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"3 choses font pleurer Hachem chaque jour : Il pleure sur ceux qui ont la possibilité d'étudier la Torah et qui ne le font pas, sur ceux qui n'ont pas la possibilité de l'étudier et qui l'étudient quand-même, et enfin sur les chefs de communauté qui abusent de leur pouvoir (par orgueil)."

[guémara 'Haguiga 5b]

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=> Où Hachem se tient-Il lorsqu'Il pleure et sur quoi pleure-t-Il?

-> "Mais si vous n'écoutez pas, Mon âme pleurera en secret sur cette arrogance" (Yirmiyahou 13,17)
De ce verset, Rav apprend qu'Hachem ne "pleure" que dans un endroit discret, appelé : mistarim (מסתרים), lorsqu'Israël est arrogant et refuse de L'écouter.

Donc, contrairement aux Anges, Hachem ne verse pas de larmes à l'extérieur, en dehors de ce lieu "mistarim", même au moment de la destruction de chacun des 2 Temples.
[...]

"Majesté et splendeur devant Lui, force et joie dans Sa résidence" (Divré haYamim I 16,27)
Comment peut-on alors parler de pleurs d'Hachem?

Selon Rav Papa : Hachem manifeste sa joie publiquement dans les "chambres" externes, et pleure discrètement dans les chambres internes.
[d'après la guémara 'Haguiga 5b]

-> Ce n'est pas Hachem Lui-même qui pleure chaque jour, mais Il dit à son entourage qu'il convient de pleurer quotidiennement sur les 3 choses mentionnées dans la guémara ci-dessus, et ainsi on explique la question : "Hachem pleure-t-Il?"
[Rabbénou 'Hananel]

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=> Pourquoi Hachem pleure-t-Il sur ceux qui ont la possibilité d'étudier la Torah et qui ne le font pas?

-> Hachem est considéré comme un père pour Israël, selon le verset : "Vous êtes les enfants de Hachem, votre D." (Réé 14,1).

Hachem sait que, par l'étude de la Torah, l'homme peut atteindre un véritable bonheur ressenti dans son âme pour l'éternité.
Lorsque Hachem voit Ses enfants perdre leur temps si précieux pour des activités vaines et ne pas étudier la Torah alors qu'ils ont la possibilité de le faire, Il en souffre et Il pleure de ce temps gaspillé et de ce bonheur perdu par Ses enfants.

Cette souffrance est d'autant plus grande que la perte de ce bonheur est irréversible, car l'acquisition de la Torah ne peut se faire que dans ce monde-ci, comme il est dit : "Car cette mitsva que Je te prescris aujourd'hui ... n'est pas au Ciel"(Nitsavim 30,11).
Hachem désire donc que nous utilisions ce temps précieux, qu'Il met à notre disposition sur terre, pour la Torah et pour notre bonheur éternel.

['Hafets 'Haïm - Torat haBaït, 5]

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=> Pourquoi Hachem pleure-t-Il sur ceux qui n'ont pas la possibilité d'étudier la Torah et qui le font quand même? Cela devrait être l'inverse!

-> Il est évident que c'est au prix de gros efforts louables et de sacrifices qu'un homme, qui n'a pas la possibilité, étudie quand-même la Torah. Or, Hachem s'associe toujours aux difficultés d'un homme et à ses souffrances, selon le verset : "Je suis avec lui dans la détresse" (Téhilim 91,15).

Hachem s'associe donc, à travers Ses pleurs, à la détresse de cet homme et aux sacrifices qu'il a consentis pour étudier la Torah malgré sa situation difficile.
[d'après la guémara Taanit 16a]

-> Hachem apprécie et redouble d'amour pour cet homme qui continue à étudier la Torah dans des conditions difficiles.
Hachem pleure sur les privations de son corps (fatigue, manque de sommeil, ...) bien que cela soit pour le bien de cet homme.

Et si Hachem ne le pourvoit pas d'une parnassa plus large ou d'une meilleure santé, c'est pour une de ces 2 raisons :
- Hachem sait qu'il risque de quitter le "bon chemin" sur lequel il est engagé, si ses conditions s'améliorent ;
- ou bien Hachem maintient ces difficulté afin d'augmenter la récompense de cet homme dans le monde à venir.
['Hafetes 'Haïm - Torat haBaït, 9]

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=> Pourquoi Hachem pleure-t-Il sur un chef de communauté qui impose une crainte à sa communauté?

-> Lors de la transmission de pouvoir de Moché, guide d'Israël, vers son successeur Yéhochoua bin Noun, le verset dit : "Moché "prit" Yéhochoua et le mit en présence d'El'azar haCohen et de la communauté" (Pin'has 27,22).

Rachi explique le mot : "vayika'h" (il prit) : "Il l'attira par des paroles d'encouragements et lui fit connaître la grande récompense réservée aux chefs de communauté d'Israël dans le monde à venir".

Mais si le chef de communauté s'enorgueillit sur la communauté des enfants d'Israël qu'il dirige, en lui imposant une autorité excessive, il n'est plus digne d'être leur chef de communauté et perd la grande récompense prévue.
C'est pourquoi Hachem pleure sur la perte de récompense et de bonheur de ce chef de communauté en raison de son orgueil.
['Hafetes 'Haïm - Torat haBaït, 5]

-> Selon la guémara (Roch Hachana 17a), tous ceux qui auront imposé à la communauté qu'ils dirigent une crainte excessive, qui n'est pas léchem chamaïm, descendront en enfer (Guéhinan) et y demeureront.
Hachem pleure donc sur le sort peu envieux de ces dirigeants.

De plus, selon la guémara (Roch Hachana 17a), ces chefs de communauté tyranniques n'auront pas le mérite d'avoir un fils disciple des sages (talmid hakham).
Ainsi, le comportement excessif de ce père, chef de communauté, a pour conséquence l'empêchement d'étudier de ses fils ; il a donc causé un bitoul Torah à cause de son abus de pouvoir.
[Iyoun Yaakov]

La Torah a été donnée non seulement pour les besoins du peuple d'Israël, mais également pour améliorer toutes les créatures de ce monde.
Le but essentiel des activités de Torah est d'illuminer autrui et de le perfectionner, et non pas d'amoindrir autrui.
[...]
Toute la sagesse que nous avons étudiée est inutile si c'est pour souligner les défauts et les manques des créatures, car par la Torah étudiée avec humilité, chaque créature devrait trouver grâce à nos yeux.

[Keren Ora]

L'acquisition de la Torah est considérée comme le "sang" vital d'un homme, dont toute la vie éternelle dépend.

[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch - Si’hot Moussar (si’ha 39)]

Il est impossible de comprendre la Torah Écrite sans les précisions, les commentaires et les interprétations de nos Sages enseignés dans la Torah Orale.

Il y a une allusion à cette complémentarité :
- la Torah Écrite commence par la lettre ב (béréchit) et se termine par la lettre ל (Israël) ;
- la Torah Orale, complément de la Torah Écrite, commence par la lettre qui suit le ל, c'est-à-dire le מ (méémataï) de la 1er michna du 1er traité de Béra'hot [מ est la lettre au milieu de l'alphabet hébraïque], et se termine par la dernière lettre ת (halakhot) de la dernière michna du dernier traité Nidda.

[rapporté par le rav Lumbroso]

"La Torah et la terre d'Israël sont entrelacées, liées de façon inséparable, et tout celui qui délaisse la terre d'Israël délaisse la Torah."

[rabbi Yaakov Emden (le Yaavets) - Siddour beit Yaakov]

"Sans la Torah [et son étude], les Cieux et la terre n'existeraient pas."

[guémara Pessa'him 68b]

Ce que notre yétser ara fait passer pour de simples mots [d'un autre temps], permet au monde d'exister.
Nous ne nous rendons pas compte d'à quel point chaque seconde d'étude de la Torah apporte de la vie, de la bénédiction au monde!

"Hachem écarte le mauvais penchant (yétser ara) de celui qui peine dans l'étude de la Torah"

[midrach rabba - Nasso]

+ Il faut savoir qu'une des raisons pour lesquelles D. a donné la Torah à Israël est que notre peuple a plus d'audace et de force qu'aucune autre nation. Toutefois, la Torah brise le coeur de l'homme et le soumet afin qu'il accepte le joug de la royauté Divine.
Par conséquent, si un homme accepte le joug de la Torah et des commandements, il n'oublie pas D. même s'il profite de sa richesse.
Grâce au joug de la Torah, il observe les commandements, accomplit de bonnes actions et finira par hériter de la vie au monde futur. C'est justement grâce à notre entêtement et à notre audace que nous nous vouons à la Torah. Même lorsque les nations nous ordonnent de renier notre foi, nous sommes prêts à mourir en martyrs plutôt que de leur obéir.

Cependant, si nous rejetons le joug de la Torah et des commandements, il ne nous reste que notre opiniâtreté et notre arrogance.
La Torah tempère cette grande insolence que la richesse accroît, comme il est écrit : "L'homme riche répond avec insolence" (Michlé 18,23).
Ainsi, si un homme rejette le joug de la Torah et des mitsvot, D. n'a d'autre remède pour lui que la pauvreté. Grâce à elle, les yeux d'Israël se tournent vers le ciel et son cœur devient humble.

L'étude de la Torah affaiblit l'homme. Par conséquent, lorsqu'un juif décide de se plonger dans l'étude de la Torah, il ne fait pas attention aux plaisirs physiques.
[Méam Loez - Dévarim]

Lorsqu'une personne étudie la Torah en profondeur, elle devient comme un ange.
Un esprit d'en-Haut réside sur elle, et l'élève au niveau du roua'h hakodech.

['Hazon Ich - Iguéret ha'Hazon Ich 15&33]

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-> Le mot : guémara, vient de l'araméen "gumra", signifiant : un charbon ardent.
C'est en raison de la grande sainteté de la guémara qui brûle toutes les forces des écorces qui nous séparent de Hachem, incluant toutes les tentations et tromperies du mauvais penchant (yétser ara).
Ils sont tous brûlés et annulés.
[rabbi Shlomo de Karlin - rapporté dans le Si'hot béAvodat Hachem (p.92)]

Sans la Torah, une personne est submergée dans la boue. Il ne vaut pas mieux qu'un non-juif. La Torah est ce qui distingue un juif d'un non-juif. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous affirmons qu'Hachem "nous a choisis parmi tous les peuples ... et nous a donné Sa Torah".
Grâce à la Torah, on peut se débarrasser de la 'boue', et c'est alors seulement que l'on peut devenir saint en accomplissant les mitsvot.
['Hafets 'Haïm - Méïr Einé Israel - vol.1, p.347 ]