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Parfois, on peut réciter les prières avec amour et crainte, et une grande hit'lahavout (ferveur ; enthousiasme ardent), sans bouger du tout, de sorte qu’à un autre, on puisse sembler qu’on prononce les mots sans aucune dvékout (attachement à D.).
[Lorsqu’on est fortement attaché à Hachem], on peut Le servir avec l’âme [seule], avec un immense et grand amour [d'Hachem].
C’est là la meilleure forme d’adoration. Elle se déroule plus rapidement, avec un plus grand dvékout envers Hachem, que la prière qui est visible extérieurement dans les membres.
La klipa (force du mal) ne peut s’attacher à cette prière [idéale], car elle est entièrement intérieure.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 105]

Yétser ara & matérialité

-> Chaque être humain possède deux penchants, ou deux forces motrices : un penchant vers le bien (yétser atov) et un penchant vers le mal (yétser ara).
Le yétser ara ne souhaite que nous fassions le bien, comme accomplir la volonté d'Hachem.
Le yétser ara, bien qu’il s’agisse de la mauvaise inclination, ne souhaite pas nécessairement que nous fautions. Son but et son intérêt sont que notre moi physique se livre aux plaisirs de ce monde et en profite.
Et plus nous nous adonnons aux plaisirs physiques (matériels) que le monde a à offrir, moins nous serons sensibles et ouverts à la spiritualité et à la divinité.
Si nous parvenons à convaincre le yétser ara que le plaisir véritable et éternel se trouve dans la parole d'Hachem et que les plaisirs physiques sont futiles et éphémères, notre yétser ara deviendra une force motrice dans la quête de la spiritualité.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 9 ]

L’honneur reçu fait perdre nos mérites futurs

+ L'honneur reçu fait perdre nos mérites futurs :

-> Le Yérouchalmi (Péa 8,6) rapporte que Rabbi Eliezer était un gabaï tsédaka qui accueillait des invités.
Lorsque ses invités le bénissaient et priaient pour lui, il disait que pour cette hospitalité, il ne recevrait pas de récompense. Lorsque d’autres invités l’humiliaient et le maudissaient, il disait que pour ces invités, il recevrait une récompense.

En effet, le séfer 'Hassidim (84) déclare : "Que ton cœur ne se réjouisse pas si les gens t’honorent, car selon l’honneur et le plaisir qu’une personne reçoit en ce monde pour ses actes, on lui enlève de ses mérites dans le monde à Venir."

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-> On demanda au 'Hafets 'Haim de prononcer le discours d’ouverture à la Knessia Guédola, mais il refusa. On lui a dit qu’en toute logique, il devrait être le premier à prendre la parole, puisqu’il était un Cohen et le plus âgé des sages du groupe.
"Je ne suis ni un rav, ni un roch yéchiva", répondit-il. "Je ne suis qu’un simple vendeur de séfarim (livres), mais je reçois beaucoup d’honneurs, et je crains qu’il ne me reste plus rien dans l’Olam Haba (monde à Venir). Laissez-moi un peu pour le monde à Venir, et cessez de m’honorer!"

-> On raconte qu’après le décès de rav Méir Shapiro, il apparut à l’un des directeurs de la yéchiva et lui révéla qu’au Ciel, l’accent n’était pas mis sur sa yéchiva 'Hakhmé Lublin ou sur sa fondation du Daf Yomi, mais sur le fait qu’il ait été humble et soumis.
Nous pouvons expliquer que, bien que ses réalisations prodigieuses aient certainement été notées au Ciel, la cour céleste examine d’abord s’il en a tiré de l’honneur et du plaisir, auquel cas il a peut-être déjà "mangé" son monde de son vivant.

-> A la fin de sa vie, le rav Elazar Ménachem Mann Shach demanda à quelqu’un : "Qu’emporterai-je avec moi en Olam Haba?"
La personne ne comprit pas la question. "Le rav viendra avec 70 ans d’enseignement de la Torah!" répondit-elle.
"Qu’emporterai-je avec moi au Olam Haba?" répéta le rav Shach.
"Le rav viendra avec les volumes de son Avi Ezri sur le Rambam", répondit la personne.
"Qu’emporterai-je avec moi dans l’Olam Haba?" demanda-t-il à nouveau.
"Je ne comprends pas la question", dit la personne.
"Pour toutes ces choses, j’ai déjà reçu des honneurs", dit le rav Shach, "et une mitsva pour laquelle on a été honoré est comme un ticket de bus usagé."

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-> Le 'Hafetz 'Haïm dut un jour se rendre à Moscou pour les besoins de sa yeshiva, et il écrivit une lettre à une de ses connaissances dans cette ville, le priant de ne pas faire connaître son arrivée, afin que les gens ne l’accueillent pas publiquement.
Plus tard, son hôte lui demanda pourquoi il empêchait ses nombreux admirateurs de gagner le mérite de lui rendre l’honneur dû à un sage de la Torah.
"Aimez-vous le kugel?" demanda le 'Hafetz 'Haim en réponse.
"Oui", répondit l’homme, surpris par la question.
"Votre femme prépare-t-elle du kugel pour le Shabbat?"
"Oui", répondit-il, de plus en plus perplexe.
"Et mangez-vous le kugel le soir du Shabbat?"
"Non", dit-il. "Je le mange le jour du Shabbat".
"Vous comprenez donc que cet honneur nous est également réservé dans le monde de la récompense", expliqua le 'Hafets Haim. "Si nous en jouissons dans ce monde, que nous restera-t-il dans le monde de l’éternité?"

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-> "Sachez que toute publicité autour d’une mitsva accomplie dissipe nos mérites.
C’est comme un billet de train déjà utilisé! …"
[Rav Chakh]

-> Qu'est-ce qu'une mitsva accomplie à la perfection?
Le rav Chakh disait souvent :
"[Il s'agit] d'une mitsva accomplie si discrètement qu'aucun de ceux qui sont là ne le sauront jamais.
Personne n'en sait rien, c'est là le mérite le plus grand, de loin plus élevé que celui de réunir des masses et de leur enseigner la Torah!

Car la sensation de "gloire" ou de tout autre plaisir escompté réduit considérablement la valeur d'un acte méritoire."

"Une mitsva doit être naki, propre, sans honneur, sans publicité.
Seul D. doit le savoir ...
Et il faut le faire pour Lui et pour rien d'autre ... c'est cela qui fait mériter la vie éternelle"

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-> Parfois, on a besoin de reprendre des forces dans notre service divin, et le regard positif d'autrui (en public) peut nous encourager, nous donner des forces pour repartir plus fort de l'avant dans notre relation personnelle avec Hachem.
Il est aussi nécessaire de faire des actes publiques afin d'impacter par l'exemple nos enfants. Notre comportement positif étant l'outil pédagogique le plus puissant.

-> Occasionnellement, il peut être utile de "composter" notre "billet de train" (mitsva) pour impacter positivement autrui :
- le fait que je donne en public (de l'argent, du temps, ...) va entraîner d'autres à donner ;
- le fait que je fasse publiquement une mitsva, va inciter d'autres à suivre l'exemple (ex: si lui il prie alors pourquoi pas moi!) ;
- partager la Torah à autrui ;
- ...

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-> Rabbi El'azar dit : Celui qui donne la tsédaka en cachette est plus grand que Moché Rabbénou.
[guémara Baba Batra 9b]

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-> Le Pélé Yoets explique que les actes et les conduites obéissant à la halakha peuvent être exécutés en public, mais ceux qui correspondent à des ajouts volontaires faits par piété doivent être accomplis dans la discrétion. Celui qui désire faire des 'houmrot doit le faire entre lui et lui-même, sans publicité.

-> S’appuyant sur le Zohar, le 'Hida écrit que, si quelqu’un publie ses bons actes, il reçoit ainsi sa récompense dans ce monde, tandis que, dans le suivant, il sera puni pour cela. Non seulement il ne recevra pas de récompense, mais en plus, il sera puni.
A l’inverse, celui qui cache ses bonnes actions, Hachem le protège et le cache, le mettant à l’abri des puissances impures, comme le souligne le verset : "Je veux ... suivre la droiture de mon cœur dans l’enceinte de ma maison ... Je déteste les agissements des pervers : rien de commun entre eux et moi" (Téhilim 101, 2-3).
Celui qui œuvre discrètement dans ce monde en sera grandement récompensé dans le suivant, en vertu de la promesse du verset : "Ah! Qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs" (Téhilim 31,20).

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-> Le Sfat Emet résidait dans la ville de Gour où il étudiait la Torah jour et nuit et s'affairait au service d'Hachem. Il ne quittait jamais sa ville. Quand son épouse tomba malade, il voyagea avec elle à Vienne pour consulter les médecins.
Quand le Rav attendait le train dans la gare de Varsovie, ses disciples lui demandèrent de leur transmettre un enseignement avant de se séparer.
Alors le Sfat Emet leur dit : "On doit apprendre des enseignements pour le service Divin à partir de chaque chose. Mais que pouvons-nous apprendre du train?
La locomotive traîne, par la force de la vapeur, des dizaines de wagons, des centaines de personnes, des tonnes de marchandises. Mais d'où vient sa force? Quel est son secret?
Toute sa force vient du fait que la locomotive renferme en elle la vapeur sans la laisser s'échapper.
Il en est de même dans le Service d'Hachem. Plus une personne renferme en elle-même le feu de l'enthousiasme sans le laisser transparaître à l'extérieur, plus il recevra de la force et de la puissance dans le Service Divin!"

Le Arizal (chaar haGuilgoulim - intro 23) écrit que dans les mondes supérieurs, il existe un côté saint et un côté impur chez l'homme. Grâce à la Torah et aux mitsvot que nous accomplissons tout au long de notre exil, nous libérons les étincelles de sainteté qui ont été capturées par le côté impur de l’homme.
Une fois que toutes ces étincelles auront été libérées, le côté impur de l’homme s’effondrera et se réduira à néant, en accomplissement du verset : "La mort sera engloutie pour toujours" (Yéchayahou 25,8).

Manquer d’émouna dans notre force de prier

+ Manquer d'émouna dans la force de prier :

-> De nos jours, certains n’apprécient pas la prière et n’en tirent aucune inspiration. Un certain rabbin a suggéré que cela venait du fait que les gens avaient l’impression que leurs prières n’étaient pas efficaces et n’étaient pas exaucées.
Le rav Aharon Leib Steinman explique qu’il y a une raison bien plus fondamentale : à savoir, un manque d'émouna. Si une personne croyait véritablement qu’elle se tient devant le Créateur du monde et Celui qui gère toutes ses affaires, et qu’elle lui parle, ses prières seraient alors très significatives.
On dit que le Hafetz Haïm conversait avec Hachem comme s’il parlait à un ami (existant vraiment face à lui).

-> Le rav Steinman insiste sur l’importance de parler à Hachem.
Il faisait remarquer qu’il y avait de grands tsadikim capables de parler aux anges, voire à l’Ange de la Mort, mais qu'absolument tous les juifs peuvent parler à Hachem.
Il explique qu’il peut être difficile pour une personne de vraiment sentir qu’elle parle à Hachem, surtout si elle est occupée à des activités qui peuvent la détourner de la pensée d'Hachem. Cependant, si une personne s’y emploie et prend l’habitude de parler à Hachem, cela finira par devenir réel et elle se sentira proche de Hachem. Et cette proximité elle-même aidera ses prières à être acceptées par Hachem.
Il est toutefois important de prendre cela au sérieux et d’essayer réellement de visualiser qu’on parle à Hachem. Certaines personnes pensent qu’elles parlent à Hachem, mais en réalité, elles ne parlent qu’à elles-mêmes.

[lors d'une prière, on peut avoir naturellement du mal à s'abandonner totalement dans les bras d'Hachem, d'avoir conscience de notre petitesse (on doit donc se dévêtir de toute trace d'égo : notre intelligence, notre richesse, notre situation d'honneur, nos relations, ... [on n'a pas de plan B pour sans sortir, que Toi Hachem!] ). Au contraire, on doit se reposer sur l'infinie grandeur et bonté d'Hachem qui est face à nous dans la prière (100% disponible que pour nous!), et qui attend nos paroles pour nous combler du meilleur (Il peut tout, et est derrière toute chose). ]

Avoir de la joie dans la mitsva

-> On nous enseigne que nous devons accomplir les mitsvot avec joie. Pourquoi donc?

Le rav Aharon Leib Steinman donne la parabole suivante : si quelqu’un prépare un repas pour une occasion importante ou un invité de marque, il veille à utiliser les meilleurs ingrédients et à bien l’assaisonner. S’il néglige d’assaisonner le plat, il montre que l’occasion ou l’invité n’a pas d’importance, et qu’il n’accorde donc que peu d’importance au repas.
De même, la joie avec laquelle on accomplit une mitsva est la "saveur" de la mitsva. Si quelqu’un accomplit une mitsva sans joie, il montre que la mitsva n'a pas d’importance à ses yeux.

Parfois, de jeunes ba'hourim venaient voir Rav Aharon Leib Steinman pour se plaindre de ne pas trouver d’épanouissement dans leur vie, et de ne pas ressentir de joie ni de satisfaction dans les mitsvot qu’ils accomplissaient.
Le rav Steinman leur disait : "Concentrez-vous simplement sur le fait que vous faites partie de la nation juive, que Hachem a choisie comme Son peuple élu et à laquelle Il a donné Sa Torah. Cela en soi est le plus grand privilège!"

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-> Rabbi Na'hman de Breslev exprime dans sa célèbre chanson : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...).

-> Le rav Its'hak Hutner (Pa'had Its'hak - séfer hazikaron 71) attendait de ses élèves qu’ils aspirent à la grandeur, tout en soulignant l’importance de conserver un sentiment de satisfaction "dans un état d’être juif sans avoir atteint aucun niveau" (bé'matsav chél héyot Yéhoudi bli madrégot).
Il insistait que : le point de départ de la croissance et de l’identité spirituelle réside dans l’appréciation de ce que nous sommes, et non dans la lutte pour combler ce qui nous manque.

"On ne perd jamais à être honnête et on ne gagne jamais à être malhonnête!
Cela ne signifie pas qu’en Olam Haba (monde à Venir), on ne gagne rien à être malhonnête ; cela va de soi. Le fait est que, même dans ce monde, une personne ne réussira jamais en mentant ou en étant malhonnête. Même s’il semble parfois que les personnes malhonnêtes parviennent à s’en sortir, ce n’est qu’une illusion, et elles finiront par échouer."
[rav Aharaon Leib Steinman ]

Le principal travail du yétser ara est de faire oublier à une personne (juive) qu’elle est l’enfant du Roi (des rois - Hachem).
[Rabbo Aharon de Karlin ]
(ikar avodat ayétser ara hi léaskia'h méadam chéou ben mélé'h)

"Une personne doit croire en elle-même, croire qu’elle est précieuse aux yeux d'Hachem, car proportionnellement à la clémence et la bonté d'Hachem [qui sont infinies], chaque personne [juive] est [infiniment] grande et importante aux yeux d'Hachem."
[rabbi Na'hman de Breslev]