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L’éducation

+ L'éducation (par le rav Kook) :

-> Une question revient sans cesse concernant l’éducation des enfants : formons-nous simplement un enfant pour qu’il devienne un adulte? Ou bien la période de l’enfance a-t-elle une valeur intrinsèque?

Si l’on considère que la vie tourne autour de la carrière et du travail, alors l’enfance n’a aucune valeur intrinsèque. Selon cette conception de la vie, un enfant n’est qu’un morceau d’argile attendant d’être modelé pour devenir un travailleur solide et efficace.
Or, une telle approche de l’éducation n’est pas valable dès lors que l’on considère que la vie idéale est celle qui incarne la pureté, l’éthique, la bienveillance et l’innocence. Dans cette perspective, l’enfance n’est pas simplement une période où l’on prépare une personne à l’âge adulte. Il s’agit plutôt d’une étape de la vie qui possède sa propre valeur intrinsèque.
En effet, l’enfance d’une personne devient souvent le symbole de la plus haute qualité de vie, que l’on passe toute sa vie d’adulte à tenter de retrouver. C’est là le sens profond de l’affirmation "le monde repose sur le souffle des enfants" (Shabbat 119b).

Certes, même si l’enfance est bonne, pure et sainte, elle a elle aussi ses points faibles. Elle ne permet pas d’affronter bon nombre des épreuves de la vie. C’est donc là notre responsabilité : protéger l’innocence et la pureté de l’enfance, et faciliter une transition en douceur de tout son éclat et de toute son innocence vers l’âge adulte.
Ce processus doit s’effectuer de telle sorte que la personnalité de l’éducateur n’apporte que la force physique et spirituelle ainsi que la discipline qui manquent à l’enfant.
La personnalité de l’éducateur ne doit en aucun cas détruire les précieuses caractéristiques de l’enfance.
Tel est l’objectif de l’éducation juive : "à cent ans comme un jeune de vingt ans, et à vingt ans comme un enfant de sept ans" (midrach Béréchit raba 58,1), "comme un enfant innocent d’un an" (Yoma 22b).
Telle est la vision idéale et la responsabilité des éducateurs de notre peuple. (MR, p. 230)
[rav Avraham Kook - Maamaré haRéiya - p.230]

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+ Préserver la pureté des enfants :

-> Le désir et la compréhension des enfants sont purs. Les germes naturels de leur savoir sont très sains.
L’éducation doit s’attacher davantage à protéger ce germe sain de l’enfant qu’à contribuer à son développement. Ce n’est que lorsque l’objectif principal de l’éducation sera axé sur la préservation de la pureté de l’enfant ... que tout développement ultérieur sera bénéfique.
Les pensées de foi, la conscience éclairante de la grandeur divine, la relation à Hachem, la certitude d'Hachem, la profondeur de la pureté et de l’honnêteté : telles sont toutes les qualités d’un enfant ...
La parole du D. vivant, le fondement de la culture, la clé de nos âmes et une société prospère dépendent tous des enfants.

Tel est le secret que le peuple juif a découvert en exil, et c’est grâce à cela que la Torah s’est épanouie en exil : l’importance de l’éducation des enfants a été placée au rang de priorité absolue. À mesure que le nationalisme juif se renforce, il devra revenir à ce fondement de la vie dans toute sa sainteté et sa force.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:258 ]

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+ Protéger l’enfant intérieur :

-> Les sens fondamentaux des enfants se développent bien avant qu’ils n’acquièrent la capacité de comprendre le monde de manière intellectuelle. Cela leur permet de découvrir le monde sans subir les influences négatives de personnes à l’esprit étroit.
Il est essentiel qu’un enfant découvre d’abord le monde sous sa forme originelle, sans aucune explication : il doit d’abord faire l’expérience, puis seulement ensuite comprendre.
Les enfants doivent découvrir le monde qui les entoure sans le comprendre, afin de disposer d’une base pure à partir de laquelle ils pourront commencer à faire fonctionner leur esprit.
Au début, ils ne doivent recevoir ni explications ni raisonnement intellectuel. Ils doivent faire face au monde tel qu’il est : l’œuvre des mains du Créateur, dotée de Son immense pouvoir de compréhension infinie. Tout cela devrait être vécu dans le cœur d’une personne dès l’instant même où elle entre dans la lumière de la vie.
Et ce n’est qu’une fois cette graine saine semée que la graine de la vie spirituelle pourra perdurer.

Tout désir naturel qu’une personne éprouve pour un rêve idéaliste est en réalité un retour vers son enfant intérieur. Au cœur de ce désir réside un attachement à un idéal dépourvu de toute justification abstraite.
Il y a une impulsion qui provient d’un lieu totalement inconscient. Et c’est précisément cet enfant intérieur que nous devons protéger de toutes les influences négatives.
Les éveils innocents de l’âme qui proviennent de la partie la plus pure et la plus naturelle de l’esprit doivent être respectés. Mais en même temps, nous devons veiller à neutraliser toute influence étrangère et déformée.
"Que le prophète qui a un rêve raconte son rêve ; et que celui qui a Ma parole prononce Ma parole fidèlement. Qu’est-ce que l’ivraie comparée au blé ? Ce sont là les paroles de D." (Yirmiyahou 23,28).
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:359 ]

Moments difficiles = témoignages que Hachem nous aime!

+ Nos moments difficiles = témoignages que Hachem nous aime!

- Le rabbi Mendel de Kotsk a demandé à un de ses 'hassid, qui se plaignait que chaque fois qu'il se sentait se rapprocher de Hachem, une épreuve survenait et l'en détournait : "Comment as-tu appris à ton fils à marcher?

- Le 'hassid de répondre : "Je me suis mis un peu devant lui et j'ai ouvert les bras. Quand il s'approchait de moi, je reculais d'un pas."
- Le rabbi de Kotsk de lui dire : "Tu vois bien que quand ton fils voulait se rapprocher, tu t'éloignais. C'était par amour pour lui, pour qu'il puisse apprendre à marcher.
De même, Hachem s'éloigne parfois de nous quand nous nous rapprochons, et c'est aussi une marque d'amour, pour que nous continuions d'avancer."

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-> C'est quand son père le laisse se débrouiller qu'un enfant apprend à marcher.
L'instant où son père lâche sa main est porteur d'un amour bien plus grand que lorsqu'il la tient et l'accompagne.
[rav Akiva Tatz]

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-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou vol.3) explique que les instants où les difficultés submergent une personne, où Hachem paraît s'éloigner, n'ont d'autre but que d'obliger la personne à exercer son libre arbitre.
Quand, alors qu'elle se trouve en situation difficile, une personne effectue les bons choix, elle accède à des niveaux spirituels supérieurs, réalise pleinement son potentiel spirituel et se rapproche ainsi de Hachem.

[=> on voit bien que si D. s'éloigne de nous, c'est pour qu'au final nous puissions nous retrouver davantage proches de Lui.
Les épreuves sont un passage temporaire indispensable pour pouvoir resserrer éternellement nos liens d'union avec papa Hachem. Ainsi, lorsque D. nous en envoie, ce n'est pas un signe de rejet, mais au contraire c'est un signe d'amour : Il désire que nous soyons encore plus en proximité avec Lui!]

+ "Si nous retrouvions une confiance sans faille en D., Il nous protégerait Lui-même et nous sauverait des mains de tous nos ennemis"

[Rabbénou Yéhouda (fils du Roch) - responsa Zikhrone Yéhouda 91]

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-> "Il incombe à tout juif de nourrir une foi parfaite et d'investir toute sa confiance en Hachem. Une telle foi a le pouvoir de modifier le cours de la nature et d'apporter la délivrance."
[rav 'Haïm Pin'has Scheinberg]

"Si l'on implore Hachem pour le succès dans l'étude de la Torah, ou tout ce qui est en rapport avec les besoins du Ciel, et que l'on épanche son [âme dans la prière], Hachem entend cette prière, même si la personne ne compte pas de bonnes actions à son actif, et même si elle est entachée de mauvaises actions."

[Séfer 'Hassidim - simanim 130-131]

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-> "Après la destruction du Temple, les portes de la prière se sont fermées ; tandis que les portes des pleurs n’ont jamais été closes" [guémara Béra’hot 32b].
[Cependant,] il est certain qu'une prière qui vise la spiritualité sera toujours exaucée."
[rav Israël Salanter - rapporté par le rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou vol.4]

-> Le Maharal (Nétivot Olam vol.1 - Nétiv haAvoda) écrit à ce sujet :
"Il est louable qu'une personne demande que Hachem subvienne à ses besoins afin qu'elle puisse Le servir et étudier la Torah. Ainsi, ses prières seront certainement acceptables par Hachem."

[=> lorsque nous désirons des moyens matériels dans un but de renforcer l'honneur du Ciel dans le monde, dans un objectif de mieux évoluer spirituellement, ... cela permet de garantir l'élévation et l’acceptabilité de nos prières.]

"Nous [le peuple juif] nous trouvons en exil et nous sommes soumis à D. au milieu de peuples qui nous persécutent et nous causent du tort.
Celui qui réalise cela prend conscience du grand miracle dont nous avons bénéficié en ayant survécu depuis la destruction du Saint Temple jusqu'à aujourd'hui.

Pour moi [rav Emden], ce miracle est le plus grand de tous.
Il dépasse toutes les merveilles que D. a accomplies en Egypte, lorsqu'Il nous a délivrés de l'esclavage et qu'Il a ouvert la Mer Rouge."

[rav Yaakov Emden - Yaavetz - dans son introduction à son Sidour]

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-> "Le voici qui se tient derrière notre mur (Chir haChirim 2,9) : ce mur se réfère au Mur Occidental du Temple qui ne sera jamais détruit."
[midrach Bamidbar Rabba 11,2]

Le Rav Eliya Lopian avait pour habitude de dire, lorsqu'il citait ce midrach, que les gens se trompent.
Ils pensent que D. a garanti que le Kotel continuerait d'exister parce que nous avons besoin d'un endroit pour prier, mais cela n'est pas vrai.

Nous avons besoin de prier à proximité de la terre sacrée sur laquelle le Temple était érigée autrefois.
Nous voulons en être aussi près que possible, mais nous n'avons pas besoin d'un Mur.
=> A quoi donc nous sert ce Mur (le Kotel)?

Le rav Lopian répond que nous en avons besoin pour prouver à ceux dont la foi est chancelante, que comme les Sages l'ont affirmé : la Torah est d'origine divine.
Si l'on pouvait accrocher une banderole sur le Mur, elle proclamerait : "Cet endroit est l'argument qui s'oppose à ceux qui nient l'origine divine de la Torah".

[=> de même qu'il est totalement improbable que le mur du Kotel n'a pas été détruit durant les centaines d'années d'absence des juifs sur leur terre, de même il renvoie au plus grand miracle de l'Histoire : l'existence du peuple juif, petit en nombre parmi des nations qui ont constamment essayé de le détruire.]

"Il ne devrait pas y avoir d'autre réalité au moment de la prière, à l'exception de Hachem Lui-même."

[rav Yé'hezkel Levenstein]

[La préparation à une prière nécessite de prendre conscience d'à quel point nous dépendons pour tout de D.
Fort de cette réalité, nous nous jetons dans Ses "bras", nous nous attachons à papa Hachem, car de Lui seul vient, est venu et viendra toute bonne chose! ]

Hachem dit à Israël : "Soyez attentifs et vigilants dans vos prières, parce qu'il n'y a pas d'autre mesure plus belle que celle-ci.
Et elle [la prière] est plus grande et plus puissante que les offrandes d'animaux [dans le Temple].

Et même si une personne n'est pas digne de voir ses prières exaucées ... du moment qu'elle prie et implore plusieurs fois, Moi [Hachem], Je serai bienveillant avec elle."

[midrach Tan'houma - Vayéra 1]

Si nous comprenions les raisons des décrets Divins et si leur essence nous était révélée, cette connaissance neutraliserait nos épreuves dans la vie, et nous ne serions donc plus sujets à la récompense et au châtiment.

[rav 'Haïm Friedlander]

[ainsi, si une chose nous apparaît comme mauvaise, c'est uniquement en apparence, et ce afin de permettre l'existence du libre arbitre.
Cependant, si on aurait la possibilité de tout comprendre et de tout pouvoir nous accorder, et bien nous ne pourrions pas faire mieux que ce que nous avons actuellement. Toute situation est pour mon bien ultime, puisque décrétée par mon papa Hachem.]

Unicité de chaque juif

+ Chaque juif a un apport unique à transmettre à l'Histoire juive :

-> "De même que 2 personnes n'ont pas le même visage ... [ainsi] chaque individu a un devoir particulier de révéler Hachem"
[rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]

-> "Non seulement chaque personne se voit assigner un rôle spécifique de révéler l'honneur d'Hachem [dans ce monde], mais elle doit également accomplir sa tâche particulière telle qu'elle a été déterminée par Hachem dans Sa suprême sagesse."
[Ram'hal - Daat Tvounot - Siman 128]

[envier autrui, ne pas se satisfaire de notre situation/moyens/capacités ..., c'est refuser d'accepter les outils que D. met à notre disposition afin de réaliser notre mission unique dans ce monde.]

-> "[L'étude de la] Torah [a la capacité de nous] sauver ... de souffrances qui sont aussi difficiles que la mort"

[Tikouné Zohar - Tikoun 22]

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-> Le Zohar (vol.I,27a) nous enseigne que nos difficultés dans l'étude de la Torah permettent d'expier nos fautes.

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-> "Heureux est celui qui fait des efforts dans la Torah"
[midrach Yalkout Chimoni Béréchit 2,20]

Selon nos Sages, si une personne fait des efforts afin d’étudier avec force la Torah, afin d’accomplir des actes de 'hessed, alors on la dispensera de souffrances dans d’autres domaines de la vie.

[ainsi, non seulement nous gagnons une récompense éternelle et infinie, mais en plus les efforts que nous y investissons viennent remplacer des souffrances que nous devrions de toute façon avoir! ]