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"D. parla à Israël dans les visions de la nuit et Il dit : Yaakov, Yaakov" (Vayigach 46,2)

-> Rachi commente : D. en l'appelant 2 fois par son nom, lui témoigne Son amour.

-> Bien que Hachem ne soit jamais apparu de nuit à Avraham ni à Its'hak, Il apparaît, dans cette paracha et dans celle de Vayétsé, à Yaakov dans une vision nocturne parce que celui-ci est sur le point de quitter la terre d'Israël pour un très long exil.

Ainsi, D. se révèle pour lui faire comprendre que même au cœur de la nuit, dans les ténèbres de l'exil, la présence divine ne l'abandonnera pas.

C'est également pour cette raison que Yaakov a institué la prière du soir, Arvit, montrant ainsi à ses enfants que dans l'exil ou la nuit, Celui qui s'est révélé à lui la nuit, les protégera dans l'exil et les ténèbres.

[le Méchekh 'Hokhma]

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-> Au moment où Yaakov s'apprête à descendre dans ce pays de grande impureté, et que va commencer à peser l'obscurité de l'exil, il était nécessaire qu’Hachem soit encore plus proche de Yaakov et de ses enfants pour les protéger de l’impureté.

C'est pourquoi, Hachem se révéla à lui dans la nuit, allusion à l’obscurité de l’Egypte, et c’est alors qu’Il l’appela : "Yaakov Yaakov", ce qui exprime une affection particulière, puisque désormais, il était encore plus nécessaire d’avoir la Proximité Divine.

[Pirké Aharon]

D'ailleurs, il est écrit ensuite : "[D. a dit : ] Moi-même Je descendrai avec toi en Egypte, et Moi Je t’en ferai sûrement aussi remonter." (Vayigach 46,4)

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+ "Toutes les personnes (kol hanéfech) de la maison de Yaakov arrivée en Egypte : 70." (Vayigach 46,27)

-> Selon une des explications, pour arriver à ce compte total de 70 personnes, on doit y ajouter la présence divine, elle-même, qui est venue compléter le tout.
En effet, D. s'est joint à eux, si l'on peut s'exprimer ainsi, pour tenir la promesse fait à Yaakov : "Je descendrai avec toi" (v.46,4).

-> Une autre explication est que la 70e personne est Yo'hévét, la sœur de Lévi, qui naquit dans l'enceinte de la capitale égyptienne. Elle fut conçue en Canaan, et sa mère était dans son 9e mois lorsqu'ils descendirent en Egypte.
Certains disent que la naissance de Yo'hévét intervint alors qu'ils approchaient de la capitale égyptienne, d'autres affirment qu'elle naquit le jour de leur arrivée en Egypte....
[...]
La Torah fait ce décompte afin de nous faire comprendre l'immense bonté de Hachem à notre égard.
Dans la Haggada de Pessa'h nous récitons le verset : "Avec 70 personnes, nos pères descendirent en Egypte, mais maintenant D. nous a fait aussi nombreux que les étoiles dans le ciel" (Ekev 10,22).
[Méam Loez - Vayigach 46,26-27]

[le miracle est prodigieux : après 210 ans d'exil et d'esclavage, la nation juive passe de 70 âmes (lors de leur descente en Egypte) à 600 000 hommes d'âge moyen parmi une population de plusieurs millions de personnes.]

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-> selon une opinion, Dina avait un fils et il est inclus dans ce compte sans que la Torah ne précise son nom.
-> certains commentateurs sont d'avis que Yaakov est compris dans ce nombre bien que la Torah parle de 70 membres de la famille de Yaakov sans mentionner son nom.
-> Pour d'autres, le nombre de 70 est arrondi à la dizaine supérieure et ne représente pas un compte parfaitement exact.
[rabbi Yossef Deutsch]

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=> L'obscurité de l'exil ne signifie pas que Hachem s'est éloigné de nous, au contraire il est plus présent que jamais à nos côtés, afin de nous aider et nous soutenir.

De même à un niveau personnel, lors des moments obscures, difficiles de notre vie, il faut avoir conscience que D. est davantage présent proche de nous.
[à l'image d'un père qui laisse son fils apprendre à marcher (nécessaire à son évolution), qui partage sa douleur de le voir tomber et qui se tient tout près pour le relever! ]

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-> "D. parla à Israël dans les visions de la nuit et Il dit : Yaakov, Yaakov" (Vayigach 46,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Quand Hachem s’adresse a Yaakov au moment de descendre en Égypte pour voir son fils Yossef. Le verset cite le nom Israël mais l’appelle : Yaakov, Yaakov.
A la différence d’Avraham et de Sarah, Yaakov, même en ayant change de nom pour Israël, conserve aussi son ancien nom. Et au moment de descendre en Égypte dans une terre impure ou Yaakov s’inquiète pour sa descendance, Hachem choisit de l’appeler Yaakov deux fois. Car 2 fois la valeur numérique de "Yaakov" équivaut à 3 fois "Goy Gadol" pour assurer a Yaakov que même en Égypte Yaakov va donner naissance à 3 grands peuples : les Cohanim, les Levi'im et les Israelim.

"Israël se mit en route avec tout ce qu'il avait, et arriva à Béer Chéva ; il offrit des sacrifices au D. de son père Its'hak" (Vayigach 46,1)

-> Nos Sages enseignent que Yaakov aurait dû descendre en Egypte avec des chaînes, pour commencer l’exil d’Egypte. Mais, finalement Hachem a eu pitié et Il a envoyé Yossef en préalable, et Yaakov descendit pour le rejoindre.
[midrach Béréchit rabba 86,1 ; guémara Shabbath 89]
Que cela signifie-t-il?

En réalité, pour en venir à vivre en Egypte, Yaakov devait "descendre" (moralement) progressivement, niveau après niveau, à l’image d’une chaîne (d’un enchaînement), jusqu’à pouvoir en venir à vivre en Egypte, pays extrêmement bas.

Cependant, Hachem a ordonné les événements de sorte que par la venue préalable de Yossef en Egypte, celui-ci a préparé spirituellement ce pays pour que Yaakov puisse y venir tel qu’il était, sans aucune descente morale.

['Hidouché haRim]

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+ "il offrit des sacrifices au D. de son père Its'hak"

Pourquoi Yaakov a-t-il mentionné à propos des sacrifices le D. de Its'hak, plutôt que de dire "au D. de ses ancêtres"?

-> Its'hak est le seul Patriarche qui n’est pas descendu en Egypte, et c'est pourquoi, le mérite de la terre d’Israël l'accompagnait.
Yaakov présenta ici le mérite de Its'hak, qui ne descendit jamais en Egypte, pour que ce mérite le conduise à vite remonter de l’Egypte et à ne pas s’y éterniser.

[Kédouchat Lévi]

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-> Yaakov savait qu’il allait être puni pour ne pas avoir honoré son père pendant les 22 ans qu’il s’était absenté et qu’il était chez Lavan. A présent, quand 22 ans étaient passés depuis la disparition de Yossef, et qu’il s’apprêtait à retrouver son fils, Yaakov sut que désormais la punition venait de s’achever.

En effet, il souffrit 22 ans de l’absence de son fils, pour les 22 ans où il n’avait pas pu respecter ses parents. Alors, il se réjouit d’avoir fini de payer cette faille et remercia Hachem car à présent il était finalement nettoyé de cette faute.
C’est ainsi que pour remercier Hachem, il offrit des sacrifices : "au D. de son père Its'hak", car la punition pour ne pas avoir honoré son père pendant ces 22 ans, venait de s’achever.

[Zéved Tov]

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-> Rachi commente : On est tenu d’honorer son père plus que son grand-père. C’est pourquoi le texte rattache ici son acte à Its'hak, et non à Avraham.

-> Le Maharcham enseigne :
Avraham a obtenu sa croyance en Hachem par le biais d'une recherche philosophique, tandis que Its'hak a reçu une croyance claire et totale en D. depuis sa naissance.
Afin de pouvoir survivre à la dureté de l'Egypte, les juifs auront besoin de la croyance claire de Its'hak, et c'est pour cela qu'il est mentionné ici en même temps que le Nom de Hachem.

De même, à Roch Hachana, nous rappelons la Akédat Its'hak, car il a étendu son cou d'une foi parfaite en son père, persuadé qu'il avait reçu la mitsva de se faire égorger.

"Yéhouda s'approcha (vayigach) de lui [Yossef]" (Vayigach 44,18)

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 93,7), lorsque Yéhouda s'est approché de Yossef afin d'essayer de libérer Binyamin, il est devenu en colère et a crié si fort, que son cri pouvait s'entendre à une distance de 400 parsot (environ 1800 km!), jusqu'à ce que 'Houchim ben Dan, qui était sourd, ait pu l'entendre.

A quel point son cri était fort?

Il était si puissant qu'il a été entendu à travers toute l'Egypte, et a entraîné la chute des dents de chaque personne qui l'a entendu.
C'est alors que 'Houchim est venu de Canaan, et il s'est joint aux cris de Yéhouda.

-> Le Avnei Azel explique que Binyamin, dans son état de captivité et de séparation de son père (Yaakov), symbolise les jeunes juifs arrachés à leur papa Hachem, à leur judaïsme.

La majorité des gens ne font rien en réponse à cela, mais il y a quelques rares "Yéhouda", qui ressentent une responsabilité personnelle envers cette situation, et ils crient.
Leurs cris réveillent alors les " 'Houchim", ces gens qui étaient au préalable "sourds" à cette situation difficile de l'assimilation des juifs, et ils se joignent alors aux "Yéhouda" pour crier.

=> b"h, que nous puissions faire partie de cette élite du peuple juif, qui ne reste pas insensible au fait que d'autres frères vivent une vie selon les standards non-juifs.

En criant par amour de voir nos frères perdre leur surdité au judaïsme, nous leur permettons de revenir parmi nous.

[ Au-delà des actions concrètes qui peuvent être menées, lorsque Hachem voit que nous crions en prières de tout notre cœur, afin que nos frères qui se sont éloignés puissent nous rejoindre autour de la Torah, Il va tout faire pour que la famille des juifs se retrouve au complet, très très bientôt b"h

Il est inenvisageable que nous ne soyons pas tous présents et le plus méritants, lors de la venue très très prochaine du machia'h!! ]

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-> "Les fils de Dan furent 'Houchim (חשים)" (Vayigach 46,23)
Bien que Dan n'eut qu'un seul enfant, le verset parle au pluriel "les fils de Dan", du fait de son importance particulière. En effet, le Machia'h Ben David sera, de par sa mère, descendant de 'Houchim fils de Dan.
C'est aussi pour cela que le nom חשים ('Houchim) est écrit sans la lettre Vav, de sorte qu'il compose les lettres du mot משיח (Machia'h).
Car la mère du Machia'h sera une de ses descendantes. C'est aussi pour cela que deux tribus sont comparées au lion, la tribu de Yéhouda et celle de Dan. Car ces 2 tribus sont en lien, le père du Machia'h descendra de Yéhouda et sa mère de Dan.
[Kanfé Yona]

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-> Selon le Yalkout Réouvéni, la voix des 2 frères était tellement élevée que l'intégralité des villes de Pitom et de Ramsès a été détruite.
C'est la raison pour laquelle, par la suite, les égyptiens ont insisté pour que les juifs soient responsables de leur reconstruction.

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-> "Que ton serviteur parle aux oreilles de mon maître" (Vayigach 44,18)
Yehouda demanda à Yossef le droit de pouvoir parler directement à ses oreilles, sans passer par l'interprète. Mais cela est étonnant, car Yéhouda parlait l'hébreu et ne connaissant pas la véritable identité du vice-roi, il ne savait pas qu'il comprenait l'hébreu. Comment veut-il parler à un homme une langue qu'il est censé ne pas connaître ?
La langue du coeur est comprise par tout le monde, en toute langue, et n'a pas besoin d'interprètes ni de traducteurs. De même, Yehouda voulait s'adresser directement à Yossef, sans interprète, il voulait lui parler avec
son coeur et ainsi le sensibiliser encore bien plus, même si l'homme face à lui ne comprendrait aucun mot de son discours.

"Mon fils est encore vivant, je vais aller le voir avant de mourir" (Vayigach 45,28)

Toutes les actions d’une personne laissent une trace sur leur visage.

Le Alchikh Hakadoch rapporte que Yaakov détenait la sagesse de lire dans les visages.

C'est pourquoi il voulait voir Yossef pour examiner son visage, et vérifier s’il était toujours vivant spirituellement parlant (si c'était un tsadik), malgré avoir passé 22 ans dans la grande impureté de l'Egypte.

"Je suis Yossef ; mon père vit-il encore?
Ses frères ne purent lui répondre, car ils avaient été frappés de stupeur devant lui" (Vayigach 45,3)

-> "Si déjà les remontrances d'un être humain (Yossef, leur jeune frère) ont eu un tel effet de stupeur, à plus forte raison les remontrances d'Hachem sur nos actions terrestres (auront un tel effet)"
[guémara 'Haguiga 4b]

Le Maharcha ajoute : notre jugement individuel dans le Ciel ne portera pas seulement sur nos paroles et nos actes, mais aussi sur ce que chacun aurait pu faire avec ses qualités et ses potentialités, et qu'il n'a pas réalisé.

-> "Rabbi Chimon ben El'azar dit : 'Malheur à nous au jour du jugement, malheur à nous au jour des remontrances ... Si déjà les grands frères n'ont pas su répondre à leur frère cadet, tant ils étaient éberlués devant lui, à plus forte raison quand D. viendra réprimander chacun de nous selon ses actions."
[midrach Yalkout Chimoni Béréchit 152]

-> Rabbi 'Haïm Chmoulévitch (Si'ha 23) enseigne :
Les frères de Yossef, qui jusqu'à ce jour ont toujours considéré être dans leur bon droit en agissant ainsi envers leur jeune frère, prennent brusquement conscience de leur erreur de jugement et d'évaluation, et pris de stupeur, ils ne peuvent plus répondre de leur acte.

Toutes les bonnes raisons qu'ils avaient pour justifier leur comportement envers Yossef ne résistent pas devant ces vérités.

La décision de tuer Yossef, transformée en une vente, avait pour but l'annulation de la réalisation de ses rêves, mais non seulement cela n'a pas pu empêcher son ascension à la royauté, mais de plus, c'est ce geste qui a permis l'accélération et la réalisation de ses rêves.

Les moyens mis oeuvre pour atteindre un résultat donné sont entre les mains de l'homme, mais le résultat de cette action ne dépend que de Hachem.

Nous serons jugés sur nos efforts et sur les moyens utilisés pour atteindre un but, et non sur le résultat.

Par ailleurs, même si une finalité nous semble noble, cela ne doit pas justifier l'utilisation de moyens "impropres" (ex: ici faire souffrir Yaakov pendant 22 ans!).

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-> Au moment où Yossef a dit : "Je suis Yossef", le plan de D. est apparu aux frères dans toute sa limpidité et aucune question ne s'est plus posée.
C'est ainsi qu'il en sera, plus tard, lorsque D. Se révélera et annoncera : "Je suis Hachem!"
Tous les yeux (juifs et non-juifs) s'ouvriront et l'on comprendra toutes les péripéties qui ont jalonné le cours de l'histoire.
[le 'Hafets 'Haïm]

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-> "Lorsque les frères rencontrèrent Yossef, ils reconnurent les traits de son visage, et ils comprirent que c'était le visage de leur frère Yossef. Toutefois, ils ne pouvaient admettre que Yossef était devenu roi.
Il était pour eux absolument impossible qu'un esclave atteigne le trône. Ainsi, ont-ils supposé qu'il s'agissait là d'un homme égyptien qui ressemblait à Yossef, mais il ne pouvait nullement s'agir de leur frère".
[midrach Ohr 'Hadach]

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-> "Une personne voit tous les défauts, à l'exception des siens" [Négaïm 2,5]

-> "Se trouve-t-il un seul individu, dans cette génération, qui soit apte à faire des remontrances? Il voit la paille dans l’œil du voisin, et ne voit pas la poutre dans le sien!" [le Sifri sur la guémara Arakhin 16b]

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+ Abba Kohen Bardela (midrach Béréchit Rabba 93,10), discerne un élément de réprimande dans l’annonce faite par Yossef :
"Malheur à nous au jour du Jugement! Malheur à nous au jour de la Réprimande!
Si les frères n’ont pas su supporter sa réprimande, lui qui était le plus jeune, à plus forte raison quand D. viendra réprimander chacun selon ce qu’il est."

Selon le Beit haLévi, cela signifie que chacun d'entre nous devra faire face :
-> à un jour de jugement : nous serons tenus pour responsable des fautes que nous avons commises durant notre vie ;

-> et à un jour de remontrances : en plus du prix à payer pour nos fautes, on nous montrera l’hypocrisie de chacune des excuses que nous avons pu avoir.
Un remontrance (to'ha'ha) est le fait de rendre apparent la sottise d'agir d'une telle façon, et pourquoi il faut absolument changer.

D'abord on nous exposera nos fautes. Sur ce, nous voudrons nous expliquer et ramener plein de bonnes raisons pour les justifier.
C'est pour cela qu'immédiatement, suite à cela, il va y avoir des remontrances, où toutes nos justifications vont voler en éclat, et seul le 100% vérité va rester.

C'est alors que le jugement peut se tenir, sans interruption, jusqu'à ce que justice soit faite.

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-> "D. viendra réprimander chacun selon ce qu’il est" (midrach Béréchit Rabba 93,10)

Nous serons jugés en fonction du vrai nous-même.

Nous ferons face à toutes nos contradictions internes sur nos valeurs.
Par exemple, nous justifierons le fait de n'avoir pas pu aller à la synagogue le matin. On nous montrera alors la vidéo de toutes les fois où nous avons pu nous lever tôt lorsqu'il s'agissait de nos occupations personnelles.

Nous affirmerons ne pas avoir pu donner davantage à la tsédaka car nous ne le pouvions pas, mais est-ce que nous tenions le même langage pour nos dépenses personnelles non vitales?

Le jugement ne portera pas sur ce que nous ne pouvions pas faire, mais sur ce qui était dans nos possibilités, et que nous n'avons pas fait, préférant le justifier par des excuses malhonnêtes.

Nous verrons alors ce que nous aurions pu devenir, ce que nous aurions pu obtenir par nos prières, et nous verrons de façon apparente à quel point nos excuses étaient vides de vérité, donc inexistantes.

Nos Sages affirment d'ailleurs que le plus douloureux n'est pas la punition pour nos fautes, mais ce choc face à la vérité, ce sentiment horrible d'être plein de regrets : "Comment ai-je pu croire à ces justifications si minables, et avoir aussi peu fait de ma vie!"

[nous risquons d'être des criminels, car nous avons tué la personne magnifique que nous pouvions être!]

=> Essayons d'être honnête et sincère avec nous même, et ne pas hésiter à bénéficier du regard d'autrui, afin d'avoir une remontrance finale qui soit la moins amère possible.

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-> Le Beit haLévi explique que Yossef savait que s'il faisait directement une remontrance à ses frères pour l'avoir vendu, ils pouvaient facilement se justifier en disant : "Yossef, nous avons fait exactement ce qu'il fallait faire. Nous avons réuni un beit din et jugé que tu devais mourir".

Puisqu'ils considéraient que Yossef méritait son sort, une approche frontale n'aurait pas fonctionné.

Ainsi, Yossef a élaboré un plan pour Binyamin, le rendant coupable d'un crime entraînant son emprisonnement.
Au début de la paracha, dans son plaidoyer pour Binyamin, Yéhouda, qui représentait ses autres frères, fait appel à de la compassion pour Yaakov, leur vieux père, qui risque d'en mourir en apprenant cela (cf.Vayigach 44,31).

Yaakov s'est alors tourné vers ses frères, et a demandé : "Je suis Yossef ; mon père vit-il encore?"
Cela était un message clair : "Vous affirmez que la perte de son fils chéri va tuer votre père, mais alors comment avez-vous pu me vendre en esclavage? N'avez-vous pas réalisé que cela aussi pouvez 'tuer' notre père?"

Face à leur contradiction interne : "Ses frères ne purent lui répondre, car ils avaient été frappés de stupeur devant lui".

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+ On a pu voir, b"h, 2 midarchim ayant un contenu similaire, mais se terminant de façon légèrement différente :

-> "A plus forte raison quand D. viendra réprimander chacun de nous selon ses actions" (léfi maasaï)"
[midrach Yalkout Chimoni Béréchit 152]

-> "A plus forte raison quand D. viendra réprimander chacun de nous selon ce qu’il est (léfi ma chéou)"
[midrach Béréchit Rabba 93,10]

Selon le rav Acher Weiss, on retrouve cette distinction dans notre paracha :
-> selon vos actions : "Je suis Yossef votre frère, que vous avez vendu en Egypte" (Vayigach 45,4)

C'est une remontrance sur les actions qu'ils ont pu faire : le jeter dans le puits, le vendre en tant qu'esclave, tremper sa tunique dans le sang et prétendre qu'il a été tué.

-> selon ce que vous êtes : "Je suis Yossef! Est-ce que mon père est toujours vivant?" (Vayigach 45,3)

C'est une remontrance sur ce qu'ils sont, sur leur trait de caractère.
Yossef utilise : "MON père", et non : "NOTRE père", comme une subtile allusion au fait qu'ils ont pu agir sans cœur, en oubliant ce qu'il pourrait ressentir pour la perte de son fils.

Ses frères l'ont vu pendant 22 ans dans un deuil inconsolable, est-ce qu'ils ont tout mis en oeuvre pour le retrouver et le rendre à leur père?

Cela a été la remontrance la plus douloureuse.

=> Nous nous devons de faire attention, non seulement à nos actions, mais également à notre attitude, notre état d'esprit, car nous aurons des comptes à rendre là-dessus.

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-> Après une longue discussion avec Yéhouda, Yossef finit par se dévoiler à ses frères. Alors, il leur dit : "Je suis Yosseph". La Torah relate qu'en entendant ces mots, "ses frères ne purent lui répondre, car ils étaient perturbés devant lui".
En apparence, on aurait tendance à expliquer qu'ils furent perturbés de par la peur que Yossef ne se venge. Mais, nos Sages expliquent qu'en réalité, ils furent perturbés par la honte. Les frères reçurent les propos de Yossef comme une profonde réprimande et remise en cause, et en ressentirent une grande honte.
Et nos Sages de conclure que cette réprimande était à l'image de la réprimande qu'Hachem adressera à l'humanité dans les temps futurs.
=> Cependant, on peut s'interroger sur tout cela. D'une part, en quoi les mots : "Je suis Yossef" constituent-ils une réprimande, alors qu'en apparence, par ces termes Yossef ne fait que se dévoiler à ses frères? Et d'autre part, quel lien y a-t-il entre ce passage et la réprimande qu'Hachem adressera au monde dans les temps futurs?

En fait, il faut savoir au préalable que le comportement et le mode de vie de Yossef se distinguaient de ceux de ses frères.
- Les autres tribus s'isolaient pour servir Hachem. Pour eux, on ne peut s'élever spirituellement qu'en s'éloignant du monde matériel et profane. Il est nécessaire d'adopter un comportement visiblement pieux, en recul avec le monde.
- Mais Yossef voyait les choses différemment. Il optait plutôt quant à lui pour cacher sa piété sous une apparence de superficialité. Il adoptait des habitudes profanes, soignait sa coiffure et son vestimentaire, et dissimulait sa sainteté.
C'est d'ailleurs cette attitude qui suscita l'intérêt de la femme de Potifar, qui le trouvait beau et séduisant, jusqu'à vouloir l'attirer à elle. Et même quand il devint vice-roi de l'Egypte, Yossef poursuivit cette manière d'être. Il était mêlé aux affaires politiques et économiques du pays.
Extérieurement, on ne pouvait distinguer sa grandeur. Mais, au fond de lui, dans ses pensées et dans son cœur, il était pleinement attaché à Hachem.
Il utilisait un revêtement profane pour y envelopper une redoutable sainteté et une très grande proximité avec Hachem.
Si pour ses frères, le monde matériel était à éloigner, ne pouvant servir de moyen pour servir le Créateur. Pour Yossef, la matérialité est un vecteur de sainteté. Il se servait du profane pour l'emplir discrètement de sainteté.
Ce monde n'était pas à écarter.

Ainsi, ne remarquant que l'apparence superficielle et profane de Yossef, ses frères ne sont pas parvenus à saisir sa grandeur et sa sainteté.
Pour eux, Yossef s'était éloigné du droit chemin et menait une vie ancrée dans le matériel. Rien de bien ne sortirait de lui. Ils finirent aussi par s'en débarrasser.
La profonde sainteté que dissimulait Yossef, ils ne la remarquèrent pas ni ne la distinguèrent.
Mais quand Yossef finit par se dévoiler à ses frères, alors qu'auparavant sa sainteté était constamment cachée et il ne l'avait encore jamais mise à jour, mais à ce moment là, il la laissa se dévoiler. La lumière intense de sa sainteté éclata au grand jour.
C'est dans cet état de grande élévation qu'il formula les mots : "Je suis Yossef!"
Et enfin, pour la première fois, ses frères se trouvèrent face à la grandeur si puissante de Yossef. Enfin, ils comprirent qu'au delà de son apparence d'homme simple et profane, se cachait un être redoutable en sainteté.
Et là, ils furent perturbés "devant lui", ou littéralement : "de sa face" (mipanav - מפניו) = c'est qu'en voyant l'éclat qui rayonnait de son visage, ils en furent perturbés. A cet instant, ils comprirent qu'ils s'étaient grandement trompés à son sujet, et qu'ils avaient en réalité affaire à un homme saint. Ils ressentirent une grande honte de cette erreur. C'était pour eux une vraie réprimande.

=> Dans les temps futurs aussi, Hachem se dévoilera dans le monde matériel et proclamera : "Je suis Hachem".
Alors, on comprendra que ce monde, que l'on a utilisé pour son profit et parfois même pour se laisser aller à des fautes, qu'il était en réalité empli de la Lumière Divine qui s'y cachait.
Et alors, on ressentira aussi une grande honte, d'avoir utilisé un monde empli de Divinité, pour transgresser la Volonté Divine, ce qui constitue une offense au sacré.
Cette réprimande future sera bien à l'image de celle de Yossef.

[d'après le rav Mikaël Mouyal]

"Il [Yossef] donna à tous, individuellement, des habits de rechange ; mais à Binyamin, il donna 300 pièces d'argent et 5 habits de rechange" (Vayigach 45,22)

-> Yossef a donné 2 tenues vestimentaires à chacun des 10 frères (Ibn Ezra), afin qu'ils s'habillent avec la distinction convenant aux frères du vice-roi (Rabbi Avraham ben haRambam), et ils remplacèrent les vêtements qu'ils avaient déchiré dans leur détresse (cf. Mikets 44,13).

Mais il a fait un cadeau beaucoup plus généreux à Binyamin, qui était son seul vrai frère (les 2 ayant la même mère).

-> La guémara (Méguila 16b) demande comment Yossef, lui-même victime de la jalousie, a pu agir d'une façon susceptible d'éveiller un tel sentiment (5 vêtements à Binyamin, et 2 aux autres).

Selon Rabbi Binyamin bar Yéfét, Yossef a donné à Binyamin une allusion au fait que Mordé'haï, lui-même descendant de Binyamin, parcourra les rues de Suze vêtu des 5 habits royaux.
[En effet, il est écrit :
- "Mordé'haï, fils de Yaïr, fils de Sim'i, fils de Kich, de la tribu de Binyamin" (Méguilat Esther 2,5) ;
- "Mordé'haï sortit de chez le roi en costume royal (1), bleu d'azur (2) et blanc (3), avec une grande couronne d'or (4) et un manteau de byssus (5) ..."]

[Le Tsor haMor dit que les 300 pièces d'argent représentent les 300 dignitaires amalécites que Mordé'haï, descendant de Binyamin, mettra à mort.
La Pessikta Zouta fait remarquer que le nom : "Mordé'haï" (מָרְדֳּכַי) a une guématria de 274, et si on lui rajoute le 26 du Nom Divin, alors cela donne 300.]

-> Selon le Gaon de Vilna (Shénot Eliyahou), puisque ces 5 vêtements sont uniquement une allusion à des événements futurs, il est probable que leur valeur globale avait la même valeur que les 2 habits qui ont été donnés aux autres frères.

Dans notre verset, pour les frères le mot habit ('halifot) s'écrit : "חֲלִפוֹת", tandis que pour Binyamin, il s'écrit sans le vav : "חֲלִפֹת", afin de suggérer que chacun des habits qu'il a reçu, n'était pas particulièrement de valeur.

=> Les tribus n'avaient aucune raison d'en être jalouses.

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-> b"h, Nous venons d'expliquer la différence en ce qui concerne les vêtements, mais qu'en est-il des pièces d'argent?

Nous allons voir ci-après la réponse de Rabbi Méïr Yé'hiel haLévi (l'Ostrovtzer Rebbe)

Les 12 enfants de Yaakov servaient chacun leur tour leur père, tandis que les autres étaient dehors avec les troupeaux (cf. Rachi sur Vayéchev 37,29 : Réouven n'avait pas assisté à la vente [de Yossef], car c'était son tour, ce jour-là, d'aller servir son père).

Cette rotation quotidienne n'était valable que durant 300 journées de l'année, les autres jours (Shabbath, les Yom Tov) étant des moments où ils étaient tous à la maison, et durant lesquels ils s'occupaient tous ensemble des besoins de leur père.

Si nous divisons ces 300 jours de l'année par les 12 enfants, nous pouvons noter que chacun s'occupait individuellement de Yaakov pendant 25 jours (300/12).

Lorsque Yossef a été vendu, il manquait alors 1/12e de la main-d'oeuvre, les autres frères devant prendre sur eux les jours qu'il faisait auparavant.

Yossef a été absent pendant 22 années, ce qui représente : 550 jours (22*25) durant lesquels il n'a pas fait son tour auprès de son père.
Les 11 autres frères se sont partagés ces jours, soit 50 jours chacun (550/11).

Ainsi, d'une certaine façon, Yaakov devait à chacun de ses frères 50 jours de travail.

Cependant, il pouvait leur répondre : "C'est de votre faute! Vous m'avez vendu, m'empêchant ainsi de servir mon père. Je ne vous dois rien!"

La seule personne avec laquelle il était véritablement endetté, est Binyamin, qui n'a pas été impliqué dans la vente de Yossef (puisqu'étant à la maison en train de servir son père).
C'est pourquoi, Yossef lui devait 50 jours de travail injustifié.

Le midrach (Béréchit Rabba 61,7) dit qu'un travailleur en moyenne reçoit un salaire de 1 dinar par jour.

Un dinar est l'équivalent de 6 pièces d'argent.
Yossef a payé Binyamin pour ses 50 jours, à un prix de 6 pièces d'argent.
=> Il lui a donné 300 pièces d'argent (50*6).

[Les autres frères n'ont aucune raison d'en être jaloux.]

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-> Le 'Hida rapporte au nom du Rokéa'h ce que le 'Hizkouni explique également.
Nos Sages (guémara Guittin 44a) ont dit : dans le cas d'un serviteur qui est vendu à un non-juif, le maître a l'obligation de venir le racheter jusqu'à 10 fois son prix.
Nous voyons dans la Torah (Michpatim 21,32) que le prix d'un simple serviteur s'élève à 30 sicles. Or, puisque les frères de Yossef l'avaient vendu à des non-juifs, il incombait à chacun d'entre eux de le racheter, selon la loi, jusqu'à 10 fois son prix, c'est-à-dire 300 sicles d'argent.
Mais lorsque Yossef leur a accordé son pardon, chacun des frères a donc gagné une somme de 300 pièces d'argent.
Quant à Binyamin, il n'avait pas participé à la vente, et c'est pourquoi Yosef lui a réellement fait présent de 300 pièces d'argent, sans éveiller de jalousie.

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-> Le don de cette somme par Yossef vient compenser les 3 façons dont il avait calomnié ses frères.
[cf. Rachi Vayéchev 37,2 : Il s’agit du fait : qu’ils mangeaient de la viande arrachée à des animaux vivants, qu’ils humiliaient les fils des servantes en les traitant de serviteurs, qu’ils étaient soupçonnés d’actes de débauche.]
Or, la pénalité pour une calomnie est une amende de 100 sélas (Ki Tétsé 22,19).
Il donna l'argent à Binyamin car celui-ci n'avait pas participé à la vente.
[Méam Loez - Vayigach 45,22]

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-> Les 300 pièces d'argent ne constituent pas un don préférentiel, mais comme pour les 5 vêtements, une allusion à son descendant Mordé'haï.
En effet, Tossefot signale dans la guémara (Méguila 13b) que : hakéssef (l'argent - הכסף) que voulait remettre Haman au roi A'hachvéroch a la même guématria que : haéts (la potence - העץ), soit : 165.
Or, la potence préparée par Haman pour y pendre Mordé'haï avait une hauteur de 50 amot, soit 300 téfa'him (50*6, car 1 ama = 6 téfa'him, qui vaut environ : 50cm).
Ainsi, les 300 pièces d'argent remises à Binyamin n'étaient qu'une allusion symbolique au fait que son descendant Mordé'haï, prévu pour être pendu sur une hauteur de 300 téfa'hïm, sortira finalement d'auprès du roi avec 5 vêtements royaux.
[Korban Torah]

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-> La somme de 300 pièces d'argent n'est pas un don marquant une préférence de Yossef envers son frère Binyamin, mais une indemnité de honte due à Binyamin pour l'avoir humilié en l'accusant faussement d'avoir volé la coupe en argent de Yossef.
Ce don ne devait donc pas éveiller la jalousie des 10 frères.
[Iyoun Yaakov]

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-> "A tout le monde il donna des habits et à Binyamin, il donna 300 pièces d'argent et 5 habits"
La guémara explique que Yossef donna un habit à chacun de ses frères, sauf à Binyamin à qui il en donna 5, pour faire allusion à Morde'haï qui descendra de lui et qui sortira devant le roi avec 5 vêtements royaux.
Mais cela n'explique pas que les 5 vêtements. Ainsi, comment expliquer les 300 pièces d'argent supplémentaires?

En fait, chaque vêtement que Yossef donna à chaque frère avait une valeur de 300 pièces d'argent. C'est pourquoi, il donna à Binyamin 300 pièces, en contrepartie de l'habit qui lui revenait de droit, au même titre que ses autres frères. Seulement, à Binyamin il ajouta encore 5 habits et c'est à leur propos que la guémara explique qu'ils faisaient allusion aux 5 habits royaux de Morde'haï.
D'autre part, il donna l'habit revenant à Binyamin sous forme d'argent et non sous forme d'habit, car alors il aurait dû lui donner 6 habits, le sien et les 5 faisant allusion à Morde'haï. Or, s'il lui en avait donné 6, cela aurait altéré l'allusion aux 5 habits de Morde'haï.
[Taama Dikra]

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-> En apparence, les cadeaux supplémentaires à Binyamin semblent un acte imprudent.

Le Pardès Yossef dit qu'une raison à cet acte est : en procédant ainsi, Yossef donne à ses frères l'occasion de se défaire du passé.

Le Rambam (Hilkhot Téchouva 2,1) enseigne qu'une téchouva complète a lieu, lorsque l'on se retrouve dans les mêmes conditions que la fois où nous avions fauté, et que cette fois-ci, nous arrivons à surmonter la faute.

Il va de soi qu'une personne ne doit pas d'elle-même recréer des circonstances dans l'espoir d'atteindre une téchouva totale, car il est interdit de se mettre dans une situation de danger spirituel.

Rav Tsadok haCohen (Tsidkat haTsadik 73) écrit que lorsqu'une personne est prête pour ce challenge, Hachem va organiser les événements d'une telle façon lui permettant d'atteindre une téchouva totale.

Au moment, où un sentiment de "déjà vu" va se présenter, et que dans les mêmes conditions qu'auparavant on surmonte la tentation, alors on peut être certain que la téchouva est acceptée.

Rav Tsadok rapporte une guémara (Sanhedrin 25a) confirmant cela.
Il s'est avéré qu'un boucher trompait ses clients, en vendant de la viande non-cachère, comme étant cachère.
Rav Na'hman l'a exclut et renvoyé.

Suite à cela, ce boucher a laissé ses cheveux et ses ongles excessivement pousser, ce qui semblait être des signes de téchouva (repentance).
Rav Na'hman pensait a le réhabiliter, mais Rava lui a dit : "Peut-être qu'il ne fait que prétendre s'être repenti".

Rav Iddi bar Avin a eu une suggestion : "Celui qui est suspecté d'écouler de la viande non-cachère à ses clients, on ne peut pas lui faire confiance, à moins qu'il quitte ce lieu pour un endroit où il est inconnu.
Pendant qu'il sera là-bas, s'il a l'occasion de retourner un bien de grande valeur, ou bien s'il déclare une pièce de viande de valeur (chère) qui lui appartient, comme étant non cashère, alors nous serons qu'il s'est repenti"

Rav Tsadok dit que lorsqu'une personne est prête, alors elle "revit" l'épreuve dans laquelle elle a fauté, et elle a alors l'occasion de prouver que sa téchouva est complète.

Nous pouvons expliquer le comportement de Yossef, d'une façon similaire.

Ses frères se sont trompés sur lui, emportés par de la jalousie et de la haine, allant jusqu'à le vendre comme esclave.

Après la ruse afin d'amener leur plus jeune frère, et après l'incarcération potentielle de Binyamin, les frères ont pris conscience qu'ils avaient fauté, et ont alors regretté.

Mais cela n'était pas suffisant pour arriver à une téchouva totale, il fallait voir leur réaction lorsque Binyamin recevrait davantage qu'eux. Est-ce que la jalousie referait surface?

Lorsque Yossef a vu qu'ils retournaient vers leur père dans la joie, il savait alors qu'ils s'étaient véritablement repentis.

=> On comprend ainsi la nécessité de donner davantage à Binyamin, qui bien qu'en apparence semble susciter la jalousie, cela était en réalité un cadeau, un moyen de rendre leur téchouva totale.

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-> "Or, vous voyez de vos yeux, comme aussi mon frère Binyamin, que c’est bien moi qui vous parle" (Vayigach 45,12)

-> Le Ben Ich 'Haï (dans ses drachot) commente :
Pourquoi Yossef n’a jamais envoyé un message a son père pour lui dire qu’il était en vie? Pourquoi fait-il toute cette mise en scène rocambolesque?

Son but caché est de créer pour ses frères une situation de parfaite téchouva.
C’est, comme le dit Rabbi Yehouda (guémara Yoma 86b), se retrouver dans la même situation avec les mêmes intervenants et les mêmes paramètres, et ne pas reproduire la faute.
Il donne ainsi la "possibilité" à ses frères de faire descendre Binyamin (qui représente Yossef étant son seul frère de la même mère et étant le fils de la vieillesse, le préféré de Yaakov) en Egypte et de l’y abandonner, comme ils l’ont fait pour lui. Et en même temps de causer ce chagrin immense qu’ils ont déjà causé à leur père.
Et c’est quand ils sortent vainqueurs de cette épreuve en ne cédant pas à Yossef. Il se dévoile alors et son pleur est la preuve qu’au plus profond de lui, il n’a jamais éprouvé de haine ni de cruauté mais uniquement une volonté d’entraîner la réparation de leur faute.
Et c’est ce qu’il dit: "Or, vous voyez de vos yeux, comme aussi mon frère Binyamin, que c’est bien moi qui vous parle."

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+ "Il [Yossef] donna à tous, individuellement, des habits de rechange"

-> La Torah dit littéralement que Yossef donna à chacun un "habit de rechange". Il fournit à ses frères 2 tenues complètes : l'une pour le Shabbath et l'autre pour les fêtes.
['Houpat Eliyahou]

-> Yossef remit à chacun de ses frères des vêtements de rechange, car ils l'avaient dépourvu de ses vêtements avant de le jeter dans le puits (Vayéchev 37,23). Il leur offrit ces habits, neufs afin de leur montrer qu'il avait chassé de son cœur toute idée de vengeance.
Il leur remit également des vêtements neufs pour réparer le tort qu'il leur avait fait subir en les accusant du vol de la coupe. En effet, ils avaient alors déchiré leurs tuniques en entendant les accusations portées contre Binyamin (Mikets 44,13).
[Méam Loez - Vayigach 45,22]

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+ "Il donna à tous, 5 tuniques par personne"

Le mot : 'haméch (חָמֵשׁ) est formé des initiales de : 'hodéch, moéd et Shabbath.
Pour nous insinuer qu'à ces moments-là, il faut changer de vêtement en l'honneur de ces jours.
[Yessod véChorech haAvoda]

"Puisque son âme est attachée à son âme" (Vayigach 44,30)

Comment les âmes de Yaakov et de Binyamin sont-elles devenues attachées l'une à l'autre?

Le mot : "attachée" se dit : kéchoura (קְשׁוּרָה), et il a pour valeur numérique : 611, qui est la même que celle du mot : "Torah" (תורה).

Yaakov a enseigné à Binyamin la Torah, et par le biais de cette étude de la Torah, leurs âmes se sont attachées.

=> La Torah est la langue qui unifie entre eux les juifs du passé, du présent et des générations futures.

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+ "Notre peuple n’en est qu’un uniquement grâce à la Torah."

[Rav Saadia Gaon – Emounot véDéot 3,7]

Source (b"h) : traduction personnelle issue d’un dvar Torah du rabbi Bogomilsky (Védibarta Bam)

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+ "Il (Yaakov) envoya Yéhouda devant lui, chez Yossef, pour préparer devant lui, à Gochen" (Vayigach 46,28)

-> Rachi commente : pour lui préparer un centre d’études d’où sortira l’enseignement.

-> Ensuite, à leur arrivée en Egypte, ils vont voir Pharaon, qui leur demande : "Quelles sont vos occupations?" (v.47,3).
Le rabbi David Gourwitz fait remarquer que le mot : "occupations" (maassé'hem - מַּעֲשֵׂיכֶם) a une guématria de 480, qui est la même que : "Talmud" (תלמוד).
En effet, quelles sont les occupations des juifs?
Ils ont des actions (maassé'hem) qui se basent sur le Talmud, ils étudient la Torah quand et où ils le peuvent.
Notre profession n'est pas ce que nous faisons dans la vie, puisque ce n'est qu'une malédiction nécessaire pour nous permettre de faire ce que tout juif doit réellement faire dans sa vie : étudier et vivre selon la Torah.

-> Le rav 'Haïm Friedlander dit que le 1er souci de Yaakov pendant cette période d'exil en Egypte, fut d'assurer aux enfants l'enseignement sacré. En fait, même si Yaakov n'entretient pas de relations avec les égyptiens, ce centre d'études était nécessaire pour clarifier ce qui est permis et ce qui est interdit, et distinguer la vérité du mensonge.

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+ "Pour préparer devant lui, à Gochen" :

-> Le Yichma'h Israël (l'Alexander rabbi) commente sur ce verset :
Les actions des Pères sont un signe pour les enfants. En descendant en Egypte, Yaakov traça la voie pour ses enfants pour survivre en exil jusqu'à la venue du machia'h.
Nous en trouvons une indication dans le fait que : "à Gochèn" (Gochena – גשנה), a la même valeur numérique que : machia’h (משיח), soit 358.

=> Ainsi, en allant en exil à Gochen, Yaakov a fait les préparatifs pour nous donner les moyens de rester confiant en D. et en la Torah durant le long et amer exil.
Le midrach dit que Yaakov envoya Yéhouda à Gochen pour préparer une école pour l'étude de la Torah. En effet, c'est la lumière de la sainte Torah qui illumine nos vies jusqu'au jour où : "Hachem sera pour toi une lumière qu'il est impossible d'éteindre" (Yéchayahou 60,20).

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-> Le pays de Gochen est la terre que Pharaon avait donné à Sarah en compensation de ce qu'il l'avait séquestrée dans son palais lorsqu'elle et Avraham étaient descendus en Egypte pendant la famine.
Depuis, un esprit de sainteté réside en ce lieu grâce au mérite de Sarah. L'influence corruptrice de l'ange gardien de l'Egypte n'a pas affecté cet endroit.
[Pirké déRabbi Eliézer 26]

[en effet, l'environnement dans lequel nous évoluons a une influence indirecte sur nous, d'où l'importance de rester autant que possible dans notre territoire rempli de sainteté (notre Gochen à nous!).]

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+ "Tu t'installeras dans le pays Gochen ... toi et tes enfants et les enfants de tes enfants" (Vayigach 45,10)

-> Pourquoi Yossef a-t-il décidé d'installer son père et sa famille dans le pays de Gochen, loin de la capitale, et n'a-t-il pas plutôt proposé à son père de s'installer près du palais du roi dans la capitale de l'Egypte, pour qu'il puisse le voir à chaque instant?

Nous trouvons la réponse dans la décision du Rema (Choul'han Aroukh - Yoré Déa 240,7) selon laquelle : "Si le fils est grand en Torah et que le père aussi lui doit le respect, il faut qu'ils s'éloignent l'un de l'autre, pour qu'aucun d'eux ne néglige le respect dû à l'autre".
Yossef s'est conduit en accord avec cette hala'ha. En effet, Yaakov et Yossef se devaient le respect mutuellement.
Yaakov devait honorer Yossef parce qu'il était le gouverneur du pays et le vice-roi d'Egypte, et Yossef devait honorer Yaakov parce que c'était son père.
Par conséquent, Yaakov et Yossef se sont installés à des endroits éloignés l'un de l'autre.

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[en étant éloigné de son père, Yossef se permettait également de respecter son engagement de ne pas révéler à son père ce que ses frères lui ont fait.
Il était prêt à sacrifier de beaux  moments avec son père adoré (après une séparation de 22 ans), car cette distance entre eux rassurerait ses frères (il ne risque rien de dire!), et de plus il s'empêche ainsi de révéler la réalité afin de leur éviter une honte énorme (comment ont-il pu faire cela!).]

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-> Le rav Yossef Chlomo Kahenman (v.45,28) dit que quand Yaakov vit les charrettes (allusion à la égla aroufa) [envoyées par Yossef], il s'exclama : "Od Yossef 'haï" (Yossef est toujours vivant!). Avec ces mots "toujours vivant", Yaakov voulait signifier que pour accéder à la vraie vie, il faut s'attacher à l'étude de la Torah.

"Il tomba au cou de son frère Binyamin et pleura, et Binyamin pleura [lui aussi] à son cou." (Vayigach 45,14)

Rachi de nous expliquer : "Et pleura" :
"[Yossef] pleura pour les 2 Temples sur le territoire de Binyamin, qui seront détruits, et Binyamin pleura pour le Tabernacle de Chilo sur le territoire de Yossef qui sera détruit."

Le Rabbi de Kozmir de s'interroger :
Pourquoi ont-ils pleuré en ce moment de joie pour la destruction future des 2 Temples et du Tabernacle?
Et pourquoi chacun a-t-il pleuré pour la destruction qui aurait lieu sur le territoire de son prochain et non sur le sien?

Le Rabbi de répondre :
Comme on le sait, les 2 Temples ont été détruits à cause de la haine gratuite.
Lorsque Yossef et Binyamin se sont retrouvés et ont senti que leur séparation avait été causée par haine gratuite, ils ont tout de suite vu la destruction qui, elle aussi, serait le résultat de la haine gratuite.
Ils ont donc pleuré sur le fait que cette haine gratuite si lourde de conséquence pour eux, causera aussi dans l'avenir la destruction des lieux saints.

L'amendement de la haine gratuite consiste à accroître l'amour mutuel au point que la souffrance du prochain soit plus pénible à supporter que sa propre souffrance, comme chacun a pleuré sur la destruction dans le territoire de son prochain.

Bien que le Temple de Binyamin ne puisse être reconstruit qu'après la destruction du Tabernacle de Yossef, Binyamin a pleuré la destruction Tabernacle de Yossef.
Il préférait que son Temple ne soit pas construit plutôt que celui de son prochain ne soit détruit.

Un tel amour est susceptible de corriger la faute de haine gratuite.

[De plus, tout en étant heureux de se retrouver à cet instant, ils implorent déjà, par ces pleurs, le secours/l'aide Divine pour l'avenir, dans les exils à venir du peuple juif, suite à la destruction du Temple.]

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-> "Il tomba sur le cou de son frère Binyamin et pleura, et Binyamin pleura sur son cou" (Vayigach 45,14)
Rabbi Yé'hezkiel de Kozmir ajoute que l'on trouve une allusion à cet enseignement dans notre verset. En effet, les mots : עַל צַוְּארֵי (al tsaré - sur le cou) et עַל צַוָּארָיו (al tsavarav - sur son cou), ont une valeur numérique totale de 820, soit la guématria des mots : "véaavta léréa'ha kamokha" (Tu aimeras ton prochain comme toi-même - וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ - Kédochim 19,18).

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-> La raison pour laquelle ils ont choisi de pleurer justement sur la destruction du Temple et non sur autre chose est que cette séparation qu'il y avait eu entre eux avait été provoquée par la haine gratuite, et c'est cette faute qui allait détruire le 2e Temple, comme l'ont dit nos Sages (guémara Yoma 9,2).
C'est pourquoi maintenant, quand ils se trouvaient réunis, ils ont pleuré sur la destruction qui serait provoquée par la haine gratuite, et ils ont voulu réparer totalement cette haine gratuite, c'est pourquoi chacun a pleuré sur la destruction de l'autre.
[Ktav Sofer]

[chaque année nous lisons ce passage de la Torah, et leur acte vient ainsi réveiller en nous cette réalité : si nous voulons la venue du machia'h et la construction du Temple, alors nous devons pour cela déborder d'amour d'autrui.]

-> Le rabbi David Pinto enseigne :
Yaakov et Binyamin ont voulu mettre le peuple en garde et lui faire comprendre l'importance de l'unité, un peu comme pour faire précéder le coup de son remède.
[l'unité du peuple juif amène sur nous davantage la Présence Divine (comme le don de la Torah), et à l'inverse nos divisions l'éloignent (comme la destruction du Temple)]
S'ils se sont tant attristés alors que le projet de destruction était encore incertain, a fortiori nous après la destruction du Temple, devons nous endeuiller et nous repentir afin de mériter de voir sa reconstruction.

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-> Binyamin ne pleura pas pour le Tabernacle, sachant qu'il s'agissait d'un édifice temporaire jusqu'à l'érection du Temple [de Jérusalem]. Il pleurait les nombreuses victimes provoquées par la destruction du Tabernacle.
[Yéfé Toar]

Selon le Zéra'h Béra'h, puisque Yossef avait participé [même indirectement] à la faute de ses frères, le Temple ne pouvait être érigé dans son territoire.

-> La joie de Yossef et de Binyamin était si grande, qu'ils pouvaient en mourir.
Afin de tempérer leur bonheur, les cieux leur suscitèrent la vision du Temple détruit. C'est la raison pour laquelle, on brise un verre lorsque l'on récite les 7 bénédictions au cours d'un mariage, afin que l'assistance ressente également un peu de tristesse [notre joie ne peut jamais être totale tant que le Temple n'est pas reconstruit!].
[Yad Yossef]

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-> Yossef a pleuré sur la destruction [du Temple] qui va avoir lieu sur le territoire de Binyamin. Il a également pleuré car il a vu que les 10 tribus seront exilées et se disperseront parmi les nations du monde.
[le Zohar]

-> Pourquoi est-ce que Yossef et Binyamin ont-ils pleuré spécifiquement à ce moment sur les destructions des 2 Temples, et du michkan de Chilo?

La présence divine ne repose pas sur une personne qui est dans un état de tristesse (guémara Shabbath 30b). Or, Binyamin était triste car il pensait que son frère Yossef était mort. Yossef était triste car il s'inquiétait à propos de son père, et à l'idée que peut être ses autres frères avaient porté atteinte à son unique frère (d'une même mère).
Maintenant qu'ils étaient réunis tous les deux, ils étaient dans un état de grande joie, et c'est ainsi qu'ils ont pu avoir conscience de la destruction de ces lieux [l'inspiration divine leur étant revenue], et qu'ils ont pleuré.
[Maharil Diskin]

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-> Quel est le lien entre le Temple le Michkan, et le fait que les 2 frères ont pleuré chacun sur le cou de l'autre?

Le cœur de tous les juifs doit être dirigé vers un seul et même endroit : le Temple.
Le cou est ce qui relie la tête avec le restant du corps, et cela symbolique la liaison entre la spiritualité (la tête) et la matérialité (le restant du corps).
Il en est de même avec la fonction du Temple, qui est de relier ensemble : la spiritualité avec la matérialité, le Ciel avec la terre.
La guémara (Béra'hot 30a) affirme que le Temple est le conduit qui nous connecte avec le Ciel (chamayim).
La prière de chaque juif s'élève au Ciel par le biais du Temple, et Hachem nous comble de bénédictions d'En-Haut jusqu'à ce monde par le biais du Temple.
[Avné Nézer]

=> on comprend mieux l'importance et la symbolique du cou à ce moment chargé d'émotions.

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=> A quelle période le Michkan a-t-il fonctionné à Chilo? Pourquoi avoir pleuré sur sa destruction, alors qu'il était prévu d'être éphémère?

-> Après 39 ans de fonctionnement dans le désert, le Michkan est entré en terre d'Israël, et durant les 14 années de conquête et de partage du pays entre les 12 tribus, le Michkan a été placé à Guilgal.
Puis, il a été placé à Chilo dans le territoire attribué à la tribu Yossef, durant 369 années, avant d'être détruit par les Philistins à la mort du Cohen Gadol Eli.
Le Michkan fut reconstruit dans la ville de Nov, puis détruit à la mort du prophète Chmouël ; enfin il fut reconstruit dans la ville de Guiv'on.
Après 57 ans de présence du Michkan à Nov et Guiv'on, le 1er Temple fut construit par le roi Chlomo à Jérusalem, 440 années après l'entrée du peuple d'Israël sur sa terre.
[Rambam - dans Beit haBé'hira 1,2]

-> La destruction du Michkan de Chilo, à la fin de la vie du Cohen Gadol Eli, fut un événement moins grave que la destruction du 1er et du 2e Temple, pour 2 raisons :
- 1°/ c'est un Michkan provisoire jusqu'à la construction du 1er Temple dans la ville sainte de Jérusalem.
- 2°/ et il n'y eut pas d'exil à la suite de sa destruction, contrairement aux exils qui ont suivi la destruction des 2 Temples.

=> Pourquoi alors Binyamin a-t-il pleuré sur la destruction du Michkan de Chilo?
C'est parce qu'à cette époque, nous sommes tombés entre les "mains" des Philistins et de nombreux morts ont été déplorés.
[Sifté 'Hakhamim]

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-> C'est en se référant au Temple que la Torah dit : "[Yossef] tomba au cou de Binyamin et pleura" (Vayigach 45,14).
Le Temple est appelé "cou", ainsi qu'il est écrit : "Ton cou est comme une tour d'ivoire" (Chir haChirim 7,5).
Tant que le Temple existait, Israël fut prospère et libre, et pouvait marcher la tête haute et la nuque raide.
Dès la destruction du Temple, Israël commença à subir des humiliations et des persécutions.
Les nuques des juifs se courbèrent, ils ne purent plus jamais relever la tête au sein des nations.

Le Temple est désigné de cette façon pour une autre raison. A la différence des autres parties du corps, si le cou d'une personne est tranché, celle-ci meurt. Il en va de même du Temple sans lequel Israël ne peut vivre.

Lorsque le Temple existait, si un homme péchait par inadvertance, il offrait un sacrifice pour expier sa faute.
Nos Sages enseignent que personne, à Jérusalem, n'allait dormir avant d'avoir expié un péché.
Deux sacrifices quotidiens étaient offerts dans le Temple : un le matin et un autre le soir (Bamidbar 28,4).
Le sacrifice du matin servait à expier les péchés commis durant la nuit, tandis que celui du soir annulait les fautes de la journée.
Les gens étaient ainsi purifiés de tout péché. Aujourd'hui, malheureusement, nous ne sommes plus en mesure d'effacer nos péchés.
[Méam Loez - Vayigach 45,14]

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-> "Ton cou est comme la tour de David" (Chir haChirim 4,4)
Comme le cou, situé au haut du corps, le Temple est la couronne de gloire du peuple juif.
Tout comme c'est dans le cou que passent les artères indispensables pour la vie dans le corps, c'est par le Temple que passent les artères apportant la vie au peuple d'Israël.
De même que c'est autour du cou qu'on porte des bijoux, le Temple est paré par les Cohanim et les Lévi'im qui sont "les ornements" du peuple d'Israël.
De même que les ornements sont suspendus au cou, la réussite du monde est suspendue au Temple.
De même que le cou est plus belle partie du corps, le Temple est le lieu le plus beau du monde.
[rabbi Yossef Deutsch]

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-> Yossef pleura également car il vit de façon prophétique que 10 martyrs allaient expier la faute de ses frères.
C'est pourquoi il pleurait sur les épaules de ses frères et disait : "Et maintenant, ne vous affligez pas" (v.45,5). Ne craignez rien pour vos propres vies. Aussi longtemps que vous vivrez, le Satan n'osera pas exiger de châtiment pour votre péché."
[Méam Loez - Vayigach 45,15]

-> "Il embrassa tous ses frères et pleura sur eux" (Vayigach 45,15)
Il a pleuré sur les 10 martyrs des romains, dans lesquels ses frères se sont réincarnés parce qu'ils l'avaient vendu.
En hébreu : "sur eux" (aléhem) s'écrit normalement : עליהם (dans la Torah on trouve : עֲלֵהֶם), et il est constitué des lettres : "al (sur - על) yéhem (יהם = qui sont les initiales des mots : youd (10) Harougué Mal'hout (les 10 martyrs des Romains))".
[le Bné Chlomo]

-> Pourquoi les 10 frères n'ont-ils pas pleuré sur le fait qu'ils reviendront en réincarnation (guilgoul) à travers les 10 martyrs?
Rabbi Lévi Its'hak Chniorsson écrit : "Mesure pour mesure : puisque leur acte a entraîné un retrait de la Présence Divine auprès de Yaacov, de même la Présence Divine Se retira, leur masquant la vision de leur retour en
guilgoul".

-> Le Tsor haMor écrit qu'il se trouve une autre allusion de la réincarnation des frères dans les 10 martyrs dans le verset : "À présent ne soyez pas tristes". (Vayigach 45,5). En effet, on peut en déduire : à présent ne soyez pas tristes, mais il y a lieu de l'être pour votre futur, pour les grandes souffrances.

-> b'h, voir également : http://todahm.com/2018/12/25/7863

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+ "Ton cou est comme la tour de David" (Chir haChirim 4,4)

-> Comme le cou est dans la partie haute de l'homme (juste sous sa tête), et représente sa splendeur, le Temple est dans la partie haute de la terre d'Israël (à Jérusalem) et représente sa splendeur.
[Maharcha]

-> C'est à travers la trachée artère du cou que s'effectue la respiration (néchima) qui assure la vitalité de l'âme (néfech) et c'est à travers l’œsophage du cou que s'effectue le transit de la nourriture et de la boisson qui assurent la vitalité du corps.
De même, c'est à travers le Temple que se déverse dans le monde l'abondance sur le plan spirituel et sur le plan matériel.
[Sifté 'Hakhamim]

-> De même que c'est sur le cou d'une femme que sont placées la majorité de ses bijoux et parures, c'est pour le Temple qu'Israël a prélevé son or, son argent et ses parures.
[Torah Témima]

-> Durant la période d'existence du Temple, le cou d'Israël est levée et dressé.
Cependant, durant la période où le Temple est détruit, Israël marche la tête basse et son cou est courbé.
[Méam Loez]

-> Les lettres du mot : "tsavar" (cou - צואר) peuvent se réarranger pour former le mot : "otsar" (trésor - אוצר) qui désigne le Temple selon le verset : "Apportez toutes les dîmes dans Mon "otsar" (trésor) afin qu'il y ait des provisions dans Ma maison" (Mala'hi 3,10).
Ainsi, le cou (צואר) et le Temple (אוצר) sont formés des mêmes lettres hébraïques.
[Ben Ich 'Haï]

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-> "Il se jeta au cou son frère Binyamin et pleura ; et Binyamin pleura à son cou" (Vayigach 45,14)

-> Rachi explique : "Il se jeta au cou de son frère Binyamin et pleura" = [Il pleura] sur les deux temples qui étaient destinés à être construits sur le territoire de Binyamin mais finiraient par être détruits.

Lors de sa rencontre émouvante avec son frère Binyamin, Yossef voit par roua’h hakodech (inspiration divine) que les 2 Temples, qui seront érigés sur le territoire de Binyamin seront détruits à l’avenir ; cela le fait pleurer.
=> Pourquoi Yossef a-t-il cette révélation à ce moment précis?

Il semble évident qu’il existe un lien sous-jacent entre cet incident et les futures tragédies qui affligeront le peuple juif lors de la destruction des deux Temples.

-> Le Megalé Amoukot nous fournit un premier indice pour découvrir ce lien : il écrit que tous les exils eurent pour origine la vente de Yossef. Il semble que la haine gratuite générée lors de cette histoire tragique, soit la cause notoire de toutes les futures hostilités qui causeront tant de mal au peuple juif à travers l’histoire.
Apparemment, Yossef comprit la signification à long terme, du dommage causé par sa vente, et cela peut nous aider à comprendre sa conduite lorsque ses frères descendirent en Égypte.
Les commentateurs se demandent pourquoi Yossef réagit si durement envers ses frères, les faisant tellement souffrir et causant tant de peine à son père, Yaacov (cf. Ramban - Mikets 42,9).

-> Le Kli Yakar (Mikets 42,9) explique en détail le comportement de Yossef : chaque étape du traitement qu’il leur infligea avant de dévoiler son identité était soigneusement programmée pour leur faire réaliser la gravité de leur faute (celle de la vente de Yossef) et leur permettre de la rectifier.

Il leur fit subir, mesure pour mesure, les souffrances qu’ils lui avaient infligées, 22 ans auparavant.
Par exemple, il les jeta en prison, similaire au puits dans lequel ils l’avaient jeté alors ; il garda Chimon prisonnier en Égypte, parce que celui-ci avait été le principal instigateur du complot contre lui ; et surtout, il les mit dans une situation qui ressemblait le plus possible à celle où ils s’étaient trouvés tant d’années plus tôt, quand l’autre fils de Ra’hel se trouvait en danger.
[en voulant garder Binyamin, le 2e fils de Ra’hel pour voir si leur haine à l’égard de Yossef avait disparu (et la détermination de Yéhouda pour sauver Binyamin (Mikets 42,21-22) prouva bien que le but avait été atteint).
Allaient-ils à présent rectifier leur haine pour Yossef, en se montrant prêts à tout pour sauver Binyamin?

-> Le Chem Michmouël explique qu’après le plaidoyer passionné de Yéhouda, Yossef ne pouvait plus continuer sa comédie, car, comme l’affirme le midrach, Yéhouda était sur le point de le tuer.
Ce qui laisse sous-entendre que sans cela, il aurait poursuivi ; parce qu’il voyait que la haine et la méfiance semées plusieurs années auparavant n’avaient pas totalement disparu. Mais ses émotions étaient trop fortes et il ne pouvait plus continuer, même s’il connaissait l’importance de ce supplice pour les frères.

-> Ainsi, le récit de la Torah nous indique qu’il était très proche de son but, puisque ses frères reconnurent, de façon graduelle, que ces vicissitudes étaient une preuve de la gravité de la faute de la vente de Yossef, jusqu’au point où Yéhouda prouva leur détermination collective à sauver Binyamin (Mikets 42,21 -22).

Néanmoins, Yossef ne réussit pas à atteindre entièrement son objectif : leur faire faire une techouva complète ; après la fervente supplique de Yéhouda pour obtenir la miséricorde du vice-roi, la Torah nous dit que Yossef ne parvint plus à se retenir et à cacher son identité.
Cela signifie qu’au départ, il avait prévu de continuer à jouer la comédie (Vayigach 45,1). Ceci, car il réalisait qu’il n’avait pas encore réussi à rectifier la haine et la méfiance semées tant d’années auparavant.

Or les incidences de cet échec furent énormes : il eut pour conséquence, comme nous l’avons mentionné précédemment, la résurgence de vestiges de haine qui allaient tourmenter les descendants des Chevatim, dans le futur.

Nous pouvons comprendre à présent pourquoi Yossef pleura précisément à ce moment, au sujet de la destruction des Temples.

Le lien avec celle du 2e Temple est la plus facile à comprendre. Comme nous le savons, la cause de sa destruction fut la haine gratuite ; voilà pourquoi Yossef pleura à cet instant sur cette tragédie, car il prit conscience que son insuccès à poursuivre le procédé d’amendement laissait les coudées libres à la haine gratuite, entraînant la disparition du 2e Temple.

Le lien entre le 1er Temple et la vente de Yossef est un peu plus complexe. En voici une explication : un phénomène particulier, le schisme entre les 2 Royaumes, débuta la chaîne d’événements menant à la destruction du Temple. Suite à cette rupture, les habitants du Royaume du Nord tombèrent rapidement dans l’idolâtrie, et à long terme, ces cultes s’infiltrèrent dans le Royaume du Sud, causant la destruction du Temple.

Ce fut Yérovam ben Névat, un descendant de Yossef, qui provoqua ce schisme si ravageur, résultat indirect du conflit entre Yéhouda et Yossef, dans la paracha de cette semaine. Si cette discorde avait été complètement résolue, le schisme à venir n’aurait jamais eu lieu et les répercutions désastreuses aboutissant à la destruction du premier Temple, non plus.

=> Voilà pourquoi Yossef pleura à ce moment crucial sur les événements qui allaient se produire plusieurs siècles plus tard.
[rav Yéhonathan Gefen]

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-> "Il [Yossef] se jeta au cou de son frère Binyamin et pleura ; et Binyamin pleura à son cou" (Vayigach 45,14)

-> Nos Sages (midrach Béréchit Rabba 93,12 ; guémara Méguila 16b) nous informent que les 2 frères virent par Roua’h Hakodech (prophétie) les futurs malheurs qui allaient survenir dans leurs domaines en Erets Israël : Yossef pleura à cause de la destruction des deux Temples situés dans la terre de Binyamin tandis que ce dernier déplorait la destruction du Michkan à Chilo, qui allait se trouver dans le territoire de Yossef.

Le rav Steinman (Ayélet Hacha’har - Vayigach 45,14) explique pourquoi ils eurent de telles visions particulièrement à cet instant. Leurs pensées étaient constamment axées sur la spiritualité. Ainsi, leurs préoccupations n’étaient que spirituelles, même lors d’émotions fortes.
S’ils s’étaient focalisés sur leurs sentiments personnels, ils n’auraient pas mérité ce Roua’h Hakodech. S’ils en furent dignes à ce moment précis, cela prouve leurs nobles pensées durant cette rencontre capitale.

[Ils ne pleurèrent pas les destructions qui allaient avoir lieu dans leur propre terrain, mais la perte survenue dans la portion de l’autre. Cela montre leur niveau exceptionnel d’altruisme et de sensibilité, en pleine prophétie.]

-> Le rav Yéhonathan Gefen ajoute :
Bien que leur niveau nous semble inégalable, certaines de leurs attitudes peuvent être émulées dans notre quotidien. En effet, la Halakha (loi juive) tranche que même en temps de grande joie, nous dirigeons notre allégresse vers Hachem.
Par exemple, à l’occasion d’une naissance, nous récitons la bénédiction de Hatov Véamétiv ou de Chéé’héyanou, que l’on dit également lors de l’achat d’un nouvel objet qui procure de la joie. [nous profitons de ces moments de joie importante pour y associer Hachem, et davantage se lier à Lui (Hachem est à l'origine de ces bienfaits!). ]
Nous pouvons aussi nous inspirer de l’incroyable niveau de Ben Adam La’havéro (relations interpersonnelles) que manifestèrent Yossef et Binyamin durant leurs retrouvailles ; ils pensaient à autrui plus qu’à eux-mêmes. Nous aussi, quand nous célébrons un heureux événement, nous pouvons essayer de porter attention aux autres et de ne pas être absorbés par notre propre joie.
C’est une occasion de mettre les invités à l’aise et de leur montrer que nous sommes sincèrement contents de les voir. Cela donne le sentiment d’être important et apprécié.

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-> Le 'Hatam Sofer pose en effet une question sur le commentaire de Rachi (Vayigach 45,14) qui explique qu'au moment où Yossef rencontra Binyamin, chacun pleura sur le cou de l'autre à cause de la destruction future du Temple qui se tiendrait à l'avenir sur son territoire. D'après le calcul, ce jour-là était un Shabbat (puisque la veille de ce jour, Yossef fit abattre une bête en l'honneur de ses frères et le midrach explique que c'était la veille de Shabbat. midrach Béréchit Rabba 92,4).
=> Dès lors, comment était-il permis de pleurer à ce moment-là?

-> La réponse des commentateurs est que chacun vit, à cet instant, que les 2 Temples seraient détruits, et que même après presque deux mille ans d'exil, les Bné Israël se sacrifieraient pour garder leur foi et leur confiance dans leur Créateur. Ils virent qu'ils la conserveraient envers et contre tout, et qu’ils surmonteraient avec vaillance les dures et amères épreuves qui s'abattraient sur eux.
C'est pourquoi ils se mirent à pleurer des larmes de joie en voyant comment les Bné Israël accompliraient leur service Divin, même dans de telles circonstances, en l'honneur du Très-Haut, et de tels pleurs sont autorisés le
Shabbat.

-> L'Admour de Kaznitch, qu'aujourd'hui, lorsqu'un simple tailleur crie "Shéma Israël Hachem E'had", il accomplit exactement ce que Rabbi Akiva fit lorsqu'il mourut en sanctifiant le Nom d'Hachem et que son âme quitta son corps en prononçant le mot "E'had".

"Yossef dit à ses frères : "Je suis Yossef! Mon père vit-il encore?" Et ses frères ne purent lui répondre, car ils étaient effrayés devant lui." (Vayigach 45,3)

Le midrach (Béréchit Rabba 93,10), au nom de Abba Kohen Bardela, discerne un élément de réprimande dans l'annonce faite par Yossef :
"Malheur à nous au jour du Jugement! Malheur à nous au jour de la Réprimande!
Si les frères n'ont pas su supporter sa réprimande, lui qui était le plus jeune, à plus forte raison quand D. viendra réprimander chacun selon ce qu'il est."

-> Le rav Soloveitchik de dire que les frères de Yossef ont agi en se fiant à une supposition erronée, ne cessant de penser qu'ils discutaient avec un vice-roi d'Egypte, et ils avaient donc dressé leurs plans en conséquence.
[ils ne pouvaient reconnaître leur frère car la tête de Yossef était sous un voile, et il parlait en égyptien, langue dans laquelle il n'avait jamais parlé par le passé avec ses frères]

C'est alors que Yossef leur a annoncé : "Je suis Yossef!"
[il retire son voile et parle seulement à partir de ce moment en hébreu, dont l'intonation va rappeler des souvenirs d'enfance à ses frères : c'est bien Yossef!]

Soudain, toutes les hypothèses et conjonctures se sont écroulées, et ils se sont rendu compte qu'ils avaient commis depuis le début une erreur fondamentale.

=> Quand viendra le jour où D. montrera à chacun de nous ce qui était véritablement important dans l'existence, il apparaîtra aussitôt que toutes nos vies étaient fondées sur de fausses suppositions, et que nous avons travaillé et lutté pour des choses sans aucune valeur.
Cela constituera effectivement une terrible remontrance.

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-> Le rav Eiziq Scher, Roch yéchiva de Slabodka rappelle que les frères étaient convaincus que leur condamnation de Yossef été justifiée.
Selon le midrach (Tan'houma Vayéchev 2), ils ont même demandé à D. de compléter le quorum de 10 exigé pour prononcer une excommunication.

Avec la révélation de Yossef et le fait que ses rêves se sont réalisés, les frères ne purent continuer à se bercer dans l'illusion qu'ils avaient agi d'une manière exclusivement juste et altruiste.
Ils durent reconnaître que leur animosité envers Yossef n'avait pas pris naissance dans le comportement de celui-ci, mais en eux-mêmes.

=> C'est sur ce point que la réprimande les a bouleversés : ils se sont rendu compte que leur perception de la vérité provenait seulement de leurs propres cœurs, et qu'elle n'avait aucun appui dans la réalité.

 

Source (b »h) : rapporté dans le « Talelei Orot » du rav Yissa’har Dov Rubin

+ "Et les fils de Binyamin : Béla et Bé’hèr et Achbel, Guéra et Na’aman, E’hi et Roch, Moupim et ‘Houpim et Ard." (Vayigach 46,21)

-> La guémara (Sota 36b) nous enseigne que les noms de ‘Houpim et Moupim rappelaient l’absence de Yossef et de Binyamin à leur mariage (‘houpa) respectif.

-> Le Rav ‘Haïm Chmoulevitz commente qu’on comprend aisément la douleur de celui qui doit se marier sans la présence d’un frère.
Celle de ne pouvoir assister au mariage de son proche semble moins évidente.
Le rav Chmoulévitz écrit : "Nous voyons ici que le fait de ne pas pouvoir participer à une sim'ha de son frère est une tragédie importante au point de nommer un de ses enfants en fonction de cela!"

-> On raconte l’anecdote suivante sur le Rav Avraham Grodzinsky, le dirigeant spirituel de la yéchiva de Slabodka.

Un jour, en visite chez la famille à Varsovie, il regarda sa montre au beau milieu de la conversation, et se mit à chanter, puis à sautiller et à danser.
Cela durant pendant une heure, sous les yeux stupéfaits de son entourage.
A la fin, il se rassit et expliqua en disant : "En ce moment même, un de mes élèves se marie à Slabodka.
Je n’ai pu, malheureusement, assister à sa fête et réjouir son cœur.
Mais je peux me réjouir moi-même pour cet heureux événement qui le concerne car, somme toute, sa fête est aussi la mienne !"