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"[D. a dit : ] Moi-même Je descendrai avec toi en Egypte, et Moi Je t’en ferai sûrement aussi remonter." (Vayigach 46,4)

Le Beit haLévi se demande : Pourquoi D. a-t-Il employé la forme insistante : "et Moi Je t’en ferai sûrement aussi remonter" ?

Et de répondre que là réside la plus belle promesse qu'Il a faite au peuple juif : la gloire de D. se répandra toujours dans le monde et Son nom sera sanctifié par la délivrance du peuple juif.

Tant qu’Israël sera à un bas niveau, la gloire divine sera cachée, elle aussi.
Quand le peuple juif s’élèvera par sa délivrance, la gloire divine s’élèvera aussi.

Ainsi :
-> "Moi-même Je descendrai avec toi » = quand le peuple juif sera asservi, D. le sera aussi, si l'on peut s’exprimer ainsi, car Sa gloire sera alors dissimulée.
-> "et Moi Je t’en ferai sûrement aussi remonter", poursuit le verset : "Quand Je vous aurai relevés de votre oppression, Mon honneur aussi sera rehaussé parmi les nations."

=> Par cette promesse, la gloire divine est devenue liée au destin du peuple juif.

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+ Supplément :
La ché’hina se trouve avec chaque juif qui souffre comme il est écrit : "Je suis avec lui dans le malheur." (Téhilim 91,15)
De même : "D. est proche des cœurs brisés." (Téhilim 34,14)

Le roi Salomon de dire (Melakhim I 8,46-50) : "Lorsqu’ils péchèrent contre Toi […] et qu’irrité contre eux Tu les abandonneras à l’ennemi […] Ils se repentiront dans le pays de leur exil, ils T’imploreront en disant : "Nous avons péché, nous avons mal agi, nous sommes coupables."
Du haut du ciel, Ton auguste demeure, Tu entendras leurs prières […] et Tu inspireras la compassion à leurs vainqueurs afin qu’ils les prennent en pitié."

Et au chapitre suivant (9,3) : "D. lui répondit : "J’ai entendu ta prière et la supplication que tu M’as adressée."

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-> "Hachem parla à Israël dans une vision de la nuit ... ne crains pas de descendre en Égypt e... Moi, Je descendrai avec toi en Égypte, et Moi Je t'en remonterai" (Vayigach 46,2-4)

-> Afin d'expliquer ces versets, le Rama pose la question suivante : deux personnes qui se tiennent à côté d'un puits et souhaitent descendre à l'intérieur, lequel des deux descendra en premier?
Il est logique de répondre que c'est le plus expérimenté des deux qui descendra en premier, puis le second, c'est-à-dire celui qui l'est moins.

Le Rama demande à nouveau : et pour remonter du puits, lequel remontera en premier?
Il est logique de répondre que dans ce cas, c'est le moins expérimenté des deux qui remontera en premier, puis le second qui l'est davantage, afin qu'il puisse aider le moins expérimenté à remonter.

De la même manière, Hachem dit à Yaakov notre patriarche, dans une vision nocturne : "Ne crains pas de descendre en Égypte", parce que "Moi Je descendrai avec toi". Autrement dit, Moi Je descendrai, ensuite tu descendras.
Mais, lorsque sera venu le moment de la délivrance et de la sortie d'Égypte, "Je te ferai remonter". Pour commencer, Je te remonterai, ensuite Je remonterai après toi.
=> Dans ces paroles, Hachem apparaît à Yaakov afin qu'il ne craigne pas de descendre en Égypte. Hachem l'accompagnera toujours et veillera sur lui, ainsi que sur ses enfants et sur tous les enfants d'Israël.

[d'une certaine façon, l'exil en Egypte préfigure ce qui se passera dans tous les exils suivants jusqu'à la Délivrance (guéoula), où Hachem nous fera remonter pour l'éternité.
Nous ne sommes jamais seuls/abandonnés, car Hachem nous accompagne toujours, parfois passant avant nous, et d'autre après, car Il nous aime et veut notre bien plus que tout! ]

 

+ "D. parla à Israël dans les visions de la nuit, Il dit : « Yaakov ! Yaakov !"
Il dit : "Me voici !" (Vayigach 46,2)

Selon Rachi, ce double appel par son nom atteste l’affection de D. pour notre Patriarche.

Le Pir’hei Aharon dit que cela est dû au fait que Yaakov était sur le point d’entamer sa fatidique descente en Egypte, qui marquera le début de l’obscurité de l’exil, ce pays racine de toute contamination, centre de la dépravation.
Yaakov avait besoin maintenant, plus que jamais, de proximité constante de D. pour le protéger de la contagion.

C’est ce que nous dit la Torah : D. lui est apparu dans « les visions de la nuit » ( =celles des ténèbres de la dépravation égyptienne), et Il lui a dit : « Yaakov ! Yaakov ! » ( = appels affectueux qui l'aideront à surmonter l’épreuve de l’exil).

Le Méché’h ‘Hokhma fait observer que ni Avraham, ni Yits’hak n’ont jamais eu d’inspiration prophétique pendant la nuit, tandis que Yaakov l’a eu à 2 reprises : dans ce verset (46,2) et plus haut (28,12) lors du rêve de l’échelle qui atteignait le ciel.

Comme Yaakov devait demeurer hors de la terre d’Israël, D. lui est apparu de nuit dans les premières années de l’exil, établissant ainsi que, même dans la "nuit" d’exil, Sa Présence résiderait sur les enfants d’Israël, comme l’affirme la guémara (Méguila 29a) : "Quand ils ont été exilés à Babylone, la Présence divine les y a accompagnés."

Juste après ce verset, D. dit à Yaakov : « Yossef mettra sa main sur tes yeux. » (Vayigach 46,4),
Cela signifie que : le fait qu’on te raconte à présent l’histoire de Yossef, sa position de vice-roi en Egypte et son désir de te revoir, te fera fermer les yeux et rendre la descente en exil plus agréable.

Nos Sages disent de même (guémara Shabbath 89) : "Yaakov aurait dû descendre en Egypte enchaîné dans des fers mais son mérite a fait qu’il descende autrement."

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+ "Yaakov aurait dû descendre en Egypte enchaîné dans des fers mais son mérite a fait qu’il descende autrement." [guémara Shabbath 89]

-> "Yossef parla ainsi aux serviteurs de Pharaon : "De grâce, si j'ai trouvé faveur à vos yeux, veuillez porter aux oreilles de Pharaon ces paroles" (Vayé'hi 50,4)

Pourquoi Yossef, vice-roi d'Egypte, demande-t-il le droit d’aller enterrer son père en Canaan en passant par les serviteurs, et non directement par Pharaon?

Le Emét léYaakov répond qu'on trouve ici la preuve que si Hachem éleva Yossef au rang de vice-roi, c’était dans l’intérêt de Yaakov son père, et ce afin qu'il puisse entrer en Egypte avec tous les honneurs et facilités.

Mais à présent qu'il était mort, Yossef commença à descendre dans la hiérarchie politique égyptienne, au point qu'il devait maintenant passer par des intermédiaires pour pouvoir échanger avec Pharaon.

+ "Il nous est impossible de juger la conduite de nos patriarches car ils sont, spirituellement, aussi éloignés de nous que nous le sont les étoiles de la terre."

[Rav Aharon Kotler]

La Torah fait le récit de la vie de nos pères non pas pour que nous portions un jugement sur l'un ou l'autre mais pour que nous puissions tirer un enseignement de leur exemple.

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-> "Si les gens avaient compris la grandeur de Yaakov quand Hachem lui a dit : "Je te ferai véritablement remonter", ils auraient parcouru le pays sur une distance de 3 heures de marche vers sa tombe."
[rabbi 'Hiya - Zohar - Chémot]

Pour vous se sera 1/5e du prix normal …

"Ce sera, aux récoltes, que vous donnerez 1/5e à Pharaon" (Vayigach 47,24)

 

-> Le Na'hal Eliyahou trouve ici une allusion à la durée de l'esclavage des juifs en Égypte.

Paracha Bo (12,40) : "et le séjour des Bnei Israël qui avaient résidé en Egypte fut de 430 ans." (durée calculée à partir de l'alliance "entre les morceaux" conclue entre D. et Avraham).

Les juifs ne sont toutefois restés en Egypte que 210 ans (*) , dont seulement 86 ans sous une véritable servitude (avec une souffrance intense).

Or, le nombre 86 représente exactement 1/5e de 430.

Ainsi, lorsque la Torah précise : "vous donnerez 1/5e à Pharaon", elle indique que l'esclavage réel n'aura lieu que pendant 1/5e de la durée total de l'exil.
[la grande souffrance constitua le cinquième de la durée théorique de l'exil = "Vous donnerez le cinquième à Pharaon"]

 

(*) selon Rachi - Béréchit 15;13 : 430 années = la somme totale des années que vécurent les Bné Israël "étrangers dans des pays pas à eux".

 

Source : issu du livre "talelei Oroth" du Rav Yissa'har Dov Rubin

"Toutes les personnes (kol hanéfech) arrivant avec Yaakov d'Egypte, ses propres descendants, à part les épouses des fils de Yaakov, toutes ces personnes (kol néféch) [au nombre de] 66
... Toutes les personnes (kol hanéfech) de la maison de Yaakov arrivée en Egypte : 70."
(Vayigach 46,26-27)

Comment comprendre l'utilisation d'un singulier : "hanéfech" pour faire allusion à une donnée plurielle : 70 personnes? Pourquoi n'est-il pas plutôt utilisé le pluriel : "hanéfachot"?

La réponse est que tous les membres du peuple d'Israël ne forment qu'une seule est même entité, provenant d'une seule âme spirituelle, que seule la matière semble diviser.

Chacun d'entre nous doit veiller à ne pas causer de préjudice à son prochain, car cela revient à porter atteinte à soi-même.
En aidant autrui, j'aide cette personne, et par ricochet tout le peuple d'Israël dans sa globalité, et donc par ricochet je m'aide moi-même.
Le : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" prend tout son sens!

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-> Dans la bénédiction "boré néfachot", il y a une contradiction apparente. En effet, nous disons tout d'abord : "[Hachem] créé des âmes nombreuses avec leurs manquements (besoins)" (boré néfachot rabbot vé'hesronam) , et ensuite : "pour donner la vie à chaque âme" (léa'hayot bahém néfech kol 'haï).
Comment expliquer ce passage du pluriel au singulier?

Rav Eliyahou Chmouël Zakheim de répondre :
-> Rachi commente (Vayigach 46,26) :
Lorsque Essav a quitté Canaan (Israël), sa famille ne comptait que 6 personnes (lui-même et ses 5 fils), que le texte appelle "les gens (nafchot, au pluriel, littéralement : "les âmes") de sa maison" (cf. Vayichla'h 36,6). En effet, ils adoraient des divinités multiples.
En revanche, la famille de Yaakov en comptait 70, et la Torah les appelle "personnes (néfech, au singulier, littéralement : "l’âme")", parce qu’elles n’adoraient qu’un seul D.

Le rav Zakheim de continuer : Ceci est le sens simple (pschat), mais on peut le comprendre plus profondément ainsi :
- Hachem "boré néfachot rabot" = Il a créé de nombreuses nations qui idolâtrent plusieurs divinités, mais ces dernières sont pleines de défauts. [néfachot = pas fonction du nombre, mais en essence c'est le fait de donner de l'importance à plusieurs dieux]
Alors, pourquoi ont-elles été créées?
- "léa'hayot bahem néfech" = le monde entier n'a été créé que pour le profit du peuple juif, et tout ce que les autres nations accomplissent ne l'est uniquement pour Israël. [néfech = quelque soit le nombre, tant que l'objectif est de servir un Seul D. : Hachem!]

[Rav Zakheim précise qu'il a pu raconter ce dvar Torah au 'Hafets 'Haïm, qui l'a apprécié]

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-> Rachi rapporte que lorsqu'Essav quitta Cénaan, sa famille ne comptait que 6 personnes que le texte appelle : "néfachot"(les gens) = ils adoraient en effet des divinités multiples.
En revanche, la famille de Yaakov en comptait 70, et la Torah les appelle "néféch" (âme) au singulier, parce qu'ils n'adoraient qu'une seule Divinité.

Le rav Chlomo Wolbe explique que "néfech", évoquée à propos de la famille de Yaakov, ne signifie pas qu'ils avaient tous la même conception du monde.
Celle-ci étant liée à la spiritualité, ils avaient développé des forces et des aptitudes propres à chacun d'eux. Chacun réfléchissait et réagissait selon sa situation et sa compréhension personnelles.
Le terme "néfech" signifie que les enfants de Yaakov vivaient tous dans la fraternité et l'union : chacun deux avait conscience de l'existence d'autrui, s'en souciait et l'aimait de tout cœur.
Car, assurément, les hommes qui ne se soucient pas des autres et ne s'aiment pas, ne servent pas Hachem : ils servent leurs propres traits de caractère, comme l'envie, l'honneur, l'orgueil, ...

Paracha Vayigach

+ Paracha Vayigach :

Il y a 106 versets dans cette paracha, nombre qui correspond à la formulation mnémotechnique : "yéalel El" (=il louera D.)

De même, que nous devons louer D. pour le bien qu'Il nous dispense, de même devons-nous Le bénir pour ce qui nous apparaît comme un malheur.

Venant de D., tout est pour le bien!!!

 
(Rav David Feinstein).

Paracha vayigach

"Yossef ne put se retenir davantage devant tous ceux qui l’entouraient" (vayigach 45,1)

[Léka’h Tov] – Midrach Tan’houma (vayigach 5) : « Yossef prit un très grand risque à ce moment (en s’isolant avec ses frères), car si ses frères l’avaient tué, personne n’auraient jamais su qui il était. Pourquoi pria-t-il tout le monde de sortir malgré tout ? Yossef se dit  « il est préférable que je sois tué, plutôt que d’humilier mes frères en présence des égyptiens (Rashi sur ce passage : … ressentent de la honte quand il se ferait reconnaître d’eux). »

On peut apprendre de ce comportement que :

1°/ Pour Yossef, il est préférable de prendre le risque de mourir, de ne pas revoir son père (même après 22 ans de séparation - l’image de son père affligé par le chagrin est l’origine du « ne put se retenir davantage»), d’anéantir l’édifice érigé par les patriarches depuis avraham jusqu’aux 12 tribus, plutôt que d’humilier ses frères.

2°/ Yossef possède une maîtrise totale de soi. Bien que se sentant incapable de se contenir davantage (« ne put se retenir davantage »), il est capable d’attendre que tous les égyptiens présents quittent la salle. Il met de côté son envie pressante de se révéler à ses frères et son risque de mourir, et attend patiemment. Quelle maîtrise de tout son être !!

Pour illustrer l’humilité de Yossef, on peut citer quelques autres exemples.

1.   Midrach Tan’houma (mikets 10) sur le verset : « Yéhouda entra avec ses frères dans la demeure de Yossef (mikets 44,14) » : pourquoi dans la maison de Yossef ? Ce dernier se rendait pourtant chaque jour au tribunal pour juger ! C’est que ce jour-ci, il n’y alla pas. Il s’était dit : « je n’humilierai pas mes frères devant les égyptiens. »

2.  Le midrach, nous apprend également, que pendant les 17 ans que Yaakov vécut en Egypte, Yossef ne vint pas lui rendre visite. En effet, il savait que s’il venait à s’isoler avec son père, celui-ci viendrait inévitablement à l’interroger sur les circonstances l’ayant conduit en Egypte. Il choisit donc de ne pas rendre visite à son père pour ne pas risquer de médire sur ses frères et de les discréditer aux yeux de Yaakov. D’ailleurs, selon nos sages lors de l’unique rencontre à huit clos entre Yossef et son père (sur son lit de mort), les frères furent saisis d’un terrible effroi tant ils craignaient que Yaakov ne soit informé de leur méfait. Ce sentiment de peur, à ce seul moment, prouve bien que jamais avant les frères n’avaient éprouvé une telle appréhension, car Yossef avait sciemment évité tout isolement avec son père.

Cette situation devait être très difficile pour Yossef car :

- ils étaient particulièrement liés (comme le montre le chagrin de Yaakov pendant 22 ans, qui lui a enlevé tout esprit prophétique) ;

- après 22 ans de séparation, ils étaient aussi impatients de se retrouver pour échanger les enseignements de torah qu’ils avaient acquis, et ainsi s’élever à des niveaux spirituels exceptionnels. Yossef décide de se priver de ces merveilleuses opportunités pour le seule raison de ne jamais risquer d’humilier ses frères.

- Traité Kala (chapitre 3) : « pourquoi Yaakov n’embrassa-t-il pas Yossef ? Parce qu’il se disait : « du fait qu’il a vécu en exil, des femmes ont certainement dû le séduire à cause de sa grande beauté.» Et Yossef voulut l’embrasser, mais il ne le laissa pas … »

Yossef a compris qu’il faisait l’objet de soupçons infondés de la part de son père, et aurait pu vouloir s’entretenir avec lui pour s’en expliquer, et remonter dans son estime. Mais, il a mis de côté ses intérêts personnels privilégiant ses frères, pour ne pas risquer de les dénigrer aux yeux de leur père.  Sachons en prendre exemple, et essayons de le vivre au quotidien.

"Il vit les chariots que Yossef avait envoyés pour l’emmener, et l’esprit de Yaakov leur père revécut (Rashi : la Présence divine reposa sur lui alors qu’elle l’avait quitté durant son chagrin)" (vayigach 45,27)

-> [Léka’h Tov] – Béréchit Rabba 94,3 : « Rabbi Lévi au nom de Rabbit yo’hanan bar Chaoul dit : Yossef avait indiqué à ses frères : « si mon père croit (que je suis encore en vie), tant mieux. Sinon, posez lui cette question : «  lorsque nous avons été séparés, n’étais-je pas absorbé dans le thème de la génisse (égla) à la nuque brisée ? » C’est à ce sujet qu’il est dit : « Il vit les chariots (agala) et l’esprit de Yaakov revécut. Et Yaakov s’écria : c’est beaucoup ! (= grande est la force de mon fils, qui n’a rien perdu de sa piété malgré toutes les épreuves qui l’ont frappé)»

Ainsi, la relation entre agala et égla (même racine en hébreu) rassure Yaakov en lui prouvant que Yossef est en vie et qu’il ne s’est pas débauché.

Le Matanot Kéhouna (au nom de Rashi) donne une autre  version : « lorsque nous avons été séparés, j’étudiais le thème des voitures utilisées pour le (transport du) Tabernacle ».

Rav  yaakov Etlinger (dans son min’hat ani) explique cette dernière version. A l’époque du Tabernacle (mishkan), chaque chef de tribu apportait individuellement un sacrifice d’inauguration. Les charrettes qui assuraient le transport étaient offertes collectivement (une charrette pour 2 chefs). On apprend de là que chaque personne est tenue d’engager toutes ses forces et toutes ses capacités au service de D. (engagement individuel total – responsabilité individuelle), dans le cadre d’un mouvement communautaire (action collective).

Cette version nous montre que Yossef n’a pas perdu sa fidélité en D., et nous ajoute que les chariots sont des preuves symbolisant l’union entre les tribus. Il signifie à son père qu’aucune dissension ne persistait plus entre lui et ses frères (aspect collectif).

Retrouvant son fils baignant dans la torah et l’unité entre ses enfants, "l’esprit de Yaakov revécut  et s’écria : c’est beaucoup!  (Rashi : j’aurai encore beaucoup de joie et de bonheur puisque mon fils Yossef est encore vivant)".

-> Pourquoi particulièrement cette étude?
Rabbi Sim'ha Bounim Berger explique que lorsqu'un voyageur quitte une ville, il y a une mitsva de l'accompagner un peu sur son chemin.
D'ailleurs, si ce même voyageur est retrouvé mort, sa mort est de la responsabilité de ceux qui ne l'ont pas raccompagné.
[Si l'on trouve le cadavre d'une personne assassinée et qu'il n'y a pas de témoin, les anciens de la ville la plus proche doivent procéder à une cérémonie publique au cours de laquelle ils déclarent ne pas être coupables et prient pour que D. pardonne Son peuple.
Selon le Ibn Ezra, les anciens ont une certaine part de responsabilité, car si leur ville n'avait aucune faute à se reprocher, un tel malheur ne se serait pas produit.]
La mitsva de l'Egla aroufa est réalisée, comme conséquence de ce manque d'avoir escorté, et qui a pu entraîner la mort d'une personne.

Lorsque Yaakov a envoyé Yossef à Che'hém pour prendre des nouvelles de ses frères, il a accompagné Yossef puisque c'est une mitsva de le faire. Mais lorsque Yossef n'est pas revenu, Yaakov a ressenti qu'il n'avait surement pas fait convenablement cette mitsva. C'est pourquoi, pendant les 22 années d'absence de Yossef, il pensait que c'était de sa faute s'il était mort, et cela ne lui donné aucun repos.
Cependant, lorsqu'il a vu les chariots envoyés par Yaakov, il a compris le message de son fils : "Papa, je ne t'ai jamais oublié! Tu m'a escorté et tu as même été avec moi en Egypte durant ma captivité. En effet, quand j'ai failli succomber à la femme de Potiphar, c'est ton visage que j'ai vu! Ainsi, tu as fait la mitsva de la Egla aroufa, plus qu'à la perfection!"
Cela a grandement réjoui l'esprit de Yaakov.

-> Le sujet de la génisse à la nuque brisée (Egla aroufa) est abordé à la fin de la paracha Choftim (21,1-9).
Le rav 'Haïm Yossef Kofman dit que l'idée latente est : nous ne pourrons jamais savoir qui a tué cette personne, ("un cadavre gisant dans le champ sans que l'on sache qui l'a frappé" - v.21,1), et c'est uniquement Hachem qui en est au courant (de qui, de pourquoi, ...).
De même, Yossef transmet un message plein de émouna à son père (et à ses frères) : c'est Hachem qui a planifié absolument tout ce qui s'est déroulé, et Lui seul en connaît les raisons en détail, ainsi, il ne sert à rien de se faire des reproches en vain.

-> Par l'envoi des charrettes tirées par des génisses, Yossef voulait dire qu'il était sain et sauf et que son père ne devait pas se blâmer pour sa disparition.
En effet, Yaakov l'avait accompagné comme la loi juive (halakha) le demande (pour empêcher une situation nécessitant la procédure de la égla aroufa).
['Hatam Sofer]

-> Lorsque l'on retrouvait une victime d'un meurtre, sans pouvoir identifier le meurtrier, la Torah demande à la ville la plus proche de couper la tête d'un veau eu face des anciens de la ville (c'est la mitsva de la égla aroufa).
Selon le Targoum Yonathan ben Ouziel (Choftim 21,8), à ce moment il sortait du veau une armée de vers, qui allaient se rassembler autour du meurtrier, permettant de l'identifier. Le Beit din le punissait alors.

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-> Le passage de la génisse à la nuque brisée (égla aroufa) vient enseigner que s'il y a un meurtrier dans les environs de la ville, les dirigeants en sont responsables. Qui sait peut-être que s'ils avaient traité autrement le meurtrier ou la victime, cela aurait pu être évité ... "Peut-être que nous l'avons laissé partir sans nourriture", "peut-être que nous l'avons laissé partir sans l'accompagner" (midrach)

C'est de la responsabilité des dirigeants de la ville, car plus quelqu'un est grand, plus sa responsabilités grandit, et elle englobe de plus en plus de choses.
=> Quand Yossef (vice-roi d'Egypte) a voulu annoncer à son père Yaakov que la Torah qu'il avait étudiée était profondément ancrée en lui, et que tous ses actes étaient fonction de cette éducation, il lui a envoyé des chariots, pour lui dire : Tout ce que j'ai fait en Egypte a été en accord avec le passage de la génisse à la nuque brisée, avec une une responsabilité complexe. Tout ce qui était apparemment "étrange" dans ma conduite avec mes frères, tout se trouvait dans le passage de la génisse à la nuque brisée.

=> Quand Yossef a envoyé les chariots à son père, c'est comme s'il avait dit : "Père, le passage de la génisse à la nuque brisée, avec tout son contenu profond et étendu, surtout avec au centre la construction de la communauté d'Israël, j'ai bien appris tout cela et j'ai continué à l'appliquer dans la pratique, jour après jour, heure après heure, comme tu t'en apercevras par tes fils.
[le Birkat Mordé'haï]

 

"Yossef apparut à son père, tomba sur son cou et pleura sur son cou beaucoup" (vayigach 46,29)

-> [Léka’h Tov] – Rashi sur ce passage : « il pleura beaucoup et continua de pleurer plus que d’habitude, mais Yaakov ne tomba pas sur le cou de Yossef et ne l’embrasa pas. Et nos maître ont dit : "c’était parce que Yaakov récitait la prière du Chéma".

Le Steipler (dans son Birkat Pérets) rapporte que la rencontre n’a pas eut lieu à l’heure de la lecture du chéma. Pourquoi alors a-t-il récité le chéma? Il nous fait remarquer que la réaction de Yaakov est à l’opposé de celle des hommes ordinaires. Pour nous, les occupations quotidiennes accaparent la majeure partie de notre emploi du temps et il est bien rare que l’on parvienne à détacher notre esprit de nos activités profanes. Au moment, de la lecture du chéma, nous interrompons notre train-train quotidien et effectuons un important effort de concentration pour extirper les pensées non appropriées de notre esprit. Pour d’autres, il n’y a pas d’interruption de l’acceptation du joug divin.

Yaakov, bien que secoué émotionnellement («il pleura beaucoup… »), se retient (« ne tomba pas sur le cou de Yossef … »), et exprime sa gratitude à l’auteur de ce moment de bonheur. Il profite de ce moment fort pour intensifier davantage son amour et sa crainte de D.

Que D., nous aide à suivre l’attitude de notre patriarche, nous permettant de constamment exprimer notre gratitude, acceptation du joug divin et par là même, contribuer à nous lier toujours davantage à D.

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+ Pourquoi Yaakov a récité le Chéma, et pas Yossef? :

-> Le rabbi 'Haïm de Brisk explique que c’était pour des raisons halakhiques.
En effet, pour Yaakov c'était le moment de lire le Chéma. Alors pourquoi Yossef ne lisait pas le Chéma?
Il explique que le moment de lire le Chéma débuta un peu plus tôt, et Yossef l’avait donc déjà lu.
Cependant, Yaakov ne pouvait pas le faire car Hachem lui avait donné l’ordre de descendre en Egypte, et il était donc occupé à accomplir cette mitsva. De la sorte, il était dispensé des autres mitsvot telle que la lecture du Chema selon le principe que : "celui qui s’occupe d’une mitsva est dispensé des autres mitsvot".
=> Dès qu’il arriva en Egypte, il venait alors d’achever cette mitsva de descendre en Egypte, et il put alors accomplir cette autre mitsva de lire le Chéma. C’est donc bien ce qu’il fit.

-> Le rabbi Mendel de Kotsk explique qu’en voyant Yossef, un grand amour pour son fils si chéri s’éveilla dans son cœur. Yaakov, en tant que fidèle serviteur d’Hachem, prit ce grand amour et décida de l’investir et de le placer pour Hachem, par la lecture du Chema, où on destine tout son amour pour Hachem.
=> Yossef a retiré l’amour qu’il ressentit pour son fils et il a saisi cette occasion pour offrir cet amour à Hachem.
Selon le Yéhoudi Hakadosh de Pchis’ha, Yossef n’avait pas besoin de lire le Chema, même si lui aussi a ressenti un grand amour pour son père, car il a pu destiné ce sentiment puissant pour accomplir la mitsva du respect des parents. Pour lui, le fait d’aimer son père était déjà une grande mitsva.

-> Le Maharil Diskin rapporte que nos Sages disent que lorsqu’on lit le Chéma, il faut penser à donner sa vie et à être prêt à mourir pour sanctifier le Nom d’Hachem.
Mais Yaakov craignait la mort car après avoir perdu son fils Yossef, il pensait qu’il allait sombrer en enfer (cf. Rachi Vayéchev 37,35). Ainsi, quand il lisait le Chéma, il ne pouvait pas avoir toute l’intention d’être prêt à mourir pour Hachem.

Cependant à présent, dès qu’il vit Yossef, il fut rassuré, car il conclut qu’il n’allait pas aller en enfer (cf. Rachi précédant : "J’ai reçu de Hachem un signe m’assurant que si aucun de mes enfants ne meurt de mon vivant, je serai assuré de ne jamais voir l'enfer").
Il put alors lire sereinement le Chéma, avec toute la ferveur et la pensée d’être prêt à mourir pour sanctifier le Nom d’Hachem.

-> Le rabbi de Tchertkov appuie sa réponse sur la guemara (Béra'hot 5a) qui dit que celui qui est menacé par le mauvais penchant devra étudier la Thora. Si cela ne suffit pas, il devra lire le Chéma, et si cela ne suffit pas il devra penser au jour de la mort.
Quand Yaakov arriva en Egypte, la capitale de l’impureté, il a eu très peur de la force du mauvais penchant. Ainsi, il devança et réalisa ces 3 conseils :
- Tout d’abord, il prépara un endroit pour étudier la Torah, comme il est dit : "Il envoya Yéhouda devant lui pour étudier" (Vayigach 46,28), Rachi explique : "pour y établir un lieu d’étude".
- Puis, il lut le Chéma, comme on a pu le voir sur notre verset (Vayigach 46,29).
- Enfin, il dit : "A présent, je peux mourir" (Vayigach 46,30), pour penser au jour de la mort.

-> Le Ktav Sofer explique que toute royauté terrestre ne tire son existence que de la Royauté d’En Haut. C’est Hachem, le Roi des rois, qui dispense la royauté à tout roi.
Lorsque Yaakov vit Yossef en tant que roi d’Egypte, il lut le Chéma, expression de la royauté d’Hachem, car il souhaitait montrer à Yossef qu’il l’honore en tant que roi.
Il lut le Chéma pour lui indiquer que toute sa gloire émane de la Royauté d’Hachem Qui lui a conféré le prestige et non pas parce qu’il a été choisi par Pharaon. C’est Hachem Qui l’a élevé et nul autre!

-> Le 'Hidouché haRim explique que Yossef était capable d’unifier le Nom d’Hachem même en s’occupant d’actions physiques et matérielles.
Pour preuve, il était vice-roi d’Egypte, s’occupant de toute l’économie de ce pays, mais en même temps, il resta totalement attaché à Hachem.
=> Ainsi, Yossef était capable d’embrasser son père et de pleurer à son cou tout en restant lié à Hachem et en unifiant Son Nom. Yossef pouvait réaliser le sens du Chéma par des actions physiques, mais Yaakov, qui était détaché du monde naturel et physique, devait lire le Chéma. Il ne pouvait pas cumuler des actes naturels et physiques avec l’accomplissement de la lecture du Chéma.

-> Le Maharal de Prague (Gour Arié) affirme que ce n'était pas du tout le moment de dire le Shéma.
Mais de façon générale, quand un tsadik éprouve une joie intense ou une grande délivrance, son cœur désire spontanément s'attacher à son Créateur et Le louer pour le bienfait qu'Il lui a prodigué.
Ainsi, lorsque Yaakov vit son fils, disparu depuis tant d'années, son cœur s'emplit de crainte et d'amour pour Hachem, et il se mit à réciter le Shéma.
[Au lieu de se focaliser sur la joie de retrouver son fils, Yaakov voulut axer tout son ravissement vers un amour plus parfait pour Hachem. Il sélectionna ce texte du Shéma parce que l’on y reconnaît que tout ce qu’Hachem fait est pour le bien. En outre, il contient la Kabbalat Ol Malkhout Chamaïm (littéralement : "Acceptation du joug de la royauté d’Hachem"), à savoir que cette reconnaissance nous mène à une soumission totale à Sa volonté.
Même en ce moment d’intense émotion, il souhaita montrer sa soumission à Hachem et en faire dépendre son bonheur.]

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=> Pourquoi Yossef n'a-t-il alors pas récité le Shéma, comme le fit son père?
En fait, Yossef se devait d'accomplir la mitsva obligatoire d'honorer son père, alors qu'à ce moment-là, celle de la lecture du Shéma ne l'était pas. Il ne pouvait donc pas se comporter de la même façon que Yaakov, alors que se présentait à lui la mitsva prioritaire à laquelle le soumettait la Torah : honorer ses parents.

C'est ce qu'écrit Rabbénou Bé'hayé ('Hovot haLévavot) : "On ne peut accomplir une mitsva non prioritaire que si l'on s'est déjà acquitté des devoirs auxquels on est soumis."

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-> "(Yossef) monta au devant d'Israël son père ... et se fit voir à lui" (Vayigach 46,29)

=> On peut s'interroger sur l'expression "il se fit voir à lui", qui paraît un peu étrange. D'autant que Rachi insiste dans son commentaire et souligne : "Yossef se fit voir à son père"!
Que vient ajouter Rachi au verset?

-> Le rav Naftali Tropp explique qu'en fait Yosseph n'est pas monté voir son père parce qu'il le languissait et désirait le revoir après tant d'années de séparation. Il ne voulait pas combler un manque personnel, une envie d'intérêt personnel et se réjouir de voir ce père bien-aimé qui lui a tant manqué. Mais il cherchait plutôt à "se faire voir par son père", pour qu'il voie son fils, se réjouisse et de retrouver celui qu'il aimait tant et qu'il croyait mort.
La Torah veut attester que Yossef avait comme unique intention de réjouir son père et ainsi accomplir dignement la mitsva de respecter son père. Il cherchait à accomplir cette mitsva de la façon la plus pure et la plus désintéressée. Ainsi, il ne voulait pas mêler dans l'accomplissement de cette mitsva son plaisir personnel de voir son père, bien que cela aurait été une joie naturelle qui n'aurait en soi rien de mal. Au contraire, tout le monde comprendrait une telle réaction. Mais Yossef voulait que sa mitsva soit la plus pure, et pour cela il écarta tout profit et tout plaisir personnels. Il ne se concentra que sur le fait de procurer plaisir et satisfaction à son père, pour ainsi accomplir cette mitsva de la façon la plus parfaite.

=> Il arrive souvent que l'on trouve un intérêt personnel et humain dans des mitsvot que l'on accomplit. Malgré tout, pour que notre mitsva soit encore plus élevée, il conviendrait de se concentrer que sur la Mitsva elle-même, et écarter notre intérêt et profit personnels, qui ont pour effet d'atténuer et de diminuer la grandeur de la mitsva.
Le simple fait de penser à l'intention de la mitsva elle-même au moment de son accomplissement, chose qui peut être très facile à faire, lui accorde une dimension bien plus élevée. Encore plus, si on pense à ne pas chercher son plaisir personnel dans une mitsva qui nous procure plaisir et profit, cela nous accorderait une élévation sans aucune commune mesure.

-> Juste auparavant, on s'est demandé : Pourquoi Yossef n'a-t-il alors pas récité le Shéma, comme le fit son père?
On peut apporter une explication avec ce qu'on vient de voir :
Yossef ne s'est pas rendu à la rencontre de Yaakov pour assouvir son propre sentiment de nostalgie envers son père. Au contraire, son intention était de se "montrer" à lui pour qu'il le voie et s'en réjouisse.
Sa volonté était uniquement de satisfaire les sentiments de son père, et d'accomplir ainsi la mitsva de respect de son père de la meilleure manière possible.
Ainsi, plutôt que de réciter le Shéma, il était toute à sa disposition pour le réjouir, à l'affût de sa moindre volonté ...

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-> La Torah nous raconte que Yossef agit très différemment lors de la réunion (Yaakov récitant le Shéma).
"Yossef attela son char et monta à la rencontre d’Israël, son père, à Gocheb ; il lui apparut, tomba à son cou et pleura abondamment" (Vayigach 46,29).
Le Ramban (Vayigach 46,29) note que les mots "Il lui apparut" semblent superflus : si Yossef tomba au cou de Yaakov, il est évident qu’il lui est précédemment apparu.
Le rav ’Haïm Chmoulévitz (Si’hot Moussar - Maamar 25) explique que bien que Yossef fut très heureux à l’idée de revoir son vénéré père après tant d’années, son but était de réjouir Yaakov au maximum. Il mit de côté son désir personnel et fit l’effort d’apparaître, de se faire remarquer par son père lors de la rencontre.

-> Le rav Yéhonathan Gefen dit : Les considérations des 2 tsadikim étaient donc différentes. Yaakov se focalisait entièrement sur son lien avec Hachem tandis que Yossef pensait à accomplir au mieux la mitsva de Kiboud Av Vaèm (le respect dû aux parents). Le dénominateur commun dans leur intention fut de vouloir faire ce qu’ils pensaient être la volonté d’Hachem à cet instant. Ceci nous montre leur niveau exceptionnel de proximité avec D.

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+ "Je ne mourrai maintenant après avoir vu ta face et que tu es encore vivant" (Vayigach 46,30)

-> Rabbi Yossef Caro fait remarquer que Yaakov était versé dans "la sagesse de lire les visages", et quand il est arrivé en Egypte il a regardé le visage de Yossef, y a vu sa sainteté et sa droiture, et s'est réjoui.
Car les tsadikim sont appelés vivants, alors que les réchaïm sont appelés morts même pendant leur vie.

C'est pourquoi il a dit : "Je mourrai maintenant après avoir vu ta face et que tu es encore vivant", c'est-à-dire que tu es encore dans ta sainteté, ta piété et ta droiture, à savoir "vivant".