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"Yaakov dit en les voyant : "Ceci est la légion de Hachem!" Et il appela cet endroit : Ma'hanayim" (Vayétsé 32,3)

-> Les voyant arrivés au loin, Yaakov rassura ses gens et dit : "Ce ne sont pas les troupes d'Essav ou de Lavan qui viennent nous attaquer. Ce sont les camps (ma'hanayim) des anges que D. envoie pour nous protéger de nos ennemis.

Au début de la paracha, Yaakov a quitté 'Hebron, et la ville avait ressenti son départ comme une immense perte. Maintenant qu'il était de retour, les anges étaient extrêmement heureux. En effet, 600 000 anges vinrent l'accompagner lorsqu'il revint en terre d'Israël.

De plus, chaque fois qu'un individu accomplit une bonne action, un ange est créé.
Yaakov avait donc sa propre suite d'anges le protégeant de tout danger.

Quand il revint chez ses parents, D. l'honora en lui envoyant des cieux une autre escorte d'anges.
Quand Yaakov les vit, il dit : "C'est là le camp de Hachem. Ces anges ont été envoyés par D., et ce ne sont pas ceux créés par mes bonnes actions."
Ainsi, il nomma l'endroit : "ma'hanayim" (les 2 camps) = il y avait les anges créés par ces bonnes actions, et également ceux envoyés par D.

[Méam Loez - Vayétsé 32,3]

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-> "Yaakov dit en les voyant : "Ceci est la légion de Hachem!" Et il appela cet endroit Ma'hanayim" (Vayétsé 32,3)

"Yaakov dit en les voyant" = vayomer Yaakov kaacher ra'am (וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב כַּאֲשֶׁר רָאָם).
Les initiales de ces mots forment : "véyakiram" (il les a reconnus), pour dire que Yaakov a reconnu que c’étaient les mêmes anges qu’il avait vus dans son rêve et qui montaient et descendaient de l’échelle.
- "Raam" (רָאָם) est un acrostiche de "Raphaël, Ouriel, Mikhaël".
- "Ma'hanayim" (מַחֲנָיִם) est un acrostiche de "Méotam ‘hayalim natal Yaakov malakhim" (de ces guerriers Yaakov a pris des anges).
[Ahavat ‘Haïm]

Il lui dit : "Va je te prie, vois comment vont tes frères et comment va le troupeau" (Vayétsé 37,14)

-> Selon le midrach (Tan'houma Yachan Vayéchév 13), la raison pour laquelle Yaakov a demandé comment allait le troupeau était parce qu'il profitait du troupeau, de son lait et de ses pelages de laines.

=> On apprend de là l'importance d'être reconnaissant envers toute créature, pas seulement envers un homme qui nous a rendu service, mais aussi envers les animaux,et même les plantes.

[par nature, l'être humain n'aime pas être redevable d'autrui, alors il est facile de trouver des excuses pour annuler, amoindrir, cette dette de gratitude envers l'autre.
C'est pour cela que même envers le minéral (ex: cf. l'expression de ne pas jeter de pierre dans un puits qui nous a permit de boire!), le végétal, l'animal et à plus forte raison l'humain, nous devons sans cesse reconnaître et apprécier ce qu'ils nous apportent.
Rien n'est naturel, rien ne va de soit!
Plus nous nous habituons à l'apprécier, plus cela fait partie de notre nature, et le plus notre vie devient belle, puisque l'on se rend compte d'à quel point Hachem amène constamment sur nous de belles choses!
De plus en se focalisant sur le bien qu'il nous arrive dans la vie, les mauvais choses qu'on croit nous arriver deviennent alors minimes en comparaison.
Nous n'avons plus le temps de se dire à quel point nos malheurs sont grands, mais au contraire à quel point nos bonheurs sont grands! ]

"Tout ce que Tu me donneras, je T'en prélèverai le dixième" (Vayétsé 28,22)

-> Rabbi Moché Sternbuch (Taam vaDaat) fait remarquer que le devoir de prélever le maasser ne s'applique pas seulement à l'argent, mais à tout ce que Hachem donne à l'homme.
Ainsi, même la sagesse qu'Il donne, il faut en prélever le maasser, et en récompense on reçoit la bénédiction et la réussite.

-> Rabbi Moché Feinstein souligne qu’il convient de prélever la dîme non seulement sur les biens qu’on possède mais également sur le temps dont on dispose afin de le consacrer à de nobles causes.

-> Le rabbi Shimon Schkop enseigne : "De même que prélever le maasser de l'argent est un moyen de s'enrichir en s'élevant dans la spiritualité, quand il s'agit des dons et de la connaissance, si on en prélève le maasser, on s'enrichira plusieurs fois en spiritualité."

[on est obligé de donner de sa sagesse, et on n'y perdra jamais, au contraire!]

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-> Le Nétivot Shalom dit qu'on doit prendre le maasser non seulement de son argent et de ses gains, mais également de tout ce dont on jouit en ce monde, de la plus petite mesure de plaisir, on est obligé d'en offrir le dixième à Hachem, c'est-à-dire de sanctifier son plaisir et d'en élever une odeur agréable à D.

[donner le maasser est similaire au fait de compter son troupeau d'animaux, et à chaque dizaine, nous mettons l'animal de côté pour Hachem. En agissant ainsi, on se rend compte d'à quel point D. nous comble du meilleur, ne reprenant que le 10e (nous laissant donc 90%! Quelle super affaire!!).
De même, dans la vie nous devons convertir une partie de nos satisfactions, en joie envers Hachem, le remerciant d'autant nous combler. En effet, D. n'a besoin de rien, et notre gratitude (merci! J'apprécie ce que tu me fais!) est un magnifique cadeau (notre maasser) que nous pouvons lui retourner!]

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-> "Tout ce que Tu me donneras, je le dîmerai (j'en donnerai la dîme) pour Toi"
La Torah vient nous enseigner que le véritable gain et la vraie possession d'un homme ce n'est pas l'argent qu'il a entre les mains, mais c'est l'argent qu'il a donné à la tsédaka.
De la sorte : "Tout ce que Tu me donneras" = tout ce qui sera vraiment à moi, c'est que ce que "je dîmerai pour Toi".
Tous les autres biens et tout l'argent que je n'aurai pas investi à la dîme et à la charité, n'est pas vraiment moi, malgré les apparences.
[Kométs haMin'ha]

"Yaakov embrassa Ra'hel ... Ra'hel avait de beaux traits et un beau teint, et Yaakov aima Ra'hel" (Vayétsé 29,11-18)

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) nous explique :
C'est tout à fait étonnant. Yaakov était le Patriarche suprême [midrach Béréchit rabba 76:1], au sujet duquel la Torah témoigne : "Yaakov était un homme pur" (Toldot 25,27), une personne qui observait la Torah dans son intégralité (comme il l'a déclaré : "Avec Lavan j'ai habité (garti - signifiant que même en vivant avec Lavan le racha, j'ai observé les 613 [tariag] commandements)".
Comment est-il possible, alors, qu'l prenne note de la beauté physique (cf. notre verset)? Au cotnraire, un tsadik se comporte à l'opposé, en accord avec le verset : "le charme est faux et la beauté est futile ; une femme qui craint D. doit être louée" (Michlé 31,30).

Or, j'ai entendu une explication de mon maître, le Maggid de Mézéritch, comme suit :
Yaakov a servi D. principalement par l'attribut de la beauté (tiféret). Si un objet contenait une belle étincelle, même si le récipient lui-même était matériel et grossier, Yaakov élevait cette belle étincelle et la restituait à sa source.
C'est ainsi qu'il servait D., et c'est pour cette raison que Yaakov a embrassé Ra'hel.
Le verset : "Ra'hel avait de beaux traits et un beau teint, et Yaakov aima Ra'hel" signifie que Yaakov a discerné qu'il y avait en elle une belle étincelle, et il l'a élevée, la ramenant à sa source divine, à la source céleste, et c'est ainsi qu'il a servi D.

C'est l'intention du verset : "Yossef s'enfuit et sortit" (Vayéchev 39,12). On sait que cette personne racha, la femme de Potiphar, s'est parée de ses plus beaux atours devant le juste Yossef. Comme le disent nos Sages (guémara Yoma 35b), les vêtements qu'elle portait le matin, elle ne les portait plus le soir.
C'est donc ce que signifie le verset lorsqu'il dit que Yossef s'est précipité à l'extérieur. Yossef a extirpé la belle étincelle inhérente à la femme de Potiphar de l'emprise des forces extérieures, l'a amenée dans le domaine de la sainteté, l'a élevée et l'a rétablie en haut, et a ainsi servi D.

Or, on sait (Zohar I:246b) que Yossef en général servait D. avec un type d'attribut différent, mais à ce moment précis, il servait D. avec l'attribut de la beauté (tiféret), comme cela a été expliqué plus haut en référence à Yaakov.
Comme on le sait, lorsqu'une personne juste sert D. avec un attribut particulier, elle mérite de voir une vision d'une autre personne juste (tsadik) qui a servi D. avec cette même qualité. C'est pourquoi nos Sages (guémara Sotah 36b) disent : "Yossef a vu l'image de son père".

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=> Yaakov voyait la beauté intérieure des gens et élevait ainsi leur étincelle intérieure vers Dieu.

"Ne te réjouis pas mon ennemi, car si je suis tombé, je me lève, si je suis assis dans les ténèbres Hachem est une lumière pour moi" (Mikha 7,8)

-> Le midrach (Téhilim 22) explique que l'un mène à l'autre : si je n'étais pas tombé alors je n'aurais pas pu m'élever, et si je n'avais pas été assis dans l'obscurité alors je n'aurais pas pu bénéficier de la grande lumière de Hachem.

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2,5) écrit qu'une personne qui a une solide émouna en Hachem, doit avoir conscience que dans ses moments les plus difficiles, l'obscurité qui est sur elle va lui permettre d'atteindre la plus grande lumière possible.
Ceci fait partie des plans Divin qui échappent à notre compréhension (nous ne sommes pas D.!).

[chez les juifs une journée commence le soir. En effet, pour un juif une période d'obscurité est le chemin nécessaire pour atteindre la plus grande des illuminations (le plein jour!)
A l'image d'une plante qui doit être dans la terre (souvent noire) pour pouvoir s'épanouir au grand jour.]

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-> [Hachem dit à Yaakov: ] "Ta descendance sera comme la poussière de la terre ; et tu déborderas, à l’ouest et à l’est, au nord et au sud ; et toutes les familles de la terre seront bénies par toi et par ta prospérité." (Vayétsé, 28,13-14)

-> Lorsque Yaakov se met en route et quitte la terre d’Israël pour l’exil, long et démoralisant, Hachem lui apparaît et le rassure quant à l’avenir de ses descendants. Cette promesse, prise au sens simple, signifie que le peuple juif sera aussi nombreux que la poussière de la terre, et s’étendra donc sur tout le pays d’Israël.
Le "problème" de cette interprétation est la comparaison du peuple juif à la poussière que l’on piétine et qui n’est donc pas la substance la plus respectable et respectée.
=> Si la Torah veut faire allusion à la grandeur future que connaîtra le peuple juif, pourquoi ne pas employer une métaphore plus positive (les étoiles par exemple, comme ce fut le cas lors de la promesse d’Hachem à Avraham)?

Le Sforno explique que la Torah utilisa délibérément le terme "poussière", pour évoquer l’époque où le peuple juif atteindra le niveau le plus bas aux yeux des autres nations ; alors, seulement, le peuple juif "débordera" sur la terre d’Israël.

Il ajoute que la Délivrance Finale n’aura lieu que lorsque les Juifs seront perçus comme des "moins que rien" par les non-juifs.
Cette idée est exprimée dans la guemara (Sanhédrin 98a) qui affirme : "Si tu vois une génération où les souffrances débordent comme une rivière, alors garde espoir, comme dit le prophète Isaïe : "Quand cela deviendra comme un fleuve étroit… Le Rédempteur viendra à Tsion" (Yéchayahou chap.59)".
La guémara nous apprend que le Machia’h ne viendra qu’à la suite de terribles épreuves, quand les choses ne pourront plus empirer.

[ainsi plutôt que de désespérer de notre dure situation, on doit au contraire se réjouir que c'est le signe de notre Délivrance imminente! ]

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2018/12/08/7616

"Il [Yaakov] eut un songe que voici : une échelle était dressée sur la terre, son sommet atteignit le ciel et des messagers divins montaient et descendaient le long de cette échelle" (Vayétsé 28,12)

-> Le Ahavat Shalom (rabbi Ména'hem Mendel de Kossov) de commenter :

Nous sommes tous engagés dans une lutte permanente contre le yétser ara, notre inclinaison au mal.
Parfois, le yétser ara utilise l'humilité comme instrument pour nous détourner de D., essayant de nous persuader qu'à cause de notre nature physique grossière, nous sommes incapables d'atteindre la sainteté.
Alors, nous pouvons signaler fièrement au yétser ara que nous possédons une âme qui est une étincelle Divine. Elle nous permet d'atteindre les plus hauts sommets de la sainteté.

Mais de nouveau, le yétser ara nous gonfle parfois d'orgueil, nous faisant croire que nous sommes un saint parfait. Nous répondons alors en étant conscient de notre nature terrestre inférieure.

=> C'est ce processus sans fin d'alternance entre orgueil et humilité qui est symbolisé par l'échelle.
- Lorsque le yétser ara nous dit que comme l'échelle ("dressée sur la terre") : nous nous tenons sur le sol, nous lui répondons que : "son sommet atteignait le ciel".
- Lorsque le yétser ara veut que nous croyions que nous avons atteint les cieux, alors nous controns en disant : "au contraire, comme l'échelle de Yaakov, je me tiens sur le sol!"

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+ "Yaakov s'éveilla de son sommeil et dit : il y a bien Hachem en ce lieu, et je ne savais pas" (Vayétsé 28,16)

-> Que signifie : "Il y a Hachem en ce lieu?"
Cela résulte de : "je ne savais pas", par lequel Yaakov annule sa personnalité, en se rabaissant, car la Présence Divine ne repose que sur celui dont l'esprit est humble.
[Tiférét Chlomo]

[si tu veux que Hachem réside en toi, alors laisse lui de la place, en ne t'enorgueillant pas d'être tout ou bien d'être un moins que rien. Il faut simplement être conscient et fier de ses capacités/qualités, tout en ayant conscience qu'à chaque instant elles nous sont confiées comme cadeau par D., et ce pour que nous en fassions le meilleur usage.]

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-> b'h, citations de nos Sages sur l'humilité : https://todahm.com/2018/12/25/lhumilite-quelques-citations-de-nos-sages
-> b'h, citations de nos Sages sur l'orgueil https://todahm.com/2018/12/25/lorgueil-quelques-citations-de-nos-sages

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+ "Yaakov s'éveilla de son sommeil et il dit (vayikats Yaakov michénato vayomer - וַיִּיקַץ יַעֲקֹב מִשְּׁנָתוֹ וַיֹּאמֶר) : il y a bien Hachem en ce lieu, et je ne savais pas"

Les lettres finales de ces mots forment : "tsibour" (public, communauté - צבור), c'et-à-dire que dans il y a une communauté (au moins 10 personnes, un minyan) alors "il y a Hachem en ce lieu", car "Hachem se tient dans l'assemblée Divine" (Téhilim 82,1), et leur prière est [forcément] acceptée.
Mais "moi" = s'il y a une seule personne, "je ne savais pas" = l'homme ne peut pas être sûr que sa prière soit acceptée [car cela dépend du fait d'avoir des mérites suffisants, et d'une perfection dans la récitation de la prière du début à la fin].
[Afiké Torah ; Baal haTourim]

-> Le Mégalé Amoukot ajoute que צבור a la même guématria que : רחמים (ra'hamim - la miséricorde).
En effet, lorsque nous prions avec un minyan cela éveille la miséricorde d'Hachem, et cela permet à nos prières d'être exaucées.

-> b'h, au sujet du fait de prier avec la communauté : https://todahm.com/2016/12/27/prier-avec-la-communaute

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+ "Yaakov s'éveilla de son sommeil" 

-> Nos Sages (midrach Béréchit rabba 69,7) interprètent ainsi :
Rabbi Yo'hanan a dit qu'il ne faut pas lire : "michnato" (de son sommeil - מִשְּׁנָתוֹ), mais "mi-michnato" (de son étude).

Yaakov qui était le pilier de la Torah, passa toute son existence à servir D., et même lorsqu'il s'arrêtait d'étudier pour assumer ses besoins matériels, son âme restait complètement attachée au Créateur et à la Torah.
Quand il mangeait, c'était pour donner des forces à son corps, de sorte à pouvoir accomplir son service Divin.
Ainsi, il ne dormait pas pour le plaisir, mais pour reprendre des forces afin de continuer à étudier avec davantage de vigueur.
=> Toutes ces actions faisaient pour lui partie intégrante de son étude. C'est pourquoi lorsqu'il se réveilla de son sommeil, c'était comme s'il se réveillait de son étude.
[issu d'un cours du rabbi David Pinto]

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-> Yaakov a rêvé d'une échelle se tenant au sol et atteignant le ciel (Vayétsé 28,12).
Lorsqu'on vit une vie de divinité, on produit de la Torah même lorsque l'on dort.
[rabbi Barou'h de Médziboz]

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-> "Yaakov s'éveilla de son sommeil et dit : il y a bien Hachem en ce lieu, et je ne savais pas"

Yaakov a eu un rêve prophétique avec une révélation extraordinaire, où Hachem va lui promettre la protection, des bénédictions, des enfants, ...
Cependant si Yaakov avait su la sainteté de cet endroit (lieu futur du Temple), il n'y aurait pas dormi.
Le Sfat Emet dit que cela nous enseigne que la crainte d'Hachem (yirat chamayim) est plus importante que tout.
En effet, Yaakov était prêt à renoncer à une sublime révélation Divine et aux bénédictions (pour lui et sa descendance : tous les juifs de l'histoire). En effet, aucun gain ne peut justifier le fait de faire quelque chose d'interdit par Hachem.

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-> Rabbi Nissm Yaguen (Nétivé Or) commente également en ce sens :
Yaakov s'approchait des 80 ans ... il s'allonge et s'endort, et voilà que Hachem se dévoile à lui en disant : "Je suis Hachem, le D. d'Avraham ton père et d'Its'hak ; cette terre sur laquelle tu reposes, Je te la donne à toi et à ta postérité. Elle sera, ta postérité, comme la poussière de la terre ; et tu déborderas au couchant et au levant, au nord et au midi ; et toutes les familles de la terre seront heureuses par toi et par ta postérité. Oui, Je suis avec toi ; Je veillerai sur chacun de tes pas et Je te ramènerai dans cette contrée, car Je ne veux point t'abandonner avant d'avoir accompli ce que Je t'ai promis" (Vayétsé 28,13-15).
Des nouvelles tellement merveilleuses et joyeuses! Exactement ce qu'il espérait, après avoir investi toutes ses forces dans le service Divin, lors de son départ pour l'inconnu.

On aurait pu attendre de Yaakov qu'il respire à plein poumon, qu'il se réjouisse et qu'il ait un merveilleux moral.
Mais non, plutôt : Assurément, Hachem est présent en ce lieu et moi je l'ignorais" (v.16), et saisi de crainte, il ajouta : "Que ce lieu est redoutable" (v.17).

Si on nous avait annoncés de telles nouvelles, on aurait été dans un état de joie indescriptible. Mais Yaakov ne prête pas attention aux promesses à son profit, il n'est pas joyeux pour tout le bien promis, la seule chose qui l'intéresse : gare à moi, je me suis endormi dans la maison d'Hachem ...

La crainte des Cieux ressemble à cela : avoir peur d'Hachem à chaque instant, peut-être je ne me conduis pas convenablement, peut-être pas comme il fallait, ressentir une grande honte du fait du doute d'une faute minuscule. Ceci est la vraie crainte d'Hachem (yir'at Hachem), et cette crainte est en mesure de renforcer l'homme dans toutes les situations.

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-> "Yaakov s'éveilla de son sommeil et dit : il y a bien Hachem en ce lieu, et je ne savais pas" (v.28,16)

Rachi (v.11) rapporte que pendant 14 années à la maison d'étude d'Ever, il n'a pas dormi la nuit, puisqu'il étudiait non stop.
Le rabbi Yéhochoua de Belz explique que pendant ce premier sommeil en 14 ans, Yaakov a découvert les hauts niveaux de vision prophétique que l'on peut atteindre durant notre sommeil.
[selon la guémara (Béra'hot 57b) : "un rêve à 1/60e de la prophétie"]
Néanmoins, il a dit (v.17) : "én zé ki im bét Elohim" (אֵין זֶה כִּי אִם בֵּית אֱלֹהִים) = ce n'est pas ce que Hachem veut.
En effet, Hachem désire notre travail, nos efforts, et non pas que nous soyons des endormis de la vie. [anesthésiés par notre yétser ara!]
[à notre niveau c'est une mitsva de dormir pour avoir les forces de faire la volonté de D., néanmoins l'idée est qu'Hachem aurait pu nous mettre dans notre tête toute la Torah, mais ce qu'Il veut c'est que nous peinons pour l'acquérir.]

-> "Des messagers divins [des anges] montaient et descendaient le long de cette échelle" (Vayétsé 28,12)
Selon le midrach : les anges dansaient (montaient et descendaient dans une danse) sur Yaakov, car ils étaient si heureux de lui.
Le 'Hidouché haRim commente : "si un juif savait les hauteurs que son service Divin (avodat Hachem) atteint, il ne raterait aucune occasion de faire une bonne action."

=> Nous devons avoir conscience qu'il en est de même pour chaque juif : les anges se réjouissent à chaque fois que nous faisons des bonnes actions, et c'est nous qui n'en n'avons pas conscience.
Si nous en avions conscience de cela, nous prendrions alors davantage la mesure de ce qui nous apparaît comme une simple action et qui est en réalité quelque chose aux conséquences énormes et infinies (une mitsva impacte positivement les mondes supérieurs & inférieurs, et nous octroie une récompense infinie en quantité et en durée), et cela nous pousserait à courir après chaque opportunité d'en réaliser une.
[on comprend que Yaakov qui avait conscience de cela, a pu se dire : ce n'est pas ce que Hachem veut = je ne peux pas rester à rien faire, il faut courir de mitsva en mitsva!]

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-> Le rabbi Mendel de Kotzk enseigne :
Lorsque Hachem amène une néchama (âme) dans ce monde, Il l'envoie par le biais d'une longue échelle qui va du Ciel à la terre.
Après que l'âme atteint la terre, Hachem reprend l'échelle et dit : "Maintenant grimpe de nouveau par toi-même"
[à l'image d'un parent qui dit plein d'amour à son fils apprenant à marcher : "Maintenant viens vers moi!"]

L'homme s'interroge alors sur comment peut-il grimper vers le ciel sans échelle?
Certaines âmes abandonnent. Certaines âmes sautent vers le ciel, puis retombent au sol, et alors elles abandonnent.
D'autres, sautent encore et encore, jusqu'à ce que Hachem a de la miséricorde et les amènent jusqu'au ciel.
En effet, lorsqu'une personne essaie, alors Hachem l'aide.

-> Le rabbi Mendel de Kotzk dit également :
Quand on se tient sur une échelle, on prend soin de vérifier, avant de continuer à monter, que l'on ne risque pas de tomber.
Eh bien c'est ainsi que l'on doit se conduire dans le service de D. : on doit gravir progressivement échelon après échelon.

[cela implique de connaître sa place sur l'échelle de la vie et nos capacités d'évolution. Dans tous les cas, on doit être content de ce que l'on a (que l'on soit haut ou bas sur l'échelle, car on est là où D. nous a placé pour réaliser notre vie), et agir du mieux que nous pouvons, sur la durée, pas à pas, vers papa Hachem!
Au final, on nous jugera personnellement : combien d'échelons as-tu pu monter sur le nombre total que tu aurais potentiellement pu faire?]

[le yétser ara parfois va nous pousser à faire un énorme bon spirituel, mais qui va ensuite nous conduire à être peu efficace. Il nous donne un grand gain immédiat, pour que sur la durée on obtienne moins que ce qu'on aurait pu avoir en agissant avec constance.
Par exemple, il va nous pousser à se coucher tard pour étudier, mais ensuite on va être fatigué et faire une prière bâclée, moins bien étudier, ...

Le Baal Chem Tov enseigne : "Quand le mauvais penchant échoue à pousser un homme au péché, il le convainc de se livrer à des jeûnes et à des mortifications. Il veut ainsi l'affaiblir et réduire ses forces au point de l'empêcher de servir D. comme il convient". ]

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-> "Certainement, Hachem est présent dans cette endroit et je ne le savais pas" (Vayétsé 28,16)

Rachi explique que ce que voulait dire Yaakov c'était que s'il avait su que cet endroit était saint et bénéficiait de la Présence Divine, alors il ne se serait jamais permis d'y dormir du fait de sa sainteté. Dans cette vision prophétique qui se révéla cette nuit-là à Yaakov, Hachem lui montra tout le devenir du peuple Juif au long de son histoire. De plus, Hachem lui fit de merveilleuses promesses. Et malgré toute cette vision si élevée qu'il vécut, Yaakov s'inquiéta et se demanda si le fait d'y avoir dormi n'était pas une faute et un manque de respect vis à vis de la sainteté de cet endroit.

-> Le Baal Chem Tov fait remarquer que cette attitude de Yaakov nous apprend comment réagir lorsque l'on accède à des perceptions spirituelles ou des ressentis dans le service d'Hachem que nous ignorions jusque là. L'homme pourrait, face à une telle élévation d'âme en ressentir une satisfaction et une fierté, se sentant plus élevé que le commun des mortels qui n'ont pas eu le mérite d'un tel dévoilement. Mais ce n'est pas ainsi que Yaakov a réagi. Au moment où il vécut cette élévation d'âme, il se mit aussitôt à réfléchir sur lui-même, à se remettre en question et se demander s'il était vraiment apte à une telle grandeur, s'il n'a pas commis d'erreur qui serait en contradiction avec ce dévoilement Divin. Et immédiatement, il se reprocha d'avoir dormi dans ce lieu sacré.

C'est ainsi qu'un Juif doit réagir quand il ressent une proximité particulière avec Hachem, quand il sent une élévation d'âme et un élan de spiritualité le portant vers de plus hautes perceptions que d'ordinaire. Il ne doit surtout pas s'en enorgueillir, se sentant plus digne et plus méritant que les gens "simples".
Au contraire, toute proximité supplémentaire avec Hachem doit faire accéder à plus d'humilité et une plus grande remise en question, s'interrogeant sur son mérite et se demandant si son comportement est suffisamment correct et raffiné pour mériter cette élévation. Et dans le cas échéant, on doit s'efforcer de s'améliorer et de corriger encore plus ses erreurs et ses défauts pour pouvoir être digne de cette plus grande proximité avec Hachem.

Telle est la grandeur du peuple juif par rapport aux autres nations. Quand ils s'élèvent et sentent la Bienveillance d'Hachem, ils savent se faire plus petits et se travailler pour être à la hauteur de ce rapprochement d'Hachem. Plus on grandit, plus on se rapproche d'Hachem, plus on s'élève vers des niveaux spirituels, et plus on doit se repentir, se remettre en question, et se sentir plus petit devant cette Bonté Divine Qui se dévoile à soi.

"Tu ne me donneras rien" (Vayétsé 30,31)

-> Lavan a voulu fixé un salaire constant et établi à l'avance, et Yaakov lui a expliqué : Tu ne me donneras rien, parce que si le salaire est fixé à l'avance et assuré, je risque de me détourner de ma confiance en Hachem.
Je veux recevoir ma subsistance directement des mains de D., en fonction de ce qu'Il suscitera, des [bêtes] mouchetées ou des tachetées dans les naissances du troupeau.
Je ne veux pas un sou qui me soit promis à l'avance, ainsi j'aurai sans cesse les yeux tournés vers Lui, et Il me donnera ma nourriture en son temps.
En ce sens : "Tu ne me donneras rien" = Je ne voudrais certainement pas avoir un salaire fixe.

[rabbi David Kim'hi]

"Yaakov s'unit pareillement à Ra'hel et aima Ra'hel plus que Léa, et il servit encore Lavan 7 autres années" (Vayétsé 29,30)

-> Le rabbi Moché Leib de Sassov ('Hidouché Remal) enseigne :
Un juif doit toujours être joyeux, c'est un principe fondamental, comme il est écrit : "Adorez Hachem avec joie" (Téhilim 100,2).
La joie est une manifestation d'amour [de D.], c'est le plus haut niveau spirituel atteignable, plus élevé même que pleurer.

Bien sûr, les pleurs peuvent ouvrir les portes du Ciel, les Portes des Larmes, mais la joie peut briser toutes les portes et les murs.
Or, il est bien connu que Léa pleurait beaucoup. Elle était triste et craintive, pensant que puisque Ra'hel était mariée à Yaakov, elle devrait se marier à Essav.
C'est pour cette raison que Yaakov aimait plus Ra'hél que Léa.

[c'est une grande leçon pour nous : la joie de Ra'hél a eu bien davantage d'impacts que la tristesse (larmes) de Léa, au point que Yaakov : "aima Ra'hel plus que Léa, et il servit encore Lavant 7 autres années".]

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-> "Il (Yaakov) aima encore plus Ra'hel que Léa" (Vayétsé 29,30)

-> Littéralement, le verset dit : "Il aima encore plus Ra'hel de Léa".
=> Mais qu'est-ce que cela signifie-t-il?

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique :
En fait, au départ Yaakov voulut épouser Ra'hel. Craignant que Lavan ne tente de le ruser, il donna à Ra'hel des signes pour être sûr que ce sera elle que Lavan lui présentera. Mais comme Lavan introduisit finalement Léa, Ra'hel redouta la honte que ressentira Léa qui ne connaîtra pas ces signes et elle les lui dévoila.
C'est donc ce don de soi de Ra'hel qui permit à Léa de se marier à Yaakov sans que celui-ci ne s'en rende compte.
Mais loin d'en vouloir à Ra'hel pour cette "tromperie", Yaakov l'aima encore plus en voyant ses qualités exceptionnelles.

Cela est en allusion dans ce verset : "Il aima encore plus Ra'hel de Léa" = c'est-à-dire que "de Léa", du fait qu'il a épousé Léa, ce qui ne fut possible que par la grandeur d'âme de Ra'hel, de cela il aima encore plus Ra'hel.

"Ra'hel avait pris les térafim (sorte d’idole), les avait placés dans la selle du chameau et s'était assise dessus" (Vayétsé 31,34)

On peut se demander pourquoi Ra'hel s'assit-elle sur les idoles. N'y avait-il pas d’autre solution pour les dissimuler?

En fait, les idoles ont une certaine force provenant du mal, et c'est ainsi que Lavan pouvait connaître des informations cachées grâce à ses térafim.

Cependant Ra'hel voulait neutraliser leur pouvoir, et c'est pourquoi elle s’assit dessus. Par cela, elle les humilia et les méprisa, puisque c'est très dégradant de s’asseoir sur quelque chose.

Or, toutes les forces obscures n'ont d’existence que si on leur accorde de l’importance. Dès lors qu’on les méprise, toutes leurs forces disparaissent.

Ainsi, quand on place sa confiance uniquement sur Hachem et qu’on méprise le mal, automatiquement les forces du mal disparaissent. Telle était l’intention de Ra’hel en s’asseyant sur ces idoles.

[le Zohar]

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-> Lavan savait comment utiliser ces idoles [pour obtenir des pouvoirs extrasensoriels]. Ra'hél les lui vola afin qu'il ne puisse découvrir leur destination. [Méam Loez - Vayétsé 31,19]

-> D'après une opinion (Zohar - Vayichla'h), Lavan ne poursuivit pas Yaakov pour le combattre physiquement. Yaakov disposait de plus d'hommes que Lavan. Ce dernier désirait tuer Yaakov par des paroles : à l'aide d'incantations magiques ...
Lavan voulait "déraciner" Yaakov de ce monde en usant de la sorcellerie.
[Méam Loez - Vayétsé 31,24]

-> Selon le midrach (Béréchit rabba), Lavan força Ra'hél à se lever afin de fouiller l'endroit où elle était assise. Miraculeusement, les térafim se transformèrent en petites cruches, il ne trouva donc pas ce qu'il cherchait.

Ra'hél dit à Lavan : "Ne sois pas offensé, mon seigneur, si je ne puis me lever devant toi à cause de l'incommodité habituelle des femmes".
A l'époque, on croyait que l'écoulement menstruel était extrêmement dangereux. Même converser avec une femme nidda était interdit, ils pensaient que son souffle était impur. La nourriture préparée par une femme nidda était également considérée comme nocive.
Ainsi, le Ramban est d'avis que malgré ses soupçons, il la laissa et sortit de la tente.
[...]
Ra'hél n'a pas menti, elle sous-entendait que les idoles rendent impur au même titre que les menstruations. Elle prétendit donc: "J'ai mes périodes" = elle entendait par là qu'elle était assise sur une chose impure pareille à l'écoulement menstruel.
[d'après le Méam Loez - Vayétsé 31,34-35]

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-> Pendant son absence, des brigands avaient saccagé sa maison, et lui avaient volé tous ses biens. Quand Lavan revient chez lui, il était pauvre comme avant l'arrivée de Yaakov, 20 ans auparavant.
[Méam Loez - Vayétsé 32,1]

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+ "Hachem est venu en rêve à Lavan l'araméen et lui dit : "Garde-toi de parler à Yaakov ni en bien ni en mal"" (v.31,24)

De ce verset nos Sages enseignent que Lavan avait l'intention de tout détruire, c'est-à-dire qu'il voulait supprimer toute trace de juif. Hachem est donc venu lui dire de ne rien faire.
Mais on voit de là la grandeur d'Hachem. Comme le dit le verset : "L'homme a de nombreuses pensées dans le cœur mais le Projet d'Hachem c'est lui qui se réalisera".
En effet, Lavan a tout fait pour éradiquer toute trace de juif, mais l'ironie du sort c'est qu'Hachem a fait justement sortir tout le peuple juif de lui, par ses filles.
Parfois le racha veut réaliser un mauvais plan, mais en conclusion, il ressort que c'est justement lui qui a été à l'origine du plus grand bien.
[Chvilé Pin'has]

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-> "D. vint trouver Lavan l’Araméen dans un rêve et il lui dit : Prends garde de parler avec Yaakov ni en bien ni en mal" (Vayétsé 31,24)

Par conséquent, comment Lavan n’a-t-il pas obéi aux paroles de Hachem et a-t-il parlé à Yaakov en mal en disant qu’il avait la possibilité de lui faire du mal? ["Je pourrais vous faire du mal ... pourquoi as-tu volé mes dieux?" (v.31,30).]
Il lui a parlé durement et lui a dit : "Pourquoi as-tu volé mes dieux?" = on peut comprendre de là que quiconque ne travaille pas à améliorer son caractère, même si Hachem Lui-Même Se révèle à lui et lui dit : "Change de conduite", il ne le fait pas. Quand est-ce qu’il change?
Quand il travaille sur lui-même.
[rabbi David Pinto - la voie à suivre n°446]

La force de nos pensées

"Au moment de la nuit de noces, le cœur de Yaakov était orienté vers Ra'hel, car il pensait avec certitude être avec elle.
De cette pensée et de cette volonté profonde, Léa tomba enceinte.
Mais malgré cela, cette pensée initiale retrouva sa place dans la réalité : puisque le cœur de Yaakov était entièrement tourné vers Ra'hel, c'est l'aîné de cette dernière, Yossef qui reçut le droit d'aînesse".
[Zohar - chap.1,p.176]

Le fils aîné de Yaakov était Réouven, fils de Léa.
Mais concrètement, c'est Yossef, le fils aîné de Ra'hel, qui reçut un héritage double, puisque ses 2 fils (Ménaché et Efraïm) furent considérés comme 2 tribus à part entière quant au partage de la terre d'Israël.
Yossef a eu ainsi 2 parts d'Israël, en accord avec la loi juive statuant que l'aîné d'une famille reçoit un héritage double par rapport à ses frères.

=> Nous voyons ici un exemple que la force de la pensée, est plus puissante que l'acte même, avec des conséquences mêmes de nombreuses années plus tard!

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+ La force de nos pensées :

-> "Lorsqu'un bateau en percute un autre, si le bateau touché est plus robuste que le premier, c'est le premier bateau qui se brisera par la puissance du choc.

Il en est de même de la pensée, qui lorsqu'elle ne se concrétise pas, revient en force vers son émetteur.
C'est ce qui se passa pour Haman : il désira anéantir les juifs et on l'en empêcha. Mais puisque sa pensée avait déjà été conçue et qu'elle n'atteignit pas son but, elle se rabattit sur lui.

De la même manière, si l'on jette une balle et qu'elle n'est interceptée par aucun obstacle, elle suit sa trajectoire. Mais si un mur l'intercepte, elle rebondit de plus belle vers celui qui l'a lancée.
Il en va exactement de même de la pensée : lorsqu'un élément la stoppe dans sa course, elle revient en force vers celui qui l'a conspirée."
[le Sifté 'Haïm - Moadim]

-> "Il en est ainsi de la pensée pourtant si volatile. Sa fin est de se retourner contre celui qui l'a conspirée quand elle ne prend pas forme dans la réalité."
[Maharal - Méguila 9,25]

-> "Rech Lakich dit : Celui qui suspecte à tort reçoit des coups" (guémara Shabbath 97a)
En effet, sa pensée négative n'a ici aucune prise et elle n'a pas non plus sur quoi se fonder, elle va lui retomber forcément dessus de manière négative.

-> Il est permis d’être "jaloux" des érudits et d’envier leur vaste connaissance de la Torah car cela stimule et inspire à étudier davantage.
[Zohar ; guémara Baba Batra 21a]

Les autres formes de jalousie sont négatives, car quand l'homme les éprouve, il désire au fond de son cœur que son ami perde son bien. La réussite de l'autre est douloureuse pour l'homme ; il souhaite qu'il lui arrive du mal.
Or, comme on a pu le voir, une telle pensée revient vers celui qui en est la source.

=> Ainsi, être jaloux n'aide en rien à atteindre ce qui est jalousé, mais en plus d'être triste de sa situation, cela nous amène des conséquences négatives suite à nos pensées négatives sans fondement réel (autre qu'un aveuglement lié à notre jalousie).

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-> "La manière dont l'homme agit se répercute sur lui" (guémara Baba Métsia 33a)

Le Maharal ('Hidouché Haggadot sur cette guémara) enseigne que lorsqu'un homme éprouve une crainte particulière pour quelque chose, il donne à cette chose la possibilité d'agir contre lui.
Comme le précise Iyov (3,25) : "C'est que tout malheur dont j'avais peur fond sur moi, ce que je redoutais vient m'assaillir".

Ainsi, ce dont je m'inquiétais par avance vient justement m'assaillir parce que je m'y suis inquiété.

Le Maharal ajoute :
"Et même si cette crainte était celle d'une chute, comme le disent les Richonim, c'est cette même crainte qui entraînera justement sa chute.
En effet, si un homme prenait une planche de bois et la plaçait au-dessus des eaux d'un fleuve afin de le traverser, il aurait de fortes chances de tomber lorsqu'il marcherait sur cette planche.
Par contre, s'il la posait au sol, son pied n'en dévierait pas d'un millimètre.
Pourquoi en est-il ainsi?

Car dans le premier cas, l'homme pense qu'il va tomber et l'élément le plus actif et le plus influent est véritablement le cerveau.
Il en va de même lorsque l'homme a peur de la pauvreté, il laisse son cerveau agir dans ce sens et il finit par être effectivement affligé par la pauvreté."

-> "L'homme est sa pensée" (Sifté 'Haïm - Moadim)

-> "La pensée exerce un grand impact sur l'homme et même une simple intention ou un éveil aussi minimes soient-ils sont déjà une très grande chose"
[Rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]

-> Cela peut éclairer l'interprétation de certaines paroles de nos Sages, comme :
- "Quand la tête est saine, tout est sain" (Zohar haKadoch - chap.3,135) ;
- "Le corps suit la tête" (guémara Erouvin 41a) ;
- "Un esprit abattu dessèche les membres" (Michlé 17,22)
- "Une bonne nouvelle est une sève bienfaisante pour le corps" (Michlé 15,30)

=> Le fait d'avoir des pensées positives, nous fait regarder la vie pleine de bonne humeur, mais également cela va contribuer à changer positivement notre réalité (et inversement).

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-> "L'homme est conduit vers le chemin qu'il veut emprunter"
[guémara Makot 10b]

-> "Celui qui veut se corrompre est aidé dans ce sens, comme celui qui veut se purifier"
[guémara Shabbath 104a]

Le Maharcha de commenter : "Selon la volonté et la pensée de l'homme, des anges l'orientent, ceux-ci ayant été créés justement par cette volonté."

=> C'est ainsi que notre pensée, expression de notre volonté, va véritablement créer des anges, qui vont conduire l'homme vers le lieu de son désir.

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-> "Lorsque l'homme désire de tout son cœur et de tout son être quelque chose, cela se réalise."
[Gaon de Vilna - Michlé 23,12]

-> "Sache que la pensée a un impact extrêmement puissant.
Un homme qui concentre sa pensée sur quelque chose de précis peut ni plus ni moins actionner cette chose. Et même si l'objet de sa pensée était d'acquérir de l'argent, c'est certain qu'il y parviendrait!

Il en va de même pour n'importe quel domaine, à condition que sa pensée soit dénuée de tout sentiment ou affect (c'est-à-dire qu'il est déconnecté de tout ce qui l'entoure, totalement absorbé par sa pensée précise)."
[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 193]

=> La pensée a une telle puissance qu'un homme pourrait acquérir tout ce qu'il désire par son biais!

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne également (Si'hot haRan 62) :
"Sache que des forces inouïes sont recelées en l'homme, car il peut véritablement donner forme à la réalité par le biais de sa pensée. Mais pour cela, il faut qu'elle soit exclusivement tournée et concentrée sur un jet précis, c'est-à-dire que chaque strate de la pensée, aussi bien intérieure qu'extérieure soit orientée vers ce point précis.

Et lorsque la pensée dans toutes ses dimensions est actionnée et que vient s'allier la conviction que l'objet de la pensée se réalisera, sans qu'aucune autre pensée ne vienne troubler la pureté de la pensée initiale, alors la réalité prend la forme selon cette pensée."

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-> "L'excès de pensée de l'homme empêche la réalisation de son projet, fut-ce même dans le domaine de la Torah."
[guémara Sanhédrin 26]

Rachi commente : "Lorsqu'un homme pense : je ferai ceci ou cela, j'acquerrai ceci ou cela, la chose est vouée à ne pas se faire, même s'il s'agissait d'un projet spirituel, comme terminer en un temps précis une étude particulière".

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
"S'il est fixé à Roch Hachana que l'homme jouira de telle réussite, de telle abondance, mais qu'il a fait une prière détaillée (iyoun téfila) négative, en imaginant toutes les actions dont il serait l'auteur et qui lui apporteraient la réussite, comment ces simples pensées peuvent-elles modifier ce qui a été fixé pour lui à Roch Hachana?
["Tous les gains d’une personne sont prédéterminés d’un Roch Hachana à l’autre." - guémara Beitsa 16a]
Comment peut-il perdre les bienfaits qui devaient lui revenir au cours de cette année et qui étaient de surcroît écrits dans le grand Livre du Ciel?

La réponse est la suivante : il visualise déjà dans son esprit la réussite qui sera la sienne, la manière dont il l'atteindra et même le plaisir qu'il en retirera.
Il jubile déjà, se croyant détenteur et maître de cette satisfaction, mais sa pensée est erronée à sa source, puisqu'il fait dépendre sa réussite de la force de son bras et non de Hachem.

Il recevra donc sa punition, mesure pour mesure, du Tribunal céleste qui déclarera que puisque la simple pensée de sa réussite lui a procuré du plaisir, la réussite n'a pas besoin de se concrétiser dans sa réalité."

=> Ainsi, un homme peut provoquer sa perte par sa propre pensée.
Lorsque cette dernière est dénuée de émouna, elle ne peut être le réceptacle de la bonté de Hachem, et les sentiments de joie ressentis en plaçant sa confiance en ses propres actes, vont lui service de rétribution.

-> En ce sens, il est écrit au sujet des rêves plausibles : "Rabbi 'Hida a dit : lors d'un mauvais rêve, la peine suffit, lors d'un bon rêve, la joie suffit" (guémara Béra'hot 55a).

Cela signifie que :
- la peine éprouvée par la personne qui fait un mauvais rêve est une punition suffisante.
Par exemple, la pauvreté n'aura plus besoin de venir l'accabler.
- la joie qu'elle éprouve au moment de son rêve remplace la véritable joie qui devait lui être octroyée dans la réalité.

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï - Ki Tissa) rapporte que : "L'homme doit être pleinement conscient que ces pensées fictives qui lui viennent à l'esprit ne sont ni plus ni moins l'oeuvre du yétser ara, dont le but est de lui faire perdre son vrai bien. L'homme s'empressera donc de chasser ces pensées stériles de son esprit dès qu'elles surgiront."

[on peut programmer le futur dans un but nécessaire et constructif, mais pas dans un but de renforcer la conviction que sa réussite dépend uniquement de notre force et de nos capacités.]

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-> Selon la guémara (Sanhédrin 26b), la pensée peut entraîner à oublier son étude, comme il est dit : "Il fait échouer les projets des gens de ruse : leurs mains n'exécutent rien qui vaille" (Iyov 5,12).
Rachi explique : "La pensée qu'un homme a accompli tel acte, ou de parvenir à tel objectif, a la capacité d'inhiber son accomplissement. C'est le cas même pour l'étude de la Torah, par exemple, si l'on dit : Jusqu'à tel jour, je finirai d'étudier tel sujet".

-> Le Ben Ich 'Haï (dans son Kéter Malkhout) ajoute :
"Souvent, de nombreuses bénédictions sont prêtes à être envoyées à l'homme, mais il les perd lui-même par le fait qu'il vagabonde avec son imagination et rêve déjà d'avoir reçu ces bénédictions. Il tire profit de ces rêves, se conforte dans ses illusions et repousse par cela l'envoi prévu des bénédictions".

On peut se demander comment cet homme pourrait perdre ce qui est prévu pour lui, simplement à cause de son imagination ...
Le Ben Ich 'Haï répond qu'en réalité, cet homme a déjà tout reçu en pensée et il s'est déjà réjoui de la bénédiction comme s'il l'avait reçue.

Il est intéressant de rapporter les paroles du Ben Ich 'Haï dans notre commentaire : "Il est un problème dont la plupart des gens souffre, que ce soit les hommes de Torah ou ceux qui travaillent, et j'avoue en faire aussi partie ..."

[nous devons faire attention sur le fait que ces pensées qui montent à notre esprit ne sont que l'acte du Satan qui cherche à tout nous faire perdre. Il est donc très important de surmonter cet instinct qui nous pousse à vivre le rêve comme s'il état réel.]

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-> "Quand tu bâtiras une maison neuve, tu établiras une barrière autour du toit, pour éviter que ta maison soit cause d'une mort, si quelqu'un venait à tomber" (Ki Tétsé 22,8)

Le Ben Ich 'Haï commente :
Lorsque l'homme inaugure une nouvelle construction, fête un nouveau concept qu'il a inventé grâce auquel il peut s'enrichir, la Torah lui demande de faire un acte, une barrière aux pensées qu'il a dans la tête, qui représente le toit de l'homme, et qu'il ne vive pas dans l'illusion de devenir milliardaire.
La raison en est : "Pour éviter que ta maison soit cause d'une mort si quelqu'un venait à tomber" = les illusions le feront tomber, lui feront perdre le bien qui est prévu.

Même s'il a été décrété pour cet homme, le jour de Roch Hachana, qu'il mérite richesse et bonheur, il risque de tout perdre par les illusions qu'il entretient.

Le Ben Ich 'Haï conclut en expliquant : "Car nous avons déjà reçu la récompense dans notre imagination, puisque nous nous sommes déjà réjouis comme si elle était déjà réelle et présente".

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-> b'h, également  : pense bien et tout ira bien : https://todahm.com/2020/03/31/13093-2