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Casser un verre sous la ‘houppa

+ Casser un verre sous la 'houppa :

De nombreuses coutumes liées au mariage symbolisent le don de la Torah où chaque juif s'est marié avec la Torah.

Sous la 'houppa nous cassons un verre, qui représente les 1eres lou'hot que nous avons obtenu au mont Sinaï et qui ont été brisées.
Nos Sages (guémara Erouvin 54a) enseignent : "Si les Tables de la Loi n’auraient pas été brisées, la Torah ne serait jamais oubliée."

Le rabbi de Satmar dit qu'il est très important de se souvenir des lou'hot brisées au mariage, car de même qu'elles ont apporté l'oubli de la Torah chez les juifs, de même le fait d'oublier est très important pour la réussite d'un mariage.
En effet, à plusieurs reprises il faut savoir oublier (passer au-dessus) les torts que notre épouse peut nous faire, et alors il y aura le shalom bayit.

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-> La guémara (Pessa’him 112a) rapporte que rabbi Akiva a donné 7 ordres à son fils rabbi Yéhochoua, dont l’un d’eux était : "N’entre pas dans ta maison soudainement [sans toquer préalablement à la porte]".

Dans son commentaire sur la guémara, le Rachbam cite le midrach relatant qu’à chaque fois qu’il approchait de sa maison, rabbi Yo’hanan faisait intentionnellement du bruit pour alerter toute personne qui pouvait être à l’intérieur, de son arrivée imminente.
Rabbi Yo’hanan expliquait sa manière d’agir en citant le verset (Tétsavé 28,35), demandant au Cohen Gadol d’avoir des clochettes sur la bordure inférieure de sa robe (le Mé’il), afin de pouvoir faire du bruit pour annoncer sa venue à chaque fois qu’il entrait dans le Sanctuaire (le kodéch).

=> Comment des personnes aussi grandes que rabbi Yo’hanan ou rabbi Akiva, peuvent-elles déduire une façon de se comporter pour tous au quotidien, à partir de lois spécifiques applicables uniquement au Cohen Gadol, dans son Service Divin, dans l’extrême sainteté du Temple?

-> Le Michméret Ariel répond en se basant sur la guémara (Sotah 17a) enseignant que si un mari et une femme sont méritants, alors la présence Divine réside avec eux, et leur maison sera remplie d’une atmosphère de sainteté.

Il en résulte que tout mariage réussi permet de créer dans sa maison un lieu de résidence de la présence Divine (à l’image du Michkan), et d’une certaine façon la conduite appropriée en ce lieu peut se déduire de celle du Cohen Gadol.

=> La vie d’un couple est pleine de défis, mais n’oublions pas de voir dans nos efforts pour maintenir l’harmonie et la joie dans le foyer, comme le moyen permettant d’amener la présence Divine à résider dans notre foyer (avec toutes les bénédictions et la sainteté que cela engendre).
Est-ce que cela vaut-il vraiment la peine de se faire la tête sur une chose si petite/éphémère, par rapport au prix à payer : faire partir de chez nous Hachem!

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-> La guémara (Sotah 17a) enseigne que si un mari et une femme sont méritants, alors la présence Divine réside avec eux.

-> "Ils feront pour Moi un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux" (Térouma 25,8)

Le Ohr ha’Haïm haKadoch déduit que la présence Divine ne réside pas uniquement dans le Michkan, mais également dans la maison de chaque juif où règne le shalom : une véritable paix et de la sérénité.
C’est ainsi que de nos jours toute maison juive peut servir individuellement de : Temple miniature (Beit Mikdach méat).

De plus, lorsqu’un couple ajoute leur "lèv" (cœur – לב – valeur : 32) à leur "bayit" (maison – בית – valeur : 412), alors il élève leur maison pour qu’elle devienne un : mikdach (Sanctuaire – מקדש – valeur : 444), où la présence Divine réside.

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-> "[Par le fait de casser un verre au mariage,] Nos Sages souhaitaient nous enseigner qu’il n’y a pas de joie complète tant que le Temple est détruit et la présence Divine en exil"
[michna Broura - Ora’h ‘Haïm 560]

-> "Pourquoi le 2e Temple a-t-il été détruit ?
Les juifs n’étaient ils pas versés dans la Torah, les mitsvot et les bonnes actions?
[Le 2e Temple a été détruit] parce qu’il y avait une haine gratuite entre les juifs (sinat ‘hinam).
Ceci nous montre que la haine gratuite équivaut aux 3 transgressions majeures [qui causèrent la destruction du 1er Temple] : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre."
[guémara Yoma 9b]

-> On traduit généralement la "sinat ‘hinam" par : la haine gratuite, qui ne se base sur aucune raison.
Mais est-ce qu’on en vient à haïr quelqu’un sans aucune raison?
En effet, il y a forcément quelque chose qui a déclenché ce ressentiment de haine.

=> Ainsi, le rav David Hoffman affirme que nous devons plutôt traduire la "sinat ‘hinam" par : "la haine sans bonne raison".

En partant de cela on peut comprendre les paroles du Sfat Emet (Roch Hachana 5641) ainsi : "Puisque le Temple a été détruit à cause de la haine sans raison valable (sinat ‘hinam), il sera, si D. le veut, reconstruit par l’amour du prochain sans raison valable (aavat ‘hinam)."

==> Au regard de la proximité sentimentale dans un couple, les disputes sont très souvent basées sur de la haine sans raison valable (sinat 'hinam) [juste pour avoir le dernier mot, avoir raison, par égo!].
Sachons penser à Hachem qui n'a plus de Temple pour résider, et qui du coup vient résider au sein d'un couple, et lorsqu'il y a de la haine sans raison véritablement valable, alors nous le mettons dehors à la rue!
Pensons à Sa souffrance, au fait que nous perdons tellement plus en nous privant d'une proximité de D., qui nous comble de bénédictions dans Sa joie de pouvoir résider parmi nous, Ses enfants adorés.

==> En cassant le verre au mariage, on se rappelle de tout cela : de pourquoi le Temple est détruit chaque année, du fait que le couple nous permet "d'héberger" chez nous Hachem, de la nécessité de l'oubli lié aux lou'hot brisées, ...
Et par cela nous amenons sur nous le meilleur, nous activons la venue du machia'h et le reconstruction du Temple, ...

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-> Le 2e Temple a été détruit à cause de la haine gratuite. Le Gaon de Vilna explique ce qu'on entend par "haine gratuite" = "Si quelqu'un nous cause une peine, une souffrance, sans qu'on ne lui ait rien fait, nous le détestons. Mais alors D. nous dit : "Sachez que celui qui vous pourchasse et vous oppresse, ce n'est pas votre voisin, mais c'est bien Moi. Ainsi, cette haine que vous éprouvez envers lui est gratuite. Si celui-ci ne vous avait pas causé d'ennuis, c'est un autre qui s'en serait chargé. C'est donc pour rien que vous le haïssez."

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-> Le Choul'han Aroukh (554:25) : "Celui qui pleure/s'endeuille sur Jérusalem mérite de la voir dans sa joie" (כל המתאבל על ירושלים זוכה ורואה בשמחתה).
זוכה ורואה (zo'hé our'é - mérite de la voir) est écrit au présent.

Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) et d'autres expliquent que lorsque l'on pleure le Temple, on ressent immédiatement la joie de la guéoula.
Le Kédouchat Lévi (Eikha) écrit : "Lorsque l'on pense à la sainteté et que l'on pleure Jérusalem... on perçoit immédiatement un élément de la joie de Jérusalem, de ce qu'il en sera à l'avenir".
[d'une certaine façon, plus on s'attriste on détaillant tout ce qu'on a perdu à cause de sa destruction, plus on se réjouit que très bientôt on en profitera pour l'éternité. Ainsi, plus on s'en attriste, plus on s'en réjouit d'impatience, de la grandeur d'être juif, de la bonté d'Hachem à notre égard d'avoir une chose si grande que le Temple, qui arrivera avec le machia'h très rapidement. ]

-> Lors d'un mariage, nous cassons un verre sous la 'houppa, le 'hatan porte des cendres sur sa tête, ...
Ces coutumes nous aident à nous souvenir de Jérusalem et du Temple [même à un moment important de joie dans notre vie].

Le Sfat Emet (Ki Tavo 5653) explique que le but de ces coutumes n'est pas de nous faire pleurer lors d'un mariage, mais plutôt de parfaire la joie de la fête.
Nous voulons que la joie de la fête soit complète, mais comment un bonheur peut-il être complet dans l'exil? C'est pourquoi nous portons le deuil, et le deuil attire la lumière et la joie totale de l'épqoue du machia'h, et cela complète la joie du mariage.

Le Sfat Emet écrit :
"À chaque sim'ha (célébration), il faut se souvenir du Temple ...
Lorsque le Temple était érigé, la joie était totale. Aujourd'hui, nous méritons cette joie par le deuil et la nostalgie du Temple.
Comme il est dit : "Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous tous qui l'aimez! Prenez part à sa joie, vous tous qui êtes en deuil à son sujet!" (Yéchayahou 66,10).
Par notre deuil, nous mériterons la joie de Jérusalem."

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-> b'h, d'autres explications sur le fait de briser un verre au mariage : https://todahm.com/2014/04/01/1257-2

->b'h, également un prolongement du divré Torah avec la notion de divorce (que D. nous en préserve) : https://todahm.com/?s=divorce+larme

Avraham et les anges

+ "Les anges lui dirent [à Avraham] : Où est Sarah ta femme? Avraham répondit : Elle est évidemment dans la tente" (Vayéra 18,9).

Ce verset veut nous faire savoir combien Sarah (notre Matriarche) était une femme pudique et discrète.
Rav Yéhouda a dit au nom de Rav, ou selon d'autres, c'est rabbi Its'hak qui a dit : Les Anges savaient très bien que notre mère Sarah était dans sa tente, mais (ils ont posé la question) afin de la rendre encore plus chère aux yeux de son époux.
[guémara Baba Métsia 87a]

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=> Était-il nécessaire que les Anges cherchent à rapprocher Avraham de Sarah, alors qu'il s'agissait d'un couple uni?

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitch (Si'hot Moussar 10) enseigne :
Selon rabbi Its'hak, les 3 Anges savaient que Sarah était dans sa tente en raison de son caractère pudique et discret.
Leur demande à Avraham : "Où est Sarah?" avait pour seul but de souligner à Avraham la pudeur de Sarah, afin de la rendre plus chère à ses yeux.
Ainsi, les Anges ont tenu, au nom de la recherche du Shalom (paix), à rapprocher encore davantage Avraham et Sarah en vantant la discrétion de Sarah.
Pourtant, Avraham et Sarah formaient un couple uni et soudé, et avaient un âge avancé et un niveau angélique.
Cette enseignement de la guémara veut donc nous apprendre qu'il n'y a pas de limite dans la recherche du Shalom dans un couple, même uni.

De plus, lorsque Sarah, sceptique, réagit ainsi à la nouvelle d'un futur enfantement : "Et (pourtant) mon mari est un vieillard" (Vayéra 18,12), Hachem rapporta différemment à Avraham les propos de Sarah : "Vais-je vraiment enfanter, alors que je suis si vieille" (Vayéra 18,13), même si Avraham s'était lui-même posé auparavant la question : "Quoi! Un (vieillard) centenaire engendrerait-il encore?" (Lé'h Lé'ha 17,17).

Pourquoi Hachem a-t-il modifié les propos de Sarah?
C'est parce que si Avraham avait pris connaissance de l'affirmation de Sarah : "Et mon mari est un vieillard!", il aurait pu être un tant soit peu froissé et cela aurait légèrement troublé le Shalom de ce couple, pourtant soudé.
Hachem veut nous enseigner l'importance d'éviter la moindre division et l'importance du Shalom dans un couple même uni.

[si cela est vrai chez notre Patriarche (à son niveau phénoménal), combien à plus forte raison chez nous (ses descendants).
Nous devons ainsi tout faire pour développer le shalom dans notre couple, et éviter tout ce qui risque de lui porter atteinte, même d'un peu.]

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-> "Ils lui dirent : "Où est Sarah ta femme"? Il[Avraham] dit : "Elle est dans la tente"." (Vayéra 18,9)

-> Rachi rapporte la guémara (Baba Métsia 87a) affirmant que les anges savaient très bien où était Sarah, mais c’était pour mettre sa décence en valeur et pour la rendre encore plus chère aux yeux de son mari.

-> Le rav Shlomo Wolbe pose une question sur cet épisode. Quand on discourt devant de jeunes mariés, lors de leurs Chéva Bérakhot (repas de fête durant la semaine qui suit leur mariage), il est normal de chanter les louanges du ’Hatan et de décrire longuement les qualités de la Kalla. Ceci, pour cimenter les liens du nouveau couple. Mais Avraham et Sarah avaient respectivement 100 et 90 ans à cette époque.
On ne sait pas exactement à quel âge ils se sont mariés, mais cela faisait certainement plusieurs décennies. Après une telle période de vie commune, si la femme n’est pas appréciée par son mari, un tel compliment n’aidera pas à rétablir l’harmonie ...
=> Ainsi quel but y avait-il à rendre Sarah encore plus chère aux yeux de son mari en soulignant sa pudeur? De plus, Avraham était un grand tsadik, le pilier du monde. On n’exalte généralement pas son côté romantique. Comment comprendre l’intention des anges : à savoir de rendre Sarah chère à ses yeux?

D’après le rav Wolbe, ce passage nous enseigne que le fait de "rendre l’un des conjoints plus cher aux yeux de l’autre" est nécessaire durant toute la vie commune des époux.
Cette guémara nous enseigne que l’on peut être marié depuis 30, 50, 60 ans ou plus, avoir souvent été chéri par son conjoint, les liens des mariés doivent tout de même constamment être renforcés, intensifiés. Il est donc essentiel que les conjoints se chérissent toujours davantage.
En l’occurrence, ce sont les anges qui entrainèrent ce renforcement des liens entre Avraham et Sarah, mais nous déduisons de ces versets qu’il incombe au mari et à la femme de toujours s’efforcer de voir l’autre de manière positive, de lui vouer toujours plus de respect et de s’en soucier toujours plus.

-> L’histoire suivante sert de parfait exemple quant à l’attitude à avoir envers son conjoint.
Rav David Hirschovitz était un fervent disciple du célèbre roch Yéchiva de Mir, le rav ’Haïm Chmoulevitz. Lors d’un voyage en Erets Israël, il lui rendit visite et le rav Chmoulevitz l’invita à déjeuner chez lui. Lors du repas, l’attitude du Rav Chmoulevitz troubla son élève, car elle ne semblait pas adaptée au statut du rav.
Dès qu’il entra chez lui, ce dernier demanda à sa femme ce qu’elle comptait leur servir à manger. Puis, il s’attabla et mangea tout son plat, ne laissant aucun reste. Son assiette était redevenue toute propre. Il demanda à sa femme ce qu’elle avait mis comme épice pour que le repas soit si bon. Quand celle-ci lui répondit, il demanda à être resservi et il termina à nouveau son assiette. "Vraiment délicieux!"

Rav Hirschovitz n’en croyait pas ses yeux! Une fois la rabbanite sortie de la pièce, il demanda à son rav : "Que se passe-t-il? À Mir, vous n’étiez concentré que sur votre étude ; c’était votre seule occupation, jour et nuit, au point qu’il fallait parfois vous rappeler de manger! Et quand vous finissiez de manger, il fallait parfois vous rappeler de réciter la bénédiction qui suit le repas, parce que vous aviez oublié que vous aviez mangé ..."

Et là, 40 ans plus tard, le rav Chmoulevitz demandait la recette du plat et dévorait sa part! L’élève ne comprenait pas.
Le rav Chmoulevitz répondit :
"Sache que je suis un grand Maguid Chiour [conférencier] en Erets Israël. Je ne te raconte pas ceci par orgueil. J’ai travaillé sur ces cours pendant 40 ans, je les ai dispensés à Mir, en Europe et à Shanghai. Je les ai retravaillés, améliorés, lus et relus. Ces cours sont des mines d’or! Sache que quand un jeune élève de 17 ans vient me complimenter à la fin d’un cours en me disant qu’il l’a apprécié, cela me réjouit énormément, ma journée est complètement différente! Pourtant quels sont le niveau et les connaissances de ce jeune homme? Il ne saisit pas la profondeur de la question posée, sans parler de la clarté de l’interprétation du passage de guémara ... Malgré tout, son compliment me réjouit, il me fait du bien, car telle est la nature humaine ...

Ce repas est comme l’un de ces cours pour ma femme. C’est toute son occupation et sa préoccupation : elle se soucie de moi et prépare tout ce dont j’ai besoin. Donc, pour lui faire plaisir, je mange ce qu’elle me sert avec appétit et plaisir. Je termine toute mon assiette. Mais je ne suis pas devenu glouton ; c’est son Chiour et je veux lui montrer que je l’apprécie."

Rav Chmoulevitz était alors marié depuis plus de 50 ans, mais il savait que tout individu a besoin d’être complimenté, peu importe le nombre d’années de mariages déjà célébrées.
Les Anges nous enseignent que la relation de couple se tisse et se développe sans cesse.

Le secret du mariage, c'est que chacun se sente responsable du sourire de l'autre.

[rav Yé'hia Benchétrit]

Les chidou’him

"Lavan et Bétouél répondirent et dirent : La chose a émané de Hachem!" ('Hayé Sarah 24,50)

-> La guémara (Moéd Katan 18a) enseigne :
"De la Torah, des Névi'im et des Kétouvim, [nous avons des preuves que] Hachem arrange les chidou'him.
- de la Torah : "La chose [ce chidou'h] a émané de Hachem" (v.24,50) ;
- des Névi'im : "son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de Hachem" (Chimchon trouvant une femme entre les filles des Philistins - Choftim 14,4) ;
- des Kétouvim : "Maison et fortune sont un héritage des parents, une femme sensée est un don de Hachem" (Michlé 19,14)."

-> "Hachem donne un foyer à ceux qui vivent solitaires" (Elokim mochiv yé'hidim - Téhilim 68,7)

-> Selon le 'Hazon Ich, les Chidou'him bénéficient d'une intervention Divine toute particulière, en comparaison à l'intervention Divine générale dans le monde.
Il est vrai que tout vient d'Hachem, mais les chidou'him sont uniques car tout le monde peut y voir clairement la Main d'Hachem.

-> Certains appellent la cérémonie d'engagement le "vort" (qui se traduit littéralement par : "un mot").
Cela doit nous rappeler que : "tout vient par le mot d'Hachem" (chéakol niya bidvaro).
[ou bien dans le verset ci-dessus : méHachem yatsa adavar (La chose a émané de D.)]

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-> Le 'Hidouché haRim fait remarquer que plusieurs miracles se sont passés lorsque Eliézer a cherché le chidou'h de Its'hak.
On peut citer par exemple :
1°/ il a voyagé de la terre d'Israël à Aram Naharayim en seulement un seul jour, la terre se contractant pour lui (kfitsat aarets) ;
2°/ au moment où Eliézer a prié pour le chidou'h, Rivka est apparue ;
3°/ l'eau du puits est montée d'elle-même vers Rivka ;
4°/ un ange a échangé l'assiette empoissonnée d'Eliézer avec celle de Bétouel.

Le 'Hidouché haRim explique que cela nous apprend que chaque chidou'h se passe miraculeusement, et non pas d'après les lois de la nature.

=> Pourquoi les miracles sont-ils tant nécessaires à un chidou'h?

-> Le rav de Koziglav répond que le Satan essaie d'empêcher la bonne réalisation des chidou'him car il est conscient de leur grandeur.
[par exemple, la guémara (Yébamot 62) affirme : "tout celui qui n'est pas marié est sans joie, sans bénédiction, sans bonheur, ..." ; ou encore la guémara (Sotah 17a) enseigne que si un mari et une femme sont méritants, alors la présence Divine réside avec eux. ]

Si un chidou'h devait se passer selon les règles de la nature, il pourrait ne jamais avoir lieu car le Satan viendrait le bloquer.
Les miracles sont ainsi nécessaires pour surmonter chaque obstacle que le Satan va essayer de déployer pour en empêcher l'aboutissement.

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-> "40 jours avant qu'un enfant ne soit formé, un voix Divine annonce : la fille de untel se mariera avec untel" (guémara Sota 2a)

=> Pourquoi les chidou'him sont-ils choisis aussi tôt? Ne peut-on pas attendre que l'enfant soit en âge de se marier?

La guémara (Kidouchin 30b) dit : "Il y a 3 partenaires dans la création d'un homme : Hachem, le père et la mère."
Le rav Elimélé'h Biderman explique qu'en tant que partenaires, les parents veulent donner une opinion sur avec qui leur enfant doit se marier.
C'est pourquoi, Hachem choisit le chidou'h avant que l'enfant ne naisse, bien avant que les parents ne pensent à le marier.
Le temps passant, l'enfant a alors l'âge pour se marier, le chidou'h est déjà choisi du Ciel, et les parents ne peuvent pas protester.

Un homme peut avoir toute une liste de critères pour sa future femme, mais au moment de rencontrer celle qui lui est destinée, Hachem mettra dans son cœur un désir pour ce chidou'h, annulant tous ses plans préétablis.

On trouve une allusion à cela dans le 1er chidou'h de l'histoire, où Hachem a endormi Adam afin de créer 'Hava.
En effet, le fait que Adam dormait à ce moment indique que pour faire un chidou'h, parfois les plans et les idées d'une personne doivent être mis en sommeil. Et ce n'est qu'alors que le chidou'h se produit.

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-> Le rabbi Shlomo de Zvhil dit que certes un chidou'h est déjà arrangé au moment où l'enfant est dans le ventre de sa mère, mais ensuite lorsqu'Hachem le rend réel, il permet aux gens d'avoir le bon sentiment de penser que c'est eux qui l'ont fait.
Hachem choisit le chidou'h, et puisque les parents sont ses partenaires dans la création de l'enfant, et qu'ils ont peiné pendant de nombreuses années pour l'élever, alors Hachem va créer une illusion en donnant un fort sentiment de comme s'ils participaient à la réalisation du chidou'h.

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-> "Le serviteur courut au devant d’elle ... Elle se hâta de faire glisser sa cruche ... et elle courut à nouveau" ('Hayé Sarah 24,17-20)

-> Le Beit Israël avait coutume de rapporter au nom du rav ‘Haïm de Brisk que dans le domaine des Chidoukhim, nous devons savoir que tout se déroule selon les mots du verset : "La chose émane de D. même".
Et pas seulement le Chidoukh lui-même, mais également le jour et l’heure où il sera conclu eux aussi ne dépendent que d'Hachem, et personne n’est en mesure d’anticiper ni de retarder ce moment ne fût-ce d’un instant.
Lorsque le jour décidé par le Ciel où il doit se conclure approche, les événements se précipitent (à l’instar du trajet qui se raccourcit subitement pour Eliézer, de la hâte soudaine de Rivka, ...) afin que tout se termine en temps voulu sans aucun retard (et il est obligé de se terminer en ce jour-même, comme on le voit dans la prière de Eliézer : "Daigne me faire rencontrer aujourd’hui" (verset 11)).

-> Certes une hichdatlout peut être nécessaire, mais il faut surtout être rempli de émouna que : tout dépend uniquement de la parole et de la volonté d’Hachem qui "donne un foyer à ceux qui vivent solitaires" (Elokim, mochiv yé'hidim bayéta - Téhilim 68,7).

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-> On a demandé au Gaon de Tchebin ce qu'il faut regarder dans un chidou'h, et il a répondu : "3 choses : de bonnes midot, de bonnes midot, de bonnes midot".
[le Imré 'Haïm fait remarquer que Eliézer n'a pas été impressionné par les miracles de Rivka, mais par ses midot, car c'est le facteur de loin le plus important.]

Sous la 'houppa, nous récitons 7 bénédictions :
- la bénédiction de "yotser aadam" (qui créé l'homme), en référence à celui qui n'est pas appelé "homme" jusqu'à ce qu'il se marie.
["Un homme qui n'a pas d'épouse n'est pas un homme [complet]" (guémara Yébamot 63a) ; de même le midrach (Béréchit rabba 1,2) enseigne que c'est seulement lorsque 2 conjoints forment une seule entité qu'ils sont appelés "homme".]

- les 6 autres bénédictions se rapportent aux 6 attributs qui manquent à l'homme tant qu'il n'est pas marié : la joie, la bénédiction, le bien, la Torah, la muraille et la paix (comme le rapporte la guémara Yébamot 62b).
[Séfer Na'halat Chiva]

[une muraille : selon le Maharcha : un mur pour protéger l'homme de la tentation ; selon le Maharal : une source de force.]

[A l'entrée dans la vie de couple ('houpa) nous apprenons par les 7 bénédictions, qu'à chaque instant, le simple fait d'être marié, c'est déjà le gros lot! ]

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-> Le Zohar (Vayikra 12a) met en parallèle les 10 Commandements et les 10 Paroles de la Création.
Ainsi, "Tu ne convoiteras pas" (Chémot 20,14) correspond à "Il n'est pas bon que l'homme soit seul".

Mariage & providence Divine

+ Mariage & providence Divine :

-> La guémara (Moed Katan 18b) cite Shmouel qui déclare que bien qu'il ne soit pas permis de conclure un mariage à 'hol haMoed, il est permis de faire les kidouchin, les fiançailles (la première étape du mariage) à 'hol haMoed parce que "shéma yékadménou acher", si l'on attend, peut-être que quelqu'un d'autre la demandera en mariage dans l'intervalle et qu'elle ne sera plus disponible pour se marier.
Or, il est écrit : "40 jours avant la formation de l'embryon, une voix Divine émerge et proclame : la fille d'un telle et destiné pour un tel" (guémara Sota 2a).
[de même : "Rav dit ... [il y a des preuves] dans la Torah, dans les Névi'im et dans les Kétouvim, qu'Hachem [détermine] qui sera la femme d'un homme" (guémara Moed Katan 18b)]
Si tel est le cas, comment cette préoccupation est-elle possible puisque c'est déjà prévu avant la naissance?

La guémara suggère la réponse suivante : shéma yékadménou acher béra'hamim = peut-être qu'un autre sera capable d'interférer par la "miséricorde" (béra'hamim), c'est-à-dire en priant pour qu'il se marie avec cette fille.
Ainsi, il en ressort la force de la prière, qui a le pouvoir d'annuler un décret antérieur concernant le shiddou'h approprié, et pour cette raison, il est permis d'effectuer des kidouchin à 'hol haMoed pour éviter un tel scénario.

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-> Cette même guémara (Moed Katan 18) poursuit avec le récit d'un homme qui a prié pour épouser une femme en particulier et dont les prières ont effectivement été exaucées.
Il a ensuite épousé cette femme, mais le mariage a eu des conséquences désastreuses, ce qui l'a amené à prier pour sa propre mort ou la mort de sa femme afin que leur mariage douloureux prenne fin.

Le Nimouké Yossef explique le sens de cela comme étant que même si l'on prie (parfois par erreur) pour épouser une certaine personne (même si elle n'a pas été désignée pour nous), et que cette prière est acceptée, le décret original concernant la personne que l'on est destiné à épouser ne peut jamais être annulé. Par conséquent, le premier mariage ne durera pas, et la femme [tendra] à épouser finalement la personne initialement désignée par Hachem.

Cette guémara nous apprend qu'il faut prier pour un chidoukh approprié, mais qu'il ne faut pas prier pour épouser une personne en particulier. Bien que la prière soit suffisamment puissante pour permettre temporairement à un mariage d'avoir lieu alors qu'il n'a pas été initialement décrété par Hachem, en fin de compte, le mariage sera douloureux pour les deux personnes impliquées et se terminera par un divorce.

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-> "Et selon vous, pourquoi le passage abordant le divorce a-t-il été écrit dans la Torah, si nous devons toujours essayer de faire des compromis et de préserver (le mariage) au maximum?
Il faut croire que, parfois, la séparation est la meilleure méthode de paix entre les deux parties.
['Hafets 'Haïm - ha'hadach al ha Torah - Lé'h Lé'ha 13,9]

Etude de la Torah & être marié

+ Etude de la Torah & être marié :

-> La guémara (Yébamot 62b), qui énumère tous les avantages du mariage, dit qu'une personne qui n'a pas de femme n'a pas de Torah.
=> Cela semble tellement étrange. La plupart des gens penseraient le contraire. Avant de se marier, ils pouvaient apprendre la Torah sans interruption. Une fois mariés, on doit penser à d'autres personnes, on a davantage de préoccupations ...

-> Le rav Yéhouda Tsadka (Kol Yéhouda 260) écrit que l'étude de la Torah est peut-être plus important avant le mariage, en termes de quantité. Cependant, nous ne pouvons pas comparer la qualité.
La Torah qu'on étudie après son mariage est une Torah de sainteté (kédoucha) et de pureté (tahara).

-> Le Maharcha (Yébamot 62b) explique cette idée différemment. L'étude de la Torah affaiblit une personne, et sans femme, elle ne serait pas capable de s'occuper pleinement d'elle-même (ex: combien de forces un sourire, un mot, ... peut donner!). [de plus, seul nous ne sommes que la moitié de nous-même]
Sans être marié, nous ne pourrons jamais atteindre notre potentiel maximum en matière de Torah.

-> Rabbénou Bé'hayé (Introduction à la paracha Vézot haBéra'ha) écrit que lorsque le roi Shlomo a écrit le chant Eichét 'Hayil (Michlé 31), il a écrit chaque verset pour qu'il corresponde à chaque lettre de l'alef-beit, nous enseignant ainsi qu'une épouse de grande qualité permet à une personne de réussir dans son étude de la Torah.

-> Ainsi, ne commettons pas la grave erreur de penser que le mariage ralentit ou entrave notre croissance dans la Torah, car ce n'est qu'avec un mariage de qualité qu'un homme peut atteindre ses objectifs de croissance dans la Torah. Se marier joue un rôle majeur dans notre plénitude dans l'étude de la Torah.
Il va sans dire qu'il n'en est ainsi que si l'harmonie règne au sein du foyer. La guémara (Sotah 17) écrit que la Chékhina réside avec un mari et une femme qui sont méritants.
Quant à ceux qui ne méritent pas la Chékhina, le feu les consumera.

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Le rav Malkiel Kotler (roch yéchiva de Lakewood) pose la question suivante : la guémara (Soucca 5a) affirme que la Chékhina ne réside pas à moins de 10 téfa'him du monde (soit environ 80-100 cm). Comment se fait-il alors que la Chékhina réside avec eux s'ils vivent à moins de dix téfa'him du sol (ex: en étant allongés, assis)?

La réponse du rav Malkiel est qu'il faut que le couple soit surélevé de dix téfa'him par rapport au sol, et que c'est ainsi que la Ché'hina peut résider constamment avec eux.

=> Quelle idée extraordinaire! Un couple qui s'est marié correctement vit au-dessus de ce monde, dans un autre domaine. [on est comme flottant dans les airs à une hauteur d'environ 1 mètre, et Hachem nous entourant d'amour et de bénédictions. ]
Nous devons réaliser qu'un mariage correct est le seul moyen de grandir dans notre Torah. Une partie de nos efforts dans la Torah consiste à travailler sur notre shalom bayit.
[ce divré Torah du rav Kotler nous montre à quel point être marié nous change de dimension, amène sur nous par le mérite du shalom avec notre conjoint tellement de belles choses matérielles et spirituelles. ]

[traduction d'un divré Torah du rabbi Mordé'haï Sultan]

"L'amour ferme les yeux sur les défauts ; la haine ferme les yeux sur les qualités"
[Ibn Ezra]

-> Le rav Ben Tsion Aba Chaoul explique que celui qui se focalise sur les défauts d'autrui, ressemble à quelqu'un qui rentre d'une maison incroyablement belle, avec une odeur exquise, ... et il va mettre sa tête dans la poubelle de la maison, s'exclamant : "C'est sale, immonde ici! Quelle odeur insupportable!"
De même, nous sommes tous des êtres humains, non des anges, et nous avons ainsi tous en nous quelques aspects négatifs, quelques déchets.
De même qu'il est normal d'avoir un espace avec des saletés dans notre maison, de la même façon nous devons accepter qu'il y a quelques "saletés" dans notre prochain.

J'ai été jeûne, et grâce à D. j'ai dépassé les 80 ans, et dans ma vie je n'ai jamais entendu de cas où une personne a renoncé à quelque chose (dans un but de préserver la paix), et qui en est ressorti perdante.
Une personne qui cède (pour le shalom, l'honneur d'autrui, ...) est toujours gagnante.

[rav Elazar Ména'hem Chakh - il écrit cela dans Michtavim ouMaamarim p.122]

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-> Il faut céder lorsque nous sommes confrontés à des situations qui peuvent potentiellement déboucher sur un conflit. Cette qualité est une grande source de mérites.
[rav Elazar Ména'hem Chakh]

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-> Le fait d'aimer autrui, de le juger favorablement, ... sont des mitsvot comme d'autres qui nécessitent de dépenser de l'argent.
Nous sommes prêt à dépenser de l'argent pour un étrog, pour écrire un Séfer Torah, pour recevoir des invités (hachnassat or'him), pour faire une mariage, ...

Le 'Hafets 'Haïm dit que nous devons également être prêt à dépenser, à "perdre" de l'argent pour préserver l'harmonie dans notre famille, avec nos amis et voisins.
Plutôt que de discuter sans fin et de se battre sur de petites sommes d'argent, nous devons consacrer cet argent pour promouvoir la paix.

Le 'Hafets 'Haïm conclut que cela est certainement aussi important que pour toute autre mitsva.

[ex: en acceptant de céder (de l'argent, de notre honneur) afin de préserver l'amour avec notre prochain (tu aimeras ton prochain comme toi-même), nous nous évitons également beaucoup de lachon ara et d'agir à de nombreuses reprises à l'encontre de notre obligation d'aimer notre prochain, de la juger favorablement.
De plus, la paix est le canal permettant aux bénédictions de descendre sur nous!]

-> b'h, à ce sujet : https://todahm.com/2013/12/01/garder-le-silence-pour-preserver-la-paix
et : https://todahm.com/2019/07/08/la-paix

-> "Ne hais point ton frère en ton cœur" (Kédochim 19,17
Nos Sages (guémara Sanhédrin 27b) disent que si un juif évite de parler à une connaissance pendant plus de 3 jours en raison de sa haine, il a transgressé cette mitsva.

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-> Une personne ne peut pas imaginer combien de douleurs elle se dispense en acceptant avec amour et confiance, les insultes, les coups et les attaques qu'elle peut recevoir d'autrui.
A la place de réagir radicalement et avec colère, on doit accepter que cela nous vient en place de souffrances beaucoup plus importantes, et que cela peut même venir sauver notre vie.
[Ben Ich 'Haï]

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-> "Celui qui a pitié d’autrui, D. a pitié de lui. "
[guémara Shabbath 151b]

-> "Lorsque l’on se retient de rendre la ‘mesure’ (la pareille à ceux qui nous ont fait du mal), tous nos péchés sont pardonnés. "
[guémara Roch Hachana 17a]

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-> Celui qui en tient pas rigueur aux autres, sa prière sera agréée.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téfila]

-> Par le fait que tu gardes le silence lorsqu'on t'insulte, tu mériteras que Hachem réponde à ta demande.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téfila]

-> Si tu n'es pas en paix avec les autres, ta prière ne sera pas agréée.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téfila]

-> A cause d'un vol ou d'une honte qu'il aurait infligé à autrui, la prière de l'individu ne sera pas écoutée.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téfila]

-> Trois choses font perdre la prière :
1°/ "Ne méprise aucun homme", il s'agit de ne pas mépriser qui que ce soit ; quand on n'est pas attentif sur ce point, la qualité de la prière s'en ressent.
2°/ L'altération de la foi, celle-ci n'étant pas parfaite, ce qui correspond à l'idolâtrie.
3°/ Le dommage occasionné à l'Alliance (la brit).
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - 2e Tome - Torah 10]

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+ "Celui qui se montre indulgent (envers autrui) verra un jugement indulgent (à Roch Hachana) sur tous ses péchés"
[guémara Roch Hachana 17a]

-> Rachi commente : "celui qui ne se montre pas intransigeant, qui renonce à se venger mesure pour mesure de ceux qui l'ont offensé (ou lui ont fait du mal) et qui laisse passer et oublie".

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.19) écrit que Hachem rend justice mesure pour mesure.
Ainsi, lorsque quelqu'un est miséricordieux et bon avec autrui, alors Hachem va le traiter de la même manière, et va d'une certaine façon : "détourner son regard de ses fautes" (Roch Hachana 17a).

Le Ram'hal ajoute qu'à l'inverse celui qui ne va pas renoncer, "détourner son regard" à un comportement mauvais/maladroit d'autrui pour préserver la paix, il va devoir en payer le prix.
Lorsqu'une personne se comporte d'une manière stricte et qu'elle souhaite voir punie ceux qui l'ont blessé, ou bien lorsqu'elle garde rancune contre ceux qui lui ont fait du mal, alors par cela elle demande à Hachem de la traiter de la même façon. Si j'applique la loi stricte vis-à-vis d'autrui, alors Hachem me jugera selon la loi stricte.
Qui peut survivre à cela? Sans la miséricorde de D. à notre égard, que peut-on prétendre recevoir dans notre vie?

-> Nos Sages disent : "Les hommes qui sont offensés et qui n'offensent pas en retour ... le verset dit à leur égard : "Tes bien-aimés rayonneront comme le soleil dans sa gloire" (Choftim 5,31)."
[guémara Guitin 36b ; guémra Shabbath 88b]

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-> Un des exemples les plus connus du fait d'être "vatran" (de renoncer pour la paix) est celui de : Ra'hél.
Elle a été prête à renoncer à se marier avec Yaakov (avec les implications énormes que cela pouvait avoir! [ex: renoncer à mettre au monde le peuple juif]).
A la place, elle a donné les signes secrets qui étaient convenus avec Yaakov, et ce afin que Léa ne soit pas humilié, après que Lavan l'a forcée à prendre la place de Ra'hél.
En récompense de cette attitude (de renoncer), Hachem lui a promis une grande récompense.
Il est écrit : "que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, dit Hachem, ils reviendront du pays de l'ennemi." (Yirmiyahou 31,15).
Rachi commente : Hachem a promis que les juifs seraient délivrés par le mérite de Ra'hel.

-> Selon le Léka'h Tov (Vayétsé), l'acte de renoncement le plus impressionnant et le plus connu au monde est celui de Ra'hél au profit de sa soeur Léa, lorsqu'elle épousa Yaakov.
Le rav Yaakov Israël Pozen (Adéraba) écrit à ce sujet :
Quelles furent les pensées de Ra'hel à ce moment-là? Pourquoi choisit-elle d'aider sa sœur à lui prendre son mari, et d'anéantir de ses propres mains l'espoir d'épouser Yaakov le Juste, qu'elle avait attendu [ardemment] durant 7 années?

C'est qu'à cet instant, Ra'hel comprit une chose précise : "Certes, j'épouserai Yaakov. Mais quelle honte immense subira ma sœur! Qu'est-ce que le Maître du Monde attend de moi? Que je me marie, ou que je lui évite d'avoir honte?"
Et Ra'hel notre mère, cette Juste merveilleuse, comprit qu'aux yeux du Ciel, éviter que l'autre n'ait honte était plus important, et c'est ce qu'elle fit.

Par cette action, Ra'hel nous a enseigné l'attitude merveilleuse que doit adopter celui qui aspire à accomplir la volonté de D. Avant de faire quoi que ce soit, en particulier dans le cas où nous sommes en colère, nous devons nous demander si D. serait ou non satisfait de ce que nous projetons de faire.
Quel bénéfice Ra'hel a-t-elle tiré de cet acte de renoncement?

Rachi explique, au sujet du verset : "D. se souvint de Ra'hel, et il ouvrit sa matrice" (Vayétsé 30,22) que D. se souvint du moment où Ra'hel avait transmis les signes à sa sœur, et par le mérite de cette action, elle eut un enfant. Si Ra'hel s'était contentée d'épouser Yaakov, elle serait demeurée stérile pour toujours. Mais par le mérite d'avoir renoncé au profit de sa sœur, elle aussi eut le mérite de mettre au monde des fils.

Finalement, non seulement celui qui renonce gagne au change, mais c'est le renoncement lui-même qui est la source du bénéfice!
On se dit parfois : "J'ai renoncé plusieurs fois et je n'y ai rien gagné!". Il faut bien comprendre que parfois le bénéfice arrive à long terme, et qu'il ne nous est pas possible d'estimer ni quand nous serons gagnants ni combien nous y gagnerons.

La 2e récompense, que mérita Ra'hel pour ce même renoncement en faveur de sa sœur, ne fut visible qu'après 1146 ans! C'est ce que nous raconte le midrach, au sujet de la destruction du Temple :
Les anges demandèrent pitié à D., mais Il ne les écouta pas ; Avraham se présenta, mentionna ses mérites, en vain ; Its'hak se présenta, il mentionna le Sacrifice, mais sa requête ne fut pas entendue ; Yaakov se présenta, il mentionna les souffrances subies, rien n'y fit. Ra'hel notre Mère surgit, elle rappela à D. qu'elle avait transmis les signes à sa sœur sans la jalouser, et qu'elle l'avait préservée de la honte ...
Au même moment, D. s'émut et dit : "Par ton mérite, Ra'hel, Je ramènerai Israël à sa place"; "Des pleurs amers, c'est Ra'hel qui pleure ses enfants, elle ne veut pas se consoler de les avoir perdus."
D. lui répond : "Ainsi parle D., que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, parole de D., ils reviendront du pays ennemi. Et il y a de l'espoir pour ton avenir, parole d'Hachem, tes enfants rentreront dans leur domaine".

Ce que ne purent obtenir les Pères, ni Moché notre Maître, Ra'hel y parvint par le mérite de s'être tue, et ce après plus de mille ans! Par le seul mérite du renoncement de Ra'hel, nous avons mérité la promesse de la Délivrance future.

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-> Il existe une ségoula pour le chalom bayit, celle de plier le talith à la sortie de Shabbath. Pourquoi?
Car l'homme qui sait se plier, puis se plier encore une fois, est assuré d'avoir un bon shalom bayit.
[rav Yaakov Israël Pozen]

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-> La rabbanit Koledetsky, une fille du rav 'Haïm Kanievsky, donne 2 conseils pour maintenir un bon shalom bayit :
- s'habituer à céder et à ne pas être trop insistant à vouloir que les choses soient de la façon dont on désire ;
- chacun doit donner à son ou sa partenaire [au moins] 2 compliments par jour.

-> Le rav David Sutton ajoute à cela :
De la même façon qu'à Shabbath nous avons 2 pains [pour le motsi], de même nous devons doubler les compliments que nous disons à notre épouse, et donc lui exprimer au moins 4 compliments pendant Shabbath.
En effet, Shabbath est un moment où l'on doit travailler à améliorer nos paroles positives, et en ce sens nous devons être particulièrement généreux avec nos louanges et compliments.

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-> b'h, voir également :
- https://todahm.com/2016/10/18/4883-2
- https://todahm.com/2020/07/20/14243-2

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-> b'h, L'importance de ne pas répondre aux disputes : https://todahm.com/2018/12/25/limportance-de-ne-pas-repondre-aux-disputes

-> Hachem n'aime pas qu'il y ait des querelles : https://todahm.com/2022/06/07/36279

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-> "Dans le Shalom Bayit, celui qui renonce, c'est celui qui gagne"
[rabbi de Satmar]

Le rav Yé'hia Benchétrit de commenter :
-> "Ce que l'on a dans la vie, ce n'est pas ce que l'on a obtenu, c'est ce que l'on a sacrifié pour l'avoir"
-> "Une chose n'a de place en soi, que par rapport au sacrifice que tu as fait pour elle".

=> Lorsque cela se fait de façon saine et dans le respect de la Torah, la personne qui a cédé par amour de l'autre, va être la grande gagnante, car bien qu'elle n'a pas eu le dernier mot, elle aura par cet acte développé davantage son amour, son attachement pour l'autre.
[selon le rav Dessler, plus on donne à autrui (du temps, des paroles positives, de l'aide, ...), plus on met une partie de soi en cette personne, et plus on en vient à l'aimer.]

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-> Le Baal Chem Tov enseigne que lorsqu'une personne meurt, son âme monte dans le tribunal d'en-Haut, et elle doit y subir un jugement.
On lui monde la vidéo de toutes ses années de vie.
Chaque action, chaque mot et chaque pensée passent devant ses yeux. Tout est très réel et clair.
Alors, on demande à cette personne de juger tout ce qu'elle a vu, déterminant ainsi son propre verdict.
On est dans le monde de Vérité et on ne peut y dire que la vérité.

Si durant sa vie cette personne était habituée à juger autrui favorablement, alors son âme va automatiquement n'avoir que des choses favorables à dire, même concernant ses méfaits.
Mais si elle était habituée à critiquer et condamner les actions de autres, alors elle va se juger elle même d'une façon identique.

-> Rachi (guémara Shabbath 127) enseigne que le fait d’amener la paix est : une extension du fait de juger favorablement autrui.

[ainsi en renonçant pour préserver la paix, l'harmonie avec autrui, cela implique que nous jugeons autrui positivement.
Au-delà de nous être bénéfique dans ce monde, dans le monde à venir cela sera un joker incroyable. En effet, en cédant pour la paix, en jugeant positivement, alors il en sera de même concernant nos mauvaises actions, qui ne seront alors pas vraiment considérées comme telles au moment de notre jugement.]

-> b'h, concernant l'importance de juger autrui favorablement : https://todahm.com/2018/12/09/limportance-de-garder-sa-langue-4e-partie

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-> "Plus un homme est donneur, plus il est à l'image de son Créateur, et plus il est important ('hachouv)."
[Ben Ich 'Haï - guémara Kétouvot 5a]

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-> Au sujet de l’immense récompense de celui qui sait renoncer à son droit légitime en faveur de son prochain, le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béréchit 1,1) rapporte au nom du Zohar (dans son introduction 2b) :
"Au moment de la Création du monde, les lettres se présentèrent devant le Créateur.
La lettre ת (tav) se présenta en disant : "Maître du monde, désires- Tu créer le monde avec moi ?" ...
Mais Hachem la repoussa tout comme les arguments qu’elle avançait et en fit de même avec chacune des autres lettres, jusqu’à ce que se présente la lettre ב (bet).
Il l’accepta et créa le monde avec elle, comme il est écrit : בראשית (béréchit).
La lettre א (alef) garda le silence (bien qu’elle vît que la lettre qui venait après elle était promue à un rang élevé et qu’elle même demeurait dans l’ombre).
Hachem lui dit alors : "Alef, pourquoi gardes-tu le silence? ... Tu seras la première de toutes les lettres ... et c’est par toi que commenceront les 10 Commandements : "Ano'hi Hachem Eloké'ha" (אנכי ה׳ אלקיך)."

=> Cela nous enseigne que renoncer à son droit finit toujours par être profitable.
Garder le silence alors que nous pourrions revendiquer nos droits nous permet de nous élever et de nous retrouver finalement en première ligne.

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-> b'h, le divré Torah : https://todahm.com/2021/04/27/31492

-> voir également l'exemple de Hillel et sa récompense du fait d'avoir cédé par humilité : https://todahm.com/2015/09/06/lhumilite-de-hillel-et-comment-elle-fut-recompensee

On peut rapporter ici les conclusions du rav Yaakov Israël Pozen :
"Hillel a cédé, il a baissé la tête, humblement, n'a pas fait la guerre en défendant son avis. De ce fait, c'est D. Lui-même qui a mené son combat. Et quand c'est D. qui mène un combat, l'issue en est bien plus sûre!

... Celui qui veut vaincre a intérêt à céder. Il arrivera ainsi à une victoire authentique, et ce pour deux raisons : tout d'abord, céder, c'est une grande victoire. Et au-delà de ça,
Là-haut, c'est D. qui dirige les combats, et si tu ne fais pas la guerre toi-même, Lui mènera les choses comme tu le souhaites."

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-> On posa un jour la question suivante au Rav Steinmann : "Du temps de Kora'h, quand il y avait d'un côté les 250 chefs du Sanhédrin et Kora'h, qui était un homme de valeur, et de l'autre Moché et Aharon et tout le peuple d'Israël, comment pouvait-on distinguer celui qui avait raison dans la polémique qui les opposait?"

Le Rav leur répondit : "Il suffisait d'observer lequel des deux partis restait silencieux. Comme il est dit dans la guémara (Kidouchin), 'quand deux personnes se disputent, celui qui se tait est celui qui est le plus noble'."

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+ La paix du foyer

-> Le rav Yaakov Israël Pozen (Adéraba) écrit :
Beaucoup payeraient cher pour savoir quelles sont les bases de la paix, et quelles sont les conditions pour vivre en paix, en particulier au sein du foyer. Il ne fait aucun doute qu'en première place vient le fait de savoir se retenir de répliquer en cas de conflit, savoir se taire, et retenir les mots acerbes qu'on a sur le bout de la langue.

On voit une allusion à cela dans la bénédiction de Bilam (Balak 24,5) : "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Yaakov, tes demeures, ô Israël".
Rachi explique : "il a vu que les ouvertures n'étaient pas orientées les unes en face des autres".

L'ouverture, c'est aussi la bouche : "les ouvertures n'étaient pas orientées", c'est-à-dire que les bouches ne s'ouvraient pas pour parler contre les autres. Ils savaient retenir les paroles inutiles et pardonner en cas de désaccord ou d'altercation. C'est le secret de la bénédiction de Yaakov.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2022/03/17/35298

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-> Le rav Yaakov Israël Pozen (Adéraba) enseigne également :
L'une des explications du mot "chamayim" (ciel), c'est qu'il est composé de "ech" (feu) et "mayim" (eau). Il manque cependant une lettre, Aleph, dans la fusion de ces deux mots.
En effet, quand on associe deux éléments contraires, il faut que l'un des deux renonce à quelque chose.
Reste à savoir pourquoi il fallait que ce soit au feu qu'on ôte une lettre pourquoi pas plutôt l'un des deux 'Mem' présents dans le mot 'mayim'?
La réponse nous apporte un principe fondamental : celui qui doit céder et faire un pas en arrière est celui qui est le plus 'feu', celui qui s'enflamme le plus facilement.

Le plus il y a d'harmonie, de respect mutuel, d'attachement entre un mari et sa femme, en particulier lorsque les 2 observent la Torah et les mitsvot, le plus sera importante la quantité des bénédictions d'Hachem à eux 2, pour combler tous leurs besoins.

[rabbi de Loubavitch]