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Une terre possédant la pureté originelle

+ Une terre possédant la pureté originelle :

-> Le midrach (Béréchit rabba 5,8) cite le verset : "Et Hachem appela la terre sèche : eretz (Terre)" (Béréchit 1,10).
Le midrach demande pourquoi la terre a été appelée eretz? Le midrach répond, de manière quelque peu énigmatique, que c'est parce que la terre voulait réaliser le souhait de son créateur.

-> Le Eitz Yossef explique que le midrach interprète le mot "éretz" (ארץ) comme étant lié à la racine "ratsa" (רצה) qui signifie "un désir, volonté".
Le Maharzou ajoute que le mot éretz est également lié à la racine "ratz" (רץ), qui signifie "courir", ce qui indique que la terre s'est précipitée pour s'étendre, réalisant ainsi le souhait d'Hachem.

-> Le Shem MiShmouel (parachat Chéla'h - année 5675) offre une explication beaucoup plus profonde au midrach ci-dessus. Il affirme que le midrach fait référence à l'époque précédant le péché du Eitz HaDaat (Arbre de la Connaissance).
À ce moment-là, toutes les terres du monde ne demandaient qu'à accomplir la volonté d'Hachem. Après le faute d'Adam HaRichon, cependant, la terre n'était pas complètement pure, le bien et le mal s'y mêlaient.

Néanmoins, la terre d'Israël a conservé sa pureté originelle et a continué à faire la volonté d'Hachem. C'est pourquoi elle est appelée Eretz Israël, ce qui signifie, selon l'interprétation du midrach, la "volonté d'Israël". En pratique, cela signifie que lorsque le peuple juif entre sur la terre d'Israël, sa terre même l'incite à vouloir servir Hachem de tout son cœur.
C'est un cadeau que seul la terre d'Israël peut offrir ; puisque les autres terres contiennent à la fois du bien et du mal, elles n'ont pas le pouvoir de rapprocher une personne du service d'Hachem.

Le Shem MiShmouel ajoute qu'en terre d'Israël, on est naturellement attiré par le service d'Hachem, même sans préparation adéquate. Il suffit de vouloir servir Hachem avec confiance et une foi simple.
Cela est confirmé par le fait que lorsque Hachem a donné la terre d'Israël à Avraham, Il l'a fait uniquement en raison de la simple foi d'Avraham en Hachem, démontrée lorsque Avraham a suivi les instructions d'Hachem de quitter sa patrie et de voyager d'un endroit à l'autre sans savoir quelle serait sa destination finale.

La terre d’Israël – le saviez-vous?

+ La terre d'Israël - le saviez-vous? :

-> L'erreur des juifs à l'époque de Pourim :
A'hachvéroch a organisé un festin ... avec les ustensiles du Temple ... et même si le festin était parfaitement casher, ils n'auraient pas dû y participer ...
Selon le Rif, lorsque le peuple juif est capable de se réjouir et de participer à une fête qui célèbre sa déconnexion avec la terre [d'Israël] du Temple, il ne peut avoir aucun avenir.
C'est pourquoi il a été décrété qu'il serait anéanti.

-> Le Ramban (Vayichla'h 33,18) affirme que la Torah vient nous enseigner que même après que Yaakov se soit séparé d'Essav (suite à leur rencontre) et se soit installé à Souccot, il craignait toujours beaucoup Essav. En effet, le midrach rabba affirme que pendant toute la période où Yaakov a résidé à Souccot, il a continué à envoyer des cadeaux mensuels ou annuels à Essav afin de l'apaiser.
Le Ramban explique que la raison de la peur de Yaakov était qu'il se trouvait encore en dehors d'Israël, Souccot était en dehors des frontières de la terre d'Israël, où Essav avait le dessus.
Ce n'est que lorsqu'il arriva dans la ville de Sékhem, qui se trouvait à l'intérieur des frontières de la terre d'Israël, que Yaakov put enfin se détendre et se sentir en sécurité, persuadé que le mérite de la terre d'Israël le sauverait de son frère.

-> Le Maharal (Déré'h 'Haïm 5,9) souligne que la terre d'Israël "élève" (spirituellement) les juifs.
Il explique que les Avot (Patriarches) n'ont pu atteindre leur statut élevé que grâce au mérite de la terre d'Israël, qui les a "élevés".

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-> Nos Sages (guémara Béra'hot 4a) nous enseignent que lorsque les Bné Israël ont commencé à retourner en terre d'Israël à l'époque d'Ezra HaSofer, il aurait été approprié qu'un miracle similaire à la sortie d'Egypte soit accompli pour eux.
Cependant, en raison de leur faute, cela n'a pas pu se produire.

Le Maharcha (Yoma 9b) explique que la faute est que le peuple juif n'est pas monté en terre d'Israël avec Ezra. Bien qu'un petit groupe ait rejoint Ezra, la majorité de la nation juive est restée en arrière.

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-> À plusieurs reprises dans la guémara, Rabbi Zéra qualifie les habitants de Bavel de "stupides Babyloniens". Il est intéressant de noter que le 'Havot Yair (Shou"t 'Havoy Yair 15:2) explique que la raison de l'utilisation de cette épithète surprenante est son amour pour la terre d'Israël et son dédain pour les personnes qui n'y habitent pas.

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-> La guémara (Talmud Yérouchalmi - Moed Katan 10a) relate deux incidents intéressants qui soulignent la gravité de la décision de quitter la terre d'Israël.
Un certain Cohen se présenta devant Rabbi 'Hanina et lui demanda : "Suis-je autorisé à quitter la terre d'Israël et à me rendre à Tzour pour accomplir la mitsva de yiboum ou de 'halitza?" (Ces mitsvot sont accomplies à la mort d'un frère qui n'a pas laissé de descendance).
Rabbi 'Hanina répondit : "Votre frère a quitté la terre d'Israël et est mort, Béni soit Hachem qui l'a frappé, et vous souhaitez répéter son erreur?"

-> La guémara raconte ensuite une autre histoire. Shimon Bar Ba se présenta devant Rabbi 'Hanina et lui demanda de lui écrire une lettre de recommandation qui lui permettrait de gagner sa vie en dehors de la terre d'Israël.
Rav 'Hanina répondit : "Demain, (c'est-à-dire dans le futur) je mourrai et je serai avec vos ancêtres dans le monde à venir. Ils me diront : "Nous n'avions qu'un seul jeune arbre précieux en terre d'Israël, et vous lui avez donné la permission de partir en dehors d'Israël?".

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-> C'est pour ne pas avoir eu le mérite de résider en Israël que, lors du festin du Léviathan à la fin des temps, Moché refusera de prendre le verre et de réciter la bénédiction, en déclarant : "Je n'ai pas eu le mérite d'entrer en terre d'Israël, ni de mon vivant, ni après ma mort".
[guémara Pessa'him 119b]

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-> "Et j'ai imploré Hachem à ce moment-là en disant" (Vaét'hanan 3,23)

-> Le 'Hatam Sofer (Drashot 'Hatam Sofer - p.224) écrit également que les mots "Hachem chéfataï tifta'h" sont une prière que nous récitons avant la Amida (moment phare de la prière quotidienne), par laquelle nous demandons à Hachem de nous aider à prier correctement.
Il explique cette nécessité en expliquant qu'avant de parler au Roi des Rois, on peut être effrayé et confus, et donc incapable de s'exprimer. On peut être si effrayé qu'on ne peut même plus parler. [en réalisant la grandeur de ce moment, d'être en entretien privé juste en face du Roi des Rois, on en vient à perdre nos mots. ]
C'est pourquoi nous demandons à Hachem d'ouvrir nos lèvres afin de pouvoir nous exprimer, malgré la grande crainte et la terreur que nous ressentons.

Il cite la Haflaah qui dit que c'est le sens du mot "lémor". Le verset rapporte que Moché a demandé à Hachem de pouvoir formuler sa requête, malgré la grande peur qu'il ressentait.

-> Le 'Hatam Sofer se demande ensuite pourquoi Moché n'a eu besoin de formuler une telle requête qu'une seule fois. Il répond que Moché ne priait pas pour pouvoir entrer en terre d'Israël, qui possède une sainteté inimaginable. Moché sentait que cette sainteté dépassait même la sainteté qu'il avait ressentie lors de son ascension au Ciel pendant 40 jours, car la terre d'Israël est encore plus sainte que le Ciel en dehors d'Israël.
Par conséquent, il se sentait incapable d'ouvrir les lèvres pour prononcer sa prière et ainsi il devait implorer l'aide d'Hachem.

[l'idée est incroyable : on croit en apparence que la terre d'Israël est une terre comme une autre. Mais en réalité, lorsqu'on est en terre d'Israël, on est dans un lieu qui est plus saint que le Ciel en dehors d'Israël.
Moché, qui a été au Ciel pendant 40 jours, malgré cela lorsqu'il voyait vraiment la sainteté de la terre d'Israël, il en était si impressionné qu'il en perdait ses mots, et devait prier Hachem : "Hachem chéfataï tifta'h" (Hachem, ouvre mes lèvres!). ]

Joie & terre d’Israël

+ Joie & terre d'Israël :

-> Le Zohar (Bamidbar 118) relève une contradiction dans les versets de Téhilim suivants :
"Servez Hachem avec joie!" (ivdou ét Hachem bésim'ha - Téhilim 100,2).
"Servez Hachem avec crainte!" (ivdou ét Hachem béyira - Téhilim 2,11).
Le Rav Elazar résout cette contradiction en précisant que lorsque les juifs se trouvent en dehors d'Israël, ils doivent servir Hachem avec crainte, mais que lorsqu'ils sont en terre d'Israël, ils doivent Le servir avec joie.

-> "Et ce sera lorsque vous arriverez dans la terre" (véaya ki tavo el aarets - Ki Tavo 26,1)
Le midrash nous dit que le mot "véaya" (et ce sera) implique toujours un sens de réjouissance, de joie.
Le Ohr Ha'Haïm HaKadoch en explique la raison. Il n'est convenable d'être heureux que lorsqu'on est en présence d'Hachem. Un juif ne peut pas être véritablement joyeux lorsqu'il est éloigné d'Hachem, et ainsi ce n'est qu'en terre d'Israël que l'on peut atteindre le vrai bonheur.
[ainsi, le Zohar ne nous demande pas de servir Hachem avec crainte en dehors d'Israël, mais indique qu'en raison de notre éloignement avec Hachem on ne pourra atteindre que de la crainte en comparaison de la joie, du plaisir intense que ressent notre âme d'avoir papa Hachem aussi proche en Israël. ]

-> "Il n'y a pas d'autre joie que le fait d'habiter en terre d'Israël"
[Or ha'Haïm - Ki Tavo 28,47 -> En sim'ha éla bichivat érets Israël ]

-> Le Sfat Emet (parachat Réé 5661) explique d'où vient la joie supplémentaire de la terre d'Israël.
Nous recevons une âme supplémentaire chaque Shabbath (la néchama yétéra). Cela signifie qu'Hachem nous accorde une plus grande part de Sa sainteté.
Cette exposition accrue à la sainteté d'Hachem est la source de la grande joie que nous éprouvons le jour du Shabbath.
En terre d'Israël également, l'âme d'une personne devient plus puissante (on y a complément d'âme), ce qui signifie que la personne qui vit en terre d'Israël mérite l'équivalent d'une âme supplémentaire, non seulement le 7e jour de la semaine, mais aussi tous les autres jours.
La grande joie que l'on peut ressentir le Shabbath est disponible en permanence en terre d'Israël.

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-> Le rosh Yéchiva de la yéchiva 'Hakhmé Lublin, le rav Meir Shapira, cite un exemple de cela avec Yaakov Avinou.
Lorsque Yaakov fut contraint de fuir la terre d'Israël pour 'Haran afin de se réfugier de son frère Essav, qui voulait le tuer, il construisit un autel avant de partir. La Torah nous dit (Vayétsé 28,18) que sur cet autel, il n'offrit que de l'huile à Hachem.
Plus tard, cependant, lorsque Yaakov retourna en terre d'Israël, il construisit à nouveau un autel et apporta une offrande à Hachem. Cette fois, il apporta non seulement de l'huile mais aussi du vin (Vayichla'h 35,14).
Le rav Meir Shapira explique que ce n'est qu'à son retour en terre d'Israël que Yaakov s'est permis de se réjouir, ce qui était symbolisé par l'offrande de vin.

Terre d’Israël = vivre plus longtemps

+ Terre d'Israël = vivre plus longtemps

-> Le rav Shlomo Alkabetz (dans son Brit HaLévi) aborde l'idée erronée selon laquelle la sainteté de la terre d'Israël dépend de l'installation de la nation juive à l'intérieur de ses frontières. Certains pensent que lorsque le peuple juif ne réside plus en terre d'Israël, la Sainteté de la terre cesse également d'exister.
C'est une grave erreur, explique le rav Alkabetz. La sainteté de la terre d'Israël ne dépend de rien ni de personne d'autre.
Au contraire, la terre d'Israël est intrinsèquement sainte, ayant été rendue telle par Hachem Lui-même au tout début de la Création.

-> Le Bat Ayin (début parachar Dévarim) discute également de la sainteté inhérente à la terre d'Israël, en la comparant à la sainteté du Shabbath et du peuple juif.
Il écrit que le Shabbath est le noyau spirituel essentiel de tous les jours de la semaine. Cela signifie qu'Hachem révèle sa Chékhina le Shabbath, qui, à son tour, renforce les autres jours de la semaine.
De même, la terre d'Israël est le noyau essentiel de l'univers tout entier, et c'est là qu'Hachem révèle Sa Chékhina, donnant du pouvoir au reste du monde.
De même, le peuple juif est le noyau essentiel de toutes les nations.
C'est dans le but de ces trois choses : la terre d'Israël, le Shabbath et le peuple juif, que le monde a été créé.

Le Bat Ayin nous enseigne que toute la création repose sur un triple noyau composé du Shabbath, de la terre d'Israël et du peuple juif.
D'autres sources nous disent que les composantes de ce noyau sont renforcées les unes par les autres.
Le Maharal ('Hidouché Aggadot - Kétoubot 112a) cite le verset de la lecture du Shéma : "Afin que vos jours et ceux de vos enfants se prolongent sur la terre qu'Hachem a juré à vos ancêtres de leur donner ..."
Ce verset, souligne-t-il, implique que la bénédiction d'une vie prolongée ne semble s'appliquer que "sur la terre qu'Hachem a juré de donner à vos ancêtres". En dehors d'Israël, il semble que cette assurance n'existe pas.

Le Maharal explique pourquoi la longévité d'un juif dépend de la terre d'Israël.
La terre d'Israël a été créée dans l'intention de servir de lieu de résidence au peuple juif. Elle appartient donc au peuple juif et le peuple juif a un lien intrinsèque avec elle. Lorsqu'un juif ne vit pas en terre d'Israël, il est comme un arbre qui a été déraciné et replanté ailleurs.
Un tel arbre, qui a été arraché à son habitat naturel, ne devrait pas vivre très longtemps.
On peut en dire autant d'un juif en dehors d'Israël. Déraciné de l'endroit auquel il appartient, de l'endroit où il est capable de s'épanouir, ce n'est pas propice à une longue vie.

"Lorsqu'une personne quitte la Terre sainte pour allers en dehors d'Israël, elle peut sentir la différence [spirituelle] entre les deux endroits aussi clairement que la différence entre le jour et la nuit".
[rabbi Mordé'haï Shlomo de Boyan ]

L'air de la terre d'Israël rend sage et purifie l'âme.
[Ohr Ha'haïm hakadoch - sur Kédochim 19,23]

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-> Hachem pleure pour les Bné Israël qui ont été exilés de leur terre, ce qui a entraîné une diminution de l'influence de l'étude de la Torah dans le monde.
['Haguiga 5b ; Zohar Mikets 203a]

En effet, le Ketem Paz (sur Zohar Vaychev 190a) explique que l'étude de la Torah en terre d'Israël déploie une lumière bien plus grande que celle réalisée en dehors d'Israël.
Cela est attesté par Rabbi 'Hiya qui, monté de Babel vers la terre d'Israël, vit son visage rayonner à partir de ce moment.

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-> "L'air de la terre d'Israël rend sage". [guémara Baba Batra 158b ; Zohar Pin'has 248b]

-> De même, selon nos Sages (Kétoubot 75a) : un érudit en Israël équivaut a deux érudits en dehors d'Israël.

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 17,7), la Torah étudiée en terre d'Israël est incomparable, car il
n'est pas de sagesse semblable celle de la terre d'Israël.

-> "Un pays sur lequel veille Hachem ton D., et qui est constamment sous le regard d'Hachem, depuis le commencement de l'année jusqu'à sa fin" (Ekev 11,12).
Rabbi Na'hman de Breslev commente : "le regard divin continuel porté sur la terre sainte est lié à la sagesse comme il est écrit : "Vos yeux s'ouvriront et vous serez comme D." (Béréchit 3,5).
C'est à dire que la terre d'Israël développe l'intelligence."

-> Le fils de Rav Safra avait pris la décision de quitter Babel pour monter en Israël, afin d'y étudier la Torah. Conscient de la supériorité de la sagesse d'Israël, il choisit de s'abstenir de parler pendant deux mois entiers, par crainte des "lions de la Torah" qu'il y rencontrerait. [Zohar - Térouma 168a]

-> Le Zohar ('hadach 36a) dit que l'air de la terre d'Israël est propice à la prophétie.

La terre d'Israël est comparée à la lune, car elle puise sa lumière directement du Maître de l'univers (à la différence des autres terres, qui ont un intermédiaire), tout comme la lune reçoit sa lumière du soleil. [Zohar Michpatim 110a]

Ainsi se comprend l'enseignement de nos Sages : lorsqu'un juif marche quatre coudées en terre d'Israël, il est assuré d'avoir une part au monde futur. [guémara Kétoubot 111a]
En effet, chaque juif étant le réceptacle du 'hessed (bonté) de Hachem, sa simple présence sur la terre d'Israël attire le 'hessed divin et atténue la rigueur de la Présence divine, ce qui lui garantit une part dans le monde à venir. [selon le Zohar Noa'h 73a]

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-> Le Zohar (Vaét'hanan 268a) enseigne que la Présence divine ne peut résider parmi les enfants d'Israël sur terre que par la force de l'étude de la Torah.
[ainsi lorsqu'un juif étudie la Torah sur la terre d'Israël, il multiplie l'abondance de bonté d'Hachem, laquelle irradie ensuite sur le monde entier. ]

Celui qui vit en terre d'Israël durant sa vie méritera de faire descendre la rosée céleste des mondes supérieurs sur la terre.
[rosée céleste = l'abondance divine. selon le Zohar (Béréchit 58b), la présence d'un juif sur la terre d'Israël unit automatiquement le ciel, symbole de l'attribut de bonté ('hessed) d'Hachem, à la Présence divin, qui incarne l'attribut de rigueur matérialisé par la terre. ]
Quiconque prolonge son séjour en terre sainte attire continuellement sur lui un souffle de sainteté.
Celui qui a le mérite d'y rendre son âme verra ses fautes expiées, et son âme s'élèvera, s'attachant aux ailes de la Présence divine.
[Zohar - A'haré Mot 72b]

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-> Il n'y a pas de roua'h ra'a (esprit impur) en Israël ; seul Hachem y règne, même durant les périodes de rigueur.
[Zohar - Noa'h 61a ]

Terre d’Israël & 2 jours de Yom Tov en dehors

+ Terre d'Israël & 2 jours de Yom Tov en dehors :

-> Nos Sages ont enseigné que la durée des fêtes est de deux jours en dehors d'Israël et d'un seul jour en Israël. (guémara Taanit 28 ; Erouvin 10b)

-> "En dehors d'Israël, il faut 2 jours pour ressentir la sainteté et la lumière qui émane de la fête (d'un Yom Tov)."
[Zohar Pin'has 231a ]

-> Le Ben Ich 'Haï (dans son rav Péalim - sod yécharim - siman 6) explique que la sainteté [très élevée] de la terre d'Israël nous permet de faire descendre la lumière reliée à la fête beaucoup plus facilement qu'ailleurs.
Ainsi d'un point de vue purement kabbalistique, nous opérons à une réparation de la pnimiout (intériorité) et de la 'hitsoniout (extériorité) en un seul jour par nos prières, en dehors de Roch Hachana car c'est un jour de jugement. Ceci n'est pas le cas en dehors d'Israël car nous n'avons pas la force durant les jours de fête d'apporter cette double réparation en un seul jour comme en Israël, mais seulement une seule des deux réparations. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de faire un jour de fête supplémentaire.

=> Ainsi, le Ben Ich 'Haï explique qu'en dehors d'Israël, nous n'avons pas la capacité de faire descendre toute l'abondance de la fête en un seul jour.
La terre et l'atmosphère (en dehors d'Israël) sont bien plus opaques, les âmes qui y résident manquent également de pureté.
Même pour ceux qui viennent passer les fêtes en Israël, ils ne restent pas assez longtemps pour pouvoir s'épurer et faire descendre l'abondance des mondes supérieurs de façon optimale.

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-> [Le sage babylonien] Abbayé a dit : L'un d'eux [les juifs de Terre Sainte] est comme deux d'entre nous [les juifs de Babylone].
Rava dit : Et l'un d'entre nous [babylonien], lorsqu'il se rend [en Terre d'Israël], est comme deux d'entre eux.
La guémara cite une preuve de l'affirmation de Rava : Rabbi Yirméya, lorsqu'il était ici, en Babylonie, ne savait même pas ce que les Sages disaient. Il n'était pas considéré comme un érudit important. Mais lorsqu'il est monté en Babylonie, c'est lui, et non les autres Sages de la terre d'Israel, qui nous a traités de Babyloniens sots. De toute évidence, il est devenu encore plus grand qu'eux.
[guémara Kétoubot 75a]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Kétoubot 75a) commente :
La sainteté de la Terre sainte nous permet d'y accomplir deux fois plus de choses qu'ailleurs.
Par exemple, la Torah précise que Shavouot, le début et la fin de Souccot et de Pessa'h sont des yamim tovim d'un seul jour. Les Sages ont toutefois compris que l'atmosphère à l'étranger est moins spirituelle. Ils ont donc ordonné que ces yamim tovim soient prolongés d'un jour à l'étranger pour permettre les rectifications qui, dans la Terre [d'Israël], ne prennent qu'un jour.
Puisque les habitants d'Israël peuvent terminer les rectifications en un jour, le sage babylonien Abbayé a conclu qu'"un seul d'entre eux est comme deux d'entre nous".
[selon le Zohar (Pin'has 231a): "En dehors d'Israël, il faut 2 jours pour ressentir la kédoucha et la lumière qui émane de la fête (d'un Yom Tov)." ]

Rabbi Yirmiya, qui était moins compétent qu'Abbayé et Rava, disons qu'il était la moitié d'eux, quitta Babylone pour la Terre [d'Israël]. Là, il devint deux fois plus intelligent qu'eux, c'est pourquoi il les appelait : "Babyloniens sots" (בַּבְלָאֵי טַפְשָׁאֵי).
Il s'ensuit qu'un érudit en Torah qui se rend en Terre sainte deviendra quatre fois plus sage qu'il ne l'était auparavant.

C'est ce que laisse entendre la supplication de Moché : "Laisse-moi passer, je te prie, et voir le bon pays" (Vaét'hanan 3,25).
Le mot "éébra" (אֶעְבְּרָה - laisse-moi passer) a les mêmes lettres que "arbaa" (ארבעה - quatre).
Moché disait : "Je serai quatre [fois ce que je suis maintenant] si j'entre dans la bonne Terre [d'Israël]".

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=> Ainsi, lorsqu'on fait 2 jours de Yom Tov en dehors d'Israël, cela doit nous pousser à réaliser que cela s'applique pour toutes les autres mitsvot, pour l'étude de la Torah. Même si nous avons tout ce qu'il faut pour être heureux là où l'on est (ex: de la sécurité, des commerces cashers, des synagogues dynamiques, ...), en réalité il manque le mérite de se trouver en terre d'Israël qui nous apporte de la sainteté et de la proximité avec Hachem.
Est-ce que nous sommes satisfaits d'une telle situation où la lumière d'Hachem peut moins se faire ressentir? Est-ce que nous préférons notre confort en galout, notre train-train quotidien, à pouvoir être infiniment plus proches de papa Hachem?
Ainsi, à défaut de pouvoir aller vivre en Israël, cela doit nous pousser à au moins désirer sincèrement pouvoir résider dans le meilleur endroit pour l'épanouissement spirituel d'un juif : la terre d'Israël.
Nous devons aimer et aspirer à Israël, dont rien ne peut être mis en comparaison tellement elle est élevée et aimée d'Hachem.

"C'est l'âme qui donne vie à tout chose, et l'âme de l'univers entier est la terre d'Israël".
[rav Israël de Rouzhin ]