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L’humilité nous apporte des influences célestes

+ L'humilité nous apporte des influences célestes :

-> Le Sfat Emet explique plus en détail comment un homme qui a confiance en Hachem apporte des bénédictions au monde en disant que l'essence d'Hachem est la bonté et qu'Il désire envoyer toutes sortes de bonnes choses et d'influences célestes à chaque personne. Cependant, si une personne n'est pas pleinement confiance en Hachem, elle peut faire un mauvais usage des bonnes choses qu'Hachem lui donne. Si une telle personne reçoit de l'argent ou des honneurs, elle peut oublier que c'est Hachem qui lui a donné tout ce qu'elle possède, et elle peut utiliser ce qu'elle a à de mauvaises fins et commettre des fautes.

Hachem est la vérité ultime. Il veut que Ses influences soient utilisées à des fins vraiment bonnes, et certainement pas pour la faute. S'Il voit que les gens ne sont pas dignes de confiance, Il retiendra Sa bonté afin qu'elle ne soit pas utilisée pour le mal.
Mais si le peuple juif a une vraie confiance en Hachem et utilise correctement la bonté qu'Hachem lui envoie, il est digne de recevoir toutes Ses bénédictions.

En ce qui concerne le Shabbath, nous trouvons écrit : "Et Hachem bénit le 7e jour" (Béréchit 2,3).
Le Shabbath est un jour de bénédiction parce que le monde entier revient à son état d'origine [sans le vol, la malhonnêteté, ...] et qu'Hachem envoie Ses bénédictions et Ses influences sacrées à ceux qui agissent avec honnêteté.

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-> "Un homme qui a [véritablement] confiance en Hachem aura de nombreuses bénédictions."
[Zohar - I, 197b]

Danger de l’amour de soi

Le fait d'affirmer "Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même" n’est pas une raison d’être fier, car la plupart des gens n’ont de toute façon pas une compréhension honnête de qui ils sont vraiment.
Pourquoi sommes-nous capables de remarquer les défauts des autres, mais avons-nous parfois du mal à prendre conscience de nos propres lacunes?

Il existe un verset qui dit : "L’amour couvre tous les défauts". (l'amour rend aveugle)
Quand il y a de l’amour, on ne voit pas les défauts.
L’amour de soi est l’amour le plus fort de tous. Lorsqu’une personne est amoureuse d’elle-même (de son égo), elle a beaucoup de mal à voir réellement ses propres défauts.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

L’humilité est la plus grande des qualités

-> L'orgueilleux (guéé) repousse, si l'on peut s'exprimer ainsi, les pieds de la Présence divine. Elle quitte le monde en disant : "Moi et lui, nous ne pouvons habiter ensemble dans le monde".
Il se rebelle contre la royauté céleste et s'enveloppe de la parure du Roi des rois, à propos duquel il est dit (Téhilim 93,1): "Hachem est roi, vêtu de majesté"(guéoute).

De quoi l'homme pourrait-il s'enorgueillir? Il vient d'une goutte (de semence) putrescente et de sang menstruel ; durant sa vie, il se souille et se salit et après sa mort, il n'est que ver et vermine, réduit à une motte de terre tandis que son âme descend dans la géhenne.
En revanche, il n'y a pas de plus grande qualité que la modestie et l'humilité. En effet, Moché, le maître de tous les prophètes en Tora, dans les mitsvot et la crainte du Ciel, n'a été loué que pour son humilité, comme il est dit (Bamidbar 12,3) : "Et l'homme, Moché, était fort humble, plus que tout autre homme sur la terre".

Prends exemple d'Hachem qui abandonne les hautes sphères célestes pour résider près des humbles, comme il est dit : "Sublime et saint est Mon trône, mais il est aussi dans les cœurs contrits et humbles" (Yéchayahou 57,15).
Et il est écrit aussi : "Hachem est proche des cœurs brisés" Téhilim 34,19).
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

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+ L'inspiration sacrée grâce à l'humilité :

-> Grâce à l'humilité , on peut parvenir à la crainte du Ciel, qui est une sagesse (Iyov 28,28) et un trésor (Yéchayahou 33,6).
Faire preuve d'humilité c'est comme offrir un sacrifice, car il est dit (Téhilim 51,19): "Les sacrifices à Hachem, un cœur brisé".
De plus, la prière de celui qui est humble n'est pas rejetée. En effet, la prière d'un homme n'est agréée que s'il rend son cœur aussi tendre que la chair, comme il est dit (Yéchayahou 66,23): "Il arrivera, chaque mois ... que toute chair viendra se prosterner (prier) devant Moi, dit Hachem".

La Présence divine réside sur l'homme ici-bas grâce à celui qui est humble.

Rabbi Pin'has ben Yaïr dit : "La vigilance mène au zèle, le zèle à l'intégrité, l'intégrité à la pureté, la pureté à l'ascèse, l'ascèse à la sainteté, la sainteté à l'humilité".
L'humilité est la qualité la plus importante, car elle amène à l'inspiration sacrée, comme le prophète (Yéchayahou 61,1) déclare : "L'esprit du Seigneur D. est sur moi, car Il m'a conféré la mission d'apporter des bonnes nouvelles aux humbles".
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

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+ Celui qui se rabaisse sera grandi :

-> Qui a droit au monde futur?
"Celui qui est modeste, humble, se courbe avant d'entrer dans sa maison et avant d'en sortir, étudie sans cesse la Torah sans se prendre pour autant pour un grand homme" (guémara Sanhédrin 88b).

Aux temps futurs, Hachem parera la tête de chaque juste, de celui qui se considère comme un reste sans importance (Méguila 15b).

Le Zohar (parachat Chéla'h) enseigne : "Celui qui se fait petit ici-bas aura le mérite d'être grand dans le monde futur ; et celui qui est grand ici sera petit là-bas". Et ailleurs (parachat Térouma), il explique : "Pourquoi le dernier grand prophète est-il appelé Ye'hezkel ben Bouzi? Parce qu'il se rabaissait (mevazé) devant celui qui était plus grand que lui. C'est pourquoi, il fut le seul à être appelé "fils de l'homme"."

Pourquoi la Torah est-elle comparée à l'eau? De même que l'eau va seulement dans un endroit bas, la Torah ne réside que chez celui qui se rabaisse (par humilité).
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

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+ La colère = un corollaire de l'orgueil :

-> Heureux celui qui ne se laisse pas aller à la colère et se montre très humble, qui se rend comme de la poussière foulée aux pieds par tous.
La colère est un corollaire de l'orgueil et constitue un défaut aussi grave. Les Sages (Shabbath 105b) disent : "Celui qui déchire ses vêtements, celui qui gaspille son argent ou celui qui casse des objets dans sa colère, qu'il soit considéré comme un idolâtre".
Celui qui se met en colère n'accorde aucune considération à la Présence divine ... Il oublie ce qu'il a appris et s'abêtit.
De plus, on peut être sûr que ses péchés sont plus nombreux que ses mérites.
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

L’humilité face à l’infinité de la Torah

+ L'humilité face à l'infinité de la Torah :

-> Le juste qui sert D. doit savoir que chaque fois qu'il saisit un concept Divin, il existe un concept plus élevé et plus raffiné qu'il ne comprend pas encore.
De plus, même le concept qu'il comprend n'est pas entièrement compris par lui. Il doit se rendre compte qu'il lui manque encore quelque chose, quelque chose qu'il n'a pas encore compris.
Lorsqu'il atteint enfin cette compréhension, il se rend compte qu'il doit encore approfondir sa compréhension. Ce processus est sans fin.
Ce qu'il comprend n'est pas encore complet, et il reste un niveau supérieur à atteindre qui lui échappe encore. Il doit savoir qu'il n'a jamais atteint la perfection, comme l'affirme Eliyahou haNavi dans le Tikouné Zohar (89) : "Il n'y a personne qui Te connaisse du tout."
C'est la façon idéale de servir Hachem, en étant toujours conscient que l'on n'a pas encore atteint la perfection, et en désirant ardemment atteindre un niveau plus élevé.

J'ai entendu une idée similaire exprimée par rabbi Yé'hiel Michel de Zlotchov. Il a expliqué le verset suivant "Une chose que je demande à D., c'est que je recherche ... l'agrément de D." (Téhilim 27,4), comme suit : "Je demande continuellement de pouvoir réaliser qu'il y a toujours un niveau supérieur, plus élevé que le précédent, et de rechercher continuellement l'agrément d'Hachem, c'est-à-dire d'atteindre le niveau supérieur suivant. Lorsque je l'aurai atteint, je demanderai encore, car il n'y a pas de fin."

C'est ainsi que les justes progressent constamment dans leur service divin.
Ils se voient toujours comme n'étant pas tout à fait entiers. À chaque instant, les justes sont pleinement conscients de leurs déficiences, du niveau qui les dépasse, qui est hors de leur portée. Ils sont convaincus qu'avec l'aide de D., ils parviendront à connaître le chemin supérieur de la vie et à percevoir ce qui leur manque actuellement.

De même, on peut expliquer la déclaration du roi David : "Ouvrez-moi les portes de la justice, j'y entrerai et je rendrai grâce à Hachem. C'est la porte de D., les justes y entreront" (Téhilim 118,19-20).
Le roi David demande à D. que les "portes de la justice" (chaaré tsédek) lui soient ouvertes, qu'il soit toujours conscient de ce qui se trouve au-delà de son niveau actuel. Il demande à D. de passer par les portes de la justice pour atteindre cette perception, et que lorsqu'il atteindra cette perception supérieure, il saurait ce qui lui manque encore et le demanderait également à D.

À ce propos, le roi David a dit : "Voici la porte de D. ; les justes y entreront" (zé achahar l'Hachem tsadikim yavoou vo). Car la prise de conscience que l'on n'a pas tout compris, que l'on ne sert jamais Hachem de manière parfaite, et que des concepts plus élevés que celui que l'on comprend actuellement subsistent à l'infini, c'est la porte de D. pour les justes. C'est le chemin des vrais justes, qui reconnaissent toujours que leur service et leur compréhension actuels de Dieu doivent être dépassés.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 3,12]

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-> Plus une personne se sanctifie et se purifie, servant Hachem de manière intensive, plus elle se rend compte qu'elle n'a pas encore commencé à Le servir.
Si une personne pense qu'elle sert Hachem comme il le faut, cela indique qu'elle ne Le sert pas du tout.
Si elle le servait correctement, elle se rendrait compte qu'elle est éloignée de D.

C'est ce que signifie le verset "Ma sainteté est plus élevée que votre sainteté" (midrach Vayikra rabba 24,9 - sur Kédochim 19,2) = "Car en vous sanctifiant et en vous rendant saint, vous réalisez que Ma sainteté est encore plus élevée."
En effet, plus une personne se sanctifie, plus elle est consciente de la distance qui la sépare de D., et plus elle réalise qu'elle n'a pas encore commencé à se sanctifier et à Le servir.
[la sainteté d'Hachem (à nos yeux), et fonction de notre sainteté.
De même, plus une personne étudie la Torah, plus elle se rend compte de l'étendu du savoir et donc plus elle a conscience de ne rien savoir. ]

Cela peut également s'expliquer par la déclaration de nos Sages : "Le peuple juif augmente le pouvoir de la suite céleste" (midrach Eika rabba 1,33)
Plus le peuple juif se sanctifie, plus il ajoute de puissance et de sainteté.
C'est ce que signifie la déclaration du midrach citée plus haut, qui peut être lue littéralement comme suit : "Ma sainteté est plus élevée 'grâce' à votre sainteté" = "En vous sanctifiant, Ma sainteté s'élève et s'élève toujours plus haut".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 6,3]

Avoir l’orgueil de s’aimer soi-même

+ Avoir l'orgueil de s'aimer soi-même (d'après le rav Kook) :

-> La plupart des gens, quel que soit leur âge, trouvent beaucoup plus facile de se critiquer que de se féliciter. Et même si nous critiquer peut nous pousser à accomplir davantage, cela s'avère souvent inutile, voire épuisant, et nous laisse vides et découragés.

Le rav Avraham Kook écrit : "L'amour doit venir du fond du cœur, pour tous les êtres humains." (Shmoné Kévatsim 1:807)
"Pour tous les êtres humains" inclut, surtout, nous-mêmes.
Nous nous fixons des attentes nobles, exigeant souvent l'excellence, voire la perfection. Mais nous nous flagellons continuellement lorsque nous ne sommes pas à la hauteur.
On peut penser : "Il m'est plus facile de croire en quelqu'un d'autre qu'en moi-même. Je me déçois toujours. Je sais mieux que quiconque à quel point je fais des erreurs. Il ne se passe pas un jour sans que je ne fasse une bêtise (dans mon service divin). Comment puis-je aimer quelqu'un qui ne réalise jamais son potentiel et qui ne cesse de me décevoir?"

Souvent, les attentes et les normes que nous nous fixons sont dictées par les autres : notre famille, notre communauté et la société. La réussite se mesure par rapport à la supériorité des autres.
Se comparer aux autres conduit inévitablement à une faible estime de soi et à la haine de soi. Il y aura toujours quelqu'un qui réussira mieux.

La jalousie n'a rien à voir avec l'autre personne. La jalousie survient lorsque nous n'acceptons pas qui nous sommes. La jalousie survient lorsque nous oublions la racine de notre âme. C'est cet oubli de notre propre valeur qui conduit à la jalousie.
Et lorsque nous sommes jaloux des autres, il est pratiquement impossible d'être heureux pour eux. Nous ne pouvons être heureux pour les autres que si nous nous acceptons et nous aimons nous-mêmes.

Nous devons progresser, mais uniquement dans la mesure de notre potentiel, qui correspond à notre âme, à notre histoire et à notre condition personnelles.
Aimer les autres commence par s'aimer soi-même. L'amour pour soi-même, tout comme l'amour pour les autres, ne doit pas être conditionnel. Combien d'entre nous s'aiment davantage lorsqu'ils passent une bonne journée? Lorsqu'ils sont productifs et accomplissent beaucoup de choses?
Mais personne n'a que des journées réussies. L'amour de soi ne doit pas dépendre de nos réussites, de nos actions ou de notre comportement. Il ne peut pas être ancré dans notre façon d'agir. Si l'opinion que nous avons de nous-mêmes est basée sur nos performances, alors notre amour-propre sera toujours conditionnel.
Tout au long de notre vie, nous connaîtrons des succès et des échecs sans fin, des moments forts et des moments difficiles, des réalisations et des déceptions.
Si l'amour de soi est basé sur nos réalisations, alors nous nous exposons à une vie faite de hauts et de bas émotionnels.

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-> "Une personne doit croire en sa vie."
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 1:807 ]

-> Avant de voir la lumière d'Hachem chez les autres, nous devons la voir en nous-mêmes.
En tant que bon juif, on doit juger favorablement autrui, lui trouver des mérites et des qualités, mais on a tendance à ne rien voir de spécial ou d'extraordinaire en nous.
Il nous est plus facile de lister nos défauts que nos qualités et actes louables.

Il n'existe pas de juif(ve) qui soit juste "ordinaire". Chacun est unique, spécial, choisi et amené dans ce monde par Hachem pour jouer un rôle irremplaçable.
Le rav Kook (Shmoné Kévatsim 2:241) écrit qu'il n'y a pas deux âmes identiques. Nous devons croire sans condition que Hachem nous a choisis, malgré et même avec, tous nos défauts et nos imperfections.
Néanmoins, il semble y avoir une réticence intérieure à s'aimer soi-même.
N'est-il pas un peu égocentrique, égoïste, voire arrogant, de se concentrer sur l'amour de soi?
A priori, la Torah semble nous pousser à être généreux envers autrui, le voir positivement, à faire preuve d'humilité quant à nos propres qualités (le judaïsme met beaucoup en avant l'idée de se sentir comme n'étant rien, en étant très humble, ce qui semble s'opposer à se donner de la valeur de soi!), ...

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-> Il faut se méfier davantage du manque d'estime de soi que de l'orgueil.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 1:894 ]

-> Chaque individu doit se trouver en lui-même, puis se trouver dans son environnement, sa communauté et les autres.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 8:46 ]

-> L'orgueil, bien que cela ne soit clairement pas louable, est plus facile à corriger que le manque d'estime de soi ...
Il est difficile de changer la façon dont nous nous percevons, de nous aimer inconditionnellement. Il est difficile de croire en nous-mêmes et d'accepter que chacun de nous possède une racine unique de son âme.
Mais ce manque d'amour pour nous-mêmes est une catastrophe des plus grandes proportions. Si nous ne croyons pas fermement et inconditionnellement que nous sommes tous choisis individuellement par Hachem, il est peu probable que nous le voyions chez les autres. Aimer les autres commence par s'aimer soi-même.
Pour le rav Kook, s'aimer soi-même découle de la conviction que chacun de nous possède une racine spirituelle unique, et donc une vocation et un but uniques dans la vie. Le monde a indispensablement besoin de moi.

-> Le rav Kook nous enseigne que notre estime de soi ne découle pas de nos réalisations passées, mais de nos promesses futures. L'amour que nous avons pour nous-mêmes naît de notre conviction inébranlable que Hachem nous considère comme ayant quelque chose de précieux et d'unique à offrir au monde.
L'amour de soi est l'amour de ce que nous sommes appelés à devenir.

-> J'ai besoin de parler beaucoup de moi-même. Mon moi essentiel doit devenir tout à fait clair pour moi.
En me comprenant moi-même, je parviendrai à tout comprendre, le monde et la vie, jusqu'à ce que je comprenne la source de toute vie.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 7:189 ]

"J'ai besoin de parler beaucoup de moi-même" = pas un peu, mais "beaucoup". Pourquoi cela? Afin que "mon moi essentiel devienne parfaitement clair pour moi".
Cet objectif de connaissance de soi n'était pas égoïste pour le rav Kook. Son but n'était pas seulement de se comprendre lui-même, mais aussi de comprendre "le monde et la vie", et finalement de clarifier "la source de toute vie". Le rav Kook cherchait à comprendre son rôle dans le tableau plus large de la création.

Il y a ici un paradoxe : nous ne pouvons pas découvrir l'amour de soi en nous concentrant sur nous-mêmes. L'amour de soi découle de notre conviction que nous sommes nécessaires au monde.
L'amour de soi émerge de la conscience de notre responsabilité, et de notre grand privilège, de contribuer à la vision d'ensemble (on a un apport unique à la collectivité juive, mondiale). Ce n'est qu'en acquérant une vision claire du monde, de la vie et de la source de toute vie que nous pouvons commencer à nous comprendre pleinement.
C'est grâce à cette compréhension de soi que naissent l'amour inconditionnel et la conscience de nos véritables dons. Chaque personne a besoin de croire : "Je n'existe pas sans raison. J'ai un chemin à suivre. Je dois croire en moi-même et, surtout, croire en ce que je peux devenir."

-> Le rav Kook (Shmoné Kévatsim 8:149) ajoute qu'il n'est jamais facile de déballer le cadeau de son âme. Cela demande une concentration, une intention et un travail constants.
Dans ses termes : "À mesure que l'on grandit spirituellement, notre âme mystérieuse devient de plus en plus cachée à notre propre conscience, et nous devons investir davantage dans la recherche de nous-mêmes. Nous devons consacrer plus de temps à la solitude."

Ainsi, je n'arrive jamais à la vérité la plus profonde de mon âme. Même en dévoilant couche après couche, comme une poupée russe, il y a toujours une autre couche à révéler.
Selon Rav Kook, je suis sur un chemin sans fin de découverte de qui je suis et de qui je peux devenir. Je vis toujours dans un état de devenir, un travail en cours. Je peux toujours devenir une version plus gentille, plus aimante, plus généreuse et meilleure de ce que je suis actuellement. L'âme a des couches infinies.

Tout comme je dois faire des efforts pour m'aimer moi-même pour mon âme unique, je dois aussi m'efforcer d'aimer mon corps, car lui aussi m'est propre.
Malheureusement, il semble que de nos jours, l'une des choses les plus difficiles à accepter, à apprécier et à aimer pour la plupart des gens soit leur propre corps.
Combien de gens aimeraient être plus grands, plus minces. Ils aimeraient avoir un nez un peu plus petit, des cheveux d'une texture ou d'une couleur différente.
La vérité, c'est que nous avons tous un corps parfait. C'est-à-dire que nous avons tous le corps qui convient à notre âme. Nous avons tous reçu le corps idéal pour manifester le travail de notre âme. C'est une combinaison parfaite.

Notre âme et notre corps ne sont pas deux entités distinctes et déconnectées.
Nous avons des visages, des corps et des voix uniques précisément parce que nous avons des âmes uniques. J'ai exactement le visage que je suis censée avoir. J'ai exactement le visage dont j'ai besoin pour remplir mon rôle dans ce monde. C'est l'expression parfaite de mon âme.
Le corps correspond à l'âme ; pour que nos âmes puissent s'épanouir au mieux dans ce monde, nous avons reçu précisément le corps nécessaire pour accomplir notre vocation. L'âme ne peut rien faire sans le corps.

Ma nature physique n'est pas le fruit du hasard, ce n'est pas une erreur. Ce n'est pas un hasard si j'ai cette taille, ce visage et cette couleur de cheveux. Mon corps a été conçu de manière experte par le Créateur de mon âme ; il est le vêtement de mon âme.
Le rav Kook fait référence à Hachem comme à un architecte de la matérialité. Il y a une raison pour laquelle je ne suis pas plus grand, plus coordonné et que je n'ai pas une meilleure voix pour chanter.

Je suis composé à la fois d'une réalité spirituelle et physique. Le physique est le véhicule à travers lequel le spirituel se révèle. Nous avons des âmes mystérieuses et des corps parfaits. Il y a beaucoup de choses en nous qui méritent d'être aimées.

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-> b'h, sur la notion de confiance en soi : https://todahm.com/?s=confiance+en+soi

-> également : sur la grandeur d'être juif(ve) : https://todahm.com/category/moussar-pensee-juive/divers-divers/la-grandeur-detre-juifve

-> prendre aussi conscience de la grandeur de notre génération en tant que dernière avant la venue du machia'h, comme par exemple : https://todahm.com/2025/12/28/la-grandeur-de-la-generation-qui-precede-le-machiah

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+ S'aimer soi-même demande beaucoup de travail :

-> Le rav Kook nous exhorte à apprécier notre être dans son ensemble. Nos forces et nos faiblesses sont toutes deux nécessaires et données par Hachem.
Il écrit (Olat haRaaya) : "Lorsque l'on prend conscience de son essence, on réalise que tout ce dont on a besoin pour accomplir son but dans la vie nous a été légué de manière bénéfique grâce à la compassion du Créateur. Nos attributs positifs et négatifs sont tous deux nécessaires et sont des dons d'en-Haut."

-> Ainsi, mes défauts, mes limites et mes faiblesses sont-ils aussi un don d'Hachem? Sont-ils aussi des bénédictions? Apparemment oui.
Le rav Kook écrit que je dois me pardonner mes défauts, oublier mes erreurs et même célébrer mes échecs.

La vie est un long voyage et je ne peux pas avancer sur mon chemin en continuant à porter le lourd fardeau de mon passé.
Selon le rav Kook, tout d'abord, je dois changer la façon dont je me perçois. Je dois me pardonner mes défauts et mes innombrables erreurs. Je dois abandonner ce vieux scénario fait de regrets, de honte et d'auto-accusations. Ils ne sont pas dignes de me guider vers l'avant.

En ce sens, le rav Kook écrit (Shmoné Kévatsim 2:150) :
"La première étape pour atténuer l'angoisse causée par un comportement décevant consiste à se pardonner à soi-même, puis à pardonner aux autres."

-> Nos erreurs prennent des proportions exagérées lorsque nous ne parvenons pas à les oublier : elles continuent alors à résonner et à occuper toute notre bande passante émotionnelle. Elles constituent un fardeau insupportable à porter, qui nous empêche de nous aimer nous-mêmes et d'aimer les autres.
Le rav Kook nous enseigne à ne pas nous complaire dans le passé, à ne pas ruminer sans cesse toutes les erreurs que nous avons commises. Nous ne vivrons jamais une journée parfaite, ni même une heure parfaite.

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Deuxièmement, plus encore que pardonner, écrit Rav Kook, nous devrions essayer d'oublier nos comportements fautifs.

-> Dans ses mots (Shmoné Kévatsim 6:258) :
"Il est bon d'oublier nos fautes, lorsque l'on le fait avec intégrité pour améliorer le monde et servir Hachem avec joie."

-> Il écrit également (Orot haTéchouva 13,9) :
"Il ne faut pas s'attarder sur les échecs passés, car s'attarder sur la correction des erreurs passées empêche de grandir et place de nombreux obstacles sur le chemin du changement."

-> Cela ne signifie pas que nous devons être indulgents envers nous-mêmes. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas essayer de tirer les leçons de nos erreurs. Nous devons réfléchir, reconnaître et assumer tout ce que nous avons fait.
Nous nous concentrons sur notre passé, car cela nous aide à mieux nous connaître et nous empêche de répéter les mêmes erreurs. Nous explorons toutes les causes et les nuances de nos actes, nous les comprenons en profondeur et, avec un peu de chance, nous découvrons ce qui nous a conduits à échouer.

Mais ce processus comporte un grave danger. Lorsque nous nous attardons sur nos erreurs passées, nous courons le risque de nous paralyser.
Le rav Kook nous dit que nous devrions minimiser l'analyse et la réanalyse de nos erreurs passées ; si nous nous enfonçons dans la boue de notre vie, nous n'en ressortirons que boueux. Nous devons nous traiter avec amour et gentillesse. Nous devons aller de l'avant. Nous devons lâcher prise.
Nous devons continuellement nous traiter avec une généreuse miséricorde. Avec "de beaux yeux". Sinon, nous n'avancerons jamais.
Comment pouvons-nous avancer vers l'amour de soi lorsque nous nous rappelons continuellement que nous n'avons pas été à la hauteur de nos attentes?
Comment pouvons-nous avancer vers l'amour de soi lorsque nous nous réprimandons continuellement?
Nous devons pardonner. Nous devons oublier.

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-> "Je ne laisserai pas mes échecs me démoraliser, car je sais qu'ils sont tous nécessaires et qu'ils serviront de tremplin à ma croissance."
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 6:9 ]

-> Ainsi troisièmement, et c'est le plus important, non seulement nous devons pardonner et oublier nos défauts, mais nous devons aussi les célébrer.

Nous faisons toujours des erreurs. Nous avons besoin de faire des erreurs ; elles sont les "tremplins pour la croissance". Au lieu de nous juger sévèrement pour nos erreurs, nous devons reconnaître que nous en avons besoin. Elles sont des opportunités de croissance.
La croissance n'est jamais un processus simple, direct ou sans heurts. Quand tout va bien, il y a peu ou pas d'élan pour le changement. Lorsque tout va bien, nous voulons préserver le statu quo. Bien que cela puisse être gratifiant, c'est aussi un piège. Le statu quo ne nous rendra jamais meilleurs ; le statu quo ne nous pousse jamais à grandir.

Les échecs nous secouent ; les échecs brisent notre complaisance. Les crises nous déséquilibrent, nous "débloquent". Les crises dans nos vies offrent des opportunités de changement et de croissance.
Je ne commets jamais d'erreurs intentionnellement, mais il semble que mes maladresses recèlent les graines de la prochaine étape de ma vie. Apparemment, j'avais besoin de commettre ces erreurs pour repenser mes actions et finalement arriver là où je dois être.

Parfois, les bénédictions de la vie sont claires et évidentes, comme en plein jour. Parfois, elles surviennent dans l'obscurité de la nuit.
Elles sont enveloppées de ténèbres et semblent impénétrables. Mais comme la nuit, elles peuvent donner naissance à un nouveau jour.

-> Il y a une étincelle de lumière et de sainteté dans chaque échec. Les sages la recherchent et s'en nourrissent pour grandir.
[ rav Kook - Shmoné Kévatsim 2:350 ]

-> Ainsi, "cherchez-la et grandissez grâce à elle". Même nos échecs ont "une étincelle de lumière et de sainteté".
Le rav Kook s'adressait à lui-même, dans l'intimité et la sainteté de son âme. Il se réprimandait lui-même.

[compilation personnelle d'enseignement du rav Aryeh Ben David sur le rav Kook]

Etre humble = transformer la Rigueur en Miséricorde

"Les sacrifices à D. (ziv'hé Elohim) d'un esprit brisé, d'un cœur brisé ... tu ne dédaignes point" (Téhilim 51,19)

-> Le Nom d'Hachem : Elohim (אלהים) représente la Rigueur et la justice Divine, et il a une guématria de 86.
Grâce à l'humilité, lorsque l'homme a le cœur brisé, alors il va briser cela en deux, ce qui donne 43, soit la guématria de : Hachem est bon! (tov Hachem - טוב יהוה), comme dans le Téhilim (145,9) : "Hachem est bon pour tous, Sa pitié s'étend à toutes Ses Créatures".

Hachem (יהוה) est le Nom Divin lié à la miséricorde complète.
Ainsi, par le fait d'avoir un cœur brisé [d'humilité face à Hachem], nous pouvons adoucir la rigueur de la justice Divine et l'inverser en bonté et en miséricorde.

[rabbi Tsvi Hirsch de Zidichov]

Lorsqu'une personne atteint l'état de "néant" (ayin) et s'attache ainsi à D., la source de la vie, elle est imprégnée de la vitalité divine.
[ en nous vidant de notre égo, nous nous ouvrons à la vitalité divine. Cette vitalité est la source ultime du bonheur, puisque le bonheur n'est que l'exubérance que nous ressentons d'être en vie. Ainsi, paradoxalement, plus nous sommes concentrés sur D. et moins nous sommes concentrés sur nous-mêmes, plus nous sommes joyeux. ]

À travers la personne, la vitalité divine atteint ce monde, et cette vitalité divine élève alors la conscience du monde jusqu'à D., le Maître de tout, de sorte que tout s'attache à D.
[ ainsi, plus nous nous rapprochons du "néant" (de notre égo, au profit) de la conscience divine totale, plus nous répandons la conscience divine sur tous ceux avec qui nous sommes en contact. ]

L'humilité engendrée par la réflexion sur la grandeur d'Hachem [ex: comme lorsqu'on se prosterne avec kavana devant Hachem dans notre prière], permet de comprendre sa propre bassesse et d'atteindre la conscience du "néant" (ayin). Grâce à cette dynamique, tous les jugements Divins sévères sont "adoucis", c'est-à-dire transformés en faveur Divine.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayéra 21,6]

Leçon sur la prière – à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa

+ Leçon sur la prière - à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa :

-> Nos Sages (Guittin 55b) disent : "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Un homme, ami de Kamtsa et ennemi de Bar Kamtsa. Cet homme préparait un banquet. Il dit à son serviteur : "Va inviter Kamtsa".
Le serviteur alla inviter Bar Kamtsa.
L'homme trouva Bar Kamtsa assis à côté de son banquet.
Qu'est-ce que c'est? s'écria-t-il. "Tu es mon ennemi! Que veux-tu ici? Lève-toi et va-t'en!"
"Maintenant que je suis venu, dit Bar Kamtsa, laisse-moi rester. Je paierai ce que je mangerai et boirai."
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai la moitié de votre banquet", dit Bar Kamtsa.
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai tout votre banquet", dit Bar Kamtsa,
"Non!" dit l'hôte. Il saisit Bar Kamtsa et l'expulsa de force.

Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."

[ "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Nous comprenons que le Temple a été détruit à cause de Bar Kamtsa, car c'est lui qui a calomnié la nation juive auprès de l'empereur romain et qui a déclenché sa colère. Mais comment Kamtsa a-t-il causé le Churban ?
Le Maharcha écrit que Kamtsa était peut-être le père de Bar Kamtsa.
En suivant cette approche, nous pouvons expliquer que Kamtsa, le père, était également responsable de la destruction du Temple, car s'il avait appris à son fils Kamtsa à rechercher la paix, à pardonner et à oublier, et à rester silencieux lors d'une dispute et lorsqu'il était humilié, Bar Kamtsa aurait réagi d'une bien meilleure manière.
Kamtsa est donc Kamtsa est donc également responsable du Churban.
(éventuellement, on voit également ici l'importance pour les parents d'éduquer leur enfant par l'exemple. En ce sens, prends encore plus sur toi de respecter autrui, comme cela ce comportement sera partie intégrante de ton enfant. (mais si tu le dis sans le faire, alors il est probable qu'il n'y accorde pas beaucoup d'attention, car si même mon père ne le vit pas ... ))]

-> Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."
"Quelle preuve y a-t-il? demanda l'empereur.
La guémara (Guittin 56) indique que Bar Kamtsa a conseillé à l'empereur romain d'envoyer un korban à Jérusalem et de voir s'ils le sacrifieraient. En effet : "s'ils ne le sacrifient pas, ce sera la preuve que les juifs se rebellent contre vous."

L'empereur envoya un bœuf pour qu'il soit offert comme sacrifice (korban).
Sur le chemin de Jérusalem, Bar Kamtsa coupa la lèvre supérieure du bœuf (ou, selon une autre opinion, il mutila son œil), ce qui rendit le bœuf impropre à être offert en sacrifice.
Lorsque le korban arriva au Temple, les Sages dirent qu'ils devaient le sacrifier, malgré son défaut l'invalidant, car ils savaient que l'empereur romain serait en colère s'ils n'offraient pas son korban.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord. Il dit : "Si nous apportons ce korban, les gens penseront qu'il est permis de sacrifier un korban avec une défaut".
Les Sages eurent une autre idée. Ils tueraient Bar Kamtsa, afin qu'il ne revienne pas dénoncer la nation juive auprès de l'empereur romain.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord.
Il dit : "Si nous tuons Bar Kamtsa, les gens diront que quiconque fait un défaut sur un sacrifice (korban) doit être tué".
Les Sages acceptèrent l'opinion de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas.
Le korban ne fut pas sacrifié et Bar Kamtsa ne fut pas tué. Ce dernier rapporta l'incident au roi, et suite à cela la destruction du Temple eut lieu.

Rabbi Yo'hanan conclut : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hei'hal et nous a exilés de notre pays".

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Le Méor Enayim (Guittin) pose les questions suivantes :
1°/ Est-ce l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas qui a causé la destruction du Temple?
Il semble que ce soit sa prudence excessive qui ait causé la destruction ('hourban). Il semble que ce soit sa crainte que les gens n'en viennent pas commettre une erreur dans la halakha.
Pourquoi Rabbi Yo'hanan attribue-t-il la destruction du Temple à son humilité?

2°/ La halakha stipule que l'on doit transgresser toutes les halakhot de la Torah pour sauver la vie d'un seul juif. Alors pourquoi n'ont-ils pas offert le korban (ou tué Bar Kamtsa) pour sauver de toute la nation juive?
Pourquoi Rabbi Zé'haria s'inquiétait-il que des halakhot allaient être oubliées, alors que la vie de tant de juifs était en jeu?

-> Le Méor Enayim répond que Rabbi Zé'haria était le gadol hador [le géant spirituel de la génération] (la preuve en est que ses opinions ont été immédiatement acceptées par tous les érudits) et qu'il avait du roua'h hakodech (esprit saint prophétique).
Grâce à son roua'h hakodech, il savait que la destruction du Temple était imminente et que rien ne pouvait être fait pour changer ce décret.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Zé'haria n'a pas autorisé le meurtre de Bar Kamtsa ou le sacrifice du sacrifice (korban) avec le défaut invalidant.
Il savait que cela ne servirait à rien. La destruction du Temple se produirait de toute façon. C'est pourquoi sa principale préoccupation était de s'assurer que la Torah ne soit pas oubliée.

=> Pourquoi Rabbi Zé'haria n'a-t-il pas dit aux Sage de l'époque ce qu'il savait avec son roua'h hakodech?
Il aurait dû leur dire :
"Vous avez raison, c'est du pikoua'h néfech (question de vie et de mort sur le peuple juif), et selon la halakha, nous devons sacrifier le korban bien qu'il ait un défaut le rendant invalide, et ce pour protéger la nation juive.
Je sais par roua'h hakodech que la destruction du Temple aura lieu, et nous ne pouvons rien y changer. Même si nous apportons le korban ou si nous tuons Bar Kamtsa, le 'hourban aura lieu et la vie de toute la nation juive est en grand danger. Par conséquent, préservons au moins les halakhot."
Pourquoi Rabbi Zé'haria ne leur a-t-il pas dit cela?

La réponse est que Rabbi Zé'haria était humble et ne voulait pas leur dire qu'il avait le roua'h hakodech.
C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan dit : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hé'hal et nous a exilés de notre terre" = s'il leur avait dit ce qu'il savait avec roua'h hakodech, les Sages auraient prié pour que la destruction du Temple ne se produise pas, et ils auraient également incité les gens à faire téchouva.
Mais Rabbi Zé'haria ne leur a pas dit ce qu'il savait avec le roua'h hakodech, et les Sages n'étaient pas conscients que le 'hourban avait été décrété dans le Ciel, et ils n'ont donc pas investi dans les prières et la téchouva. [pas conscients de la gravité de la situation]

Le Méor Enayim écrit :
"C'est la signification : "l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit ..." = car sans son humilité, il leur aurait parlé du 'hourban, ils auraient prié, fait téchouva, imploré Hachem d'avoir compassion d'eux, et le décret aurait été annulé.
C'est donc l'humilité de Rabbi Zé'haria qui a causé la destruction. Il ne voulait pas révéler [qu'il avait le roua'h hakodech]".

=> En ce qui nous concerne, nous apprenons de cela que les juifs auraient pu annuler le décret de destruction du Temple avec leurs prières et leur téchouva, mais ils ne savaient pas que cette destruction était imminent.
La téchouva et la prière sont toujours efficaces. Elles auraient permis d'éviter le 'hourban (destruction du Temple).

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-> De son côté, le rav Elimélé'h Biderman donne une autre explication sur le fait que Rabbi Zé'haria a été agit trop humblement, ne croyant pas qu'il avait le pouvoir de la prière.
Il ne croyait pas en sa force. De plus, il ne pensait pas que la nation juive pouvait prier et annuler le décret.
C'est la forme négative de l'humilité. C'est le cas lorsque l'on ne croit pas en ses forces.
Cette humilité mal placée a entraîné la destruction du Temple.
[au contraire, il faut savoir par moment faire preuve d'orgueil de la sainteté (gaava dikedoucha).
Particulièrement le 9 Av, on prie de tout coeur pour la reconstruction du Temple, montrant par là qu'on a appris de nos erreurs, que la prière est quelque chose qui se "tient au sommet du monde" (Béra'hot 6b), que "la prière s’élève jusqu’au ciel" (Rachi - Béra'hot 6b). ]

[le prophète Yirmiyahou dit au roi Tsidkiyahou : "Hachem dit que si tu vas vers les officiers du roi de Bavel [pour conclure un traité de paix avec eux] ... la ville [Jérusalem] ne sera pas brûlée, et toi et ta famille vivrez. Mais si vous n'allez pas vers eux, cette ville sera conquise... ils la brûleront et vous ne survivrez pas" (Yirmiyahou 38,17-18).
Le rabbi de Kamarna demande : puisque le décret de destruction de Jérusalem était déjà scellé dans les cieux, comment le fait que Tsidkiyahou aille vers les officiers de Bavel pourrait-il aider?
La réponse est que l'humilité annule les décrets sévères. Si le roi Tsidkiyahou s'était rendu humblement devant les officiers de Bavel (en suivant la directive du prophète Yirmiyahou), cela aurait protégé le peuple d'Israël et le Temple aurait été épargné.
(on voit ainsi un exemple d'humilité positif (selon la volonté de D., transmise par Yirmiyahou), et également une humilité négative (impulsé par notre yétser sous couvert de bien agir = humble) avec Rabbi Zé'haria. L'une comme l'autre a pu mettre à la destruction du Temple.)]

"10 miracles se produisait au Temple pour nos ancêtres : ... on s’y tenait debout serré et on s’y prosternait [pourtant] avec aisance" (Pirké Avot 5,7)

-> La posture droite est un signe d'arrogance, alors que la prosternation est un signe d'humilité.
Ce miracle indique que lorsque le peuple était arrogant, il se sentait encombré.
Mais une fois qu'ils se sont humiliés (prosternés), ils ont eu l'impression qu'il y avait suffisamment de place pour tout le monde.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm]

L’humilité – Quelques réflexions de nos Sages

+ L'humilité - Quelques réflexions de nos Sages :

-> Le 'Hazon Ich disait que l'humilité c'est avoir une compréhension objective de qui nous sommes.

Par exemple, si quelqu'un mesure plus de 2 mètres, il doit reconnaître qu'il est largement plus grand que les autres.
N'y étant pour rien, d'un côté, il n'a aucune raison de s'en vanter, mais d'un autre côté, cela serait de la fausse modestie que de nier cette vérité.

La situation est la même lorsque Hachem nous dote de capacités, de situations, ... qui sont avantageuses au-delà
de la moyenne.

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-> Le fait de savoir que nous avons tous en nous une partie divine (l'âme), doit générer un sentiment de grande dignité et une conscience que nous avons des potentialités énormes (puisque divines!).

[D. me donne une partie de Lui-même, faisant de moi une sorte de mini-dieu!]

Cette réalisation de notre grandeur doit se faire en parallèle d'une humilité extrême, au regard de notre trop faible exploitation de nos potentialités pour faire la volonté de Hachem.

[Rabbi Moché Feinstein - Michnat Rabbi Aharon]

=> Plus on en vient à prendre conscience de notre réelle valeur interne, plus on en vient à réaliser ce que Hachem attend de nous.
C'est cela l'humilité : être un juif conscient et responsable des incroyables ressources dont Hachem nous dote.

-> Le ‘Hafets 'Haïm a dit à un homme faisant preuve d’une humilité exagérée : "Pourquoi te fais-tu si petit alors que tu n’es pas si grand?"
=> L'orgueil est le fait de se voir trop grand ou trop petit.
L'humilité, c'est connaître sa place, connaître ses forces et ses faiblesses, et les exploiter au mieux.

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-> "S’enorgueillir de la conscience de notre grandeur et de l’origine très élevée de notre âme, n’est pas seulement acceptable, c’est en réalité une obligation.
C’est un devoir impératif que de reconnaître nos qualités et de vivre en y étant conscient."
[Rabbi Avraham Grodzinsky - Torat Avraham]

-> "L'orgueil est un effort par lequel une personne essaie de surmonter un sentiment de manque de valeur de soi-même"
[Rabbénou Yona]

A l'inverse, l'humilité est le signe que l'on se sent si bien avec soi-même, que nous n'avons pas besoin de prouver notre valeur par le biais d'autrui, en exagérant à leurs yeux ce que l'on est réellement.
En effet, lorsqu'une personne ne prend pas la peine de se connaître et de s'apprécier, elle va alors faire dépendre son bonheur de l'approbation que vont lui témoigner les autres personnes.

A ce sujet, le rav Israël Salanter dit : "Il n'y a pas de personne plus dans le besoin que celle qui poursuit les honneurs."

-> "Si une personne s’abaisse, D. l’élève ; et si une personne s’élève, D. l’abaisse. Si un homme poursuit les honneurs, les honneurs le fuient, mais si un homme fuit les honneurs, les honneurs le poursuivront."
[guémara Erouvin 13b]

-> Le Ramban (dans sa Iguéret) écrit : "Tous les hommes se tiennent égaux devant leur Créateur. Dans Sa fureur Il fait tomber les orgueilleux ; dans Sa miséricorde Il élève ceux qui sont piétinés. Sois humble et Hachem t'élèvera".

Ce conseil et ratifié par la guémara (Erouvin 13b) :
"Beit Hillel méritait que la halakha suive ses avis car les membres de l'Académie de Hillel étaient polis, discrets et patients. De plus, ils citaient chaque fois les opinions et arguments de Beit Chammaï avant les leurs.
Cela nous enseigne que celui qui reste humble, mérite que Hachem le relève Lui-même."

On peut citer l'exemple de Yossef, qui après être sorti de prison et que Pharaon s'émerveilla de l'interprétation qu'il a pu faire de son rêve, Yossef lui déclara : "Ce n'est pas moi! C'est D. qui saura tranquilliser Pharaon!" (Mikets 41,16).
Hachem dit alors : "Toi, Yossef, tu as refusé de te glorifier ; Je te promets donc de t'élever en vertu de cette humilité" (midrach Tan'houma).

-> Pourquoi celui qui fuie les honneurs mérite que les honneurs le poursuivent. S’il n’en veut pas, pourquoi les prendrait-il comme une charge?
Le Sfat Emet répond : "celui qui fuie les honneurs" véritablement est celui qui prend l’honneur qu’on lui donne et l’élève vers Hachem, qui est le seul vrai "Roi de gloire". Car il réfléchit et comprend que ce n’est pas à lui que cet honneur s’adresse, mais aux qualités que lui a données Hachem, par conséquent ce n’est pas à lui que cet honneur s’adresse mais à Hachem.
C’est pourquoi "celui qui fuit les honneurs, les honneurs le poursuivent", car s’il a le pouvoir de faire monter l’honneur pour le restituer à sa source, l’honneur aspire à ce qu’il continue plus tard aussi à lui donner sa perfection.

-> "Dans Sa colère, Hachem abaisse les arrogants et selon Sa volonté, Il élève ceux qui sont abaissés.
Ainsi, abaisse-toi et D. t’élèvera"
[Iguéret haRamban]

-> Lorsque Kayin a vu que D. avait accepté l’offrande de Hével, il n’a pas pu supporter d’admettre la supériorité de son frère, car elle faisait ressortir son échec.
Il a tué son jeune frère uniquement parce qu’il ne pouvait pas admettre qu’il était inférieur à lui.

Le Ramban commente les paroles de D. à Kayin (Béréchit 4,7) en disant que s’il s’était amélioré et avait dominé sa jalousie envers son frère, D. l’aurait élevé à un niveau où il aurait eu plus d’honneurs que Hével.
=> Le meilleur moyen de se priver d’honneurs, c’est d’y porter son attention.

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-> Une personne qui n'apprécie pas sa propre valeur est incapable d'apprécier l'importance d'autrui.
[Rabbi Yaakov Yossef de Polonne - un des 1ers élèves du Baal Chem Tov]

-> L'humilité est un sens qui vient de l'intérieur. Lorsque cela implique des choses venant de l'extérieur, c'est une indication que ce n'est absolument pas de la vraie humilité.
[Rav Ména'hem Mendel de Kotzk]

-> "L’homme qui s’enorgueillit et se vante de ses qualités, révèle ses défauts.
Par son orgueil, il dévoile à tous son imperfection et sa sottise."
[Noam Eliméle'h - Yitro (20,23)]

-> "Un être ne peut être complet que s’il a conscience d’avoir un manque"
[Maharal de Prague]

=> Une personne orgueilleuse se pense au-dessus de tout, et ainsi elle n’est plus dans une démarche de se remettre en question, chose indispensable pour aller de l'avant.

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-> Les 3 clefs qui permettent à une personne de trouver grâce aux yeux d'Hachem sont : l'humilité, l'étude de la Torah avec amour et le savoir-vivre (déré'h érets), c'est-à-dire des comportements de moralité élevée, aux mœurs raffinées, conformes à l'esprit de la Torah.
[rabbi 'Haïm Chmoulévitch - Si'hot Moussar (si'ha 4)]

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-> "Fruits de l'humilité : la crainte de Dieu, richesse, honneur et vie!" (Michlé 22,4)

Le Noam Elimélé'h (Ekev) enseigne :
L'humilité est la racine et la source de tout ce qui est saint (kadoch), c'est la fondation de toute chose.
"Fruits (ékev) de l'humilité (anava)". Le mot : ékev, signifie aussi : "le talon du pied", puisque le pied supporte le corps entier.
De même, il doit y avoir un élément d'humilité dans tout ce qu'une personne fait.
[l'humilité étant le support de toute action, à l'image du talon dans le déplacement d'une personne.]

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-> La Torah protège et délivre une personne. Cependant, cela ne s'applique uniquement lorsqu'une personne est humble.
[Noam Elimélé'h - Ki Tétsé]

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-> Une personne humble réalise que rien ne lui est dû, et ainsi elle se sent satisfaite avec ce qu'elle a.
Un telle personne n'élève pas son regard sur ce qui est au-dessus d'elle.
Elle a constamment une tranquillité d'esprit et ressent un joie de vivre.
[rabbi de Vizhnitz - rabbi 'Haïm Meïr Hagar]

[si on pense par orgueil qu'absolument tout nous revient, alors s'il nous manque une miette parmi tout, alors nous ne sommes pas satisfait.
A l'inverse, si on considère que rien ne nous est un dû, alors nous sommes toujours satisfait car nous avons plus que rien dans notre vie.
Ce que l'on a, est ce que Hachem considère comme étant le mieux pour nous afin de mener à bien la mission de notre vie dans ce monde.]

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-> Voir également à ce sujet (b'h) :
- https://todahm.com/2018/12/25/lhumilite-quelques-citations-de-nos-sages
- https://todahm.com/2018/10/10/fierte-detre-juif-et-conscience-de-sa-grandeur
- https://todahm.com/2014/08/07/humilite-connaitre-sa-place
- https://todahm.com/2020/12/27/emouna-humilite
- https://todahm.com/2021/01/21/etre-humble-transformer-la-rigueur-en-misericorde

- https://todahm.com/2021/09/09/32554

- L'humilité permet de recevoir les bénédictions : https://todahm.com/2021/11/07/lhumilite-permet-de-recevoir-les-benedictions

- L'humilité permet d'avoir une grâce aux yeux d'Hachem : https://todahm.com/2022/11/17/37889

- voir également : https://todahm.com/2022/03/17/35268

- ainsi que : https://todahm.com/2022/03/17/35287

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-> "Considère 3 choses et tu n’en viendras pas à la faute : sache d’où tu proviens, où tu aboutiras et devant qui tu es appelé à rendre compte." (Pirké Avot 3,1)

Le Alshich haKadoch dit qu'on y voit toute la dualité d'un juif :
- d'un côté on sera toujours un fils aimé de Hachem (fait à son image, donc divin!),
- mais d'un autre côté, on provient d'une goutte puante, on finira comme poussière mangée par les vers, et on devra rendre des comptes avec précision devant D., sans possibilité de rien cacher ou pouvoir baratiner.

[On ne nous demandera pas si on a été plus fort que notre prochain, mais : qu'est-ce que TU as fait de ta vie par rapport à ce que TU aurais pu en faire? ]

=> Selon les situations de la vie, il faut savoir utiliser intelligemment : le fait que le monde n'existe que grâce à moi (pour sortir de la déprime, de la tristesse), et le fait que je ne suis que poussière (pour redescendre de notre nuage d'orgueil).

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-> La colère et la tristesse sont toutes les 2 dérivées de la vanité.
Un personne véritablement humble n'est pas facilement atteinte par l'une ou l'autre, car elle ne vit pas une vie en pensant mériter plus que ce qu'elle a.
L'humilité amène de la satisfaction et une tranquillité interne.
[rabbi de Karlin]

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-> "Sois excessivement humble, car l’espérance de l’homme est dans la vermine." (Pirké Avot 4,4)

Selon le Zohar, l'homme a une tendance naturelle à penser qu'il fait partie d'un groupe de personnes qui est immortel, contrairement au restant de l'humanité.
La prise de conscience que nous sommes tous de bref passage sur la scène de ce monde, que nous finirons dévorés par les vermines, doit nous conduire à la plus grande humilité.

[la mort et les vers ne font pas de différence à savoir si c'est la personne la plus riche au monde, la plus importante, ... Qui que nous soyons, notre finalité est de servir de nourriture à une simple vermine!]

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-> Rabbi Yo'hanan ben Zakaï disait : "Si tu as appris beaucoup de Torah, ne t’en fais pas l’éloge, car c'est dans ce but que tu as été créé." (Pirké Avot 2,8)

Le Ramban (dans sa Iguérét) rapporte qu'en s'enorgueillant de sa richesse, de son intelligence, de sa force ... en réalité on s'approprie tout le mérite de choses qui proviennent à 100% de Hachem (allo lélokim ou!), c'est se revêtir des habits Divins et s'en attribuer les mérites.

C'est pourquoi le 'Hida enseigne qu'il n'est pas nécessaire de travailler directement son humilité. En effet, il nous suffit d'acquérir le caractère d'être vrai, et notre orgueil disparaîtra d'elle-même.

[Il faut être honnête avec soi-même et prendre conscience de tout ce que fait Hachem pour nous (ex: je peux respirer, voir, entendre, bouger, penser, ...)]

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-> Le roi David marchait toujours les yeux regardant vers le bas (par humilité), provenant de la crainte de son Créateur.
[Zohar, Chémot 101b]

Dans le Téhilim 131, il est écrit : "Cantique des degrés. De David. Hachem, mon cœur n’est pas gonflé d’orgueil", lorsque Chmouël oint roi, "mes yeux n'ont pas été hautain" lorsque j'ai tué Goliath ...

Selon le Avot déRabbi Nathan (40,14), tout celui qui voit le roi David dans un rêve doit se tourner vers l'humilité.

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-> "Noa'h trouva grâce aux yeux de Hachem" (Béréchit 6,8)

-> Le mot : "matsa (trouva - מָצָא) a la même valeur numérique que : "anava" (humilité - ענוה), allusion au fait que Noa'h a trouvé grâce aux yeux de Hachem par le mérite de son humilité.
Hachem aime les humbles.
[Tsoar haBayit]

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-> L'essentiel de la Création du monde réside dans l'humilité.
Le midrach (Béréchit rabba 8,8) enseigne que quand Hachem a voulu créer l'homme, il a pris conseil auprès des anges du Service.
Cela nous enseigne que le monde a été créé par l'humilité, car le Roi du monde s'est abaissé, et a pris conseil des anges du Service.

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-> Selon le rav Dessler, les 3 étapes de prosternation durant la prière renvoient au processus interne suivant :
- 1ere étape : barou'h = Tout d'abord, nous reconnaissons D. comme la source de toutes les bénédictions, et nous prenons conscience de notre petitesse. [on courbe le dos ou fléchit les genoux]

- 2e étape : "ata" = nous nous heurtons alors à l'essence divine, et nous nous annulons. [en baisant plus fortement la tête]

- 3e étape : "Hachem" = on se redresse jusqu'à dire le nom de D., qui jaillit des profondeurs de notre intériorité : nous reconnaissons pleinement Hachem.

=> C'est cette capacité à annuler notre égo, qui nous permet de nous tenir debout et de vivre un moment intense de révélation divine (amida).

-> La guémara (Béra'hot 34) fait remarquer que le Cohen Gadol et le roi d'Israël, qui ont une très haute position sociale, doivent davantage se prosterner pour combattre la tendance naturelle à l'arrogance.

[ainsi, selon l'avis du Gaon de Vilna, le Cohen Gadol doit se prosterner au début et à la fin de chaque bénédiction, et le roi du début à la fin de la amida.]

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-> Selon le rav Ben Tsion Abba Chaoul :

- concernant le futur = nous devons être plein d'orgueil, du fait de pouvoir réaliser la volonté de Hachem.

[Ce sentiment de fierté est sain, productif, et il témoigne de notre amour pour D., de notre joie de nous consacrer à son service.
Par exemple, nous devons répondre avec plein d'orgueil à notre yétser ara qui nous pousse à la faute : "Tu sais qui je suis : un prince, un fils du Roi des rois! Alors comment oses-tu me déranger pour une chose si minable, honteuse pour quelqu'un de mon rang!"]

- concernant le passé = nous devons rester humble, car "Tout cœur hautain est en horreur à Hachem" (Michlé 16,5).

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-> "Ainsi parle Hachem : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse!
Que celui qui se glorifie se glorifie uniquement de ceci : d'être assez intelligent pour me comprendre et savoir que je suis Hachem, exerçant la bonté, le droit et la justice sur la terre, que ce sont ces choses-là auxquelles je prends plaisir"

[Yirmiyahou 9,22-23]

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-> Ceux qui étaient humbles ne ressusciteront pas dans l'ordre alphabétique, ils seront les premiers avant tout le monde.
[Péninim Yékarim]

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-> Une personne humble est considérée comme si elle avait apporté tous les sacrifices (korbanot) possibles.
[guémara Sota 5b ; guémara Sanhédrin 43b]

[imaginons notre réaction si on nous proposerait d'apporter des sacrifices au Temple. Une personne brisée positivement par l'humilité fait plus que cela!]

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-> "Hachem dit : quiconque cherche à s’élever [par orgueil] finira par descendre dans le feu ...
Malheur à la grandeur qui n’apporte jamais de bien!
Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : “Vois donc combien les personnes humbles sont grandes aux yeux d'Hachem.
A l’époque du Temple, celui qui apportait un holocauste (Ola) était récompensé pour son holocauste, celui qui apportait une oblation (Min'ha) était récompensé pour celle-ci.
Or, celui qui garde le profil bas, la Torah considère comme s’il avait apporté tous les sacrifices, comme il est dit : "Les sacrifices [agréables] à D., c’est un esprit contrit" (Téhilim 51,19) ; les sacrifices qui Lui sont le plus chers ne sont pas les animaux qu’on Lui sacrifie, mais le cœur brisé et l’humilité de l’homme"."
[midrach Vayikra rabba 7,6]

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-> Rabbi Elazar déclare : "Le sacrifice est à l’image de la faute".
Un riche qui est parfois arrogant offrira un taureau, car il aura davantage tendance à fauter devant son Créateur.
Un homme moyen offrira du petit bétail, car il n’a pas vraiment la volonté de fauter.
Un pauvre, qui n’est pas arrogant du tout et dont la volonté est la moins affirmée, offrira le sacrifice le plus léger.
[Zohar - Vayikra 5a]

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-> Le rav Yaakov Klein enseigne :
Il existe 4 catégories dans la création : les minéraux, les végétaux, les animaux et les humains.
Le minéral le plus élevé est le mont Everest avec 8 849 mètres, le végétal le plus élevé est un arbre (séquoia) qui fait environ 116 mètres de haut, l’animal le plus haut est la girafe avec environ 5 mètres, et enfin l’homme le plus grand de l’ère moderne est Robert Wadlow qui mesurait 2,72 mètres.
=> Cela peut s’expliquer ainsi : le moins une entité a de spiritualité, le plus elle a une matérialité élevée.

D’ailleurs, nos Sages affirment qu’il y a une 5e catégorie dans la création : les juifs.
Cela peut expliquer pourquoi tout au long de l’histoire les juifs sont considérés de haut par les autres nations (ex: des sales juifs!).

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-> "L’humilité est la grandeur de l’homme lorsque son être est lié à sa source (le Divin), tandis que l’orgueil provient du corps qui est [par nature] éloigné d’Hachem".
[Rabbénou Tsadok Hacohen de Lublin - Takanat Hachavim 13b]