure.

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5°/ Hachem dépasse notre compréhension :

-> Lorsqu'une personne qui a de la émouna fait l'expérience de la souffrance, que ce soit chez elle ou chez les autres, elle essaie automatiquement de comprendre la raison d'Hachem derrière cette souffrance. Nous avons tous ce penchant ; il nous est très difficile d'accepter que certaines choses dépassent notre compréhension.

Le Ram'hal (Déré'h Hachem) précise :
"Il faut savoir que la véritable essence d'Hachem ne peut pas être saisie du tout. La seule chose que l'on puisse savoir, c'est que Son existence est parfaite et qu'il n'y manque rien. "

Ailleurs, le Ram'hal (Daat Tévounot 46 & 54 & 80) enseigne :
L'essence d'Hachem nous est totalement incompréhensible ... La règle est que tout ce qu'un homme peut imaginer dans ses pensées n'est certainement pas Son Essence, puisqu'Il est au-dessus de toute pensée ou idée, et n'a rien de comparable à celui d'une créature ...

Il faut savoir que chaque action d'Hachem est merveilleuse, infiniment large et profonde, comme il est dit : "Que Tes actions sont grandes, Hachem!" (Téhilim 92,6).
Même la plus petite des œuvres d'Hachem contient une sagesse si grande et si profonde qu'il est impossible d'en sonder complètement les profondeurs, comme il est dit : "Tes pensées sont très profondes" (Téhilim 92,6).
Il en ressort que nous ne pouvons pas du tout comprendre l'essence des actes d'Hachem ; seule leur apparence superficielle peut être vue, mais leur véritable nature intérieure est cachée.
En effet, la nature profonde de toutes les œuvres d'Hachem est une pure bonté, sans aucun mal, et à l'heure actuelle, cela ne peut certainement pas être vu ou compris ...

Hachem a de nombreux noms. Mais ces noms ne sont pas Son Essence, mais plutôt des descriptions de la façon dont Il se rapporte à nous ... car en raison de Sa perfection, il est impossible de se référer à Lui par un quelconque nom, puisque nous ne pouvons pas comprendre Sa perfection, et nous ne pouvons pas donner un nom à quelque chose que nous ne saisissons pas.
Tous les traits de caractère d'Hachem que nous mentionnons sont Ses actions ... Mais il ne faut pas croire que lorsque nous disons qu'Hachem est miséricordieux, c'est pour dire que Son Essence est miséricordieuse, de la même manière que nous dirions qu'un être humain est miséricordieux, c'est-à-dire qu'il est né avec une certaine nature ... il ne faut pas du tout penser ainsi, car il est totalement impossible de comprendre Hachem Lui-même.
Lorsque nous disons qu'Il est miséricordieux, nous voulons seulement dire qu'Il désire agir en utilisant un certain trait de caractère, c'est-à-dire le trait de la miséricorde, un trait qui ne Le décrit pas, mais plutôt la façon dont les êtres humains Le perçoivent ... Son Essence réelle, qui est entièrement parfaite, transcende certainement tous ces traits."

=> Hachem est au-delà de toute description, de tout ce que nous pouvons nous représenter dans notre esprit ou imaginer. Même nos descriptions de la perfection ne peuvent rendre compte de son essence, qui est fondamentalement inconnaissable.

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-> Puisque nous ne pouvons pas nommer ce que nous ne pouvons pas comprendre, il s'ensuit que les noms d'Hachem ne décrivent pas Son Essence, mais plutôt Ses actions. L'essence d'Hachem est inconnaissable ; nous ne pouvons comprendre que la façon dont Il se rapporte à notre monde.

Selon le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 2,2) :
"Quelle que soit la petite compréhension que nous pouvons avoir d'Hachem, quels que soient les descriptions, les noms et les traits de caractère que nous utilisons pour L'appeler et Le décrire, comme nous le trouvons dans la Torah et dans nos prières, tous ne font que décrire la manière dont Hachem se connecte à l'univers et aux forces qui s'y trouvent depuis le moment de la Création : en les maintenant dans l'existence, en leur donnant la vie et en les contrôlant, selon Sa volonté, béni soit Son Nom."

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[souvent le plus dur dans une souffrance, c'est de ne pas comprendre la logique. Nous devons accepter que tous les aspects de la souffrance (durée, intensité, ...) sont décrétés par Hachem, qui est le seul à pouvoir la comprendre dans ce monde actuel limité, pour notre bien ultime. ]

Les souffrances (2e partie)

+ Les souffrances (2e partie) :

2°/ La bonté d'Hachem, toutes ses actions proviennent de Son amour pour chaque juif :

-> Hachem a créé le monde uniquement pour notre bénéfice, et non pour le sien. Hachem Lui-même n'a pas besoin de nous ni de nos actions ; que nous suivions la Torah ou non n'affecte que nous-mêmes.
Comme le dit le midrach (Béréchit rabba 44,1) : "les mitsvot ont été données dans le seul but de raffiner l'humanité".
Le Ramban (Ki Tétsé 22,6) explique : "La réalisation des mitsvot ne donne rien à Hachem, mais seulement à la personne qui les accomplit. Les mitsvot protègent une personne des dommages, des fausses croyances ou des mauvais traits de caractère, ou elles lui rappellent certains miracles accomplis par Hachem".
Puisque la seule motivation d'Hachem pour créer l'univers était la bonté, il s'ensuit que tout ce qui se passe dans le monde est bon. Même lorsque quelque chose semble mauvais, nous pouvons être sûrs qu'il s'agit en fait d'une bonté cachée qui provient de l'amour d'Hachem, même si le fait de savoir comment il en est ainsi peut, à l'heure actuelle, être au-delà de notre capacité à le comprendre (cela nous sera accessible qu'après notre mort, libre arbitre et limitations humaines obligent).

-> Le but de la création [de l'univers] était [le désir] pour Hachem de donner de sa bonté aux autres.
[Ram'hal - Déré'h Hachem - vol.1 , 2:1]

-> Nous savons qu'Hachem ne désire que faire le bien et qu'Il aime Ses créations comme un père aime son fils.
Cependant, cet amour même motive parfois le père à châtier son fils, afin qu'il en tire un bénéfice à long terme (pour son bien ultime). Comme le dit le verset : "car de même qu'une personne châtie son fils, de même Hachem, votre D., vous châtie" (Ekev 8,5).
Il apparaît que le jugement et la punition proviennent en fait d'une source d'amour.
La réprimande d'Hachem ne ressemble pas à l'attaque d'un ennemi en quête de vengeance, mais plutôt à celle d'un père qui désire ce qui est bon pour son fils.
[Ram'hal - Déré'h Hachem - vol.2 , 8:1]

=> Savoir que les souffrances proviennent de l'amour d'Hachem et qu'elles sont pour notre bien est très bénéfique.
Vivre avec des sentiments destructeurs de tristesse ou de colère contre Hachem est simplement une erreur. Dans la mesure où nous pouvons ressentir la vérité de ce concept, nous pouvons remplacer ces émotions négatives par une attitude optimiste et positive.

-> Ailleurs, le Ram'hal (Daat Tévounot) enseigne :
Le verset dit : "Comme une personne châtie son fils, Hachem, ton D., te châtie" (Ekev 8,5).
Cela signifie que la manière dont Hachem réprimande le peuple juif n'est pas une manière de se venger ou d'attaquer un ennemi, mais plutôt une manière d'aimer, car Hachem aime [chaque juif] comme un père aime son fils ...

Il en résulte deux avantages :
La réprimande [d'Hachem] elle-même, même lorsqu'elle est exécutée, n'est pas faite avec cruauté, mais avec une grande douceur ...
Puisque même lorsque Hachem punit Ses créations, Sa motivation sous-jacente est seulement d'être miséricordieux et de leur faire du bien, si parfois Il voit que celui qui est jugé ne peut pas supporter le jugement, Il le traitera avec miséricorde.

Comme nous l'avons dit, la réprimande d'Hachem vient de l'amour, comme le dit le verset : "Et le père qui aime son fils le châtie" (Michlé 13,24). Car un père qui aime son fils ne veut pas que son fils soit plein de mauvais traits de caractère. C'est pourquoi, parce qu'il l'aime, il développera une stratégie pour le traiter, avec une grande sagesse, jusqu'à ce qu'il prenne le bon chemin.
À partir de ce moment-là, "le père d'un juste est au comble de la joie" (Michlé 23,24) = le père se réjouit de son fils, qui chérit son père et accomplit sa volonté.

Nous voyons donc que l'amour du père le pousse à chérir son fils et à le récompenser largement lorsqu'il se comporte bien. Et c'est cet amour même, le désir de ce qui est bon pour le fils, et non de ce qui lui est nuisible, qui poussera le père à le punir s'il se comporte mal.
Cet amour incitera également le père à faire preuve d'équité dans la discipline de son fils : "La main gauche repousse, la main droite rapproche". (Voir Sotah 46a.).

=> La sensibilité avec laquelle Hachem nous inflige des souffrances reflète l'amour et la bonté qui Le motivent à le faire.
Contrairement à un monarque en colère qui s'acharne sur le serviteur qui lui a désobéi, les châtiments d'Hachem sont exécutés avec douceur et miséricorde.

Afin de considérer la souffrance sous le bon angle, le Ram'hal propose l'analogie suivante : il arrive qu'un médecin inflige une douleur à un patient afin de le guérir d'une maladie beaucoup plus grave. Il s'agit clairement d'un acte de compassion et non de cruauté. Si nous réalisions que les souffrances infligées par Hachem le sont pour la même raison, nous ne ferions que l'aimer davantage!

En ce sens le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.19) écrit :
"Nos Sages nous disent que "tout ce que fait Hachem est pour le bien" (Béra'hot 60b). Cela signifie que même la souffrance et les problèmes, qui semblent mauvais, sont en fait absolument bons.
On peut comparer cela à un médecin qui ampute le membre d'un patient afin de sauver le reste de son corps. L'acte du médecin semble cruel, mais il s'agit en fait d'un acte de miséricorde, réalisé dans le but d'améliorer la situation du patient à long terme. À l'égard d'un tel médecin, le patient ressent plus d'amour, et non moins!

Il en va de même pour Hachem. Lorsqu'une personne réalise que tout ce qu'Hachem lui fait, physiquement et financièrement, est pour son bien, même si elle ne peut pas voir ou comprendre en quoi cela est bon, alors aucune douleur ou difficulté ne diminuera son amour pour Hachem.
Au contraire, cet amour se renforcera et s'accroîtra constamment."

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-> Nous venons de voir que selon le Ram'hal lorsque Hachem punit un fils (un juif), ce n'est pas par désir de vengeance, mais plutôt comme une expression d'amour, pour aider cette personne à s'améliorer.
Ce principe est également énoncé par le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm 4,22) :
"La règle est qu'Hachem ne se venge pas comme les êtres humains, mais plutôt comme un père qui se soucie de son fils" (Michlé 3,12). Cela signifie que le désir d'Hachem de nous châtier est comme celui d'un père à l'égard de son fils.
De même qu'un père a pitié de son fils et ne veut pas le faire souffrir, mais qu'il le châtie néanmoins pour qu'il améliore son comportement, de même Hachem châtie ceux qu'Il aime."

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-> La façon de libérer son cœur de toute tristesse ou inquiétude concernant les choses du monde, même en ce qui concerne "les enfants, la vie et la subsistance", est de suivre l'enseignement de nos Sages selon lequel "tout comme une personne bénit Hachem pour sa bonne fortune, [elle doit aussi Le bénir pour son malheur]" (guémara Béra'hot 54a), ce que la guémara (Béra'hot 60b) explique comme signifiant que l'on doit accepter ses difficultés avec joie, tout comme on se réjouit d'une bonté qui est révélée et manifestement bonne. La raison en est que le malheur est également bon ; cependant, parce qu'il provient du "monde de la dissimulation", qui est au-dessus du "monde de la révélation", les êtres humains ne le reconnaissent pas comme tel.
[rabbi Shnéour Zalman de Liadi - Tanya - chap.26]

-> Dans le même ordre d'idées, le Tanya écrit ailleurs que tout ce qui arrive est bon ; parfois ce bien est révélé, d'autres fois il est caché. Comme nous l'avons vu précédemment, le bien "caché/dissimulé" est en fait beaucoup plus puissant et descend d'une source plus élevée.
[ce qui nous semble mal, souffrance, ... provient d'une source plus élevé : le "monde de la dissimulation", et ainsi d'une dose de "mal" apparent en réalité Hachem nous comble de bontés, beaucoup plus que de ce qui nous semble apparemment comme bien. ]

Le Tanya (Iguéret haKodech 11) enseigne :
"La vérité est que rien de mauvais ne vient d'en-Haut et que tout est bon, mais à cause de la grandeur et de l'énormité de ce bien, il n'est pas perçu comme tel.
Cette croyance est la principale émouna pour laquelle une personne a été créée."

-> Lorsqu'une personne subit une souffrance, elle ne doit pas la considérer comme mauvaise, car sa source est bonne, puisque seule la bonté parfaite vient d'Hachem, et rien de mauvais.
[rabbi Shnéour Zalman de Liadi - Likouté Torah - paracha 'Houkat 62a]

[ Hachem ne fait pas de mauvaises choses, lorsqu'un événement apparemment mauvais se produit, il doit, en réalité, être bon, même si nous ne pouvons pas voir pourquoi ou comment. C'est cela la vraie émouna, tout n'est que pour notre bien, même si sur le moment tout semble nous indiquer le contraire. ]

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-> L'Alter de Kelm note que même les punitions d'Hachem sont souvent données dans un "bel emballage", ce qu'une personne censée remarquera et appréciera.

Il écrit : Même lorsqu'un homme est jugé et puni avec douleur, il peut encore trouver le "beau papier d'emballage", les "épices odorantes" (comme avec Yossef dans la caravane pour aller en Egypte) qui accompagnent tout ce qu'il doit endurer. Même dans la punition elle-même, on peut trouver l'amour d'Hachem pour Son enfant unique, le peuple juif.

Dans l'extrait suivant, le Chofetz Chaim souligne à quel point l'amour d'Hachem est grand pour chaque juif - et que nous devrions particulièrement nous en souvenir dans les moments difficiles.
-> Il ne faut pas devenir amer face à une situation difficile. On doit plutôt puiser sa force auprès d'Hachem, car tout arrive d'Hachem, et l'amour d'Hachem pour une personne est plus grand que l'amour qu'elle pourrait se porter à elle-même.
['Hafets 'Haïm - Chem Olam - Epilogue]
[ Hachem peut tout, Hachem aime chaque juif plus que nous ne pourrions nous aimer, alors comment penser qu'il peut décréter une mauvaise chose sur nous. ]

-> "L'intensité de l'amour d'un père pour son enfant est bien connue ; elle dépasse même l'amour du père pour lui-même ... Nous pouvons donc déduire à quel point la miséricorde et la bonté d'Hachem sont grandes pour Son peuple, les juifs."
[rav Yé'hezkel Levenstein - Ohr Yé'hezkel - Emouna - p.224]

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+ En résumé :

-> Lorsque des difficultés surviennent, nous pouvons avoir l'impression qu'Hachem est en colère contre nous parce que nous avons fauté et que nous nous vengeons. Mais c'est une erreur : nos fautes n'affectent en rien Hachem.
La souffrance qu'Il nous envoie ne vient pas de la haine, mais plutôt de l'amour, d'un désir de nous aider, même après que nous ayons trébuché et que nous ayons besoin de Son aide.

En fait, une grande partie des difficultés rencontrées par les gens avec le concept de la punition d'Hachem provient du malentendu ci-dessus ; les gens pensent qu'Hachem réagit avec colère parce qu'ils Lui ont désobéi.
Comme nous l'avons expliqué, c'est précisément le contraire qui est vrai. Seul l'amour d'Hachem pour nous le pousse à nous infliger une punition, pour notre bien.
Connaître cette vérité change toute notre vision de la punition et de la souffrance, et en fin de compte, de nous-mêmes.

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3°/ La miséricorde d'Hachem s'applique même aux réchaïm :

-> Nous avons vu que la souffrance et la punition sont l'expression de l'amour d'Hachem pour chaque juif. Mais certaines personnes qui souffrent ont du mal à se sentir ainsi, elles sont convaincues d'être des "réchaim" (le yétser ara nous dévalorise pour nous faire désespérer).

-> Hachem avait de la bonté même envers les égyptiens :
Le rav Avraham Grodzinski explique comment les miracles qu'Hachem a accomplis en Égypte n'étaient pas seulement pour le bénéfice des juifs mais, chose choquante, également pour celui des égyptiens
En dépit de la méchanceté et de la cruauté avec lesquelles les égyptiens soumettaient le peuple juif, Hachem voulait qu'ils aient une chance de grandir et de faire téchouva. À cette fin, Hachem leur a envoyé des souffrances, qui ont le pouvoir de pénétrer au cœur de la personnalité d'une personne et de provoquer d'immenses changements positifs [sur notre attitude, personnalité].
Et c'est effectivement ce qui s'est passé. Le rav Grodzinski montre comment nous assistons à la croissance spirituelle continue de Pharaon et de sa nation.

Il enseigne ainsi (dans son Torat Avraham) :
"Tous les miracles de la sortie d'Egypte, qu'Hachem a accomplis pour enseigner au peuple juif la émouna et la hachga'ha (Providence Divine), ont également été accomplis pour enseigner ces idées à Pharaon et aux égyptiens, comme il est dit : "Et l'Égypte saura que Je suis Hachem" (Vaéra 7,5).
Au début, les "gyptiens n'avaient aucune connaissance d'Hachem. Pharaon demande : " Qui est Hachem, pour que j'écoute sa voix? Je ne sais pas qui est Hachem" (Chémot 5,2).
Mais peu de temps après, Pharaon dit : " Priez pour moi auprès d'Hachem" (Vaéra 8,4). Il connaissait donc Hachem, et il était également conscient du concept de la prière, et de la personne à qui il est le plus approprié de prier.
Peu après, Pharaon dit : " Hachem est le tsadik, et moi et ma nation sommes les réchaïm" (Vaéra 9,27). Pharaon comprend alors les concepts de tsadik et de racha, ainsi que le fait qu'Hachem est un tsadik et que lui, Pharaon, et sa nation, sont des réchaïm. Pharaon admettait ainsi sa faute et se repentait, ce qui lui valut une récompense.
Lorsque Pharaon a dit : "Allez sacrifier à votre Dieu dans le pays" (Vaéra 8,21), il s'agissait déjà d'une action partielle de repentir, et il reconnaissait également le concept des sacrifices.

Les égyptiens, eux aussi, ont connu une croissance spirituelle à la suite des plaies, niveau par niveau.
Certains d'entre eux devinrent "ceux qui craignent la parole d'Hachem" (Vaéra 9,20) ...
Comment ont-ils atteint ce type de croissance, un changement si radical de leur système de croyance, en si peu de temps?

La réponse est par les souffrances. Les miracles dont les égyptiens ont été témoins les ont fait souffrir, et c'est ce qui les a amenés à la perfection dans leurs croyances, quelque chose que les miracles seuls n'auraient pas pu accomplir ...

La perfection de la connaissance qui vient directement des souffrances n'exige pas la perfection du caractère. Au contraire, les souffrances elles-mêmes ont le pouvoir de percer la personnalité d'une personne et de parfaire ses connaissances. Il n'est pas nécessaire pour cela de briser les traits de caractère, même involontairement.
Au contraire, les traits de caractère d'une personne, et en particulier le plus puissant d'entre eux, l'amour de soi, rendront sa émouna forte et puissante, afin de revenir à un état de calme et d'éviter la souffrance qui entre en conflit avec cet amour [de soi].

Les 10 plaies n'étaient pas une vengeance pour le passé (pour ce qu'ils ont fait subir aux juifs), comme le sont les punitions humaines. L'intention d'Hachem était plutôt de rendre meilleurs les égyptiens grâce à ces plaies, qu'ils puissent reconnaitre qu'ils étaient réchaïm et faire téchouva, renvoyant les juifs de leur propre volonté.

D'ici nous pouvons voir la bonté infinie d'Hachem.
Hachem n'a pas seulement enseigné aux égyptiens le chemin de la émouna, avec tous ses détails, par le biais des plaies, malgré leur méchanceté (racha) totale, Il a même voulu leur donner la perfection d'un repentir complet et la clarté de Le connaître.

Même au moment où les égyptiens poursuivaient les juifs dans la mer, Hachem attendait qu'ils fassent téchouva ; peut-être, dans le feu de l'action, alors que la mer se déchaînait devant eux, auraient-ils une pensée de téchouva complète et seraient-ils sauvés."

=> Nous avons vu comment l'amour d'Hachem s'étend à chaque juif, et en fait à toute l'humanité. En ce sens même les cruels égyptiens, qui ont affligé le peuple juif d'un amer esclavage, ont eu l'occasion de faire téchouva, car Hachem se soucie de toutes Ses créations.
Ce concept est également souligné par le rav Yé'hezkel Levenstein, qui citant nos Sages, souligne que lorsque ces réchaïm d'égyptiens se noyaient dans la mer Rouge, Hachem souffrait, pour ainsi dire.
Même si Hachem a puni les égyptiens avec les 10 plaies, il l'a fait dans un esprit de miséricorde, en leur donnant la force de survivre miraculeusement à chaque plaie et l'occasion de faire téchouva.
Ainsi, nous voyons que la bonté infinie d'Hachem s'étend même aux non-juifs, aux réchaïm et aux moments de punition divine. C'est pourquoi elle s'applique d'autant plus à Ses enfants bien-aimés (chaque juif, même le plus fauteur)!

-> Le rav Levenstein (Ohr Yé'hezkel) écrit :
L'Alter de Kelm s'inspirerait de la déclaration de nos Sages (Méguila 10b) selon laquelle, lors de l'ouverture de la mer Rouge, les anges voulaient chanter pour Hachem, mais Hachem leur a dit de ne pas le faire, en disant : "Mes créations se noient dans l'océan, et vous chantez?"
Les anges, ayant vu la bonté d'Hachem et l'ouverture miraculeuse de la mer Rouge, voulaient chanter et Le louer, mais Hachem les en empêcha, car lorsque Ses créations meurent dans l'océan, ce n'est pas le moment de chanter. Hachem souffrait (si l'on peut dire) pendant que les égyptiens étaient punis!

Nous voyons ici que même si l'ouverture de la mer Rouge a été un moment de punition pour les égyptiens, la miséricorde et la bonté d'Hachem n'ont pas cessé pour autant.
La bonté d'Hachem est si grande qu'à ce moment, Il était pour ainsi dire dans la douleur et le deuil, et qu'il était donc inapproprié de chanter.

En fait, cela va encore plus loin. Même lorsque Hachem punit, la punition elle-même, malgré sa sévérité, est donnée avec miséricorde.
Cela est évident dans les plaies de la sortie d'Egypte, où, bien qu'Hachem ait infligé des punitions sévères, Il a néanmoins limité la sévérité de la souffrance en raison de Sa miséricorde.
A titre d'exemple, prenons la plaie des grenouilles, où il est dit "et en toi et en ton peuple, les grenouilles entreront" (Vaéra 7,29), ce que Rachi explique comme signifiant que les grenouilles sont entrées dans leurs estomacs et ont coassé.
Cela devrait nous amener à nous demander : comment les égyptiens sont-ils restés en vie après une telle épreuve?

Mais la réponse est comme nous l'avons dit. Même les punitions d'Hachem proviennent d'un lieu de bonté illimitée.
C'est pourquoi la plaie a été pesée avec précision, pour punir les égyptiens et les faire souffrir, mais en même temps pour les maintenir en vie et ne pas les tuer.
Cela était vrai non seulement pour la plaie des grenouilles, mais aussi pour les autres plaies. Si l'on y réfléchit, on s'aperçoit que le fait que les égyptiens aient survécu à chaque plaie est en soi un véritable miracle, qui atteste qu'Hachem prenait soin d'eux, malgré le fait qu'ils continuaient à Lui désobéir, en ignorant les plaies et les avertissements.

Or, en avertissant les égyptiens avant chaque plaie, Hachem leur donnait de multiples occasions de faire téchouva. En réalité, parce qu'ils ont ignoré ces avertissements et ont continué à Lui désobéir, leur faute s'est aggravée et ils ont mérité une plus grande punition, ainsi dans un sens, les avertissements qu'ils ont reçus ont finalement aggravé leur situation.
Néanmoins, Hachem, dans Son infinie miséricorde, a choisi de leur donner ces avertissements, car ils auraient pu en tirer profit.

C'est ce que reflètent les paroles du prophète : "Rejetez toutes vos fautes ... de dessus vous, et faites-vous un cœur nouveau ... Car je ne veux pas que l'homme meure, mais qu'il se repente de sa méchanceté, qu'il se repente et qu'il vive!" (Yé'hezkel 18,31-32).
Hachem se lève et plaide, pour ainsi dire, avec les méchants : "Levez-vous et faites téchouva! Faites-vous un cœur nouveau ..."

En fait, il est explicite dans les versets que les plaies de la sortie d'Egypte étaient aussi pour le bénéfice des égyptiens. Lors de l'ouverture de la mer Rouge, le verset dit : "et les égyptiens sauront que Je suis Hachem" (Béchala'h 14,4).
Nous voyons clairement que le but de l'ouverture de la mer Rouge était que les égyptiens reconnaissent que "Je suis Hachem". En dépit du fait que les égyptiens étaient complètement méchants (réchaïm), Hachem a défié les lois de la nature et a ouvert la mer dans le seul but de leur donner cette connaissance.
Et bien qu'ils n'obtiennent cette reconnaissance qu'au dernier moment de leur vie, Hachem la considère si importante qu'Il accomplit un miracle pour la leur accorder.
Tout cela est dû au désir infini d'Hachem de faire du bien même aux pires réchaïm, tout en infligeant les punitions les plus sévères, car Ses miséricordes ne s'épuisent jamais et Il essaie d'améliorer la vie des gens sur le long terme.

Après avoir constaté à quel point la bonté d'Hachem s'étend à tous, nous pouvons maintenant faire un kal va'homer : Hachem est si bon même envers les réchaïm non-juifs qui sont punis, parce que chaque être humain a la stature d'avoir été créé à l'image de D., comme il est écrit : "bien-aimé est l'homme, car il a été créé à l'image de D." (Pirké Avot 3,14).
Cette seule raison est suffisante pour qu'Hachem traite chaque être humain avec une miséricorde et une bonté infinies.
A plus forte raison, cela s'applique au peuple juif, dont la stature est encore plus élevée que celle des nations, puisqu'il est dit que "le peuple juif est précieux, car il est appelé les enfants d'Hachem" (Pirké Avot 3,14).
L'intensité de l'amour d'un père pour son enfant est bien connue ; elle dépasse même l'amour du père pour lui-même. Nous pouvons donc déduire à quel point la compassion/miséricorde et la bonté d'Hachem sont grandes pour Son peuple, les juifs."
[rav Levenstein - Ohr Yé'hezkel]

Les souffrances (1ere partie)

+ Les souffrances (1ere partie) :

1°/ Réaliser qu'Hachem fait tout exister et gère chaque détail de notre vie. Rien n'arrive sans cause, et Hachem est la cause de tout :

-> "Le principe de tous les principes [de chaque juif] et le pilier de toute sagesse est de savoir qu'il existe un Être qui a précédé toute chose, et qu'Il est la cause de l'existence de tout ce qui existe".
[Rambam - Hilkhot Yessodé haTorah 1:1]

-> "Il est clair et bien connu que la croyance en la conscience d'Hachem de tout ce qui se passe dans ce monde, ainsi qu'en Sa gestion de toutes les choses, à la fois de manière générale et spécifique, est fondamentale dans la Torah de Moché Rabbénou. Car celui qui nie la connaissance qu'a Hachem de certains êtres, ou le contrôle qu'Il exerce sur eux, nie la Torah tout entière ...
Nous devons croire qu'Hachem est conscient, dans le détail, de chaque individu, qu'il soit haut ou bas [dans la société], de ses actions et de ses pensées, dans le passé, le présent et l'avenir, qu'Il est celui qui les crée, leur donnant leur existence à partir du néant le plus total.
[Ramban - Introduction à Iyov]

-> À partir des grands miracles dévoilés, une personne en vient à croire aux miracles cachés, qui sont à la base de toute la Torah. En effet, on ne peut avoir une part dans la Torah de Moché que si l'on croit que tout ce qui nous arrive est un miracle.
Ce qui nous arrive, tant au niveau collectif qu'individuel, n'est pas simplement la nature qui suit son cours. Au contraire, si quelqu'un réalise une mitsva, il reçoit une récompense, et s'il fait une faute (avéra, il sera puni. Tout est conforme au décret de l'Être suprême.
[Ramban - Bo 13,16 ]

=> le Ramban enseigne qu'Hachem guide le monde en fonction des actions des gens. Toutes nos actions nous affectent donc, que ce soit positivement ou négativement.
Notre monde ne fonctionne pas avec des miracles ouverts ; au contraire, les événements de notre vie semblent être très naturels. Cependant, derrière le voile de la nature, Hachem s'arrange pour que chaque individu fasse l'expérience de ce qu'il mérite, en fonction de ses actions.

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-> Lorsque nous disons qu'Hachem est Un, il ne suffit pas de comprendre qu'Il est Un dans Son existence ... Nous devons également comprendre qu'il n'y a pas d'autre pouvoir que Lui, qu'il n'y a pas d'autre chose qui contrôle Son monde, ou tout autre être dans Son monde, en dehors de Lui, et qu'il n'y a rien qui puisse L'empêcher de faire quoi que ce soit, ou empêcher Sa volonté, et que Son contrôle est unique et complet.
[Ram'hal - Daat Tévounot 36]

=> Il s'ensuit que tout malheur qu'une personne subit vient uniquement d'Hachem, et que Lui seul peut apporter le salut d'une personne, de la manière qu'Il souhaite. Seul Hachem a le pouvoir d'influencer notre vie. [Hachem est Un!]

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-> "De même qu'au moment de la Création de tous les mondes, Hachem, avec Sa puissance infinie, les a tous créés et les a fait naître du néant, de même, depuis lors, chaque jour et littéralement à chaque instant, leur existence, leur ordre et leur subsistance dépendent entièrement du fait qu'Hachem choisit, à chaque seconde, de leur insuffler une force et une vitalité nouvelles. Si Hachem devait s'en priver ne serait-ce qu'un instant, tout retournerait immédiatement au néant ...

C'est pourquoi Hachem porte le nom d' "Elokim", qui signifie "Celui qui contrôle tous les pouvoirs". Il leur donne constamment leur puissance et leur force, et ils dépendent continuellement de Lui pour les faire changer et arranger leur ordre, selon Sa volonté, béni soit-Il."
[rav 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm 1:2]

=> Notre univers semble être un monde de constantes et de prévisibilité. Il est "naturel" que le soleil se lève et se couche, que les gens respirent, que les arbres poussent. Le temps s'écoule, chaque instant n'étant rien d'autre que la continuation de l'instant précédent.
Le rav 'Haïm Volozhin nous enseigne que le contraire est vrai, que rien n'est "naturel". Il n'y a pas d'évidence dans notre monde. À chaque instant, l'univers, avec tous ses détails complexes, est recréé. La Création du monde est un processus continu.
Le passé ne dicte pas l'avenir. Si le temps semble s'écouler naturellement, c'est parce qu'Hachem a conçu les choses de cette manière, dissimulant ainsi la recréation qui s'opère en permanence.
[Hachem est impliqué à chaque seconde derrière toute chose de ce monde. ]

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+ Rien n'existe si ce n'est Hachem :

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel - Emouna) enseigne :
Les yeux d'une personne l'incitent à voir la nature comme si elle fonctionnait toute seule, et on ne réfléchit pas à sa véritable essence et à sa signification ...

Nous devons plutôt savoir ce que le Ram'hal (Daat Tévounot) écrit :
"Celui qui croit en l'unicité d'Hachem, et qui comprend ce que cela signifie, doit croire qu'Hachem est Un et le seul ; que rien ne peut L'empêcher d'accomplir Sa volonté de quelque manière que ce soit. Au contraire, c'est Lui seul qui gouverne tout. Cela signifie que non seulement aucune force ne peut agir contre Lui, mais qu'Il est Lui-même Celui qui crée le bien et le mal, comme le dit le verset : " Celui qui façonne la lumière et crée les ténèbres, qui fait la paix et crée le mal, Je suis Hachem, qui fait tout cela" (Yéchayahou 45,7).

Il nous semble qu'il existe un ordre naturel, qu'il y a une cause et un effet, chaque cause ayant un effet spécifique. Cela nous fait penser qu'il existe des "lois de la nature" qui dictent la façon dont les choses doivent fonctionner. Cependant, nous devons réaliser que la réalité est que tout est de la main d'Hachem ; tout est spirituel, sans aucune place pour la matérialité.
Le fait qu'il semble y avoir de la matérialité dans le monde est l'une des merveilles d'Hachem. Mais la vérité absolue est qu' "il n'y a rien d'autre pour Lui", nulle part.
Dans l'univers entier, il n'existe rien d'autre que la spiritualité. C'est Sa seule volonté qui maintient le monde dans l'existence.
Ce n'est que pour les êtres humains, dont la perspective est limitée, que le monde semble contenir une réalité physique/matérielle et un ordre naturel.

Pour en revenir au verset de Yéchayahou, selon lequel Hachem "fait tout cela", le Ram'hal explique que cela signifie que "non seulement il n'y a pas d'ange ou de puissance secondaire aux commandes, mais Hachem supervise en réalité chaque partie de la création dans ses moindres détails. Rien n'est créé dans Son monde si ce n'est par Sa volonté et par Lui ...".

[Après avoir développé ce thème, le rav Levenstein conclut :]
La vérité est qu'il n'y a aucune réalité dans le monde en dehors de Sa volonté.
De même que nous comprenons que les miracles n'ont pas de cause naturelle, de même l'essence même de la nature est un miracle. La seule différence entre les deux est que les miracles sont manifestement surnaturels, alors que la nature semble être réelle, pour les êtres humains, avec leur compréhension limitée de la réalité.

L'émouna complète va bien au-delà de la croyance fondamentale en l'existence d'un Créateur qui a créé l'univers tout entier.
Même les nations païennes y croient généralement... À plus forte raison, la nation juive, à laquelle Hachem s'est adressé personnellement à Har Sinaï, n'est pas étonnée d'avoir un lien naturel avec la émouna ! En outre, il suffit d'un peu de contemplation pour voir clairement que le monde a un Créateur et un Guide.
[...]

La émouna complète va bien au-delà de la croyance fondamentale en l'existence d'un Créateur qui a créé l'univers tout entier.
Même les nations non-juives y croient généralement ... À plus forte raison, la nation juive, à laquelle Hachem s'est adressé personnellement au mont Sinaï, n'est pas étonnée d'avoir un lien naturel avec la émouna. En outre, il suffit d'un peu de contemplation pour voir clairement que le monde a un Créateur et un Guide.

Mais plutôt, le principal défi pour parvenir à une emouna complète est de travailler à reconnaître la fausseté de la relation "de cause à effet" ; de réaliser qu'il n'y a aucune cause dans le monde en dehors de la volonté d'Hachem. Et non seulement il faut se rendre compte de manière générale que la relation de cause à effet est fausse, mais il faut aussi se détacher complètement de toutes les "causes" qui occupent les pensées des gens.
Une personne doit connaître ces principes et vivre selon eux, en acceptant que ces "causes" n'existent pas du tout et que l'idée que nous contrôlons notre propre vie est complètement absurde.
Ce principe est le principal domaine de la avoda. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons reçu tous les prières et bénédictions (béra'hot), pour inculquer en nous le principe qu'il n'y a rien, même dans l'univers matériel, en dehors d'Hachem, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'existence ou de réalité pour les "causes", ... [à chaque seconde, derrière toute chose il y a un décret d'Hachem le permettant d'exister, d'agir, ... ]

Et c'est là notre principale réussite en matière d'avodat Hachem : savoir et comprendre qu'il n'y a aucune réalité dans le monde en dehors d'Hachem ...
Il est donc clair que la simple reconnaissance de l'existence d'un Créateur du monde ne constitue pas encore une emouna complète/totale.
Même si une personne croit en Hachem, si elle se permet également de croire en d'autres "causes", elle n'accepte pas pleinement l'unicité d'Hachem, qui exige que nous reconnaissions que même le mal n'a pas d'existence indépendante et que toutes les "causes" sont des illusions.

=> Le rav Levenstein nous enseigne que croire uniquement en Hachem en tant que Créateur du monde n'est pas une émouna totale que l'on exige de nous en tant que juifs. En effet, la plupart des gens dans le monde partagent cette croyance fondamentale.
Ce que nous devons avoir, c'est une émouna plus forte et plus complète. Nous devons reconnaître qu'Hachem est conscient d'absolument chaque détail, de chaque événement qui se produit dans l'univers.
Et non seulement Hachem est conscient de tout ce qui se passe, mais Il est aussi le Créateur et le Guide de tout ce qui se passe, dans les moindres détails. Rien d'autre n'a le moindre pouvoir, et cela inclut les êtres humains.
À moins qu'Hachem ne le veuille, personne ne peut nous donner quoi que ce soit ou nous priver de quoi que ce soit.

Le monde naturel semble fonctionner selon les lois de cause à effet. Mais lorsque nous comprenons que tout dans la vie est en réalité l'expression de la volonté d'Hachem, nous réalisons que ces "causes" ne sont pas la véritable cause de ce qui se passe. Avoir une émouna complète consiste à voir dans toute chose une seule cause première possible : Hachem.
[un juif n'a jamais le sentiment d'injustice, d'être laissé tout seul face aux difficultés de la vie. Hachem est constamment là, s'occupant au mieux du moindre détail de notre vie. ]

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+ En résumé :

-> Tout comme Hachem est l'unique Créateur du monde, Il est l'unique Cause et Guide de tout ce qui se passe dans le monde. Chaque moment de notre vie, chaque détail, est provoqué et guidé par Hachem. Il en va de même pour tout ce qui se trouve dans l'univers. Chacun des 86 milliards de neurones du cerveau, chaque brin d'herbe, chaque battement de cœur humain et animal, les billions d'étoiles de l'univers, tous sont constamment recréés et guidés par Lui.

Cela nous amène à une vérité surprenante : il n'existe pas de cause "naturelle" (c'est le hasard, la naturalité des choses!). En tant qu'êtres humains, nous sommes habitués à considérer le monde comme un lieu de causes et d'effets naturels. Cependant, nous devons nous rendre compte que ce n'est qu'une apparence. En réalité, il n'existe pas de cause naturelle.
Les "causes" que nous voyons masquent le fait que c'est Hachem qui fait tout (Il est derrière 100% des choses du monde).

Lorsqu'une personne apprécie cette vérité, elle s'aperçoit qu'une grande partie de ses soucis disparaît.
Pourquoi une personne devrait-elle se préoccuper de la multitude de facteurs qui pourraient l'affecter, alors qu'elle sait qu'en réalité, Hachem est le seul facteur, qui contrôle totalement chaque détail de sa vie?

Joie dans une mitsva

"Il n'y a pas d'homme juste sur terre qui fasse le bien et ne commette pas de faute, ce qui provoque une punition.
Néanmoins, si on sert Hachem avec de la joie découlant d'une mitsva, la puissance de cette joie serait grande, évoquant, pour ainsi dire, une joie au Ciel qui va renverser les jugements (qui pèse sur nous suite à nos fautes) ...
parce que par la joie [sur l'accomplissement] d'une mitsva ici-bas ... on suscite la révélation d'une joie en-Haut".
[voir Zohar Tétsavé 184b ; Néfech ha'Haïm 1:7]

=> ainsi, notre joie qui découle de notre avodat Hachem, non seulement génère une joie au Ciel, mais est capable d'annuler les mauvais décrets qui sont sur nous.

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-> Nous avons besoin d'une grande miséricorde Divine, mais par la joie, nous pouvons renverser les mauvais décrets.
[rav Moché Sternbuch - le 4 avril 2024]

Si Adam n’avait pas mangé du fruit de l’Arbre de la Connaissance, nous vivrions simultanément dans ce monde et dans le monde supérieur, à l’image d’une personne qui vit à la fois dans la maison et dans le grenier.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Béréchit 3,14]

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[il est à préciser que selon nos sages si Adam n'avait pas fauté, il n'y aurait pas d'autres nations à part les juifs. ]

Les vêtements d'une personne sont ce qu'il y a de plus visible chez elle, et les insensés ne voient que les vêtements sans aller plus loin.
Ils confondent les vêtements avec la personne, et le corps avec l'âme.
[Zohar - Béhaaloté'ha 12]

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-> L’âme d’une personne ne peut être connue qu’à travers ce qui l’exprime : le corps et ses différents niveaux. Par conséquent, l’âme est à la fois connue et inconnue.
[Zohar - Béréchit 103b]

-> Qu’est-ce qu’un être humain? Est-il fait de peau, de chair, d’os et de tendons? Non.
L’être humain n’est rien d’autre qu’une âme.
La peau, la chair, les os et les tendons ne sont que des vêtements ; ils ne constituent pas l’être humain.
[Zohar - Yitro 11 ]

Abraham s’efforçait de se rapprocher de plus en plus du Créateur, Le désirant ardemment tout au long de ses jours.
Cela ne s’est pas fait en un jour ni en un instant, mais son travail le rapprochait chaque jour davantage, un niveau après l’autre, jusqu’à ce qu’il atteigne finalement son niveau le plus élevé.
[Zohar - 'Hayé Sarah 16 ]

Le désir est le commencement de toute chose.
[Zohar - Mikets 9 - réouta ... chérouta dé'hola ]

Chaque fois que nous trébuchons, nous devons nous rappeler qu'Hachem nous donne simplement l’occasion de révéler Sa gloire (kavod) dans un lieu plus bas (spirituellement parlant), en réalisant la moindre petite chose que nous pouvons dans le service de Hachem.
Toute mitsva que nous accomplissons dans ces situations procure à Hachem une plus grande satisfaction (na'hat) que le service de tous les anges saints du Ciel.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran I,10 ; Likouté Mohoran II,112 ]

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-> Il est important pour nous de comprendre notre rôle dans l’histoire juive.
Les tsadikim du passé, depuis Avraham jusqu’aux grands talmidim du Baal Shem Tov, ont déjà réparé la brisure dans tous les mondes supérieurs. Ainsi, le dernier tikoun qui nous reste à accomplir consiste à trouver les diamants précieux cachés dans les ténèbres du monde matériel.
C’est pourquoi nous tombons parfois aux niveaux [spirituellement] les plus bas de l’existence : simplement pour que nous prononcions une bénédiction ou accomplissions une mitsva qui rectifiera ces lieux et amènera toute la Création à un état de perfection. [cela éclaire d'un point de vue positif la notion de diminution du niveau spirituelle génération après génération - yéridat adorot]
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Birkat HaRéa'h 4 ]

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[à priori nous devons tout faire pour éviter d'en venir à tomber dans la faute. Mais à postériori, une fois la faute faite, nous pouvons avoir en tête que cela fait partie du plan divin dans un but positif (une chute dans un but de permettre une élévation d'étincelles spirituelles - yérida létsoré'h aliya).
(cela n'empêche pas de faire téchouva, et qu'on doit apprendre de nos erreurs, en repartant de l'avant plus préparé pour ne pas retomber dans la même faute). ]

"A chaque génération et chaque jour, chacun doit se considérer comme s’il sortait personnellement d’Égypte aujourd’hui.
Cela fait référence à la libération de l’âme divine de la prison du corps par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, en particulier par l’acceptation de la royauté céleste lors de la récitation du Shéma (Israël)".
[Tanya - chap.47]