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Cette question a été posée (à Lod) : "L'étude de la Torah est-elle plus importante que les bonnes actions, ou le contraire?"

Rabbi Tarfone répondit : "L'action est plus importante (que l'étude)".
Rabbi Akiva rétorqua : "C'est l'étude qui est plus importante que l'action".
Les autres Sages (présents) approuvèrent rabbi Akiva et dirent : "L'étude est primordiale, car elle mène aux bonnes actions".

Rabbi Yossi enseigne : "L'étude est plus importante que l'action, car le commandement de l'étude de la Torah précède de 40 ans celui de la 'hala (part de pâte prélevée pour le Cohen), de 54 ans le commandement de "trouma" (part de céréales, de vin ou d'huile offerts au Cohen) et de dîmes (maassérot), de 61 ans le commandement de la Chemita, et de 103 ans celui du Yovél.
[...]

De même que l'étude de la Torah a priorité sur les actions, le jugement relatif à l'étude précédera le jugement relatif aux actions (de l'homme).
En effet, rav Hamnouna dit : "La 1ere chose dont un homme doive rendre compte (dans le Ciel), c'est de son étude" ...

De même la récompense, liée à l'étude de la Torah précédera la récompense des bonnes actions.

[guémara Kiddouchin 40b]

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=> Pourquoi, selon rabbi Akiva, l'étude de la Torah a-t-elle priorité sur l'action?

-> "Car la mitva est une lampe et la Torah une lumière" (Michlé 6,23)
Selon rabbi Ména'hem, fils de rabbi Yossi, cette comparaison entre la mitsva (l'action) et la Torah (son étude) vient enseigner : de même que la lampe (nér) n'éclaire qu'un moment ; et de même que la lumière (or) éclaire en permanence, comme celle du soleil, l'étude de la Torah protège à tout jamais.
Ainsi, la protection de l'homme par l'étude de la Torah est supérieure à celle de ses bonnes actions.
[d'après guémara Sota 21a]

-> Alors que l'étude de la Torah est toujours associée au Nom Divin Tétragramme (יהוה), les actions seront associées au Nom Divin (אדני).
Or, il est connu que le Tétragramme influence le nom אדני, c'est pourquoi l'étude de la Torah a priorité sur l'action.

De plus la guématria du mot : talmoud (étude - תלמוד) est de 480, et celle du mot : ma'assé (מעשה) est de 415.
Ainsi, par sa guématria, le limoud surpasse le maassé (les actions) de : 480-415 = 65, qui est la guématria du Nom Divin (אדני).
[Ben Ich 'Haï]

-> "L'étude de la Torah vaut autant que les autres mitsvot (réunies)" (Michna Péa 1,1)
Selon ce principe, si un homme a le choix, au même moment, entre la mitsva d'étude de la Torah et une autre mitsva liées à une action, si cette dernière peut être réalisée par quelqu'un d'autre, l'étude de la Torah aura priorité.
De plus, grâce à l'étude de la Torah, il aura le mérite d'accomplir les autres mitsvot.
[d'après Rambam - Halakhot Talmud Torah 3,3-4]

-> Lorsqu'un homme étudie, il aura "dans ses mains" non seulement la mitsva d'étude de la Torah, mais aussi la possibilité d'accomplir des mitsvot et des bonnes actions conformes à la Torah étudiée.
Il est donc supérieur à celui qui pratique de bonnes actions, mais qui n'a pas accompli la mitsva d'étude de la Torah.
[Tossefot Ri hazaquen]

Quiconque étudie la Torah Écrite et la Torah Orale, et se conduit avec bonnes manières (déré'h Erets ou savoir-être) envers son prochain, ne fautera pas facilement ...

Mais tout homme qui n'étudie ni la Torah Écrite ni la Torah Orale, et qui n'a pas de "déré'h érets", n'est pas digne de résider dans ce monde.

[guémara Kidouchin 40b]

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-> Le Tiféret Yonathan (rabbi Yonathan Eibschutz) enseigne :
Le service Divin se décompose en 3 volets : avoir de la émouna envers Hachem, accomplir les mitsvot de la Torah et travailler ses défauts pour atteindre de bons comportements (midot tovot).

C'est pourquoi, la guémara a cité ces 3 conditions pour être protégé de la faute et du péché :
- l'étude de la Torah Ecrite qui enseigne les fondements de la émouna ;
- l'étude de la Torah Orale qui détaille comment réaliser les mitsvot ;
- et le déré'h érets, fruit des bons comportements acquis.

Qu'est-ce qui est plus important : la Torah ou la prière?

La Torah est Hachem parlant à l'homme, tandis que la prière est l'homme parlant à Hachem.
Les 2 sont toutes aussi essentielles pour qu'un véritable dialogue ait lieu.

[rav Israël Yudellah]

Etudier la Torah est semblable à manger la manne.
La manne avait le goût de toute délicatesse qu'une personne pouvait souhaiter, mais si l'on ne pensait à rien, alors elle n'avait pas de goût.
La Torah est d'une telle douceur, mais seulement si on y pense. Sinon, on peut être assis à côté de sa guémara et n'en ressentir aucun goût.

['Hafets 'Haïm]

La Torah est la révélation de la volonté Divine et le moyen de nous attacher à D.
Hachem l'a prise de sa source spirituelle et l'a mise sous une forme que l'homme peut comprendre.
Du fait qu'elle a été mise à la portée de l'être humain, il est tout à fait possible de l'étudier sans prendre conscience de sa dimension Divine.
C'est cette étude qui peut être décrite comme un "abandon de la Torah".

[Méam Loez - Eikha 2,9]

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[A une époque où l'étude de la Torah était largement répandue, Hachem a détruit le royaume de Yéhouda pour cette raison : "ils ont abandonné ma Torah" (Yirmiyahou 9,12)]

=> Il ne faut pas étudier la Torah comme une simple discipline intellectuel, mais il faut être conscient que chaque mot/lettre est une expression de la volonté Divine, et qu'il nous permet de se lier davantage avec D.
[une des raisons de notre exil, et de la destruction du Temple, est notre manque de conscience de cette réalité!]

"Davantage de Torah, c'est davantage de vie"

[Pirké Avot 2,7]

Certains doux plaisirs procurent au corps des sensations agréables mais illusoires, et l'âme n'en tire qu'une jouissance toute relative.
Mais ces plaisirs sont sans commune mesure avec la noble jouissance procurée par la sagesse [de la Torah] acquise au prix d'efforts soutenus : par elle, l'âme s'élève au-dessus du chaos du monde pour atteindre le Firmament, où elle se délecte de la splendeur de la Sagesse céleste.
Tel est le plus grand bien qui ait été offert à l'homme sous les cieux.

... [par la Torah] l'homme a les capacités de découvrir la lumière de la Vie, et de se délecter de la Sagesse divine qui charme le cœur et l'âme.

['Hazon Ich - dans sa lettre n°9]

La Torah

+ La Torah :

-> Le Stéïpler (rav Israël Kanievsky) écrit dans la préface de son ouvrage (Amal chel Torah) :
"La raison essentielle de la création de l'homme et de sa venue ici-bas est l'étude intensive de la Torah.
"L'homme est né pour le labeur" (Yov 5,7) ... c'est pour le labeur de la Torah qu'il a été créé.

La subsistance du monde repose donc que sur les érudits qui s'adonnent à l'étude de la Torah, comme le déduit la guémara (Pessa'him 65) du verset : "Si ce n'était Mon alliance nuit et jour, Je n'aurai pas placé les lois du ciel et de la terre".

Nos Sages (guémara Sanhédrin 99) affirment également que quiconque ne croit pas dans ce principe qui déclare : "A quoi les Sages nous sont-ils utiles?", est considéré comme un renégat qui dénature la Torah.

Il est également enseigné : "Depuis le jour de la destruction du Temple, Hachem ne conserve dans Son monde que les 4 coudées de la Halakha" (guémara Béra'hot 8).
En clair, la Présence Divine ne repose au sein d'Israël que par le mérite de l'étude.

Il est écrit : "Tes plus chers trésors ne la valent pas" (Michlé 3,15).
La guémara (Yérouchalmi - début de Péa) commente : "Le monde entier [et toutes ses richesses] ne valent pas une seule parole de la Torah", car sa récompense dépasse celle de tous les commandements.

Dans la guémara (Méguila 15), il apparaît que celui qui s'emploie à étudier la Torah a une valeur supérieur à celui qui se dévoue pour sauver une vie humaine, à celui qui respecte ses parents et à celui qui construit le Temple.

Elle surpasse même les sacrifices, comme l'enseignent nos Sages (guémara Roch Hachana 18) au sujet des descendant du Cohen Eli : "Ils ne trouveront pas expiation avec des sacrifices et des oblations, mais ils la trouveront avec les paroles de la Torah".

De plus, il est absolument impossible de vaincre le mauvais penchant, qui se fortifie quotidiennement, sans l'étude.
Nos Sages (guémara Baba Batra 16) énoncent : "J'ai créé le mauvais penchant et J'ai créé la Torah comme remède".
Il apparaît également (guémara Kidouchin 30) que : "Si vous vous adonnez à l'étude de la Torah, vous ne serez pas livrés entre ses mains [...] car s'il est une pierre, il se dissoudra".

Enfin, seuls ceux qui se seront consacrés à son étude bénéficieront de la résurrection des morts.
En effet, nos Sages s'évertuent à trouver quel mérite permettra aux personnes qui n'étudient pas d'y avoir droit :
- ils démontrent que le soutient financier des érudits peut offrir ce mérite (guémara Kétoubot 111) ;
- et que les femmes l'ont également, car elles accompagnent leurs enfants à l'école et attendent le retour de leurs maris des maisons d'étude (guémara Béra'hot 17).
=> Ceci prouve que c'est l'étude de la Torah qui ouvre le droit à la résurrection des morts.

Nul n'est en mesure d'évaluer la récompense de l'étude.
La guémara (Béra'hot 34) souligne : "Tous les prophètes n'ont pu voir que [la récompense de] celui qui marie sa fille à un érudit ... Quant à [la récompense des] érudits proprement dite, aucun œil ne l'a entrevue."

Ainsi, la pérennité du peuple juif depuis sa naissance ne repose que sur l'inspiration et la tutelle des maîtres de la Torah : ce sont eux qui, génération après génération, l'ont enseignée au peuple et lui ont permis de se maintenir au sein de la nation juive.
Par la bienveillance de Hachem, les yéchivot et les cercles d'études n'ont jamais cessé d'exister, multipliant les étudiants de la Torah siècle après siècle, sous l'égide des grands Maîtres."

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+ Le rav Yé'hezkel Avramski (cité dans Pniné Yé'hezkel - p.12) enseigne :

Sachez que vous, élèves de yéchiva, qui étudiez sans relâche, êtes ceux qui contribuent le plus au mérite du peuple juif!
C'est sur vous que le monde repose, c'est vous qui assurez la sécurité de notre nation et vous vous tenez au plus haut rang du peuple d'Israël.

C'est ce qu'a annoncé Moché à la faction de Kora'h : "Assez donc, enfants de Lévi!" (Kora'h 16,7) en tant que membres de la tribu de Lévi, vos privilèges sont plus élevés que quiconque dans la nation juive.
Moché a ajouté : "Est-ce donc peu pour vous que le D. d'Israël vous ait distingués de la communauté d'Israël, en vous admettant auprès de Lui pour faire le service du Michkan?" (v.9).
Autrement dit, pourquoi n'estimez-vous pas votre dignité à sa juste valeur? Pourquoi est-ce donc "peu pour vous"?

Vous aussi, pourquoi avez-vous une si piètre estime de votre rôle?
"Et vous réclamez encore la Kéhouna (sacerdoce)!" (v.10), autrement dit, vous êtes en quête d'autres fonctions et de responsabilités communautaires diverses, alors que le service qui vous a été confié est supérieur à tous les titres et les fonctions au monde! Vous êtes même supérieurs aux Cohanim, puisque la couronne de la Torah surpasse celle de la Kéhouna!

Je vous demande de ne jamais perdre de vue cette réalité."

La Torah est comparée à un élixir de vie …

+ La Torah est comparée à un élixir de vie ...

Hachem dit à Israël : "Mes enfants, J'ai créé le yétser ara et J'ai créé un remède (tavline) : la Torah. Si vous étudiez la Torah, vous ne serez pas soumis au yétser ara ... mais si vous n'étudiez pas la Torah, le yétser ara vous dominera ... de plus, il redoublera d'efforts pour te faire trébucher ... mais si tu veux, tu pourras le vaincre (grâce à la Torah étudiée).

[guémara Kidouchin 30b]

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-> Lorsqu'un homme médite sur la Torah qu'il étudie assidûment, il annule les pensées impures suscitées par son yétser ara qui l'amèneraient à transgresser.
Ainsi la Torah est l'antidote (tavline) du yétser ara.
[Rachi - guémara Baba Batra 16]

-> Le mot "tavline" signifie aussi : épice.
Une épice apprête un mets pour qu'il devienne consommable et lui donne un goût agréable ; de même, l'étude de la Torah vient modérer les profits de ce monde, afin que ces derniers ne l'entraînent pas à transgresser.
Ainsi, ces produits modérés prennent un goût agréable.
[Iyoun Yaakov]

-> De même qu'une épice transforme un mets fade en bon plat, l'étude de la Torah transforme le yétser ara et le rend tov (bien).
['Hida - Péta'h Enaïm]

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-> Le Ben Ich 'Haï enseigne que si la Torah est qualifié de "tavline", c'est pour faire allusion à ces 3 propriétés de la Torah :
- l'étude de la Torah n'est efficace que si on y met tout son cœur.
En effet, le mot תבלין (tavlin) est formé des mêmes lettres que l'expression : yiten lev (mettre son coeur - יתן לב).

- l'étude de la Torah, du début à la fin, conduit à acquérir les 50 portes de sagesse.
Cela est en allusion dans le mot : תבלין par lequel la Torah est surnommée.
En effet, le 1er mot de ; "béréchit" (בראשית) de la Torah commence par la lettre ב et finit par la lettre ת qui sont les 2 premières lettres de תבלין.
De plus, le dernier mot de la Torah : ישראל (Israël) de la Torah commence par la lettre י et se termine par la lettre ל qui sont les 3e et 4e lettres de תבלין.
Enfin, la dernière lettre נ du mot תבלין, de guématria 50, fait allusion aux 50 portes de compréhension de la Torah.

- c'est par le mérite de la Torah que Eliyahou haNavi viendra nous annoncer l'arrivée du machia'h ben David qui amènera la guéoula.
Cela est en allusion dans le fait que Machi'a'h ben David (משיח בן דוד) et Eilyahou (ואליהו) ont une guématria totale de : 434+58 = 492, soit la même guématria que le mot : תבלין soit 492.

Quiconque se consacre uniquement à la Torah, sans pratiquer des actions de bonté (guémilout 'hassadim), est semblable à un homme sans D.

[rav Houna - guémara Avoda Zara 17b]