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"[Yaakov] rencontra l'endroit et y passa la nuit parce que le soleil s'était couché (ki va hachéméch)" (Vayétsé 28,11)

-> Le midrach (Béréchit rabba 68,10) commente que "ki va" peut être interprété en un seul mot : "kiva", qui signifie : éteindre.
Le verset se lit alors comme : Yaakov rencontra l'endroit, car Hachem avait éteint le soleil.
Pourquoi cela?

Le midrach répond que Hachem a agit ainsi car il voulait parler en privé à Yaakov.
C'est comme un roi qui reçoit une personne qu'il aime beaucoup, et qui va demander d'éteindre les lumières autour, afin de pouvoir lui parler en toute intimité.

-> Cet épisode de Yaakov s'est déroulé alors qu'il allait en exil, quittant la terre d'Israël.
Selon le Zekan Aharon, le message est que l'exil est une façon pour Hachem "d'éteindre la lumière", Lui permettant alors de nous proposer des opportunités spirituelles si précieuses, qu'elles doivent nous être révélées qu'en secret et en privé.

Cela est vrai à l'échelle du peuple collectivement, mais aussi pour chaque juif individuellement.
On peut citer par exemple :

1°/ Nos Sages (midrach Bamidbar rabba 15,7) font remarquer que l’œil humain ne voit pas à partir du blanc, mais à partir du noir.
Le message est que c'est de nos moments les plus noirs, que nous pouvons acquérir la meilleure vision sur nous-même et sur la vie.
En effet, avec du recul, on se rend compte que ce qui nous a permis de nous améliorer, c'est souvent nos passages difficules.

Le petit point noir est nécessaire pour que le reste soit encore plus lumineux!

2°/ Il est écrit : "Il m'a relégué dans des régions ténébreuses comme les morts, endormis pour toujours" (Eikha 3,6)
Qu'est-ce que cela signifie?

La guémara (Sanhédrin 24a) explique que cela fait référence au Talmud de Babylone, qui a été écrit et compilé dans une période [d'exil] de grande obscurité.
Ainsi, la guémara, qui est la fondation et la base de pratiquement toute la vie juive, a pu prendre forme dans un moment l'obscurité totale.

==> Hachem éteint souvent la lumière, afin de nous montrer la lumière.

"Il fit un rêve, et voici qu'une échelle était dressée vers la terre et son sommet arrivait au ciel ; et voici que des anges de D. [y] montaient et y descendaient.
Et voici que Hachem se tenait au-dessus de lui, et Il dit : 'Je suis Hachem, le D. d'Avraham ton père et le D. d'Its'hak ; le sol sur lequel tu es couché, c'est à toi que Je le donnerai ainsi qu'à tes descendants' "
(Vayétsé 28,12-13)

-> Les "anges de D." : font référence aux érudits en Torah, qui sont qualifiés de cette même façon par la guémara (Shabbath 119b).

La guématria : "des anges de D. [y] montaient et y descendaient" est de : 613 (מלאכי אלהים עולים וירדים).
Cela fait allusion au fait qu'accomplir les 613 mitsvot entraîne l'âme d'une personne à monter au Ciel sans défaut, et à en descendre totalement complète et pure lorsqu'elle se lève le matin.

[Sfat Emet]

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-> L'échelle, avec les anges montant et descendant, est une métaphore de la vie.
A chaque instant, une personne ne reste jamais à la même place : soit elle monte, soit elle descend.
[le 'Hafets Haïm]

Il n'y a pas d'action neutre : soit c'est en accord avec la volonté de Hachem est dans ce cas, comme le dit le Ram'hal, on fait monter le monde entier avec nous-même, sinon c'est le contraire.

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-> Apparemment, il aurait fallu écrire en accord avec les déplacements des anges : ils descendent d'abord, et ensuite ils montent.
=> Pourquoi le verset adopte-t-il l'ordre inverse?

"Celui qui fait une mitsva acquiert un défenseur" (Pirké Avot 4,11)
Ce défenseur, un bon ange, monte pour justifier la personne. Ensuite, il descend pour défendre cette personne qui a fait la mitsva.
C'est pourquoi le verset dit à juste titre : "y montent et y descendent", car c'est effectivement l'ordre, ils montent pour justifier puis descendent pour défendre.
[rabbi Yéhouda Berdugo - Mayim Amoukim]

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-> Le mot : "échelle" (סלם - soulam) a la même valeur numérique que : Sinaï (סיני).
Cela indique que Hachem a montré à Yaakov le don de la Torah au mont Sinaï.
De plus, סלם a la même guématria que : c'est le Trône de Gloire (zé kissé akavod - זה כסא הכבוד).

[Baal haTourim]

-> Le Toldot Yaakov Yossef (paracha Béhar) explique cette équivalence numérique : la Torah, qui a été donnée sur le Sinaï (סיני), est l'échelle (סלם) au moyen de laquelle nous devenons plus proches de D.

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni, Ki Tissa 394) enseigne que lorsque les juifs font la volonté de D., le lieu principal de résidence de la présence divine est en bas, sur terre.
Les anges qui recherchent Hachem doivent venir dans ce monde pour Le trouver.
[Alchikh - Dévarim 10,14]

Selon nos Sages, les anges venaient du Ciel (un niveau de moindre kédoucha) pour la terre (un niveau ayant davantage de kédoucha, de présence divine).
Ainsi, d'abord les anges "montaient" du Ciel vers la terre (à l'image de l'alya en Israël), puis "redescendaient" au Ciel.

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-> Le Binyan David commente : "des anges de D. y [בו] montaient et descendaient".

Les anges n'ont pas de yétser ara contrairement aux hommes, ce qui a entraîné que la Torah a été donnée aux hommes (cf.guémara Shabbath 88b).
Malgré le fait d'être "dressé vers la terre" (yétser ara), lorsqu'une personne suit la volonté de Hachem (le Ciel), les anges "descendent", dans le sens où ils sont à un niveau inférieur à cet homme (puisqu'ayant utilisé son libre arbitre positivement).

Cependant, si une personne ne suit pas la volonté de D. (la terre), les anges "montent" à un niveau plus élevé que l'homme.

=> Tout est dans les mains du peuple juif.

-> "Des anges de D. [y] montaient et y descendaient" : il est humain de tomber (les anges montant par rapport à l'homme), mais il faut surtout s'efforcer de se relever en faisant téchouva et en repartant de l'avant plein d'envie d'agir mieux (l'homme redevient alors supérieur aux anges, qui descendent).

C'est la dynamique de la vie, à l'image de nos jambes lorsque nous marchons, qui montent et ensuite redescendent, avançant pas à pas, échelon après échelon, vers papa Hachem.

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-> L'échelle est une métaphore de l'homme.
L'homme est formé depuis la terre, mais il est béni par une âme (néchama), qui est divine et qui atteint le Ciel.

Lorsqu'un homme permet à ses besoins matériels de le dominer, ils vont l'attirer en bas et il est "dressé vers la terre".
Cependant, si une personne se remplit de sainteté par le biais de l'étude de la Torah et de l'accomplissement des mitsvot, l'échelle peut atteindre jusqu'au Ciel.

[Yichma'h Moché]

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-> L'échelle représente le lien entre le Ciel et la terre.
On doit faire tout son possible pour monter spirituellement de niveau, et ce pas à pas, comme si l'on montait une "échelle vers le Ciel".

Cependant, pendant que l'on grimpe l'échelle, on se doit d'être "dressé vers la terre", de toujours rester humble, car c'est la seule façon d'atteindre le haut l'échelle.

[Rav Yonathan Steif]

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+ L'échelle est une belle leçon sur la vie.

-> Lorsqu'on la monte, on regarde vers le haut (le ciel - la spiritualité).
Il est écrit : "La jalousie envers les sages augmente la sagesse" (guémara Baba Batra 21a).
Dans la spiritualité, il faut toujours regarder ceux qui ont plus que nous, les jalouser et vouloir à minima les rejoindre.
On a une obligation de moyen, d'utiliser toutes nos forces, nos ressources dans ce sens.

-> Lorsqu'on la descend, on regarde vers le bas (la terre - la matérialité).
Le 'Hovot haLévavot (chap.7) enseigne : "(Il est recommandé) de porter son regard en permanence sur celui qui est au-dessous de nous sur le plan matériel et non pas sur celui qui est au-dessus de nous"
Dans la matérialité, il faut s'efforcer de voir ceux qui nous sont inférieurs, afin d'apprécier et d'être content de notre situation.

-> Le midrach Chmouel (Avot 4,1) tire la même idée de la fin du 1er paragraphe du Alénou. Il est écrit : "bachamayim mimaal" = pour ce qui est spirituel (chamayim) regarde au-dessus (mimal) ; "véal aarets mita'hat" = pour ce qui est matériel (aarets) regarde en dessous (mita'hat).

Ce qu'on a dépend de D., et au-delà d'un manque de émouna, pourquoi passer toute sa vie à peiner pour obtenir quelque chose, plutôt que de l'accepter (Hachem a ses raisons) et de profiter pour monter l'échelle spirituellement, échelon par échelon, dès maintenant. Car après, il risque d'être trop tard ...

On peut citer 2 exemples illustrant ce dernier point.

1°/ La lune s'est plainte auprès de Hachem que 2 grands luminaires (la lune et le soleil) ne pouvaient pas exister en même temps.
Elle avait raison sur le fond de sa demande, mais il y avait une très légère pointe d'orgueil (vouloir être la plus grande).
D. a alors réduit la taille de la lune, mais ensuite pour la consoler, Il lui a dit qu'on fera chaque mois une bénédiction sur elle, et Il lui a également ajouté les étoiles.
Que viennent-elles lui apporter ces dernières?

Les étoiles permettent à la lune de se dire, il y a pire que moi (je ne suis pas la petite), et d'ainsi retrouver la sérénité et la joie de vivre.

[à l'origine le soleil et la lune avaient le même diamètre, mais après que la lune a été rapetissée, Hachem l'a repositionnée beaucoup plus proche de la terre (alors que le soleil est demeuré très éloigné de la terre). Grâce à cette "bonté" d'Hachem, la lune semble avoir les mêmes dimensions apparentes que le soleil, vues depuis la terre.
On voit de là à quel point Hachem punit avec précision, et l'importance de toujours préserver l'honneur d'autrui.]

2°/ Rabbi Akiva et sa femme étaient extrêmement pauvres, et dormaient réellement à même la paille.
Hachem leur a envoyé un homme qui leur a demandé de la paille, car sa femme allait accoucher, et il n'avait pas de paille.

Cela a contribué à redonner totalement le moral à Rabbi Akiva et à sa femme : "Regarde, nous avons de la paille, et d'autres n'en ont même pas. Quelle chance nous avons! Comment pouvons-nous nous plaindre de notre situation!"

=> L'échelle symbolise la façon dont un juif doit voir la vie afin d'en être pleinement heureux.

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-> De même que la lune, bien que secondaire au soleil et ne faisant que refléter sa lumière, a une quantité énorme d'étoiles pour la consoler, de même la Torah Orale, un reflet de la lumière de la Torah [Écrite], possède des millions d'âmes juives qui l'étudient et accroissent son rayonnement.
[Sfat Emet]

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-> L'échelle que Yaakov a vu avait uniquement 4 échelons, correspondant aux 4 attributs nécessaires à une personne afin d'avoir la prophétie, comme la guémara (Nédarim 38a) l'enseigne : "la prophétie ne réside que sur celui qui est sage, fort, riche et humble"
[Séfer ha'Ikarim 3,10]

Le Ben Yéhoyada commente cette guémara, en disant qu'en réalité, il n'y a qu'une seule condition nécessaire, et c'est l'humilité.
Si une personne est pauvre, faible ou pas intelligente, elle n'a pas de véritable humilité, car elle n'a pas vraiment de raison d'être orgueilleuse.
Cependant, celui qui est intelligent, fort et riche, et qui est malgré tout humble, fait preuve d'une véritable humilité.

-> Le Maharal explique cette guémara en disant que seule une personne qui est similaire aux 4 corps Céleste du Chariot Divin ('hayot hamerkava), peut mériter la prophétie.
En effet, sur le Chariot Divin, il y a :
- un lion = qui représente une personne forte ;
- un bœuf = allusion à une personne riche ;
- le visage d'un homme = la sagesse ;
- un aigle = l'humilité (puisqu'étant le plus petit des 4 éléments, et renvoyant également à l'idée que lorsqu'une personne s'abaisse, alors Hachem l'élève très haut).

-> Le Ran dit que l'on peut facilement comprendre qu'un prophète doit être sage et humble.
On peut également comprendre la nécessité qu'il soit fort, car il en a besoin au moment d'affronter les prophéties difficiles pour le peuple juif.
Mais pourquoi la richesse?

Un prophète, en plus d'être personnellement complet dans son service d'Hachem, doit également amener les juifs sur le bon chemin du service Divin.
Le roi Salomon écrit : "la sagesse du pauvre est dédaignée et ses paroles passent inaperçues" (Kohélet 9,16).
Puisque les gens n'écoutent pas les pauvres, alors un prophète se doit d'être riche afin de pouvoir influencer autrui et être écouté.

-> D'ailleurs le Maharam Shick fait remarquer qu'au moment des 1eres Lou'hot, tous les juifs étaient purs et avaient un niveau élevé où ils acceptaient pleinement le message de Moché sans qu'il soit riche.
La faute du Veau d'or a entraîné de l'impureté et une baisse importante du niveau spirituel, faisant que pour le don des 2e Lou'hot, Moché devait être riche pour que ses paroles soient pleinement entendues par le peuple juif.

[A la sortie d'Egypte, Moché n'avait pas amassé de richesse préférant prendre les ossements de Yossef. Par contre, il est devenu extrêmement riche en ramassant des morceaux de saphirs issus des Tables de la Loi.
Le Méam Loez (Ekev 10,2) rapporte que Moché a pris une part plus active à la fabrication des 2e Tables de la Loi. D. lui avait donné les 1ere Tables toutes prêtes, mais cette fois-ci, Il lui a demandé de les tailler lui-même.
Hachem lui a montré une carrière de saphir céleste où prendre le matériau pour les Tables.
Le midrach rapporte que D a donné à Moché la permission d'emporter avec lui les débris de saphir qui restaient après la gravure des 10 Commandements sur les Tables. Ces débris ont suffi à enrichir Moché.]

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-> "Il fit un rêve, et voici qu'une échelle était dressée (moutsav - מצב) ... Et voici que Hachem se tenait (nitsav - נצב) au-dessus de lui" (Vayétsé 28,12-13)

Le mot "moutsav" implique que cela a été mis en place par d'autres personnes, tandis que "nitsav", qui est une forme différente de ce même mot, implique que Hachem se tient par Lui-même.
[le Rachbam]

A chaque instant, un être humain ne peut exister et faire quoique ce soit, que grâce à la bonté et l'aide de D. (moutsav renvoyant à cela).
Uniquement Hachem existe par Lui-même, n'étant dépendant de personne et existant au-delà de toute limitation (nitsav renvoyant à cela).

Par nos actions (Torah, mitsvot, ...) nous avons la possibilité de monter l'échelle spirituelle, d'amener la présence divine dans ce monde, et de devenir des êtres très au-delà des anges.

C'est là toute la dualité de l'être humain : extrêmement insignifiant car totalement dépendant de Hachem ; mais infiniment grand car il a une âme et des capacités énormes.

Il ne faut surtout pas se contenter de notre situation, mais toujours avoir une ambition folle (monter l'échelle jusqu'au Ciel), afin de mettre au grand jour nos magnifiques potentialités.

Comme l'écrit le Kouzari, les différentes catégories de ce monde sont : les minéraux, les végétaux, les animaux, les hommes et puis les juifs.
Un juif peut être supérieur à toute autre créature (même les anges), il peut même devenir quasi-divin, au point où D., Lui-même, a dû préciser que nous ne pourrions pas totalement l'égaler.

Mais, si nous en faisons une mauvaise utilisation, nous pouvons être pire que des animaux.

=> b"h, à nous de prendre l'échelle spirituelle dans le bon sens.

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-> Le Baal haTourim dit que la métaphore de l'échelle vient nous enseigner qu'il ne faut jamais perdre espoir.
Toute personne est toujours sur cette échelle, qui atteint le Ciel (le lien avec Hachem n'est jamais perdu, rompu, quoique nous ayons pu faire).

-> Ce qui compte dans la vie, ce n'est pas à quelle hauteur de l'échelle je suis, mais combien d'efforts j'ai fait pour monter en spiritualité, par rapport à l'effort théorique que j'aurai pu produire.

Chacun à sa propre échelle de la vie à monter, en fonction de ses capacités et de son unicité.

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-> Selon le Ora'h lé'Haïm, cette échelle symbolise l’homme.
S’il est planté à terre, c’est-à-dire s’il est modeste et humble, se considérant comme de la terre, alors sa tête atteindra le ciel.
En effet, dans le Ciel, pour Hachem, cet homme sera très important et sa personnalité aura une grande valeur.
Cela rejoint l’enseignement du Zohar qui dit : "Celui qui est petit, est grand". C’est-à-dire que celui qui est modeste et se voit petit, en réalité il est grand et Hachem lui accordera beaucoup de valeur et d’importance.

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-> Le rabbi de Rizhin (rabbi Israël Friedman) disait que le mot : soulam (échelle - סֻלָּם) est l'acronyme de : séouda mélavé malka (סעודת מלוה מלכה), le 4e repas de Shabbath.
Elle est "dressée sur le sol" (moutsav artsa) : on a tendance à la jeter à terre, à la mépriser/oublier ; bien que "son sommet arrive au Ciel" (rocho maguia achamayéma) : elle est si élevée et sainte, que sur un plan spirituel elle a la capacité d'amener une personne plus proche de D.

Yaakov ajouta: "Que ce lieu est redoutable! Ceci n'est autre que la maison de Hachem et c'est ici la porte du ciel" (Vayétsé 28,17)

Il s'agit du futur emplacement du Temple, qui est la porte à travers laquelle toutes les prières s'élèvent.
Selon Rachi, le Temple de Jérusalem est considéré comme la "porte" du Temple d’en-haut.
Il rapporte le midrach disant que le Temple Céleste correspond au Temple terrestre : Yaakov se trouvait donc à l'endroit le plus propice à le prière et au service de D.

-> Le Kotel, long d'environ 500 mètres, est la muraille ouest du mont du Temple, qui reste intacte depuis la destruction du 2e Temple en l'an 3820 (70 de l'ère chrétienne).
Sa sainteté provient de sa proximité avec l'endroit où se tenait le Saint des Saints.

Quelque soit l'endroit où l'on habite, il faut se tourner vers le mont du Temple lors de la récitation de la amida, car c'est de cet endroit que s'élèvent toutes nos prières vers le Ciel (Choul'han Arou'h 94,1)
["c'est ici la porte du ciel!"]

-> "Ton cou est comme la tour de David" (Chir haChirim 4,4)
Selon la guémara (Béra'hot 30a), cela fait référence au Temple.
Le roi Chlomo compare ainsi le Temple à un cou.

De même que le cou permet de relier la tête avec ce qu'il y a en dessous, de même, le Temple (le Saint des Saints) permet de connecter le Ciel avec la terre.
Le Temple est le lieu de passage entre le Créateur et Sa création.
["c'est ici la porte du ciel!"]

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-> Selon la tradition juive, c'est le roi David, lui-même, qui a construit ce mur.
La guémara (Sotah 9a) enseigne que les œuvres de Moché et du roi David sont indestructibles.
Ceci peut expliquer pourquoi il a toujours survécu aux nombreuses personnes qui ont souhaité nous anéantir.

-> "Voici Il se tient derrière notre mur" (Chir haChirim 2,9)
Selon le midach (Chir haChirim rabba 2,9), cela signifie que Hachem réside derrière le Kotel, car D. a promis qu'il ne serait jamais détruit.
Selon le midrach (Chémot rabba 2,2), cela signifie que la présence divine ne partira jamais du Kotel.

-> Le midrach (Eikha 1,32) affirme que lorsque l'empereur Vespassien assiégea Jérusalem, il nomma 4 généraux pour détruire les 4 parties de la ville.
La partie ouest fut placée entre les mains d'un général dénommé Pangar.
Dans le Ciel, il fut décrété que le Kotel ne devait pas être démoli et, effectivement, tandis que les 3 autres généraux détruisirent leur secteur, Pangar permit au Kotel de rester intact.

Vespasien le convoqua et lui demanda des explications, auxquelles Pangar répondit : "Je jure que mon intention n'est que de rehausser votre réputation, ô majesté!
Si j'avais détruit le dernier vestige de Jérusalem, les générations futures n'auraient eu aucune idée de l'ampleur de votre victoire, car elles auraient pensé que Jérusalem n'était qu'une ville minuscule. Mais maintenant que j'ai laissé cet immense Kotel en souvenir, il sera connu à travers les générations que sa Majesté a conquis une ville colossale.

L'empereur lui dit : "Tu t'es bien défendu, mais puisque tu n'as pas respecté mon ordre, tu devras te jeter du haut d'une tour".
Pangar se jeta du haut d'une tour, et mourut.

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-> "Ton peuple ne sera composé que de justes" (amé'ha koulam tsadikim - Yéchayahou 60,21)
Le Kotel représente l'image que même si un juif tombe totalement en ruine, il restera toujours en lui une partie d'âme, une présence divine.

Tout juif a en lui un cœur spirituel qui bat, témoin de son essence indestructible pour le bien.
D. ne nous quitte jamais, et nous avons toujours la possibilité de reconstruire Sa demeure en nous.

=> En chaque juif, même celui qui peut sembler le plus mauvais, il y a un Kotel, qui ne demande qu'à devenir Temple.

-> Tous les juifs prient vers l'est (vers le Temple et son Kotel à Jérusalem).
Le soleil se lève à l'est, proclamant une nouvelle journée pleine de vie et d'opportunités.
Ainsi, le Kotel nous transmet l'idée que l'histoire juive ne fait que commencer, et que quelque soit notre situation actuelle (personnellement et collectivement), très très bientôt le machia'h arrivera et reconstruira le tout, nous faisant alors vivre des moments éternels indescriptibles.

-> Dans le désert, chaque tribu avait sa place.
Celle de Yéhouda, représentant la royauté, était à l'est du campement.

En se tournant vers l'est (le Kotel), nous nous rappelons, que nous les juifs, nous sommes les fils du Roi Hachem (ben chél mélé'h), et que nous n'avons rien à craindre des humains.
Il nous faut faire honneur à ce statut, et agir en responsabilité.

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-> La place en bas du Kotel a la sainteté d'une synagogue.

-> Le Zohar (vol.2,5a) enseigne qu'il y aura toujours un reste du Temple (le Kotel), sur lequel la présence divine continuera à y résider.

Selon le Yichma'h Moché (Haftara Pékoudé), c'est de là que nous recevons notre subsistance spirituelle, de nos jours encore.
[elle est à base de toute autre bénédiction, comme la subsistance matérielle]

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+ La force de la prière au Kotel :

-> Nous allons voir un enseignement du 'Hessed léAvraham, le grand-père du 'Hida ('Hessed léAvraham 3,3).

Depuis que le Temple a été détruit, il y a un nuage qui empêche nos prières de monter vers le Ciel.
Où que nous soyons, nous devons traverser ce nuage, c'est pour cela par exemple, que dans la prière nous disons les Péssouké déZimra, afin de permettre à nos prières de se frayer un chemin jusqu'au Ciel.

Ce nuage est beaucoup plus fin en Israël, et il est pratiquement inexistant à Jérusalem.
Au Kotel, une prière n'a besoin de traverser aucune barrière, son chemin vers le Ciel est direct et certain.

Le Kotel est un lieu unique dans le monde, où la proximité avec la présence divine est incomparable.

[le 'Hatam Sofer explique que le mot "Zimra" (de Péssouké déZimra) qui signifie communément "chant" ou "louange", a une autre signification, celle de "couper". En effet ces versets ont le pouvoir de briser les forces du mal qui empêchent les prières de monter.
Selon le Aboudraham, ils jouent un second rôle : celui de protecteur. Ils assurent l'acceptation de la prière, c'est pourquoi on s'efforcera de les lire lentement et avec ferveur (kavana)
Selon le Zohar (Térouma 131b), lorsqu'on dit les Pessouké déZimra à la synagogue, 3 groupes d'anges célestes se rassemblent à ce moment pour les dire en même temps que les Bné Israël.]

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-> Depuis plus de 100 ans, les élèves de Rabbi Aharon de Karlin, ont la tradition que le vendredi soir, les Patriarches et les Matriarches sont présents au Kotel afin d'accueillir Shabbath avec la présence divine.

=> Quel moment spécial!

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-> Le Kotel est un lieu tellement saint, qu'il faut déchirer son vêtement en s'en approchant, comme on le ferait dans le cas d'un deuil.
Cela s'applique lorsqu'une période de 30 jours ou plus s'écoule depuis notre dernière visite au site.
Par exemple, le rav Kanievsky a l'habitude de le faire avec des vieux habits.

Avant de déchirer son vêtement, on doit dire : "La Maison de notre sainteté et de notre gloire dans laquelle nos pères T'ont loué, fut consumée par le feu et tout ce que nous chérissions se transforma en ruine" (Beit kodéchénou vétifarténou achèr hilelou'ha bo avoténou, haya lit'réfat éch, vékol ma'hmadénou aya lé'haréva)
[Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 561,2 et suivant]

La michna béroura explique en détails ce que l'on doit faire en déchirant son vêtement, et ajoute qu'il faut réciter le Téhilim 79 (mizmor léAssaf).

-> Le rav Kanievsky évite également de mettre sa main entre les pierre du Kotel au regard de la'énorme sainteté qu'il y a.

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b"h, d'autres dvar Torah sur le sujet du Kotel : https://todahm.com/?s=kotel

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"Il fut saisi de crainte et dit : "Que ce lieu est redoutable!" (Vayétsé 28,17)

-> Le gaon rav Barou'h Ber Leibowitz était un élève du gaon rav 'Haïm Soloveichik, le rav de Brisk.
Les élèves du rav Leibowitz ont remarqué qu'à chaque fois que leur rav traversait la ville de Brisk en train, il se mettait debout jusqu'à ce que le train quitte la ville.
Face à leur interrogation, il leur a dit : "Lorsque le train passe par Brisk, la ville dans laquelle mon Rabbi, rav 'Haïm Soloveichik réside, je me tiens debout en son honneur.
Même s'il se trouve loin, son influence et sa sainteté atteigne l'intégralité de la ville."

"Il n'est pas encore le temps de rassembler le bétail. Abreuvez le troupeau et laissez-le paître." (Vayétsé 29,17)

-> Rabbi Méïr de Prémichlan disait :
"Maître du monde!
Si ce n'est "pas encore le temps de rassembler le bétail" = si le moment de rassembler le peuple juif de l'exil n'est pas encore venu, D. en préserve ;
je Te demande au moins : "Abreuvez le troupeau et laissez-le paître" = donne-lui au moins une large subsistance pour qu'il ne manque ni de nourriture ni de vêtements jusqu'à la délivrance complète."

La vie de Yaakov

+ "Souvenez-vous … ce sur quoi vous pleurez aujourd’hui, vous en rirez demain.
[...] Demain tu pleureras de ce dont tu ris aujourd'hui"

[le Gaon de Vilna – lettre adressée à sa famille]

-> "Cela aussi est pour le bien"
[guémara Taanit 21a - Na'houm Ich Gam Zou ]

-> "Ce que D. fait, c'est pour le bien"
[guémara Béra'hot 60b - Rabbi Akiva, élève de Na'houm Ich Gam Zou ]

-> "Tout homme doit bénir D. pour le mal, comme pour le bien" [Béra'hot, michna 5, chap.9]

-> "Le malheur de l'homme est qu'il a tendance à juger l'événement d'aujourd'hui (l’instantané) alors même qu'il n'est qu'un petit maillon d'un grand projet prévu par Hachem.

La lecture de ce maillon, pris isolément, est souvent à l'opposé de la lecture de ce même maillon intégré dans le projet divin global
[...]
Lorsqu'on aura une vision générale de l'ensemble des événements, avec le recul, on verra alors la droiture de D. et de ses jugements envers nous."

[Rabbi 'Haïm Chmoulévitch]

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+ La vie de Yaakov (paracha Vayétsé) :

-> Le Baal haTourim fait remarquer que la paracha Vayétsé est entièrement fermée ("stouma"), c'est-à-dire qu'elle ne comporte aucun espace blanc, ni aucune interruption.

Habituellement, les espaces blancs et interruptions (פ ou ס) ont été donnés par D. à Moché pour qu'on puisse méditer et réfléchir entre 2 paragraphes.
Leur absence dans cette paracha, vient nous enseigner qu'il faut globaliser toutes les étapes de la vie de Yaakov pour avoir une lecture juste.

Un jugement de chacun des moments pris isolément entraînerait une lecture fausse, à une interprétation en mal.

En effet, la vie de Yaakov est une suite d'épreuves.
On peut citer par exemple :
-> Son frère Essav cherchait à le tuer.
Si Essav était l'ami de Yaakov, ce dernier aurait été fortement influencé par son frère jumeau et son ascension aurait été freinée.

-> un beau-père Lavan trompeur qui ne respecte pas sa parole et qui va jusqu'à remplacer Ra'hel par Léa sous le dais nuptial.
Sans cela, Yaakov n'aurait épousé que Ra'hel et on n'aurait pas bénéficié de 12 tribus de sensibilité différente qui font la richesse du peuple juif.

-> une fille (Dina) violée.
Sans cela, la fille (de la honte) née de cette union n'aurait pas été envoyée en Egypte, et Yossef qui l'a épousée n'aurait pas trouvé de femme juive pour se marier.

-> son fils préféré Yossef qui disparaît durant 22 ans
Cela a permis de commencer l'exil prévu sans servitude ni pour Yaakov, ni pour sa famille.
Yaakov y est descendu avec les honneurs, et non enchaîné de force.

-> la séparation de Binyamin.
Yaakov s'est plaint d'être obligé d'envoyer Binyamin : "Pourquoi m'avez-vous causé ce mal en disant à cet homme que vous avez encore un frère?" (Mikets 43,6)

Rabbi Lévi commente ce verset dans le midrach rabba (91,10) :
"Jamais Yaakov n'a prononcé des mots déplacés, sans valeur, sauf ici.

D. (mécontent) dit : "Moi, je m'occupe de faire régner son fils (Yossef) et lui (Yaakov) dit : 'Pourquoi m'avez-vous causé ce mal'? "

=> On reproche à Yaakov d'avoir jugé de façon isolée un événement de sa vie, car s'il l'avait intégré dans la globalité, il aurait eu un éclairage très positif.
En effet, c'est cette séparation de Binyamin qui va par exemple lui permettre de retrouver son fils Yossef.

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A l'image d'une personne se faisant charcuter sur une table d'opération, de quelqu'un souffrant chez le dentiste, d'une femme qui accouche dans la douleur, ...
Sur le moment, une personne extérieure dira : "Mais quel assassin! Quelle violence du médecin!"

Mais avec du recul : on est sauvé de quelque chose de grave pour notre corps, on n'a plus de maux de dents, on a un enfant, ...

On accepte ce mal nécessaire, car on s'est qu'il en résultera un bien énorme!
[on le demande, et même on paie pour cela!]

=> Dans notre vie personnelle, ce qui peut nous sembler négatif aujourd'hui, prendra plus tard un caractère positif, car D. les a intégré dans une chaîne qui mène au bien ultime.

Sur le moment lorsque c'est dur, il faut savoir se dire : "Je ne comprends pas ce qu'il se passe! C'est vraiment difficile, mais si Hachem souhaite que je passe par là, Il en a ses raisons, et c'est forcément un pas de plus, nécessaire, vers mon bonheur ultime. Je comprendrai la logique des choses plus tard."

Dans la pratique, c'est cela avoir confiance en Hachem.

Parfois, nous passons dans un tunnel où il fait tout noir, mais c'est un chemin qui au final nous permet d'avancer beaucoup plus vite vers davantage de proximité avec papa Hachem.
[le kiff ultime!]

[l'épreuve est un médicament nécessaire, et la émouna est l'enveloppe sucrée qui aide à avaler cette pilule plus agréablement.]

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+ Une autre explication faisant que cette paracha a la particularité d'être entièrement fermée :

-> Selon le Sfat Emet, cela fait allusion à l’idée suivante : bien que Yaakov a quitté physiquement la terre d’Israël (de Béer Chéva à 'Haran), il n’a jamais coupé ses liens émotionnels avec elle.
Son cœur et son esprit sont restés en Israël de son départ à son retour.
Ses yeux sont toujours restés concentrés sur le futur, moment où il y retournera.
Ainsi, cette paracha ne contient pas de sauts de paragraphe.

"La terre sur laquelle tu es couché, c'est à toi que Je la donnerai ainsi qu'à tes descendants" (Vayétsé 28,13)

-> Rachi affirme que Hachem a plié toute la terre d'Israël sous la tête de Yaakov.

Cela signifie que Yaakov n'aurait pas à voyager d'un endroit à l'autre pour récupérer ses étincelles [de sainteté], mais qu'il pourrait les trouver à sa place.
[Ben Porat Yossef - p.18b (rapportant un enseignement du Baal Chem Tov) ]

+ "Il vit, et voici un puits ... c'est de ce puits ... sur l'ouverture du puits ..." (Vayétsé 29,2)
+ "... sur l'ouverture du puits ... sur l'ouverture du puits" (Vayétsé 29,3)
+ "... de dessus l'ouverture du puits ..." (Vayétsé 29,8)
+ "... de dessus l'ouverture du puits ..." (Vayétsé 29,10)

Le Baal haTourim fait remarquer que le mot : "béér" (un puits - באר) est mentionné ici un total de 7 fois, allusion aux 7 personnes qui montent à la Torah chaque Shabbath, puisqu'un puits d'eau représente la Torah.

La Torah fait référence à 3 personnes qui ont rencontré leur âme sœur autour d'un puits : Yaakov (יעקב), Eliézer (אליעזר) et Moché (משה), dont l'acronyme forme le mot araméen pour : "l'eau" (maya - מיה).

Les 3 grands personnages qui ont écrit la Torah sont :
-> Moché (משה), qui a écrit le 'Houmach ;
-> Rabbi Yéhouda haNassi, qui a compilé les Michnayot ;
-> Rav Ashi, qui a contribué à mettre par écrit la Guémara.
L'acronyme de ces 3 noms (משה et יהודה et אשי), forme également le mot : "eau" (maya - מיה).

=> L'eau représente la Torah, et un juif sans Torah est comme un poisson hors de l'eau.
Source (b"h) : dvar Torah du petit-fils de Rabbi Yits'hak Zev (dans son TNT)

L’interdiction de prononcer des paroles banales dans une synagogue

Yaakov dit : "Que ce lieu est redoutable! Ceci n'est autre que la maison de Hachem" (Vayétsé 28,17)

-> Le Chlah haKadoch écrit à propos de ce verset :
" Yaakov fut effrayé et dit : "Comme cet endroit est redoutable!"
Lorsqu'une personne se trouve dans un lieu saint (ex: une synagogue), il convient qu'elle se tienne dans la crainte et l'effroi et qu'elle respecte sa sainteté. Elle doit sentir la crainte du Ciel sur elle en ce qui concerne ce qu'elle dit, pense et fait.
Par conséquent, celui qui prononce des paroles banales (paroles ordinaires, non spirituelles, non vitales/nécessaires) dans un beit midrach (lieu d'étude de Torah) ou une beit knesset (synagogue), même si ce n'est pas le moment d'étudier ou de faire la prière, rejette la crainte du Ciel sur lui et cela est interdit. "

"Et les yeux de Léa étaient ternes. Et Ra'hel était belle de traits et belle à la vue" (Vayétsé 29,17)

Le Gaon de Vilna indique que la Torah souligne souvent la beauté d'une femme.
C'est ainsi qu'il est écrit que Rivka était "très belle" (Béréchit 24,16).

Pourquoi exalter précisément l'aspect esthétique de nos Matriarches?
Le roi Salomon ne nous dit-il pas que : "mensonge est le charme et vanité est la beauté, tandis qu'une femme qui craint D., c'est elle qui doit être louée" (Michlé 31,30) ?

Le Gaon de Vilna explique qu'il n'a jamais été dans les intentions du roi Salomon de dénigrer complètement la valeur de la beauté.
Ce qu'il veut dire, c'est que si une femme ne craint pas son Créateur, sa beauté est vaine et sans valeur.
Elle est comme : "un anneau d'or dans le groin (museau) d'un porc" (michlé 11,22).

Si en revanche, elle craint D., elle possède donc l'essentiel, on doit la complimenter aussi pour sa beauté et son charme, ses accessoires.

[Il en est de même pour : la richesse, la sagesse, la force, ...
L'accessoire ne devient louable que lorsqu'il est rattaché à un essentiel louable : agir selon la volonté de D.]

=> Puisque les actes de Ra'hel étaient magnifiques, la Torah a également dit d'elle, qu'elle était belle.

Pour aller plus loin : cf.dvar Torah (b"h) parue au sujet de la beauté chez la femme : https://todahm.com/2015/02/16/la-beaute-chez-la-femme

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+ "Et les yeux de Léa étaient ternes."

-> Selon Rachi :
"Parce qu'elle pleurait constamment et priait pour ne pas être obligée de se marier à Essav.
En effet, on disait que comme Rivka avait 2 fils et Lavan 2 filles, l'aînée des filles épouserait l'aîné des garçons et la plus jeune, le cadet."

-> Le midrach de conclure :
"Grande est la prière!
C'est grâce à ses prières que Léa a obtenu que le décret de mariage avec Essav soit annulé et qu'elle a mérité d'être la 1ere à épouser Yaakov et à avoir des enfants de lui."

-> En réalité, Ra'hél était destinée à engendrer le premier-né, mais Léa la précéda grâce à ses prières.
[Méam Loez - Vayétsé 29,31]

"Il fît un rêve, et voici une échelle dressée vers la terre, et son sommet atteignait les cieux." (Vayétsé 28,12)

-> Le 'Hafets 'Haïm voit dans l'échelle une métaphore pour la vie.
Un être humain se trouve toujours sur l'échelle de l'existence. Soit il monte, soit il y descend, mais il ne reste jamais au même endroit.

-> Le Baal haTourim y voit l'idée que celui qui est terrassé sur le sol ne doit jamais désespérer de pouvoir se relever, tout comme l'échelle reposait à terre alors que son sommet atteignait les cieux.

-> Rabbi Moché de Kovron a expliqué à ce sujet :
"Il s'agit de n'importe quel homme.
Chacun doit penser : "Je suis matière, un morceau de terre (glaise) parmi d'autres, mais mon sommet atteint le ciel, mon âme atteint les cieux.
Par contre, les anges montent et descendent de l'échelle, même leur élévation et leur chute dépendent de mes actes." "

-> Le Ora'h Lé'haïm :
"Si l'homme se considère bas, "posé à terre", dans ce cas "son sommet atteint le ciel", il est considéré grand au Ciel.
Le Zohar dit : "Celui qui est petit sera grand là-bas". "

-> Le Ohr Tsadikim :
"Le mot "soulam" (סולם - échelle) et "mamon" (ממון - argent), ont la même valeur numérique (136).
Cette similitude nous apprend que l'argent est quelque chose de très bas, de "posé à terre", et pourtant "son sommet atteint le ciel" : l'argent peut accomplir de grandes choses qui atteignent le Ciel, par exemple la charité et la bienfaisance."

-> C'est ainsi que nos Sages disent (guémara 'Houlin 91a) : "Pour les Justes, l’argent qu’ils possèdent est plus important que leur corps". Ils savent que l’argent permet d’accomplir de bonnes actions qu’il est parfois impossible d’accomplir avec son corps seulement.
[Mayana Chel Torah]

-> Le mot "soulam" (סולם - échelle) a la même valeur numérique que : "kol" (קול - voix).
En effet, quand quelqu'un prononce la voix de sa prière avec concentration, alors l'échelle est parfaite, et les prières peuvent l'utiliser pour monter au Ciel.
[Baal haTourim]
[on peut aussi noter que les anges élèvent jusqu’au Ciel les mots de la Prière de l’homme. Ainsi, la prière permet elle de nous élever spirituellement et de nous faire décoller de notre matérialité. ]

-> Le mot סולם (soulam – échelle) a la même valeur numérique [130] que la phrase : זה כסא הכבוד (zé kissé akavod - ceci est le Trône de Gloire) [symbole du "Temple céleste" correspondant au "Temple terrestre" - Yaacov Avinou se tenait sur le lieu du Temple].
De plus, le mot סולם et Sinaï (םיני) ont tous les 2 une valeur numérique de 130, car Hachem montra à Yaakov, lors de son rêve, le don de la Torah au Mont Sinaï.
[Baal haTourim]

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-> L’homme est comparé à une échelle : bien qu’il soit "dressé sur la Terre" et astreint à s’occuper de choses matérielles, "son sommet atteint le Ciel" = s’il agit dans un but désintéressé, il atteint les cieux les plus élevés. Les actes de l’homme dans ce Monde déterminent la conduite divine et font pencher la balance pour le bien ou pour le mal.
"Les anges de D. y montent et y descendent" = même les anges dépendent de l’homme : s’il sert D., les anges s’élèvent grâce à lui; sinon, les anges descendent.
Par l'influence que ses actes exercent sur la façon dont D. dirige le monde, l'homme domine toute la Création.
[Mayana Chel Torah]

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-> Yaakov a fait un rêve dans lequel il a vu une échelle avec pour base la terre et qui arrivée au Ciel.

Le Baal haTourim (Vayétsé 28,12) écrit : "Cela est une allusion au fait que lorsque quelqu'un est jeté au sol pendant un moment, alors il va atteindre le Ciel."
[c'est de notre chute au sol que va germer notre élévation future et donc notre rapprochement vers Hachem!
A l'image d'une graines qui va se décomposer dans le sol, et ensuite va beaucoup se développer vers le Ciel]

L'idée est également qu'au final Hachem va nous dédommager pour tous nos moments de malheur/souffrance (nos chutes au sol), et il est évident que nous y gagneront énormément plus que ce que nous avons pu perdre.
[Hachem est tellement rempli de bontés, que pour une difficulté minuscule arrivant au bas de l'échelle (au sol), il nous récompensera par quelque chose d'aussi phénoménale que ça en arrivera au Ciel (haut de l'échelle).]

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-> Le mot סולם (soulam - échelle) a la même valeur numérique que le mot עוני (Oni – pauvreté) = dans la vie il y a des hauts et des bas, parfois l’un monte tandis que l’autre descend.
[Baal haTourim]

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1°/ L'échelle (סולם) et Sinaï (םיני) ont tous les 2 une valeur numérique de 130.
Les anges représentent Moché et Aharon, et D. se tient au sommet de l'échelle tout comme Il se tiendra plus tard sur le Sinaï pour donner la Torah (Midrach).

La Torah, donnée au Sinaï et enseignée par des sages comme Moché et Aharon, constitue un pont jeté entre le ciel et la terre.

Un sage, un rav a :
-> d'un côté, la tête ("vérocho maguiya") qui baigne dans les hauteurs, dans les secrets de la Torah
-> d'un autre côté, il a les pieds sur terre, en étant proche et très à l'écoute des préoccupations de toute personne.

2°/ Yaakov a une vision des anges gardiens des 4 empires qui se lèveront pour dominer Israël.
Yaakov va voir chacun de ces anges gravir un nombre d'échelons correspondant aux années de domination de l'empire qu'il représente, puis en redescend :
-> l'ange de Babylone gravit 70 échelons et redescend ;
-> l'ange de Médie : de même pour 52 échelons ;
-> celui de Grèce : de même avec 180 échelons ;
-> mais Yaakov voit ensuite l'ange d'Essav grimper indéfiniment, symbole de notre exil actuel qui semble interminable.

A ce moment, Yaakov est pris de peur et ne s'apaise que lorsque D. lui promet : "Je te garderai partout où tu iras, et Je te ramènerai sur cette terre, car Je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce dont J'ai parlé à ton sujet" (28,15).

[On peut citer le Rachi (28,1) : "A l'annonce de la nouvelle que D. assurera sa protection, son cœur a "soulevé ses pieds" et il s'est senti léger pour poursuivre son chemin." ]

3°/ Yaakov a vu les anges qui l'avaient accompagné pour le protéger tant qu'il était en terre d'Israël, remonter au ciel pour être remplacés par d'autres qui l'escorteront pendant son séjour hors de la terre.
L'inverse s'est produit quand il est revenu dans le pays (Vayétsé 32,2) : les anges de la terre d'Israël sont redescendus pour l'accompagner.

=> Cette vision lui a fait prendre conscience de la sainteté de la terre d'Israël et lui a donné le désir d'y retourner.

[Israël est une terre si importante qu'elle a comme particularité d'avoir besoin d'anges (assurant la protection des justes) qui lui sont propre!]

4°/ Selon le Ramban et le Ibn Ezra, l'échelle est le signe d'un statut spécifique de Yaakov (et de ses descendants).

Les anges, qui sont les émissaires de D. chargés d'appliquer Sa volonté sur terre, montent continuellement au ciel pour recevoir Ses ordres, puis redescendent sur terre afin de les exécuter, si l'on peut s'exprimer ainsi.

Mais Yaakov et le peuple juif sont placés sous la providence directe de D., Qui Se trouve au sommet de l'échelle.

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-> Yaakov vit une "échelle dressé sur la terre" à Béer Chéva Son sommet "atteignait le ciel", en direction du Temple céleste.
Des anges montaient et descendaient le long de cette échelle ...

L'échelle était très grande et très large. Elle reposait sur 3 pieds, lesquels se référaient au mérite des 3 Patriarches.
Yaakov allait devenir l'un des piliers de l'univers.
[...]

Autour du Trône de gloire de Hachem se tenaient les 4 anges nommés : 'Hayot.
Ils ont respectivement l'aspect d'un être humain, d'un lion, d'un taureau et d'un aigle (cf. Yé'hezkel 1,10).
Celui à la forme humaine avait le même visage que Yaakov. C'est pourquoi les autres anges étaient frappés de stupeur. Ils "montaient" et voyaient les 'Hayot, et "descendaient" et voyaient Yaakov endormi avec le même visage.
Ils n'arrivaient pas à comprendre comment une même forme pouvait se trouver dans 2 endroits différents.

Les anges conçurent de la jalousie envers Yaakov et voulurent le tuer.
S'il était si unique pour que son visage soit gravé sur le Trône de gloire, comment pouvait-il quitter la Terre sainte pour aller ailleurs?
De plus, il abandonnait son père.
Les anges dirent : "Cet homme va hériter du monde! Il dominera tous les pouvoirs! Tuons-le!"
Néanmoins, d'autres anges prirent la défense de Yaakov.

=> C'est la raison pour laquelle la Torah dit : "des messagers divins montaient et descendaient le long de cette échelle".
Les accusateurs passaient à un niveau inférieur, et les défenseurs montaient à l'échelon supérieur.
En effet, dans les cieux, les choses ne sont évidemment pas comme dans ce monde.
Ici, quiconque parle en faveur d'Israël, les nations le haïssent, tandis que ceux qui dénoncent Israël sont honorés et nommés à de hauts rangs.
Dans le monde des anges, c'est le contraire. Les anges qui accusent Israël sont dégradés, tandis que ceux qui le défendent sont élevés.

[Par ailleurs,] Les anges qui vinrent pour détruire Sodome péchèrent quand ils révélèrent à Loth leur mission.
D. ne les avait pas envoyé dans cette intention, mais uniquement pour lui porter secours.
Ils dirent également : "Nous détruirons cet endroit" (Vayéra 19,13).
[En effet,] Comment pouvaient-ils affirmer qu'ils allaient détruire la ville, alors qu'ils n'étaient que les émissaires de D.?
Ils auraient dû affirmer la toute puissance de Hachem, car lui seul détient le pouvoir sur toute chose.

Plus tard, ils prièrent Loth de se hâter, car tant que celui-ci demeurait dans la cité, ils ne pouvaient accomplir leur mission (Vayéra 19,22).
Il ne fait aucun doute qu'ils étaient soumis à une autorité supérieure.
De plus, de même que D. est extrêmement exigeant à l'égard des tsadikim, à plus forte raison envers les anges.
Ces anges furent donc châtiés en étant exilés de la Présence Divine pendant 118 ans.

Ce n'est que lors du rêve de Yaakov que leur châtiment s'acheva. Ils purent à nouveau "monter" vers les cieux, car ils avaient accompagné Yaakov lors de son voyage de la maison paternelle jusqu'au mont Moriah.
Ils avertirent les autres anges en disant : "Venez et voyez Yaakov le juste parmi les justes dont le visage est gravé sur le Trône de gloire. Contempler son visage est un plaisirs toujours renouvelé."
Les autres anges "descendirent" alors pour le voir.

Les 2 autres anges qui s'étaient rendu à Sodome "montaient", tandis que les autres "descendaient" à la rencontre de Yaakov.

[Méam Loez - Vayétsé 28,12]

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+ "Puis Hachem apparaissait au sommet, et disait : "Je suis Hachem, le D. d'Avraham ton père et d'Itsh'ak ; cette terre sur laquelle tu reposes, je la donne à toi et à ta postérité" (Vayétsé 28,13)

-> Puisque les anges voulaient mettre en danger Yaakov, Hachem Lui-même s'en inquiéta.
D. se plaça aux côtés de Yaakov, et tous les anges accusateurs partirent.

[La Torah désigne la terre d'Israël comme "la terre sur laquelle tu reposes"]. Ceci nous enseigne que D. plia toute la terre d'Israël sous Yaakov pendant son sommeil, afin qu'il puisse en prendre possession en l'utilisant (selon le principe de la 'hazaka). [guémara ‘Houlin 91b]
[Méam Loez - Vayétsé 28,13]

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+ Egalement à propos de l'échelle :

-> Hachem révéla à Yaakov par l'intermédiaire de l'échelle, l'avenir d'Israël dans sa totalité.

L'échelle représente le grand autel [dressé dans le Temple de Jérusalem]. Elle repose sur la terre et atteint les cieux.
Le parfum des sacrifices s'élevaient vers le Ciel et D. les chérissait par-dessus tout.
Les "anges montant et descendant" désignent les Cohanim qui offraient les sacrifices [gravissant l'autel et en descendant].

L'échelle symbolise également la révélation au mont Sinaï et le fait que la Torah soit "descendue" des cieux.
L’échelle (סולם) et Sinaï (םיני) ont tous les 2 une valeur numérique identique de 130.
Les "anges" représentent Moché et Aharon qui "montèrent" vers les cieux et "descendirent" avec la Torah. Ils sont qualifiés "d'anges de D.
[le mot en hébreu correspondant à "ange" (mala'h) signifiant également : "messager"].

Ce rêve [de Yaakov] se réfère également à l'exil et à la destruction du Temple.
Les juifs endurèrent de grandes souffrances sous le joug de Nabuchodonosor, qui érigea une idole gigantesque (cf. Daniel 3,1).
Les "anges" 'Hanania, Mi'haël et Azaria "descendirent" dans la fournaise, et en sortirent indemnes.

Hachem lui présenta également le Temple tel que Salomon le construisit plus tard. Il lui en dévoila la destruction ainsi que la reconstruction et à nouveau sa destruction. Finalement, D. lui révéla comment il serait reconstruit à l'époque du machia'h pour l'éternité.
[l'échelle démarrait du lieu du Temple terrestre et elle "atteignait le ciel", en direction du Temple céleste.
Les anges descendants représentent les Cohanim prenant leur service dans le Temple au moment de son inauguration, et ceux remontants, l'arrêt de leur service suite à sa destruction (temporaire)]

Yaakov vit aussi tous les gardiens des grands empires.
L'ange de Babylone grimpa 70 échelons, puis descendit.
L'ange de Perse gravit 52 échelons et descendit.
L'ange de Grèce atteignit le 180e échelon avant de chuter.
Chaque échelon gravi correspondait à une année et indiquait donc la durée de chaque empire avant sa chute.
Yaakov vit ensuite l'ange d'Edom (Rome, la civilisation occidentale) gravissant l'échelle, et il ne put compter le nombre d'échelons qu'il arriva à franchir. Il ne le vit pas descendre.
Saisi de crainte, il dit : "C'est terrible. Cette civilisation va durer éternellement."
Hachem lui répondit : "Je te promets que tu monteras sans jamais descendre" ...

Il fut alors décrété que sa postérité subirait 4 exils, un pour chaque empire qu'il avait vu.
Yaakov eut la vision de l'avenir complet d'Israël. Il vit les anges de chaque nation "montant" et "descendant".
[Méam Loez - Vayétsé 28,15]

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-> Le midrach Tan'houma explique que Hachem a demandé à Yaakov de monter à l'image des anges, qui étaient les princes des nations du monde (qui finiront toujours par tomber un jour ou l'autre).
Hachem a alors déclaré que par conséquent de son refus, ses descendants seront frappés par ces princes des nations, au cours d'exils.

Le rabbi David Pinto explique ce choix de Yaakov :
Lorsque Yaakov a fait son rêve et que D. lui a demandé de monter sans devoir redescendre, il a refusé, sachant que seule la Torah acquise par l'effort est la plus authentique et la meilleure.
Or, par cette proposition, Hachem voulait la lui accorder sans fatigue.
Yaakov tenait à transmettre à ses descendants que les efforts sont indispensables pour mériter la Torah, c'est pourquoi il n'a pas répondu positivement à la demande de D., et a préféré rester sur terre pour acquérir la Torah par lui-même, dans la peine, plutôt que de la recevoir "gratuitement.
[l'essentiel n'est pas dans le résultat, la quantité de Torah que l'on apprend, mais dans la qualité de notre étude, dans les efforts que nous y investissons!]

C'est pour cette même raison qu'il a préféré l'exil pour sa descendance. En effet, grâce au joug de la servitude, ils acquerront la Torah par le labeur : les difficultés et les souffrances les amèneront à étudier avec plus de vigueur.
Leur Torah, obtenue dans la difficulté, multipliera leurs mérites, entraînant leur délivrance de l'exil final.

D'ailleurs, les exils ont entraîné une grande élévation au sein du peuple juif :
-> l'exil d'Egypte a engendré les miracles de la sortie d'Egypte, ainsi que la fête de Pessa'h, fête de la foi.
-> l'exil de Babylonie a donné naissance au Talmud de Babylone.
-> Grâce à l'exil de Perse et de Médie, les juifs ont accepté la Torah avec amour, comme il est dit : "ils ont accompli et ils ont accepté" (à Pourim).
-> l'exil de Grèce est à l'origine de la célébration de 'Hanoucca, fête de louange et de remerciement à D.
-> l'exil d'Edom a fait éclore des Tanaïm et Amoraïm, en rédigeant la Michna et la guémara.

[à l'image de l'olive qui produit son jus en étant compressée, les juifs produisent ce qu'ils ont de mieux en eux sous la pression de l'exil!
Certes sur le moment c'est dur, mais au final que le résultat est sublime, et ce pour notre éternité!]

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-> On peut noter que les mots הנה סלם (iné soulam - voici l’échelle) totalisent la même valeur numérique [190] que le mot קץ (kéts - fin de l'exil). Yaakov a vu les 4 futurs exils du peuple juif (Babel, Perse, Grèce et Rome), par le biais des anges qui montaient et descendaient par cette échelle.

Nous pouvons également remarquer que le mot סולם (soulam) développé (bémilouï) : סמך ויו למד מם , totalise la valeur numérique de 1336 (selon la règle où les lettres ך et ם ont pour valeur numérique : 500 et 600), faisant ainsi allusion au Kets (la fin des Temps) de Daniel : "Heureux celui qui attendra avec confiance et verra la fin de 1335 (d’Exil – le "1336e" jour ouvrant la période de la Délivrance)" (Daniel 12,12).

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-> Yaakov vit une "échelle dressé sur la terre" ... en direction du Temple céleste. Des anges montaient et descendaient le long de cette échelle.

Le rabbi de Klausenbourg enseigne :
Si nous essayons de s'élever et de se transformer rapidement en des anges ("des anges montaient"), alors nous allons retomber ("descendaient").
Une montée spirituelle doit se faire par des actions répétées et nous devons avancer à petits pas, jusqu'à ce que l'intellect suive.

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=> Pourquoi à l'image des anges, Yaakov n'a-t-il pas grimpé lui aussi l'échelle pour aller vers le Ciel?

Le Imré Emet a répondu à cette question de son fils le Pné Ména'hém : parce qu'il est écrit : "Et voici que Hachem se tenait au-dessus de lui" (Vayétsé 28,13) = Hachem était tout proche de Yaakov, et ainsi il n'avait aucune raison de monter l'échelle!

-> Le Maharitz Dushinsky enseigne :
Le Ciel est généralement considéré comme étant en haut car la Présence Divine est principalement là-bas, et la terre est appelée en bas car elle est plus distante de la révélation de la Présence d'Hachem. Cependant, il n'est pas forcé que cela soit dans cet ordre là.
Lorsque Yaakov a eu son rêve prophétique, Hachem était très présent sur terre ("voici que Hachem se tenait au-dessus de lui"), et c'est ainsi qu'à ce moment la terre était en haut et le Ciel en bas (D. y étant plus présent).
Lorsque le verset dit que les anges montaient, cela signifie qu'ils allaient du Ciel vers la terre.
Généralement, cela se fait du haut vers le bas (en descendant), mais à ce moment précis cela s'effectuait du bas vers le haut (en montant), car la Présence Divine résidait principalement sur terre.

-> D'après le Sfat Emet et le 'Hatam Sofer : "les anges descendaient" (28,12) = les anges étaient inférieurs à Yaakov.
Généralement les anges sont bien davantage saints que les humains, mais une personne peut se sanctifier au point où les anges deviennent inférieurs à elles.
[on comprend ainsi que Yaakov s'est tellement élevé qu'il a d'une certaine façon inversé l'ordre basique des choses : humain -> anges -> Hachem, en le transformant en : anges -> Yaakov (humain) -> Hachem, ce qui explique que D. se tenait avec lui (le Ciel devenant alors en bas).]

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-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne sur "les anges montaient et descendaient le long de cette échelle" (Vayétsé 28,12) :
"Nos Sages (midrach Béréchit rabba 68,12) disent que les anges de service sont descendus du haut des Cieux pour contempler le rayonnant visage gravée sur le Trône de Gloire.
Par Yaakov, alors qu'il est encore en vie, Hachem se couvre de gloire. Il a gravé son visage sur le Trône de Gloire. Et cette glorification, les anges de service veulent la voir de façon concrète. C'est incroyable!

Dans la suite du midrach (Béréchit rabba 69,3), nos Sages rapportent un exemple fantastique illustrant ce qui se passait autour de Yaakov : ils disent qu'il ressemblait à un prince, un nouveau-né du roi, qui dormait dans son berceau. Les mouches volaient autour de lui pour profiter de la proximité du magnifique bébé, jusqu'au moment où arriva la nourrice du fils du roi qui chassa toutes les mouches ...
Ici également : les anges se sont réunis autour de Yaakov comme des mouches, jusqu'au moment où Hachem est descendu. Alors ils ont fui.

C'est vraiment extraordinaire! Nos Sages ne comparent pas les anges de service à des enfants qui fuient ... Ils les comparent à des mouches. En ce qui concerne les mouches, elles n'ont pas de valeur. De la même manière, les anges comparés à Yaakov, étaient pour ainsi dire, comme des mouches.

Nous n'avons pas la moindre idée de ce que représente "un ange".
Nous ne pouvons donc pas comprendre qui était notre Patriarche Yaakov, auquel les anges de service, face à lui, sont comparés à des mouches!"