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Le Shofar

+ Le Shofar :

-> Le Ma'hzor Vitri (333) écrit que les versets des Shoforot (prières rappelant le sens du Shofar), font allusion aux 3 grandes sonneries du Shofar qu'il y aura avec l'arrivée du machia'h :
- 1°/ celle qui fera revivre les morts ;
- 2°/ celle qui rassemblera les exilés ;
- 3°/ celle qui sera magnifique et qui fera en tomber de crainte les cheveux de nos ennemis.

En effet, il est écrit : "Hachem fera retentir le Shofar et s'avancera dans les ouragans (shaarot - בְּסַעֲרוֹת) du Midi." (Zé'haria 9,14).
Le samé'h peut être changé avec la lettre : shin, formant le mon : cheveux (chéarot - שערות).
Le Rokéa'h (Sidour haTéfila - Shofarot 134) cite un midrach disant que c'est une référence à Essav, que le verset décrit comme étant poilu (litt. ayant pleins de cheveux).

Selon le rav Binyamin Wurzburger, on doit apprendre de là afin de s'améliorer :
- 1°/ à se réveiller de notre sommeil et de notre âme endormie
(il faut agir pour Hachem à 100% de NOS capacités. Le yétser ara cherche à nous anesthésier, à faire de nous des morts [spirituels], bien que vivants [physiquement]) ;

- 2°/ à toujours chercher à se rapprocher de Hachem, et ce peu importe jusqu'à quel point nous avons pu s'en éloigner ;

- 3°/ à utiliser le Shofar afin de faire pénétrer dans notre cœur de la crainte de Hachem.
D'une certaine façon, le son du Shofar est similaire au son du bruit du tonnerre, dont nos Sages (guémara Béra'hot 59a) disent qu'il a été créé pour débarrasser le cœur de sa malhonnêteté, de sa perversion.

Le Abarbanel (Chémot 19,16) enseigne que le tonnerre fait référence à cette éclair de lucidité qui arrive dans un esprit sombre, rempli par les occupations de ce monde.
=> Le Shofar représente la voix Divine (qui n'est que Vérité).

Nous devons saisir ce puissant appel à la téchouva que nous fait Hachem par le biais des sonneries du Shofar, afin d'en changer positivement notre vie.

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-> Le Rokéa'h (Béhar 25,9) commente qu'à l'image de la sonnerie du Shofar du Yovèl (Jubilé), le Shofar au moment du don de la Torah déclarait la libération de l'esclavage.
En effet : "Il n’est d’homme libre que celui qui se consacre à l’étude de la Torah" (Pirké Avot 6,2)
Après être sorti physiquement, au Sinaï, le peuple juif a été totalement libéré.

Le Rokéa'h ajoute que le Shofar de la venue du machia'h signifiera notre libération du joug des nations, du yétser ara, et il en est de même avec la mort.

Au sujet du Yovèl : "Vous ferez retentir le son du Shofar à travers tout votre pays. Vous sanctifierez cette 50e année, en proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l'habitent : cette année sera pour vous le Yovèl (Jubilé), où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille ..." (Béhar 25,9)

[le Shofar, nous libère pour que l'on devienne soi-même, et que nous retournions à notre source : papa Hachem]

La crainte du Ciel

+ La crainte du Ciel (par le rav Nathan Watchfogel) :

-> "Si une personne n'a pas de crainte [d'Hachem], elle n'a pas non plus de sagesse" (Pirké Avot 3,17).
... La seule façon de gagner en crainte d'Hachem est d'étudier du moussar, il adoucit nos cœurs de pierre.
Cela nous ouvre les yeux, nous remarquons la main d'Hachem dans nos vies, et nous ressentons plus de crainte d'Hachem grâce à cela.
[rabbi Nathan Watchfogel]

-> Une personne doit commencer à apprendre le moussar par le biais du yira (crainte d'Hachem), mais cela doit immédiatement se transformer en joie.
Si une personne prend le moussar qu'elle étudie et en fait vraiment une partie de sa vie, et le prend vraiment à cœur, alors cela lui apporte de la joie, parce qu'au fond de nos cœurs, la joie nous vient plus naturellement que la peur/crainte.
Lorsqu'une personne étudie le moussar comme il se doit, elle est immédiatement remplie de joie.
[rabbi Nathan Watchfogel]

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-> Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de gens qui s'assoient et étudient dans le monde entier. Il y a beaucoup plus de yechivot et de kollélim. Avec autant d'étude, nous devrions nous attendre à ce que cette nouvelle génération produise plus de guédolé hador que jamais auparavant, mais nous n'avons pas constaté que c'était le cas. Pourquoi?

Les gens sont occupés à étudier la Torah, mais ils ne font pas d'effort pour acquérir la crainte d'Hachem.
Il est dit : "Sans crainte (d''Hachem), il n'y a pas de 'hochmah (sagesse)" (Pirké Avot 3,21).
Comme le dit le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm), la yirat Chamayim (crainte du Ciel) est l' "entrepôt" de la Torah.
Le rav de Volozhin écrit : "Plus l'entrepôt de yirat chamayim qu'une personne se construit est grand, plus elle peut y mettre de 'grains' de Torah et les garder en sécurité dans son entrepôt" (Néfech ha'Haïm 4,5).
Nos Sages (guémara Yoma 72b) disent : "Malheur aux talmidé 'hakhamim qui étudient la Torah mais n'ont pas de yirat Chamayim".
Etudier le moussar est ce qu'une personne doit faire pour acquérir la yirat chamayim. C'est ce qui permet de réussir dans la Torah.
[rabbi Nathan Watchfogel]

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-> Sans un séder de moussar quotidien, "la chose la plus importante manque".
Le rav Yérou'ham Lévovitz a dit que le yétser ara laissera une personne faire tout ce qu'elle veut, juste pour qu'elle n'étudie pas le moussar!

-> Le rav El'hanan Wasserman parlait un jour au 'Hafets 'Haïm d'une nouvelle yéchiva qui venait d'ouvrir, et il en disait beaucoup de bien.
Le 'Hafets 'Haïm lui demanda s'il y apprenait le moussar.
Lorsque Rav El'hanan répondit par la négative, le 'Hafets 'Haïm dit : "Si c'est le cas, alors la yéchiva ne vaut même pas une bouffée de tabac".

Rabbi Na'hman de Breslev enseignait toujours : "Cherche la vérité, recherche-la sans répit ; élève toi au-dessus de ton nitsa'hon, ton désir de victoire. Elève-toi au-dessus de la sottise de l'orgueil et du courroux. Prie simplement que Hachem t'ouvre les yeux."

Antisémitisme sur les juifs & l’argent

-> Il est intéressant de noter l'obsession dont les nations ont toujours fait preuve envers la richesse et l'argent des juifs.
Nous accusant par exemple de s'être emparés et de contrôler les finances du monde. Pourquoi cela?

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I 25,4) enseigne :
"Les qualités divines se manifestent dans ce monde sous des formes matérielles diverses.
Par exemple, la qualité divine de grâce apparaît sous forme d'argent. Quand les juifs font la charité, le charme de l'argent rayonne et se diffuse et sa beauté se manifeste.
C'est la raison pour laquelle l'argent du juif est si désirable. Les nations le convoitent.
Comme nous l'ont enseigné nos Sages (Baba Batra 9a), les taxes continuelles imposées aux communautés juives par les autorités dans leur pays d'accueil peuvent également être considérées comme une forme de "charité". ["si une personne a du mérite, sa charité va à de bonnes causes. Sinon, les nations se présentent à sa porte" - Baba Batra 9a]
Mais, aussitôt que l'argent sort des mains des juifs, il perd de son charme et de son attrait, car l'éclat intérieur de l'argent (sa grâce) en est devenu caché."

Prier Hachem fait de nous un Homme

-> Rabbi Na'hman parlait de vêtements une fois avec un de ses disciples : "Il faut prier pour chaque chose, lui dit-il. Si tes habits sont déchirés et doivent être remplacés, prie Dieu de t'en procurer de neufs. Fais ainsi pour chaque chose. Prends l'habitude de prier pour tous tes besoins, importants ou mineurs ...
Celui qui ne prie pas Dieu pour obtenir ce dont il a besoin est semblable à un animal. Dieu donne à toute créature son pain sans être sollicité.
Pour être considéré comme un homme, on doit, par la prière, obtenir de Dieu tout ce qui est nécessaire à la vie.
[Si'hot haRan - 233]

-> Rabbi Nathan écrit (idem) : "Je parlais un jour avec Rabénou d'une babiole que je désirais. Il me dit: "Prie Dieu pour l'obtenir". J'étais très étonné d'apprendre que l'on doit prier Dieu, même pour des choses aussi banales. Dans ce cas particulier, il ne s'agissait même pas d'une nécessité.
Voyant ma surprise, Rabbi Na'hman me dit : "Te crois-tu trop respectable pour prier Dieu pour une chose mineure aussi insignifiante?"

Contrôler ses aspirations spirituelles & la simplicité

"L'individu passe constamment d'une pensée à l'autre. Cependant, deux pensées ne peuvent occuper l'esprit en même temps. Nous savons qu'il faut annihiler les mauvaises pensées. Il est également parfois nécessaire de différer les bonnes pensées. Il est sûr qu'on a tendance à ne penser qu'à sa propre idée des choses, ne reconnaissant que leur valeur. Cela peut pousser à l'erreur et à la déception.
Rechercher et désirer la sainteté est parfois au-dessus de ses possibilités. On doit par conséquent se contrôler, limiter ses aspirations et accomplir avec simplicité le service divin dont on est capable à ce moment précis.
On doit ensuite crier vers Hachem, en priant d'être guidé sur le chemin conforme à son niveau personnel, et en servant Dieu avec simplicité et joie."
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Beth Kenesset - 5,24 ]

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-> "Tu seras intègre avec Hachem ton D." (tamim tiyé im Hachem Eloké'ha - Choftim 18,13)

-> Selon Rachi : Marche avec Lui avec intégrité/simplicité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité/simplicité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part.

-> b'h sur ce sujet de la simplicité : https://todahm.com/2025/10/09/47846

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-> "Le but principal du juif est de servir Hachem avec simplicité et sans artifices".
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 19 ]

[Servir Hachem en toute simplicité, signifie adhérer à l'essentiel, être soi-même et éviter toute forme de complexité et de sophistication. C'est éviter de laisser notre imaginaire issu du yétser ara polluer notre approches simple (tam) qui est l'expression de notre cœur, de nos sentiments (dans leur forme pure, totale, sincère) envers Hachem. ]

-> Au cours de l'une de ses conversations, Rabbi Na'hman rappela aussi un verset du plus sage des hommes : "Un sot croit tout" (Michlé 14,15).
Rabbi Na'hman dit : "Il est bon d'être un tel sot. Parce que, lorsque vous croyez à des mensonges et à des sottises, vous croyez aussi à la vérité. Dans ce sens, vous valez mieux que la personne compliquée et sceptique envers toute chose. Elle commence par tourner en ridicule la sottise et le mensonge, mais finit par tout remettre en question, déniant même la vérité".
[Si'hot haRan 103]

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-> Quelqu'un demande un jour à Rabbi Na'hman de Breslev : "Lorsque je prie et que je mentionne le Nom saint d'Hachem. Quelles pensées profondes, quelles intentions dois-je avoir à l'esprit?"
Rabbi Na'hman répondit : "Le sens simple, Hachem, ne te suffit-il pas?"
['Hayé Moharan - 414 ]

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-> Rabbi Na'hman fait remarquer : "Mes réalisations, je les dois essentiellement à ma simplicité. J'ai consacré beaucoup de temps à converser simplement avec Hachem et à réciter les Téhilim".
[Si'hot haRan - 154 ]

Rabbi Na'hman nous conseille de tout tenter pour simplifier notre vie et nos dévotions à Hachem.
Rabbi Nathan écrit : "Il désirait que nous servions Hachem, le mieux possible, chaque jour. Notre objectif majeur, disait-il, doit être de servir Hachem sans artifices. Toute bonne action et toute chose sacrée peuvent être menées à bien avec une simplicité absolue. Nous devons étudier la Torah, prier, réciter des Téhilim et d'autres prières, et accomplir des mitsvot sans nulle sophistication et avec une grande joie. [Si'hot haRan - 19]

-> Rabbi Na'hman aimait beaucoup les actes simples des gens : réciter les Téhilim, chanter les chants du Shabbath, ... Il raillait ceux qui se sentent trop intelligents pour agir avec simplicité. D'ailleurs, jusqu'à sa tuberculose, qui devait l'emporter très jeune, il chantait beaucoup à table le Shabbath (Likouté Moharan II, 104).

-> "Parfois, en cherchant à accomplir une mitsva avec perfection, on finit par ne pas la faire du tout"
[rabbi Na'hman de Breslev - Sia'h Sarfé Kodech I, 571 ]

[avec un certain orgueil on pense qu'on doit faire une mitsva, une prière, ... dans des conditions et d'une façon parfaite (bien au-delà du nécessaire par la halakha). (ex: c'est soit ça soit cela ne vaut rien!). Au final, on réalise beaucoup moins, et souvent on est jamais content de ce qu'on a pu faire (ça pourrait toujours être mieux).
Mais si on agit sans chichi, uniquement porté par amour d'Hachem, alors l'essentiel est de faire au mieux de mes capacités du moment. C'est pas forcément tiptop, mais c'est de tout mon cœur! Or, ce qu'Hachem préfère c'est le cœur (nos sentiments), notre intériorité plutôt que tout un cinéma d'actes extérieurs mais vides en nous. ]

[servir Hachem avec simplicité, c'est pas avoir la grosse tête issue de notre égo, mais plutôt c'est être à sa place (aves ses qualités et défauts) et donner/connecter tout ce que nous sommes intérieurement à Hachem, par envie de se lier davantage à Lui, qui est tout pour tout (c'est l'expression que c'est le é'had, le Un dans notre cœur!). ]

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-> Pour illustrer comment notre égo, notre orgueil, peut nuire à notre simplicité :

-> Rabbi Na'hman parlait de vêtements une fois avec un de ses disciples : "Il faut prier pour chaque chose, lui dit-il. Si tes habits sont déchirés et doivent être remplacés, prie Dieu de t'en procurer de neufs. Fais ainsi pour chaque chose. Prends l'habitude de prier pour tous tes besoins, importants ou mineurs ...
Celui qui ne prie pas Dieu pour obtenir ce dont il a besoin est semblable à un animal. Dieu donne à toute créature son pain sans être sollicité.
Pour être considéré comme un homme, on doit, par la prière, obtenir de Dieu tout ce qui est nécessaire à la vie.
[Si'hot haRan - 233]

-> Rabbi Nathan écrit (idem) : "Je parlais un jour avec Rabénou d'une babiole que je désirais. Il me dit: "Prie Dieu pour l'obtenir". J'étais très étonné d'apprendre que l'on doit prier Dieu, même pour des choses aussi banales. Dans ce cas particulier, il ne s'agissait même pas d'une nécessité.
Voyant ma surprise, Rabbi Na'hman me dit : "Te crois-tu trop respectable pour prier Dieu pour une chose mineure aussi insignifiante?"

=> Normalement on devrait avoir conscience que tout vient d'Hachem (sans Lui on n'a rien) et qu'Il peut tout, ainsi on devrait sans cesse demander son aide pour toute chose (même la plus petite, la plus futile, voir qu'on a honte à demander, ...). Cependant notre yétser ara réussit à nous retirer cette simplicité, et du coup on ne se tourne presque pas vers papa Hachem (qui pourtant attend nos paroles pour pouvoir nous combler du meilleur!).
Cela illustre que notre manque de simplicité nous fait perdre beaucoup (dans la prière, notre relation avec Hachem et plus généralement dans toute notre vie).

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-> Rabbi Nathan enseigne :
Je fais preuve de simplicité dans les mitsvot si j'accomplis le précepte divin parce que c'est Hachem qui me l'a commandé. Chercher ma propre motivation dans la mitsva lui octroie une forme spécifique qui, en réalité, la limite et l'étiole.
De plus, quand il me semble comprendre la signification de la mitsva et que je suis motivé pour l'accomplir précisément parce que j'en comprends le sens et la portée, en cela je manque de naturel. Je suis prêt à la chute.
Il peut arriver un moment où les choses seront en contradiction avec la conception que j'en ai, ou une situation pourra se présenter, qui contredira la structure spécifique que j'avais accordée à la mitsva. Qu'arrive-t-il alors?
[Likouté Halakhot - Dévarim min ha'haï 4,49 ]

=> certes il est utile de se renforcer sur le sens et la grandeur des mitsvot pour nous donner davantage de motivations/goûts à les faire, mais souvent c'est justement le fait de comprendre qu'on réalise quelque chose de si énorme que cela nous dépasse (c'est un acte divin, qui impact tous les cieux, l'éternité!), que c'est un honneur qu'Hachem nous fasse confiance de le faire (alors que 99,8% des êtres humains ne sont pas juifs!), ...
On en vient à être petit face à l'immensité d'un ordre du Roi des rois, on en vient à agir avec simplicité car toutes les intentions cachées nous dépassent largement, et alors on connecte notre coeur d'amour avec notre papa Hachem, en espérant agir au mieux et qu'Il soit fier de nous!

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+ Contre toute rigueur non nécessaire :

-> "L'extrémisme sous toutes ses formes est absolument inutile" (Si'hot haRan - 51).

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan II, 44) enseigne :
A propos de ceux qui exagèrent dans le service divin, il est écrit : "Les mitsvot doivent nous aider à vivre, pas à mourir" (A'haré Mot 18,5).
Des gens pareils n'ont pas de vie. Ils sont constamment déprimés parce qu'ils n'ont jamais l'impression d'avoir fait leur devoir en accomplissant les mitsvot. A cause de leur perfectionnisme et de leur rigueur, ils ne retirent aucune force, aucune vie de leurs actions".

-> Le rav 'Haïm Kramer développe :
On n'a pas besoin d'être rabbin ou même quelque peu érudit pour faire preuve de zèle à outrance. Un ignorant peut tout aussi bien affirmer : "C'est interdit!" Au contraire, "tout comme il est interdit de permettre ce qui est interdit, il est interdit d'interdire ce qui est permis" (Beit Yossef - Tour Yoré Déah 115; s.v. Harav Peretz).
Rabbi Na'hman se proposait de mettre à notre portée toute mitsva, fût elle la plus élevée. En agissant avec simplicité, nous pouvons sentir que nous aussi, pouvons accomplir la mitsva. Nous pouvons l'accomplir en toute franchise et en retirer une joie vivifiante.

Il existe cependant des circonstances où il est bon d'observer la loi le plus strictement possible. Le Talmud (Shabbath 118b) enseigne à cet effet : Rabbi Yossef demanda au fils de Rabba : "A propos de quelle mitsva ton père se montrait-il le plus rigoureux?" Chacun des Sages du Talmud choisissait un commandement qu'il s'efforçait d'observer dans ses moindres détails et avec la rigueur la plus extrême.
C'est ce que Rabénou conseille à chacun de faire (cf. Séfer Hassidim n°529).
Il écrit : "Et même pour ce commandement particulier, il ne faut pas faire preuve d'une rigueur anormale qui confine à la folie et à la sottise ... Observe un commandement de façon très stricte, mais pour tous les autres, ne sois pas d'une intransigeance inutile. Si seulement nous avions le mérite d'observer l'ensemble des commandements de la Torah en toute simplicité, sans extrémisme!" (Si'hot haRan - 235).

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-> "Je me demande bien pour quelle raison les gens choisissent toujours d'être stricts dans une mitsuah qui se fait en public, ils devraient plutôt éviter la calomnie, étudier davantage la Torah et se concentrer davantage dans leur prière".
[rabbi Eliyahou 'Haïm Rosen ]

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+ Hachem est un :

-> "La simplicité est la vertu la plus grande possible, puisqu'Hachem, qui est certainement au-dessus de tout, est d'une simplicité extrême" (Si'hat haRan - 101).

-> "Les voies du Tout Puissant sont simples» (Deutéronome 32, 4).

-> Rabbi Na'hman (Likouté Moharan 2, 6) enseigne :
"La Création est constituée d'une variété d'éléments. Mais toutes ces parties émanent d'Hachem qui est UN et qui est simple. Notre mission dans ce monde est de "révéler l'unité parmi la multiplicité".
C'est-à-dire, à partir de nous tous, dans nos différentes pensées et perspectives, dans nos actes, dans les divers milieux, il faut arriver à reconnaître le Dieu unique."

-> Le rav 'Haïm Kramer développe :
Cela n'est pas aussi compliqué qu'il le paraît à première vue. Rappelons-nous que tout émane d'une source unique. Par conséquent, par sa voie propre et ses différences spécifiques, chacun d'entre nous reflète cette source.
Par extension, il n'y a en fait aucune raison de considérer la vie de façon si compliquée, comme la plupart des gens ont tendance à le faire. En réalité, tout provient de l'unité d'Hachem simple et unique.
Les différences viennent du fait qu'Il se manifeste différemment à chacun de nous. Ce que nous avons à faire, c'est de chercher Hachem partout, dans toute chose. Nous verrons ainsi que tout ce qui apparaît compliqué et diversifié est en fait très simple et unique, ce qui apparaît fragmenté est en fait entier, monolithe, ce qui semble requérir de nombreux artifices nécessite la simplicité la plus totale.

Rabbi Na'hman comprit que très rares sont ceux qui réussissent à distinguer l'unité à partir de la pluralité, et ceux qui peuvent mettre vraiment en pratique ce principe sont encore plus rares.
La plupart d'entre nous éprouvent les plus grandes difficultés à respecter la simplicité dans la vie.
Rabbi Na'hman était à même d'apprécier nos luttes incessantes contre toutes les diversités de ce monde et comprenait la complexité de notre tâche. Il se rendait également compte que la plupart des gens tendent à compliquer les choses, au-delà de toute mesure.
Nous passons nos jours et nos années à anticiper et à évaluer les problèmes et les difficultés que nous croyons trouver sur notre chemin.
Nous nous fixons des objectifs, aussi bien matériels que spirituels, et les échecs éventuels nous jugulent.
Nous nous préparons à nous divertir et nous sommes rongés par le souci que tout ne se passe pas comme prévu. Nous passons notre temps à nous soucier de choses qui n'arriveront probablement jamais. Angoisse! Anxiété!

Nul ne peut nier que des moments difficiles surviennent: ils surgissent parfois, c'est vrai! Mais nous n'avons pas la moindre idée de la façon dont ils affecteront notre vie ; on arrive en revanche à résoudre un grand nombre de problèmes sérieux de la vie, si on en a une perspective simple.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Na'hman insiste tellement sur la simplicité. Si nous prenions les choses telles qu'elles sont, chacune en son temps, nous pourrions mener une vie beaucoup plus simple et heureuse.

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+ Le conte : le 'Hakham et le Tam :

-> L'un des contes les plus mémorables de Rabbi Na'hman est sans doute "Le Sophistiqué et le Simple" (le 'Hakham et le Tam).
Dans cette histoire, le Tam n'a reçu qu'une éducation formelle minime, et ses capacités sont très limitées. Il coud des souliers triangulaires pour gagner sa vie, n'a que du pain et de l'eau pour toute subsistance, et il est si pauvre qu'il doit partager avec sa femme un "manteau" rapiécé, en peau de mouton. Ce manteau lui sert cependant de "raffinement exquis" en toute occasion, et sa nourriture quotidienne a la saveur des mets les plus exquis.
Bien que, du fait de ses limites, le Tam gagne beaucoup moins que ses collègues savetiers, sa confiance en lui-même et sa joie sont telles qu'il ne ressent aucunement ni jalousie ni besoin.
"Pourquoi devons-nous parler des autres?" dit-il à sa femme, quand elle se plaint de son incapacité à gagner autant que les autres pour son travail.
"De quoi dois-je me mêler? C'est leur travail, et celui-ci est le mien!"
Et lorsque des citadins essayaient d'engager une conversation avec lui pour se moquer de lui, le Simple n'avait qu'une requête : "Sans moquerie, s'il vous plaît!"
S'ils l'assuraient de leur sincérité, il ne la mettait jamais à l'épreuve. Etant une personne simple, il n'engageait jamais dans des spéculations complexes, qui auraient pu inciter les autres à se moquer de lui.

En fait, le Tam ne se pose jamais de questions et n'essaie jamais de rien deviner. Il ne fait que se conduire simplement et honnêtement, étant parfaitement satisfait de son sort.
Quoi qu'il puisse advenir, il est toujours joyeux. Grâce à sa simplicité, il n'a aucune sensation de manque, et c'est elle qui le fait accéder au rang de premier ministre du pays, surpassant ainsi par sagesse son ami le 'Hakham.

Le 'Hakham, quant à lui, a reçu une éducation très poussée; c'est vraiment l'homme du monde, doué d'une grande expérience dans le commerce, l'artisanat et même la médecine, et ayant élargi ses horizons à la suite de ses nombreux voyages dans le monde. Malgré cela, il n'est jamais satisfait de son sort et est toujours à la recherche de quelque chose de meilleur au-delà de ses perspectives.
D'une minutie et d'une exigence extrêmes, il se sent rejeté quand ses travaux d'orfèvrerie ne sont pas appréciés par les autres, et même lorsque les menues imperfections dans le diamant qu'il taille ne sont évidentes pour personne, il se châtie sévèrement en dénigrant son habilité.
Contrairement au Tam, il a constamment besoin de l'approbation du public, et quand ses qualités médicales ne sont pas reconnues, il n'hésite pas à abandonner cette profession. De par sa rigidité, il lui est impossible d'apprécier le travail des autres.
Son habillement, ses conditions de logement ou son style de vie doivent répondre à ses exigences, sinon il est contrarié et tombe dans la dépression. Il est incapable d'apprécier la simplicité dans son mode de vie; en fait, il ne vit pas.

Son manque de confiance en lui-même ne lui permet pas de parler à ceux qu'il considère comme inférieurs, parce que cela risquerait de ternir son statut personnel, qu'il veut protéger à n'importe quel prix. Incapable en fin de compte de trouver quelqu'un sur qui se reposer, c'est un grand malheureux (Hokhmah Outévounah, 8).
Sa complexité ne le rend pas seulement arrogant, mais également sceptique et incapable d'avoir confiance en qui que ce soit. Ne se contentant jamais du contenu logique des choses, il en cherche toujours la "vraie" preuve et le sens réel, ce qui le mène le plus souvent à des conclusions erronées et lui fait perdre en fin de compte à la fois son statut et sa sagesse.

-> Rabbi Na'hman de Tchérin, l'un des disciples de Rabbi Nathan, écrit : "Rabénou nous a relaté ce conte pour nous insuffler en particulier l'importance de la simplicité. Qui suit le sentier de la simplicité mènera une vie heureuse et comblée" (Rimzé Maassiot).

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-> L'une des plus grandes bénédictions de l'homme est de savoir qu'en toute circonstance, il a fait de son mieux.
Hachem ne nous a pas créés pour être des anges (cf. Avoda Zara 3a). Etres humains, nous avons des hauts et des bas et sommes enclins aux variations d'humeur, de sentiments et de désirs. Peu importe si ces changements proviennent de pressions intérieures ou extérieures, un fait est certain: nous y sommes sujets.
C'est pourquoi Rabbi Na'hman enseigne : "Sois simple; ne t'attends pas à ce que la vie soit tous les jours uniforme ; ne t'attends pas à la perfection, même de toi-même. Fais ce que tu peux, quand tu le peux. Tu resteras de la sorte assez souple pour t'adapter à n'importe quelle situation.

C'est exactement la définition du Tam. Il vit dans le présent, ne se soucie jamais de l'avenir et ne se chagrine pas pour ce qui est passé. Il est confiant dans la certitude qu'il fera de son mieux quoi qu'il arrive.
Cela pourrait expliquer pourquoi le même mot tamim est utilisé pour définir la simplicité et l'intégralité. Celui qui est vraiment "sain", a confiance en lui-même et est simple, n'éprouve pas du tout la nécessité d'impressionner les autres par ses sophistications.
Il est en outre, tout comme le Tam, toujours heureux, grâce à son approche simple de la vie.

Le Hakham, par contre, est toujours soucieux. Il désespère de l'avenir et ce que les autres pensent le navre ; "suis-je assuré du pain quotidien jusqu'à la fin de mes jours? Cette mode et ce style conviennent-ils à mon entourage? Que diront de moi les autres, s'ils voient des imperfections dans mon travail?" Cette atmosphère constante d'incertitude lui font prendre des airs sophistiqués, et la déception est souvent son lot. Son angoisse permanente, sa vie active et compliquée le mènent en fin de compte à un malheureux désarroi.

-> Rabbi Na'hman enseigne : "S'il était vrai que les "sagesses" sont indispensables pour servir Hachem, comment pourrait-on s'attendre à ce que les gens simples, qui ne possèdent pas une intelligence brillante, Le servent? Ne te sers que de la simplicité pour servir Hachem, que de la simple crainte du Ciel ; accomplis en toute simplicité les préceptes divins et les bonnes actions. Ne complique pas les choses ; tu dévierais ainsi de la vérité. Avant tout, reste SIMPLE!" (cf. Likouté Moharan II, 19).

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-> La simplicité, surtout en ces temps modernes et compliqués, constitue une très grande bénédiction, bien rare. Rabbi Na'hman enseigne : "Il viendra un temps où un homme pieux et simple sera aussi rare et unique que le Baal Chem Tov" (Si'hot haRan - 36).

[on est à une époque où l'on a accès à pléthore d'informations (ex: internet & IA), et où l'on peut commencer à se prendre pour quelqu'un, notre coeur se sent fort, or l'humilité et la simplicité sont nécessaires pour que notre coeur s'ouvre à Hachem (à l'image de la prière du pauvre qui n'a rien, ne peut compter sur rien d'autre qu'Hachem!).]

"Le machia'h ne viendra que lorsque toutes les âmes qui furent créées seront arrivées dans ce monde"
[guémara Nidda 13b ]

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Rabbi Na'hman de Breskev disait : "Un juif devrait prier pour avoir beaucoup d'enfants. Quand le machia'h viendra, il purifiera toutes les générations depuis Adam haRichon" (Avané'ha Barzel - p.21, n°4).

"Puisque Hachem empêche le machia'h de venir, pourquoi l'attendons-nous avec ferveur?
Afin de recevoir le mérite de l'attendre, comme il est écrit : "Heureux tous ceux qui l'attendent" (Yéchayahou 30,81).
[guémara Sanhédrin 97b]

[il y a une obligation de constamment attendre ardemment et de prier pour la guéoula. Quoiqu'il se passe à chaque fois nous réalisons une mitsva, la volonté d'Hachem (il ne faut donc pas désespérer le temps passant).
On doit s'imaginer la guéoula arrivant d'une seconde à l'autre, mais en même temps profiter de chaque instant pour acquérir de nouveaux mérites, faire téchouva, ...]

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Rava a dit : Lorsqu'une personne meurt et qu'elle est traduite en justice, on lui demande : ... Avez-vous attendu le guéoula?
[guémara Shabat 31a]

Leçon sur la prière – à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa

+ Leçon sur la prière - à partir du récit de Kamtsa et Bar Kamtsa :

-> Nos Sages (Guittin 55b) disent : "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Un homme, ami de Kamtsa et ennemi de Bar Kamtsa. Cet homme préparait un banquet. Il dit à son serviteur : "Va inviter Kamtsa".
Le serviteur alla inviter Bar Kamtsa.
L'homme trouva Bar Kamtsa assis à côté de son banquet.
Qu'est-ce que c'est? s'écria-t-il. "Tu es mon ennemi! Que veux-tu ici? Lève-toi et va-t'en!"
"Maintenant que je suis venu, dit Bar Kamtsa, laisse-moi rester. Je paierai ce que je mangerai et boirai."
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai la moitié de votre banquet", dit Bar Kamtsa.
"Non!" dit l'hôte.
"Je paierai tout votre banquet", dit Bar Kamtsa,
"Non!" dit l'hôte. Il saisit Bar Kamtsa et l'expulsa de force.

Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."

[ "Jérualem a été détruite à cause de Kamtsa et de Bar Kamtsa".
Nous comprenons que le Temple a été détruit à cause de Bar Kamtsa, car c'est lui qui a calomnié la nation juive auprès de l'empereur romain et qui a déclenché sa colère. Mais comment Kamtsa a-t-il causé le Churban ?
Le Maharcha écrit que Kamtsa était peut-être le père de Bar Kamtsa.
En suivant cette approche, nous pouvons expliquer que Kamtsa, le père, était également responsable de la destruction du Temple, car s'il avait appris à son fils Kamtsa à rechercher la paix, à pardonner et à oublier, et à rester silencieux lors d'une dispute et lorsqu'il était humilié, Bar Kamtsa aurait réagi d'une bien meilleure manière.
Kamtsa est donc Kamtsa est donc également responsable du Churban.
(éventuellement, on voit également ici l'importance pour les parents d'éduquer leur enfant par l'exemple. En ce sens, prends encore plus sur toi de respecter autrui, comme cela ce comportement sera partie intégrante de ton enfant. (mais si tu le dis sans le faire, alors il est probable qu'il n'y accorde pas beaucoup d'attention, car si même mon père ne le vit pas ... ))]

-> Bar Kamtsa alla dire à l'empereur romain : "Les juifs se sont rebellés contre toi."
"Quelle preuve y a-t-il? demanda l'empereur.
La guémara (Guittin 56) indique que Bar Kamtsa a conseillé à l'empereur romain d'envoyer un korban à Jérusalem et de voir s'ils le sacrifieraient. En effet : "s'ils ne le sacrifient pas, ce sera la preuve que les juifs se rebellent contre vous."

L'empereur envoya un bœuf pour qu'il soit offert comme sacrifice (korban).
Sur le chemin de Jérusalem, Bar Kamtsa coupa la lèvre supérieure du bœuf (ou, selon une autre opinion, il mutila son œil), ce qui rendit le bœuf impropre à être offert en sacrifice.
Lorsque le korban arriva au Temple, les Sages dirent qu'ils devaient le sacrifier, malgré son défaut l'invalidant, car ils savaient que l'empereur romain serait en colère s'ils n'offraient pas son korban.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord. Il dit : "Si nous apportons ce korban, les gens penseront qu'il est permis de sacrifier un korban avec une défaut".
Les Sages eurent une autre idée. Ils tueraient Bar Kamtsa, afin qu'il ne revienne pas dénoncer la nation juive auprès de l'empereur romain.

Rabbi Zé'haria ben Avkoulas n'était pas d'accord.
Il dit : "Si nous tuons Bar Kamtsa, les gens diront que quiconque fait un défaut sur un sacrifice (korban) doit être tué".
Les Sages acceptèrent l'opinion de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas.
Le korban ne fut pas sacrifié et Bar Kamtsa ne fut pas tué. Ce dernier rapporta l'incident au roi, et suite à cela la destruction du Temple eut lieu.

Rabbi Yo'hanan conclut : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hei'hal et nous a exilés de notre pays".

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Le Méor Enayim (Guittin) pose les questions suivantes :
1°/ Est-ce l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas qui a causé la destruction du Temple?
Il semble que ce soit sa prudence excessive qui ait causé la destruction ('hourban). Il semble que ce soit sa crainte que les gens n'en viennent pas commettre une erreur dans la halakha.
Pourquoi Rabbi Yo'hanan attribue-t-il la destruction du Temple à son humilité?

2°/ La halakha stipule que l'on doit transgresser toutes les halakhot de la Torah pour sauver la vie d'un seul juif. Alors pourquoi n'ont-ils pas offert le korban (ou tué Bar Kamtsa) pour sauver de toute la nation juive?
Pourquoi Rabbi Zé'haria s'inquiétait-il que des halakhot allaient être oubliées, alors que la vie de tant de juifs était en jeu?

-> Le Méor Enayim répond que Rabbi Zé'haria était le gadol hador [le géant spirituel de la génération] (la preuve en est que ses opinions ont été immédiatement acceptées par tous les érudits) et qu'il avait du roua'h hakodech (esprit saint prophétique).
Grâce à son roua'h hakodech, il savait que la destruction du Temple était imminente et que rien ne pouvait être fait pour changer ce décret.
C'est la raison pour laquelle Rabbi Zé'haria n'a pas autorisé le meurtre de Bar Kamtsa ou le sacrifice du sacrifice (korban) avec le défaut invalidant.
Il savait que cela ne servirait à rien. La destruction du Temple se produirait de toute façon. C'est pourquoi sa principale préoccupation était de s'assurer que la Torah ne soit pas oubliée.

=> Pourquoi Rabbi Zé'haria n'a-t-il pas dit aux Sage de l'époque ce qu'il savait avec son roua'h hakodech?
Il aurait dû leur dire :
"Vous avez raison, c'est du pikoua'h néfech (question de vie et de mort sur le peuple juif), et selon la halakha, nous devons sacrifier le korban bien qu'il ait un défaut le rendant invalide, et ce pour protéger la nation juive.
Je sais par roua'h hakodech que la destruction du Temple aura lieu, et nous ne pouvons rien y changer. Même si nous apportons le korban ou si nous tuons Bar Kamtsa, le 'hourban aura lieu et la vie de toute la nation juive est en grand danger. Par conséquent, préservons au moins les halakhot."
Pourquoi Rabbi Zé'haria ne leur a-t-il pas dit cela?

La réponse est que Rabbi Zé'haria était humble et ne voulait pas leur dire qu'il avait le roua'h hakodech.
C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan dit : "L'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit notre maison, brûlé le hé'hal et nous a exilés de notre terre" = s'il leur avait dit ce qu'il savait avec roua'h hakodech, les Sages auraient prié pour que la destruction du Temple ne se produise pas, et ils auraient également incité les gens à faire téchouva.
Mais Rabbi Zé'haria ne leur a pas dit ce qu'il savait avec le roua'h hakodech, et les Sages n'étaient pas conscients que le 'hourban avait été décrété dans le Ciel, et ils n'ont donc pas investi dans les prières et la téchouva. [pas conscients de la gravité de la situation]

Le Méor Enayim écrit :
"C'est la signification : "l'humilité de Rabbi Zé'haria ben Avkoulas a détruit ..." = car sans son humilité, il leur aurait parlé du 'hourban, ils auraient prié, fait téchouva, imploré Hachem d'avoir compassion d'eux, et le décret aurait été annulé.
C'est donc l'humilité de Rabbi Zé'haria qui a causé la destruction. Il ne voulait pas révéler [qu'il avait le roua'h hakodech]".

=> En ce qui nous concerne, nous apprenons de cela que les juifs auraient pu annuler le décret de destruction du Temple avec leurs prières et leur téchouva, mais ils ne savaient pas que cette destruction était imminent.
La téchouva et la prière sont toujours efficaces. Elles auraient permis d'éviter le 'hourban (destruction du Temple).

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-> De son côté, le rav Elimélé'h Biderman donne une autre explication sur le fait que Rabbi Zé'haria a été agit trop humblement, ne croyant pas qu'il avait le pouvoir de la prière.
Il ne croyait pas en sa force. De plus, il ne pensait pas que la nation juive pouvait prier et annuler le décret.
C'est la forme négative de l'humilité. C'est le cas lorsque l'on ne croit pas en ses forces.
Cette humilité mal placée a entraîné la destruction du Temple.
[au contraire, il faut savoir par moment faire preuve d'orgueil de la sainteté (gaava dikedoucha).
Particulièrement le 9 Av, on prie de tout coeur pour la reconstruction du Temple, montrant par là qu'on a appris de nos erreurs, que la prière est quelque chose qui se "tient au sommet du monde" (Béra'hot 6b), que "la prière s’élève jusqu’au ciel" (Rachi - Béra'hot 6b). ]

[le prophète Yirmiyahou dit au roi Tsidkiyahou : "Hachem dit que si tu vas vers les officiers du roi de Bavel [pour conclure un traité de paix avec eux] ... la ville [Jérusalem] ne sera pas brûlée, et toi et ta famille vivrez. Mais si vous n'allez pas vers eux, cette ville sera conquise... ils la brûleront et vous ne survivrez pas" (Yirmiyahou 38,17-18).
Le rabbi de Kamarna demande : puisque le décret de destruction de Jérusalem était déjà scellé dans les cieux, comment le fait que Tsidkiyahou aille vers les officiers de Bavel pourrait-il aider?
La réponse est que l'humilité annule les décrets sévères. Si le roi Tsidkiyahou s'était rendu humblement devant les officiers de Bavel (en suivant la directive du prophète Yirmiyahou), cela aurait protégé le peuple d'Israël et le Temple aurait été épargné.
(on voit ainsi un exemple d'humilité positif (selon la volonté de D., transmise par Yirmiyahou), et également une humilité négative (impulsé par notre yétser sous couvert de bien agir = humble) avec Rabbi Zé'haria. L'une comme l'autre a pu mettre à la destruction du Temple.)]

Rabbi Chimon dit : "Si 3 personnes ont mangé à une même table et n’y ont pas prononcé de paroles de Torah, c’est comme si elles avaient consommé un abattage de morts (mizbé'hé métim)" (Pirké Avot 3,4)

-> S'appuyant sur un enseignement du Baal Chem Tov, le Maggid de Mézéritch a dit un jour :
[Les âmes des] défunts se réincarnent parfois dans la nourriture et la boisson, afin qu'une personne prononce des paroles de Torah et leur donne vie.
Toutefois, si l'on ne prononce pas de paroles de Torah, on "abat les morts" qui ont été ainsi réincarnés et on les rejette dans le monde inanimé.
[sans des mots de Torah, on empêche l'élévation spirituelle des étincelles d'âmes contenues dans notre nourriture, leur refusant d'effectuer leur réparation dans ce monde. ]
[Béer Mayim - Haggada Shel Pessa'h]

-> Les paroles de Torah prononcées à table constituent l'âme des choses physiques servies.
[selon le Baal Chem Tov - Ner Mitsva 8,2]

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-> Lorsque Adam haRichon a fauté en mangeant du fruit de la Connaissance (ets hadaat), des étincelles de saintetés ont été absorbées par d'autres parties de la Création : dans les objets inanimés, les plantes, et les créatures vivantes.
Chacun de ces segments de la création possède des étincelles de sainteté qui doivent en être extrait ...

"Hou notèn lé'hem lé'hol bassar" = Il donne la nourriture à toute chair.
"ki léolam 'hasdo" = car Ta bonté est pour le monde entier.
Hachem souhaite donner à tous les composants de la création l'opportunité d'être délivrés (élevés).
Lorsque nous mangeons [ou buvons] (symbolisé par le : lé'hem), et que nous faisons la bénédiction appropriée, alors nous réparons ce qui a été cassé.
Et si l'homme ne mange pas, le restant de la création n'aurait aucun moyen d'obtenir sa réparation.
En ce sens, lorsqu'un homme mange du pain (lé'hem), il peut rectifier le monde. [car Ta bonté (Hachem) est pour le monde entier]
[d'après le 'Hida - Sim'hat haRegel - birkat hamazon]

-> On doit manger et boire avec l'intention d'extraire les étincelles de sainteté de la nourriture, et les élever à leur source et racine [sainte].
Ce n'est qu'après une telle intention qu'on doit réciter la bénédiction.
[Yessod véChorach haAvoda - Chaar haBéra'hot - chap.10]

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-> Mon grand-père, le Baal Chem Tov, m'a appris :
Pourquoi la plupart des médicaments sont-ils très amers?
Parce que le monde physique contient des choses inanimées (domem), la vie végétale (tsoméa'h), les animaux ('haï) et l'humanité (médaber).
Chacun élève [ce qui lui est inférieur]. Les animaux sont censés élever les étincelles sacrées qui existent dans les plantes amères.
Cependant, s'ils s'en abstiennent parce que les plantes sont trop amères, il est décrété que les gens doivent tomber malades. Ensuite, à cause de leur maladie, ils doivent manger ou boire des remèdes amers [à base de plantes] afin d'élever [ces étincelles sacrées] à leur source.
[Sharshérét Zahav 27]

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[suite du Pirké Avot (3,4) : mais si 3 personnes ont mangé à une table et y ont prononcé des paroles de Torah, c’est comme si elles avaient mangé à la table d'Hachem. ]