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"Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Ekev 11,13)

-> Selon Rachi : "Le service du cœur n'est autre que la prière, car la prière est considérée comme un service divin."

-> Le Mabit écrit :
"La finalité des prières n'est pas d'être entendue et exaucée, mais seulement d'afficher à travers elles notre conviction qu'il ne convient d'adresser nos requêtes à nul autre qu'à D.
En énonçant nos besoins devant Lui, nous admettons que le seul être susceptible de les satisfaire est le Créateur, sans qui absolument tout nous ferait défaut dans notre vie.
Et c'est en acceptant cette réalité que notre récompense finira par arriver."

-> Rav Steinman dit :
"La prière est un exercice de notre émouna.

Lorsque nous prions, nous intériorisons la émouna simplement par la puissance des mots que nous récitons.
Nous devons travailler à intérioriser le fait que Hachem contrôle le monde, et que tout est entre Ses mains, et que néanmoins, Il prend soin de moi, qu'Il m'écoute et répond à mes requêtes."

Il fait remarquer : "Les gens se plaignent que leurs prières ne sont pas écoutées. Cela provient du fait qu'ils demandent de l'aide à Hachem, sans être totalement confiant dans le fait que leur aide ne peut venir que de D.
[par exemple : on prie pour la santé, tout en se reposant sur le médecin, idem dans la parnassa, ...]
...
Lorsqu'une personne prie Hachem avec sincérité, en ne croyant qu'en Lui, alors sa prière est écoutée."

-> La guémara (Roch Hachana 18a) rapporte que 2 personnes peuvent se tenir devant le même bourreau : une va être sauvée et l'autre pas.
La différence tient dans le fait qu'une va prier avec les bonnes intentions, et l'autre pas.

[En effet : la prière = "Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Ekev 11,13)]

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-> Le 'Hazon Ich, était reconnu pour son étude intensive de la Torah.
Il a dit une fois qu'il a mis davantage d'efforts dans ses prières que dans son étude de la Torah.
Il a également affirmé qu'il a gagné davantage de compréhension de la Torah par le biais de sa prière, que par le biais de son étude de la Torah intense et constante.

=> A l'image de ce géant de la génération, nous devons aussi mis gros sur notre prière.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky rapporte qu'une fois rabbi Shlomo Lorincz est venu voir le 'Hazon Ich au sujet d'une question urgente de vie et de mort. Ce dernier était en pleine amida, et on ne pouvait pas attendre qu'il la termine.

Rabbi Lorincz a essayé de lui parler dans l'oreille, mais il n'a pas entendu.
Il a touché son bras, mais il ne l'a pas senti.
Ce n'est que lorsqu'il a secoué le 'Hazon Ich, que sa concentration s'est rompue.

On voit de là, à quel point il était totalement focalisé dans sa prière.

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-> Rav 'Haïm Kanievsky a dit après la mort d'un jeune garçon :
"Aucune prière n'est perdue.
Par moments, il peut sembler qu'une prière n'est pas directement écoutée, mais elle peut servir à éviter d'autres tragédies de se produire (à soi même, à d'autres, à la communauté juive).
De plus, les prières dites pour un malade qui est décédé, vont fournir un mérite à son âme dans le monde à venir."

Après la mort du Steïpler, il a déclaré : "Qui peut dire combien de tragédies à travers le monde ont été évitées par les prières massives (récitées pour lui)?"

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+ Prières & synagogues :

-> "Si une personne ne rentre pas dans une synagogue dans ce monde, elle n'y entrera (également) pas dans le monde à venir"
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 5,1]

Rav 'Haïm Kanievsky ajoute : Si dans ce monde une personne vient constamment en retard à la prière, dans le monde à venir lorsqu'elle viendra à la synagogue, elle n'aura le droit d'y venir qu'en retard.
Par exemple, si elle vient toujours au moment où la communauté prie "Baré'hou", elle n'aura le droit d'enter qu'au moment de "Baré'hou'.

-> Le Maharam Chalava (guémara Pessa'him 46a) dit que si une personne habite dans un ville ayant une synagogue, et cependant prie chez elle, elle est considérée comme "quelqu'un qui dénigre [Hachem]".

Pourquoi cela? et pas un paresseux?

La réponse est qu'en n'allant pas à la synagogue, cette personne montre que la prière n'est pas importante pour elle, car sinon, elle irait rejoindre la communauté pour avoir la possibilité de prier de la meilleure des façons.

"La Torah a pitié de l'argent du peuple juif" (guémara Yoma 39a)

=> Pourquoi en est-il ainsi?

-> Le Baal Chem Tov (Tsavaat haRivach 109) explique :
[La réponse repose sur] le principe selon lequel tout ce que l'on porte, mange ou utilise comme récipient existe en vertu d'une force vitale intérieure, et c'est cette force vitale qui cause une satisfaction.
Sans cet aspect spirituel, l'objet ne pourrait pas exister.
[De plus,] tout contient des étincelles sacrées qui sont liées à la racine de l'âme d'une personne. C'est pourquoi une personne aime un certain objet et une autre personne ne l'aime pas et est attirée par quelque chose d'autre.

Lorsqu'une personne utilise le récipient ou mange la nourriture en sa possession [conformément aux prescriptions de la Torah], même si elle mange pour satisfaire ses besoins physiques, elle rectifie ces étincelles sacrées. Car par la suite, le bénéfice qu'il tire de ce vêtement, de cette nourriture ou de tout autre objet lui permet de servir Hachem.
Ainsi, [les étincelles saintes qui s'y trouvent] atteignent leur rectification spirituelle.

C'est pourquoi les biens changent souvent de mains. Une fois que les étincelles saintes liées à la racine de l'âme du propriétaire ont été spirituellement rectifiées, D. retire l'objet à cette personne et le donne à quelqu'un d'autre.
Les étincelles qui restent à l'intérieur de l'objet appartiennent à une autre racine sublime.

Le Baal Chem Tov enseigne que les gens mangent et vivent ensemble et utilisent leurs diverses possessions en raison des étincelles sacrées contenues dans chaque chose.
C'est pourquoi ["la Torah a pitié de l'argent du peuple juif". Cela nous enseigne que] l'on doit avoir pitié de toutes ses possessions, car en faisant cela, on a pitié des étincelles sacrées.

Prier pour autrui

-> Faire partie du peuple juif signifie que lorsqu’un autre juif est dans la douleur et la souffrance, nous devons ressentir sa douleur. Et il ne suffit pas de simplement ressentir la douleur d’autrui ; nous devons prier en son nom.
Ce n’est pas un hasard si le point central de nos prières quotidiennes, la Amida, où nous adressons nos requêtes à Hachem pour la santé et la sécurité financière, est rédigé au pluriel.

Nous devons reconnaître que, si nous étions à la hauteur (en priant davantage pour eux!), nos frères juifs ne connaîtraient pas autant de chagrin et de douleur. Et, par conséquent, il nous incombe de prier pour eux, car dans une certaine mesure, nous sommes peut-être responsables de leur malheur.
[...]

Parfois, nos prières peuvent sembler ne pas être exaucées, et l'une des raisons avancées (par nos Sages) est que nous sommes soumis à une justice stricte [au Ciel] et que nos prières peuvent ne pas être acceptées. [aucune prière n'est vaine, mais par moment elles ont plus de mal à impacter au ciel ]
Que pouvons-nous faire?
Nous devons implorer les autres de prier en notre nom.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,9 ]

"L'homme doit toujours anticiper la prière avant d'être confronté aux moments de détresse ou à tout problème."

[guémara Sanhédrin 43b]

Lorsqu'on en vient à oublier papa Hachem, Il nous envoie des difficultés pour que l'on se tourne vers Lui.
Prier, c'est s'éviter ces moments de galère, c'est s'ouvrir les conduits des bénédictions, et c'est montrer à Hachem à quel point notre vie dépend de Lui.

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-> Le Rachba (Téchouvot 5,51) explique que le mot : "béra'ha" (bénédiction) vient de la même racine que : "béré'ha" (un réservoir).

De même qu'un réservoir contient une vaste quantité d'eau, de même les bénédictions de Hachem sont un réservoir infini de miséricorde et de bonté, dont nos prières sont les tuyaux par lesquels nous pouvons amener sur nous ces bénédictions divines.

Le Ben Ich 'Haï (dans son séfer Od Yosef 'Haï) écrit que la sainteté d'une synagogue est mesurée par sa proximité avec le Temple. Plus une communauté est proche du Har HaBayit, plus son niveau de sainteté est élevé.
En effet, le Har HaBayit (mont du Temple) est la porte du Ciel et plus une communauté est proche de Har HaBayis, plus elle est proche du Ciel.

La valeur est accentuée si le rez-de-chaussée de l'endroit où se trouvait autrefois le Temple peut être vu depuis les fenêtres de la synagogue.
Le Ben Ich 'Haï conclut en écrivant que celui qui a le mérite de prier ou d'étudier la Torah dans une telle synagogue est chanceux.

"Tout est dans les mains du Ciel, à l'exception de la crainte de D."
[guémara Béra'hot 33b]

Une personne se doit de faire ses propres choix dans le domaine de la crainte de D. et dans le fait d'éviter la faute.

Rav 'Haïm Kanievsky, se basant sur le 'Hazon Ich (Ora'h 'Haïm 156) apporte l'enseignement suivant.

Hachem nous donne la pleine liberté de choix de faire le bien ou le mal.
Cependant, tous les juifs étant responsables les uns des autres, ils sont considérés unis comme une seule personne.

Ainsi, lorsqu'un juif utilise son libre arbitre pour prier pour l'amélioration spirituelle d'un autre juif, sa prière peut avoir un effet sur la transformation spirituelle d'autrui, et cela n'est pas considérée comme venant du Ciel, puisqu'étant le résultat d'un choix libre d'un juif.

"L'homme possède tout, lorsqu'il se confie à Hachem"

[le Saba de Novardok - Rabbi Yosef Yozel Horowitz -> 1848-1919]

"Lorsque nous disons des mots des Téhilim, le roi David récite ces mêmes mots dans sa tombe, en même temps que nous"

[Rabbi Yaakov de Castro (1525–1610) - élève du Radbaz - Oholei Yaakov]

-> La guématria du mot Téhilim est de : 485, qui est la même que : min achamayim (מן השמים).
Les Téhilim sont un cadeau du Ciel afin de nous aider à nous connecter à Hachem.

-> Selon le rav Tzvi Elimelech de Dinov, le mot : בראשית, fait référence à : יעקב אמר תהלים בביתו של רמאי (Yaakov a récité des Téhilim dans la maison de ce fourbe - Yaakov amar Téhilim bévéto shél ramaï).

D'ailleurs, selon Rabban Chimon ben Gamliel, il récitait entièrement le livre de Téhilim chaque nuit. [midrach Béréchit rabba 68,11]

De même que Yaakov a récité des Téhilim dans la maison de Lavan (le fourbe), afin de le vaincre, nous devons les utiliser comme armes afin d'être sauver de tous nos adversaires.

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-> "La seule force qui reste à ces juifs exilés est celle de leurs prières"
[Rabbi Its’hak – sur le Téhilim 102,18-19 – midrach Cho’her Tov]

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-> Rabbi Na’hman de Breslev fait remarquer que dans le 1er verset de Chémot, les dernières lettres des 5 premiers mots permettent de former le mot : Téhilim.
Il y a : וְאֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, הַבָּאִים => on obtient : תהילים.

De plus, les dernières lettres des 5 mots suivants de ce même verset permettent de former le mot : Téchouva.
Il y a en effet : מִצְרָיְמָה: אֵת יַעֲקֹב, אִישׁ וּבֵיתוֹ => on obtient : תשובה.

Avec le livre de Chémot commence le début véritable de notre exil (descente des juifs en Egypte).
=> La Torah nous donne les armes pour nous en sortir : Téhilim (prière du cœur) et Téchouva (dynamique continue d’amélioration personnelle, selon les standards de la Torah).

-> Le Divré Yé'hezkel commente également sur le fait que la descente en exil (début de Chémot) : "Et voici les noms des enfants d’Israël qui vinrent" (וְאֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, הַבָּאִים) a pour premières lettres qui forment : Téhilim (תהילים), car avec les Téhilim chaque personne peut quitter son Egypte et ses impuretés personnelles.

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-> "Si on connaissait la puissance des téhilim, on ne s'arrêterait jamais d'en dire"
[Tséma'h Tsédek]

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-> Bien qu'extérieurement c'est nous qui tenons le livre de Téhilim, en vérité, c'est lui qui nous tient debout, plein de vie dans ce monde d'obscurité ...

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-> "[Tu] ne fermeras pas ta main à ton frère nécessiteux" (Réé 15,7 – לֹא תִקְפֹּץ אֶת-יָדְךָ, מֵאָחִיךָ הָאֶבְיוֹן )

Le rav Israël de Rizhin nous enseigne :
Les 1eres lettres de ces mots sont : lamed, tav, youd, mém et hé, et permettent de former le mot : Téhilim (תהילים).
Le fait de réciter des Téhilim pour une personne pauvre est bien, mais ce n’est pas assez, il faut également ouvrir sa main et lui donner de la subsistance matérielle.

"La grandeur d'une prière ne dépend pas de la quantité de mots prononcés pour invoquer Hachem, mais plutôt de la qualité du 'cri du cœur' lancé vers Hachem"

[Rav Yé'hezkel Levenstein]

"Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en 1er"

[guémara Baba Kama 92a]

D'où vient la force d'une prière dite pour les autres?

-> Le 'Hatam Sofer explique que ce qui nous permet de prier les uns pour les autres vient du fait que tous les juifs font partie d'un corps unique et d'une âme unique appelée "le peuple juif".
C'est pourquoi nous devons ressentir l'affliction d'un autre juif comme notre affliction, et que prier pour lui équivaut à prier pour nous-même.

Lorsqu'une mère prie pour son enfant par exemple, elle prie aussi pour elle-même. Il n'y a pas de différence entre le bonheur des enfants et celui de leurs parents.
Bien que moins évidente, une relation similaire existe entre tous les juifs.

Dans le même sens, le Maharal explique que le peuple juif n'est pas un simple assemblage d'individus disparates, mais au contraire une entité intégrante, très semblable au corps humain, qui bien qu'étant composé d'organes et de membres, les comprend tous et les intègre en un seul être unifié.

La tendance naturelle est de se concentrer sur ses propres problèmes.
=> En faisant sienne la souffrance des autres, nous nous rattachons au corps du peuple juif.
En priant pour le bonheur des autres, en même temps que pour le sien, nous remplissons nos prières de l'amour d'Israël, ce qui donne la puissance et le mérite d'être secouru.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou vol.1) enseigne à ce sujet :
"Tout individu qui prie pour la communauté entière ... ses prières valent sous cette forme 1 000 fois celles de 1 000 individus qui auraient prié pour eux-mêmes uniquement.
Sa prière s'en trouve donc plus pure, car elle est débarrassée d'intérêts personnels, et l'esprit communautaire s'en trouve aussi renforcé"

-> Le Avné Nézer lors des funérailles du Sfat Emet a dit : "Il est clair pour moi pourquoi le Sfat Emet est mort d'une maladie rare, que même les spécialistes n'ont pas su diagnostiquer.
Il priait pour énormément de juifs, qui avaient toutes les maladies possibles.
S'il avait été frappé par une maladie pour laquelle il avait prié pour d'autres personnes, sa prière aurait également été répondue (faisant qu'il en soit sauvé).
C'est pour cela qu'il a été nécessaire au Ciel de créer une maladie juste pour lui."

-> Le Baal Chem Tov enseigne que lorsque l’on veut juger d’en-Haut la faute d’un homme, on le place dans une situation où il verra son ami faire cette même faute et on observe de quelle façon il jugera celui-ci.
De la même façon qu’il jugera son prochain, on le jugera d’en-Haut sur cette faute : s’il l’a jugé avec rigueur, lui-même sera jugé avec rigueur et s’il l’a jugé favorablement, il sera jugé favorablement.

Il en découle que si une personne reste insensible devant les souffrances de son prochain, du Ciel on va évaluer chez cette personne, s'il n'y a pas des souffrances qu'elle aurait dû avoir et qu'elle n'a pas encore eu, et on pourra alors conclure qu'elle mérite davantage de souffrances.
Mais si une personne va prendre le temps de prier pour autrui, du Ciel on va chercher des moyens de diminuer ses souffrances, ses problèmes.
Cette méthode permet d'obtenir ce dont nous avons prié pour autrui.

-> Tous les matins en se levant, Rabbi Zusia avait coutume de souhaiter une bonne journée à tout le peuple juif, demandant pour tous une journée pleines de bénédictions et de succès.
[Maor vaChémech]

-> D'autres prient pour une réfoua chéléma dès qu'ils voient une ambulance passer, ... Toute occasion est bonne pour bénir autrui!
[Imaginons qu'il était prévu sur nous un maladie, mais qu'on a souhaité sincèrement une réfoua chéléma à autrui (même un juif inconnu), cela va peut être nous en dispenser, et ce sans forcément que nous nous en rendions compte!]

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On peut noter que dans la amida, nous utilisons la forme plurielle (nous), signe d'un amour de chaque personne du peuple juif.
D'ailleurs, le 'Hafets 'Haïm nous conseille : "celui qui veut garantir que ses prières soient agrées doit prier pour la communauté et s'inclure avec ses membres, car la prière pour la communauté est plus facilement acceptée".

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-> "Celui qui peut implorer la compassion divine pour son prochain et ne le fait pas est appelé un fauteur"
[guémara Béra'hot 12b]

Ne pas réagir lorsque l'on apprend la souffrance d'une autre personne, se retenir de faire usage d'un outil aussi facilement accessible que la prière trahit un manque flagrant d'amour d'Israël.

-> "Les portes de la prière sont closes depuis la destruction du [2e] Temple"
[guémara Béra'hot 32b]
Le Méam Loez (Eikha 1,2) commente : "Les pleurs du peuple juif éveillent la pitié de Hachem, et à leur suite, Lui-même élève la voix en pleurant."

Le Séfer 'Hassidim explique que la raison pour laquelle nos prières sont rejetées est que nous ne ressentons pas suffisamment la souffrance des autres.
L'amour de son prochain, ce sentiment d'union, est un outil essentiel pour que nos prières soient agréées.

-> "Tout Israël, et ceux qui leur font confiance, sont comme des frères, comme le dit la Torah : 'Vous êtes les enfants de Hachem, votre D.' (Dévarim 14,1)
Or si un frère n'a pas de compassion pour son autre frère, qui en aura?"
[Rambam - Hilkhot Matnot Aniim 10,2]

-> "Etant tous des enfants de D., imaginez à quel point, Hachem peut être irrité par un enfant qui va dire du lachon ara sur un de ses frères"
['Hafets 'Haïm - 'Hovat haChemira]

-> Dès que 2 juifs reconnaissent qu'ils sont les enfants d'un même Père (Hachem), ils peuvent commencer à développer l'affinité naturelle inhérente à leur lien.
[Rav Mattitiahou Salomon]

On est tous complémentaire dans la réalisation d'un but commun : faire que la gloire de Hachem dans ce monde soit le plus fortement proclamée.
Il n'y a pas de concurrence, chacun a son rôle et une contribution unique à jouer.
Par ailleurs, étant tous lié, lorsqu'autrui se porte bien, cela me sera également profitable par ricochet.
[il va bien => la globalité du peuple juif va mieux => étant un membre de ce corps, je vais mieux! ]

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-> "Lorsque des gens prient pour une autre personne, ils deviennent comme ses élèves (talmidim) en ce sens qu'il leur permet d'avoir du mérite"
[rav Eliyahou Lopian]

-> Chaque fois qu'une personne est à l'origine de quelque chose de bien, qu'elle en ait conscience ou non, elle acquiert un mérite pour cela.
Ainsi, lorsque quelqu'un prie pour la guérison d'un malade, et qu'en agissant ainsi, il se rapproche de Hachem, c'est le malade qui est à l'origine de cette transformation et tout le mérite lui revient.
Et plus il y a de personnes qui prient pour lui et qui s'en trouvent élevées, plus grand est le mérite qu'il acquiert.
=> Ainsi, le malade finira par être transformé par tout le mérite qu'il a accumulé, même s'il n'en a pas connaissance et le décret à son encontre pourra éventuellement être annulé.

[de plus, il faut y ajouter toutes les pensées de téchouva, les bonnes résolutions prises. En effet, face à la vision d'un malade, d'un hôpital, on se rend compte du caractère éphémère de la vie, et cela réveille en nous la nécessité d'utiliser notre courte vie au mieux.
(cela conduit également à exprimer notre gratitude : "Grâce à D., je suis vivant et en parfaite sante! De tout cœur, merci Hachem!!")
=> Tous ces conséquences indirectes viennent également au mérite du malade.

On peut également citer le fait que la maladie aide à nous focaliser sur la personne malade : comme c'est dommage, c'est quelqu'un avec de si belles qualités, qui réalise de magnifiques actes, ... (on aura tendance à rapporter des illustrations concrètes à son sujet).
Par cela, le malade devient plus ou moins consciemment un modèle de vie, un rav de moussar vivant, que l'on a envie d'imiter. Et cela lui génère du mérite. ]