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"La sagesse d'une personne illumine son visage"
['hokhmat adam ta'ir panav - Kohélet 8,1]

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-> Moché a mérité les rayons de gloire, car D. rend mesure pour mesure.
Comme Moché ne voulait pas que l'on sache qu'il avait mérité la sagesse, D. lui donna ces rayons de gloire, un visage lumineux, par lequel tout le monde se rendrait compte que Moché avait effectivement mérité d'acquérir la sagesse.
[Kédouchat Lévi - Vayakel 35,1-2 ]

Un faux humble se considère comme insignifiant et considère tous les autres aussi insignifiants que lui-même.
[rav Shalom de Belz]

L’orgueilleux court à sa perte

+ L'orgueilleux court à sa perte

-> L'orgueil est source de nombreuses transgressions envers Hachem et envers autrui. Il conduit notamment à causer du dommage à son prochain, à le haïr et à médire de lui. C'est aussi une grave faute envers Hachem, comme il est dit : "Ton cœur s'élèvera et tu oublieras Hachem ton D." (Ekev 8,14).

D'après le roi Chlomo, "tout cœur hautain (c'est-à-dire toute forme d'arrogance, d'orgueil) est une abomination pour Hachem" (Michlé 16,5).

Selon un enseignement Talmudique (Sota 5a), l'orgueilleux mérite d'être mis au ban de la communauté, d'être abattu comme un arbre voué à un culte idolâtre; en outre, il ne ressuscitera pas lors de la résurrection des morts et la "Chékhina" se lamente sur lui.
Il est comparable à un idolâtre, à un renégat, à un homme s'étant uni à toutes les femmes interdites et à celui qui a construit un haut lieu pour y apporter un sacrifice (à l'époque où c'est formellement défendu). Même si, à l'instar d'Abraham, il reconnaît Hachem comme le Créateur du ciel et de la terre, il n'échappera pas au châtiment de la géhenne. Il finit par être rapetissé et par mourir prématurément.
Ainsi, Yérovam (Jéroboam), le premier roi du royaume d'Israël, après le schisme intervenu à la mort de Chlomo, qui surclassait tous les Sages de la génération par ses connaissances sans faille de la Torah, a été puni et chassé du monde à cause de son arrogance.
[ rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha II,4]

Le trait de caractère qu’est l’effronterie est extrêmement honteux, et une personne ne devrait pas y recourir du tout, même pour servir Hachem, car elle acquerra ce trait de caractère dans son âme, et cela l’amènera à faire preuve d’effronterie même dans des domaines sans rapport avec le service de Hachem.
[michna Broura 1:6 ]

Le rav Aharon Leib Steinman était un homme de vérité absolue. Lorsque les gens lui posaient des questions, il était capable de dépouiller les apparences et de se concentrer sur le cœur du sujet. Il voyait aussi au-delà des personnes elles-mêmes.
Il a dit un jour que la plupart des gens qui venaient le consulter ne se souciaient en réalité que de leur propre kavod (honneur).
Même si leurs questions semblaient légitimes, ce qui les motivait, c’était la quête d’honneur et de respect.

Se connecter à la Chékhina par l’humilité

+ Se connecter à la Chékhina par l'humilité :

"Parce qu'ils avaient mis Hachem à l'épreuve, en disant : "Hachem est-il parmi nous ou non?" (ayech Hachem békirbénou im ayin) " (Béchala'h 17,7)

-> Le rav Mordchele de Nadvorna (dans son séfer Maamar Mordé'haï) explique ce verset comme disant : "ayéch Elokim békirbénou" = comment une personne peut-elle savoir si Hachem est au milieu d'elle?
"im ayin" = s'il n'est rien.
Si une personne est humble et se considère comme rien, Hachem sera avec elle, comme nous assure Hachem : "J'habite... avec celui qui a l'esprit bas et humble" (Yéchayahou 57,15).

L’humilité mène à la joie

"Et qu'est-ce qui fait de la joie?" (oulsim'ha ma [מַה] zo ossa - Kohélet 2,2)

-> En prononçant le mot "ma" (quoi), qui indique l’humilité, le verset nous enseigne que par le fait que nous sommes humbles et modestes, nous méritons d’avoir de la joie dans sa vie.
[rav Avraham de Kalish]

Avoir 1/8e de 8e d’orgueil

+ Avoir 1/8ème de 8ème d'orgueil :

-> Bien que l'humilité soit un trait souhaitable, la guémara (Sotah 5a) nous éclaire en disant qu'un érudit de la Torah doit avoir un 1/8ème de 8ème d'orgueil car les gens ne respecteraient pas un érudit s'il est humble à 100%.
C'est similaire à un leader qui a besoin d'orgueil pour diriger le peuple et ne pas être dirigé et gouverné par ce dernier. Il s'agit d'une orgueil positive car il est dit : "son coeur s'est élevé dans les voies d'Hachem" (Divré Hayamim II 17,6).

-> Voici quelques allusions à cette idée:
1°/ Le Gaon de Vilna (Peninim miChoulkhan haGra) donne une allusion : קטנתי מכל החסדים est le 8ème verset de la 8ème paracha (Vayichla’h).
[La formulation de la Guemara est qu'un érudit de la Torah doit avoir au moins 1/8ème de 8ème d'orgueil (אחד משמונה בשמינית). Pourquoi la guemara utilise-t-elle.la forme masculine (שמונה ) puis la forme féminine (שמינית) ? Cela fait référence au 8ème verset dans la 8ème paracha car פסוק est masculin et פרשה féminin.]

2°/ Rabbi Heshel de Cracovie nous donne l'illustration suivante. Le midrach (Bo) dit que le mont Sinaï avait une hauteur de 500 amot. Hachem voulait donner la Torah sur le mont Tavor, la plus haute montagne s’élevant à 4 parsaot. Une parsa représente 4 mil et 1 mil vaut 2 000 amot (Baba Batra 73b).
En résumé, le Har Tavor est haut de 32,000 amot. Le mont Sinai, la plus petite montagne était haute de 500 amot. Or 1/8ème de 8ème de 32,000 est 500, la hauteur du mont Sinai.

3°/ Cette idée nous est également montrée à ‘Hanoucca. Le Maharal souligne que le mot (אור ) יהי vaut 25, allusion à 'Hanouka, le 25 Kislev.
Le Gaon de Vilna nous dit que le 25ème mot de la Torah est אור , allusion à ‘Hanoucca.Le miracle de 'Hanoucca est clairement un phénomène surnaturel, car selon les lois de la nature, l'huile n'aurait pas dû brûler aussi longtemps.
'Hanoucca dure 8 jours. La 8ème lettre de la Torah est le du ר mot ברא . Le ר symbolise l'humilité, רש signifiant appauvri. En effet, le verset (Chmouel II 12,3) ולרש אין כל = le pauvre homme n'a rien.19 La lettre ר a une valeur numérique de 200. 1/8ème de 200 est 25, allusion au 25 Kislev.

La reconnaissance est intimement liée à l'humilité.
Elle reconnaît que ce que nous sommes et ce que nous avons est dû aux autres et surtout à D.
[rav Jonathan sacks ]

Savoir être humble sur son service Divin

+ Savoir être modeste dans son service Divin :

-> Il y a un principe important dans le service Divin de l'homme. Une personne ne doit pas devenir hautaine, pensant qu'elle sert Hachem de manière satisfaisante en observant la Torah et les mitsvot, imprégnée de l'amour et de la crainte d'Hachem. Si quelqu'un se sent satisfait de son service d'Hachem, cela provoquera une chute spirituelle, entraînant la personne d'un niveau à l'autre, jusqu'à ce qu'elle succombe à des désirs physiques.
Au contraire, le service d'une personne devrait être sans valeur à ses propres yeux, et elle devrait en être insatisfaite. Son cœur devrait être vide et brisé en lui, et il devrait sentir qu'il n'a pas encore commencé à servir Hachem correctement.

Lorsqu'une personne contemple la grandeur d'Hachem, à quel point Il est le fondement et la source de tous les mondes (Zohar 1,11b), à quel point Il enveloppe et imprègne tous les mondes (Zohar 3,225a) ; à quel point aucune pensée ne peut Le saisir (tikouné Zohar intro 17a); et à quel point tous les mondes, les âmes, les anges, les séraphins, les ofanim et les saintes 'hayot sont tous annulés devant Lui et sont comme rien, comme nous le disons : "Ils agissent tous dans la crainte .... les ofanim et les saints 'hayot" (prière 1ere bénédiction avant le Shéma du matin), une personne sera animée d'un désir et d'une envie irrésistibles, de la douceur flamboyante de la communion, désirant et aspirant constamment au service d'Hachem. Elle n'accordera aucune valeur à son service actuel.
Plus on réfléchit à la grandeur d'Hachem, plus notre cœur s'enflamme pour son service. En conséquence, notre service Divin sera considéré comme rien en comparaison de ce qu'il devrait être, et on n'y fera pas attention. Notre cœur sera brisé en nous, parce qu'on sentira qu'on est loin d'Hachem et qu'on n'a pas encore commencé à le servir.
En réalité, face à la grandeur d'Hachem, qu'est-ce qu'on est et qu'est notre service Divin?

Dans le même ordre d'idées, il est dit : "Chantez à Hachem un chant nouveau" (Téhilim 98,1), ce qui signifie que "le chant que vous chantez doit être sans cesse nouveau", car Hachem accomplit des merveilles.
Pour ce faire, il faut contempler la grandeur d'Hachem et comprendre à quel point Il est éloigné et caché/dissimulé, et extrêmement élevé. Tous les mondes, les anges et les âmes n'ont aucune prise ou compréhension de Lui.
En pensant à cela, l'âme d'une personne s'enflammera et elle considérera que son service de D. n'a aucune valeur. Elle chantera continuellement un nouveau chant, pensant qu'elle n'a pas encore commencé à servir Hachem comme il le faut.
[plus on se rapproche, connaît Hachem, plus on se rend compte que l'on doit le servir mieux, faire mieux téchouva, ... et à quel point on était loin du compte auparavant. ]

Le Baal Chem Tov sur le verset : "Il nous conduira comme dans notre jeunesse" (Téhilim 48,15) enseigne : On apprend à un enfant à marcher petit à petit. Plus une personne s'éloigne de l'enfant, plus celui-ci apprend à marcher seul. De même, lorsque nous considérons à quel point Hachem est élevé et le fait qu'aucune pensée ne peut Le saisir, cela nous habitue à recommencer notre service d'Hachem.
En appréhendant l'exaltation d'Hachem, une personne voit son service comme superficiel. En prenant en compte la hauteur de sa grandeur, on se rend compte qu'on n'a pas encore commencé à le servir.
Ainsi, chaque jour, notre service représente un nouveau départ. C'est pourquoi le verset dit : "Un chant nouveau", car "chaque jour, il sera à vos yeux comme nouveau" (Rachi - Dévarim 26,15).

[...]
Le fait qu'en raison de la mitsva qu'il a accomplie, il s'élève et s'agrandit, se considérant comme quelqu'un. Il s'agit d'un vol.
En réalité, ce n'est pas notre propre pouvoir ou la force de nos mains qui nous permet de réaliser une mitsva. Tout vient d'Hachem.
"Il nous a choisis ... et nous a donné sa Torah", et nous avons eu le privilège d'observer ses commandements et ses lois. Par sa Torah, Il éclaire nos yeux, afin que nous puissions comprendre comment le servir ...

En réalité, le mot pour " bénédiction " [béra'ha - ברכה] signifie " attirer vers le bas ", comme nous le voyons dans l'expression :"les bassins [béré'hot - ברכות] d'eau (où l'on attire l'eau)" (Kohélet 2,9).
Cela suggère que plus nous tirons sur nous le joug de Son Royaume céleste en contemplant la grandeur d'Hachem, à quel point Il est le fondement et la racine de tous les mondes ; à quel point Il enveloppe et imprègne tous les mondes, et comment tous les mondes, les âmes et les anges sont complètement nuls et rien devant Lui, alors plus notre âme et notre cœur seront enflammés vers Hachem, nous amenant à l'état de "bénédiction et malédiction" :

Et une malédiction = ce qui signifie que grâce à cette bénédiction, c'est-à-dire le fait d'attirer sur son âme le joug de Son Royaume céleste en réfléchissant à la grandeur d'hachem, comme expliqué ci-dessus, une personne atteint "et une malédiction" : elle atteint un état dans lequel elle se considère comme rien, parce qu'elle est méprisée et méprisable à ses propres yeux et qu'elle considère que son service divin n'est pas spécial. Au contraire, elle atteint un état continuel d'abaissement total, et à ses propres yeux, elle est "maudite".

Ainsi, à la lumière de ce que nous avons expliqué, en se considérant comme sans valeur, sans importance ou sans entité réelle, on devient un récipient approprié pour recevoir continuellement la générosité d'Hachem, puisqu'un récipient vide est capable de recevoir.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Réé 11,26]

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=> Pour être vraiment béni, il faut considérer son service spirituel comme maudit, se considérer soi-même et son service comme rien en comparaison de Celui que l'on sert.
Inversement, se considérer comme "béni", c'est-à-dire comme servant Hachem de la manière la plus heureuse qui soit, conduit à l'opposé même de la bénédiction.

[ "Vois, je place aujourd'hui devant vous la malédiction et la bénédiction" (Réé 11,26) ]