"La définition de l'amour : c'est le plaisir que l'on trouve à voir les qualités de son prochain."
[Rav Noah Weinberg]
Catégorie : Moussar/Pensée juive
La recette du bonheur …
+ La recette du bonheur ...
Un des moments forts de la prière est la lecture du téhilim commençant par : "acheré yochvé bété'ha" ( Heureux ceux qui habitent dans ta maison!! - Téhilim 84;5).
Le fait de vivre proche de D. (dans Sa maison), c'est s'assurer une vie de vrai bonheur.
Developpons un peu (b"h) ... 🙂
Nous avons :
-> בראשית = Béréchit = 1er mot de la Torah = au commencement ;
-> ישראל = Israël = dernier mot de la Torah.
Chacun de ces 2 mots posséde les lettres permettant de former : אשרי = Heureux!! (achré)
Du début à la fin, la Torah contient/renferme le bonheur/la joie!
Dans ces 2 mots, il reste alors 3 lettres (non utilisées pour former : achré - אשרי) dont la 1ere et la dernière de la Torah, ces 2 lettres formant le mot : lèv (coeur - לב).
=> S'investir de tout son coeur pour faire la volonté de D., est l'unique possibilité de ressentir de la vraie joie, du bonheur authentique, sincère, fort, intense, profond, ...
Une lettre reste alors seule : le tav (ת) = de Torah, de Téchouva, ... ; elle renvoie à la finalité de toute chose : rendre des comptes à D. après notre mort (étant la dernière lettre de l'alphabet).
=> Sache qu'il y aura toujours la téchouva de côté (si besoin), sache que la Torah est infinie (tu ne pourras jamais dire, c'est bon je l'ai acquise!), ... aie toujours de côté le fait qu'il faudra rendre compte de toute chose (même cachée) à D.
=> L'essence/l'objectif même de la Torah, est contenu dans le terme : 'achré' = heureux!
==> Vivre juif, c'est se donner les moyens d'être le plus heureux possible!!
Shana tova oumévoré'hét (b"h) !!! 🙂
[les 5 livres de la Torah renvoie à la joie : חמשה --> שמחה ]
[Le 1er mot de la Torah a 6 lettres = 6 traités de la michna = Torah Orale
Le dernier mot de la Torah a 5 lettres = 5 livres de la Torah écrite]
"Si tu prends ce qui ne t'appartient pas, tu seras privé de ce qui t'appartient."
[Déré'h Eréts Zouta - chapitre 3]
--> Le 'Hafets 'Haïm fait remarquer qu'il faut être sot pour penser qu'en volant/lésant autrui on aura un sou de plus que ce qui nous a été alloué à Roch Hachana.
Au contraire, nos Sages (guémara Soucca 29b) nous disent que le fait de priver son prochain/voisin de ce qui lui revient, aura comme châtiment de nous voir privés de ce qui a été décrété pour nous (nos gains légitimes).
On y perd sur tous les tableaux ...
"Et ce sera (véaya), l'endroit que Hachem votre D. choisira pour y résider son Nom ... " (Ré'é 12;11)
--> Quel sera le nom de la ville de Jérusalem dans le futur?
Le rabbi David Feinstein (dans son Kol Dodi), nous rapporte la guémara (Baba Batra 75b) nous disant que dans le futur la ville de Jérusalem s'appellera : Hachem.
En effet, elle a pour rôle principal/primaire d'être le lieu d'accueil de la présence divine.
D'ailleurs, le verset ci-dessus, parlant de Jérusalem, commence par le mot : "véaya" (והיה - Et ce sera), dont les lettres permettent de former le nom d'Hachem (יהוה).
Israël : être tout petit, pour agir infiniment grand …
+ Israël : être tout petit, pour agir infiniment grand ...
Observons le mot : Israël (ישראל).
On remarque qu’il commence par la plus petite lettre de l’alphabet hébreu : le youd ('), et se finit par la lettre la plus grande : le lamed (ל).
Il est écrit dans la Torah :
- "Ce n’est pas parce que vous êtes plus nombreux que tous les peuples que D. vous a désirés, et vous a choisis, car vous êtes le moins nombreux de tous les peuples." (Vaét’hanan 7 ;7)
- [D.dit à Avraham] "Je ferai de toi un grand peuple ; Je te bénirai, j’agrandirai ton nom" (Lé’h Lé’ha 12 ;2)
A l’image du youd, il faut se faire petit ( = humilité) et vivre en tant que juif (le youd renvoie à yudden, yéhoudi = à un juif) ...
... c’est alors, à l’image du laméd ( = verbe hébreu signifiant : enseigner), que notre grandeur consistera à enseigner/proclamer, au monde environnant, par notre exemplarité, la grandeur et l’unicité de D.
=> Israël = on construit dans la petitesse/la discrétion afin de permettre à l'infiniment grand : Hachem, de pouvoir se dévoiler clairement aux yeux de tous.
D'ailleurs, il est intéressant de constater que le mot ישראל peut se recomposer comme suit :
-> ראש לי (roch li) = ma tête = on a D., nos Sages, ... = on reconnaît par notre conduite (conforme à la Torah) qu'on a un D. unique
-> ישר אל (yachar kEl) = face à D. = on doit constament être dirigé vers D. quelques soit nos actes
-> שיר אל (shir kEl) = chanson de D. = on doit au travers nos actions chanter/proclamer la grandeur de D.
-> אר שלי (or shéli) = ma lumière = on doit illuminer par nos actes l'obscurité pour y révéler toute la beauté de D.
-> Le Gaon de Vilna (sur Michlé 6,19) et le rav Its'hak Isaac 'Haver (drouch parachat Shékalim) parlent tous deux avec éloquence de la condition sine qua non de l'unité entre les juifs pour que la Chékhina puisse résider parmi nous.
Le rav Chaver conclut : "Tout comme l'âme ne s'attache pas à un seul organe, Hachem n'est pas appelé Eloké Israel, le D. d'Israël, à moins que la nation entière ne soit unie, de sorte qu'Il habite avec toute la nation comme une seule personne".
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-> Le Maharal (Nétsa'h Israël 53,54) nous enseigne également qu'Aharon HaCohen, le grand unificateur du peuple juif, nous aide également à nous relier à notre Père céleste.
Le rav David Cohen (roch Yéchiva de la Yéchivat 'Hévron - Zman Sim'haténou) ajoute que c'est pour cette raison que les Ananei HaKavod (Nuées de Gloire) étaient par le mérite d'Aharon. Puisqu'il a rassemblé le peuple juif en faisant la paix entre les individus, il a également effectué résider la Chékhina dans la nation.
+ La reconnaissance :
Nos Sages ont dit (guémara Béra'hot 58a) = "Un bon invité, que dit-il?
Combien d'efforts le maître de maison a investi pour moi, quelle quantité de viande, de vin et de pâtisseries m'a-t-il proposé?
Et toute cette peine qu'il s'est donné, elle n'était qu'en mon honneur.
Mais un invité ingrat, que dit-il?
Quel effort a fait mon hôte pour me faire plaisir?
Je n'ai mangé qu'une seule tranche de pain, n'ai bu qu'un seul verre.
Tous les efforts qu'il a fait n'étaient destinés qu'à sa femme et ses enfants."
Ainsi, il y a 2 visions du monde :
-> celle du reconnaissant :
= prise de conscience du bien que l'on m'a fait.
=> Il en découle automatique le sentiment d'être redevable, de ressentir de l'obligation et de l'estime pour son bienfaiteur.
-> celle de l'ingrat :
= reniement et absence de reconnaissance du bien que l'on m'a fait.
=> affranchissement de tout sentiment d'être redevable.
==> L'ingratitude est l'arme permettant de libérer son orgueil du sentiment lié au fait de recevoir un bienfait.
Entre ces 2 attitudes diamétralement opposées, il y a, bien entendu, des niveaux moyens, dans lesquels, généralement, la majorité des personnes se situe.
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---> Reconnaître le bien que D. nous prodigue ( = le fondement d'un juif) :
Nos Sages ont dit (Michnat Rabbi Eliézer 7) = "Pour quelle raison la Torah a autant châtié l'ingrat?
Parce que c'est une forme d'ingratitude envers D.
Aujourd'hui, il l'est envers cet homme, demain il le sera envers son Créateur."
Le Pa'had Its'hak a écrit (Maamar 2,5) = "Dans la nature de l'homme se dissimule l'hypothèse : "Ma force et la puissance de ma main m'ont fait ce succès-là." (Dévarim 8,17)
C'est un sentiment intérieur puissant, dont l'homme a du mal à se défaire."
Le Ramban (fin de la paracha Bo) = "L'intention à avoir dans toutes les mitsvot est de placer sa confiance en D. et Le remercier de nous avoir créés.
Ceci est l'intention unique depuis la création originelle.
A savoir, D. ne désire qu'une seule chose : que l'homme ici-bas sache qu'Il est le Créateur du monde et Lui soit reconnaissant d'avoir été créé."
Pourquoi sommes-nous appelés "Juif" (Yéhoudi, en hébreu)?
La racine de ce nom vient du mot : "reconnaissance" (Hodaa, en hébreu), parce que le juif reconnaît et remercie le créateur du monde pour tous Ses bienfaits infinis.
Ceci est le fondement du judaïsme.
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---> Le respect des parents :
C'est la base du développement de la reconnaissance, car c'est à eux que l'homme doit adresser sa 1ere reconnaissance dans la vie.
* Vision de reconnaissance = apprécier les nombreux bienfaits extraordinaires qu'ils m'ont prodigué depuis ma naissance.
=> mon cœur peut déborder de sentiments d'estime et de respect pour eux.
* Vision d'ingratitude = renier les bienfaits en usant des prétextes variés : ce n'est que pour leur avantage et leur bien que mes parents m'ont mis au monde ...
Et puisqu'ils m'ont donné naissance, ils sont, bien sûr, obligés de veiller à subvenir à tous mes besoins ...
De cette manière, on s'affranchit de son obligation, celle de respecter ses parents.
Il est écrit dans le Séfer ha'Hinou'h (mitsva 33) au sujet du respect des parents :
"A l'origine de cette mitsva, il y a le fait qu'il convient que l'homme reconnaisse et fasse preuve de bonté envers celui qui lui fait du bien, et qu'il ne soit pas insensé, indifférent et ingrat.
Car ceci est un trait de caractère répugnant aux yeux de D. et des hommes.
Il doit être conscient que son père et sa mère sont la cause de son existence dans ce monde et que, de ce fait, il convient qu'il les honore le plus possible.
Ce sont eux qui l'ont amené dans ce monde et ont peiné pour lui, lorsqu'il était petit.
Ainsi, lorsqu'il fixera cette donnée dans son âme, il éprouvera également de la reconnaissance envers D.
En effet, D. est la cause de son existence et de celle de tous ses pères, en remontant jusqu'à Adam haRichon.
D. l'a fait venir sur cette Terre et a subvenu à ses besoins toute sa vie.
Il l'a créé à la perfection, avec tous ses membres.
Il lui a donné une âme dotée de compréhension et d'intelligence ; sans cela, il serait tel un cheval ou une mule, sans discernement.
Ainsi, il prendra conscience qu'il convient d'être vigilant dans son service de D."
Le fait de s'habituer, depuis sa plus tendre enfance, à recevoir les bienfaits de ses parents, fait ressentir que tout va de soi, que tout nous est dû.
Ce sentiment est trompeur!
=> il est bien plus facile de reconnaître le bien que nous fait un étranger que celui que nous fait notre proche, car avec l'habitude cela devient habituel, normal, naturel, obligatoire (que D. nous en préserve!).
D'ailleurs, il est écrit dans le 'Hovot aLévavot" (chaar haBé'hina) :
"La plupart des hommes sont comme des aveugles pour discerner et reconnaître les privilèges qu'ils ont reçus ; ils n'en ont aucune intelligence. [...]
Ils grandissent dans l'abondance des bontés divines ; ils pensent qu'elles dépendent organiquement d'eux-mêmes, et croient qu'elles ne pourront jamais leur manquer, ni leur être ôtées."
=> Il est de notre devoir et de notre responsabilité en tant que parents d'éduquer nos enfants dès leur plus jeune âge à reconnaître les bienfaits que nous leur octroyons, et à matérialiser dans les faits cette reconnaissance, ce qui les aidera sûrement dans leur mitsva de respect des parents [= la base du développement de la reconnaissance].
A l'image des bénédictions et des prières, qui nous permettent d'exprimer à longueur de journée notre reconnaissance envers D., on doit forcer sa nature pour voir positivement autrui, et développer des pensées/remarques de bienveillance à son égard (même pour une petite chose, semblant "normale", car rien n'est petit, dû!!).
[Chaque prière (notre reconnaissance vis-à-vis de D.) est unique et doit être fait avec kavana (intention), de même pour chaque expression de reconnaissance envers autrui quel qui soit ...]
Nous ne pourrons jamais être complètement quitte avec nos parents.
En effet, nos Sages disent :
- "Si ton ami a pris les devants et t'a donné des lentilles, fais-en autant avec de la viande.
Pourquoi?
Parce qu'il t'a fait un bienfait en premier." [Midrach Béréchit Rabba 35,3]
- "Celui qui ouvre sa porte à son prochain, ce dernier lui est redevable à vie." [Midrach Chémot Rabba 4,2]
==> A travers la mitsva du respect des parents, la Torah nous apprend à nous exercer à la reconnaissance => à nous débarrasser petit à petit de l'égocentrisme et de l'orgueil implanté en nous par le fait que "Tout nous est dû".
Elle nous habitue au sentiment pur et délicat d'avoir un regard bienveillant et à estimer, à la juste valeur, tous les bienfaits dont nous bénéficions.
Rien n'est naturel! Rien ne va de soi!
Et même si cela fait partie de ses obligations, un homme mérite de la gratitude pour le fait qu'il les assume.
Source (b"h) : compilation personnelle du livre "Honore ton père et ta mère" du Rav Ména'hem Berros + du livre "Respect des parents" (Editions Torah-Box)
[Dans tous les cas, il faut avoir une dette de gratitude envers nos parents car b"h, c'est grâce à eux que nous existons ... ]
"Celui qui obéit à son père [et/ou à sa mère] même pour quelque chose qui n'est pas obligatoire, accomplit une mitsva positive, comme s'il avait accompli celle de la Soucca et du Loulav.
Heureux soit celui dont le père [et la mère] peuvent lui permettre de mériter de nombreuses mitsvot."[Halikhot Moussar - page 480]
+ La mila : au cœur du conflit entre Yichmaël et Israël ...
-> Le Rav Yits'hak 'Haver écrit que la mitsva de la mila atteste d'une puissante foi en D., qui crée un lien avec le maître du monde.
La circoncision est appelée 'brit mila' ( = l'alliance de la mila) car elle souligne le pacte conclu entre l'homme et son créateur.
-> La circoncision illustre la croyance en D., et elle assure le mérite d'habiter le pays d'Israël, comme l'écrit le Maharal (Nétivot Olam - Nétivot ha'Avoda - chapitre 18) :
"Etant donné que la terre [d'Israël] est sainte et distincte des autres pays, D. a ordonné aux juifs de se circoncire.
En effet, la Terre réclame un peuple séparé des autres, tout comme elle est elle-même séparée des autres pays.
Rien, mieux que la mila, qui représente la sainteté, n'exprime cette séparation différenciant [Israël] des autres nations."
-> A ce sujet, il est écrit dans le Zohar :
"Avraham dit à D. : 'Si seulement Yichmaël pouvait vivre devant Toi.'
Que fit D.? Il leur donna une portion ici-bas, en Terre Sainte ...
Dans le futur, durant un laps de temps considérable, les enfants d'Yichmaël auront le contrôle de la Terre sainte quand elle sera complètement déserte et inculte, exactement de la même manière que leur circoncision est inefficace, superficielle et incomplète.
Ils empêcheront les enfants d'Israël de revenir à leur terre jusqu'à ce qu'ils [les enfants d'Yichmaël] perdent leurs méritent."
-> Le Ramban (Béréchit 1,1) a dit :
"D. a chassé les rebelles [du pays d'Israël] et y a installé Ses serviteurs, pour montrer que c'est parce qu'ils Le servent qu'ils en hériteront.
S'ils fautent envers Lui, le pays les recrachera, comme il l'a fait pour les peuples qui les ont précédés."
==> Plus nous renforcerons notre foi en D. et accepterons Sa volonté, plus nous mériterons de vivre en paix et en sécurité en Israël.
[Tâchons d'être différent d'Yichmaël qui incapable de se soumettre à la volonté de D., se laisse aller à ses pulsions du moment tout en se persuadant que telle est bien la volonté de D. ]
Source (b"h) : compilation personnelle issue du livre "Matsmia'h Yéchoua" du Rav Alexander Aryéh Mandelbaum
"Celui qui se met en colère est considéré comme un idolâtre."
(guémara Nédarim 22a)
Selon Rabbi Chnéour Zalman (Séfér haTanya) = "Dès l'instant où il se met en colère, sa foi l'abandonne ; car s'il croyait alors que seul D. lui envoie cette épreuve, il ne s'en irriterait pas."